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lundi 23 février 2026

L’enfer est vide : tous les démons sont parmi nous. Clichés et tics médiatiques. Cours de langue de bois

 


Clichés et tics médiatiques

Les tics et clichés favorisent la communication qui ne passe plus par les idées, mais par quelque chose d'irrationnel, de flou. Ils correspondent à des automatismes de langage, qui fluidifient le discours et la communication. Ces automatismes, ou expressions figées, sont les révélateurs de la paresse intellectuelle des locuteurs, qui ne cherchent pas à trouver l'expression ou le mot justes ou simples, mais se coulent et se moulent dans un conformisme de bon aloi. Les communicants et les journalistes se servent tellement de ces tics de langage que cela en devient un T.O.C. (trouble obsessionnel compulsif). Il n'est même plus question de politiquement correct, mais de facilité et de manque d'originalité.

Avoir confiance dans la justice

tous les politiques et les ministres prévaricateurs et sous le coup d’une inculpation le disent. Souvent accompagné de : je suis (reste) serein. Il est vrai que s'ils avaient affaire à la justice d'un autre pays, plus expéditive, lesdites personnes ne seraient pas aussi sereines.

 

Sauvagement assassiné(e)

nombre de journalistes emploient cette expression à propos d'un meurtre particulièrement sanglant. Il serait cependant étonnant qu'une victime soit gentiment ou doucement assassinée. 

 

L’avenir nous le dira

sauf que parfois l'avenir est bègue, ou même muet. Quand un journaliste ou un homme politique emploient cette expression, cela signifie qu'ils n'ont aucune idée de ce qui va se passer, ni comment va évoluer la situation.

 

FRANCHEMENT

Chaque fois qu'un homme politique prononce cet adverbe, attendez-vous à un gros mensonge ou à une énorme connerie ou incongruité.

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Instructions : Commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case de la colonne 2, puis avec n’importe quelle case de la colonne 3, puis n’importe laquelle de la colonne 4. Revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1, pour enchaîner au hasard…

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L’enfer est vide : tous les démons sont parmi nous. Le débat sur l'avenir des élections législatives de 2027 en Espagne s'intensifie face à une série de menaces progressives, poussant certains analystes à s'interroger sur la pérennité du modèle sanchiste. Les préoccupations majeures portent sur l'intégrité des processus électoraux, fragilisée par la désinformation et la polarisation politique croissante.


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« Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent. » (Edgar Faure ?) Étrange besoin pour l’homme et la femme d’être jugés supérieurs par ses semblables. Par instinct naturel de domination ? Pour être craints, admirés ? Pourquoi des individualités manifestement abjectes, ignares, ignobles tendent-elles à faire savoir ceci ou à critiquer cela, à soutenir Machin ou à servir Chose, à couvrir des louanges de vrais crapules ? A-t-on besoin d’étayer d’autres plus vulgaires et plats que soi-même ou est-ce désir d’affirmation, de faire peur, de se sentir quelque chose sous la protection du groupe aboyeur, de se savoir protégé, ou, tout simplement, parce qu’on est (grassement) rémunéré ? Le concept de rémunération par une « forme de pouvoir » implique des avantages, monétaires ou non, des faveurs et de l’influence, qui découlent directement de l'exercice d'une fonction, de l’occupation d’un poste, d'un mandat politique ou d'une influence décisionnelle, au-delà, sans les exclure, d’un salaire ou d’une somme concrète d’argent. Cela englobe la capacité d'orienter des ressources ou de bénéficier d'avantages liés à la position occupée. Combien est lourde et importune, à l’heure où le commun des mortels souffre sous la nuit interminable d’une bande incompétente et corrompue, la pensée ubuesque des zigotos qui se prennent pour « malins » alors qu’ils ne sont que des preuves tangibles de la plus crasse bêtise humaine, de simples apparences de légitimité sociale, dans le dédain de toute une population qui les déteste en faisant semblant, comme elle le peut, de les approuver. L’avantage de la prolixité de cette troupe de courtisans, profiteurs et arrivistes de l'entourage politique et personnel proche du Fucking Big Boss, qui privilégie la flatterie, la loyauté aveugle et la défense à outrance de ses intérêts personnels à la pertinence politique, c’est que le flot de leur verbiage finit par provoquer la fatigue, l’indifférence et l’épuisement émotionnel, y compris de la part d’une quantité grandissante d’adeptes à la propre secte sanchiste. Dirty© Sanchez exige d’être gâté sans fatigue par des louanges inconsidérés : acquiescer à tout ce qu’il a fait et à tout ce qu’il a dit dans le passé, à ce qu’il fait et à ce qu’il dit aujourd’hui même, à tout ce qu’il fera et à tout ce qu’il dira à l’avenir, à tout propos, en toute occasion. Menteur avéré, versatile, inconstant et inconsistant, toujours opportuniste comme il est, on serait tenté de penser qu’ils n’ont pas la tâche facile, ses thuriféraires de métier. Que nenni ! En toute logique, la somme de ses mérites, vertus et capacités finit par balayer les obstacles et désamorcer les objections. Comme lui a asséné en pleine figue, sous des torrents de bave d’admiration, l’une des plus stupides ministres parmi les cruches sans anse du conseil, « tu es du bon côté de l’histoire ». Allez savoir ce que cela veut dire !

