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mercredi 13 mai 2026

Un dégoût indescriptible.

Mais d’avoir fait au lieu de ne pas faire

Ce n’est pas là de la vanité

D’avoir, par décence, frappé à la porte

Pour qu’un Blunt ouvre

D’avoir fait naître de l’air une tradition vivante

Ou d’un vieil œil malin la flamme insoumise

Ce n’est pas de la vanité.

Ici-bas toute l’erreur est de n’avoir rien accompli,

Toute l’erreur est, dans le doute, d’avoir tremblé …

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Pero haber hecho en lugar de no haber hecho,

eso no es vanidad.

Haber golpeado, con decencia,

Para que un Blunt abriera la puerta.

Haber recogido del aire una tradición viviente

o de un magnífico ojo antiguo la llama invicta

Esto no es vanidad.

Aquí el error está en lo que no se ha hecho,

en la timidez que trepidó …

Ezra Pound, Cantos Pisans, LXXXI (texte français : Flammarion 2013 / texte espagnol, Sexto Piso 2018)


Orwell : rassurer dans l'horreur. Un dégoût indescriptible, qui rappelle Miguel Sánchez-Ostiz, son titre magistral sculptant l’actualité quotidienne truquée, l'abandon systématique d'une dignité politique élémentaire, l'impuissance du citoyen … Un titre d’il y a quatorze ans (El asco indecible) mais qui ne se démode jamais. Ce qui reste, au moins, ce sera la fierté « d'avoir crié au lieu de ne pas parler », puisque la fierté d'un Ezra Pound, qui avait bel et bien « lutté », lui, exigerait des doses d’engagement, vécues de manière pleine et dévouée, des efforts et des renoncements que nous sommes loin de pouvoir nous permettre. « Ici-bas toute l’erreur est de n’avoir rien accompli » Avoir l'impression de n'avoir rien accompli du tout, lorsqu’on regarde en arrière, doit provoquer des drôles de sentiments, alors qu’un minimum de volonté nous permettrait d’affirmer qu'il n’est jamais trop tard pour agir ou pour racheter le temps éventuellement gaspillé. Réagir devant la terreur et le dégoût qui nous inspirent les maîtres du monde et les démons qui les habitent. Qui poursuivent leur tache criminelle de mort et de spoliation légalisée. Nous, déjà morts, incapables de discuter avec passion, perdus dans des querelles banales, creuses et ineptes : tout dialogue devient impossible parce que nos phrases reconduisent des idées reçues, des mensonges tenus pour vrais, des assertions improbables. Les motifs de nos conversations de café, dénuées de sens, trouvent leur expression la plus achevée dans les infos des différentes chaînes télé. Et partout, l’haleine fétide et menaçante du président étazunien, la sale gueule du premier ministre « israélien », se refusant à mettre fin aux combats et aux carnages interminables, aux crimes de guerre impunis et répétés et aux tueries systématiques d’innocents …

Mais nos conversations ne s’engagent pas sur ces sujets d’actualité en dehors de quelques phrases toutes faites de l’heure qui se croisent les unes les autres dans une valse de lieux communs. La vie ne s’arrête pas. On ne le crie pas assez, notre écœurement. De nos gouvernants, qui ne cessent pas totalement les liens officiels et les échanges économiques avec ces pays de malheur. Tout n’est que boniments et théâtre, gesticulations. Je suis parfaitement conscient que la vigueur de tout ce qu’on pourrait écrire, l'intensité ou l'émotion mises dans les critiques dans la dénonciation infatigable de ces criminels et de leurs violences, n’est rien en comparaison de l’action directe, concrète et physique, la bataille désespérée, menée par des générations de gens courageux  pour défendre leurs terres, leurs vies, leurs foyers et leurs valeurs face à des attaques et des agressions, non-provoquées et de plus en plus meurtrières et sophistiquées, de la part de forces très supérieures. En ce instant, les faits auxquels nous assistons résonnent d’échos prophétiques et non historiques. L’illusion d’appréhender le passé s’efface vite pour laisser se dessiner un avenir terrible. L’imminence de la tyrannie n’est pas un pressentiment. Il nous faudrait revenir à Orwell, à son archiconnu roman 1984, pour pénétrer un monde dangereux qui n’est plus imaginaire et un espace abominable qui n’est plus que fictif. Le sarcasme anagrammatique de ce titre se reflète dans la date de sa composition, 1948. La vie dans l’Angleterre d’après-guerre et l’atmosphère déprimante dans toute l’Europe de l’Est : partout la grisaille, la pénurie, le délabrement. Si la science-fiction nous a depuis longtemps habitués aux conditions de vie invraisemblables, la lecture d’Orwell, qui imaginait l’avenir, nous laisse entendre qu’elles seront très semblables à ce qu’elles sont mais en beaucoup pire. Les règles rationnelles par lesquelles nous ordonnions la vie de tous les jours ont déjà sauté en mille morceaux, de sorte que quand nous avons l’impression de lire un récit dysphorique sombre, centré sur la surveillance de masse, qui dépeint une société cauchemardesque, avec des individus est totalement soumis à un État totalitaire surveillant les masses et manipulant la vérité, nous ne sommes pas en train de rêver : nous nous réveillons à peine ! Et le cauchemar ne fait que commencer. Winston Smith, du moins, ne s’éveille jamais de ce monde où le pouvoir peut décréter que deux et deux font cinq. L'immeuble où se trouve son appartement a dû être construit peu de temps après la fin de la guerre.
Le monde, depuis des années, s'est laissé entraîner dans des guerres intercontinentales incessantes. La poussière et la saleté dans le hall d'entrée suggèrent que les rues et les trottoirs ne sont plus correctement balayés, et la misère et la décrépitude physiques s'accentuent avec les allusions au chou bouilli, aux vieux paillassons de chiffon devant la porte, aux coupures de courant et à l'ulcère variqueux de Winston (Churchill ?). L'allusion à la « Semaine de Haine » et l’affiche colorée avec pour légende BIG BROTHER VOUS SURVEILLE, constituent les deux seuls détails insolites dans ce qui pourrait autrement être la description banale d'une H.L.M. délabrée d’aujourd’hui. Ce qu'ils impliquent du contexte social n'a rien de rassurant, et nous commençons déjà à nous identifier à Winston Smith comme à une victime, dans ce contexte. La Semaine de Haine et Big Brother sont associés par contiguïté à la misère et à la décrépitude physiques du milieu. Les traits de Big Brother font penser à Staline et nous renvoient aussi à une célèbre affiche de recrutement, pendant la Première Guerre mondiale, qui montrait un militaire à grosses moustaches avec pour légende : VOTRE PAYS A BESOIN DE VOUS. Avec la télévision à double voie, qui permet de maintenir le spectateur sous surveillance constante, Orwell s'autorise de la licence de la science-fiction pour imaginer un appareil qui n'existait pas de son temps. Bref. Orwell avait imaginé l'avenir en utilisant, en modifiant et en recombinant des images de ce que ses lecteurs connaissaient déjà. Dans une certaine mesure, c'est toujours le cas.

