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vendredi 18 septembre 2026

Une femme sans homme est comme un poisson sans byciclette


Le jour se lève mais point de soleil en ce commencement de mercredi. Bientôt commencera le concert des criquets. Et les vols fous des étourneaux. Alertes diverses pour forte pluie et des vents violents. Pourtant, on n’a pour le moment, rien de tout cela. Il n’a fait que pleuviner, cette dernière nuit. On n’ira pas se plaindre ! Pas de promenade en bord de mer, mais visite au centre de santé pour qu’on nous attribue un généraliste, en tant que personnes en déplacement. On voit la mer, au loin de nos fenêtres sans avoir à se poser la question à propos de la marée, haute ou basse. Hier on avait fait une longue promenade à pied en bord de mer pour parcourir les calanques du Palmier, des Juifs et du Cantalar. Quand on avait un peu plus la pêche, on continuait jusqu’au Cap de l’Horta en faisant le tour complet et on descendait sur la plage assez fréquentée encore malgré la rentrée et le retour des gens au bercail. De très belles vues jusqu’au large, couleur argent. On est moroses pour faire le déplacement à Alicante maintenant que le tram et les lignes de bus sont moins vites pleins. Après le centre de santé et l’appli de la sécu autonome mise à jour, on regagne la maison. Non sans avoir esquivé de justesse un quidam qui risquait de nous souler avec son baratin sur Oxfam. « Vous avez l’air de collaborer ou d’avoir collaboré avec une ONG ! » me dit-il tout sourire. « Jamais de la vie ! Et ça ne me tient pas tant que ça à cœur » Silence dans les rangs. On se souhaite une excellente journée. Tout comme moi, il a laissé tomber son enthousiasme pour la noyade du poisson à neuf heures trente du matin. Faut quand même du courage pour aborder les gens qui sortent des différentes consultations médicales sous le poids de leurs soucis et s’imaginer qu’ils ne vont pas ressentir la douleur de l’hameçon à la première tentative d’approche. On petit-déjeune donc très tard. J’y retrouve mes Cantos, collationnant les versions espagnole et française pour mieux passer le reste du temps jusqu’à midi … Magnifique crépuscule derrière le château de Santa Barbara ce jeudi, mélange de l’orange cru du soleil et du noir-gris des nuages.

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Lire, relire et rerelire. « [Or] la lecture démultiplie notre réalité forcément limitée, et nous permet de pénétrer les époques éloignées, les coutumes étrangères, les cœurs, les esprits, les motivations humaines, etc. Comment s’arrêter alors que s’annonçait là une chance d’échapper à un environnement par définition limité ? La liberté se trouvait à portée de main, il s’agissait de lire, de lire encore et encore, pour espérer échapper à son destin. Il a suffi d’adjoindre à cette curiosité infinie un certain esprit de système poussant à lire tous les livres d’un écrivain, puis les livres sur lui, puis ceux d’un autre écrivain, et aussi tous les ouvrages consacrés à un sujet et la littérature d’une certaine époque, ou d’un pays, et de vouloir, au fur et à mesure, conserver les livres lus, et d’y ajouter les nouveaux parus s’y rapportant, et avec le temps d’accumuler les sujets d’intérêts, pour devenir un lecteur-bibliomane. S’instaurent alors des rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres. Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même, d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. Ainsi, les bibliothèques prolifiques s’autonomisent, deviennent des êtres vivants (...). Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange. Elle élimine les tableaux qui se trouvaient aux murs et les objets gênant sa consultation, se déplace avec les acolytes indispensables et encombrants que sont les escabeaux et les échelles, oblige à des réaménagements constants car sa progression n’est pas linéaire et réclame des répartitions nouvelles. En même temps elle est indéniablement le reflet, le double de son maître. Pour qui saurait la décoder avec subtilité apparaîtrait au fur et à mesure des rayonnages la nature profonde de son bibliothécaire. D’ailleurs aucune bibliothèque d’une certaine importance ne ressemble à une autre, ne possède la même personnalité. »

