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vendredi 13 février 2026

Le bonheur dans le crime (à tous les niveaux)


Paraphrasant le Pessoa du Livre de l’intranquillité, « de la hauteur majestueuse de tous mes rêves », me voici à subir la réalité impériale, cuvée 2026, en la noble ville d’Irun. Il y a quelques jours, au restaurant du Casino, derrière son comptoir, la jeune serveuse pilotait sa clientèle avec ses habitués. « Vous avez vu la femme de cinquante-cinq qui a tué son conjoint de soixante-sept à Bilbao ? Et le garçon de quinze ans a qui a poignardé un autre à Getxo ? Et le mec qui a grimpé sur le toit d’un avion l’empêchant de décoller ? Dans quel monde de cinglés on vit ! » D’autres, à côté de notre table, manifestent de l’intérêt par la politique internationale. « Alors Trompe, y va t’y attaquer l’Iran ? Il est fâché avec tous ses copains. Celui qui lui a donné des millions pour qu’il soit élu, comment il s’appelle déjà ? Elon Mosque ! »   

Le bonheur dans le crime, titre d’une nouvelle célèbre de Jules Barbey d'Aurevilly, publiée en 1874 dans le recueil Les Diaboliques. Cela me fait établir, par association d’idées, un lien entre ce titre et notre réalité bien à nous, une comparaison entre la situation actuelle dans laquelle les élites pourries, qu’elles soient locales, européennes ou à échelle impériale explorent la possibilité d'un bonheur absolu et durable, The Great Reset, non pas malgré le crime, mais à travers celui-ci. Il n'y a plus qu'une issue pour l'humanité : se supprimer elle-même dans les plus vastes proportions. Il n'y a plus assez de place sur la terre pour la pullulation humaine. Les bêtes ont de plus en plus peur. Et les hommes ont de plus en plus peur d'eux-mêmes. La nature est saccagée. L'air est irrespirable. C'est une loi divine de salubrité que la haine grandisse parmi les hommes, pour qu'en les faisant s'entre-exterminer, ils rendent sa place à la belle et saine et silencieuse nature. Du Tchernobyl en friche partout et les USA et « Israël » de purs souvenirs … Il y a de l’ingénuité dans tout bonheur véritable !

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Jeffrey Epstein : tous-à l’égout ! raccordement obligatoire. C’est donc avec une délectation non feinte que la presse du jour, qui s’est toujours pincé le nez et les yeux sur le cas particulier pour chaque pays, balance à la foule des millions de documents du dossier Epstein, un bon petit lynchage qui l’exonère de sa malhonnêteté et de sa soumission passées. Enfin, passées, pas tant que ça. La presse mainstream va de manière forcée vers la vérité, mais avec des résistances, des blocages, des pudeurs de vierge. Les « complotistes » ou supposés tels, semble-t-il, n’avaient pas tort, alors ? Une chose semble positive, peut-être, c'est qu'il sera de plus en plus difficile de cataloguer automatiquement de complotiste toute dénonciation rationnellement fondée de systèmes ou de manœuvres manipulatrices. Halte, là ! Toute prudence semble insuffisante.

Et in Arcadia Ego ! 

N’attisons pas la haine, l’antisémitisme, le lynchage ! Dans l’affaire Epstein, les noms qui figurent dans le dossier, les ignominies auxquelles certains se sont livrés, ne feront faire sauter que quelques fusibles, vieux et usés, mais le manège ne s’arrêtera pas et rien d’essentiel ne se produira, tant les gens s’en contrefichent, trop occupés à surnager dans un quotidien qui se décompose. Ils deviendront encore plus individualistes en se justifiant avec la corruption du monde et encore plus indulgents envers leurs propres turpitudes à la lumière de l’exemple venu d’en haut. L'abjection des élites ne provoque pas de révolte, elle excuse presque tout pour la grande cause : l’instauration de la « société ouverte » programmée par les troupes à la solde des philanthropes autoproclamés. Je voudrais, si j’étais riche, fonder une simple feuille pour les gens que le dégoût de lire la presse subventionnée emplit, avec le sentiment de perdre leur temps, de s’abîmer les yeux et de se salir l’âme aux ordures et aux mensonges qui y sont complaisamment étalés. On lirait : aujourd’hui comme hier, les USA pratiquent le terrorisme comme ils veulent et les « Israéliens » se moquent de la communauté internationale comme ils l’ont toujours fait depuis 1948. Des crédits pour l’Ukraine en détresse. Offrons nos enfants à Arès pour stopper Poutine. Brûlons de l’encens à la gloire des Trois Grâces, CIA, Mi6, Mossad pour la chute des méchants ayatollahs. Au verso, pour fermer le numéro du jour, un discours verbeux, hypocrite et vide d’une ministre espagnole « de gauche » sur l’amélioration des conditions de vie « des gens ». J’utiliserais du papier toilette doux, non parfumé et sans chlore ajouté afin d'éviter les irritations cutanées. 
Le maire de New York, enfant, ne manquait de rien

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Ces gens-là, sans le soutien humanitaire, sur place, de la CIA, ni la solidarité du Mossad, ni le dévouement du MI6, sont aussi le peuple iranien


Les vautours ne sont pas loin... et se démasquent eux-mêmes !


Et là, encore un oiseau nuisible, pilleur de nids et prédateur des cultures 


En Iran, tout est possible pour ces espèces de carnassiers et prédateurs se nourrissant d'êtres vivants


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 « Prêts à passer les déserts et les ondes et chercher ailleurs d’autres mondes. » 

Louis-Ferdinand Céline


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Le mauvais signe n’est pas qu’une poignée de crétins ait eu le mauvais goût de se dénommer progressistes vers la fin du dix-huitième siècle. Le mauvais signe est que ces abrutis n’aient pas été immédiatement chassés à coups de pied au cul. Que de vies épargnées, que de ruines matérielles et morales évitées !

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Dans la société globale et inclusive en devenir, toute discussion tend à viser le plus petit dénominateur commun, d'autant plus réduit que la population est inhomogène, afin de ne léser personne ; d'où le nul intérêt et la vacuité des échanges. Les mots, quels qu’ils soient n’ont aucune valeur.