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A quel moment le conflit arabo-sioniste débute-t-il ? Il est aussi difficile de répondre à cette question que de savoir qui est apparu en premier, l’œuf ou la poule. L'évolution semble avoir tranché pour la solution selon laquelle le premier œuf de poule a été pondu par un ancêtre qui n'était pas tout à fait une poule. À coup sûr, il est rare que l’instigateur d’un conflit de ces dimensions le commence en annonçant à tout le monde qu’il en est seul responsable. Cela arrive après un long contexte préliminaire préparé méticuleusement pendant des années, composant des prétextes et des arguments pour l’intrigue, établissant un développement, apportant des idées, des projets, des décors, dans un réservoir où ils iront puiser au fur et à mesure de la composition d’un « récit » en même temps changeant, selon des événement et des détails spatio-temporels, et inaltérable, car fondé sur une vérité absolue, immuable qui ne doit en aucun cas être modifiée. Chaque participant a sa propre façon d’agir. De quelque manière que ce soit mais sans hésiter à séparer le monde réel, dans lequel tout le monde vit, du monde que son propre camp a imaginé. Néanmoins, le déséquilibre entre les versions adverses en présence montre, d’une part, une partie hyperpuissante, surarmée, qui agit toujours à travers la force brute, la terreur et la guerre impitoyable contre une autre partie trompée à dessin par les puissances impériales souvent dans des contextes politiques, des débats ou des rivalités étrangères représentant des intérêts divergents du sien et sans être jamais réellement soumis à une "opposition contrôlée" par une tierce partie. Les résolutions de l’ONU à propos de ce « conflit » ont toujours été prises comme une bonne blague, une plaisanterie, une boutade, par la partie qui se réserve le droit d’accaparer pour elle tous les droits, dans une habile manœuvre de dissimulation active, de manipulation et de propagande hypocrite qui tend à imposer, sans accorder à personne le bénéfice du doute, une image de victime universellement reconnue afin de masquer sans vergogne son statut observable de bourreau. Elle a dépensé, cette « partie », des centaines de milliards en vain, détruisant l'histoire d'institutions arabes établies de longue date après les avoir soumises à ses lois. Voyez ce qui est arrivé aux différents pays autour de ses aléatoires frontières depuis qu'elle a eu le droit de remplacer les populations locales et considérez le calibre des intellectuels, des politiciens, des journalistes, des « historiens », des chercheurs et commentateurs travaillant dans son intérêt et en complicité avec ses insatiables visées impérialistes. Examinez les qualifications et les compétences de ceux qui ne se laissent pas berner ou tout simplement acheter, qui refusent de travaillent pour eux, professeurs, juges ou chercheurs … Tous ces individus ont été, de fait, réduits au silence ou à l'impuissance dès leur entrée en action contre l’ignoble entité sioniste et sont désormais désarmés devant l’incroyable machine à broyer de la chair humaine de Beyrouth à Téhéran. La moindre critique est assimilée au délit d’antisémitisme ou perçue comme une attaque terroriste. Plus consternant encore est le fait que les dirigeants des pays arabes attendent des dégénérés étatsuniens qu'ils insufflent la vie au désert, qu'ils leur inventent une identité et une histoire à leur convenance, et qu'ils exigent des prétendues « élites » de gouverner selon leurs caprice, et non selon l’intérêt de leurs propres populations, souvent soumises aux pires esclavages. De plus, la partie sioniste attend de la communauté internationale qu'elle récite quotidiennement une ode à la gloire de sa petite nation prospère, heureuse, florissante et développée, et de son armée, « la plus morale au monde », pour ensuite, lucide, mesurée, objective, cracher sur le monde arabo-musulman, hommes ou femmes, les pires insanités, prétendant que la démocratie, la civilisation, le succès sont synonymes de l’État d’« Israël ». Tenez-vous bien : la seule démocratie dans la région ! Le bétail occidental, américain ou européen, peu importe, qui tolère depuis des années tous les crimes perpétrés contre la Palestine depuis des décennies, contre les Arabes, musulmans ou chrétiens, aussi bien par les ordures locales que par les ordures au niveau supranational, aura largement mérité tout ce qui est sur le point de lui arriver, tout ce qui lui est arrivé et tout ce qui lui arrivera. En haut lieu, ils sont pleinement conscients de leur abjection, et le peuple ne décide jamais. C'est la grande arnaque de la démocratie.
Si jamais elle tombe sur un leader capable c'est qu'il aura été capable de se hisser par son intelligence et son courage, non grâce au peuple. Au mieux, celui-ci donnera-t-il sa bénédiction quand il faudra y mettre les formes. Les pessimistes les plus lucides auront ont eu toujours raison sur toute la ligne : le Mossad, la CIA, le MI6 tirent les ficelles de la marionnette, le clivage gauche droite est une illusion créée par les éternels Rothschild/Epstein, « Israël » trucide aussi sans complexe les chrétiens au Liban. Les USA sont un magma putride qui ne représente désormais que tout ce qui est laid, sale, déliquescent, mensonger, fuyant, lâche, confondant de bêtise et de traîtrise, abject, avilissant, ignoble. À l’exacte image de l’hominien qu’il se sont donnés comme Président. La « civilisation occidentale » décadente est constituée d’un triptyque, ou d’une hydre à trois têtes : « Israël », les États-Unis et l’Union européenne. « Israël » dicte ses volontés à Gringoland qui dicte ses volontés à l’Europe de Bruxelles. L’Occident n’existe pas. L’Occident ce n’est qu’une chimère, une création artificielle : l’Amérique est une création des Européens biblistes puritains chassés d’Europe ; l’Union européenne est une création des Américains à la fin de la deuxième guerre mondiale ; « Israël » est une création anglo-américaine, surtout britannique à ses débuts, à la fin de cette même guerre. Cette entité sauvage et criminelle, dont se sont emparé les bandits de la pire espèce, rassemble une triste troupe de zombies et de morts-vivants qui fait encore illusion parce qu’elle est recouverte de paillettes et d’artifices. Trois croyances, trois rejets, trois rancœurs et un État voyou, les USA, qui agite le cocktail. Ces trois croyances se réclament d'une origine commune en tant que religions abrahamiques convergeant dans la figure d'un ancêtre commun, Abraham, la figure fondatrice. L’une des trois, le judaïsme, a inspiré les deux autres, christianisme et islam. La religion musulmane est complètement écartée aujourd'hui de cette association ; elle est leur ennemie. Le christianisme est plus une religion occidentale que talmudique, influencé par les bribes de paganisme (Gibbon) qu'il a préféré intégrer à son corpus religieux, faute d’avoir pu les éliminer radicalement. 

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L'espion libérateur. En 1917, la Grande-Bretagne était au bord de l'effondrement financier. Sa dette nationale avait explosé, passant de 650 millions de livres à près de 8 milliards. Son découvert auprès de JP Morgan avait atteint 400 millions de dollars. Woodrow Wilson utilisait l'argent américain comme une arme, menaçant d’en couper les prêts qui permettraient aux Alliés de survivre à l'effort de guerre. Alors la Grande-Bretagne fit ce que font les empires aux abois : elle conclut des accords. Elle promet la Palestine aux Arabes en échange de la révolte arabe. Elle s'entendit secrètement avec la France pour placer la Palestine sous administration internationale. Puis, deux ans plus tard, elle promet ce même territoire au mouvement sioniste – une promesse remise personnellement à Lord Walter Rothschild, le banquier le plus puissant du monde – en échange d'une influence financière, d'un outil de propagande et d'un point d'appui au Moyen-Orient d'après-guerre. Trois promesses. Trois destinations incompatibles. Un seul lopin de terre. Et aucun des habitants n'a été consulté une seule fois.


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Le comportement inné des dirigeants politiques de droite, aux moments décisifs, est invariable et se range toujours du côté de l'impérialisme américain, de la suprématie israélienne et des intérêts des élites industrielles, financières et technologiques. Autour d’une idée de liberté, de plus en plus floue, difficile à concrétiser, subordonnée toujours au Marché, le seul dieu qui subsiste dans le panthéon désertique de la droite réelle, la droite politique n’a que peu de ressemblance avec sa demi-sœur cadette, la droite culturelle, un leurre social, moral et civile, quelque chose d'illusoire, de trompeur et de faux, qui affecte les piliers de la vie en communauté : une illusion dangereuse, sapant le lien social, détournant les valeurs éthiques et trahissant le contrat citoyen.