Certains socialistes normaux, tendance socialdémocrate vielle école et non pas tendance dirty, font preuve d’une capacité de jugement plus froide, plus sévère, plus sincère et plus claire : avec une telle tête pensante à la tête du gouvernement et au gouvernail du parti, ils vont dans le mur sans une chance de l'emporter. Pourtant, mettre électoralement hors combat un nuisible de cette trempe, ne sera pas tâche facile. Quand le pillage, lié indissolublement aux notions d’incompétence et parasitisme, devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit aux crochets de la société grâce aux ressources, au travail ou à la crédulité électorale de la collectivité, sans contribuer véritablement en retour, ce groupe finit par façonner pour lui-même tout un système juridique qui légitime son pillage, et un discours qui le valorise, le magnifie, l’exalte ou l’embellit contribuant ainsi à construire une légende autour du personnage et du parti, par une habile manœuvre capable de transformer une personne, même le plus malhonnête fraudeur, en figure exemplaire. C'est d’ailleurs un thème classique dans la littérature et le cinéma : le « brigand généreux » ou « l'escroc au grand cœur ». Le « bon dictateur » n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité, dans toute l'administration, entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables. Notre Big Boss à nous et, sans se limiter à son cas, on pourrait affirmer la même chose à propos d’une longue liste de leaders européens, intellectuellement plus costauds tout de même, à l’exception de Donald Schtroumf, le Boss parmi les Boss, le plus Grand, avec qui notre « Antonio » (ainsi baptisé par Mario Draghi en mars 2022) partage une somme de neurones négative pour embêter les gens instruits n’est qu’un charlatan social qui prétend, à l’aide d’un tas de panacées et avec toute sorte de rapiéçages, gommer les misères sociales par le seul miracle de ses promesses mille fois répétées. Et, cela va sans dire, sans faire le moindre tort au capital et au profit. N’est-il pas fascinant d'observer que, alors même que le discours du « gouvernement de progrès » s’en tient aux normes du capitalisme mondialiste le plus strict, ses partisans médiatiques et « culturels » (journalistes, youtubers, comédiens, écrivaillons, et.) se cramponnent comme des sangsues au wokisme, à l'hystérie climatique, à l’agenda 2030, à la déconstruction du récit (culte obsessionnel du « narratif », quel qu’il soit, sauf le leur, au prix d'écorcher la langue) tout en étant incapables d’agir avec droiture, de faire preuve de bonne foi, de s'autoexiger la moindre probité morale pour contrebalancer tant de fanatisme absurde et paralysant ?

Quand une bande d’opportunistes sans idéologie bien définie s’empare du pouvoir, la démocratie devient, comme jamais, plus que jamais, une illusion conceptuelle, un leurre. Cette perspective désabusée, clairvoyante, éclaire fortement la division violente de la société en dominants, dans la totale impunité, et dominés qui subissent plus ou moins en silence ou à voix basse, car augmenter le volume ne sert à rien, acceptant une participation purement symbolique qui ne fait que légitimer la contrainte. La démocratie, avec ses truculentes lois électorales appliquées partout selon les cas, les pays, les constitutions, les circonscriptions, que sais-je encore, apparaît comme le plus ingénieux mécanisme offrant aux dominés depuis qu’elle existe, le spectacle fabuleux de leur propre soumission. Le bulletin de vote n’est qu’un simulacre de puissance qui apaise le désir de dominer partant du mensonge : « une personne, une voix », assurant que chaque voix a le même poids et chaque électeur est un pilier de l’égalité politique. Voter deviendrait par miracle un acte de liberté, et non la légitimation de la domination, une dérive pathologique de la quête du pouvoir associée à la libido dominandi des pires canailles. Le succès de cette chimère « démocratie » réside dans la capacité à rendre la domination collective acceptable et même désirable. La stratégie d’« Antonio », par radicalisation des oppositions contrôlées d’ici 2027, organise une sacrément bonne stratégie : face, il gagne par une grande peur, une catastrophe lui tombant subitement du ciel, comme ce fut le cas le 11 mars 2004 pour son pote Zapatero ; pile, il gagne parce qu’il se fait élire par toute sorte de groupes, groupuscules, castes périphériques et fractions centrales par une mystique antifasciste toujours rentable car peu connectée au réel. L’élection de P. Sanchez reste une possibilité. Son programme économique qui consiste à tout promettre et rien donner, n’a rien de fondamentalement menaçant pour les oligarchies, en dehors du fait que la gâteau est à l'heure actuelle en miettes et que celles-ci se dépêchent de les ramasser tant qu’il en reste. Un programme sanchiste pourra toujours en laisser une petite partie à ses obligés mais, en réalité, pas grand-chose. Présider ce souk corrompu qu’est l’Internationale socialiste joue aussi très bien en faveur des oligarchies de tout poil.

Donc, son élection en 2027 reste tout à fait probable par rapport au système de l’élection du président du gouvernement. Obstacle non infranchissable, même s’il n’en gagne pas en nombre de suffrages, et l’hétéroclite mouvance Soros-wokiste, qui se déguise d'ultra-gauche, a démontré qu’elle savait se mobiliser à une législative, comme en 2023 ! Malgré tout, il est impossible de faire abstraction du fait que, dès son accession au pouvoir, l’ego de Dirty Sanchez a complètement explosé. Qu’en prime, en apparence, il ne plaise pas à Tel Aviv l’aide pour sa propre mise en scène sur le plan international, c’est certain. Mais il faudra compter aussi sur des facteurs imprévus. Et puis, le discours de toute la bande commence à être éculé. Les US risquent fort de s’effondrer sous les mâchoires des termites sionistes. L’Europe est finie. « Israël », qui aurait pu bénéficier de l'infection de son portable par le logiciel Pegasus, ne possède plus grand-chose sur lui et ce que l’entité sioniste ou la monarchie marocaine peuvent savoir de lui et qu'on ne sache pas, vu son instinct de survie, ne comptera dorénavant pour rien. D’autant que ces « pays » ne sont pas foncièrement appréciés sur la scène internationale, pour ne pas dire haïs. Et le moment venu, si la zone d'accumulation de déchets informationnels qu’on connaît comme « opinion publique » devait avaler d'autres couleuvres pour se soumettre encore, elle le fera. Mais quel culot, et quel talent, ce type, pour garder le cap jusqu’au bout !

