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lundi 3 août 2026

« Ne gâche pas ta carrière de raté pour un succès de merde. »


« Ne gâche pas ta carrière de raté pour un succès de merde. » Javier Ortiz

« Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore. Ou mieux plus mal. Rater plus mal encore. Encore plus mal encore. Jusqu’à être dégoûté pour de bon. » 

Samuel Beckett, Cap au pire


« Écrire, et plus encore écrire en français, semble être la projection de l’échec absolu de soi-même. » 

Dominique De Roux, La mort de L.-F Céline 

Ces nuages silencieux que personne ne regarde. La véritable question ne porte pas sur ce qu’un service secret ou un groupe quelconque a pu espionner chez P.S., ce grotesque individu, après avoir piraté son téléphone portable avec le fameux spyware Pegasus, mais sur les informations dont il dispose concernant un très grand nombre de personnes haut-placées, y compris au sein de son propre parti, grâce aux caméras d’espionnage installées dans les maisons closes du père de sa femme. C’est là que réside essentiellement la source de son immunité et l’explication de la survie de son gouvernement de bras cassés. Son bilan, ce n’est pas de l’impréparation. La mission des parasites incompétents et corrompus de cette administration tient, à mon sens, en deux points : d’abord, mener une belle vie, imméritée, que les – très – modestes talents dont ils font preuve interdiraient à presque la totalité de ses membres dans un monde normal ; ensuite, dévaliser tout ce qui reste de ce pays, au profit d’eux-mêmes et de leurs marionnettistes, quelles que soient les obscures raisons de l’utopie technique délirante de leurs maîtres de Davos et d’ailleurs. Pour le reste, c’est la politique du chien empoisonné, abandonné dans une eau stagnante et croupie. Et comme une partie considérable de la population n’y voit aucune objection, ces gens-là auraient tort de s’interdire toutes les saloperies et dingueries qui les confortent dans l’idée qu’ils sont la démocratie assiégée, la digue inébranlable contre « la droite », « l’extrême droite » et le dérèglement climatique.

Bilan pré-vacances : humiliation sans broncher à Ankara, des incendies sauvages, l’invasion de la frontière marocaine par les foules envoyées directement par leur « ami » Mohammed VI, le milliardaire corrompu guignol du Mossad et de la CIA … Ils s’en foutent « royalement » ! Vaine tentative, donc, manquant d’une indispensable boussole, pour toute personne qui chercherait à y voir clair dans un brouillard idéologique et politique de plus en plus épais. Lutter contre la désinformation ! Si l'information ne vient pas des médias qui appartiennent au gouvernement, elle est probablement fausse. Voilà tout, c’est facile à comprendre. Allez, partez en vacances, rompez, circulez, il n’y a rien à voir ! Il faut aussi ne pas être beaucoup sorti de chez soi pendant le dernier demi-siècle pour considérer encore la social-démocratie et le sanchisme, qui s’en réclame, comme une pensée neuve et dangereuse pour « les riches », « les possédants », « les classes dominantes » alors que cette salade idéologique est, depuis sa naissance, un lieu commun de l’impérialisme anglo-américain et du sionisme, seriné à tout bout de champ, avec tous les moyens, toutes les ressources et plateformes imaginables, du cinéma à la presse people,  de l’université à la crèche. Il me paraît difficile de croire que le groupe de 61 « journalistes » laquais du gouvernement ne s’en soient pas rendu compte. C’est pourquoi je pense qu’il ne s’agit de leur part que d’un comportement purement rhétorique, contre espèces sonnantes et trébuchantes, visant tout simplement à orner des rutilants atours intellectuels la vieille, puante et corrompue, idéologie capitaliste de gauche, ce fameux « capitalisme de partage » (surtout entre eux !).

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Après le démantèlement de la Russie et le pillage systématique de ses ressources, ce sera au tour de l’Iran, de la Turquie, du Pakistan et même de la Chine, qui sait …


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Face à moi, au nord, de beaux nuages gris pâle de plusieurs épaisseurs en forme de masses de coton, effrangés de blanc par le soleil au-dessus. Au-dessous, du bleu timide qui se laisse voir par moments. Parti à jamais le beau soleil d’Alicante ! Il est bien là-haut, le soleil, ce matin, en train de se lever, tout á fait propre et aoûtien par contraste avec le piteux état de la végétation et des pelouses, récemment tondues mais desséchées et jaunies suppliant un peu de pluie. Tout semble paisible et en silence dans le quartier. Les gens sont partis. Pratiquement pas de voitures et déjà loin, oubliés, semble-t-il, les problèmes d’années précédentes à cause de l’accès au réseau autoroutier français, récemment coupé à cause des incendies, mais pas à cause de la station de péage de Biriatou, pour une fois. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, autrement : ne parler qu’au silence, à la fraîcheur du jardin et encore, car silence total impossible par l’attention constante portée à l’écoute des dialogues intérieurs, des vieux ressassements qui depuis l’enfance occupent ma tête comme un essaim de drones.