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Que des fous furieux du zoo politique à échelle internationale avec certains adeptes des sectes évangéliques en collusions avec le sionisme désignent aujourd’hui l’islam comme une menace pour la civilisation ne peut que faire rire. Parce qu’il ne s’agit pas de pointer du doigt les sectes salafistes et wahhabites proto-terroristes implantées en Europe et financées par le Mossad, la CIA ou le MI6. Non, ils pointent du doigt l’islam dans son ensemble ... Là, le but est uniquement de faire de l’idéologie, l’idéologie qu’on veut imposer aux masses. On s’égosille pour agonir l’Iran, dont on ignore tout, on se tait pour l’Arabie Saoudite. Les bouddhas de Bâmiyân, victimes des Talibans, c’était un acte de terrorisme culturel qui a touché le monde entier. L'église orthodoxe Saint-Porphyre (Gaza), endommagée par une frappe aérienne israélienne en octobre 2023, avec des victimes parmi les personnes réfugiées à l'intérieur, le couvent et l’école des sœurs dans le village de Yaroun (Liban-Sud) détruits par la courageuse armée « israélienne », l'église byzantine Saint-Georges, à Taybeh, dernier village chrétien de Palestine, incendiée en juillet 2025 par des colons démocrates et civilisés n’ont touché pratiquement personne. Quant au nombre de journalistes tués par « Israël », la liste s'allonge, mais il n’y a pas de souci à se faire : probablement, c’était de dangereux provocateurs …


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Je ne sais pas où nos « dirigeants » européens vont chercher que la Russie veut envahir l’Europe. La Russie n’en a jamais exprimé le souhait. Elle a déjà fort à faire en Ukraine.  La Russie, c’est 140 millions d’habitants, l’Europe 500. Derrière l’Europe il y a les USA avec l’OTAN et la fourberie britannique. La Russie a tout ce qu’il lui faut chez elle : énergie, ressources, etc. Et de (bons) voisins qui représentent l’avenir plutôt qu’un quelconque paradis woke : La Chine, L’Inde, les puissances du Pacifique. Elle voudrait exactement quoi, La Russie, d’un continent de vieux, envahi de partout, gangréné par les pires stupidités idéologiques et toutes les tares imaginables importées allégrement de l’empire anglo-américain ? L’intérêt pour la Russie serait de reconstruire un rideau de fer à l’ouest et le laisser cuire à feu lent comme la bonne fricassée.


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Praise of Cultural Imperialism ou identité dans la culture dominante.  « It is in the general interest of the United States to encourage the development of a world in which the fault lines separating nations are bridged by shared interests. And it is in the economic and political interests of the United States to ensure that if the world is moving toward a common language, it be English ; that if the world is moving toward common telecommunications, safety, and quality standards, they be American ; that if the world is becoming linked by television, radio, and music, the programming be American ; and that if common values are being developed, they be values with which Americans are comfortable. »

"Praise of Cultural Imperialism?", in Foreign Policy, Number 107, Summer 1997

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« Il y va de l'intérêt général des États-Unis à encourager le développement d'un monde où les lignes de séparation entre les Nations soient reliées par des intérêts communs. Et il y va de l'intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais ; que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s'élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se sentent à l'aise. »


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Identité nationale ? Et, flottant dans l’air, la citation de De Gaule, mille fois reprise dans les médias et la littérature pour introduire une certaine idée d’identité nationale : «C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne». (Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, t. 1, Éditions de Fallois/Fayard, 1994, p. 52). Or, dès qu’on parle d'identité nationale, on ne sait pas trop à quoi cela fait référence. Notion floue, semblant se rapporter à la nationalité – mais il n'y a plus d'États-nations –, à la nébuleuse « conscience nationale ». On a détruit les nations au profit des multinationales, on a détruit les langues au profit du wokisme globish ; on veut maintenant détruire les consciences individuelles par l'abêtissement des réseaux sociaux et la propagande politiquement correcte. L'identité nationale fait partie de ces concepts vides de sens, sans âme, sans esprit, sans réelle culture. Comme l’adjectif identitaire. La mouvance identitaire, mouvement politique en faveur de l'identité/nationalité française. Cet adjectif, identitaire, peut avoir un sens différent qui serait celui de « relatif à sa propre identité » sentiment de soi. Dans la même logique de déplacement du sens des mots, le verbe identifier, qui signifie normalement déclarer identique, reconnaître quelqu'un ou quelque chose au vu de certains traits ou signes, ou établir l'identité de ... signifie aussi reconnaître, découvrir, trouver, voire comprendre : identifier un problème, identifier les priorités d'action etc. Il s'agit, dans ce cas-là, d'un triste anglicisme.


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jeudi 30 avril 2026

Apocalypse au seuil ou le coq vaticinateur et alectryomantic

Amal Khalil. In Memoriam



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« Toute parole sur Dieu est plus contre-vérité que vérité »

Angelus Silesius, Le voyageur chérubinique, Livre V, Payot & Rivages, Paris 2004


La rose est sans pourquoi, elle fleurit
parce qu'elle fleurit,
N'a pour elle-même aucun soin, - ne demande pas :
Suis-je regardée ?

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Trajectoire circulaire des questions à propos de la « présence réelle », physique cette fois-ci : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde », Mt 28-20

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Les déclarations d'acteurs varient entre des discours émotifs lors de remises de prix, des réflexions sur le métier, ou des déclarations formelles sur la politique, le climat ou la transparence. Les acteurs, c’est comme les poissons multicolores qu’on voit au fond d’un aquarium. Parfois, quand on les sort, ils sont tout gris. Sortis du film, dans lequel un scénariste, pas toujours brillant, parle à leur place, ce qu’ils disent est toujours plat, souvent con. Leur métier n’est pas de penser, mais de jouer, grosse différence.


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Donald Le Miraculé


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Frapper l’Iran, c’est dérégler un point névralgique du système mondial. Là-bas, tout est imbriqué : énergie, routes commerciales, dépendances industrielles. Le moindre choc ne reste jamais local : il se propage, immédiatement, comme une onde de contrainte sur une structure déjà tendue. Le monde ne « réagit » pas, il s’interrompt partiellement. À l’inverse, il existe des espaces comme l’Afrique que l’on peut bouleverser sans provoquer d’arrêt global. Non pas parce qu’ils sont secondaires en valeur humaine, mais parce qu’ils ne sont pas intégrés aux circuits vitaux du système. Ils peuvent être renversés, recomposés, absorbés, sans que la machine mondiale ne ralentisse vraiment. C’est là une forme de lucidité brutale : la stabilité du monde ne repose ni sur la justice, ni sur la morale, ni sur la souffrance des peuples. Elle repose sur des dépendances. Et ce qui compte n’est pas ce qui est important… mais ce qui est indispensable au fonctionnement.

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 Le coq vaticinateur et alectryomantic

Sçavoir la vérité. Le paysage médiatico-politique est saturé d’experts géopolitiques, d’analystes géostratégiques, d’universitaires, de blogueurs ou d’analystes indépendants, de planificateurs militaires et politiques pour « atteindre la vérité » et la rapporter, la transformer, l’affaiblir, orienter les débats les plus stupides, favoriser des opinions les plus extrêmes voire créer des paniques sans fondement. Tout en garantissant une liberté d'opinion qui n’a jamais existé puisque tout le système repose sur l’artificialité qui oppose le « récit », l'histoire construite et racontée, à la « réalité réelle », aux faits bruts et à leur matérialité vécue par les citoyens, créant une tension constante entre ce qui se passe et la façon dont on raconte ce qui se passe.




