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« Additionnez les bulletins blancs et comptez les bulletins nuls, ajoutez-y les abstentions, voix et silences qui normalement se réunissent pour signifier ou le dégoût ou le mépris. Un peu de statistique s’il vous plaît, et vous constaterez facilement que, dans toutes les circonscriptions, le monsieur proclamé frauduleusement député n’a pas le quart des suffrages. De là, pour les besoins de la cause, cette locution imbécile : Majorité relative – autant vaudrait dire que, la nuit, il fait jour relativement. Aussi bien l’incohérent, le brutal Suffrage Universel qui ne repose que sur le nombre – et n’a pas même pour lui le nombre – périra dans le ridicule. » Zo d’Axa, Les Feuilles

« On vous trompe. On vous dit que la dernière Chambre composé d’imbéciles et de filous ne représentait pas la majorité des électeurs. C’est faux. Une Chambre composée de députés jocrisses et de députés truqueurs représente, au contraire, à merveille les Électeurs que vous êtes. Ne protestez pas : une nation a les délégués qu’elle mérite. Pourquoi les avez-vous nommés ? » Zo d’Axa, « Vous n’êtes que des poires »

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Pluies bibliques d’hiver. Après un weekend de pluie ininterrompue à Bordeaux et avant un éventuel départ – je croise les doigts – pour Alicante sous d’éternelles précipitations, je saisis, ce lundi vingt-trois, l’occasion d’un semblant de repos pour taper quelques lignes avant la fin de février. La pluie devient quelque chose d’obsédant. Elle est toujours là sans une seconde de répit. Peu de chance, à la date de la fête du samedi quatorze, la Saint-Valentin, j’avais acheté un billet de loterie en cachette pour faire une surprise au clan et cela n’a rien donné du tout, donc, unanimité à table : « Les fêtes sous leur forme commerciale moderne, à l’américaine, faut se méfier. Que des conneries. » Menu préparé par N. pour un déjeuner qui nous laissera un souvenir durable : houmous, tkatskiki, merveilles au parmesan ; sauté de veau à l'ancienne : carottes et vin blanc, frites belges et une très bénéfique bouteille de pinot noir ; crème brûlée à la cardamome et au lait de coco ; financiers amande et coco à l’envie (là, c’est la main expérimentée de M qui a été à l'oeuvre) ; café de l'Alchimiste, le tout couronné par des discussions passionnées sur des sujets variés (politique, société, vie personnelle) en partageant un whisky bordelais dont je ne retiens pas le nom.

Sieste, avant de s’armer de courage et d’un parapluie pour une rapide visite en centre-ville et chez Mollat, se disant qu’on aurait peut-être dû prendre un canot de sauvetage pour ce foutu après-midi de pluie. Je raconte à N. une de mes visites à cette librairie, il y a bien longtemps. Presque cinquante ans ! Un soi-disant philosophe de la cuvée « nouveaux » dont la compétence, la crédibilité ou la profondeur intellectuelle ont été depuis rudement mises à l’épreuve, présentait son « livre ». Dépenser des sous pour acheter La barbarie à visage humain ! En prenanr du recul, quels fétides individus, les BHL, Glucksmann et compagnie, totalement discrédités, effacés de la mémoire collective, définitivement mis au rebut mais se voulant, déjà l’époque, des figures indépassables, alors qu’ils étaient marqués d’obsolescence au moment même de naître par la superficialité de leur pensée, plus médiatique que philosophique. Je ne remercierai jamais assez Paul Vidal-Naquet, avec Cornelius Castoriadis, entre autres, de nous avoir permis de prouver à quel point les élucubrations de ces messieurs, c’était de la merde. Âgés de vingt-trois, nous n’avions pas, à l’époque, entamé nos désillusions politiques. On n’en avait pas encore assez des partis, des courants, des tendances... Des nôtres comme de ceux des autres. On voulait se donner à soi-même un peu de solidité et d’existence. Nous filons à la maison sous le ciel gris. Je suis hypnotisé par la Grosse Cloche, fortement illuminée, brillant sous la pluie. On s’arrête un moment, rue Teullère, pour discuter brièvement avec l’un des responsables de l’Échiquier bordelais, club formateur au coin de la rue Buhan, qu’on avait ignoré jusqu’à cette date. De la pluie, encore de la pluie, toujours de la pluie. Trop de monde au tram. Le réaménagement de Stalingrad, travaux pour la création de jardins verts avec végétalisation et square géant, attirent mon attention sous les explications détaillées de N. La Garonne semble très fâchée, elle n’en est pas encore à déborder mais ça finira par arriver. Je préfère ne pas avoir pris le BAT3 (avant BatCub) pour la traverser. « Inor ez da ilegala », a-t-on bellement imprimé en basque sur une espèce d’imperméable d’un touriste, à côté, dans le tram. Sainte Marie-de-la-Bastide est complètement dans le noir. Elle était en travaux á l'intérieur, avant les fêtes de Noël. On arrive à la maison, finalement, pour une longue soirée à l’abri des intempéries.

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La démultiplication des sièges et des apparatchiks. Pablo Iglesias, passer de 65 députés à 4 en dix ans ? Je dirais comme Monsieur Loyal au cirque : « Oui, il peut le faire ! »  L’incohérence des marlous ayant ses limites, Podemos, parce que ses dirigeantes ont transgressé radicalement les normes de la logique, de la raison et du bon sens partagé, allant jusqu'à atteindre un niveau de non-sens total, a dégringolé du statut de champion du peuple et de l’antiracisme à celui d’antisémite – qu’il n’a jamais été – et de parti d’extrême-gauche – qu’il n’a jamais été non plus. Magdelon et Cathos, anciennes ministres du sanchisme, couinent et oublient que leur programme se réduit à traiter aisément de fasciste quiconque n’est pas d’accord avec elles. Et c'est tout ! Et ce « grand remplacement » gueulé à la tribune à s’en faire péter les cordes vocales par la légitime du Grand timonier ? Il n’y a pas à dire, une dirigeante de ce niveau-là, c’est structurellement toujours une andouille.

