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jeudi 23 septembre 2021

Automne encore : port du masque obligatoire !

Il faut reconnaitre que Marx (Groucho) était visionnaire, son livre Mémoires d’un amant lamentable débute ainsi : « Jusqu'à l'âge de quatre ans, j'étais incapable de constater la différence entre les sexes. J'allais écrire « les deux sexes » mais de nos jours il existe tellement de variations que si vous dites « les deux sexes » vos amis sont en droit de vous considérer comme un anachronisme vivant et de se demander au fond de quelle caverne vous avez résidé pendant les trois dernières décennies. » Peu importe, en réalité, l’auteur du paragraphe, l’effondrement ne concerne pas que nous, et c’est quand même ce qui importe. L’avenir est à l’universelle extinction des lumières de l’esprit, peut-être même aussi, mais beaucoup plus tard, pour le monde musulman. Ce sera une si grande perte, face à la beauté écologique des horizons vastes et vierges du nouvel âge de Néandertal que ne troublera aucune pensée intelligente ? Image à la Kubrik que celle des sociétés pas si futures que ça, puisque presque déjà là, sous les symboles du yuan, maonnaie chinoise, du dollar et des éoliennes géantes fabriquées avec des déchets pour implorer la manne périodique de la déesse Commission de Bruxelles dispensatrice d’argent magique et vert pris aux méchants contribuables de l’hétéropatriarcat hélas disparu. L’avenir de la classe moyenne, c’est l’alien, passager clandestin ayant pris le contrôle du navire avec l’aide des officiers.

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Work in Progess : lecture (interrompue) de la correspondance Jünger-Schmitt

Ébauche de Céline. Et puis j'ai vu Céline, qui m'a paru sorte de saurien, de bête des cavernes. Il y a un genre d'homme qui gravit le chemin de l'intellect et le sentier tortueux des sciences pour atteindre une plate-forme d'où l'on peut tirer sur de grandes masses d'humains. Ils rejettent alors derrière eux leur armature intellectuelle comme des crampons d'escalade, et l'on se rend compte qu'ils sont tissus d'une étoffe infiniment primate, indécrottable. C'est le serpent qui se mord la queue.(Ernest Jünger)

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Paris vu autrement que le classique cliché gaullien (" Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Paris libéré par lui-même ! ").

Ma femme vient de m'écrire qu'entre-temps vous n'êtes pas venu non plus. J'espère donc vous voir d'abord à Paris, où j'ai passé récemment quelques heures agréables en compagnie de Ziegler. Avant-hier j'ai parlé au Dr Epting, directeur de l'Institut allemand, qui m'a dit nourrir depuis longtemps le désir de vous y voir. Peut-être vous a-t-il écrit dans l'intervalle. Il vit encore à Paris, malgré tout, quelque chose d'une substance indestructible, beaucoup, dans les hommes et les choses, ressort ces jours et ces semaines-ci dans une beauté plus lourde de sens encore, presque douloureusement. C'est la seule ville avec laquelle j'aie une relation telle qu'on en a avec une femme. Elle s'est préservée à la façon féminine, en n'opposant aucune résistance. Quel bonheur qu'elle ait renoncé à la gloire de Varsovie. J'en parlais récemment avec le colonel Speidel, lorsqu'en montant à Montmartre il me désignait les endroits qu'il avait repérés pour un bombardement dans son plan d’attaque. (E. Jünger)

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Légende serbe. J'ai entendu avant-hier Andrič, l'ambassadeur de Yougoslavie dont je vous ai déjà parlé, narrer l'épisode suivant de la légende populaire serbe. Je vous en fais part tout de suite, car il y a un serpent dans l'histoire. Marko Kraljevič, le héros de la légende populaire serbe, rencontra à l'aurore un héros turc. Ils combattirent depuis le petit matin jusque vers le soir, couverts tous deux d'écume et de sang. Enfin Marko Kraljevič parvint à occire le Turc et à lui ouvrir la poitrine. C'est alors qu'il vit que le Turc avait deux cœurs. Sur le deuxième coeur, il y avait un serpent qui dit à Marko Kraljevič: «Tu peux te dire chanceux de tout votre duel je n'aie pas ouvert un œil. » Et Marko que Kraljević s'écria: « Malheur à moi, ô Dieu du ciel, j'ai vaincu un héros qui était plus fort que moi-même. » (E. Jünger)

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La perte douloureuse du mari d'une ex-collègue très chère me remet en contact avec un microcosme de plus en plus éloigné.  « On » me met au courant de vieux micmacs de mon ex-faculté de lettres. C’est le jour de la marmotte. Ça ne change pas. Mater quelqu'un, à la manière classique d’un supérieur mal intentionné avec un subalterne, pour mieux l’humilier, pour le détruire. Je n’en finirai pas de m’étonner du monde fonctionnaire prétendu « supérieur ». Comment dire cela ? Je l’admire et il m’agace ; j’admire le dévouement sans borne et la conscience professionnelle de certains ; la vision décalée du monde d’autres, resté dans les années d’un passé soi-disant brillant mais mafieux à cent pour cent, me surprend et m’agace. Je ne suis pas mi-admiratif, mi-agacé, mais cent pour cent admiratif et cent pour cent agacé. Je parle ici des niveaux 29-27 ayant entre cinquante et soixante-dix ans. Leur façon indienne de considérer le monde, en castes et sous-castes : traitant presque d’égal à égal avec d’autres 29-27, selon les cas, saluant condescendants les 26 qui font ce qu’ils peuvent pour être vus par les non-initiés comme des 29, et ainsi de suite. Tout le temps. Bien évidemment tout non-fonctionnaire, parce qu’il faut bien qu’il y en ait, est transparent et les regards du personnel PAS (littéralement : « personnel administratif des services », correspondant aux IATOS français avec des nuances d’application) existent ou s’effaçent du regard selon les catégories, les échelles et les fonctions… Je pense à mes jeunes amis enseignants-chercheurs francophones du groupe de travail Atelier-CLES qui préparaient leurs concours et cela me fait frémir. En leur souhaitant, bien entendu, bonne chance et bonne route.

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lundi 20 septembre 2021

Les sanglots longs des violons de l'automne ... etc.

Quelles rivalités de gangsters sous l’abdication forcée du mec à la queue de cheval expert en tout domaine ? Passer en un tournemain de cause d'insomnie à proche collaborateur n'est pas donné à tout le monde ! Et de là, hop, sous la trappe de l'oubli ... ! Mystère.

