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mardi 22 mars 2022

Siamo disfattisti ! En deux langues …

Tamara Lempicka - Refugees

De la catégorisation : pour quelques vrai(e)s ami(e)s. Distinguer les vrais experts et les raseurs. Depuis quelque temps, je dois faire preuve de mansuétude dans des discussions sans fin quand mes interlocuteurs, d’un niveau culturel discutable – quoique agrégés, désagrégés, sur-agrégés, architectes, avocats, instituteurs en exercice ou n’ayant jamais exercé, étudiants brillants, cancres retardataires ... – et d’un bagout phénoménal, des sortes de modernes Pic de Mirandole bavards, tiennent à me faire remarquer que leur condition de touristes occasionnels à un moment donné de leur existence, remplace avantageusement toute autre source de connaissance à laquelle on pourrait prétendre. « Tu sais qu’on est allés en X en 1982 et que … », « Lors de notre visite au Y… » Peu importe où ça pourrait bien être, ils y sont déjà allés et en connaisseurs. Peu importe que leur savoir librement acquis soit nettement inférieur à celui de leur spécialité. Qu’ils soient scientifiques ou littéraires, aucun sujet ne leur est étranger. Qu’il s’agisse de politique intérieure ou extérieure, d’immunologie, d’épidémiologie, de politique sanitaire, de psychiatrie poutinienne, de stratégie, d’armement ou de technique du bilboquet, rien n’échappe à leur encyclopédique ignorance. Du coup, je reste comme des ronds de flan face à ces génies. Il faut dire que la nature m’a doté d’une glande admirative sous-dimensionnée : que ce soit un monstre médiatique, un pitre de la politique ou un géant de la culture, c’est avec peine que j’arrive à adhérer à un zeste d’admiration et jamais de la vie sans conditions, admettant de me voir voué aux gémonies pour l’éternité de la part de mon interlocuteur. Alors, en face de babillards semblables, je vous laisse imaginer … C’est sans doute mon côté pas ravi du tout de la crèche. Ayant donc cette glande tellement atrophiée, je ne partage pas facilement l’enthousiasme de masse, le truc collectif, l’opinion générale. Ces miens interlocuteurs ne sont certes pas dépourvus de talent mais il leur manque, à mes yeux un savoir fondamental engendré par la diversité patente de fondements, l’exhaustivité démontrée dans la présentation des arguments, la soif infatigable de connaissance, la capacité à mettre chaque événement en perspective, bref, tout ce qui peut enrichir et compléter cette fameuse « expérience » dont on pourrait consciencieusement critiquer l’utilité, sans avoir à citer Hegel. On se moque souvent, avec insistance et depuis toujours des docti cum libris mais, justement, des gens qui n’ont passé qu’un temps relativement bref dans les livres devraient habituellement avoir la sagesse de se cantonner à leur domaine de compétence avant de l’ouvrir à tort et à travers. Ce que ne font pas nos touristes débatteurs, ces purs consommateurs de mélasse médiatique, d’idéologie (progressiste, de préférence) à trois sous, sévissant couramment dans n’importe quelle conversation ou débat à partir d’une émission télé ou d’un souvenir de voyage qui leur a apporté un stupide dogmatisme pur sucre, maigre échafaudage de leurs banales convictions qui prennent la dernière ânerie qui leur passe par la tête pour de l’argent comptant. C’est justement cette confiance en leur propre bêtise et leurs convictions fabriquées à la chaîne par d’autres qu’eux-mêmes que je reproche à ces gens. Pas au vrai connaisseur susceptible de m'apprendre des choses. Mais bon, nous vivons une époque moderne où il faut que toute catégorie soit représentée. Au risque de devoir prendre des têtes à claques ignares pour de grands sages qui ne s’en laissent pas conter.

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« C’est que la musique n’était pas pour lui un simple divertissement des sens, un plaisir de l’ouïe », mais « le domaine mystérieux où se rejoignent le terrestre et le divin, où se confondent les extases de la chair et de la Grâce, bref la terre d’élection au seuil de laquelle s’arrêtent les batailles et où les deux étendards, enfin réconciliés, pouvaient, d’un même mouvement, s’incliner l’un devant l’autre » Jacques Benoist-Méchin, Hommage à Lucien Rebatet

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Pour l'ami anonyme d'Onyarbi. Técnicamente, los rusos podían haber declarado la guerra ya en 1992 cuando los Estados bálticos ingresaron en la OTAN, pero hay que reconocer que el país estaba en un estado tan deplorable y sobre todo políticamente caótico, que ni se les habría ocurrido. En este momento, 30 años después, una vez  reorganizado y remodelado el país, el Estado Mayor y hasta el Banco Central de Rusia, con matices, se han sentido preparados para responder a la indecente política norteamericana con el ariete de la OTAN, dadas las violaciones reiteradas de todos los acuerdos relativos a Ucrania... Washington no solo lanzó la integración de Ucrania en la OTAN, además, los prepotentes estadounidenses instalaron una docena de laboratorios tipo P3 para la guerra bacteriológica contra Rusia. V. Putin había advertido a Europa en 2012, 2013, 2014, 2015, etc. que cualquier extensión de la OTAN en sus fronteras conduciría automáticamente a una respuesta por su parte. Para ocultar su quiebra y sobre todo la hiperinflación, los USA (30 billones de deuda al 130%) llevan desde 2007 multiplicando billones de dólares con la máquina de hacer dinero - en dinero Monopoly - sin base en el sector real de la economía, y han decidido compensar su catastrófico estado disparando la inestabilidad fuera de sus fronteras. Nada más sencillo que disfrazar la hiperinflación con una guerra… ¡Salvados por la campana! Ahora, a patear a los rusos en el culo de los aliados europeos. Todos a una entonan en Uropa la misma canción, desde el frágil peluquín Macron al ridículo figurín de la Moncloa, súbitamente amigo de Marruecos sin dar previas explicaciones a nadie, pasando por el ectoplasma Jefe del Estado de la Ciudad del Vaticano: ¡la culpa la tiene Putin! ¿Y cómo acabar sin un recuerdo emocionado para Solana, el Verdugo de Belgrado, memo con reputación de estadista que aparece ahora en La Sexta española impartiendo doctrina? En su época de presidente del ente, Estados Unidos y sus aliados, los ingleses en particular, atacaron a Yugoslavia con felonía sin siquiera molestarse en pasar por Naciones Unidas. Ellos se sienten dueños del mundo como lo son de todos los media europeos influyentes, y pueden violar todas las leyes internacionales sin miedo a una reacción de las opiniones públicas con conciencia verde y casi completamente wokizadas.


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mardi 8 mars 2022

En attendant la paix.

Anecdote. Il y a quelques jours, j’ai essayé de résoudre un truc au téléphone. Ce ne fut pas aisé car la personne qui prit l’appareil devait être atteinte d’une légère surdité. Elle me demanda par trois fois mon nom et me demanda de l’épeler. Il est vrai que le nom de Cuenca, tout comme mon prénom de Jésus est aussi exotique que peu répandu et que, ceux qui me connaissent dans la vraie vie pourront en témoigner, ma voix est fluette et mon élocution embarrassée. Je crus revivre l’inénarrable aventure que je connaissais il y a quelques années lorsque j’essayai de me faire appeler « Cuenca » – deux syllabes ! – et pas « Cuença », « De la Cuença » ou plus bizarre encore, lors de réunions de travail ! Pour faire durer le pastis, j’ajouterai le calvaire d’une collègue au nom de Consuelo dont la bonne volonté n’avait d’égale que sa compétence linguistique. Raccordé à ses interlocuteurs français, ça devenait systématiquement « Consuela » et elle, la pauvre, d’expliquer à ses auditeurs que le fait d’être une femme ne transformait pas automatiquement la dernière voyelle de son prénom ! L’affaire lui prenait une heure et demie ! Mais passons.

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Tout ce qui est russe, y compris les handicapés russes, les chats russes, les poupées russes et même les montagnes russes, est offert en pâture aux vautours. Au monde entier. Sans nuance ni modération. Dégoût de la meute.