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« La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle. » Alexandre Soljenitsyne, Discours de réception du prix Nobel de littérature (1970/1972) intitulé Le Cri ou Vivre sans mentir

Le cas de ce jeune homme, c’est comme le cas de Gaza. Toujours cette inversion des rôles, des valeurs et du sens. À Gaza, les agresseurs sionistes sont les victimes et les génocidés sont les bourreaux. La conséquence logique de cette inversion c’est : bien fait pour les Gazaouis terroristes, islamistes, arriérés et bien fait pour Quentin Derinque catho-facho, nazi, ils l’ont bien cherché.

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vendredi 13 février 2026

Le bonheur dans le crime (à tous les niveaux)


Paraphrasant le Pessoa du Livre de l’intranquillité, « de la hauteur majestueuse de tous mes rêves », me voici à subir la réalité impériale, cuvée 2026, en la noble ville d’Irun. Il y a quelques jours, au restaurant du Casino, derrière son comptoir, la jeune serveuse pilotait sa clientèle avec ses habitués. « Vous avez vu la femme de cinquante-cinq qui a tué son conjoint de soixante-sept à Bilbao ? Et le garçon de quinze ans a qui a poignardé un autre à Getxo ? Et le mec qui a grimpé sur le toit d’un avion l’empêchant de décoller ? Dans quel monde de cinglés on vit ! » D’autres, à côté de notre table, manifestent de l’intérêt par la politique internationale. « Alors Trompe, y va t’y attaquer l’Iran ? Il est fâché avec tous ses copains. Celui qui lui a donné des millions pour qu’il soit élu, comment il s’appelle déjà ? Elon Mosque ! »   

Le bonheur dans le crime, titre d’une nouvelle célèbre de Jules Barbey d'Aurevilly, publiée en 1874 dans le recueil Les Diaboliques. Cela me fait établir, par association d’idées, un lien entre ce titre et notre réalité bien à nous, une comparaison entre la situation actuelle dans laquelle les élites pourries, qu’elles soient locales, européennes ou à échelle impériale explorent la possibilité d'un bonheur absolu et durable, The Great Reset, non pas malgré le crime, mais à travers celui-ci. Il n'y a plus qu'une issue pour l'humanité : se supprimer elle-même dans les plus vastes proportions. Il n'y a plus assez de place sur la terre pour la pullulation humaine. Les bêtes ont de plus en plus peur. Et les hommes ont de plus en plus peur d'eux-mêmes. La nature est saccagée. L'air est irrespirable. C'est une loi divine de salubrité que la haine grandisse parmi les hommes, pour qu'en les faisant s'entre-exterminer, ils rendent sa place à la belle et saine et silencieuse nature. Du Tchernobyl en friche partout et les USA et « Israël » de purs souvenirs … Il y a de l’ingénuité dans tout bonheur véritable !

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Jeffrey Epstein : tous-à l’égout ! raccordement obligatoire. C’est donc avec une délectation non feinte que la presse du jour, qui s’est toujours pincé le nez et les yeux sur le cas particulier pour chaque pays, balance à la foule des millions de documents du dossier Epstein, un bon petit lynchage qui l’exonère de sa malhonnêteté et de sa soumission passées. Enfin, passées, pas tant que ça. La presse mainstream va de manière forcée vers la vérité, mais avec des résistances, des blocages, des pudeurs de vierge. Les « complotistes » ou supposés tels, semble-t-il, n’avaient pas tort, alors ? Une chose semble positive, peut-être, c'est qu'il sera de plus en plus difficile de cataloguer automatiquement de complotiste toute dénonciation rationnellement fondée de systèmes ou de manœuvres manipulatrices. Halte, là ! Toute prudence semble insuffisante.

Et in Arcadia Ego ! 

N’attisons pas la haine, l’antisémitisme, le lynchage ! Dans l’affaire Epstein, les noms qui figurent dans le dossier, les ignominies auxquelles certains se sont livrés, ne feront faire sauter que quelques fusibles, vieux et usés, mais le manège ne s’arrêtera pas et rien d’essentiel ne se produira, tant les gens s’en contrefichent, trop occupés à surnager dans un quotidien qui se décompose. Ils deviendront encore plus individualistes en se justifiant avec la corruption du monde et encore plus indulgents envers leurs propres turpitudes à la lumière de l’exemple venu d’en haut. L'abjection des élites ne provoque pas de révolte, elle excuse presque tout pour la grande cause : l’instauration de la « société ouverte » programmée par les troupes à la solde des philanthropes autoproclamés. Je voudrais, si j’étais riche, fonder une simple feuille pour les gens que le dégoût de lire la presse subventionnée emplit, avec le sentiment de perdre leur temps, de s’abîmer les yeux et de se salir l’âme aux ordures et aux mensonges qui y sont complaisamment étalés. On lirait : aujourd’hui comme hier, les USA pratiquent le terrorisme comme ils veulent et les « Israéliens » se moquent de la communauté internationale comme ils l’ont toujours fait depuis 1948. Des crédits pour l’Ukraine en détresse. Offrons nos enfants à Arès pour stopper Poutine. Brûlons de l’encens à la gloire des Trois Grâces, CIA, Mi6, Mossad pour la chute des méchants ayatollahs. Au verso, pour fermer le numéro du jour, un discours verbeux, hypocrite et vide d’une ministre espagnole « de gauche » sur l’amélioration des conditions de vie « des gens ». J’utiliserais du papier toilette doux, non parfumé et sans chlore ajouté afin d'éviter les irritations cutanées. 
Le maire de New York, enfant, ne manquait de rien

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Ces gens-là, sans le soutien humanitaire, sur place, de la CIA, ni la solidarité du Mossad, ni le dévouement du MI6, sont aussi le peuple iranien


Les vautours ne sont pas loin... et se démasquent eux-mêmes !