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Quand malgré l’état scandaleux du prix de l’énergie électrique la gauchiasse à bombinettes verbales et les syndicats pourris-subventionnés dégagent de la place publique et ne veulent pas de remous ni conflit, cela révèle un réel et profond malaise. Les médias sous contrôle de l’oligarchie se contentent de fabriquer des idiots et des idiots utiles pour déclencher la meute contre des conneries, et force est de constater, n’en déplaise aux braves ministres de Podemos puisqu’ils sont coresponsables que cela, hélas, est très efficace. Pauvre pays ! Des curés du clavier de la mouvance sanchiste, cette bouse (Escolar & cie), ces moulins à vent jamais frottés aux vrais problèmes, répandent leur fiel contre toute forme d’expression raisonnable, en compagnie des trolls bas de gamme de l’infect Podemos qui n’ont jamais fait ni réussi de leur vie quoi que ce soit, en aboyant comme des toutous enragés contre un passé inoffensif (Franco, des machins vétustes, des trucs truculents …) vu comme une menace pour leurs sinécures actuelles de petits bourgeois insignifiants. Tout cela montre une fois de plus que toute cette lutte contre « le fascisme » ou contre « le patriarcat » ou contre « le machisme », ce ne sont que de gigantesques farces, ou comme l’admettait Zapatero à l’époque, en présence de cette autre burne abrutie d’Iñaki Gabilondo, « du théâtre », des formules pour faire monter la pression (sic), terreau de prédilection des organisations féministes, droits-de-l'hommistes, LGBTistes, etc. ainsi que de l'écologie politique en provenance des USA, espace impérial obsédé par la Chine sans y pouvoir surprendre une infime ébauche d’un tout début de réflexion rudimentaire : c’est comme ça, c’est l’Empire qui le veut ainsi et se veut tel. Pour très longtemps ? 

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Chère I. S. L., quelle est la place de l’hyperbole dans l’œuvre de Céline ? Ses lecteurs savent bien ce que c’est… Que ce soient les colères homériques d’Auguste, dans Mort à Crédit, les vomis fantastiques des passagers lors de la traversée pour l’Angleterre, ou le bombardement de Montmartre dans Féerie pour une autre fois, Céline dépasse n’importe quel prédécesseur. Pour comparer, si on relit l’Iliade et sa longue colère d’Achille à la colère d’Auguste, c’est encore bien mieux allongé. Cela n’est pas sans rappeler le Journal de Léon Bloy : « Dans l’Absolu, il ne peut y avoir d’exagération et, dans l’Art qui est la recherche de l’Absolu, il n’y en a pas davantage… » Pour dire quelque chose de valable, aussi bien que pour donner l’impression du Beau, il est indispensable de paraître exagérer, c’est-à-dire de porter son regard au-delà de l’objet et, alors, c’est l’exactitude même sans aucune exagération, ce qu’on peut vérifier dans les Prophètes qui furent tous accusés d’exagérer. » Ailleurs, il écrira : « On ne voit bien le mal de ce monde qu’à condition de l’exagérer. » Au fond, à bien y réfléchir, il est normal que l’Art exagère, puisque les hominiens ne sont rien qu’insensibles brutes épaisses. 



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Des textes et des messages écrits partout dans un français calamiteux, surtout sur les chaînes télé, me font regretter les cours d’autrefois où l’orthographe, bien au-delà d'autres rigueurs théoriques, était considérée à la base comme une forme de respect…




mercredi 8 septembre 2021

Alger, Saïgon, Kaboul ... Et le compteur tourne !

 On est proche de se trouver dans l’humeur de Scipion sur les ruine de Carthage. L’historien grec Polybe rapporte que c’était la ruine des grands empires antiques et cela exprimait la crainte que Rome soit elle-même anéantie quelque jour. Il aurait alors cité des passages de l’Iliade (IV, 148 sq. et VI, 464 sq.) qui prophétisaient la fin de Troie : « Viendra le jour… »

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Une fois de plus, les Amerloques prennent la poudre d’escampette, ils quittent Kaboul, ils s'échappent en abandonnant sur place leurs alliés de toute sorte après une autre guerre perdue. A Alger, en 1962, le gouvernement de l’homme providentiel à gros pif (« Je vous ai compris ! ») avait fait pareil refusant à l’armée de défendre une partie de son territoire dans une guerre qu’elle avait gagnée et par crainte que son régime tout neuf ne soit déstabilisé et que la France s'islamise si elle continuait sa présence au sud de la Méditerranée. On peut difficilement admettre que le petit géant de Colombey avait raison ou qu'il avait une grande vision d'avenir, vu la situation d’aujourd’hui même. A Saïgon, les Américains, après avoir créé une administration des plus corrompues qu’il nous ait été donné de connaître et une armée de mercenaires armés jusqu'aux dents, ont vu comment les guérilleros de Ho Chi Minh ont dévoré en quelques jours le Sud Vietnam face à une armée faite à l'image et ressemblance du modèle yankee. Ce qui se passe ces jours-ci à Kaboul rappelle à la fois les épisodes de 1962 et de 1975. Maintenant, laissés à côté cris, pleurs et lamentations, une variante de l'islamisme – moins bien armée, moins bien formée et moins bien financée que d’autres riches en pétrole – vient de vaincre à plate couture les États-Unis, et ses créatures de l’OTAN. Les talibans ont su attendre et sont toujours prêts à donner leur vie pour des causes considérées chez nous ringardes : celle de leur terre et celle de leur Dieu. Les Occidentaux sont bien incapables de comprendre tout ça. Si la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, les talibans se sont comportés en dignes disciples de Clausewitz. Tout le monde sentait que lorsque les Yankees se lasseraient de dépenser de l'argent en Afghanistan, ils iraient ailleurs – la Chine et la Russie menacent leur domination planétaire – avec leur technologie, leurs bombes, leurs milices privées. Ils ont toujours fait de même. Que foutait tout ce beau monde en Afghanistan ? Ils y étaient aussi étrangers et envahisseurs que l'avaient été les Soviétiques ou les Anglais. Anglais et Russes se battaient sans drones et sans les merveilles de la technologie d’aujourd’hui. Si l'empire britannique et la non moins impériale URSS avaient été battus, quel résultait pouvait attendre l'Amérique décadente, corrompue, avec sa panoplie humanitaire, ses ONGs à la con, ses droits de l'homme sur mesure, son armée de genre, homomatriarcale, transsexuelle et féministe ? La popularité des talibans auprès de la majorité de la population est un fait, tout comme les Vietcong l'étaient chez les Sud-Vietnamiens. Une armée ne contrôle pas facilement un pays sans un soutien massif de la population et si les Afghans veulent de la charia et du Coran partout chez eux, grand bien leur fasse. Nos sociétés de robots, de culture de la mort, de déracinement et d'extinction nationale sont-elles meilleures ? Après l'étalage d'impuissance et d'imbécillité fait par les Etats-Unis, comment s’étonner qu’ils soient désormais considérés les pires alliés au monde ? Le Shah d'Iran, ou Saddam Hussein, par exemple, en savent quelque chose. Nos « amis », selon le dogme hollywoodien de ces quatre-vingts dernières années, qui veut toujours faire des Américains nos protecteurs à vie, n’étaient qu’un leurre et la défaite de l’automate-président Biden confirme que le mondialisme peut être vaincu par les armes. « En même temps », il est ahurissant de voir comment les mêmes qui encouragent l'islamisation et l'africanisation de l'Europe se lamentent sur l'entrée des talibans à Kaboul.