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« Le noble et l’ignoble sont les deux noms qui distinguent le mieux, à mes yeux, les deux races d’hommes qui vivent sur la terre. Ce sont réellement deux races qui ne peuvent s’entendre en rien et ne sauraient vivre ensemble. » 

Alfred de Vigny, Journal d’un poète

Élections régionales, dimanche huit, en Absurdistan. Résultat pitoyable pour le sanchisme mondialiste. En d'autres termes, Dirty Sanchez (© E. Musk) n'est plus le maître absolu, loin de là, comme le prétendait son laquais, l’incompétent ministre des transports, Oscar Ponts et chaussées, mais un vulgaire et assommant margoulin de la politique politicienne, au pouvoir depuis de longues, d’interminables, années. Sa biographie semble étrangère à tous les mouvements décrits par les moralistes. Il agit en toute impunité et sans conscience morale. Il semble en possession, en effet, d’un estomac particulièrement robuste, rudement armé pour désamorcer le scandale des activités dans les saunas gays et les maisons closes de son beau-père et en tirer parti, se voulant, en prime, le plus féministe d’entre les féministes ; pour réitérer des mensonges à répétition devant n’importe quelle caméra ou micro servilement tendu par les bons soins des laquais à ses pieds qui se conduisent en parfaits serviteurs de la plus totale stérilité politique et se font remercier généreusement en espèces en retour ; pour ignorer les mille et une affaires de corruption qui limitent les cas italiens d’il y a trente ans à de simples peccadilles, s’autoproclamant, gonflé d’orgueil et de vanité, le plus honnête parmi les purs ; pour faire entrer par la petite porte sa propre épouse, sans formation connue autre que celle de gérante des affaires de papa, proxénète de son état, ou faire recruter par favoritisme son frère, musicien de talent possédant des compétences, des capacités et des dons particuliers qui ne sont pas reconnus, valorisés ni mis en lumière par une société ingrate qui méprise le talent ; pour caser une ribambelle d’amis à des tas de postes importants de manière rapide, inattendue ou sans passer par les voies hiérarchiques normales.

Et un long etcétéra à faire vomir, couronné par son olympique mépris du Parlement, qu’il traite avec une morgue totale pour la bonne raison que cette institution n'a pour lui aucune valeur. Mais les maîtres du Pouvoir profond (Deep State clanique des Rockefeller, Rothschild, Gates et surtout des Soros, père et fils) aussi bien que les oligarques locaux du Pouvoir apparent qui l'ont à leur service exclusif semblent assez satisfaits de ses services, lui mettant une médaille en toc ou deux, voire une demi-douzaine, pour son comportement héroïque de rebelle officiel face au « danger fasciste », dans le but de s'amuser, sa soumission au Maroc, monarchie pourrie alliée préférentielle des trumpisto-sionistes, son attachement à Zelenski, etc. Sa sévérité avec « Israël » n’est que du trompe-l’œil, de la pure façade, les contrats de l’État avec l’entité sioniste sont en parfaite santé et les relations diplomatiques tout à fait solides. Je comprends maintenant le visage figé à la Chucky que montre ce farfadet surmaquillé à la tribune. Qui pourrait supporter les assauts impitoyables « des riches de la technostructure », sans montrer signe de faiblesse ou de renoncement ou sans que les yeux ne sortent de leurs orbites ? Non mais de qui se moque-t-on quand prétend que ce sinistre pitre et sa bande sont « de gauche » ? On peut être en accord ou en désaccord avec quelqu’un, qui plus est dans le domaine politique où tout est si fragile ; éprouver de l'hésitation, de la réserve, de la méfiance envers quelqu’un ou une certaine opposition avant d'accepter quelque chose, de prendre une décision ou de s'engager dans une action en compagnie de personnes qui vous semblent peu fiables, manquant de responsabilité ou provoquant un sentiment de malaise ou d'anxiété, incohérentes dans leurs comportements, qui ne tiennent pas leurs promesses et agissent souvent de manière insincère, évasive ou sournoise. Mais un tel degré de répulsion, si intense qui freine toute réflexion sereine, où les frontières entre l’aversion, l’horreur, le dégoût, la répugnance et l’écœurement bloquent le raisonnement au point de le neutraliser, je ne l’avais pas ressentie depuis bien longtemps, même pas à l’époque révolue de mes abhorrées trois Gorgones du Département de Philologie. Quel olibrius, espèce de concentré de Merz, Ursula, Macron et Starmer en méchanceté mais d’un gabarit intellectuel beaucoup plus bas, simpliste, superficiel et médiocre …

Flanqué souvent de sa vice-présidente, ministre des finances (!) agitée, bruyante, surexcitée, se comportant de manière hystérique par des gestes et des mimiques irrationnelles, souvent avec une connotation de ridicule ou d'exagération. D’une syntaxe déstructurée et sans hiérarchies, douée d’une faconde en rupture avec la logique rationnelle, elle s’emploie à fond, secouée par des gesticulation. Et d’autres du même acabit. Vous voyez le parcours personnel, sinon la gueule, de ses plus proches collaborateurs, les Koldo G., J. L. Abalos, S. Cerdan, F. J. Salazar et compagnie, et vous vous formez immédiatement une opinion sur la haute catégorie morale et la compétence irréprochable de ces individus, appelés aux plus hautes fonctions par leur éthique professionnelle et une ligne de conduite exemplaire alliant sens des responsabilités, bienveillance, et une expertise technique sans faille. Ces dons, si rares dans la vie politique, assurent intégrité, confiance, et respect des principes fondamentaux de la dignité humaine. Peu importe que le gouvernement démocratique soit le système politique le plus rationnel et le plus équitable. Ce qui compte, ce sont les compétences et les qualités humaines des gens qui accèdent au pouvoir grâce à ce système-là.
Qui a en lui un principe d’ingénuité, surtout quand on est jeune, doit le rendre de plus en plus ferme, sans le refouler par une espèce de honte devant les biographies et les comportements d’individus à couper le souffle. Normalement, vers la fin de sa vie, ce sont les sentiments non pas de honte mais de rage et d’impuissance devant l’impunité des autoproclamés « honnêtes par définition » qu’on éprouve comme inévitables, ceux qui laissent le plus de regrets d’avoir vu passer l’imposture devant soi sans l’avoir combattu par les réactions nécessaires. Quand on pense que c’est justement ces gens-là, « les honnêtes pas définition », l’engeance la plus pourrie qui existe, qui viennent donner des leçons de morale à tout bout de champ, la main sur les droits de l'homme, la démocratie, le climat et la justice fiscale équitable !