La consultation de Her Trippa

On regrette la profonde expertise de Her Trippa avec Panurge « pour sçavoir plus amplement la vérité » : par pyromantie, par aëromantie, par hydromantie, par lecanomantie, par catoptromancie, par aleuromantie, par astragalomantie, par tyromantie, par gyromantie, par sternomantie, par libanomantie, par gastromantie, par cephaleonomantie, par ceromantie, par capnomantie, par axinomantie, par onymantie, par tephramantie, par botanomantie, par sycomantie, par ichthyomantie, par chœromantie, par cleromantie, par anthropomantie, par stichomancie sibylline, par onomatomantie …  et, touche géniale, le savant homme nous rappelle que « l'empereur Valens estant en perplexité de sçavoir le nom de son successeur, le coq vaticinateur et alectryomantic » le lui fit « sçavoir », Théodose. Ce mode de divination par le coq égorgé, ou consulté tout autrement, se nommait l’alectryomancie. Nul ne mettra en doute la supériorité des compétences et « sçavoirs » de Peter Hegseth quand il prodigue des conseils à son Panurge-Trump-Machemerde, par rapport aux combinaisons foisonnantes d’un Her Trippa. Qui était astrologue et devin, quand même.


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Journalisme animalier. F. J.-L., un vrai tapin de l’anglo-sionisme le plus virulent, qui se moque des gens ouvertement, en face. Et ils en redemandent, les bougres ! C’est là, tout le charme de cet individu : son « lectorat ». Pour qui se prendra-t-il à ses heures, ce sale journaleux braillard de sa race ? Il a toujours eu la Tribune, les Colonnes, le Crachoir, il passe à la télé, à la radio, ils nous explique le monde, la corruption, la politique, la culture. Il imagine sans doute que, sans lui, nous serions des ânes devant un aquarium. Dans l’ensemble je trouve sa pensé obsessionnelle contre le communisme pas terrible, elle ne va que du canular à la sornette, de la platitude au militantisme néolibéral, cela manque d’efficacité par l’excès, l’arrogance déplacée, le mensonge pur et simple. Un peu à l’image du portrait de l’auteur par lui-même : d’origine modeste, fils d’institutrice et de cordonnier, boursier du franquisme « généreux », antifranquiste de la première heure, soi-disant communiste quand il fallait pas et même maoïste à des heures irrégulières, hyper intellectuel pas comme les autres.
Personnage bagarreur à l’ancienne contre des monstres préfabriqués, grand insulteur, matamore et provocateur, incapable de prononcer deux mots sans traiter d’ignorante ou de conne toute personne lui étant antipathique ou envers laquelle il ressentirait une aversion, un dégoût, une incompatibilité profonde, avec la saine habitude de proférer des insultes, des injures et des propos diffamatoires cherchant la confrontation publique. Mais, hélas : petit de taille, petit d’idées. Préjugé courant, si on veut, qui associe, à tort, bien entendu, la taille physique d'une personne à son intelligence, sa créativité ou l'envergure de ses pensées. Dans ce cas, cependant, pas très loin de la réalité. De droite, bien entendu. On devrait lui élever une grande chapelle ardente pour le faire rôtir dedans avant qu’il clamse, tellement il est nourrissant.


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Pour un Sionistan de gauche. Si les morts pouvaient revivre, surgir de leur tombe sous forme de fantômes, mais avec toute leur conscience de vivants, leur premier mouvement serait de répulsion. Ils s’éloigneraient d’abord de leur propre cadavre, plus ou moins décharné, mais incapable de communiquer encore avec les vivants. Tous les pays hispanophones sont morts, instables, toxiques et inaptes à être des partenaires fiables. Ces pays sont constitués de sociétés façonnées par la notion d'intérêt privé et, généralement, par un état de soumission, de dépendance ou de loyauté, volontaire ou forcée, envers les successives structures impériales qui les ont fait naître : l’empire britannique et Gringoland. Le patriotisme en tant que tel n'existe pas. De l’Argentine, sous la férule sioniste : influence, contrôle, domination, au Mexique, gangrené par le Mossad et la CIA, avec le crime organisé contrôlant des territoires entiers dans certaines régions, les simagrées d’un pouvoir autoproclamé progressiste bénéficiant du soutien public réitéré de la Open Society Foundation (c’est dire !) et presque la moitié du territoire volatilisé au profit des États-Unis, en passant par la Colombie – pas la Grande, celle d’aujourd’hui même – enracinée dans de profondes inégalités, une pauvreté accrue par la pandémie de COVID-19 et la violence persistante, tout le sous-continent semble hypnotisé à jamais par le cobra de l'américanisme. La Russie, la Chine, l'Inde et tous les pays du BRICS doivent savoir qu'au moindre changement, ils seront trahis. L’exemple concret vénézuélien pourrait, en l’occurrence, servir pour établir une règle générale. Le radicalisme révolutionnaire, purement verbal et exhibé jusqu’à l’histrionisme, cachait à peine une bassesse dans la soumission que l’enlèvement du bouffon Maduro par un clan dirigeant de gangsters étatsuniens a démasqué en quelques heures. À des années-lumière de la réponse du peuple iranien, aucun effort ne valait la peine pour la bande de Delcy, D. Cabello et V. Padrino, au-delà de cadres commerciaux garantissant la continuité du régime sous la tutelle des gangsters étatsuniens.
Même Cuba est un pays languissant. La société cubaine est étouffée depuis des années par deux tyrannies : l’américaine et la domestique. Toute l’aide internationale envoyée par les différents pays est revendue presque aussitôt. Cela inclut le pétrole et la nourriture. Le pourcentage qui parvient à la population qui souffre est insignifiant. Cuba ne respecte pas ses obligations commerciales. Le blocus américain leur permet de se soustraire à tout engagement. La société cubaine ne souffre pas du communisme. Elle souffre du blocus yankee et de l’élite cubaine au pouvoir, dont tous les membres, sans exception, se consacrent au vol et au pillage. Tous les pays hispanophones, y compris l’Espagne, bien entendu, répondent au modèle, sans exception. Pour savoir ce qu’est le peuple espagnol, il suffit de savoir que P. Sanchez et sa bande de corrompus occupent le pouvoir sans programme, sans projet, sans ligne directrice doctrinale connue depuis juin 2018. Lorsque la seule « vocation nationale » (?) se concrétise avec la corruption répétée et indéracinable aucun projet vraiment national n’est possible. Ce ramassis de brigands a été béni, lui aussi, de toute sorte de bénédictions dans les lieux célestes de l’Open Society Machin … L'Iran peut dormir sur ses deux oreilles en sachant qu'il a le soutien de ces gens-là ! La « gauche » sociétale socialo-sioniste serait-elle tout autre chose que la droite vendue à l’anglo-sionisme ? Il paraît qu'on tient à nous le faire croire : faut pas confondre hégémonie gentille et méchante hégémonie … Quand des Palestiniens sont brulés vifs à Gaza sous Netanvoyou, c’est, indiscutablement, une honte et un crime contre l’humanité. Exactement pareil à Shimon Peres, champion de la purification ethnique lors de la Nakba et l'un des principaux artisans de la politique de colonisation en Cisjordanie (Ilan Pappé), qui les massacrait à son tour au nom de la paix entre les peuples.


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L'omniprésent billet vert ne tient que grâce à l'hégémonie américaine. Cette hégémonie vient de s’effondrer, et tout s'écroulera avec elle. Qu'est-ce qui soutient le dollar ? Rien. Juste l'illusion d'une Amérique grande, géniale et puissante, ce qu’elle n’est pas. Elle est, en revanche, une championne toutes catégories de la drogue, de la pornographie, de la violence, du matérialisme et de la dégénérescence. Le sinistre D. Trump en est la parfaite incarnation.