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« Soir. Après une journée passée à relire, par-ci, par-là, un peu de Joseph de Maistre, je m'offre une grosse émotion en lisant dans Libé un fait divers parfait, LE fait divers, la métaphore absolue, la cellule-mère explicative de toute la décennie. Enfin ! Ça s'est passé, paraît-il, en août dernier, dans un train anglais. Un type et une fille commencent par baiser tranquillement devant les autres voyageurs. Ceux-ci ne disent rien, ne protestent pas. L'étreinte se termine. Et les deux amants allument une cigarette. Là, brusquement, c'est la fureur unanime. L'outrage ! Le scandale ! Compartiment no smoking ! Qu'ils se soient enfilés, d'accord ; mais qu'ensuite ils jouissent de se nicotiniser, alors là c'est pas possible ! Les autres passagers vont chercher le contrôleur. Et celui-ci verbalise. » 

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« Un des enjeux centraux des rivalités littéraires est le monopole de la légitimité littéraire, c'est-à-dire, entre autres choses, le monopole du pouvoir de dire avec autorité qui est autorisé à se dire écrivain ou même à dire qui est écrivain et qui a autorité pour dire qui est écrivain. » À l'inverse d'autres siècles, le XVII par exemple, où les écrivains les plus respectés par leurs pairs étaient aussi ceux qui recevaient le plus de considération (pensions, bénéfices), à la fin du XIXe la hiérarchie se renverse, le succès commercial va à ceux que leurs pairs méprisent le plus. Les écrivains viennent d'assister à la montée des parvenus du Second Empire, à l'apparition d'hommes d'affaires incultes faisant main basse sur l'État et la presse. Pour s'acquérir une légitimité que son image d'imposteur compromet, l'Empereur multiplie les fêtes où il convie les éléments les plus conformistes du monde culturel. L'intellectuel, ou l'écrivain, se retrouve devant deux voies de subordination : 1° Au marché (tirage, chiffres de vente) ou aux médias (postes dans la presse, dans l'édition); 2° Au pouvoir politique (mécénat d'État; pensions, charges, distinctions). « Faire le champ », comme dit Bourdieu, ou être « fait par les forces du champ » ? Flaubert ou Maxime Du Camp ? Plus on s'imagine candidement libre, bien entendu, plus on est fait, et comme un rat, par un « champ» où règnent « libertés sous contrainte » et potentialités objectives ». Univers tout aussi fini que les autres, dont seule la connaissance précise peut donner l'espoir de le maîtriser. Bourdieu a une autre belle expression : les best-sellers sans lendemain. Ça me rappelle ma Chimère, éloge continu des aventures sans lendemain contre les lendemains sans aventures. En somme: Bérénice et le commun des mortels veulent des lendemains sans aventures et des best-sellers sans lendemain ; Parneix, moi, quelques autres, veulent le contraire : des aventures sans lendemain et des lendemains sans best-sellers.

Philippe Muray, Ultima Necat IV

 

dimanche 5 septembre 2021

Friandises pour les toutous de garde de la pensée dominante.

 


Je désirerais vivre obscurément en paix et j’ai du dégoût quand je vois tout ce qui peut se répandre sur les réseaux sociaux à propos des gens qui essaient de ramer un peu à contre-courant ou d’émettre la moindre critique contre les bouffons au pouvoir, mais c’est plus fort que moi : il faut que je leur crache dans la gueule.

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Un (cher) ami, historien pas à la retraite, comme moi, et avec ça, français, pou aggraver son cas, me reproche mon obsession anti-gaulliste (?). Du grand n’importe quoi ! Je n'ai rien à cirer du gaullisme. Lecteur assidu non seulement de Céline, mais de grands mémorialistes genre Galtier-Boissiere ou Léautaud, comment pourrais-je nourrir une quelconque adhésion à l’histoire officielle ? C’est un fait que les Français n’ont plus voulu se battre en 1940 comme ils s’étaient battus en 1914-18. Ils l’ont assez montré par la transformation de la campagne de juin 40 en une course à pied depuis le Nord jusqu’aux Pyrénées, que Céline a magistralement brocardée dans Les beaux draps. Ils ont depuis laissé les autres faire la guerre avec le vague espoir qu’on les remettrait à la fin dans leur situation antérieure de grande puissance, sans qu’ils aient eu à donner de leur personne. C’était le projet de De Gaulle, parti se réfugier à Londres et rentré en réclamant la “grandeur”. Or, on ne devient pas grand en réclamant la grandeur. Comme on dit au Cameroun, je crois.

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Lorsque Marat fut assassiné, la France prit le deuil. Quelques mois plus tard, on jetait ses ossements à la voirie. Méfiez-vous des emportements populaires ! 