Et là, encore un oiseau nuisible, pilleur de nids et prédateur des cultures 


En Iran, tout est possible pour ces espèces de carnassiers et prédateurs se nourrissant d'êtres vivants


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 « Prêts à passer les déserts et les ondes et chercher ailleurs d’autres mondes. » 

Louis-Ferdinand Céline


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Le mauvais signe n’est pas qu’une poignée de crétins ait eu le mauvais goût de se dénommer progressistes vers la fin du dix-huitième siècle. Le mauvais signe est que ces abrutis n’aient pas été immédiatement chassés à coups de pied au cul. Que de vies épargnées, que de ruines matérielles et morales évitées !

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Dans la société globale et inclusive en devenir, toute discussion tend à viser le plus petit dénominateur commun, d'autant plus réduit que la population est inhomogène, afin de ne léser personne ; d'où le nul intérêt et la vacuité des échanges. Les mots, quels qu’ils soient n’ont aucune valeur.

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« Le noble et l’ignoble sont les deux noms qui distinguent le mieux, à mes yeux, les deux races d’hommes qui vivent sur la terre. Ce sont réellement deux races qui ne peuvent s’entendre en rien et ne sauraient vivre ensemble. » 

Alfred de Vigny, Journal d’un poète

Élections régionales, dimanche huit, en Absurdistan. Résultat pitoyable pour le sanchisme mondialiste. En d'autres termes, Dirty Sanchez (© E. Musk) n'est plus le maître absolu, loin de là, comme le prétendait son laquais, l’incompétent ministre des transports, Oscar Ponts et chaussées, mais un vulgaire et assommant margoulin de la politique politicienne, au pouvoir depuis de longues, d’interminables, années. Sa biographie semble étrangère à tous les mouvements décrits par les moralistes. Il agit en toute impunité et sans conscience morale. Il semble en possession, en effet, d’un estomac particulièrement robuste, rudement armé pour désamorcer le scandale des activités dans les saunas gays et les maisons closes de son beau-père et en tirer parti, se voulant, en prime, le plus féministe d’entre les féministes ; pour réitérer des mensonges à répétition devant n’importe quelle caméra ou micro servilement tendu par les bons soins des laquais à ses pieds qui se conduisent en parfaits serviteurs de la plus totale stérilité politique et se font remercier généreusement en espèces en retour ; pour ignorer les mille et une affaires de corruption qui limitent les cas italiens d’il y a trente ans à de simples peccadilles, s’autoproclamant, gonflé d’orgueil et de vanité, le plus honnête parmi les purs ; pour faire entrer par la petite porte sa propre épouse, sans formation connue autre que celle de gérante des affaires de papa, proxénète de son état, ou faire recruter par favoritisme son frère, musicien de talent possédant des compétences, des capacités et des dons particuliers qui ne sont pas reconnus, valorisés ni mis en lumière par une société ingrate qui méprise le talent ; pour caser une ribambelle d’amis à des tas de postes importants de manière rapide, inattendue ou sans passer par les voies hiérarchiques normales.

Et un long etcétéra à faire vomir, couronné par son olympique mépris du Parlement, qu’il traite avec une morgue totale pour la bonne raison que cette institution n'a pour lui aucune valeur. Mais les maîtres du Pouvoir profond (Deep State clanique des Rockefeller, Rothschild, Gates et surtout des Soros, père et fils) aussi bien que les oligarques locaux du Pouvoir apparent qui l'ont à leur service exclusif semblent assez satisfaits de ses services, lui mettant une médaille en toc ou deux, voire une demi-douzaine, pour son comportement héroïque de rebelle officiel face au « danger fasciste », dans le but de s'amuser, sa soumission au Maroc, monarchie pourrie alliée préférentielle des trumpisto-sionistes, son attachement à Zelenski, etc. Sa sévérité avec « Israël » n’est que du trompe-l’œil, de la pure façade, les contrats de l’État avec l’entité sioniste sont en parfaite santé et les relations diplomatiques tout à fait solides. Je comprends maintenant le visage figé à la Chucky que montre ce farfadet surmaquillé à la tribune. Qui pourrait supporter les assauts impitoyables « des riches de la technostructure », sans montrer signe de faiblesse ou de renoncement ou sans que les yeux ne sortent de leurs orbites ? Non mais de qui se moque-t-on quand prétend que ce sinistre pitre et sa bande sont « de gauche » ? On peut être en accord ou en désaccord avec quelqu’un, qui plus est dans le domaine politique où tout est si fragile ; éprouver de l'hésitation, de la réserve, de la méfiance envers quelqu’un ou une certaine opposition avant d'accepter quelque chose, de prendre une décision ou de s'engager dans une action en compagnie de personnes qui vous semblent peu fiables, manquant de responsabilité ou provoquant un sentiment de malaise ou d'anxiété, incohérentes dans leurs comportements, qui ne tiennent pas leurs promesses et agissent souvent de manière insincère, évasive ou sournoise. Mais un tel degré de répulsion, si intense qui freine toute réflexion sereine, où les frontières entre l’aversion, l’horreur, le dégoût, la répugnance et l’écœurement bloquent le raisonnement au point de le neutraliser, je ne l’avais pas ressentie depuis bien longtemps, même pas à l’époque révolue de mes abhorrées trois Gorgones du Département de Philologie. Quel olibrius, espèce de concentré de Merz, Ursula, Macron et Starmer en méchanceté mais d’un gabarit intellectuel beaucoup plus bas, simpliste, superficiel et médiocre …