Alexander Soros avec papounet et quelques connaissances

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Nouvelles du front en matière de soins de santé. Lundi neuf février était le jour du rendez-vous de R. avec la docteure de famille pour l’évolution de son arthrose accélérée. Nous étions bien sûr en avance. Tout semblait prêt pour que le traumatologue puisse la recevoir et assumer une éventuelle prise en charge complète en vue de la restauration des articulations, largement touchées par l’usure. L’entrevue avec la nouvelle jeune docteure, compétente et motivée, capable de se pencher sur le cas de R. avec un intérêt non feint et de pure façade mais bien réel, avec une dose immédiate de bonnes ondes, a considérablement remonté notre moral de quelques crans. Déjà rentrés, R. recevait encore, à 20h15 !, un appel qui nous laissait rêveurs : la jeune docteure avait donné également un coup de pouce au mammouth de la bureaucratie sanitaire pour une prochaine révision chez l’urologue, ce charmant médecin économe qui semblait si content, en août dernier, de dériver R. vers l’avis d’un médecin privé, exerçant donc hors du système de santé public, pour le vaccin contre des infections à répétition, hautement dangereuses pour une patiente opérée d’une valve cardiaque. Ce dont il semblait se foutre comme de sa première blouse de travail. Il lui fallait faire du chiffre pour que les listes d’attente – un vrai scandale – s’amenuisent et après des mois d’anxiété et de moult analyses en chaîne, ce stakhanoviste de l’urologie a expédié l’affaire – infections à répétition aggravées – en quatre minutes et demie de verbiage pontifiant autour du vide. Il s’agissait de prescrire un vaccin et ce piètre engrenage du système public de santé n’a pas voulu. Point barre. Quant à mon dernier chapitre médical, rien à signaler. Mon gastroentérologue (bien utile, l’étymologie étudiée il y a un siècle !) semblait satisfait de me voir renoncer à la bibine, d’avoir réduit mon poids considérablement et de me savoir docilement prêt à une prochaine coloscopie. Comme j’entre dans la catégorie des gens à risque par le décès de mon père d’un cancer du côlon, il est recommandé de faire des coloscopies de temps à autre. Ça s’appelle la vieillesse. Le message est clair. Il est temps qu’on pense à laisser la place à d’autres rigolos. Loin, quand même, de la vieillesse dans toute sa caricature : la tête desséchée d'un Jack Lang, par exemple. Voulant y échapper par la chirurgie esthétique, le voilà transformé en fruit confit, rebutant personnage momifié de son vivant.

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Recherche exténuante du silence. On ne nous a pas appris à prier l'Esprit. Nous voulons mordicus que Dieu ait un corps. Nous Lui avons sculpté des figures en marbre, en pierre, en bois. Nous nous adressons à Lui par ces images et à l’impératif ! Principale condition de toute prière, de toute pensée, de toute méditation : le silence. Aujourd’hui, toute pensée libre bannie, morte, toute religion abolie, l'âme froissée, heurtée, salie ou souffrante par la barbarie généralisé n’a d’autre issue que le silence. Mais du bruit, personne ne semble s’en plaindre. Nous sommes greffés au bruit, à une agitation constante qui ne mène nulle part, inséparable de notre existence quotidienne, rendant le silence inconnu ou effrayant.

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Plaisir renouvelé de la solitude. 
Petits sentiers solitaires, le cœur nourri de quelque passion tranquille.

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dimanche 1 février 2026

Survie de la littérature sapientiale sous forme de débris

(…) Elle est courte et triste notre vie ; il n'y a pas de remède quand l'homme touche à sa fin et personne, à notre connaissance, n'est revenu de l'Hadès.

Nous sommes nés à l'improviste et après, ce sera comme si nous n'avions pas existé.

Le souffle dans nos narines n'est qu'une fumée, la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur.

Qu'elle s'éteigne, le corps se résoudra en cendre et le souffle se dissipera comme l'air fluide.

Notre nom sera oublié avec le temps et personne ne se rappellera nos actions. Notre vie aura passé comme un nuage, sans plus de traces, elle se dissipera telle la brume chassée par les rayons du soleil et abattue par sa chaleur.

Notre temps de vie ressemble au trajet de l'ombre et notre fin ne peut être ajournée, car elle est scellée et nul ne revient sur ses pas.

Eh bien, allons ! Jouissons des biens présents et profitons de la création comme du temps de la jeunesse, avec ardeur.

Du meilleur vin et de parfum enivrons-nous, ne laissons pas échapper les premières fleurs du printemps. Sagesse 2, 1-7 

(version de Jean-Yves Leloup, Le Livre de Salomon. La sagesse de la contemplation, Presses du Châtelet)


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« Aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, pour comprendre les séries TV, il faut passer par le Forum économique mondial de Davos, le fonctionnement des fonds d’investissements tels que BlackRock et la biographie de quelques milliardaires influents à Hollywood. C’est ainsi que nous allons comprendre comment le wokisme, le multiculturalisme et l’idéologie LGBT ont conquis les principales séries TV de HBO et Netflix. »

Allez voir là :https://www.youtube.com/watch?v=XwOga6p0F14&t=25s

et là : https://www.youtube.com/watch?v=EF3KFF72g38

les vidéos de l'association Egalité et réconciliation recensée ici par StreetPress :

https://cartofaf.streetpress.com/liste/egalite-reconciliation/

Pour un meilleur réglage de la netteté des positions "extrêmes" jeter un oeil au document de la Revue Positions ici : https://positions-revue.fr/dissoudre-lextreme-droite-un-piege-pour-la-gauche/

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« Le peuple (…) par sa faute a (…) 

perdu la confiance du gouvernement

Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts

Qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas

Plus simple alors pour le gouvernement

De dissoudre le peuple

Et d’en élire un autre ? »


Bertolt Brecht, Anthologie bilingue de la poésie allemande, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1993.

 

Ces vers auraient pu résumer à la perfection la situation en Espagne, sauf que son gouvernement de bras cassés se voit dans l’impossibilité de dissoudre ou d’élire n’importe quelle chose, il préfère, alors, s’asseoir sur le cadavre du pays et s’en nourrir. Comme tout parasite, il ne peut pas vivre sans un hôte.

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« Il règne sur tout ce pays, au tréfonds de toute cette viande muselée, un sentiment de gentillesse sacrificielle, de soumission, aux pires boucheries, de fatalisme aux abattoirs, extraordinairement dégueulasse. Qui mijote, sème, propage, fricote, je vous le demande, magnifie, pontifie, virulise, sacremente cette saloperie suicidaire ? Ne cherchez pas ! Nos farceurs gueulards imposteurs Patriotes, notre racket nationaliste, nos chacals provocateurs, nos larrons maçons, internationalistes, salonneux, communistes, patriotes à tout vendre, tout mentir, tout provoquer, tout fourguer, transitaires en toutes viandes, maquereaux pour toutes catastrophes. Patriotes pour cimetières fructueux. Des vrais petits scorpions apocalyptiques qui ne reluisent qu’à nous faire crever, à nous fricoter toujours de nouveaux Déluges. »

Louis-Ferdinand Céline, L'école des cadavres

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« L'homme que possède une conviction devient assez vite un raseur s'il la développait sans trêve ni merci, et cette conviction elle-même en souf­frirait. Apollon ne bande pas toujours son arc. »  Léon Daudet, Vers le roi


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 « On ne peut absolument plus faire d’humour avec les gens de droite : ce sont des gens complètement cohérents, ils vivent comme ils pensent, il n’y a pas de rupture. Alors que les gens de gauche vivent d’une façon et pensent d’une autre, donc ça fait des effets comiques. »