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On connaissait déjà la brigade des acclamations au pouvoir sanchisto-communiste, on a perfectionné en créant la brigade des fellations dans la presse grassement subventionnée. Les mêmes qui s’époumonaient avant-hier pour des augmentations de l’électricité proches de dix pour cent, provoquant, à les entendre, la plus insoutenable brèche énergétique, se taisent plus bruyamment que jamais au moment même où on assiste à des sauts de facture de plus de 200 % ! On ne pleure plus dans les chaumières, les nôtres au pouvoir, on n’a pas à s’en faire … Pour parer à toute éventualité, les « intellectuels à plein temps » qui font des mamours à la gôôôche podémito-wokiste reçoivent de tendres caresses dans le sens du poil : un million d’euros pour financer la mobilité internationale (sic) d’une centaine d’écrivains rebelles et insurgés, grands brasseurs du vent triés sur le volet …

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Inflation de super-héros remis dans la rue. La joie populaire prend une forme bassement misérable quand on reçoit en héros dans leurs villages et leurs quartiers des bourreaux plastiqueurs, geôliers, flingueurs sordides, racketteurs et mouchards sortis de prison pour la stabilité politique de Pedro Sánchez au pouvoir. Tant d'enthousiasme grossier fait vomir. Tant de bassesse dans la vie publique vient de la lâche réserve des élites (sic) locales qui, une fois de plus, n’ont pas la capacité de faire leur devoir. Chaque assassin a été un héros. Il ne faut pas s’aviser de contredire cette opinion presque unanime. Ils étaient tous de prodigieux soldats à domicile … Il paraît qu’ils se sont battus un peu brutalement dans quelques occasions, mais en faisant trêve au moment du déjeuner ou pour aller à la plage. La vie des gens n’a pas cessé. On allait dans les boutiques ou au cinéma, on faisait sa routine, on se dispersait en entendant les explosions ou les coups de feu un peu au hasard et on refaisait sa vie un moment après. La vérité est décevante. La grande insurrection unanime des Basques est un bluff magnifique. Pris isolément, chacun, d’ailleurs, finit par en convenir. Tout le monde prétend avoir concouru à des formes d’insurrection mais l’immense majorité était terrée chez elle dans les pièces ne donnant pas sur la rue ou, poussée par la curiosité, risquait de se faire matraquer en badauds. La bataille, meurtrière pour les victimes, près de mille morts, n’a pas atteint le niveau de l’Irlande du Nord où les deux camps affrontés se portaient de coups sanglants. Mais la sordidité des années de plomb a été transformée en légende et le coup politique qui a fait réussir l’entreprise indépendantiste est une des plus belles pages de l’illusion de la victoire de la démocratie sur le terrorisme. L’essentiel, c’est qu’il ne faut pas voir les choses telles qu’elles sont. Les mots historiques n’ont jamais été prononcés. C’est tant pis pour ceux à qui on les attribue. Ils auraient dû être dits. La vérité historique, c’est la légende. C’est l’histoire telle qu’elle aurait dû se dérouler. La seule à laquelle on doit croire et qui élève un peu l’âme. Foin des érudits et des critiques. Ils minimisent en rétablissant le réel. Officiellement sinon, on fait des discours. On applaudit chaque phrase. On hache les phrases d’approbations. Les uns sont contents de parler, les autres de claquer des mains. On se congratule, on se félicite, on s’embrasse. On croit avoir remporté une victoire en faisant de la rhétorique. La caractéristique des écrivains et journalistes de ce temps est qu’ils savent si bien leur métier qu’ils ont l’art de transformer les choses immédiatement pour les raconter telles qu’elles devraient être. C’est la passivité qui était la règle, et rien de plus. Aujourd’hui, cette passivité est présentée comme une activité courageuse et héroïque. Aussi voit-on sortir des visages inconnus qui revendiquent tout et qui parlent haut. C’est pitié de les voir réussir. Ils s’imposent, parlent haut, réclament des privilèges, jugent leurs concitoyens et se parent de plumes qui ne leur appartiennent pas. Leur supercherie durera plusieurs années car ils ont le puissant vent des pouvoirs (central, autonome, municipal) en place favorable, une superbe qui ne supporte pas les critiques et une insolence dans l’obscénité qui fait taire les timides.

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lundi 30 août 2021

Poubelle de l'histoire (fouille rapide).

Je faisais allusion dans un billet précédent à la mondialisation, au Nouvel Ordre Mondial (« new world order ») annoncé par David Rockefeller il y a trente ans et plus récemment présenté comme une réalité très proche par un prince de ce mondialisme, Klaus Schwab, très intéressé par la question de la religion. Comme Mustapha Menier dans la dystopie de Huxley (Le meilleur des mondes), Schwab et les siens ne peuvent pas permettre la survie de la foi chrétienne telle qu'elle a été connue jusqu'à présent, la seule religion qu’ils admettent est celle de la ruche technologique planétaire, unifiée dans la communion des réseaux 5G. Aux chiottes, l'Arménie dépecée ! Vive l'Afghanistan taliban qui fera place nette ! (pour plus de solennité dans la pitrerie ridicule, mettre la voix gâteuse de Deux Gaules à Montréal). Toute autre foi serait considérée comme un défi intolérable. Des jours arrivent sûrement, jamais vus auparavant dans l'histoire du monde. Dans la bataille qui a déjà commencé à être livrée, le Léviathan d'un réseau planétaire se battra qui, comme l'anneau de Sauron dans l'œuvre de Tolkien, tentera de les gouverner tous, contre une alliance humaine qui ne peut pas gagner si elle se passe du religieux. La grande tâche du moment présent consiste à rien de moins que de résister à l’effacement d’un monde dans lequel, soit dit en passant, les grandes et le petites croyances doivent apprendre à vivre ensemble d'une manière imaginative et multiforme si elles ne veulent pas disparaître définitivement. 


vendredi 27 août 2021

Qui embrasse la brume agit comme un fou (Angelus Silesius)

 