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Fixation des feux. Le feu est un ennemi invincible, infatigable, immortel, que l’on peut toutefois tenir en respect et faire reculer, temporairement. L’Espagne calcinée. Une fois de plus. Nouvelles alarmantes de Bordeaux des médias mainstream. Fort heureusement, le désagrément s’est borné à des odeurs désagréables et à la fumée provoquée par les feux prochains. Pour ceux qui sont confrontés directement aux flammes ou aux évacuations, c'est une autre paire de manches. Tristes aussi, que cette région voisine et qui nous est familière soit en feu, tout pareil de chez nous. Les incendies, côté espagnol, continuent à y faire rage illustrant qu’on n’apprend pratiquement rien des catastrophes précédentes.

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On m’a appris la semaine dernière la mort de J. Gil Diez-Conde, que j’avais connu à l’époque où nous étions à la Fac de Philosophie, il y a une cinquantaine d’années, sans avoir, depuis cette époque si reculée, cessé le contact. Il faisait partie de la mouvance plus ou moins maoïste dans l’agitation des années 80. Après le concours de 1979 on a été nommés au lycée d’Irun où on a été collègues de longues années. Il s’y occupait principalement, avec ténacité et vraie vocation, de l’animation d’un groupe de théâtre, Katamitus, créé par lui. C’était un homme de convictions où transparaissait un tempérament remuant. Je me souviens d’avoir discuté avec lui à cause du vrai socialisme, à l’époque où nous prenions encore cette religion au sérieux et, plus amplement, de littérature et de langue (basque). Nous nous sommes rapprochés au moment où j’ai été chef d’établissement et reçu son soutien à chaque initiative de notre équipe. Sa femme, Ch., a failli être mon élève à la Fac de lettres de Gasteiz mais elle a dû changer d’avis au dernier instant et je ne l’ai pratiquement jamais revue. Je savais qu’il était très lié à José-Luis Cancho, un autre maillon d’une chaîne de connaissances perdue dans le brouillard des quotidiens distants. Selon les thèses de Von Hayek, Popper ou Friedman, l'utopie communiste était à la fois une erreur, un échec et un crime. Ils ont crevés, ces génies-là, sans connaître la revanche géopolitique, historique, de la Chine, s'articulant principalement autour du développement technologique, de la puissance militaire et du contrôle des chaînes d'approvisionnement mondiales. Je pense à des tas de choses de cette eau-là, j’ai soixante-douze ans et tout l’essaim de mes juvéniles espérances s’est envolé. Je me suis, donc, considérablement trompé sur le passé mais je pourrais difficilement m’abuser sur le sort qui nous attend : l’isolement progressif au fil des temps à venir, la rumination mentale, la nostalgie réveillée grâce à des pensées qui relient notre quotidien aux souvenirs de jeunesse, la disparition progressive de gens qu’on a connus : une lente course en direction du désert. A-t-on encore devant soi quelques années, quelques mois ou quelques heures seulement ? Un affaiblissement graduel, une fin de vie progressive, marquée par la maladie, ou un renversement accélérée ? Comment supportera-t-on les inévitables temps difficiles et comment les vivra-t-on ? On essaiera, en dépit de tant d'incertitudes, de faire sur scène en sorte que notre numéro se termine avec calme et dignité ... 

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Ils sont de retour ? Ils n'étaient jamais partis ! Au Pays Basque (Bilbao) et en Navarre espagnole (Berriozar, dont le maire a condamné les "violences"), certaines localités sont en tête du martèlement médiatique, semblant décidément être des lieux privilégiés pour l'expression sociale de la poésie et de l'humanisme de la part de nos amis patriotes basques radicaux, de vrais socialistes nationaux puisque les nationaux-socialistes, c’est des fachos, et c’est pas bien, faut pas confondre. Des soutiens « patriotes » (abertzaleak), solides, à fond, sans fissures, à Madrid, de la constellation de bandes mafieuses du sanchisme proliférant qui prétend gouverner. Le Système et ses laquais sentant que la construction de leur monde va échouer tentent le chaos contrôlé à travers la peur – tous contre tous – avec les bêtes sauvages déchaînées comme seuls recours, en oubliant que le propre du chaos est de n'être pas contrôlable. On en vient à espérer que la famille suprémaciste crève dans son coin, qu’elle éclate comme un bouton de fièvre. On n’a plus guère envie de discutailler avec cette engeance-là, tant on sait que c’est vain après tant d’années d’ergotages inutiles. La simplification gagne à tous les coups, dans ce genre de discussions. Cette question est un trou noir dans lequel on tombe dès qu’on essaie d’en parler calmement, sans sacrifier la complexité. C’est, à force de temps, comme un aspirateur à poncifs. C’est une société folle et insupportable que ces affaires à répétition (agressions, hommages à des assassins, intimidations en tout genre) nous révèlent, en tout cas. Et, à ce qu’il paraît, on n’a rien vu encore, car les intentions de vote les donnent gagnants aux prochaines élections. Omniprésents toujours sur les réseaux sociaux, ce repère favori des cinglés de toute espèce. Finkielkraut a bien raison de dire qu’ils sont la poubelle du monde. Et ce pays est devenu un claque-merde puant où chacun épie son voisin par les persiennes numériques pour sonner l’hallali « pour que la bête espagnole ne relève pas la tête ». On a encore revu ça pendant la coupe du monde, la rage déchaînée contre des gamins exhibant le tee-shirt de la sélection espagnole. C’était terrifiant. « Il y a encore dix ans, t’avais trois balles dans la tête ! » lâchait un brave hominidé à un de ces gosses après le lui avoir arraché avec férocité. Pas de réaction, ah, ça, non ! Le gouvernement a beau jeu, avec de pareils citoyens, qui vont eux-mêmes quémander toutes les muselières existantes, implorer toute l’impunité qu’on veuille imaginer, pour se donner l’idée qu’on est sorti vainqueurs de la lutte contre l’ETA et ses fidèles sbires toujours actifs. Absorbé par ces idées qui me donnent le tournis, j’ai failli ignorer une surprise de taille qui m’avait fait sourire sur place. Dans le comptoir 100 Montaditos, j’ai face à moi un garçon serveur à cheveux gominés, tatoué partout où on peut regarder, aux yeux et à la bouche maquillés, aux longs ongles vernis et à l’épaule dénudée. Manifestement, ma gueule de vieux ringard ne lui fait aucun effet.