Flanqué souvent de sa vice-présidente, ministre des finances (!) agitée, bruyante, surexcitée, se comportant de manière hystérique par des gestes et des mimiques irrationnelles, souvent avec une connotation de ridicule ou d'exagération. D’une syntaxe déstructurée et sans hiérarchies, douée d’une faconde en rupture avec la logique rationnelle, elle s’emploie à fond, secouée par des gesticulation. Et d’autres du même acabit. Vous voyez le parcours personnel, sinon la gueule, de ses plus proches collaborateurs, les Koldo G., J. L. Abalos, S. Cerdan, F. J. Salazar et compagnie, et vous vous formez immédiatement une opinion sur la haute catégorie morale et la compétence irréprochable de ces individus, appelés aux plus hautes fonctions par leur éthique professionnelle et une ligne de conduite exemplaire alliant sens des responsabilités, bienveillance, et une expertise technique sans faille. Ces dons, si rares dans la vie politique, assurent intégrité, confiance, et respect des principes fondamentaux de la dignité humaine. Peu importe que le gouvernement démocratique soit le système politique le plus rationnel et le plus équitable. Ce qui compte, ce sont les compétences et les qualités humaines des gens qui accèdent au pouvoir grâce à ce système-là.
Qui a en lui un principe d’ingénuité, surtout quand on est jeune, doit le rendre de plus en plus ferme, sans le refouler par une espèce de honte devant les biographies et les comportements d’individus à couper le souffle. Normalement, vers la fin de sa vie, ce sont les sentiments non pas de honte mais de rage et d’impuissance devant l’impunité des autoproclamés « honnêtes par définition » qu’on éprouve comme inévitables, ceux qui laissent le plus de regrets d’avoir vu passer l’imposture devant soi sans l’avoir combattu par les réactions nécessaires. Quand on pense que c’est justement ces gens-là, « les honnêtes pas définition », l’engeance la plus pourrie qui existe, qui viennent donner des leçons de morale à tout bout de champ, la main sur les droits de l'homme, la démocratie, le climat et la justice fiscale équitable !

Alexander Soros avec papounet et quelques connaissances

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Nouvelles du front en matière de soins de santé. Lundi neuf février était le jour du rendez-vous de R. avec la docteure de famille pour l’évolution de son arthrose accélérée. Nous étions bien sûr en avance. Tout semblait prêt pour que le traumatologue puisse la recevoir et assumer une éventuelle prise en charge complète en vue de la restauration des articulations, largement touchées par l’usure. L’entrevue avec la nouvelle jeune docteure, compétente et motivée, capable de se pencher sur le cas de R. avec un intérêt non feint et de pure façade mais bien réel, avec une dose immédiate de bonnes ondes, a considérablement remonté notre moral de quelques crans. Déjà rentrés, R. recevait encore, à 20h15 !, un appel qui nous laissait rêveurs : la jeune docteure avait donné également un coup de pouce au mammouth de la bureaucratie sanitaire pour une prochaine révision chez l’urologue, ce charmant médecin économe qui semblait si content, en août dernier, de dériver R. vers l’avis d’un médecin privé, exerçant donc hors du système de santé public, pour le vaccin contre des infections à répétition, hautement dangereuses pour une patiente opérée d’une valve cardiaque. Ce dont il semblait se foutre comme de sa première blouse de travail. Il lui fallait faire du chiffre pour que les listes d’attente – un vrai scandale – s’amenuisent et après des mois d’anxiété et de moult analyses en chaîne, ce stakhanoviste de l’urologie a expédié l’affaire – infections à répétition aggravées – en quatre minutes et demie de verbiage pontifiant autour du vide. Il s’agissait de prescrire un vaccin et ce piètre engrenage du système public de santé n’a pas voulu. Point barre. Quant à mon dernier chapitre médical, rien à signaler. Mon gastroentérologue (bien utile, l’étymologie étudiée il y a un siècle !) semblait satisfait de me voir renoncer à la bibine, d’avoir réduit mon poids considérablement et de me savoir docilement prêt à une prochaine coloscopie. Comme j’entre dans la catégorie des gens à risque par le décès de mon père d’un cancer du côlon, il est recommandé de faire des coloscopies de temps à autre. Ça s’appelle la vieillesse. Le message est clair. Il est temps qu’on pense à laisser la place à d’autres rigolos. Loin, quand même, de la vieillesse dans toute sa caricature : la tête desséchée d'un Jack Lang, par exemple. Voulant y échapper par la chirurgie esthétique, le voilà transformé en fruit confit, rebutant personnage momifié de son vivant.

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Recherche exténuante du silence. On ne nous a pas appris à prier l'Esprit. Nous voulons mordicus que Dieu ait un corps. Nous Lui avons sculpté des figures en marbre, en pierre, en bois. Nous nous adressons à Lui par ces images et à l’impératif ! Principale condition de toute prière, de toute pensée, de toute méditation : le silence. Aujourd’hui, toute pensée libre bannie, morte, toute religion abolie, l'âme froissée, heurtée, salie ou souffrante par la barbarie généralisé n’a d’autre issue que le silence. Mais du bruit, personne ne semble s’en plaindre. Nous sommes greffés au bruit, à une agitation constante qui ne mène nulle part, inséparable de notre existence quotidienne, rendant le silence inconnu ou effrayant.

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Plaisir renouvelé de la solitude. 
Petits sentiers solitaires, le cœur nourri de quelque passion tranquille.

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dimanche 1 février 2026

Survie de la littérature sapientiale sous forme de débris

(…) Elle est courte et triste notre vie ; il n'y a pas de remède quand l'homme touche à sa fin et personne, à notre connaissance, n'est revenu de l'Hadès.

Nous sommes nés à l'improviste et après, ce sera comme si nous n'avions pas existé.

Le souffle dans nos narines n'est qu'une fumée, la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur.

Qu'elle s'éteigne, le corps se résoudra en cendre et le souffle se dissipera comme l'air fluide.

Notre nom sera oublié avec le temps et personne ne se rappellera nos actions. Notre vie aura passé comme un nuage, sans plus de traces, elle se dissipera telle la brume chassée par les rayons du soleil et abattue par sa chaleur.

Notre temps de vie ressemble au trajet de l'ombre et notre fin ne peut être ajournée, car elle est scellée et nul ne revient sur ses pas.