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Le chœur unanime des perroquets propagandistes fixe immédiatement les lignes directrices, la conduite et les slogans favorables au camp auto-désigné du Bien, ce qui a toujours été quelque chose de socialement avantageux. Malheur à ceux qui, avant d’émettre un jugement portant sur la guerre, s'efforcent d’en rechercher les causes, d’en comprendre les raisons, d’en nuancer les arguments ! D’ignares palabreurs ! De nuisibles ergoteurs qui dans notre Occident manichéen, américanisé jusqu'à la moelle, manifestent leur désir de comprendre comme souillés par le pire stigmate du pire des crimes. Le manichéisme est la vertu suprême. Point barre. Nous sommes sur le point d’en faire une nouvelle anthologie. Force est de constater, après deux semaines de guerre, que la honteuse propagation des bêtises les plus absurdes par les serviles médias de l'oligarchie et de ses ingénieurs sociaux bat son plein. Ayant atteint sa plénitude, quelques années plus tard, comme cela a été le cas après chaque guerre, reviendra le mea culpa collectif de ces médias débordant de bonne conscience et donnant des leçons. Quand ce sera trop tard. Quand ce sera parfaitement inutile. Et le mal aura été fait. Nous savons maintenant la dose d’ignominie qu’il a fallu accumuler lors de la désintégration de la Yougoslavie. In illo tempore, les bombes de l'OTAN ouvraient la porte lumineuse de la paix. Elles n’étaient pas porteuses de mort, elles n’étaient pas destinées à blesser qui que ce soit, ni encore moins à détruire … A chaque nouvelle guerre, tout recommence, comme une pathologie incurable, structurelle et profonde. On fait arrêt sur image au bon moment dans l’une des vidéos de l'infâme Colin Powell, puis on multiplie le résultat par X et on aura l’impression d’assistera à nouveau à l'empoisonnement massif et délibéré de l’opinion mondiale à l'occasion de l’invasion de l’Irak, si ce n’est que cette fois-ci il s’agit de la Russie. La propagande est un éternel retour.

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Marcel Beaufils écrit à propos de la conception de la musique selon Schumann : « par la musique, l’homme prend conscience, comme tactilement, de mille états que sa “raison” refuse de connaître […]. Par la musique, l’homme se reconnaît dans des vibrations profondes sur lesquelles il n’a plus besoin de mettre des idées ni des mots. La musique apporte à l’homme ce plan total de conscience où il lui suffit de se sentir comme simultanément dans toutes ses épaisseurs, et de se blottir dans cette aperception physique de lui-même. […] Et si la musique est une vibration, si elle trouve en nous, par une voie royale ouverte, un terrain mouvant, inconnaissable, sans cesse en obscure gestation, et, dans ce terrain, cette vie universelle dans laquelle nous sommes baignés, enracinés, impliqués par l’esprit à la fois et la chair : ne va-t-elle pas nous situer dans cet univers mieux, et plus immédiatement, qu’une métaphysique pensée ? Elle est une métaphysique à chaque instant sentie et pressentie, guidée par l’obscur instinct et non par des dogmes d’école, aussi bien qu’elle est une introspection confirmée par la vibration en nous du vivant qui se reconnaît et s’écoute vivre. » M. Beaufils, Le Lied romantique allemand, Paris, Gallimard, 1956, rééd. 1982, p. 114-115 

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Il va falloir songer à expurger les bibliothèques des ouvrages russes, forcément pro-Poutine. Je propose donc que l’on brûle en place publique les ouvrages de Dostoïevski, Gogol, Soljenitsyne, Tchekhov et autres Pouchkine. On fera sauter les monuments à la gloire de l’armée rouge, il n’y en a pas beaucoup en France, et pratiquement aucun en Espagne mais dans l’ex RDA il y en a pas mal. Débaptisons les rues et places de Stalingrad, les Russes, comme chacun sait, n’ont quasiment rien fait pour battre les nazis : 27 millions de morts ! Trois fois rien … La gauche a depuis un bon moment abandonné les classes populaires. Elle s’est spécialisée dans la défense des « minorités » et, concrètement, cela donne le wokisme, la fin des frontières donc de toute idée de nation et d’identité nationale (excepté le kaléidoscope des petites identités ethniques), le LGBT-isme et l’écologie détraquée, à quoi on pourrait ajouter la glorification des délinquants, la haine de la propriété privée (vive les squatteurs !), la destruction de l’enseignement et de la culture traditionnels. Les Russes n’émettent pas spécialement sur cette longueur d’onde et cela explique, je crois, en grande partie, la haine de la gauche occidentale frelatée envers Poutine et tout ce qu’il représente.

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Tout le monde paraît l’avoir oublié, mais c’est en 1946 qu’a eu lieu la dernière épuration ethnique officielle, exigée par les Américains. Toutes les familles allemandes ont été priées de quitter le territoire tchécoslovaque (Sudètes), ainsi que de la Pologne (Silésie, couloir de Dantzig). Les Soviétiques avaient été un peu plus impérieux avec les Poméraniens, qui ont été promptement massacrés et remplacés par des citoyens soviétiques à Kaliningrad. Il n’y a pas que les Allemands à avoir été expulsés, la rectification de la frontière de la Pologne a entraîné l’expulsion par Staline des populations polonaises dans ce qui fait partie de l’Ukraine aujourd’hui. Lvov, qui s'appelait Lemberg, capitale de la Galicie, fit partie de l’empire austro-hongrois pendant deux siècles. Moldavie : c’est un territoire artificiel imaginé par Staline (comme ailleurs). La Transnistrie n’est pas historiquement roumaine, en revanche, le sud de la Bessarabie et le nord de la Bukovine, aujourd’hui ukrainiennes, si. Les Hongrois ont déjà payé le prix fort avec le dépeçage de leur pays en 1920 lors du « traité », plutôt un diktat, de Trianon qui leur fît perdre les deux tiers de leur territoire et pas loin des deux tiers de leur population. Encore aujourd’hui, on peut parler hongrois en Serbie, en Slovakie et surtout en Roumanie, je devrais dire en Transylvanie. Cela leur est toujours resté en travers de la gorge. Imaginez la France coupée la hauteur de Blois, tout le sud étant annexé par la Suisse, l’Espagne et l’Italie par exemple.

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vendredi 4 mars 2022

Autoinmolación de Sísifo sin piedra ...

 

La Historia encubre la guerra en Ucrania con sus estratos desiguales alineados por los años. Para las opiniones públicas convenientemente "informadas", sujetas a una simplista reducción histórica, Ucrania es un viejo estado soberano cuya integridad está amenazada por su vecino ruso, que ya le arrebató Crimea. Vladimir Putin, ex oficial del KGB, es un dictador criptocomunista que usa la fuerza y ​​​​busca anexionar territorios externos poblados por poblaciones de habla rusa. ¡Ya está! Es que la Historia se repite. Estamos de nuevo en 1938, V. Putin es Hitler y quiere incorporar los Sudetes a Alemania. ¡Otra vez Munich! ¡Putin no pasará! Sólo que, si nos tomamos la molestia de repasar la Historia, el pasado es muy diferente aunque vuelva a pesar con fuerza sobre el presente.

En 1991, de agosto a diciembre, las antiguas repúblicas soviéticas proclamaron su independencia. El 25 de diciembre, la URSS dejó de existir y dio paso a una Comunidad de Estados Independientes. Algunos, como los Estados bálticos, se unieron pronto a la Unión Europea y también a la OTAN. Ucrania permaneció cerca de Rusia para acabar muy lejos. Primero con la elección de Víctor Yuschenko, tras la “revolución naranja”, luego, cuando el movimiento “Euromaidán” derrocó al presidente prorruso Víctor Yanukovich. Por primera vez desde el siglo XVII, Rusia se vio privada de una parte del Imperio construido por los zares, consolidado o incluso ampliado por el régimen soviético. El presidente Bush (padre) le había asegurado a Gorbachov que la OTAN no se extendería hasta la frontera rusa. Promesa verbal incumplida. Hasta se niega su realidad. Debiendo hacer frente a una transición difícil y pésimamente gestionada por Yeltsin, Rusia se sometió sin remedio.



Putin llegó al poder a principios del nuevo milenio, y con él cambió el panorama. Creía en la historia de su país sin aceptar la pérdida de lo que la retórica gaullista llamaba la “grandeur”, sólo que, a diferencia de éste, contaba con los medios y el valor de mantenerla sin encargárselo a nadie. De Gaulle tuvo la inmensa suerte de que le ganarán la guerra los aliados.

Tres hechos parecen determinar el presente: primero, la URSS y, en ella, Rusia jugaron un papel decisivo, exageradamente caro en vidas humanas, en la victoria sobre el nazismo, y los nuevos “aliados” empezaron a arrebatarle a su caída no solo los logros de esta victoria final en todos los frentes sino incluso lo que los nazis habían arrebatado a la URSS en 1941-1944: la misma Ucrania. La presencia en ella, como en los países bálticos, de celosos colaboradores del nazismo de la época, y la arrogante nostalgia agresiva de la que llevan haciendo gala hasta hoy ciertos extremistas ucranianos, refuerzan este sentimiento de injusticia. En segundo lugar, si los bálticos tienen una identidad propia que se mantuvo durante la dominación soviética, los ucranianos son parientes cercanos de los rusos, sus antepasados, sus hermanos por cultura y religión. Finalmente, Ucrania, un país vasto y populoso, pasa en poco tiempo a convertirse en  “enemigo irreconciliable” por el juego de intereses de potencias autodesignadas dirigentes del mundo. Para los nacionalistas ucranianos – muy poderosos en Galizia, tardíamente rusa una vez acabada la Segunda Guerra Mundial, después de haber sido polaca y luego austrohúngara –  y para la Iglesia católica fuertemente asentada, la historia ha siso una acumulación de ocupaciones y represiones soviéticas, sobre todo el Holodomor, el exterminio por hambre cometido por Stalin sobre los campesinos del llamado "granero" de Rusia. Para remate, la catástrofe de Chernóbil, imputable a la negligencia soviética. Con lo cual, el incendio, debidamente atizado por el imparable proceso de globalización angloamericana y “europea”, está servido.