Des bibliothèques pleines de fantômes, Jacques Bonnet, Arlea Éditions

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Comment ne pas les aimer ? Un peu comme au temps du covid en 2020, où il suffisait d’apparaître sans masque ou d’ouvrir la bouche pour se faire traiter d’assassin, là, il suffit de parler de l’apartheid en Israël, de sa politique d’extermination des Gazaouis, de montrer les images des colons fous de Cisjordanie, de maudire les déplacements de populations avant, pendant et après des bombardements fous, d’écouter ce psychopathe, vrai sac à merde sur pattes, de Ben-Gvir et, hop, on devient antisémite. Vivement qu’on soit débarrassés au plus vite des Iraniens fanatiques, des Chinois totalitaires, des Russes « envahisseurs » ! Longue vie aux négationnistes du génocide des Palestiniens ! Vive le « démocrate » Netanyahou ! Mort aux enfants palestiniens antisémites ! Finissons le boulot à Gaza avec l’armée la plus humaniste au monde ! Nous sommes environnés de tant d’ignobles personnages et de complices du pire qu’il devient sinistre de continuer à vivre parmi eux, lorsqu’on n’est pas doté soi-même des qualités nécessaires pour leur faire face. Pourtant, j’aime bien me compliquer la vie, « me prendre la tête », dans les mains, en la trouvant trop lourde, trop encombrée de mauvaises pensées et de petites morales, de remords et d’impasses et je voudrais pouvoir ignorer l’existence de ces humains si évidemment dignes d’entrer au paradis des grandes âmes triomphantes, toujours du bon côté de l’histoire. On ne peut que s’éloigner de la réalité puisqu’on ne peut pas la transformer sauf si, comme quand on était jeunes, on devient des victimes aveugles d’une surestimation illusoire de soi, ce qui n’est en aucun cas une réussite mais une compensation fictive, une espèce de solde de la propre impuissance.
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Je rectifie mon titre en gras ci-dessus:  « ... les enfants de Gaza n'ont aucune place dans le monde, production effrénée excédentaire, surnuméraire. »
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Et pour le carnage de Gaza en direct, il nous faudra patienter. Je doute fort que Naza, le film de Yuval Abraham et de Rachel Szor soit distribué dans les salles de cinéma et sur les plateformes. Sans oublier un autre film courageux, La voix de Hind Racab, de la tunisienne Kaouther Ben Hania. 

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Rebelles heureux et champions de la caisse enregistreuse. Parfois, on pense que des journalistes, des intellectuels, des artistes sont des rebelles et des marginaux, presque des modèles. Puis arrive une arnaque monumentale, et on découvre que les individus en question sont en réalité ultra-conformistes et ont un discours au service du pouvoir. Le dénommé Grand Wyoming fait partie de ces très nombreuses personnes qui m’ont profondément déçu. Il avait la langue bien pendue. Il l'a toujours, mais a force de la promener dans le derrière de la mouvance progressiste actuelle. Je salue néanmoins l’habile machine à sous que son génie fait fonctionner depuis des lustres et adresse mes condoléances à ses suiveurs et fans. J'en ai fait partie, je m'y connais.

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Affaires délicates. Descente nocturne à l’Hôtel Marigny, en janvier 1918, dans « un lieu servant de refuge à des homosexuels et où l’on consomme après les heures réglementaires » dont le résultat s’avère surprenant. Des hommes en couple dans les chambres, certains âgés seulement de seize ans, « se livrant à la beuverie », le propriétaire de l’Hôtel et trois clients dont un certain « Proust Marcel, 46 ans, rentier, 102 boulevard Haussmann ».

Dans les archives secrètes de la Police. Quatre siècles d’Histoire, de crimes et de faits divers, Sous la direction de Bruno Fuligni, Folio, Paris 2011

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Réalite structurelle, insécurité subjective et la multiplication des pains et des votants. L’inquiétant personnage qui exerce la fonction de ministre de l’Intérieur espagnol déclare que la population de Ceuta exagère visiblement quand elle pleurniche à propos de ses conditions de vie quotidienne après l’invasion de l’enclave. Ce n’est que du bruit sans fondement. Il admet au plus une petite « insécurité subjective » (sic) de rien du tout. Ajoutez, si vous le voulez bien, que Sánchez, le chef de la bande, continue de dire aux habitants de Ceuta qu’ils doivent accepter sans broncher « une réalité structurelle ». Voilà le fruit de sa rumination mentale, où l’indigence intellectuelle mène directement à la nullité morale, pendant ses vacances dignes d’un roitelet de pacotille. Ni plus ni moins. Ils ont de la chance, les Sebtiens, ramassis de racistes, de xénophobes, de fachos, voilà le mot… Ils ignorent la chance qu’ils ont, les veinards, de vivre, grâce à l’inqualifiable premier ministre que les manigances de l’oligarchie espingouine a imposé (faute d'avoir gagné une élection de toute sa stupide vie) au pays depuis huit ans, une réalité structurelle capable de générer de l’insécurité purement subjective.

Ces braillards du gouvernement qui postillonnent leurs borborygmes fétides et qui vous écrasent de leur incompétence, toujours à couvert contre tout danger, c’est ça, la triste Espagne du début du XXIe siècle. On nationalise à tour de bras dans l’espoir de fausser les listes électorales. Du demi-million d’exilés après la défaite républicaine (la retirada) dont les estimations réduisent le nombre à cent cinquante mille, après le retour au pays en 1939 de trois cents cinquante mille, la loi des petits-enfants, disposition sur la nationalité incluse dans la Loi sur la mémoire démocratique, adoptée en novembre 2022, compte nationaliser plus de deux millions et demi d’individus ! Rien qu'en Argentine ou à Cuba, destination d’à peine quelques centaines d’exilés, le nombre total de demandes s'élève à plus de 1,3 millions ! Ce n’est pas qu’on nous prenne pour des cons, on est vraiment des cons fieffés … On manigance, on tergiverse, on complote, on conspire, on plume l’honnête contribuable comme jamais dans le passé. En 2027, l’oligarchie remettra finalement le gouvernement aux enchères sans tenir compte des élections. Mais Zélenski peut dormir tranquille, des sous, il y en aura toujours pour lui. Et en abondance. Connaissant les largesses de notre gouvernement de gauche progressiste, on va pas chipoter pour l’argent quand la cause semble juste …

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