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mardi 21 avril 2026

« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur, l’inhumanité de fermeté, et la fourberie, d’esprit. »


Retour de l’hôpital depuis une semaine, avec des hauts et des bas. Les balcons regorgent de guirlandes et de banderoles de soutien à l’équipe de foot Real Sociedad de Saint-Sébastien qui se battait hier contre une équipe de Madrid. La vie est belle tant que l’on croit à quelque chose. À quoi que ce soit, ne fût-ce qu’à la vie. Autrement on sait que tout n’est que fumée. Ça, on le sait. Avant que la souffrance, si subtile, ne se pointe au rendez-vous de votre corps. Quand elle y prend domicile et qu’elle s’y plaît, on lui redonne encore assez de vie pour que notre chair s’y habitue. Et la plus petite ombre de vie suffit à la faire survivre. En vieillissant on apprend à la jauger, à traiter avec elle, sans l’amadouer, elle, fidèle comme une mascotte. Dans ma chambre, la nuit, je regarde autour de moi dans le noir les objets qui ont vécu de nos vies, je sais que quand nous disparaîtrons, ils partiront avec nous, privés du sens qui justifiait leur existence. Ils n’existent que pour nous, avec nous. Nous les avons nourris, comblés d’estime contre le bonheur qu’ils nous ont procuré. Après nous, ils seront plus inertes que d’habitude, loin de l’effort intelligent que motivait la place qu’ils occupent là où ils sont maintenant, quand je les regarde et que je les vois. Cela fait un bail que je me trouve hors d’état de lire, serrant pendant quelques heures les rideaux des ténèbres, de la nuit, qu’on devra tirer sur la comédie du quotidien jusqu’au bout, nus dans l’aurore, à distance de l’Hadès quelquefois entrevu. La nuit finit pour nous de façon irrégulière, par intermittence de deux-trois heures. La lumière revenue, courses en ville le matin, avec sac et chariot lentement. Pharmacie. Il fait beau comme pour exister une éternité sans souci. Je regarde le ciel, imaginant des paysages lointains. Pas de mouvement en vue ces jours-ci, images, donc, superflues.

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Vere tu es Deux absconditus (Is 45,15). Expression barrée par Pascal dans Pensées diverses VI – Fragment n° 1/ 5). Qui écrit sur la divinité écrit en partie pour lui-même. Je n’ai rien à apprendre à qui que ce soit sur Dieu, évidemment. En revanche, je ne perds pas l’occasion d’apprendre quelque chose sur Lui à partir d’autres hommes ou d’autres femmes riches d’une expérience exceptionnelle et d’une plume sans lignes courbes. Certains écrits métaphysiques, ou liés à la religion, sont gênants et d’une lecture irritante par excès de bêtise, inutiles par leur prétention à m’apprendre ce que nulle parole humaine ne peut efficacement expliquer ou prouver et que le cœur seul peut sentir d’une manière secrète et personnelle. Quelques lignes d’un post précédent, du 22 mars dernier (Adoration perpétuelle. Notre Dame de Grâce, Alicante), semaient la perplexité chez un ami lecteur qui n’imaginait pas ma tête occupée à réfléchir sur « la présence réelle » que j’écrivais en majuscule, « la Présence ». Je lui répondais que je n’ai pas du tout abdiqué de la raison. et que ce n’était aucunement pas un faux pas de ma part. J’avais noté il y a un certain temps, en lisant Proust, pour qui la « présence réelle » désigne moins une réalité physique immédiate que l'imagination amoureuse ou une expérience spirituelle intense – provoquée par la mémoire involontaire, comme c’est le cas avec la sacrée madeleine – une remarque philosophique « de raison », à propos précisément de la réalité de la « la présence » après les mots de la consécration (hoc est enim corpus meum) : « La raison, elle-même, admet comme suprême critérium de la vérité le témoignage de nos sens, qui perçoivent à la fois dans les choses la substance et les accidents, différenciés seulement par une distinction logique. Or, après la consécration des espèces eucharistiques, du moment que l'on perçoit les accidents du pain, c'est que la substance persiste et n'est pas changée : la présence réelle de Notre- Seigneur dans l'Eucharistie est donc une impossibilité. » (Louis Rougier, Une faillite : la Scholastique, J.-J. Pauvert éditeur, coll. Libertés, 39).

Néanmoins, encore une fois, nous nous trouvons devant une justesse d'observation vécue par beaucoup de croyants comme décision hâtive, une lecture insuffisante de la situation. Si, forts de notre raison, nous nous accrochons au motif récurrent du « réel », il n’y a pas de distance capable de séparer le fantasme individuel et chaque objet visible et tangible devant nous. Le problème surgit quand le réel matériel résulte décevant pour qui aime explorer loin au-delà ou revisiter le passé, régions dans lesquelles l'être aimé – sans majuscules, pour Proust, avec, pour certains croyants chrétiens – ou les rêves offrent une présence plus vraie et plus profonde, plus proche d'une « transsubstantiation » artistique ou intime que la réalité immédiate. À ce moment précis, ce « Dieu caché » peut se rendre sensible au cœur, avec une évidence tout immédiate. Voilà pourquoi Pascal avait barré l’expression d’Isaïe.

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Platon dans la célèbre allégorie de la caverne (La République, début du Livre VII) met en scène Socrate et l'un de ses disciples : « Imagine, dit le père de la maïeutique, des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, dont l'entrée, ouverte à la lumière, s'étend sur toute la longueur de la façade : ils sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou pris dans des chaines, en sorte qu'ils ne peuvent se déplacer ni voir ailleurs que devant eux, en effet, les liens les empêchent de tourner la tête. La lumière d'un feu allumé au loin sur une hauteur brille derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Le long de cette route, représente-toi un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent entre eux et le public et au-dessus desquelles ils vont voir leurs prestiges. Je vois cela, dit le disciple. Figure-toi maintenant, reprend Socrate, le long de ce petit mur, des hommes porteurs d'ustensiles de toutes sortes, qui dépassent la hauteur du mur, et des figures d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, de toutes les formes. Et naturellement, parmi ces porteurs qui défilent, les uns parlent, les autres ne soufflent mot. Voilà, dit le disciple, un étrange tableau et d'étranges prisonniers ! Ils nous ressemblent, dit Socrate. Et d'abord, dans cette situation, penses-tu qu'ils aient vu d'eux-mêmes ou par les yeux de leurs voisins autre chose que les ombres projetées par le feu sur le fond de la caverne ? Dès lors, s'ils pouvaient converser entre eux, ne crois-tu pas qu'ils s'imagineraient nommer les objets réels eux-mêmes en nommant les ombres qu'ils verraient ? ... ». Ainsi Platon fait-il comprendre que ce que nous croyons être des corps palpables et des objets solides ne sont que fugitives apparences, vouées à la disparition et à la destruction. Mais les principes géométriques, abstraits, qui les engendrent, les organisent et constituent leur structure, s'ils ne sont pas visibles aux yeux de chair n'en sont pas moins immuables et indestructibles. L'homme meurt, mais l'idée de l'homme demeure ; elle est le plan-type d'où les humains sont tirés comme autant de copies. Le royaume des Idées est celui de l'Intelligence universelle, source de toutes choses. En peignant le monde d'ici-bas, l’allégorie platonicienne évoque vraiment, dans la pleine acception étymologique du terme, un « parler autrement » ou « dire autre chose », un autre monde, un au-delà.