USA y la UE quieren a toda costa descargar toda la responsabilidad en Putin. A sabiendas de que no es el principal ni el único responsable. Los europeos se arriesgarán a pagar, una vez más, un alto precio por tanta insensatez. No se ve lo que no se quiere ver. Las víctimas actuales también son objeto de complicados casting. Hay que elegir para redacciones y telediarios. Muchas otras, ostensiblemente, molestan: irakíes, sirias, yemeníes, palestinas … La selección tiene sus propias leyes. Desde la última semana de febrero todo parece indicar que Rusia ha dejado de existir en derecho internacional: ya no está, no es sujeto de derecho, es legalmente un cero a la izquierda, un cero sin remisión. Sólo los USA-UE pueden, cuando les place, crear ex nihilo sujetos nuevos, totalmente diferentes de lo conocido a través de la historia, e identificar lo que era la “nada”, lo inexistente, con lo que les apetezca a ellos. Véase “Kosovo”. O incluso pueden bautizar el invento como “Macedonia del Norte”. No pasa nada. La verdad es que el espectáculo de tales fanáticos del corta-y-pega geográfico, con sus palancas y tuercas legales, no sorprende a quien conozca un poco la Historia.

Europa ya ha vivido – ¡y sobrevivido! – a corta-pegadores de un calibre similar. Tema de meditación. Spinoza se relajaba de sus cavilaciones observando cómo las arañas y las moscas se aniquilaban entre sí. D. Manuel Azaña, en un pasaje dramático de los Cuadernos de la Pobleta se tornaba entomólogo, contemplando “la armonía universal basada en la destrucción”. D. Pío Baroja narraba, en El árbol de la ciencia, variadas (“todas”) formas humanas de explotación y de lucha basadas en la observación del mundo animal. En un tiempo, yo encontraba mucho interés en estos enfoques convergentes en un descarnado desengaño. Ahora me entristecen. Menos de lo que me indigna escuchar al peligroso fantoche Bernard Henri-Lévy llamando loco paranoico al presidente ruso y animando a la guerra. No es que los intelectuales de cámara domésticos pongan más bajo el listón de la vileza, es que tienen menos predicamento. Como en Libia les salió bien … Luego el eco se repite en cadena, acompañado de dudosos paralelismos históricos con Hitler, con Stalin, con el primero que cae a mano entre Landru y Gengis Khan. De ahí, en plan Serrano Suñer, “Rusia es culpable”. Toda ella. Visión del mundo propia del western con buenos, feos y malos que deja ver la calidad humana de los comentadores aumentando de día en día los decibelios de los ladridos en manada. Parecen hablar de Ucrania y están hablando de aquí. De sus crisis internas, de las ganas de tumbar al gobierno, que hará lo imposible por sobrevivir, para volver ellos, que harán lo imposible para que así sea, como sea. O, en el caso de la vecina Francia, girando en torno a la campaña electoral, ya casi inútil con la reelección del tecnócrata en ejercicio asegurada.


La demonización de Rusia santificando a Ucrania vale para todo. Quien proponga el mínimo esfuerzo de querer meter algún matiz que no sea en blanco y negro pasa automáticamente a los colmillos de la jauría. Ninguna televisión, nadie, rememora las terribles imágenes de la masacre de la Casa de los Sindicatos de Odesa, en mayo de 2014, con cacerías humanas dignas de la Matanza de Tejas. Los abusos, las persecuciones. Las pesadillas vividas en Libia, en Siria, en Yemen. La ignorancia de la historia inmediata es paralela a la de la historia reciente y no digamos de la remota. Aquí no hay “memoria histórica” que valga. Todo es infierno. Todo es condena. Sanción. Verborrea en exceso. Todo es “desmemoria”. El vacío se llena con propaganda belicosa y bélica. La toma de decisiones: unánime, los tecnócratas mandan. Y todo está inventado.

El Cociente Intelectual (CI) se distribuye de acuerdo con una curva de Gauss. La mayoría está en la línea media. Ni genios ni tontos de remate. Luego, el comportamiento social acerca extremos hacia el medio. El hecho de adherirse al consenso aporta a las personas, con estudios superiores o sin estudios, una relativa tranquilidad. El disenso se castiga también de varias maneras en ambos casos y es mucho más incómodo vivir con él. La capacidad de adaptarse a un cambio repentino de paradigma no está muy extendida. Seguir al grupo ya era una condición esencial para la supervivencia entre nuestros antepasados, sin duda ligada al instinto gregario. Esta característica antropológica se utiliza como medio de control sobre las masas y resulta muy eficaz. Esta mañana, en una conversación con unos vecinos (no franceses ni francófonos, como en otras ocasiones) sobre las noticias, me llamaba la atención que repetían, palabra por palabra, lo que escuchamos a diario en los canales franceses. Palabra por palabra. Como una misma película meramente doblada. ¿Derecho a la información, libre albedrío, capacidad analítica? Fascinante, nos hemos convertido en autómatas antropomorfos.

Por eso el gran enigma o ​​la interrogante principal, en política, sigue siendo la persuasión. Hay cantidad de obras teóricas al respecto. Cómo se obtiene el apoyo útil y, sobre todo, la obediencia de los semejantes. ¿Qué hace a un hombre capaz de mandar a los demás, de hacerles cumplir cosas que no hubieran hecho espontáneamente? ¿Qué puede llevar a otros a obedecer ciegamente? La razón por sí sola es insuficiente y la mera coacción tampoco es respuesta porque un hombre, por sí mismo, no tiene capacidad para coaccionar a multitudes. Nunca se manda solo por la fuerza, siempre se obtiene, de alguna manera, la cooperación voluntaria de aquellos que usan la fuerza en nuestro nombre. Una tiranía se circunscribe al número relativamente pequeño, pero bien organizado y decidido, que domina a una mayoría desorganizada. En una democracia, donde la capacidad de coerción debería ser normalmente muy limitada, el problema es particularmente agudo. Como observó Abraham Lincoln, “en comunidades políticas [como la nuestra], la opinión pública lo es todo. Con la opinión pública nada puede fallar; sin ella nada puede tener éxito. Por tanto, quien moldea la opinión pública actúa más profundamente que quien hace leyes o toma decisiones. Hace leyes y decisiones posibles o imposibles de ejecutar.” El mando a distancia de la opinión pública lo manejan los tecnócratas de la globalización. Para los tecnócratas puros, el pensamiento libre resulta escandaloso y casi incomprensible. La tecnocracia existe precisamente para eliminar el problema de la opinión, de la persuasión y el consentimiento de un gran número de individuos muy imperfectamente racionales. El gobierno de los hombres concretos debe remplazarse por la administración “eficaz” de las cosas. La capacidad de decisión debe reservarse para unos pocos que conocen los temas y que aplican unas complejas reglas – que se han dado previamente a sí mismos – por puro culto a liturgia de la regla previamente impuesta. La tecnocracia es una especie de kantismo administrativo. En este sentido, nuestros políticos tienen toda la razón al declararse "europeos", porque la Unión Europea es el prototipo más completo de esta gobernanza tecnocrática que logra eludir sistemáticamente la cuestión del consentimiento general. A una ley de todos que debería regir para todos. Un tecnócrata no necesita convencer a las multitudes, formadas por individuos muy diferentes en temperamento, habilidades y conocimientos. Las controla. No necesita ganarse la confianza de sus conciudadanos. Puede hacer girar la aguja hacia el entusiasmo o el desánimo. Según convenga. Tampoco le hace falta ser un orador. Es más, no puede como tecnócrata condescender con la oratoria porque eso podría obligarle a abandonar el terreno del “conocimiento”, que a él solo ya le atribuye quien le paga.  