Claire Bretécher,entretien, Radio-Télévision Suisse, 9 février 1977

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C’est parce que nous sommes léthargiques, qu’ils sont puissants. Devant toute chose grave, et particulièrement d’ordre politique, il faut s’emplir immédiatement du sentiment de jouer la comédie, de fidélité au camp du bien régnant sur l’ensemble de l’échiquier. Plus on enfonce ses pieds dans le courant, moins l’eau en est pure. La conversation n´existe plus, le dialogue – poncif entre les poncifs – s’évapore, on se débat impuissant à mettre en parallèle ses raisons avec la Raison : tâche inutile ! Ce n’est plus une discussion qui nous attache mais un moment de torture qui finit par former comme les rayons d’une araignée venimeuse. On cherchait la lumière d’une étoile, on s’égare entre les pointes d’un astérisque. La logorrhée stupide d’une Ione Belarra dont les médias débordent, dès qu’elle ouvre la bouche quand on lui tend un micro, se montre telle qu’en elle-même devant vos yeux, perçant vos oreilles, déshabillée de tout sens commun, de toute cohérence. Quelle ignoble ribambelle d’imbéciles n’aura pas réveillé le sanchisme des tréfonds élémentaires du simplisme ! Il n’est pas mauvais d’écouter de temps en temps parler des imbéciles. Ils peuvent, par réaction, fournir des excitations à l’esprit. Sa triste commère, I. Montero, plus conne encore. Pourquoi l’une et l’autre se repaissent-elles de ce qu’il y a de plus déprimant, de plus décourageant, de plus offensant ? Ces deux bêtes-là vont aux déchets, à l’ordure, comme d’autres vont à la chasse. Si on leur ferme la porte, on sent qu’elles sont là, derrière, qui reniflent, qui attendent. La moindre inattention au zapping, et elles sont entrées. L’unique moyen de les chasser : le travail.


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R. me fait observer sur le chemin de retour de notre café de fin d’après-midi, l’air content, que chaque jour, c’est un peu plus loin que tombe la nuit. Absence total d’appels pour d’éventuels rassemblements de soutien aux victimes – quarante-six, tout de même ! – récentes, provoquées par l’état d’abandon du réseau ferroviaire où je serais allé si je n’étais toujours médusé par l’ampleur des « dégâts », mélange de choc et d'étonnement profond face à un drame qui aurait pu être évité pour peu que l’état de négligence extrême du ministère des transports, qui consiste à non entretenir ses réseaux routiers et ferroviaires, puisse être ébranlée par une tragédie de ces dimensions.

Les fonds sont déviés, la corruption galopante envahit tout, dégrade tout, pourrit tout. Là, aucune manifestation n’a été organisée par ceux qui ont l’habitude de défiler. On devine pourquoi. Peu importe que la tinette déborde que la situation passe de critique à désespérée, qu'une limite ait été dépassée ou que la situation devienne insupportable. La question se pose de la capacité de résistance intérieure de la population et de l’électorat « fidèle » : si la loi n’est pas respectée en général, l’endurance se manifeste dans les petites ou grandes luttes de la vie quotidienne, et la cruauté peut devenir facilement intolérable. Cependant, la cruauté n’est pas un concept juridique aussi populaire que « la haine », surtout si elle n’est pas « animale ». Les accusations de délit de haine visent des propos ou des actes incitant à la violence ou la discrimination raciale, religieuse, sexiste ou homophobe. Les infractions incluant injure et diffamation publique, sont punies de prison ou d'amende selon le cas. En tout cas, la coalition qui soutient le gouvernement n’a jamais réagi aux critiques. Et sur le réseau social X, le ministre des transports, ancien maire de Valladolid, a eu un comportement entre grotesque et ignoble, plus que discutable pour un personnage public. Tout paraît se réduire à une équation simple : le ministre et son « Puto Amo », The Fucking Boss – appellation propre du milieu consacrée la tête haute, en personne, par le propre ministre – sont libres d’ignorer les victimes d’Adamuz et les familles sont libres d’attaquer le gouvernement et en particulier ce ministre. Cela n’enlève pas que les vrais responsables de ce drame ferroviaire sont les deux ministres qui se sont succédé aux commandes, MM.  J. L. Abalos, ancien secrétaire d’organisation actuellement en prison, et O. Puente. Deux personnages tout à fait ignares en matière de transports devenus des agents de basses manœuvres incapables de la moindre maintenance pour la sécurité des personnes et du matériel. Plutôt que de se moquer de l’opposition et de l’injurier copieusement à tort ou à raison, pourquoi ne pas viser plutôt les graves manquements du gouvernement dans cette crise ?

Julio Rodríguez, 16 ans, l'ange d'Adamuz

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Agents du capitalisme de connivence. Un peu de pitié pour les inévitables jobards qui croient dur comme fer au refroidissement de la terre, à la foncière méchanceté de la Russie, des ayatollahs, des Palestiniens agissant sous le contrôle total du Hamas, aux vertus de l’agenda 2030, au wokisme progressiste et tout ça, aux mérites d’un président magouilleur « docteur ès mensonge », capable de mentir sans sourciller de manière experte, habile et systématique, tellement impopulaire, qu'il fait vider les villes et les lieux où il va, pour pas se faire huer ou pour pas se faire traiter à grands cris de fils de pute ... C’est impossible d’imaginer à quel point un nombre croissant de gens détestent ce personnage. Il traîne partout l’étiquette de « socialiste » pour préciser qu’il est membre d’un parti politique qui prétend toujours être socialiste alors qu’en réalité il ne conserve du socialisme que la phonétique de l’acronyme. Son « socialisme » n’est que pure façade opportuniste pour cacher la pire corruption des pires ineptes.

Si l’œuvre théorique de Marx a permis de comprendre ce que c’est que le capitalisme, en dévoilant sa puissance corrosive capable de démanteler des structures sociales dépassées mais susceptible de se laisser devancer par l'action structurée capable d’opérer des transformations grâce à l'analyse de chaque situation concrète, pour les débris de la socialdémocratie européenne, plus question de théorie inspiratrice de quelque pratique que ce soit, ces rognures actuelles de « socialisme » proviennent d’autre chose, d’autres lieux, elles ne sont qu’un artefact, création du parlementarisme truculent à l’œuvre dans les soi-disant démocraties occidentales sous tutelle américaine. Ce sont des monstruosités politiques qui tirent profit d’un système en échange de compromissions flagrantes. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la composante sociale des prétendus parlementaires socialistes pour se rendre compte de la supercherie : la plupart sinon toute cette faune se situe à des années lumières de la classe ouvrière qui est la raison d’être du socialisme de souche marxienne. Et l’avatar sanchiste ne diffère en rien de tout le reste, à échelle européenne, sinon il ne règnerait jamais en petit dictateur en Espagne.