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Idées (bien) reçues. Oscar Wilde concernant les USA : « Il faut bien dire que les Américains ont le culte des héros et qu’ils les choisissent toujours parmi les classes criminelles » ; « Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation »

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Tartarin Trump et le Vampire de Tel-Aviv. L’intervention en Iran partait d’un sentiment auto-justificatif : « libérer » le peuple iranien de la « barbarie islamiste », aider les opposants à renverser le régime, empêcher les mollahs d’avoir la bombe nucléaire. Le pignouf Trump, d’une souplesse neuronale toute relative, qui s’était quand même défilé piteusement d’aller combattre au Vietnam en se faisant exempter, c’est un lâche à grande gueule, un maquignon au verbe ordurier, un gangster plus sanglant qu’Al Capone, un menteur pathologique, un esprit confus, versatile et gâteux avec une dimension mégalomaniaque manifeste. C’est éprouvant de l’écouter déblatérer dans le plus grand désordre ses conneries, ses plans foireux à destination de l’univers et de de ses abrutis d’électeurs, qu’il a trompés comme pas possible : après un premier mandat sans guerre interrompu par un Biden complètement sénile, il avait promis d’arrêter toutes les guerres imaginables et pensait pouvoir obtenir un ridicule Prix Nobel déjà considérablement déprécié. Mais il a piteusement fini par magouiller dans les « dossiers Epstein » et par tenir des propos mélange de prédicateur bibliste yankee et de gangster d’Etat. En réalité, l’Histoire des USA atteste d’un comportement criminel inadmissible, prédateur et criminel et son fameux american way of life est un poison mortel pour toutes les civilisations. Un poison insidieux qui dissout les cohésions nationales, sape les modes de vie et ronge de l’intérieur les forces de n’importe quelle nation. Même l’URSS s’est effondrée rongée par la corruption et l’ouverture à la sous-culture yankee. Le vers était dans le fruit et la guerre culturelle, ils s’y connaissent, les Anglo-Américains. Les premiers à savoir que le poisson pourrit par la tête. Pourtant, ils semblaient posséder d’autres atouts pour espérer devenir un exemple pour l’univers entier. À commencer par une certaine démocratie, garantie d’équilibre et de cohérence intérieurs vue la différence d’origines résultant des immigrations diverses dont leur conglomérat étatique procède et, surtout, d’une population soudée autour du bien-être matériel, même si, en termes de justice sociale, c’est sans doute pire qu’en Europe.

Progrès matériel imparable, richesse, démocratie made in USA. Que pourrait-on demander de plus ? Mais il va falloir qu’ils admettent que pour les années à venir, ils vont être dépassés par une Chine travailleuse et disciplinée, déjà supérieure militairement. Ils savent, malgré l’enthousiasme du complexe militaro-industriel avec la guerre contre l’Iran et en Ukraine qu’ils se feront rattraper par l’Inde et talonner par le Brésil sur leur continent, que l’Indonésie pèse de plus en plus sur leur Océan Pacifique etc. En plus de toutes ces considérations, Trump-le-pignouf se fout de commettre des crimes de guerre puisqu’il est sous les ordres de l’entité sioniste, son « Israël », et qu’au fond, ça ne soulèvera que des condamnations verbales dans le monde « civilisé ». Malgré tout, les US prédateurs et semeurs de guerre et de destruction partout dans le monde sont en train de s’effondrer et Trump-le-pignouf réalise qu’il ne pourra pas l’en empêcher. La claque chinoise qu’il s’est prise sur ses droits de douane lui a sans doute laissé des traces. Il passe donc à attaquer la Chine par les bandes pétrolifères. À commencer par le Venezuela, en constatant que personne ne lui dit grand-chose, pas de réaction internationale. Rien. Reste donc l’Iran, avec en prime, l’entité sioniste qui le tient en laisse et le pousse à mordre sans risque. Une entité sioniste en panique démographique et qui voit la Turquie et l’Iran progresser niveau cerveau mais avec des difficultés de politique intérieure, manifestations populaires, attisées comme en Syrie par le trio infernal Mossad, CIA, MI6 …
Sauf que l’Iran, c’est un autre morceau qu’un régime vénézuélien pourri. Et les gros défis géostratégiques que nous avons du mal à aborder. Parce que, franchement, l’idée de déclencher une guerre incontrôlable pour détourner l’attention sur des histoires de partouzes avec de jeunes mannequins, ça ne pèse rien face à une réalité politique qui nous échappe complètement. Trump-le-pignouf aurait dû simplement assurer le niveau de vie américain et le leadership de son « pays » et on lui pardonnera difficilement le genre de choses qu’il a décidé d’entreprendre pour servir « Israël ». Il a déjà été élu deux fois alors que tout le monde sait que c’était un individu louche qui a abusé de son pouvoir et de son argent pour faire ce qui le passait par la tête sans se soucier de rien de plus. A l’âge qu’il a, qu’a-t-il à perdre ? S’il cherchait à marquer l’Histoire en assurant la puissance américaine, il doit déjà savoir que c’est bien trop difficile. Et il n’aura jamais ce prix Nobel de la paix qu’il chérissait après son premier mandat. Quant à l’abominable entité sioniste, si seulement le monde osait la neutraliser, la région s’en porterait mieux, et le monde avec.

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POUR SEMER LA CONFUSION CHEZ L'ENNEMI, COMMENCE PAR SEMER LA CONFUSION DANS TA TÊTE

SI TU N'AS AUCUNE IDÉE DE CE QUE TU BRANLES, LES ENNEMIS ENCORE MOINS

 


« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. » La Bruyère, Les caractères. Boris Johnson déclarait à propos de la déclaration Balfour de 1917, adressée à Lionel Walter Rothschild : « C’est un exemple classique de la vente d’un même chameau à deux acheteurs différents. Aux Palestiniens et au peuple juif. » Elle stipule : « Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, étant entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits de la population palestinienne existante ». Tout le monde se souvient avec émotion de la première moitié de la phrase. Mais la seconde moitié, elle, n’a jamais été mise en œuvre. Le monde ne peut trouver de paix tant que sévira un groupe d’individus se réclamant d’un dieu qui lui accorderait des droits supérieurs sur le reste de l’humanité, lui autorisant la spoliation d’un pays entier et le massacre de sa population et tout ça au nom de versets suprématistes, racistes et haineux écrits de main d’homme, il y a des milliers d’années. Un récit qu’il faudrait croire sans rechigner ni critiquer sous peine de se voir sanctionné par des lois iniques, ostracisé par un système corrompu, stigmatisé par des médias falsificateurs à la solde des bourreaux. « Israël » est un projet criminel d’extension impérialiste favorisé par l’entretien du mythe de la persécution éternelle des juifs, principal alibi de la nécessité d’un foyer juif et du mensonge de « la terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

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Khawaja Muhammad Asif, Ministre pakistanais de la Défense : « Israël est maléfique et constitue une malédiction pour l’humanité. Alors même que des pourparlers de paix sont en cours à Islamabad, un génocide est commis au Liban. Des citoyens innocents sont tués par Israël : d’abord à Gaza, puis en Iran, et maintenant au Liban. L’effusion de sang se poursuit sans relâche. J’espère et prie que ceux qui ont créé cet État cancéreux sur la terre palestinienne, afin de se débarrasser des Juifs européens, brûlent en enfer. » 

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Audiences radio. Toujours très difficile de se ranger totalement à une radio, quelle qu’elle soit. À y bien regarder, elles papotent toutes sur les mêmes sujets de surface. Toutes évoquent l’état profond mais aucun de leurs « journalistes » n’enquête vraiment en profondeur visant à révéler des informations cachées, analyser des faits complexes ou déterminer des origines précises d’une réalité qui nous submerge. L’on me rétorquera que le journalisme est censé analyser les faits d’actualité, ce qui est exact, mais vu que les faits d’actualité sont précuisinés pour tous sous le même régime nutritionnel avant d’être servis, ça fait surtout beaucoup saliver… pour rien ou presque rien. Ces radios n’apprennent presque rien sur la vraie architecture du système politique local voire mondial. S’informer soi-même au plus proche de la réalité des systèmes d’arrière fond est un vrai parcours de combattant. Le net à démultiplié les offres et l’on se retrouve comme dans un hangar de grande distribution où presque la totalité des produits est frelatée. Ce ne serait pas une catastrophe si le doute se répandait sainement dans la plupart des esprits. Et ce serait plus sain. Le doute pourrait provoquer qu’on se pose des questions et qu’on cherche progressivement des réponses.