La pregunta “¿en qué nos están metiendo?” deberíamos hacérnosla tanto los rusos de a pie, evidentemente, como también los ucranianos y nosotros, los demás europeos. ¿En qué estaban metiendo hasta ayer las decisiones de unos y otros a los ciudadanos de Donetsk y Luhansk? A las numerosas víctimas, ya lo sabemos: en los cementerios. Pero no salía en las noticias. Por eso nunca está de más intentar poner las cosas en su sitio y enumerar algunos elementos históricos que los medios de comunicación se cuidan de no recordar, en su afán de apoyar la generalizada histeria anti-rusa para deleite de nuestros “aliados” americanos. Ucrania fue objeto de un golpe de Estado en 2014 llevado a cabo de forma encubierta por Europa, a petición de Estados Unidos. Desde entonces ha habido una creciente injerencia de la UE y detrás de ella, de los inevitables Estados Unidos. En un tercer país que ni siquiera forma parte de la UE. Cuando se firma el Protocolo de Minsk, Donbass, región histórica fronteriza con Rusia, ya era escenario de violentos enfrentamientos entre población prorrusa y el ejército ucraniano. Con el acuerdo de paz debería haber llegado un alto el fuego inmediato. El acuerdo firmado el 12 de febrero de 2015 preveía la retirada de armas pesadas, la liberación y el canje de prisioneros y reformas constitucionales. Tal acuerdo nunca pasó a la práctica. Los ucranianos lo rechazaban porque implicaba reconocer la legitimidad y un estatus especial para los territorios separados tras referéndum. El conflicto en Ucrania contra los rusófonos del Este ha causado la muerte de más de quince mil personas desde 2014. Estados Unidos ha seguido extendiendo su zona de influencia militar hacia Europa del Este, en contradicción con estos mismos acuerdos de Minsk. Las bases de la OTAN tienden a rodear, cada vez desde más cerca, las fronteras occidentales de Rusia.

El presidente ruso siempre ha rechazado esta presión militar cercana a su territorio. Ucrania, desde el golpe de 2014, ha llevado a cabo acciones armadas permanentes sobre las poblaciones de habla rusa del Este. El actual presidente del gobierno ucraniano, de confesión judía, no ha puesto coto a las numerosísimas manifestaciones paramilitares neonazis, la más siniestra, el batallón Azov, miembro de la guardia nacional de Ucrania. Curiosamente, eso no parece escandalizar a nuestros líderes e influencers, por lo general siempre se apresuran a ver nazis y fascistas en todas partes, sobre todo donde no los hay. La beligerancia televisiva ahora mismo está principalmente enfocada al “comunismo”, al estalinismo, al holodomor. Es la explicación comodín. El relleno mediático a base de confusión y mezcolanza.

En 1991, el segundo totalitarismo del siglo XX se derrumbó en la URSS. Ganó el Bien. Se acabó la Historia. Decían. La democracia universal se puso en marcha… Por cierto su victoria dizque planetaria, no se debió a su capacidad de seducción sino a la implacabilidad de los islamistas afganos y a la resistencia de la muy católica Polonia. La URSS salta por los aires mientras la mayoría de la población todavía se consideraba soviética, hablando mayoritariamente ruso. Grandes minorías de habla rusa tampoco desaparecen de la noche a la mañana, siguen poblando la mayoría de las nuevas repúblicas. El fin del comunismo y el estallido de la liberalización precipitaron al conjunto en la depresión y el caos. Tiranos locales herederos del sistema, mafias y oligarcas voraces fueron apoderándose progresivamente de un aparentemente inagotable botín incontrolado. Diez años después, el actual presidente, el hoy innombrable Putin, consigue dar un vuelco espectacular a Rusia. Es un patriota ruso. Los mastines locales de la jauría proamericana se empeñan en tildarle de comunista (¿no fue agente del KGB?), algo que no hacen los propios comunistas rusos actuales, para poner en dificultades a gobiernos y partidos de todo el mundo que siguen siéndolo. Viene bien y punto.  No importa que su acción política sea la de un conservador que sólo pide respeto para su país al imperio por antonomasia con el que estuvo desde el principio dispuesto a congeniar. La política exterior de su primer mandato era pura continuidad de la política de Yeltsin. Llegó más lejos: propuso a la UE la creación de un mercado económico único y a los Estados Unidos la entrada de Rusia en la OTAN. Ambas ofertas fueron rechazadas no siempre de buena manera. Y eran razonables: primero, Europa y Rusia son complementarias, la OTAN ya no tiene como enemigo a la URSS sino a otros que van apareciendo, como son las distintas expresiones extremistas del islamismo. Es más, V. Putin apoyó al presidente Bush después del 11 de septiembre.

O sea que la situación actual no se deriva del delirio de un nuevo zar, de alguien que se ha vuelto loco, sino de la decepción con las respuestas estadounidenses y “aliadas” y luego, de una lúcida comprensión de las verdaderas pretensiones de los Estados Unidos. La desintegración de Yugoslavia se produjo esencialmente en detrimento de los serbios cercanos a los rusos. Más tarde, el aplastamiento de Irak, un antiguo aliado, contra Irán. Luego, la tremenda dislocación de Libia. Sin olvidarnos del intento “humanitario” de derrocar al régimen baasista de Siria, aliado de Moscú y con bases rusas. Está pues más que claro que, Washington, y especialmente los demócratas en Washington, no le desean precisamente lo mejor a Rusia. Sigue siendo demasiado poderosa y una posible alianza con Europa convertiría el conjunto resultante en un formidable rival. La política esbozada por Zbigniew Brzeziński (El gran tablero mundial: La supremacía estadounidense y sus imperativos geostratégicos. Estado y Sociedad; El dilema de EE.UU. Dominación global o liderazgo global) fue precipitar la división de Rusia, impedir la independencia de Europa y mantener el poder estadounidense en Eurasia. Los acontecimientos actuales se sitúan en pleno desarrollo de esa estrategia. El progresivo avance de la OTAN hacia el Este, el apoyo a los musulmanes suníes y, en particular, a Turquía, también miembro de la OTAN, son perfectamente coherentes. Turquía apoyó a los musulmanes bosnios frente a los serbios, sigue ocupando una porción de Siria cuyo reducto islamista de Idlib protegió cuanto pudo y apoyó el ataque de Azerbaiyán contra Armenia, que se mantuvo fiel a Moscú. Finalmente, el abandono de Afganistán a manos de los talibanes, en el límite de las repúblicas musulmanas de la antigua URSS, traza un cerco en torno a Rusia del que también dejan constancia las “revoluciones” suscitadas en los países próximos a ella. En resumen, detrás de la aparente “locura”, hay en ambos bloques una intención racional dominante, y expresamente declarada, que es dominar el mundo, por parte de uno, y sobrevivir por parte de otro.

Sobrevivir incluye, para éste último, evitar como sea que en una antigua provincia suya, al alcance de Moscú, se instalen armas nucleares.

lundi 28 février 2022

Voici revenu le temps de la guerre et des persécutions !

 