Eh bien, allons ! Jouissons des biens présents et profitons de la création comme du temps de la jeunesse, avec ardeur.

Du meilleur vin et de parfum enivrons-nous, ne laissons pas échapper les premières fleurs du printemps. Sagesse 2, 1-7 

(version de Jean-Yves Leloup, Le Livre de Salomon. La sagesse de la contemplation, Presses du Châtelet)


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« Aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, pour comprendre les séries TV, il faut passer par le Forum économique mondial de Davos, le fonctionnement des fonds d’investissements tels que BlackRock et la biographie de quelques milliardaires influents à Hollywood. C’est ainsi que nous allons comprendre comment le wokisme, le multiculturalisme et l’idéologie LGBT ont conquis les principales séries TV de HBO et Netflix. »

Allez voir là :https://www.youtube.com/watch?v=XwOga6p0F14&t=25s

et là : https://www.youtube.com/watch?v=EF3KFF72g38

les vidéos de l'association Egalité et réconciliation recensée ici par StreetPress :

https://cartofaf.streetpress.com/liste/egalite-reconciliation/

Pour un meilleur réglage de la netteté des positions "extrêmes" jeter un oeil au document de la Revue Positions ici : https://positions-revue.fr/dissoudre-lextreme-droite-un-piege-pour-la-gauche/

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« Le peuple (…) par sa faute a (…) 

perdu la confiance du gouvernement

Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts

Qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas

Plus simple alors pour le gouvernement

De dissoudre le peuple

Et d’en élire un autre ? »


Bertolt Brecht, Anthologie bilingue de la poésie allemande, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1993.

 

Ces vers auraient pu résumer à la perfection la situation en Espagne, sauf que son gouvernement de bras cassés se voit dans l’impossibilité de dissoudre ou d’élire n’importe quelle chose, il préfère, alors, s’asseoir sur le cadavre du pays et s’en nourrir. Comme tout parasite, il ne peut pas vivre sans un hôte.

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« Il règne sur tout ce pays, au tréfonds de toute cette viande muselée, un sentiment de gentillesse sacrificielle, de soumission, aux pires boucheries, de fatalisme aux abattoirs, extraordinairement dégueulasse. Qui mijote, sème, propage, fricote, je vous le demande, magnifie, pontifie, virulise, sacremente cette saloperie suicidaire ? Ne cherchez pas ! Nos farceurs gueulards imposteurs Patriotes, notre racket nationaliste, nos chacals provocateurs, nos larrons maçons, internationalistes, salonneux, communistes, patriotes à tout vendre, tout mentir, tout provoquer, tout fourguer, transitaires en toutes viandes, maquereaux pour toutes catastrophes. Patriotes pour cimetières fructueux. Des vrais petits scorpions apocalyptiques qui ne reluisent qu’à nous faire crever, à nous fricoter toujours de nouveaux Déluges. »

Louis-Ferdinand Céline, L'école des cadavres

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« L'homme que possède une conviction devient assez vite un raseur s'il la développait sans trêve ni merci, et cette conviction elle-même en souf­frirait. Apollon ne bande pas toujours son arc. »  Léon Daudet, Vers le roi


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 « On ne peut absolument plus faire d’humour avec les gens de droite : ce sont des gens complètement cohérents, ils vivent comme ils pensent, il n’y a pas de rupture. Alors que les gens de gauche vivent d’une façon et pensent d’une autre, donc ça fait des effets comiques. »


Claire Bretécher,entretien, Radio-Télévision Suisse, 9 février 1977

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C’est parce que nous sommes léthargiques, qu’ils sont puissants. Devant toute chose grave, et particulièrement d’ordre politique, il faut s’emplir immédiatement du sentiment de jouer la comédie, de fidélité au camp du bien régnant sur l’ensemble de l’échiquier. Plus on enfonce ses pieds dans le courant, moins l’eau en est pure. La conversation n´existe plus, le dialogue – poncif entre les poncifs – s’évapore, on se débat impuissant à mettre en parallèle ses raisons avec la Raison : tâche inutile ! Ce n’est plus une discussion qui nous attache mais un moment de torture qui finit par former comme les rayons d’une araignée venimeuse. On cherchait la lumière d’une étoile, on s’égare entre les pointes d’un astérisque. La logorrhée stupide d’une Ione Belarra dont les médias débordent, dès qu’elle ouvre la bouche quand on lui tend un micro, se montre telle qu’en elle-même devant vos yeux, perçant vos oreilles, déshabillée de tout sens commun, de toute cohérence. Quelle ignoble ribambelle d’imbéciles n’aura pas réveillé le sanchisme des tréfonds élémentaires du simplisme ! Il n’est pas mauvais d’écouter de temps en temps parler des imbéciles. Ils peuvent, par réaction, fournir des excitations à l’esprit. Sa triste commère, I. Montero, plus conne encore. Pourquoi l’une et l’autre se repaissent-elles de ce qu’il y a de plus déprimant, de plus décourageant, de plus offensant ? Ces deux bêtes-là vont aux déchets, à l’ordure, comme d’autres vont à la chasse. Si on leur ferme la porte, on sent qu’elles sont là, derrière, qui reniflent, qui attendent. La moindre inattention au zapping, et elles sont entrées. L’unique moyen de les chasser : le travail.


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R. me fait observer sur le chemin de retour de notre café de fin d’après-midi, l’air content, que chaque jour, c’est un peu plus loin que tombe la nuit. Absence total d’appels pour d’éventuels rassemblements de soutien aux victimes – quarante-six, tout de même ! – récentes, provoquées par l’état d’abandon du réseau ferroviaire où je serais allé si je n’étais toujours médusé par l’ampleur des « dégâts », mélange de choc et d'étonnement profond face à un drame qui aurait pu être évité pour peu que l’état de négligence extrême du ministère des transports, qui consiste à non entretenir ses réseaux routiers et ferroviaires, puisse être ébranlée par une tragédie de ces dimensions.