Fin août 2021. Revu trois versions de Ben-Hur : la première, classique, le Ben-Hur de William Wyler, une seconde réalisée par Miklós Rózsa et la dernière, plus récente, celle de Bekmanbetov ; reçus des ebooks des théologiens Urs Von Balthasar, Henri de Lubac et le protestant Rudolf Bultmann avec ses thèses qui remettent en cause les miracles de Jésus et les considèrent comme des symboles ou des mythes ; feuilleté plusieurs PDF d’un inclassable Teilhard de Chardin ; un arrière-goût d’injustice après la lecture amusée des « mémoires jamais écrites » de J. Marsé avec ses commentaires ravageurs à propos de ce pauvre J. M. De Prada, qui n’est pas ma tasse de thé, mais enfin… Il y a quelques années, un roman de ce monsieur De Prada, Las máscaras del héroe, m’avait légèrement déçu mais plus tard, poussé par ses articles pleins de références aux philosophes Jacques Maritain et Jean Guitton (copieusement conspués dans nos années jeunes) ou à des réflexions sur Bernanos (étudié à fond, loin des sentiers battus, par Juan Asensio) et Mauriac (lisez aussi vite que vous le pourrez l’indépassable Jacques Laurent : Mauriac sous De Gaulle) je me suis décidé à consulter à
plusieurs reprises le classique de Charles Moeller, Littérature du XXe siècle et christianisme. J’ai récupéré également, avant notre prochain retour à Bordeaux, le film Risen (Kevin Reynolds, 2016), dans lequel Clavius, le centurion romain est chargé d'exécuter Jésus et de garder le tombeau. Après la disparition du cadavre, il entame une enquête à la demande de Pilate qui l'amène à découvrir Jésus dans une pièce, entouré de ses disciples et leur montrant les plaies de la crucifixion. Clavius, profondément impressionné par ce qu'il vient de voir, abandonne tout et devient disciple du Christ mais n’accompagne pas les apôtres qui se préparent à répandre la Bonne Nouvelle dans le monde entier. Il entame un voyage mystérieux et solitaire - fin du film – ignorant où il le mènera. L'homme d'Europe occidentale du XXIe siècle ne semble plus destiné à accepter la rencontre avec le Christ que si elle se déroule dans des conditions exceptionnelles, comme celles de Clavius dans le film. La rencontre inattendue avec le Christ, la foi en Lui, semblent impossibles pour l'homme occidental contemporain, collé à son portable, à ses logiciels, à ses séries Netflix. Tiens, Netflix ! Quand on parle du loup … on en voit une multinationale américaine en principe totalement réfractaire à tout message religieux d'apparence traditionnelle qui a lancé une série comme comme Messiah (2020). Dans cette fiction, un personnage mystérieux d'origine inconnue, Al-Massih, apparaît soudainement au Moyen-Orient et gagne en notoriété pour une série de miracles apparents qu'il a accomplis et pour sa capacité à attirer les foules, ce qui attire l'attention et l'inquiétude du Mossad et de la CIA. La série a beau avoir été reçue de manière ironique et presque humoristique par certains critiques (Al-Messih apparaît en fouteur de bordel comme tout Messie qui se respecte, à l’œcuménisme purement vestimentaire genre survêtements Nike ou Adidas), elle a néanmoins produit un effet étonnant sur une partie non négligeable du public. Des gens presque exclusivement non-croyants, lecteurs et cinéphiles, d'un niveau culturel élevé reconnaissent qu'une série ou un film ne les avait pas impressionnés de la sorte depuis très longtemps. Netflix a décidé en mars 2020 de l'annuler et de ne pas lui donner la continuité attendue, invoquant des données d'audience insuffisantes, des difficultés de tournage de toute sorte, y compris sanitaires liées au Covid19 pour justifier sa décision. Comme quoi, les rumeurs selon lesquelles ce film serait islamophobe ont suffi pour arrêter des investissements considérables, prévus et annoncés. Pourtant, il ne faut pas un génie de la déduction pour se rendre compte que cette multinationale, qui a investi dans des deuxième et troisième saisons de séries bien moins prometteuses d’une idéologie complètement mondialiste et anti-religieuse, n'a pas voulu soutenir un projet éventuellement favorable au mystère d’une foi historiquement hostile, tout comme son adversaire islamique, à l'avènement de la mondialisation anglo-saxonne (langue anglaise partout dans le monde et soumission économique aux USA) et, par là même, source intarissable de conflits.



samedi 7 août 2021

Dégoûts informulables de la mi-août pandémique


Depuis Marx et ses travaux sur le socialisme scientifique, « être de gauche » cela signifie :

Comprendre que les rapports de production et d’échange capitalistes, fondés sur la (grande) propriété privée de capitaux, sont historiquement obsolètes ; qu’ils entrent en contradiction avec la nature et le niveau de développement des sciences et des techniques. Qu’ils constituent désormais un frein au développement de ces forces productives ; qu’ils empêchent leur mise en œuvre efficace en vue de résoudre les grands défis de l’humanité - alimentation, logement, éducation, climat, environnement, santé… ; qu’ils aggravent même ces problèmes ou les provoquent directement, par les effets pervers de la concurrence et de la course au profit.

Comprendre que ces rapports de production doivent dès lors être remplacés par des rapports socialistes, c’est-à-dire fondés (principalement) sur une propriété collective des moyens de production, permettant leur mise en œuvre suivant une planification rationnelle et suivant des priorités définies démocratiquement.

Comprendre qu’un tel changement, dans la mesure où il porte atteinte aux intérêts des classes possédantes et dans la mesure où celles-ci contrôlent, par leurs réseaux, les « opinions publiques » , ne sera pas un « accouchement sans douleur » ; qu’il passera par des luttes potentiellement violentes, où les classes sociales qui souffrent le plus du système actuel ont un rôle historique à jouer ; et qu’un régime transitoire de « dictature du prolétariat » devra empêcher, aussi longtemps que nécessaire, tout retour à la « dictature de l’argent ».

Être de gauche, ce que je revendique, c’est comprendre tout cela (être un communiste - titre dont je ne suis pas digne - c’est en outre consacrer sa vie à l’organisation et à l’éducation des classes populaires en vue de ce changement historique).

Pourquoi ce long préambule ? Pour expliquer, premièrement, qu’à mes yeux « être de gauche », ne signifie pas être opposé à toute autorité, encore moins à toute régulation. Sous le régime économique actuel l’Etat n’est justement pas en mesure d’imposer avec l’autorité et l’efficacité qu’il faudrait les mesures régulatrices qui permettraient de répondre aux urgences sociales, climatiques, culturelles : la redistribution des richesses et des revenus, le développement des transports publics, une urbanisation respectueuse de la qualité de vie et de l’environnement, un service éducatif ambitieux et équitable, une politique de santé préventive solide, des hôpitaux bien fournis en personnel et une capacité de réaction efficace en cas d’urgence sanitaire (confinement, testing, vaccination) ou météorologique (déblaiement, relogement). Quand bien même des hommes et des femmes politiques intègres et soucieux du bien commun arrivent parfois au pouvoir, malgré l’emprise idéologique des classes privilégiées sur les média donc sur les élections prétendument « démocratiques », ils n’ont guère la possibilité d’agir efficacement. Car les véritables maîtres du jeu, ceux qui possèdent la capacité industrielle et financière pour agir, ce sont les détenteurs de capitaux. Si un politicien décidait de réquisitionner l’usine belge produisant les vaccins Pfizer, afin d’accélérer la vaccination chez nous et, surtout, dans les pays du tiers monde, on assisterait dès le lendemain à une fuite massive de capitaux et à une vague de délocalisations d’entreprises.