La gestión de la pandemia ha permitido poner de manifiesto, a plena luz del día, las inclinaciones particularmente dictatoriales de determinados políticos, al tiempo que señalaba el alcance de la autocensura en los medios. En pocos meses pudimos comprobar que nada parecía más fuerte que el deseo de amoldarse rápidamente al pensamiento dominante, harto asfixiante, con y sin mascarilla. La estruendosa llegada de la tempestad bélica ucraniana ha hecho desaparecer como por arte de magia cualquier referencia a las variantes de una pandemia que desde hace semanas ya no cumplía los criterios necesarios para cautivar o meter en cintura a la multitud. No faltaban tempestades fácilmente situables en el globo pero ya resultaban cansinas: del campo de concentración a cielo abierto de Gaza a las viejas ciudades yemeníes, el parque temático del terror ya estaba en marcha, pero sin ruido.  Igual que bajo la pandemia salió a relucir el lado tenebroso de ciertas almas en platós de televisión y redacciones varias, con la crisis actual, ya guerra abierta, el lado oscuro escribe un nuevo capítulo del naufragio político, intelectual y moral de nuestras “élites”. Es realmente espantoso que nuestros políticos sean incapaces de ir más allá de su interés particular y de su “imagen”. En el tema de la energía, que debería ser el centro de gravedad de la reflexión económica de cualquier país con el más mínimo grado de buena gobernanza, sólo parece despertar interés el riesgo que suponen las maniobras de Putin para el suministro de gas a Europa. Las espantosas reflexiones de ciertos líderes políticos, sobre todo ecologistas, pero no sólo, al descubrir que sus opciones en favor del gas mágico (excelente fuente de negocio) excluyendo la “maldita” energía nuclear, llevan a la ruina total, dan una idea de su nivel o, mejor dicho, de su falta de nivel. Al parecer, estamos descubriendo que la energía es un asunto serio y que los traspiés en esta materia tienen graves consecuencias que pueden llegar a ponernos en posiciones de difícil salida. Y para rato. Igualmente, aunque parece obvio pues tenemos a mano la Historia para confirmarlo, la acumulación de deuda y la inflación han provocado sistemáticamente miseria y guerras, civiles o no. Actualmente, la inflación generalizada en todo el mundo occidental, bajo el peso de deudas colosales, debería suscitar más de una reflexión sobre el futuro que nos espera. Y tenemos unos “dirigentes” más bien impermeables a semejantes asuntos. Uno se pregunta cómo aquellos que, en los dos últimos años, han jugado sin empacho a la carta del miedo al virus ahora pueden pedir credibilidad para sus grandilocuentes discursos basados en sanciones a diestro y siniestro. Por no añadir nada al floreciente negocio del armamento. Proporcionar “armas letales” y de todo tipo no parece ser la mejor manera de defender a la viuda y al huérfano en un país extranjero. Europa, ya no está dividida y habla con una sola voz:  la histeria anti-rusa más que anti-presidente ruso. No hay nada nuevo: la distorsión de las palabras, de los contextos (el Hodolomor, la 14 División SS Galizien: todo vale), el relativismo establecido como única forma autorizada de pensar, el rechazo a las culturas, tradiciones y costumbres seculares, consideradas como anticuadas o incluso bárbaras, todo ello contribuye a este naufragio intelectual del que ya no saldremos fácilmente. Naufragio político e intelectual coadyuvante de un naufragio moral que ya llevaba anunciándose hace tiempo. De la humillación a Grecia a la ultimísima crisis “nuestra” con Marruecos, no se ve muy bien qué brazo y con qué fuerza levantará ahora el escudo para defender a Ucrania. No pasa un día sin enterarnos de casos nuevos, casi en cada país, de sórdidos asuntos de corrupción galopante acumulándose unos sobre otros invitando a los dirigentes a llevar su ímpetu hacia horizontes más lejanos que el inmediato, el que tenemos delante. Nos dicen qué y cómo pensar, incluso los cogidos in fraganti se arrogan el papel de jueces, sin que algún medio importante se conmueva. Salvo muy escasas excepciones, que exigen tiempo, reflexión, debate, los media desgraciadamente han caído tan bajo que ya no hay remedio. Los antiguos faros de la ciencia, los pensadores respetados y respetables se han retirado del mundo ruidoso en el que vivimos. Nadie les hace caso ni se recurre a ellos. Han dejado paso a dirigentes que no sólo no se caracterizan por su solvencia, refinamiento o madurez intelectual sino por su arrogancia vacía de gilipollas. Cómico si tanta gente no tuviera que sufrir las consecuencias de sus lamentables actos. Ya no hay escena política sino solo clanes de parásitos en lucha, sin valores y sin inteligencia. Estamos jodidos.

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Las agencias focalizan la atención sobre las intervenciones de Rusia desde 1991: dos guerras en Chechenia, en los años 1994-96 y en el 1999 y 2000, con miles de muertos; en Georgia en 2008, tras una operación georgiana en Osetia del sur, que Rusia acabó reconociendo junto con Abjasia; la “anexión” de Crimea, en 2014, tras los turbios sucesos de la Plaza (Maidán) de la Independencia, ocupada por los partidarios de la eurointegración el 21 de noviembre de 2013; el apoyo a Siria en 2015. Pero guardan silencio cómplice – normal, somos “aliados” – respecto a la actividad norteamericana: la devastación y masacres de Irak, la monstruosidad de Yugoslavia, veinte años de guerra en Afganistán, Irak de nuevo, Libia, el despellejamiento sistemático de Siria, Irak otra vez. Es cierto que quien paga, manda. En los canales de información continua, militares retirados, tertulianos, mamarrachos de todos los matices han tomado el relevo de los médicos, todólogos y politiquillos fatigándose sobre el coronavirus. Hemos visto ya el mismo espectáculo varias veces, confundiendo las voces y las versiones de quien de veras tiene algo que decir con el flujo interminable de la mera telebasura. Periodistas, magistrados, policías, opinadores exaltados, moralistas o advenedizos de todo pelaje … El denominador común de estos bípedos implumes es la arrogancia, la tendenciosidad descarada, la costumbre de ladrar con la manada. Materialismo, conformismo, hipocondría, parasitismo y patraña bien dosificados productos de una profunda frustración y un deseo de venganza ante quien demuestra capacidad de pasar al acto en defensa de sus convicciones, sea quien sea: repartidor a domicilio o presidente de un país. No tienen análisis ni pensamiento propio porque llevan muchísimos años convencidos de que su opinión es la ley, del mismo modo que la obediencia al poder imperial ha sido desde siempre su principal virtud y fuente principal de sus “valores”. Son las correas de transmisión indispensables para configurar estados de opinión, que por otra parte no sirven para gran cosa. Recuerdo un vídeo que me enviaron hace pocos días: un urbanita equipado a lo Rambo con su mountain bike eléctrica de diseño se topa en el sendero con un enorme buey pastando. Creyéndose en un carril bici o en una acera cualquiera de su medio urbano, donde normalmente se arroga el derecho a tiranizar e insultar al peatón desamparado, chilla, vocea, emite mil ruidos, pitidos y bocinas y el buey no solo no se mueve sino que cuando lo hace, arremete en su dirección obligándole a tirar prontamente prado arriba. ¡Desconocimiento total del comportamiento y la psicología animal! El muy memo no se imaginaba nadie capaz de no cederle temerosamente el paso. Con un buey, la cosa no funciona así. Si uno se encuentra alguno en mitad del camino, es mejor detenerse a prudente distancia, asegurarse de que no se sorprenda con tu presencia y … esperar tranquilamente a que se vaya. El avasallamiento no funciona. Nada más penoso de soportar que las arengas, comunicados y proclamas de las autoridades de todo rango y condición. Prensa, radios, cadenas de televisión: inmensa marea negra de la hidra mediática ... tan visible, tan dañina y odiosa desde hace años que hace que uno se pregunte cómo sus conciudadanos no tiran de una vez de la cadena. Hay por ahí un libro de cierto éxito según el cual “todas las ideas están en la naturaleza” (Carina Louart,Toutes les idées sont dans la nature, Actes Sud) que ya no tiene sentido: todas las ideas están en cualquier plató, redacción o estudio de radio. Dicen que en ciertos pueblos japoneses, los niños se divierten meando a las ranas y éstas no se mueven porque les da mucho gusto. De ahí el dicho "kaeru ni shonben" (como mear a una rana). La relación entre Europa y Estados Unidos va en el mismo orden: cuanto más desprecian y humillan los americanos a sus “aliados” europeos, más croan los mandamases locales para dar gusto a los yanquis. Es triste pero es así. Que Dios nos proteja.

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Envoyons des troupes, oui, mais attention, des troupes inclusives, les morts se réjouiront d’avoir été tués sous les coups d’une armée ouverte sur son époque, avec tous les genres représentés proportionnellement, et une représentation de toutes les croyances et ethnies. Et limitons l’utilisation d’avions de combat et l’utilisation d’explosifs, en raison des émissions qui peuvent endommager l’atmosphère. Et faisons attention aux bombardements d’espaces verts ou aux animaux tués. Ajoutons à cela : régime végétalien pour les soldats et soldates, etc. Long et cætera dans lequel une centaine de termes supplémentaires peuvent être incluses. Victoire assurée. Rends-toi, Poutine !

lundi 21 février 2022

La nouvelle lune de février sert pour l'année de calendrier.

Il y a quelques jours, un ami, prof d’histoire à la retraite, me faisait une remarque qui me sidérait et me faisait douter non pas de son intelligence, mais du fait que nous vivions, lui et moi, dans le même monde. Autour d’un verre, nous parlions politique et histoire. De fil en aiguille, nous en arrivâmes au stade de l’échange de commentaires dans un style retro genre guerre froide autour de la crise en Russie, à mes yeux provoquée par l’obscène politique extérieure américaine. On en est arrivés aux conséquences de la dernière guerre mondiale ! Il commença à égrener des situations, insistant ici ou là quand l’une d’entre elles soulevait son intérêt. Après quelques convergences-divergences (pour lui : Anglo-américains « sauveurs de l’Europe à deux reprises » ; pour moi : Anglo-américains criminels de guerre dans l’impunité totale depuis des siècles), je l’entendis prononcer cette phrase : « Ils ont rasé l’Allemagne au phosphore, d’accord, mais ces gens-là avaient bien voté pour Hitler, alors… » Je n’avais jamais envisagé qu’une telle chose fût possible à cause d’un vote massif (et inexcusablement fautif !) préalable. Pour ce justicier implacable, tout le patrimoine démocratique depuis que la démocratie existe équivalait exactement à rien si on ne vote pas comme il faut voter. Grand mystère, car : comment il faut voter ? J’ai eu, depuis, l’occasion de comprendre que bien des gens ont le même travers concernant la politique domestique de chaque pays : « Bien fait pour eux ! », « Ils n’ont que ce qu’ils méritent ! », « Chaque peuple mérite les élus qu’il se donne », etc. Non que la démocratie ait empiré au fil des années, elle a toujours été ce qu’on voit aujourd’hui. Une mascarade, un cirque grotesque, une suite éperdue de luttes de clans et de lobbys avec, au bout du compte, des types qui sitôt installés au pouvoir se font cracher dessus de génération en génération par les mêmes électeurs qu’ils avaient séduits, parce qu’au bout du compte ils se révèlent incapables de tenir leurs promesses sauf pour ce qui est de la nette amélioration de leurs conditions de vie à eux. Et peu importe le niveau culturel ou la formation reçue, on a été formatés depuis l’école d’une manière qui exclut un examen critique de tout ce qui vient après la première guerre mondiale. On ne supporte pas les arguments nuancés ni les concepts trop compliqués pour parvenir à atteindre un dialogue formalisé et constructif : autant renoncer. On se limite à afficher fièrement une prétendue boulimie intellectuelle essentiellement nourrie de « culture » américaine, même via pensée zéro, qui nous rend capables avant de lever la table de réciter ce qu’on a entendu sur quinze plateaux-télé, mais toujours désespérément incapables de produire soi-même une idée sensée. Bref, côté Histoire, les carottes sont cuites.