Les fonds sont déviés, la corruption galopante envahit tout, dégrade tout, pourrit tout. Là, aucune manifestation n’a été organisée par ceux qui ont l’habitude de défiler. On devine pourquoi. Peu importe que la tinette déborde que la situation passe de critique à désespérée, qu'une limite ait été dépassée ou que la situation devienne insupportable. La question se pose de la capacité de résistance intérieure de la population et de l’électorat « fidèle » : si la loi n’est pas respectée en général, l’endurance se manifeste dans les petites ou grandes luttes de la vie quotidienne, et la cruauté peut devenir facilement intolérable. Cependant, la cruauté n’est pas un concept juridique aussi populaire que « la haine », surtout si elle n’est pas « animale ». Les accusations de délit de haine visent des propos ou des actes incitant à la violence ou la discrimination raciale, religieuse, sexiste ou homophobe. Les infractions incluant injure et diffamation publique, sont punies de prison ou d'amende selon le cas. En tout cas, la coalition qui soutient le gouvernement n’a jamais réagi aux critiques. Et sur le réseau social X, le ministre des transports, ancien maire de Valladolid, a eu un comportement entre grotesque et ignoble, plus que discutable pour un personnage public. Tout paraît se réduire à une équation simple : le ministre et son « Puto Amo », The Fucking Boss – appellation propre du milieu consacrée la tête haute, en personne, par le propre ministre – sont libres d’ignorer les victimes d’Adamuz et les familles sont libres d’attaquer le gouvernement et en particulier ce ministre. Cela n’enlève pas que les vrais responsables de ce drame ferroviaire sont les deux ministres qui se sont succédé aux commandes, MM.  J. L. Abalos, ancien secrétaire d’organisation actuellement en prison, et O. Puente. Deux personnages tout à fait ignares en matière de transports devenus des agents de basses manœuvres incapables de la moindre maintenance pour la sécurité des personnes et du matériel. Plutôt que de se moquer de l’opposition et de l’injurier copieusement à tort ou à raison, pourquoi ne pas viser plutôt les graves manquements du gouvernement dans cette crise ?

Julio Rodríguez, 16 ans, l'ange d'Adamuz

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Agents du capitalisme de connivence. Un peu de pitié pour les inévitables jobards qui croient dur comme fer au refroidissement de la terre, à la foncière méchanceté de la Russie, des ayatollahs, des Palestiniens agissant sous le contrôle total du Hamas, aux vertus de l’agenda 2030, au wokisme progressiste et tout ça, aux mérites d’un président magouilleur « docteur ès mensonge », capable de mentir sans sourciller de manière experte, habile et systématique, tellement impopulaire, qu'il fait vider les villes et les lieux où il va, pour pas se faire huer ou pour pas se faire traiter à grands cris de fils de pute ... C’est impossible d’imaginer à quel point un nombre croissant de gens détestent ce personnage. Il traîne partout l’étiquette de « socialiste » pour préciser qu’il est membre d’un parti politique qui prétend toujours être socialiste alors qu’en réalité il ne conserve du socialisme que la phonétique de l’acronyme. Son « socialisme » n’est que pure façade opportuniste pour cacher la pire corruption des pires ineptes.

Si l’œuvre théorique de Marx a permis de comprendre ce que c’est que le capitalisme, en dévoilant sa puissance corrosive capable de démanteler des structures sociales dépassées mais susceptible de se laisser devancer par l'action structurée capable d’opérer des transformations grâce à l'analyse de chaque situation concrète, pour les débris de la socialdémocratie européenne, plus question de théorie inspiratrice de quelque pratique que ce soit, ces rognures actuelles de « socialisme » proviennent d’autre chose, d’autres lieux, elles ne sont qu’un artefact, création du parlementarisme truculent à l’œuvre dans les soi-disant démocraties occidentales sous tutelle américaine. Ce sont des monstruosités politiques qui tirent profit d’un système en échange de compromissions flagrantes. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la composante sociale des prétendus parlementaires socialistes pour se rendre compte de la supercherie : la plupart sinon toute cette faune se situe à des années lumières de la classe ouvrière qui est la raison d’être du socialisme de souche marxienne. Et l’avatar sanchiste ne diffère en rien de tout le reste, à échelle européenne, sinon il ne règnerait jamais en petit dictateur en Espagne.

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Le Hamas a annoncé qu'il dissoudra son administration actuelle à Gaza. Lors de la première Intifada on avait assisté à la condamnation quasi unanime qui avait suivi la diffusion d'images de soldats israéliens brisant les bras de Palestiniens avec des pierres et de l'embarras au moins apparent des partisans de l'État sioniste. Quelques décennies plus tard, l'agonie de tout un peuple, filmée sans discontinuer sous les angles possibles, n’intéresse plus grand monde. Ce sont pourtant les mêmes protagonistes. Quatre-vingt mille morts après. Et on est loin de pouvoir affirmer que la situation est différente en Cisjordanie, occupée depuis 1967... Depuis le 7octobre2023, le nombre total de Palestiniens raflés par les forces doccupation a dépassé 7340, incluant ceux arrêtés à domicile, aux postes de contrôle et retenus en otages, et 360 Palestiniens ont été tués. Les rafles se caractérisent par des invasions massives, des perquisitions domiciliaires, des interrogatoires, et la détention dans des bases militaire. En plus des arrestations, les forces d’occupation continuent de commettre des actes de torture, de menaces, de sabotage et de destruction de maisons, aggravant la situation humanitaire. Le 24 juin 2024, à l’aube, des soldats israéliens ont mené des perquisitions massives, saccagé des maisons, interrogé des jeunes Palestiniens, puis en ont raflé 29 à Silwad et 30 à KafrNima, à lest de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et les ont emmenés dans une base militaire voisine ...

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