Deuxièmement, « être de gauche » ne signifie pas que l’on place « la liberté » au-dessus de toute autre valeur. Depuis les révolutions américaine et française, la liberté est l’étendard de la bourgeoisie, si bien nommée « libérale ». Marx & Engels écrivent dans Le Manifeste : « Partout où elle a conquis le pouvoir, [la bourgeoisie] a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses “supérieurs naturels”, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du “paiement au comptant”. Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce ». Même l’antiracisme, le féminisme, les mouvements LGBT, l’abandon de l’enseignement classique, la légalisation du cannabis et de l’avortement… ne sont, en ce sens, pas du tout contraires aux intérêts de la bourgeoisie ; il ne s’agit somme toute que de la poursuite de cette rupture historique de « tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses “supérieurs naturels » » (constat objectif qui n’enlève évidemment rien au fait que certaines de ces « libérations » soient des progrès réels).

Troisièmement, le socialisme, en tant que régime économique et politique, ça ne sera pas l’autogestion de petites entreprises ou une société composée seulement de petits artisans. La mise en œuvre responsable, planifiée, rationnelle des formidables moyens de production qui ont été développés par le capitalisme et qui continueront de l’être à l’avenir, nécessitera des grandes organisations industrielles, logistiques et administratives. Par exemple, on ne remplacera pas des millions de camions par des convois de trains et une production locale sans recourir à une gestion performante et à toute la puissance de l’intelligence artificielle, appliquée à une collecte et à un traitement instantané d’informations relatives à la consommation, aux stocks, aux flux. Et donc même dans le petit magasin au coin de votre rue, il faudra passer par le paiement électronique, afin que les systèmes de gestion centralisés puissent faire suivre les marchandises dans un flux minimisant les gaspillages énergétiques. Bref, être de gauche ne s’oppose pas à la modernité ni à la science, mais intègre au contraire ces progrès au service du bien commun.

En conclusion, à ceux qui me disent que le passe sanitaire ou l’obligation vaccinale sont des « intrusions étatiques excessives » et des « atteintes à nos libertés individuelles », je réponds que je conteste et combats l’Etat capitaliste en tant qu’il est l’instrument qui organise et préserve le pouvoir du Capital. Mais que, lorsque cet Etat se trouve contraint, par extraordinaire, de jouer modestement le rôle que nous préconisons pour un futur Etat socialiste — en créant l’enseignement obligatoire, en organisant la sécurité sociale ou en imposant une vaccination contre la Covid — je ne vais pas lui contester ce droit, mais au contraire regretter qu’il ne le fasse pas avec l’énergie, l’efficacité et le souci de l’intérêt de toutes les classes sociales, que nous sommes en droit d’attendre d’une société moderne.

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Je conçois qu’on manifeste contre des injustices pour des réformes mais défiler contre un vaccin qui sauve des vies et contre un passe sanitaire qui protège, il faut avoir atteint un taux de stupidité jamais égalé à ce jour ! La guerre ouverte contre le vaccin ou contre le passe sanitaire se place ouvertement du côté des deux concepts les plus fumeux et galvaudés qu’on puisse imaginer : la « liberté » et la « vérité ». Au nom de la liberté on devrait pouvoir aussi réclamer le droit de tuer, voler, violer, de rouler sans ceinture de sécurité, de fumer dans des lieux publics ou de se droguer au volant … et pourquoi pas, le droit répandre librement un virus dans la population. Et la liberté, alors, qu’est-ce qu’on en fait ? De circulation de biens et de personnes, bien sûr, la liberté d’expression, de laisser s’affronter toutes les opinions, vraies ou fausses, choquantes ou non, etc. Mais tout cela étant si beau et merveilleux, pourquoi il faut partout des lois, rarement crédibles à terme (loi Gayssot, Ley de Memoria Histórica, d’ici peu remplacée par une Ley de Memoria Democrática) pour effacer jusqu’à la racine la liberté de penser et d’interpréter et pour décrédibiliser une vérité qui s’avère, la pauvre, incapable partout de résister aux attaques de cellezesseux qui s’étranglent à force de l’invoquer ? Tout l’argumentaire des censeurs est fondé principalement sur le mélange entre les faits et le récit qu’on en fait et l’action et l’argumentaire des défenseurs de la liberté et de la vérité est fondé sur leur distinction. Au moins laissez-nous penser et raconter comment on pense ! Il y a un monde de différences entre ce qu’on dit et ce qu’on fait sauf pour la mouvance woke qui tend à imaginer que le contrôle du dit efface à volonté ce qui a été fait et conditionne ce qui pourrait être fait à l’avenir. La confusion entre la parole et l’action fait que les gens qui défendent la liberté ou la vérité sont vus par l’opinion publique comme des défenseurs de la possibilité de faire n’importe quoi ou de dire n’importe quoi.

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Le virus est fabuleusement dangereux et contre lui on n’a pas de remède efficace, par conséquent, on ne pourra le contrôler que par la vaccination de masse, obligatoire le cas échéant, ou le confinement, la vaccination étant de loin préférable. Si je pense cela, ce n’est pas parce que je fais confiance à la bande à Sánchez ou que j’écoute SER, station radio pro gouvernement, je ne fais normalement ni l’un ni l’autre (sauf pour les infos locales), mais parce que j’essaie de comprendre le consensus scientifique mondial. Dans tout ce que j’ai lu chez les minimiseurs ou les anti-vax, à part les mauvais arguments scientifiques, les pires arguments consistent à penser que le gouvernement veut nous confiner ou nous imposer le passe sanitaire pour nous contrôler, nous surveiller, nous ruiner, nous pourrir la vie, etc. Le passe sanitaire est une façon d’imposer la vaccination dans un pays qui est ravagé par l’antiscience et où de gens en vue (Miguel Bosé, l’immonde conne Victoria Abril, entre autres) y sont récalcitrants. Le gouvernement, dans la large mesure où il sert les intérêts capitalistes, mondialistes, laquai de Soros (premier interlocuteur reçu par cette sous-merde de PS) et de lobbys peu présentables en société bienpensante, veut que les gens puissent travailler et produire de la plus-value. Pour cela, ils doivent être en bonne santé. S’il existait un remède miracle, il serait rapidement imposé, même s’il en coûtait à Big Pharma, qui n’est pas l’essentiel du grand capital. L’attitude des gouvernements est une série de mesures maladroites et incohérentes visant à limiter les dégâts dus au virus tout en préservant autant que possible l’économie, c’est à dire les profits. Mais il n’y aurait qu’une lointaine volonté de contrôle ou de surveillance, qui existe déjà et depuis bien longtemps. Et tous les réflexes individualistes des gens qui mettent leur liberté au-dessus de la santé de tous sont parfaitement en accord avec l’idéologie dominante ultra-libérale. Les prises de positions et les manifs négationnistes, ici et là, sont une insulte à la misère du monde. Dans le reste du monde, les gens pleurent pour avoir des vaccins et meurent d’en manquer (tiens, à Cuba, par exemple, ou en Algérie), pendant que les petits bourgeois gâtés chez nous les refusent. Il existe des restaurants, des hôtels, des places dans les avions, généralement first class, des voitures de TGV, des stations de sport d'hiver, des yachts, des clubs de golf, des universités, des services de transport par hélicoptère, des assurances maladie, des modèles de voitures, etc. auxquels vous n'accédez que si vous pouvez présenter un passe, la preuve d'un compte bancaire très bien alimenté. Il faudrait que les militants anti-passe sanitaire se mobilisent contre toutes ces atteintes aux libertés individuelles et cette division de la société en deux catégories : ceux qui ont du fric et ceux qui n'en ont pas.