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Est-il nécessaire aux lecteurs de Marcel Proust de lire sa biographie ? Écartons d’emblée ceux qui pensent qu’il n’est jamais intéressant de lire une biographie d’écrivain : l’œuvre est là et elle doit se suffire à elle-même. Opinion de Flaubert partagée par Proust lui-même. Dans la mesure où la Recherche est une œuvre très largement autobiographique, serait-il inutile de la faire reproduire par le livre d’un tiers ? Bien au contraire, c'est précisément parce que l’œuvre de Proust se nourrit de sa propre vie, qu'il serait essentiel de marquer les différences entre les deux pour mieux saisir le processus permettant partant de l’une, d’aboutir à l’autre. Nous passons sous silence Léon Pierre-Quint, le précurseur, dont le livre sur Proust a été publié à peine trois ans après la mort de son modèle, André Maurois, Maurice Bardèche et quelques autres plus ou moins significatifs., pour mettre en avance celles de George D. Painter, de Jean-Yves Tadié et de Ghislain de Diesbach. Le plus ancien biographe des trois, Painter, s’avère, d’une part, un peu fatigant avec l'obstination de vouloir que Proust ait eu des aventures féminines et avec ses explications de ceci ou de cela trop pénétrées de psychanalyse. D’autre part, à l’époque, de très nombreuses lettres de Proust n’avaient pas encore été retrouvées par Philip Kolb, qui en a depuis assuré l’édition chez Plon. Painter ne pouvait donc travailler qu'à partir d’un scénario lacunaire. Jean-Yves Tadié est surtout l’homme qui a accompli l'épreuve herculéenne de faire passer la Recherche de trois volumes moyens, dans l’édition de Pierre Clarac et André Ferré chez La Pléiade, à quatre gros volumes de la même collection, laissant voir à quel point l’appareil critique avait métastasé entre les années cinquante et les années quatre-vingt du siècle passé. Avec le grand mérite d’être un universitaire non-jargonneur, c’est-à-dire accessible. Comme il passe pour le spécialiste de Proust par excellence, il s'occupe longtemps de l’œuvre, à la décortiquer, à l’observer sous tous les éclairages possibles. Reste donc Ghislain de Diesbach, qui connaît admirablement la société de cette époque, et particulièrement ce qu’il est convenu d’appeler le monde. Il est pétri d’un humour fin et toujours discret, exprimé magistralement dans les nombreux “médaillons” qu’il donne à lire chaque fois qu’apparaît dans son récit un personnage destiné à jouer un rôle plus ou moins important dans la vie de son biographié, sans la virtuosité rageuse de Saint-Simon ou les méchancetés tonitruantes de Léon Daudet. D’autre part, il se concentre principalement sur la vie de son modèle, sans pour autant négliger l’œuvre, en sachant toujours étager ses plans. Bref, si un éventuel lecteur de ces lignes a l’envie, le temps et la disponibilité suffisante pour ce faire, qu'il en lise les trois sans hésiter.


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Condamné à revivre le jour de la marmotte. Un condisciple des années de fac, perdu de vue depuis plus de quarante ans, me lance (pas mal, comme préambule !) à la figure : « T’es toujours marié avec la même femme ? Normalement, ça porte malheur, ça, se marier très jeune ! » Dans mon cas, le mariage très jeune amena des changements avantageux à mon existence. Tout est devenu plus sérieux. Par des chemins étranges et détournés, rythmés par le labeur quotidien : études supérieures poursuivies après le concours du secondaire ; avancements dans mon travail (chef d'établissement, etc.) ; apprentissage du basque ; longue thèse dans des conditions austères, sans les moyens de bord d’un département, mais avec la surprise de compter sur la présence de Claude Simon à ma soutenance … ! J’ai pu faire ce dont je rêvais, tout de même : vivre à la frontière française depuis plus de quarante ans, faire des voyages, devenir prof à l’Université après mon doctorat, produire des articles personnellement satisfaisants à quelques égards. Que des tentatives, que d’efforts ! Ça valait donc bien la peine de se marier jeune ...

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J'ai terminé vers la mi-janvier la lecture d'anéantir et aux toutes dernières pages, celles des remerciements, je tombe sur cette phrase : « Au fond, les écrivains français ne devraient pas hésiter à se documenter davantage ; beaucoup de gens aiment leur métier, et se réjouissent de l'expliquer aux profanes. Je viens par chance d'aboutir à une conclusion positive ; il est temps que je m'arrête. » Ces derniers mots, compte tenu de la noirceur d'anéantir, je ne sais comment les interpréter, quel sens leur donner. Est-ce réellement son dernier roman ? J'ai eu du mal à le terminer, ce livre car il a le don, plus que tous ses précédents, de nous mettre le nez bien profond dans notre caca et de nous faire regarder la mort bien en face. En général on n'y tient pas vraiment, quand il nous arrive d'en parler on passe rapidement à autre chose. La finitude ça plombe les soirées, ou alors faut aborder le sujet avec deux grammes, pour en rire plutôt qu'en pleurer. J'ai lu quelque part qu'il y avait deux romans dans anéantir, et que l'on ne connaîtrait jamais l'épilogue du premier. Je ne suis pas de cet avis, Houellebecq n'est pas John le Carré et les attentats perpétués aux quatre coins du monde par une organisation vraisemblablement sataniste ne sont que le bruit de fond de l'époque. Les motivations de ces terroristes sont assez secondaires, juste un élément du décor où se déroule l'action, la campagne présidentielle de 2027, et il nous a été donné de connaître d’autres attentats sans que la vie ni la mort ne s'arrêtent. Je ne me sens pas capable d'ailleurs d'établir une liste complète de ces attentats évoqués au dernier quart du livre. Des "fous de Dieu" nous en ont voulu à mort et nous en veulent encore. C'est même devenu notre lot quotidien de non-sens. Pour en trouver, du sens à tout cela, il nous faudrait réfléchir, penser … et Valéry affirmait déjà que « penser, c’est perdre le fil » Alors … En dépit de ces échos du monde, le récit de la vie de Paul Raison est parfaitement linéaire, et le sujet de M. Houellebecq est bien la mort, la mort toujours recommencée, qui est partout chez elle, des monts du Beaujolais au golfe du Morbihan en passant par Arras ou les jardins de Bercy. On se dit qu'elle fait très bien le travail toute seule, qu'elle n'a pas besoin d'auxiliaires empressés. On pense à ces mots de Brassens que j’avais posté sur Facebook il y a quelques jours : « Car, enfin, la Camarde est assez vigilante elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux. » Anéantir, c'est son affaire : anéantir les amours renaissants, anéantir de désespoir. Il lui suffit d'un petit AVC, d'une corde ou d'un cancer, elle a tout un arsenal à sa disposition, la mort. La seule façon de la vaincre serait de ne plus donner vie. Oui "anéantir" est bien un roman crépusculaire, sombre comme un jour de novembre, et dernier travail de Michel Houellebecq.

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En matière de littérature ou de cinéma, finalement, le lecteur compte presque autant que l’auteur : mutuellement indispensables. Sans lecteur de bon niveau, l’auteur est condamné à l’oubli. Si le lecteur n’est plus capable d’apprécier une syntaxe ancienne, souvent, parfaite, voire de la supporter, s’il ne peut passer outre les archaïsmes narratifs, les dialogues trop écrits, les situations d’un autre âge, c’en est fini du chef d’œuvre. Si un spectateur ne peut plus accepter de voir un film muet, en noir et blanc, ou s’il s’endort devant un montage calme et des plans de plus de cinq secondes, les trésors du cinéma ne servent plus à personne. Heureusement, la curiosité et l’intérêt pour les chefs d’œuvre dépassent toujours la médiocrité propre à chaque époque, et malgré tout, les œuvres majeures trouvent leurs admirateurs. C’est bien le sens de la formule de Nicolas Gomez d’Avila : « La postérité n’est pas l’ensemble des générations futures. C’est un petit groupe d’hommes de goût, bien élevés, érudits, dans chaque génération ». En noir et blanc ou en alexandrin, une grande œuvre nous met en présence de personnages qui se retrouveront dans toutes les époques, par-delà leurs atours. Nous trouvons toujours, même dans des personnages annexes, des portraits exacts de nos plus exacts contemporains, de nous-mêmes.