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lundi 6 avril 2026

Herr, erbarme dich unser ... (Kyrie eleison)

Erbarme dich, mein Gott

Courses, paresseuses, chez Mercadona, centre commercial à deux pas de la frontière. Sous quelques gouttelettes de pluie, on rejoint la grande surface la plus fréquentée de France et de Navarre ce mercredi, premier jour d’avril : gare au poisson ! On accède à la queue leu leu aux caisses où s’agglutinent dans le hall géant les saumons qui remontent le courant pour récupérer leurs voitures, toujours pressés de regagner leur chez soi. Aujourd’hui souffle davantage le vent que les rêves. Un vent intermittent, des averses, du grésil rapide et violent, inattendu, des températures en chute libre. On annule aussitôt notre escapade quotidienne à Hendaye ou vers Fontarabie. La nuit bien avancée, dans le sommeil, on sent toujours son corps, ses défaillances, ses douleurs ignorées ; et le retour de rêves, quelquefois précis, mais le plus souvent absurdes. Cette fois-ci, je voyais flotter la vision imprécise de deux silhouettes, immobilisées sur une route, dans une forêt. Moi avec R. et personne d’autre. Je voudrais bien qu’on nous tienne compagnie la nuit prochaine du 9, surtout à la sortie de R. du bloc après la fatigue préalable de toute la journée, la préparation à la maison, l'arrivée à jeun, douche antiseptique, vérifications diverses, etc. On nous a déjà communiqué que, normalement, il n’y aura pas de transfert en salle de réveil avant le retour en chambre. J’y attendrais, donc, mais j’appréhende un peu de retrouver la normalité après l'hospitalisation, étant donné que mes forces ne sont plus les mêmes qu’autrefois. Je me suis, donc, mis à penser : « Qu'adviendra-t-il ? Comment allons-nous nous arranger ? »
Cette vision toute simple, récurrente ces derniers temps mais nullement anxieuse, s'efface lentement, le sommeil prend le dessus. Rien de ténébreux à l’horizon, puisque ces dernières années tout s’est bien passé. Des souvenirs à soigner, tout simplement, comme des plantes du jardin. Au moment où je me mets à tenter de classer ces images, je me suis à moitié rendormi, bercé par les réminiscences de cet alignement. Nostalgie du sommeil sans rien autour, comme une trace de bave d'escargot, brillante et argentée, ai-je pensé, fragile présence des dernières illusions, une méprise et rien de plus. Flottement des évocations et ensuite le néant, le néant qui laisse s’échapper entre les mains toutes les joies éparses de l’univers perdu. Le matin, je retrouve un vieux livre, acheté chez G. Arragon, que je feuilletais en 2022 chaque martin avant de me rendre à l’hôpital pour accompagner R., avec ce poème dont les sons en « oir » me semblaient féériques, à couper la respiration :


Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

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La politique internationale, c’est le fumier. L’engrais pour l’Histoire future, mais le fumier qui pue. Il y en a plein dans les médias chaque matin. Avec les crimes le plus crapuleux commis par les auto-désignés champions des droits humains et de la démocratie. Une personne qui aurait vraiment le respect de soi-même se devrait de ne plus allumer la télé ni de se trouver sur les sites des médias sociaux, milieux pourris et salissants, une explosion incessante de purin qui ne laisse rien debout. Populaires, car capables de faire avaler les opinions les plus superficielles et de parti pris sur des faits importants à l’échelle planétaire qui, d’universels et nous concernant tous, deviennent banalement quotidiens et potiniers. Mais on a atteint un degré d’infection dans la vie sociale et politique que le mensonge ne passe plus, les citoyens les plus placides commencent à se poser des questions. Tout ce que le citoyen lambda croit savoir de l’histoire des XXe et XXIe siècles est une pure invention. Du moins, une grande partie voire la majeure partie. Tout ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale est un mensonge éhonté. Il n'y a pas de quoi donner confiance dans l’avenir de ce qu’on appelle le genre humain. L'alibi du droit, international ou local, sert à justifier toutes les saloperies qu'on veut infliger aux gens réels. Ce que je connais de l'Histoire est recouvert par des ignominies de toute sorte, mais ce sont surtout les ignominies qui se déroulent dans l'indifférence générale aujourd’hui qui me révoltent. Alors, où tout cela nous mène-t-il ? Comment le sinistre projet, absurde et arbitraire, appelé « État d’Israël », avec son cortège de mensonges, de forfaits, pourra-t-il survivre, après avoir été exposé au regard de tous les êtres humains ? Qui voudrait encore ressentir pour l’entité sioniste une affinité, justifier une entente cordiale, partager des sentiments de joie ou de peine, à moins d’y être contraint ou soudoyé ? Son obsession d’en finir avec le peuple arabe privé de sa mémoire, spolié, dépossédé, exploité par la force, la colonisation et la corruption, son comportement criminel avec l’Iran, ses projets d'avenir avec la Turquie et le Pakistan conduiront inévitablement cette bizarre communauté de colons extraterrestres à sa perte, tôt ou tard. La présence juive en Palestine est immémoriale mais le cancer sioniste et sa prolongation, sa métastase anglo-américaine, finiront par achever ce que cet « État d’Israël » a commencé en 1948 : l’annihilation définitive du peuple palestinien. Fous déments comme ils le sont, cela devrait résoudre pour eux le problème une fois pour toutes. Quant au reste du monde, tout dépendra de qui contrôle le récit.