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Plongé dans la (re)lecture parallèle des livres de G. Morán, Miseria, grandeza y agonía del PCE 1939-1985, et de celui de M. Martorell, Jesús Monzón. El líder comunista olvidado por la historia. Lecture bouleversante et difficile, ceci parce que cela. L'impression d'être à la fois très proche et à des années-lumière de ces femmes et de ces hommes-là. Ou plutôt : comme dans un roman de science-fiction où les habitants de deux univers parallèles très semblables l'un à l'autre peuvent se voir, ont l'illusion qu'ils pourraient presque se toucher, mais sont à tout jamais incapables d'entrer en contact ni même de se comprendre vraiment. D'où la frustration et le chagrin. Autre chose me frappe. Dans le gros volume Akal du livre de Morán est présentée dans les dernières pages, la lente dissolution d’une organisation entre les mains d’un secrétaire général, vieux et aigri, dissous lui-même comme du sucre dans les eaux troubles de la socialdémocratie pourrie. Quoi qu’il en soit, les personnages qui apparaissent tout au long de ces deux livres donnent l'impression d'appartenir à une race plus ancienne, quaternaire, plus solidement posée sur la terre, avec de vrais visages dont on ne parvient pas à croire, quelques générations plus tard, qu’elle a pu aboutir à ces grappes de politiciens professionnels actuels, ces ectoplasmes menteurs, ignorants, bavards et provocateurs sur quoi l'on tombe immanquablement dans les médias, la rue et les marchés bio. Il est heureux que ces hommes-là et que ces femmes-là n'aient pas su, ni même pu deviner, qu'ils souffraient, se battaient et mouraient pour permettre plus tard à ça d'exister – si toutefois on peut parler d'existence dans le cas de ces fantômes grotesques qui piaillent de trouille haineuse devant le premier fasciste homophobe hétéro-patriarcal passant devant leurs muselières.

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Les suprémacistes, pour donner le ton et faire entendre leur cause à l’intérieur, interprètent les différences (matériellement inexistantes) entre une population espagnole homogène et intégrée comme une guerre entre races, bien étudiée par des spécialistes bien vivants et non répudiée par le progressisme humaniste et démocrate. Ils ont mis à distance l’ennemi jusqu’à lui dénier les droits humains les plus élémentaires. Les Castillans, Andalous, etc. sont différents des Basques ou des Catalans pas simplement culturellement mais aussi physiologiquement. Du primitif à mille pour cent, mais pas suffisant pour provoquer du scandale en Europe. Leurs langues, parlées pour une minorité sont omniprésentes pour symboliser la supériorité morale spécifique à chacune des deux « nations ». La persécution actuelle de la langue commune depuis des siècles est vue comme un moyen de purification individuelle et collective, la clé du nouveau cerveau des hommes, femmes, trucs, lgtb, xyz, etc. nouveaux… Avec cela, la « déshumanisation » imaginaire du compatriote vu et vécu comme ennemi fondamental a été l’un des facteurs décisifs des crimes sordides du terrorisme. J’apporterais pour preuve supplémentaire, dans l’ignoble et le nauséabond, plus que les fêtes organisées pour accueillir chaque assassin libéré de prison, la profanation répétée et systématique des tombes des assassinés, autant de corps ennemis qu’on ré-assassiné allègre et lâchement pour nourrir sans cesse une haine politique, culturelle et raciale qui ne fait pas de quartier.

* pied de photo : Dégout informulable. Être milliardaire suprémaciste n'admet pas la moindre brimade ! Vous ne verrez jamais la sale gueule de ce mec sur le journal soi-disant satirique El Jueves...


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Portrait-robot d’un gouvernant espagnol, cireur de bottes : cynique autant qu’incompétent, stupide, perfide, enfantin, dément …  Mais il n'est pas seul ! L’ignoble secte socialdémocrate supposée espagnole possède en abondance des spécimens pareils. Et ils sont partout : dans les administrations, dans les institutions, dans les entreprises publiques, partout. Ils ont un formatage sectaire administré verticalement, un système d’exploitation prédéfini pour attaquer toute forme de réflexion rationnelle. Contre la prolifération de ces nuisibles il n'existe qu'un seul vaccin efficace connu : celui administré par chaque électeur avant les urnes. A pleurer, parce que là, le phénomène se répète de manière clonique. C'est le jour de la marmotte, à répétition.
La dictature de la bêtise brutale et suicidaire ne cède que lorsqu'il y a une baisse des conditions de vie quotidienne des proportions systémiques, proche de l’abîme capable à peine de provoquer un réajustement dans une fraction significative de l'électorat. Et tout recommence pour se répéter. Voilà le sinistre mécanisme dans lequel nous sommes confortablement installés depuis des années. Le discours du populisme soi-disant de gauche engendré par la sous-merde nord-américaine se répand comme la vermine chaque jour un peu plus, du moins de la part des hautes intelligences autoproclamées qui prétendent diriger notre Europe.

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« En démocratie on reconnaît le droit à la différence, mais jamais la différence des droits. »  

F. Savater

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Caritat, caritat, senyora,
caritat pel meu germà,
que va néixer sense braços
i no se la pot pelar

J. Marsé, Ronda del Guinardó

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« A. Garzón, comme de juste, ne s'était aperçu de rien non plus, je crois, que personne. »

(Phrase attrapée au vol d’une émission radio trahissant une délibération au sujet du tourisme en chute libre, au conseil des ministres espingouin)

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Un affreux petit laideron /Aussi conne à la voile qu'à l'aviron. (Destinataire au choix)

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« Le cœur est le tombeau des amis morts. L’accès n’en est pas public. » Claude Durand

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Souffler n’est pas jouer !