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Quand on y pense, chaque confirmation que les imbéciles sont toujours les mêmes a quelque chose de réconfortant : au moins, ils ne progressent pas. La seule incertitude réside dans la puissance de l’esprit qui s’oppose à eux, et dont on a bien l’impression, ces derniers temps, qu’elle ne suffit plus. Mais c’était déjà l’opinion d'un personnage de Flaubert, avec deux cents ans d’avance : « Plus d’académies ! Plus d’Institut ! Plus de missions ! Plus de baccalauréat ! A bas les grades universitaires ! Conservons-les, dit Sénécal, mais qu’ils soient conférés par le suffrage universel, par le Peuple, seul vrai juge ! Le plus utile, d’ailleurs, n’était pas cela. Il fallait d’abord passer le niveau sur la tête des riches ! Et il les représenta se gorgeant de crimes sous leurs plafonds dorés, tandis que les pauvres, se tordant de faim dans leurs galetas, cultivaient toutes les vertus. » G. Flaubert, L’Éducation sentimentale

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Jour de la marmotte (bis). Les personnels non enseignants méprisent sans doute les bureaucrates prétentiards et insolents, stupidement méprisants eux-mêmes, fiers de leur accès à la gestion par la voie du doigt de quelque suzerain que ce soit (gouvernement ou recteurs et doyens, selon les dénominations en vigueur dans la hiérarchie des établissements espagnols), fiers de leur gueule et trop souvent d’une nullité directement proportionnelle à la taille de leur ego. Ils respectent toujours, en revanche, ces administratifs et techniciens divers, ceux qui se montrent à la hauteur. On perçoit immédiatement celui qui connaît non seulement son affaire, mais aussi celui des autres… celui de ceux qu’il a été appelé à donner des ordres ou à organiser, qui sait ce qu’il faut demander, ce qu’on peut demander et, en outre, l’effort que cela représente. Ces gens-là sont presque immédiatement agréés par le personnel en « bleu de chauffe » qui met la main à la patte tous les jours. On ne le bluffe pas, lui. Il devine tout : inutile de faire son intéressant. La morgue n’est pas nécessaire pour se faire écouter et respecter. De continuelles irrésolutions qu’on dissimule derrière des éclats qu’on veut napoléoniens et le naufrage à terme est assuré. La véritable autorité a une sonorité, un tintement, qui ne trompe pas. Au contraire, l’autorité des faibles, un goût assez pervers de l’autorité pour l’autorité, a comme une fêlure cause de malaise, de fausset, de persiflage. De l’autorité inconsidérée, fantasque, exercée pour le plaisir de voir les gens se disputer, se remplir de perplexité, d’ahurissement. C’est l’autorité des nuls, promus à un poste de commandement par le hasard ou par le caprice d’un supérieur.

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Mai, 1959. Question du patron de mes parents qui m’était adressée en début d’après-midi sous une chaleur à faire fondre les briques : « Qu’est-ce que tu voudrais être, quand tu seras grand, mon enfant ? » Moi, prompt à la réponse : « Pistolero ou bien pirate … ! » J’aurais pu tout aussi bien répondre chasseur de grizzly ou dompteur de puces. Mon père, qui aurait préféré que je réponde « curé ! » parut quand même très heureux de mes choix et de ma réponse, précise, catégorique, sincère.

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À une époque, je croyais tous les cœurs purs. 



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On en vient à reprocher à certaines victimes de n'être pas mortes tout à fait …

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Le beau mec qui joue les premiers ministres dans notre « res publica selvatica » est tellement menteur qu’il ne faut même pas croire au contraire de ce qu’il affirme. Mais, ce n’est pas grave. Le système le veut ainsi. Et le « jeu » de l’alternance. Certains croient qu'en Espagne, dans l'exercice du pouvoir politique, il y a des sociaux-démocrates et des conservateurs ou des libéraux. Ils ont tort. La vraie politique se développe chez nous sans référence aux acteurs pertinents. Les acteurs publiques impliqués dans des politiques publiques n'ont qu'une importance relative. La démarche de contrôle des politiques fiscales n'est pas entre leurs mains. L'État espagnol possède une structure fiscale dont le seul objectif est celui de plumer au possible les classes moyennes et la partie productive de la société, de plus en plus réduite, avec un déploiement technique, humain et de propagande impressionnant. On trouve au Trésor les meilleurs spécialistes avec le meilleur équipement qu’on puisse imaginer. On pourrait affirmer sans crainte de se tromper que les différentes branches du reste de l'administration lui fournissent très efficacement des services auxiliaires. L'argent collecté, sans prendre activement en chasse les fraudeurs fiscaux importants, va essentiellement à deux groupes : les classes dirigeantes centrale et périphériques et les réseaux clientélistes d'électeurs qui les soutiennent. Partis politiques, syndicats, hauts fonctionnaires et certaines grandes entreprises, visent à optimiser le pompage de fonds alors que le système de production lui-même est négligé et sous-estimé. L'homme d'affaires prospère, la pensée innovatrice ne sont qu’autant d’entraves majeures au principe qui part du postulat selon lequel l'enrichissement honnête est impossible et moralement répréhensible. Et cet état de choses vient de loin. La mise en place du régime actuel s’est consolidée dans les années 80 avec la nébuleuse des différents partis de droite précédant le Parti Populaire (1989) et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol. Une fois la Constitution votée, l’UCD (Unión de Centro Democrático) fait la demande d’adhésion à l’OTAN, acceptée sous conditions par les sociaux-démocrates et soumise à référendum en mars 1986, après le positionnement pro-atlantiste de F. González. Les premières actions au pouvoir de la socialdémocratie fraîchement importée et financée de l’extérieur visaient à l’exercice hégémonique sur l'échiquier politique, spécialement dans le système éducatif, à pénétrer l'administration et à donner aux politiciens le contrôle des Caisses d'épargne, tout en désindustrialisant le pays en même temps. Le système, en apparence, ne bloque jamais. Les politiciens retirés de la politique ou remerciés, après de longs (pas toujours) et loyaux (à qui ?) services, trouvent souvent de confortables replis dans quelque grande entreprise. Forme d’échangisme typique de la classe politique qui considère tout à fait normal de rejoindre le privé après des années voire des semaines de « service » à l’administration. De 800 000 fonctionnaires, on est passé à près de trois millions et demi dont la santé et l'éducation représentent un million deux cent mille, avec un net accroissement du personnel universitaire. Cependant, une bonne partie des dépenses se perd à cause d’une éducation de mauvaise qualité et des dépenses de santé par habitant plutôt faibles. Lorsque l’un des partis de l’alternance espagnole prend le pouvoir (alternance ne veut pas dire alternative !) il ne démantèle pas tout l'appareil de corruption qu'il trouve déjà solidement installé, bien au contraire, il en profite se contentant de prendre simplement le relais. Ajoutons à cela un quatrième pouvoir : les médias, grassement subventionnés par le prélèvement de leur part des budgets publics, formidable appareil de propagande d'une classe politique dans laquelle le sens critique, l'impartialité et l'objectivité ont tout simplement disparu depuis longtemps. Comme l'argent fourni par l'économie du pays est largement insuffisant, une énorme dette publique a été générée qui met le pays à la merci de ses créanciers et absorbe l'épargne privée. L'Espagnol lambda, véritable mouton politique qui se prend pour malin, étroitement surveillé à la base, permet que son argent soit utilisé pour payer le gâchis d’un énorme appareil d’État déliquescent qui échappera toujours à son contrôle au sommet. On tient à nous faire croire que la corruption consiste uniquement à mettre la main à la caisse et ce n'est pas comme ça que ça se passe : les ONG inutiles et les fondations bidon, les sociétés et entités sans objet, les postes et les prébendes partagées au jour le jour ainsi que les réseaux de clientélisme représentent beaucoup plus d'argent et ont un objectif tout aussi odieux, voire plus, que le vol ou l’escroquerie pure et simple. Le maillon le plus obscène pour dimensionner la chaîne de la corruption du système demeure la gestion des médias publics et la corruption permanente des médias privés ainsi que la dégénérescence galopante et l'utilisation à des pures fins de propagande du système éducatif.