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Kojève et Fukuyama déliraient sur « la fin de l’Histoire ». Elle est toujours présente, quand l’inimaginable Trump déclare aux journalistes : « Nous quittons l'Iran dans trois semaines et ce qui se passera désormais dans le détroit d'Ormuz ne sera plus notre problème. » Il a ajouté qu’à partir de maintenant, la Chine fera ce qu’elle voudra dans la région du golfe Persique. L’Iran a donc officiellement triomphé, ce que toute personne relativement bien renseignée savait depuis le deuxième jour des hostilités. Mais il n’est pas le seul gagnant. La Chine aura également gagné, et pas seulement parce qu’elle pourra faire ce qu’elle veut, selon Trump lui-même. Mais pour les raisons suivantes aussi : en un mois, les États-Unis se sont aliéné pratiquement tous leurs alliés et se sont retrouvés seuls dans un mariage avec leur pire ennemi : Israël. Les « Israéliens » sont furieux de ce qu’ils interprètent comme un abandon et vont sûrement punir les Étatsuniens d’une manière ou d’une autre. Ils ont déjà perdu toutes leurs bases militaires au Moyen-Orient et, cerise sur le gâteau, ils ont été chassés à coups de pied d’Irak par la même occasion. Trump profère à tour de bras des menaces qu’il ne pourra pas mettre à exécution. Il n’est plus cru par personne maintenant qu’il est démontré que Mao avait raison : l’impérialisme yankee est un tigre de papier. Les États-Unis ont dépensé des milliards dans cette guerre et ne savent pas comment ils paieront l’addition, car ils sont ruinés et hyper-endettés. Le détroit d’Ormuz, ouvert à la libre navigation jusqu’au 28 février dernier, semble désormais sous le contrôle de l’Iran. Seuls le pétrole, le gaz naturel et les engrais que l’Iran souhaite laisser passer sont autorisés à y circuler.
Les Iraniens auront l’arme atomique s’ils le souhaitent et n’auront plus de comptes à rendre à personne. Après la énième fois où ils se sont fait poignarder dans le dos en pleine négociation par les anglo-sionistes, ils ne sont même pas tenus d’autoriser des inspections. La réaction iranienne a mis en évidence la décadence et l’obsolescence de l’appareil militaire de la prétendue première puissance mondiale et réduit en miettes la réputation de l’armée la plus inhumaine au monde : l’abominable tsahal. Imbattable contre des populations civiles désarmées mais très vulnérable face à de vrais combattants. Le pétrodollar s’est effondré et le commerce du pétrole se fera de plus en plus en yuans. Tout cela, et bien plus encore, Trump le Guignol gesticulant l’a accompli en un peu plus d’un mois. Et tout cela pour les beaux yeux des « Israéliens ». Qui, pour finir, ne semblent pas prêts à l’en remercier, étant donné que, comme on le voit, ils se retrouvent le bec dans l’eau, son territoire dévasté, sa réputation d’invulnérabilité détruite et son avenir de « grande puissance » compromis. J’ai lu sur Telegram Web une formule qui m’a fait beaucoup rire, « Trump semble le Gorbatchev des États-Unis ». Le monde occidental devra subir un douloureux exorcisme anti-impérialiste. Nous sommes toujours accros à leur culture décadente et immorale, efficacement inoculée à travers le cinéma, la mode, la musique, l’écologie, l’agroalimentaire ultra-transformé, le matérialisme ostentatoire, l'ultra-sexualisme projeté sur la femme et le mauvais goût. Toute cette néo religion matérialiste et non-humaine va au diable. Mais elle sait comment se débattre par la ruse, par la force, par le mensonge et par l’hypocrisie contre les sentiments de répulsion qu’elle provoque. La brutalité, la cruauté et l’indécence, pratiquées sans repos et sans vergogne contre ses semblables, semblent toujours les qualités exigées à toute personne qui prétend au droit de commander. Les Huns et les Scythes, malgré leur réputation mythique de férocité et de sauvagerie étaient des gens naïfs à côté des politiciens de l’occident moderne, démocrate et progressiste.

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Toutes les bassesses, toutes les stupidités de notre politique actuelle viennent de ce dont « la transition » nous a fait héritiers. D’un antifranquisme hirsute, faisandé, purement politique et culturel, d’un désert idéologique, d'une situation de vide intellectuel caractérisée par l’absence totale de perspectives nouvelles, d'alternatives stimulantes ou d'espaces de réflexion critique face au silence castrateur imposé par les mille et une formes de censure, aux entraves politiques et aux compromis idéologiques propres d’une caste politique qui vit d’arrangements ou de concessions inexplicables entre différentes «  sensibilités politiques » sans parvenir à une vraie collaboration ou à une majorité stable capable de gouverner. Caste caractérisée, dans le camp « socialiste », par un renoncement systématique aux convictions initiales promises aux électeurs. Ils sont arrivés au pouvoir sur des marges de suffrage très limitées, mais drapés d’un discours au semblant convaincant qui promettait une lutte sans merci contre la corruption de la droite et promettait affronter et colmater les déchirures dont souffrait la société civile, particulièrement en Catalogne. Quelque temps après, le pays tout entier assistait stupéfait au spectacle de l’avidité, du cynisme et de la prédation, sans masques, de ces mêmes politiciens, de cette caste politique dérangée par la moindre critique qui mettrait en évidence son opportunisme politique, l’abandon des valeurs idéologiques qu’elle affirmait défendre et son confort égoïste, cynique, insultant. Le découragement généralisé, à peine atténué par les prises de position de P. Sanchez contre l’immondice anglo-sioniste sur le plan international, a favorisé sans doute les mauvais résultats électoraux des trois régions autonomes qui ont récemment voté. Quant au futur proche, il en ressort un découragement inévitable devant l’opportunisme de nos « élites politiques », toujours prêtes à tout pour conserver leur statut, au mépris des principes éthiques, des aspirations à l’amélioration et au vrai changement social. C’est pourquoi les critiques qu’on écoute, qu’on lit, qu’on exprime quand on le peut visent principalement les partis politiques, et en particulier le parti socialiste, dont la direction, gouvernée d’une main de fer par son secrétaire général et chef du gouvernement, n’a qu’un seul objectif : s’assurer efficacement la survie au pouvoir et son monopole, conservant la direction des affaires publiques sans concurrence. Pour la « légende dorée » du sanchisme, le président n’a aucune responsabilité dans son déclin, faisant abstraction de sa compétence invétérée dans la magouille et de son aventurisme manifeste, dont huit ans au pouvoir fournissent de nombreuses preuves irréfutables. Tout le monde autour de lui semble mauvais ou stupide, et lui seul bon et intelligent ; lui a raison et les autres tort. La responsabilité de son impopularité incombe aux électeurs, qui lui ont tourné le dos. Également responsables de la faillite de son cercle intime, les médias de la ploutocratie qui complotent contre lui. On ignore, pour le moment, s’il existe éventuellement des vecteurs de dissidence, d’éveil intellectuel et de projet politique alternatif dans la morosité sanchiste.


Entre « 
Meilleurs copains » l'amitié dure longtemps ?

Ceux qui pouvaient ou auraient dû se présenter en tant que tels n’en sont pas pour autant plus intègres : on ne voit rien au-delà de la vieille droite cannibale, ignare et soumise au sionisme jusqu’à la caricature, et qui a longtemps profité de la fête du pouvoir, pour souhaiter revenir au temps où elle était crue sur parole. Les électeurs peuvent se tromper et s’enfoncer dans l’erreur puisque les bienfaits du bonheur qu’on leur promet à chaque fois, c’est toujours pour demain ! À une époque ignoble comme la nôtre, des infirmités physiques insupportables semblent moins tragiques que la misère morale, la lâcheté ou la complicité avec les bourreaux, soient-ils « israéliens », américains ou européens. La réaction des citoyens, des électeurs ou des regardeurs de loin, est complètement contrôlée. Elle ne se situe pas du tout au même niveau que celle, incontrôlée, des gens qui subissent, et bien fou serait celui qui en tiendrait compte pour les désapprouver ou les critiquer. Ce sont des fanatiques obscurantistes qui se singularisent dans un monde uniformisé, standardisé, soumis à l’empire epsteinien et cela ne se discute plus. Qu’est-ce que la singularité dans un univers occidental moutonnier ? Ne surtout pas rejoindre les autres qui gueulent et gesticulent quand ils font semblant de croire à quelque chose et ne font que beugler. Où les modalités de « dialogue » à l’occidentale auxquelles se livre le peuple souverain (?) réduisent la parole à sa dimension grotesque : le mensonge doit être pris par la vérité et l’adhésion à des lieux communs insignifiants, multipliés par les écrans, doit justifier les pires abus ; les avis de « spécialistes » en n’importe quoi, mais gonflés de séduction, se croisent les uns les autres dans une valse de fioritures ou de lieux communs, selon les besoins rhétoriques de chaque moment, se voulant par décret « objectifs » puisque « prestigieux », « solides » puisque soutenus par des milliers voire des millions de followers, en dépit de toute contextualisation, de toute contestation, d’une forme quelconque d’argument bien construit. On va bien tous vers quelque chose, oui, mais pas nécessairement vers le quelque chose qu’on a inculqué, depuis des générations, à ceux que Nietzsche appelle « le troupeau ». Aller aveuglement vers le troupeau est toujours une impasse.

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Opération Epyc Furie d'un berger iranien contre l'armée aérienne de la coalition Epstein 

résumée en une image :