¡Comido por no comer!
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Énième reprise (because relecture fortuite) pour finir ce sinistre billet en gaité : Blavier, ses fous. Réédition, revue et augmentée, de la sensationnelle bibliographie des fous littéraires d'André Blavier, oulipiste et pataphysicien.

ANDRÉ BLAVIER Les Fous littéraires, Editions des Cendres, 1147 pp.

«Voir Blavier», cette mention est familière à tous les amateurs de catalogues de livres anciens. Elle renvoie le lecteur à la monumentale bibliographie qu'André Blavier avait publiée en 1982: les Fous littéraires. Aussi la nouvelle édition de ce livre culte était-elle attendue. Chercheur exemplaire, expert en annexes, notes et autres addenda, André Blavier a «considérablement augmenté» sa réédition de nouvelles entrées. Face à cette somme superbement illustrée, on est bien loin de l'austérité qui accompagne le genre bibliographique. C'est à la fois un essai et une anthologie dont le ton et l'écriture doivent beaucoup à un écrivain qui fut l'un des plus beaux fleurons de la Wallonie littéraire et qui est décédé au début de l'été.

Bibliothécaire à Verviers (Belgique), André Blavier a commencé à s'intéresser aux fous littéraires dès l'âge de 21 ans. Simultanément, il découvre les romans de Queneau: notamment les Enfants du Limon (1938) dont le héros, Chambernac, entreprend une Encyclopédie des sciences inexactes. La coïncidence est de taille et marque le début d'une passion pour l'œuvre de Queneau, dont Blavier dira plus tard qu'elle fut pour lui une alternative à la mort volontaire. En août 1949, il débute avec l'auteur du Chiendent une longue correspondance (Lettres croisées, 1949-1976, Editions Labor, 1988), puis, en 1952, entre au Collège de 'Pataphysique où il assumera les plus hautes fonctions. La même année, il cofonde, avec Jeanne Graverol, la revue Temps mêlés, où il donne sa première conférence sur les fous littéraires. Il sera aussi l'un des membres fondateurs de l'Oulipo.

A lire la décapante introduction où l'humour et l'érudition rivalisent, le lecteur comprendra que l'intérêt de Blavier et Queneau pour les fous littéraires n'est pas une simple perversion de bibliophile dans la tradition ouverte par le XIXe siècle avec Charles Nodier, Octave Delpierre ou Charles Brunet. Queneau ne l'entendait pas ainsi et le pataphysicien Blavier pas plus. Ici, pas de confusion «pseudo-lyrique» à la manière surréaliste entre folie et génie poétique. Blavier ne sacrifie donc pas à «la tarte-à-la-crème de l'authenticité» et nous livre bien plus une histoire de la folie littéraire, véritable descente dans les rayons des oubliés et dédaignés du savoir officiel.

Comment distinguer une passion normale d'une passion délirante, se demande Blavier. Un fou littéraire, ou plutôt un hétéroclite, est par définition un auteur non lu et sans disciples. Ecartant les fous manuscrits, Blavier ne recense que les fous imprimés, généralement à compte d'auteur. Aussi les paranoïaques l'emportent-ils sur les schizophrènes. Comme Queneau, il écarte les mystiques délirants et les adeptes du saint-simonisme. Et, déjà, ce catalogue compte plus d'un millier de pages. On reste pantois et plutôt rêveur devant les théories les plus excentriques et les projets fumeux. La plus récente recension date de l'année dernière, c'est De l'impertinence de procréer d'un écrivain belge, Théophile de Giraud, «anthologie universelle du Pessimisme» dont l'encre urticante est déjà recherchée par les collectionneurs (1).

Les Fous littéraires s'ouvre sur la partie «Myth(étym)ologique», consacrée à toutes les publications qui ont tourné autour de l'idée de langue originelle (la langue adamique). Si, comme le rappelle André Blavier, cette partie est dominée par Jean-Pierre Brisset, auteur de la Natation ou l'art de nager appris seul en moins d'une heure et surtout de la Grammaire logique, le bibliographe rappelle les projets de Joseph Bouzeran, qui fut destitué de sa chaire de rhétorique pour avoir professé ses thèses linguistiques. Ce philologue, auteur d'un Essai de linguistique raisonné ou De la philosophie du verbe dans la Trinité catholique, connut Charenton. Il y eut aussi Charles Callet, qui reconstitua «la langue de l'Hominien» à l'aide de quatre phonèmes primitifs: «le meuglé, le sifflé, le grogné en R et le grogné en K, Gre, Gny». Charles-Joseph de Grave qui entreprit de démontrer qu'Homère et Hésiode étaient belges. Délires étymologiques, langue gauloise ou ligure, Volapük, phonologie fantastique, inutilité de l'orthographe, tous ces réformateurs sont à la recherche du phonème originel, de l'unité perdue, de l'Atlantide verbale. Tout cela avec parfois le projet de fonder une langue universelle reposant sur un idiome nouveau, voire sur des notes de musique (le «solrésoldomido» de Sudre), ou sur une orthographe numérique (le «Multifaire» de Plantade).

Mais les «bigarrures de l'esprit humain» s'étendent aussi aux «Cosmogones», «prophètes, visionnaires et messies» (fin(s) du monde et arrivée de l'Antéchrist), aux «Quadrateurs» aux prises avec Euclide ou Fermat, aux «Astronomes et météorologistes» (J.-M. Boisseau, Point d'appui d'Archimède trouvé, 1847). Les «Persécutés, persécuteurs et faiseurs d'histoires» trouvent en Berbiguier et Tapon-Fougas leurs plus célèbres représentants (lire, de Blavier, Occupe-toi d'Homélies, Labor). Tous rivalisent de trouvailles avec les savants, médecins, hygiénistes, inventeurs, bricoleurs et autres candidats à tout. Romanciers et poètes ne sont pas oubliés. Auguste Boncors, auteur des Odes triomphales (1938), fut comparé à Lautréamont, Jean-Baptiste Bousmar (1745-1834) «innova» dans la versification et Jacques Lambrecht renouvela la prose avec Jugulaire, Wellingtonienne en vingt-deux épigées (1902). La recherche de la gloire les occupa souvent, comme sir Jean George Tollemache Sinclair, auteur de Larmes et sourires (1 023 pages), luxueux ouvrage hors commerce qu'il fit parvenir aux académiciens français et aux journalistes. Mais la postérité les a tous envoyés se faire fiche et, pour écrire ce catalogue Blavier, en a rempli des dizaines de milliers.

(1) PAS & Penninck Diffusion, Belgique 

JEAN-DIDIER WAGNEUR