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Le Hamas a annoncé qu'il dissoudra son administration actuelle à Gaza. Lors de la première Intifada on avait assisté à la condamnation quasi unanime qui avait suivi la diffusion d'images de soldats israéliens brisant les bras de Palestiniens avec des pierres et de l'embarras au moins apparent des partisans de l'État sioniste. Quelques décennies plus tard, l'agonie de tout un peuple, filmée sans discontinuer sous les angles possibles, n’intéresse plus grand monde. Ce sont pourtant les mêmes protagonistes. Quatre-vingt mille morts après. Et on est loin de pouvoir affirmer que la situation est différente en Cisjordanie, occupée depuis 1967... Depuis le 7octobre2023, le nombre total de Palestiniens raflés par les forces doccupation a dépassé 7340, incluant ceux arrêtés à domicile, aux postes de contrôle et retenus en otages, et 360 Palestiniens ont été tués. Les rafles se caractérisent par des invasions massives, des perquisitions domiciliaires, des interrogatoires, et la détention dans des bases militaire. En plus des arrestations, les forces d’occupation continuent de commettre des actes de torture, de menaces, de sabotage et de destruction de maisons, aggravant la situation humanitaire. Le 24 juin 2024, à l’aube, des soldats israéliens ont mené des perquisitions massives, saccagé des maisons, interrogé des jeunes Palestiniens, puis en ont raflé 29 à Silwad et 30 à KafrNima, à lest de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et les ont emmenés dans une base militaire voisine ...

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vendredi 30 janvier 2026

La mémoire gastronomique : manger et boire dans les Souvenirs de Léon Daudet (II)


Les descriptions de repas chez Daudet, médecin, ne répondent pas précisément à des types de compagnons de table ascétiques ou anorexiques. Le corps souffrant est absent pour privilégier celui en bonne santé, capable d’euphorie, de faire bonne figure à table, lieu concret de la métaphore relationnelle par excellence. Les menus qu’il relate reflètent des moments, offerts et partagés, dignes des dieux. Les plaisirs de table, répétés comme autant de carpe diem ou de memento vivere, affirment l’aliment et la nourriture comme piliers du festin mondain, aux antipodes du classique memento mori adressé contre les incroyants ou les hommes de peu de foi. Il faudrait rappeler que nous ne sommes pas dans le domaine de la fiction romanesque, le mémorialiste, dans ce textes, présente au lecteur-mangeur non pas des repas illusoires, plus ou moins esthétisés, ne nourrissant que de verbe les convives attablés avec lui, mais des lambeaux de son identité par le moyen jouissif d’une écriture parfaitement lisible et ciselée comme la meilleure recette de cuisine. Quand Balzac affirmait la nécessité pour la littérature de parler des choses terrestres, « de l’estomac de ses héros », il pouvait difficilement imaginer à quel point « l’estomac de ses lecteurs » serait important pour L. Daudet. Loin, très loin, comme on avait déjà souligné dans le post précédent, du regard sociologique amer de Céline ou du caquetage avide de médisances des banquets bourgeois de Léautaud. Repas et boissons dans les différentes œuvres de Souvenirs et Polémiques sont toujours de subtiles métonymies des positions de son glossateur : la laideur se mue en beauté, la routine de la vie quotidienne devient exception, les bassesses de la politique, grâce à l’ironie feutrée ou bruyante du narrateur à table mettant en relief la bêtise banale et grossière des personnages au pouvoir à l’époque, se dévoient en joie parodique des convives dans chaque conversation.

Paris vécu. Rive droite

Balade des crêpes d'antan. Au coin du boulevard de Strasbourg et du boulevard Saint-Denis se trouvait et se trouve peut-être encore le restaurant Maire, excellent, où nous avons souvent soupé gaiement, le colonel, aujourd'hui général, Marchand, Paul Mariéton, chancelier du félibrige et poète, de charmantes et spirituelles comédiennes et moi. La spécialité de la maison était alors la crêpe - dite « Suzette » - à la confiture, à laquelle on incorporait une vieille eau-de-vie, qui faisait bien dans le paysage. Mais où sont les crêpes d'antan ? Il venait là beaucoup de Parisiennes et de Parisiens qui regardaient avec curiosité le héros de Fachoda. L'orchestre jouait La Marseillaise et La Marche lorraine. Puis l'attention se dispersait et nous commencions à nous amuser vraiment. 

Soupes à l'oignon, choucroutes ... Avant la guerre - je ne l'ai pas revue depuis - dans le vaste passage des Petites-Écuries, se tenait la brasserie Hans, où j'ai mangé les meilleures soupes à l'oignon, en compagnie de Lemaitre, de Maurras, de Pujo, de Bainville, de Capus et bu, dans les chopes à couvercle d'étain, la crémeuse et incomparable Hofbrau. Cette soupe, véritable panade d'oignon concentré, était servie brûlante, dans une marmite, ou, mieux une oulle de bonne auberge de chez nous, sous une couche, épaisse et cimentée, de fromage de Gruyère et de parmesan. Elle était gratinée, de couleur jaune d'or et la cuiller, quand on l'y plongeait, après une courte résistance faisait « plouic ». Étaient heureux en même temps le nez, la langue et le palais ; et l'estomac disait, en son langage : « Merci, oh encore, et merci ! » Le style culinaire allemand est lourd ; mais il n'est pas à mépriser, loin de là ; et je me rappelle encore, à Hambourg, un certain cochon de lait, aux lentilles de marais, qui était une chose recommandable. Aussitôt après la soupe à l'oignon, une choucroute savamment garnie est indiquée. Je me méfie extraordinairement de la charcuterie, réceptacle de poisons virtuels, dans les brasseries des grandes villes. Chez Hans on pouvait y aller de confiance. Le jambon, le cervelas, les « francfort », tout était de qualité hors ligne et digestible au plus haut point. La cruelle guerre, qui a aboli tant de choses, n'a pas aboli en moi le souvenir de la brasserie Hans ; et je crois sincèrement que les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques. 

Repas inoubliable chez Santiago Rusiñol : riz à lo catalane. Dramaturge, romancier et peintre catalan de génie, chargé d'autant d'ironie que Cervantès et Quevedo, beau comme Apollon et nullement infatué, ami dévoué, père de famille et bohème dans l'âme, Santiago Rusiñol est un de mes plus chers compagnons de jeunesse. Nous avons ri, pouffé ensemble à nous en rendre malades, nous comprenant sans explications, et voyant les choses et les gens un peu de la même façon, lui à Barcelone et à Madrid, moi à Paris. Pendant ses séjours dans l'Urbs, Santiago avait adopté l'hôtel du Rhin, maison d'ancien et aimable style, sise précisément cité Bergère, que Santiago prononce « Bérière », en tirant sur son éternel cigare. C'est dans la salle à manger patriarcale de l'hôtel du Rhin que ce prince de Catalogne, duc de Valdemossa et comte de Sijers, nous offrit, vers 1902, un repas inoubliable. Il y avait là deux comédiennes de beaucoup de beauté et d'esprit et leurs maris, une cantatrice qui, à mon avis, n'a jamais été surpassée, Mlle Lucienne Bréval - dont je reparlerai à propos de l'Opéra - le peintre et dessinateur Maxime Dethomas, Toulet, écrivain et poète de la plus rarissime distinction, mort prématurément depuis, d'autres encore. Le repas était somptueux. Santiago, qui vit en purotin, avec une belle fortune et des collections d'un prix inestimable, jette l'argent par les fenêtres, quand il s'agit de régaler ses amis. Il avait confectionné un « arroz » ou riz à la catalane, qui était une splendeur gustative et occupait quatre plats dignes du seigneur Gamache. Il y avait cette particularité que les pensionnaires de l'hôtel, rentrant se coucher, passaient par la salle où nous faisions bombance, tenant leurs bougeoirs à la main (l'hôtel, à cette époque lointaine, n'avait pas encore l'électricité). Santiago se levait cérémonieusement et leur souhaitait le bonsoir en espagnol. C'était une scène à la Calderón.

