Je désirerais vivre obscurément en paix et j’ai du dégoût quand
je vois tout ce qui peut se répandre sur les réseaux sociaux à propos des gens qui
essaient de ramer un peu à contre-courant ou d’émettre la moindre critique contre les
bouffons au pouvoir, mais c’est plus fort que moi : il faut que je leur
crache dans la gueule.
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Un (cher) ami, historien pas à la retraite, comme moi, et avec ça, français, pou aggraver son cas, me reproche mon
obsession anti-gaulliste (?). Du grand n’importe quoi ! Je n'ai rien à cirer du gaullisme. Lecteur assidu non
seulement de Céline, mais de grands mémorialistes genre Galtier-Boissiere ou
Léautaud, comment pourrais-je nourrir une quelconque adhésion à l’histoire
officielle ? C’est un fait que les Français n’ont plus voulu se battre en 1940 comme
ils s’étaient battus en 1914-18. Ils l’ont assez montré par la transformation
de la campagne de juin 40 en une course à pied depuis le Nord jusqu’aux
Pyrénées, que Céline a magistralement brocardée dans Les beaux draps.
Ils ont depuis laissé les autres faire la guerre avec le vague espoir qu’on les
remettrait à la fin dans leur situation antérieure de grande puissance, sans
qu’ils aient eu à donner de leur personne. C’était le projet de De Gaulle,
parti se réfugier à Londres et rentré en réclamant la “grandeur”. Or, on ne devient pas grand en réclamant la grandeur. Comme on dit au Cameroun, je crois.
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Lorsque Marat fut assassiné, la France
prit le deuil. Quelques mois plus tard, on jetait ses ossements à la voirie. Méfiez-vous
des emportements populaires !
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On connaissait déjà la brigade des
acclamations au pouvoir sanchisto-communiste, on a perfectionné en
créant la brigade des fellations dans la presse grassement subventionnée. Les
mêmes qui s’époumonaient avant-hier pour des augmentations de l’électricité
proches de dix pour cent, provoquant, à les entendre, la plus insoutenable brèche
énergétique, se taisent plus bruyamment que jamais au moment même où on
assiste à des sauts de facture de plus de 200 % ! On ne pleure plus dans les
chaumières, les nôtres au pouvoir, on n’a pas à s’en faire … Pour parer à
toute éventualité, les « intellectuels à plein temps » qui font des
mamours à la gôôôche podémito-wokiste reçoivent de tendres caresses dans
le sens du poil : un million d’euros pour financer la mobilité internationale (sic)
d’une centaine d’écrivains rebelles et insurgés, grands brasseurs du vent triés
sur le volet …
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Inflation de super-héros remis dans la rue.
La joie populaire prend une forme bassement misérable quand on reçoit en héros dans
leurs villages et leurs quartiers des bourreaux plastiqueurs, geôliers,
flingueurs sordides, racketteurs et mouchards sortis de prison pour la
stabilité politique de Pedro Sánchez au pouvoir. Tant d'enthousiasme grossier
fait vomir. Tant de bassesse dans la vie publique vient de la lâche réserve des élites (sic) locales qui, une fois de plus, n’ont pas la capacité de faire leur
devoir. Chaque assassin a été un héros. Il ne faut pas s’aviser de contredire
cette opinion presque unanime. Ils étaient tous de prodigieux soldats à
domicile … Il paraît qu’ils se sont battus un peu brutalement dans quelques occasions,
mais en faisant trêve au moment du déjeuner ou pour aller à la plage. La vie des
gens n’a pas cessé. On allait dans les boutiques ou au cinéma, on faisait sa
routine, on se dispersait en entendant les explosions ou les coups de feu un
peu au hasard et on refaisait sa vie un moment après. La vérité est décevante.
La grande insurrection unanime des Basques est un bluff magnifique. Pris
isolément, chacun, d’ailleurs, finit par en convenir. Tout le monde prétend avoir
concouru à des formes d’insurrection mais l’immense majorité était terrée chez
elle dans les pièces ne donnant pas sur la rue ou, poussée par la curiosité,
risquait de se faire matraquer en badauds. La bataille, meurtrière pour les
victimes, près de mille morts, n’a pas atteint le niveau de l’Irlande du Nord où les deux camps affrontés se portaient de coups sanglants. Mais la sordidité
des années de plomb a été transformée en légende et le coup politique qui a
fait réussir l’entreprise indépendantiste est une des plus belles pages de l’illusion
de la victoire de la démocratie sur le terrorisme. L’essentiel, c’est qu’il ne
faut pas voir les choses telles qu’elles sont. Les mots historiques n’ont
jamais été prononcés. C’est tant pis pour ceux à qui on les attribue. Ils
auraient dû être dits. La vérité historique, c’est la légende. C’est l’histoire
telle qu’elle aurait dû se dérouler. La seule à laquelle on doit croire et qui
élève un peu l’âme. Foin des érudits et des critiques. Ils minimisent en
rétablissant le réel. Officiellement sinon, on fait des discours. On applaudit
chaque phrase. On hache les phrases d’approbations. Les uns sont contents de
parler, les autres de claquer des mains. On se congratule, on se félicite, on
s’embrasse. On croit avoir remporté une victoire en faisant de la rhétorique. La
caractéristique des écrivains et journalistes de ce temps est qu’ils savent si
bien leur métier qu’ils ont l’art de transformer les choses immédiatement pour
les raconter telles qu’elles devraient être. C’est la passivité qui était la
règle, et rien de plus. Aujourd’hui, cette passivité est présentée comme une
activité courageuse et héroïque. Aussi voit-on sortir des visages inconnus qui
revendiquent tout et qui parlent haut. C’est pitié de les voir réussir. Ils
s’imposent, parlent haut, réclament des privilèges, jugent leurs concitoyens et
se parent de plumes qui ne leur appartiennent pas. Leur supercherie durera
plusieurs années car ils ont le puissant vent des pouvoirs (central, autonome,
municipal) en place favorable, une superbe qui ne supporte pas les critiques et
une insolence dans l’obscénité qui fait taire les timides.
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