L'ensemble des autonomies n'a pas été orienté vers une meilleure gestion. Les priorités semblent préférer la manipulation des médias et des esprits via le système éducatif. Dans les autonomies identitaires, c'est beaucoup plus évident : le lavage de cerveau et la ségrégation commencent pratiquement dès la maternelle dans l’indifférence presque générale. Les coûts de tout cela sont énormes : un système de production qui se rétrécit et une productivité qui stagne depuis 15 ans. L'Espagne s'éloigne progressivement des niveaux de revenu des cinq plus grands de l’Union européenne. La corruption et la mauvaise gestion peuvent être vues à l'œil nu pour peu qu’on sache regarder. Le coût du logement, la facture du gaz et de l'électricité à la hausse battant record sur record, le manque de perspectives surtout chez les jeunes, les lois au stade métastatique, la lourdeur de la bureaucratie, l’innovation défaillante des entreprises ou les bas salaires sont le résultat des politiques mal canalisées depuis des années. La détérioration de ce que certains appellent « le contrat social » est déjà criante, et l’égalité devant la loi n’existe plus, tout comme la protection du droit à la propriété privée ou à la présomption d'innocence. Défendre l'égalité devant la loi devient un acte de subversion. L’État n’opère plus cherchant des équilibres entre principes hobbesiens et principes kantiens, il s’en fout royalement, ne s'occupant plus que de lui-même et de se demander comment amuser les benêts et les gogos sur des écrans de fumée pour mieux les cacher le pillage toujours croissant dont ils sont l'objet. L'inégalité des sexes, le féminisme, les discussions autour du genre, les accusations de fascisme à tort et à travers : de la poudre aux yeux qui tente de générer des réponses émotionnelles et, partant, irrationnelles, escamotant des tragédies bien réelles qui nous coûteront très cher. Les analyses rationnelles ou à base scientifique ont été complètement bannies des médias. Si on devait trouver un modèle ou quelque chose de semblable pour mieux comprendre l'Espagne actuelle, on devrait regarder en direction de l'Argentine. Sans l'euro, notre taux d'inflation serait galopant. Tant qu’on ne se sera pas débarrassés sans trop tarder d’une caste politique parasitaire et incompétente, qui nous conduira irrémédiablement au désastre, on ne pourra pas aller au-devant d’un avenir qui sera tout sauf précisément radieux.





samedi 29 janvier 2022

Fuite de la routine domestique basque et envie de routine aquitaine

 


Retour à Bordeaux. Nos enfants nous accueillent dimanche chez eux, Rive droite, et leur chaleureuse cordialité, leurs sourires et la gaité de notre petite A. viendront ranimer ma confiance dans le sentiment d'être au cœur de notre clan familier porteur d'espoir, de chaude ambiance intime et de joie de vivre. Si j'ai connu quelque vague à l'âme sur des moments ponctuels, dévasté par l'érosion de la vie quotidienne des uns et des autres, la répétition de bons moments dont rien, depuis toujours, ne trouble le flux coloré, enchanté et joyeux, agissent sur moi comme un vrai tonique.

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Mémoire de mon père. Je me souviens des derniers moments de mon père. De ses derniers jours. De ce qu’il traversait en silence, de son besoin de discrétion dans sa douleur solitaire, impossible à partager avec ceux qui l'entouraient. Je redécouvre à chaque fois sa personnalité remarquable, avec le regret de ne pas l'avoir revu à temps pour lui en porter un témoignage de reconnaissance qui eût pu lui faire du bien. Lorsque nous étions enfants et que j’ai commencé à le connaître, c'était à mes yeux l'Homme dans toute sa plénitude, le Père que j'avais pour me défendre contre tout. Par sa stature, par sa voix puissante et ferme, par toute sa guerre de 36 qui l'auréolait de virilité. Petit enfant, combien j'ai pu être sensible à ces choses ! Les années ont passé et, par bribes, par nos conversations la nuit, par les souvenirs qu'il nous contait, par ce que j'ai entendu sur lui de divers côtés, je crois que j'ai fini par le connaitre totalement, mais je ne le savais pas. Il a fallu qu'il nous quitte pour que, pensant à lui, je fasse en quelque sorte la synthèse de tout ce qu'il m'inspirait. C'est pourquoi je peux écrire aujourd'hui sincèrement de sa personnalité remarquable, que je ne réalisais même pas quelques jours après sa disparition, sa mort. Mon père était la droiture même ; d'une honnêteté courageuse, totale, intransigeante, et cependant, sans fanatisme aucun. Sa droiture était elle-même une conséquence de son goût de l'ordre et d'une rigueur qui l'ont conduit à cette perfection dans le travail auquel il apportait une minutie extrême. Bien entendu, lorsqu'on aime l'ordre, on aime la justice, qui met chacun et chaque chose à sa place. Entier, il allait jusqu'au bout, avec ce mélange de bonté et de rudesse que lui donnaient ses certitudes. Lorsqu'il s'asseyait dans son coin le soir avec un bon roman du Far West (Marcial Lafuente Estefanía, il adorait !), il était parfaitement détendu, l'âme sans une ride, l'esprit sans une compromission. Il pouvait laisser son petit roman et croiser son regard dans la glace sans baisser les yeux. Il pouvait se regarder lui-même de ce regard direct, énergique, sans nuance, qu'il posait sur les autres, même si cela les gênait. Il avait une conscience absolument pure. Il dormait sur ses deux oreilles, il marchait plus droit qu'il n'est permis, et il le pouvait. Il avait compris bien des choses. Il n'avait pas d'ambition personnelle car l'ambition n'eût rien apporté de plus à la simple aisance dont il jouissait avec les siens. Mon père était loin de ce risque, car il était sauvé par son cœur. Il puisait dans sa sérénité une immense indulgence et ses colères étaient limitées, verbales, et concernaient surtout le désordre. Frappé par un cancer terrible tardivement détecté, sans que le temps me permette de lui apporter quelque satisfaction que ma situation de fils prodigue sans retour ne lui avait accordé que rarement, il avait regagné un équilibre qui paraissait pouvoir durer encore longtemps. Je l'accompagne très souvent par la pensée et il me restitue généreusement de vivants souvenirs de mon enfance.


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Vieilles notes d’une visite à la Cité Administrative (2016). La fonctionnaire était furieuse sans me laisser m’expliquer. Deux numéros d'identification fiscale de référence attribués à une même et unique personne ! Elle a retroussé ses manches, d'une horrible blouse bleu. Situation irrégulière ! Comment voulez-vous qu'on s'y retrouve si tout le monde en fait autant !? Vérifiez vos coordonnées personnelles ou refaites-les comme il faut à chaque changement de situation (!?). Vous avez une semaine pour vous mettre à jour ! Pour en finir, j'ai fait tout établir, puisque j'étais enregistré deux fois, sous un nom presque identique, dans les données du ministère à cause d'une erreur de saisie de la part de Dieu sait qui. Muni de preuves attestant l'erreur, il m'a fallu poireauter à nouveau à la Cité Administrative, parmi des centaines de gens pareillement emmerdés par d'autres foutaises. Au final, tout s'est bien passé grâce à l'efficacité d'un jeune compétent capable de corriger la base de données. Heureusement, la première fois, j'avais pris la précaution d'emporter ma tablette et la queue n'a pas été trop crevante. Je sais bien qu'il y a encore pire ailleurs, mais il me semble parfois que l’administration française si jalousée à en croire ses représentants, est la plus chiante du monde, toujours impuissante à simplifier et à réduire et ne sachant que multiplier à l'infini bureaux, démarches, paperasses et formalités malgré l'omniprésence du numérique. Le pire de tout est l'arrogance que se permettent tant de minables à peine revêtus de la plus petite apparence d'autorité. Le besoin qu'avait cette pauvre abrutie, ce matin-là, de me voir me morfondre dans l'attente de son bon plaisir. Sa rage de manquer ses effets tandis que je me prélassais, lecteur désinvolte des trucs dans ma tablette, à mille lieues de marquer l'impatience ou l'intimidation escomptée. Avoir gâché la journée d’une sorcière m'a drôlement consolé d'avoir perdu la mienne. J'ai tout de même l'esprit de l'escalier. Que font en effet tant de bureaucrates des migrants, des forains, des itinérants perpétuels, qui se déplacent sans cesse et risquent de connaître tout le temps des « changements de situation » ? Il doit bien y avoir une formule ! J'aurais dû déclarer une situation fiscale originale : nomade professionnel, rien que pour voir l'effet sur cette gueule. C'était peut-être la porte ouverte à des emmerdements sans fin, mieux valait couper court par la tangente de la démarche répétée docilement. Mon instinct ne m'avait pas trompé. Le professionnalisme du jeune bienveillant, perle rare, rachète habituellement le désordre causé par la vioque aigrie ?