Des plats simples. Alfred Capus, alors dans toute sa gloire, gourmand, et qui demandait, dans cette illustre maison [le café Anglais : 13, boulevard des Italiens (…) les viandes du café Anglais étaient choisies comme nulle part ailleurs], des plat simples : une perdrix au choux, un poulet aux clavaires, une truite meunière.

Le restaurant Drouant. Le restaurant Drouant est un des très bons restaurants de Paris. Les huitres y sont, je ne sais pourquoi, meilleures et plus fraiches que partout difficiles que Raoul Ponchon, que Pol Neveux, que Jean Ajalbert, et qu'un autre que vous devinez. L'huile est bonne, le beurre parfait, les truffes sont des truffes. Le service est attentif et discret. Aussi, pendant la dernière année de la guerre, avions-nous adopté Drouant pour un déjeuner des directeurs de journaux, qui ne manquait pas de pittoresque. L'armistice du 11 novembre nous dispersa ; et nous recommençâmes à nous manger le nez, mais sans intervention de sauces, ni de légumes, ni de maîtres d'hôtel.

Une fois l'an, au mois de janvier, au déjeuner qui suit l'attribution du prix, on invite Poincaré, qui plaida pour notre Académie et obtint, des tribunaux, la réalisation du vœu des Goncourt. Depuis mes démêlés avez ce bizarre personnage, qui m'a contraint finalement à l'exil, pour crime de paternité, après m'avoir dû en 1922 la présidence du Conseil et avoir été soutenu, par moi seul, à la Chambre, au moment de l'occupation de la Ruhr (séances du 17 décembre 1922 et du 9 janvier 1923), je ne vais plus à ce repas. Je me contente d'être en pensée avec mes copains et de faire venir à domicile quelques douzaines d'huîtres « drouandes » et des bouteilles de « blanc de blanc » prince des champagnes bruts.Contrairement à ce qu'ont dit les journaux, les repas de l'Académie Goncourt sont en général gais, cordiaux et gentils. 

Le pain de Hédé. Quarante-huit heures après les élections du 16 novembre 1919, député tout frais, tout flambard, du 3 secteur de Paris, je traversais, au bas crépuscule, la rue Halévy, en face précisément de L'Echo de Paris, de mon cher vieux giflé Henry Simond. Mais nous étions, à ce moment-là, en bonne entente. Je ne distinguai pas une corde, qui reliait un camion à un tracteur automobile. Je mis le pied sur cette corde, au moment où le tracteur démarrait. Projeté en l'air, je tombai devant le camion. J'avais déjà sa roue avant sur les reins. Par bonheur, les passants avaient vu, crié, et le chauffeur du tracteur s'arrêta. Entre temps la foule m'avait reconnu et le bruit se répandit aussitôt que j'avais été victime d'un attentat. On me transporta dans une pharmacie homéopathique du boulevard Haussmann, où l'on ne pouvait rien pour moi, bien entendu. Mes porteurs, s'imaginant que cette pharmacie me repoussait en tant que Daudet commencèrent à crier « A l'assassin! » et à vouloir casser les vitres. Je dus me redresser, expliquer les choses et fus alors mené à côté. chez le célèbre Vicario, où l'on me pansa, me réconforta, me dorlota à souhait. C'est ainsi qu'Henry Simond faillit être débarrassé d'un détracteur et que je faillis perdre le goût excellent du pain de Hédé, de Provence et de Savoie. Je dois un petit souvenir à la brasserie Constant, située derrière l'Opéra, remplacée aujourd'hui par une banque - aux heures de faillite, il pleut des banques, c'est bien connu où l'on buvait une bière de Pilsen exquise, dans des verres en forme de tulipe. Réciter là un poème de Lenau sur les tziganes, en mangeant des saucisses au raifort, était tout indiqué, et je n'y manquais pas. J'ai su par cœur, comme cela, un ou deux milliers de vers de Baudelaire, d'Hugo, d'Henri Heine, d'Aubanel, de Mistral, de Shakespeare, de Lenau, qui m'ont accompagné toute ma vie, ainsi que des airs de Beethoven, de Wagner, de Schumann et de Chopin. Quand je me sentais mélancolique, ou embêté, j'ouvrais la boîte à poésie et à musique et, crac, le nuage disparaissait. Mais depuis l'assassinat de mon petit Philippe, cette mnémotechnie a disparu, cédant la place à un sentiment unique, absorbant et que vous devinez.

La pâtisserie Bourbonneux. La maison de comestibles Cornaille. On lui indiqua la rue du Havre. Je lui dis: « Ils doivent chercher å sortir de Paris. Il faut téléphoner tout de suite aux postes du Bois, à Dauphine et à Maillot. » Il me remercia et courut à un avertisseur. Cependant on ramassait le malheureux, couvert de sang, pour le porter à la pharmacie du Havre, située en face du lieu du crime. Il n'y avait plus rien à faire. La mort avait été foudroyante. C'étaient les exploits des bandits en automobile qui continuaient. L'agent tué s'appelait Garnier, et celui qui l'avait tué s'appelait aussi Garnier. Coïncidence.

Comme s'écriait mon bien cher ami, hélas disparu, le docteur Henry Vivier, écartons ces tristes images et notons, dans la rue du Havre, deux célébrités parisiennes, deux vieilles renommées de boustifaille: la pâtisserie Bourbonneux, dont les pâtés feuilletés, au canard et foie gras, sont exquis, et la maison de comestibles Cornaille, où je vous recommande tout et le reste (comme on dit au régiment), mais surtout les conserves de poisson et, en particulier, les lamproies à la bordelaise. Il y a, aussi tout près de là, rue Saint-Lazare la maison de fromages Moreau, où l'on trouve, en saison, du véritable brie. Ce prince des. fromages est devenu aussi rare que l'or, car dans tous nos fromages réputés se glisse aujourd'hui un triangle plâtreux et amer, visible à la coupe, qui navre le gourmet.

