« La Russie est coupable ! » Gouvernement éclipsé après l’éclipse, président en tête. Cet olibrius malfaisant a osé défendre farouchement devant les micros son droit inaliénable à se la couler douce. Quel courage ! Il y a déjà quelques années, quand il brayait ses interventions de façon solennelle en tant que conseiller délégué pour le logement, ou l’urbanisme ou je ne sais plus quoi trop, à la mairie de Madrid, il se distinguait par l’absolue vacuité et la stupidité de ses interventions. Député de rembourrage après le départ de Pedro Solbes, il reprochait publiquement à la maire de l’époque de partir en vacances. Ces obscènes marchands de tapis, censés servir l’État ! Cette bande de dégoûtants maniant avec brio les ficelles pour empoisonner nos vies. C’est leur métier, après tout. Une fois de plus, on peut vérifier sans craindre l’erreur, que le ridicule ne tue pas : les responsables de l’invasion de Ceuta seraient ni plus ni moins que la Russie et l’entité sioniste. N’y a-t-il pas, au milieu du troupeau de conseillers incompétents payés avec nos impôts, une tête pensante capable d’expliquer à cette bande de minables, du premier ministre au pire de ses laquais – qui, avec celui des Travaux publics, est le ministricule des Affaires étrangères –, que, comme par hasard, la criminelle entité sioniste et le Trumpistan sont les principaux alliés et protecteurs du Maroc ? La Russie ! On croit entendre le ministre franquiste des affaires étrangères, le 21 juin 1941, hurlant devant la foule déchaînée : « La Russie est coupable ! » Quel gâchis et quel ridicule ! Et quelle grave accusation, de la part d’un gouvernement sans Parlement, sans Constitution, voire contre elle, et contre la nation elle-même. Sans budget, sans expliquer quoi que ce soit, sans soumettre ni la politique étrangère ni celle de la défense nationale à des débats contradictoires, préférant la confrontation systématique à la recherche d’accords parlementaires, ce gouvernement de clowns a supprimé l’obligation de débattre sur l’état de la nation pour défendre, en bénéfice du robot habillé comme un mannequin qui fait semblent de diriger le troupeau, son droit inexistant à profiter pleinement de son temps libre et des congés pour se détendre et se faire plaisir, alors que l’intégrité territoriale du pays est attaquée et l’immigration échappe à tout contrôle. Une distinction fondamentale s’impose entre le mensonge traditionnel et les formes du mensonge propres au marécage politique, désormais amplifiées par de nouveaux dispositifs technologiques. Si le mensonge classique se contente de dissimuler la vérité et d’en masquer l’existence, le mensonge de la racaille politique actuelle va beaucoup plus loin : il nie le réel lui-même en détruisant toute trace de donnée originale pour lui substituer une réalité fabriquée de toutes pièces. La différence est de taille. On passe sans subtilité aucune de la dissimulation à la négation, de l’effacement discret à la falsification assumée, du silence qui cache à l’audace qui réécrit la réalité en fonction des besoins de chaque moment.
Qulequ'un qui a trop hâte pour payer nos retraites
C’est sûr et certain que demain on rasera gratis : on est entre les mains des gangsters imposés par le pouvoir profond. Des menteurs obsessionnels, faussement populaires, vendus au troupeau sous des couleurs séduisantes par une presse vile et assujettie, en sont la meilleure garantie, forcément. En tout état de cause, Janus à double tête, P. Sánchez est à la fois, pour ses électeurs et fidèles courtisans, un homme politique de haut vol, un homme d'État de premier plan, et pour le commun des mortels, un sinistre connard fou, arrogant, hypocrite, fainéant et mythomane. On ne s’en sortira pas facilement, l’opposition qui réclame à cor et à cri des élections pour l’alternance démocratique est pleinement soumise à l’entité sioniste. On verra comment le « système » s’y prendra pour lui faciliter la tâche. En tout cas, elle ne pêche pas par impatience, l’opposition. Ni par sa radicalité. Elle doit avoir en tête l’adage anglais « donnez-leur assez de corde, ils se pendront eux-mêmes ». Car le tragique cirque sanchiste poursuit ses propres actions sans chercher à l'arrêter ou à la contredire, accélérant lui-même sa propre chute par la révélation publique de ses torts, selon six principes. Premier principe : faire monter en première ligne les responsables d’une catastrophe ou d’un forfait pour leur faire dire tout le bien qu’ils pensent de leur réaction depuis « la minute zéro ». Deuxième principe : imposer à force de propagande que ce qui s’est passé était imprévisible donc inévitable. Troisième principe : dégager toute forme d’une quelconque responsabilité, attribuant à l’incompétence d’autrui les problèmes rencontrés. Quatrième principe : après avoir feint de les reconnaître, minimiser aussitôt la portée de chaque problème « subitement survenu ». Dire qu’il s’agit d’une « crise » temporaire ne remettant nullement en cause la propre responsabilité. Cinquième principe : retourner l’accusation se posant en victime d’une campagne de dénigrement. Sixième principe : faire diversion, quitter le terrain miné des questions concrètes en employant les mots magiques : « changement climatique » capable de passer, ce traître, du réchauffement au refroidissement, « campagne médiatique (bien) orchestrée », « sabotage », « attaque hybride algorithmique » (RTVE), « fake news » ... Cette philosophie du fait accompli est en tout point adéquate à la pratique qu’elle vient légitimer : il est impossible de critiquer le gouvernement puisqu’il est a priori lavé de tout soupçon d'imputabilité sous quelque forme que ce soit. Et après, c’est trop tard, voilà, les jeux sont faits, il est impossible de revenir en arrière, et toute critique de principe sera déclarée stérile, irréaliste, etc. Toute réprobation à l’encontre de l’inaction ou de l’incompétence du gouvernement sera donc présentée comme animée en réalité par de mesquines motivations politiques, caractérisée par un manque de rigueur puisque il a déjà réagi « depuis la première minute ». À ces accusations, il faut en ajouter une troisième, qui portera le coup de grâce : assimiler toutes les critiques à de simples « rumeurs » sans fondement. Une fois le terrain ainsi déblayé et les esprits hébétés par tout ce bavardage, il ne restera plus qu’à porter le coup de pied de l’âne, en accusant l’opposition d’être elle-même responsable du mal dont elle se plaint. Peu importe que ce que l’on lui reproche depuis la motion de censure en 2018, la corruption, soit précisément ce qui le sanchisme pourri dès avant sa naissance avait promis solennellement d’éradiquer. L’important est de retourner l’accusation contre les accusateurs et de maintenir le cap vers le pire.