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Puta España. La mouvance nationaliste n’aurait pas trop à se plaindre de la société espagnole, dans laquelle dès l’époque de l’après-guerre elle fut bénéficiaire d’aides et d’investissements variés avant de mener une trajectoire de fusée se détachant de l’ensemble espagnol si honni. Malgré quoi, la réaction de toute la mouvance nationaliste, y compris les secteurs « Dieu et vieilles lois » fut d’une extrême virulence, après la disparition de Franco. Il était parfaitement légitime, surtout à l’époque, de protester contre les méfaits ou les rudesses du régime prêt à disparaître, cela n’autorisait pas à raconter n’importe quoi. Le nationalisme indépendantiste présente toujours une vision manichéenne où tout est soit noir soit blanc, sans nuance. Pour lui, l’appartenance à une même nation est une chimère sans aucun aspect positif, il refuse de considérer, ou juge négligeables, les « privilèges » fiscaux, propres d’une société d’Ancien Régime, l’équipement du pays en toute sorte d’infrastructures, etc. Il mêle, en un tout diabolique, le reste du territoire avec la langue commune, qu’il assimile à Franco, pour idéaliser l’indigène, ou l’assimilé, résumé admirable de perfection citoyenne. Il ne tient pas compte visiblement des aspects fâcheux (les sacrifices humains les plus lâches, lors de la « lutte armée » mafieuse, en une seule direction, contre des gens sans armes, à la différence de l’Irlande où il y avait deux groupes armés se faisant face, le rackett patriotique, l’enlèvement contre rançon pour financer « la cause », les vendettas sans fin contre les proches des victimes, la profanation systématique des tombes et des lieux commémoratifs, etc) ou ne veut rien en savoir. Il est toujours avantageux de prendre la pose en lançant des anathèmes, plutôt que d’étudier sérieuse et loyalement les problèmes que créent inévitablement les contacts entre régions au développement inégal. Une grande part de l’argumentation, côté « souverainiste », consiste à présenter des poncifs racistes, méprisants ou condescendants, destinés à prouver la malveillance fondamentale de l’espagnol. Il en existe aussi de positifs et bienveillants, mais ils ne font pas le poids d'un équilibre impossible. Cette médiocre marchandise qui se veut discours politique ne vaut même pas ce qu’elle coûte. Elle s’en vend paraît-il très bien lors des campagnes électorales. Ce succès tient plus, je pense, à la mentalité moutonnière d’une petite société fanatisée qu’à l’intérêt, l’originalité ou la portée pratique d’un discours véhiculant une pensée politique fondée sur une quelconque forme de réel. Sur une question aussi difficile que celle de « la souveraineté », par exemple, il est toujours décevant de lire de telles balourdises. C’est encore un numéro contre la tyrannie étatique et marchande, de capitalisme-patriarcal-qui-explique-tout et de socialisme-qui-résout-tout. Le tout imbibé d’un wokisme épais, qui sans cesse le porte à faire cas des plus accablantes sottises : la République anale basque, que sais-je encore … Que l’on transporte les crétins où l’on voudra, ils pataugeront dans la sottise, ils mettront partout l’ânerie et le bruit. Au moins, le Président Ibarretxe, s’y connaissait un peu en préhistoire : il nous expliquait que jadis, il y a au moins sept mille ans, les Basques déjà un brin supérieurs, ont vécu dans un état paradisiaque, avant que ces salauds d’Espagnols (et de Français !) ne viennent les corrompre, ce qui est très méchant.

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