Le chianti. Au sommet de la rue Lepic se trouve la place du possible et plantée d'arbres rabougris, suivie de la petite place du Tertre, où se trouve le cabaret du Coucou. Pendant une dizaine d'années, ce cabaret fut tenu par des Italiens, qui faisaient une cuisine savoureuse de poissons, de pâtes, de selles de mouton et d'agneau. Nous allions dîner là avec Lemaitre, Capus, Maurras, Bainville et Mme Bainville, Pujo, Fayard et Mme Fayard, de façon délicieuse et dans une solitude, en semaine, absolue. Le chianti était de choix et ce vin à goût de violette, qui rappelle Florence et Venise, est, quand il fait chaud, un enchantement de fraîcheur parfumée. Vous n'avez qu'à le faire basculer dans son petit panier d'osier, peuchère, et ça y est: il coule de source, pimpant et vif comme un poème de Tristan Derème. Cet endroit inspirait Capus. Il y tenait des propos d'une profondeur et d'une vivacité incomparables, qui éveillaient le rire et la réflexion. On en a recueilli, ce n'était plus ça. Il y fallait le décor de cordialité, de bonne chère, d'amitié. Capus fut à la fois le Rivarol et le Chamfort de notre temps et il était de ceux qui maintiennent le taux, élevé sous la blague, de l'esprit essentiellement parisien. Ce n'était même plus le Capus surveillé de chez Mme de Loynes. C'était le Capus en liberté, le monocle dans le sourcil froncé de rire et qui disait au cuisinier: « Mon vieux, il me semble qu'il y a moins d'écrevisses dans la sauce de ta sole que la dernière fois. Cours en chercher d'autres, n'importe comment! » Au sommet de Montmartre,


Rive gauche

La pension LaveurCelle-ci, véritable institution historique et qui a vu passer trois générations, était sise rue des Poitevins, en face de l'École de médecine, dans un vieil hôtel délabré. On accédait aux salles à manger et tables d'hôtes par un escalier de pierre aux marches polies et usées ainsi que la margelle d'un puits breton. Tante Rose, affectueuse et vénérable, se tenait à la caisse, assistée de la brune Mathilde et de Baptiste, qui recevaient les commandes en riant, et apportaient les plats en bougonnant. Les mets étaient simples, abondants, d'une bonne formule d'auberge soignée, avec du vrai beurre, de la vraie huile, des œufs frais, des herbes pas assaisonnées, des salades médiocres, du pain craquant et tendre, des viandes de seconde qualité parbleu, mais honorables, et un vin frais et constant, le volnay, dont nous faisions une ample consommation. Dans les grandes circonstances, réussites aux concours, etc., on se fendait d'une bouteille de champagne, rituellement accompagnée d'une assiette de biscuits et de gaufrettes Gondolo. D'où l'expression « se gondoler avec des gondolos ». J'avais (déjà !) inventé un plat, bourratif, mais savoureux dont voici la recette: une couche de haricots blancs, une couche de pommes de terre sautées, et, là-dessus, deux œufs sur le plat. Cela s'appelait un « Kaulback », en souvenir de je ne sais plus quel général bulgare. Mathilde s'écriait, en se croisant les bras: « Je me demande comment vous pouvez avaler tous une pareille pâtée de chien ! » Nos conversations roulaient sur la médecine, les lettres, les arts, et fort peu sur la politique.  

Cette table fameuse, la plus gourmande que j'ai connue. La rue de l'Éperon, où mourut Théodore de Banville, est à deux pas de la rue des Poitevins. Ce virtuose, féerique et lyrique, auquel tous les rythmes étaient familiers, recevait et traitait ses amis coiffé d'une petite calotte, en compagnie de la délicieuse Mme de Banville en cheveux blancs, dont l'esprit de finesse égalait le sien. Deux ou trois fois l'an, mes parents, Coppée, Edmond de Goncourt et le charmant peintre Georges Rochegrosse, beau-fils de Banville, ainsi que le carabin que j'étais, se retrouvaient autour de cette table fameuse, la plus gourmande, avec celle de Mme de Loynes, que j'aie connue. Cela commençait par un sublime pot-au-feu et une timbale dite « Quillet », préparée amoureusement par le pâtissier de ce nom, voisin de l'auteur des Odes funambulesques. Cela continuait par un rôti à point, ou un gibier, selon la saison, de formule classique et parfaite ; car Banville, en véritable gourmet, n'admettait aucune fantaisie et s'en tenait aux recettes provinciales éprouvées. Le salmis, le civet, la matelote, le perdreau sur croûtes, les coulis d'écrevisses, tels étaient les principaux chefs-d'œuvre de ce musée gastronomique. La cave était à l'avenant ; l'eau-de-vie, moelleuse et chaleureuse, fondait en splendeurs intimes, en nuances d'or, à la façon d'un coucher de soleil. Cependant que Toto - comme l'appelait Mme de Banville, mon père et Coppée racontaient de façon allégée, cursive, elliptique, et avec des mots de couleur, mille anecdotes et souvenirs du temps présent et de celui d'hier. Goncourt, sous les lames de ses cheveux blancs, se contentait de rire et d'être heureux. Il a consigné dans son étonnant Journal quelques-unes de ces mémorables soirées.

Recette de glace qui s'explique et qui se tient. Rue de Tournon, encore, se trouve l'hôtel du Sénat où logèrent en même temps, dans deux chambres se faisant vis-à-vis, Alphonse Daudet et Gambetta. Du même côté se trouve un glacier du nom de Fourier, chez qui l'on trouvait et l'on trouve encore, sans doute, un tutti frutti d'une saveur délicieuse, composite, aérienne et poétique, digne de figurer sur la table de la reine Mab et égal aux plus savantes compositions de l'adorable Rebattet. Mais voilà : Rebattet* est de rive dextre et Fourier de rive sénestre. Keep to right, keep to left. Tout est là. Pendant que j'en suis sur ce chapitre, je vous dirai, non sans vanité, que, tel que vous me voyez, j'ai inventé une glace excellente. En voici la recette: chocolat et café, moitié par moitié, sous une carapace d'ananas. C'est une chose, comme disait Flaubert, qui s'explique et qui se tient. 

* Pour les profanes : ce Rebattet-là, n'a évidemment rien a voir avec Lucien, " l'autre ".

Gigot bretonne aux haricots blancs. La rue Lhomond est une rue en pente (ancienne rue des Postes) où se trouve la fameuse maison des Jésuites, tant décriée, et bien injustement, par la presse républicaine, et qui descend vers la rue de l'Arbalète et la rue Mouffetard. Balzac, dans Le Père Goriot, a rendu l'aspect de ce coin de Paris, omis malheureusement par Méryon, du moins à ma connaissance, en ses admirables eaux-fortes, les plus belles peut-être depuis Rembrandt. Au numéro 2, dans une maison délabrée, habitait jadis mon ami Lucien Échalier, neveu de la comédienne Marie Laurent, avec sa vieille maman et ses deux frères, officiers de la marine marchande. Cette famille de Bretons, dénués de fortune (Échalier était boursier à Louis-le-Grand), avait aussi la dignité et l'honneur, si répandus naguère dans notre belle France, et Mme Échalier, malgré son âge, et les infirmités, menait, à elle seule, son petit intérieur. Elle invitait à dîner les amis de ses fils, deux fois par an, et nous offrait un repas exquis, où figurait, en première ligne, le classique gigot bretonne aux haricots blancs. Était conviée aussi, ce jour de bombance, la voisine de palier.