Un génocide à Gaza ? Pas à ma connaissance. Cela n'est pas le cas. M. le Maire de Madrid
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Dernier quartier. La lune est en train de nous accompagner longuement chaque nuit, après son beau et lent surgissement, à l’est. Les choses ont l’air de prendre une étonnante lenteur en moi sous la lune, là, tout près, sur les toits… C'est sans doute pour cette raison que j’éprouve une morosité tenace avant de me remettre à lire ou, notamment, à écrire. Je n’ai pratiquement rien écrit, depuis le 18 août. Je me contente d’attendre le retour de la lune. Je me souviens du soir de l’éclipse, la compétition avec le soleil. Ces deux luminosités se faisaient face. L’une finissait pour l’emporter sur l’autre, qui lui cédait, très peu de temps après, la place. La voisine de palier est sortie silencieusement sur sa trottinette électrique, rapide, sans un bruit, j’ai eu à peine le temps de l’apercevoir devant le portail en bas. L’un de ses jumeaux, espiègles, gentils, a récupéré ma bague de mariage, avec la date gravée à l’intérieur, du fond de la piscine. Avec mon amaigrissement d’un joli paquet de kilos, elle coulisse parfaitement sur mon annulaire de la main gauche. Une ancienne croyance romaine disait qu'une veine de ce doigt, la vena amoris, menait directement au cœur. Après l’y avoir portée plus de quarante-neuf ans, je peux assurer que cette croyance est bien réelle, en me basant sur sa propre expérience. Et je me laisse rêver en train de jouir de la nuit, de me tenir debout face au seuil des ténèbres qui s’ouvre sur le monde des esprits.
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Témoins d'une époque. J’avais dix-neuf ans quand j’ai acheté, dans une grande librairie bordelaise (Mollat, pour ne pas la nommer !), Le Bon usage, un joli Petit Robert et le vénérable Dictionnaire des difficultés grammaticales et lexicologiques. Pure folie pour mes économies. Caprice, mais peut-être aussi intuition. Je n’avais encore les connaissances grammaticales ou linguistiques ni les capacités de me plonger efficacement dans de tels gros volumes. Mais je les ai pourtant achetés, alors qu’ils semblaient hors de portée de mes moyens pécuniaires. Mais je me voyais riche, vu l’état de mes économies avec la récente rémunération des vendanges à Pellegrue. Je les ai toujours, ces livres. Et en très bon état. Ils m’ont été indispensables plus d’une fois, même sans les consulter directement, à savoir qu’ils étaient là, dans ma bibliothèque, qu’ils y bâtissaient lentement mais sûrement une solide construction, par la qualité de leurs fondations et la puissance de leurs éléments. Cet édifice s’est agrandi attirant à lui d’autres formes de connaissance, d’autres moyens, d’autres hypothèses et d'autres désirs, constituant autour tout un savoir qui a pris d’autres chemins que ceux que je pouvais imaginer à dix-neuf ans. Une forte envie subite, comme une espèce d’intuition, même minime, peut constituer le point de départ d’un processus continu de transformation pour tisser un projet personnel capable de donner une forme concrète à des aspirations plus profondes difficiles à formuler en un instant. C'est un cheminement patient qui demande de la volonté (la force de la volonté !) et de la persévérance.
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Un homme juste embastillé
Un analyste digne de confiance, plein de lucidité et d’arguments
Georges Le Gloupier est décédé. Seul ou à la tête de commandos pâtissiers, il a entarté des personnalités qu’il considérait comme détestables et infatuées. Parmi ses victimes : Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Doc Gynéco, le ministre belge Édouard Poullet, Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, Maurice Béjart, Nicolas Sarkozy, Pascal Sevran, Patrick Bruel, Bernard Landry, Hélène Rollès, Patrick Poivre d’Arvor, Jean Charest. (Wikipédia). Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, lançait son cri de guerre au moment de l’assaut pâtissier : Gloup Gloup ! Entartons, entartons les pompeux cornichons ! Ou bien : Entartons entartons, le puant pognon ! Il écrivait également des critiques de films qui n’existaient pas. Ce surréalisme rebelle serait à l’heure qu’il est tout à fait impossible. Feuerbach avait écrit « seul possède la puissance de créer du nouveau celui qui a le courage d’être absolument négatif. » (Nécessité d’une réforme de la philosophie).