L'alcool à haute dose... Les ennemis de l'alcool ont raison au fond. L'alcool à haute dose et à haute fréquence est, en effet, un poison. Mais à petites doses - Ali Bab, dans sa magistrale Gastronomie pratique, préconise, comme mesure, le dé à coudre, et de temps en temps, il est un soutien et un remède. Il est notamment l'antagoniste de la dégénérescence sucrée de la cellule, par un mécanisme, ou une diversion chimique, que l'on ignore. Dans la génération de mes grands-parents, le petit verre était en France de règle après chaque repas. Pendant toute ma jeunesse j'ai entendu ma grand-mère maternelle dire à mon grand-père Allard, au moment où il débouchait le flacon de poison doré: «  Jules ! » cependant que ma mère disait à mon père «  Alphonse! » et ma tante à mon oncle: «  Léon ! Bah, ça ne peut pas faire de mal », répondaient en chœur Jules, Alphonse et Léon. Et en effet, ce sacré petit poison-remède leur était manifestement plus inoffensif qu'à ceux de ma génération. Mais tout poison n'est-il pas aussi, à certaines doses et en certains cas, un remède ?

La Tour d'Argent. C'est là aussi que je fis la connaissance de Babinski, dont je devais plus tard être l'élève. A quelque temps de là, et à l'occasion de je ne sais plus quel concours. Babinski donna, avec la collaboration de son frère Henri (Ali Bab), un somptueux festin à La Tour d'Argent, quai de la Tournelle, restaurant fort célèbre, que dirigeait le maître cuisinier Frédéric. Les moindres détails du menu et de la soirée m'en sont demeurés présents et j'en reparle avec les deux illustres frères, chaque fois que j'ai le plaisir de les rencontrer. Frédéric apprêtait le canard d'une façon particulière. Il en tirait deux moutures, l'une au sang, l'autre en grillade, également exquises. Je crois cependant que je préférais encore la grillade. Il fallait le voir, Frédéric, avec son lorgnon, ses favoris grisonnants, son sérieux imperturbable, découpant son coincoin dodu, troussé, déjà flambé, le jetant dans la casserole, préparant sa sauce, salant et poivrant comme peignait Claude Monet, avec le recul du jugé et la précision du mathématicien, et ouvrant, d'une main sûre, à l'avance, toutes les perspectives du goût. Il saluait, dans le cher Ali Bab, un connaisseur et un dégustateur, un exécutant de sa taille, et, pour tout dire, un maître. Ce jour-là, nous savourâmes aussi des soufflés de barbue, d'une formule fondante incomparable. Puis, un foie gras de Strasbourg, qui devait certainement être de Gerst ; car j'ai trouvé, bien des années plus tard, au réveillon de 1907, son pendant chez le cher docteur Bucher, rue de la Nuée-Bleue, en cette même ville, encore captive des lourds Allemands. Une discussion s'établit, à La Tour d'Argent, sur la question de savoir si la salade de chicorée, légèrement pulvérisée à l'absinthe, devait, ou non, accompagner ledit foie. Il me semble que c'est là une erreur et que le goût de l'huile ne va pas avec celui du pâté. La cuisine anglaise, avec son délicieux « pie » fondant, me paraît être de cet avis.

La gastronomie m'avait rapproché de plusieurs collègues de gauche. Daladier, considéré comme une hydre par les pauvres types du centre, chers au comte de Fels, m'est apparu aussi comme un esprit agréable et orné. Nous avions en commun l'admiration de Mistral, d'Aubanel et de Roumanille, l'amour d'Avignon et de la Provence en général, ainsi que de la cuisine merveilleuse que réalise le restaurateur installé au sommet du mont Ventoux. La gastronomie m'avait rapproché de plusieurs collègues de gauche, notamment d'Archimbaud, collaborateur au Rappel du cher et regretté Edmond du Mesnil, une des plus belles et loyales natures, celui-ci, que j'aie rencontrées ici-bas. Archimbaud est un lettré et un gourmand. Il m'a donné, sur les truites, des notions tout à fait précieuses, celle-ci notamment: il n'y aurait plus que dans la Drôme que l'on trouverait des truites anciennes, beaucoup plus savoureuses que celles dites de repeuplement, à l'aide d'alevins.

La soupe aux choux et la soupe à l'oignon. [E. L. Ignace] avait Briand en horreur et Poincaré en mépris. Il me racontait, toujours au vestiaire : « Imaginez-vous que, n'osant gracier Pierre Lenoir, fils de son ami Alphonse Lenoir, la belle crapule que vous savez, il (Poincaré) m'envoya deux fois le commandant J., au milieu de la nuit, pour me dire que Pierre Lenoir, moribond, ne pouvait être exécuté. La première fois je fis surseoir. La seconde je me fâchai tout rouge et je dis au commandant : « Si ce n'est pas fait dans deux heures, c'est vous que je fais fusiller. » En revanche, il adorait Clemenceau et il revint tout heureux d'un séjour chez ce grand homme, qui lui avait fait faire une marche de vingt kilomètres, sous la pluie, pour le régaler ensuite d'une soupe aux choux incomparable. Et, en effet, la soupe aux choux est un de ces plats qui se gagnent par un effort. Telle aussi la soupe à l'oignon, qui remet des fatigues de Vénus.

La Closerie des lilas et un chauve au faciès kalmouk. Au coin du boulevard du Montparnasse et de l'avenue de l'Observatoire, il y a un cabaret, naguère flanqué de tonnelles, à l'enseigne de La Closerie des lilas. En revenant de dîner chez mes beaux-parents à Bourg-la-Reine, il nous arrivait, par les soirs d'été, d'y boire un verre de bière, ou de limonade. Le public était composé d'étudiants, de bourgeois du quartier, et aussi de révolutionnaires russes, qui parlaient bas, avec des mines de conspirateurs, à une table située à l'écart. L'un d'entre eux, chauve, avec un faciès kalmouk, nous frappait par l'étincellement de son regard sombre. C'était Lénine. Nous le reconnûmes ensuite, d'après ses portraits. Quelle destinée étonnante que celle de ce proscrit, de ce petit homme minable, pareil à un insecte taraudeur, porté, par la grande houle, sur le trône des tzars et donnant l'ordre de massacrer, à Ekaterinenbourg, toute la famille impériale ! Ces événements de la vie politique aident à comprendre les événements, correspondants, de la vie organique, où une petite cellule irritée, puis furieuse, puis déchaînée, pousse une cancérose, une tuberculose, un lupus (selon la qualification neurochimique) jusqu'aux extrémités de l'organisme. 

 


 Caricature par Raoul Cabrol 

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