J'aime

mardi 25 octobre 2022

Octobre. Petite pluie abat grand vent ...




« Le préjugé de croire que toute vérité entraîne l’obligation d’en faire un jeu de la pensée, c’est-à-dire de la passer au crible de quelques habitudes mentales, devient encore plus gênant lorsqu’il n’est que le fruit d’une déformation scolaire ; un des caractères les plus frappants du monde actuel est la multitude de ceux qui, sans être doués par la nature d’une intelligence tant soit peu supérieure, se croient obligés de faire semblant de penser à tout propos, en revêtant leur inintelligence d’une phraséologie apprise, en quoi ils atteignent souvent une habileté comparable à celle d’un prestidigitateur ; la sottise, ainsi dissimulée sous un fatras d’artifices rhétoriques et avancés avec un aplomb aussi irresponsable qu’imperturbable, est volontiers prise pour de l’intelligence, voire de la richesse intellectuelle, conformément à la conception médiocre et toute quantitative de la culture.

Frithjof Schuon, L'œil du cœur

***

Justice pour Lola ? De l’Etat aux médias, l’ordre policier de ceux qui nous gouvernent consiste à toujours maintenir le désordre établi. Pourtant, qu’est-ce qu’on se révolte pour ce qui se passe en Iran, au Qatar, que sais-je encore … ! Quand il n’y a pas de risque, on a tous les courages. Autant pleurer sur la mort d’Abel, sur les victimes de Gengis Khan, de la peste noire ou des inondations en Australie. Ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est le respect de la vie et, en principe, la protection de la vieillesse et de la maladie. Carnassiers et charognards semblent indispensables à l’équilibre de la nature. Or, l’empire du mal s’installe là où l’homme redevient cet animal qui dépèce les cadavres, pille les tombes et s’approprie les habitations d’autrui… On a du mal à comprendre pourquoi une société si libérale et éprise d’égalité et de justice depuis deux siècles a si vite laissé place, avec l’installation du Bien partout véhiculé par la mondialisation, à une prolifération d’intouchables bêtes fauves au-dessous de la bête, de sadiques et de satyres, dont l’envieuse méchanceté et l’infâme corruption sont apparemment l’état normal. Misère de nos sociétés porteuses de messages stériles !

---

Voter halal ou bouffer de l’étranger ? (un titre de l’Obs d’il y a plus de dix ans !) Les Français ont voté halal après l’exécution à bout portant, en pleine tête, de Myriam, 8 ans et demi, de Gabriel, 3 ans et demi et d’Arié, 6 ans, par Mohammed Merah. Les Français ont voté halal après le Bataclan. Les Français ont voté halal après Charlie Hebdo. Ils ont voté halal après la compote niçoise. Revoté halal après l’égorgement du père Hamel, du colonel Beltrame et de Laura et Mauranne, 20 ans. Puis les Français ont encore revoté halal après la décapitation de Samuel Paty. Après le martyre de Lola, les Français iront s’activer narcissiquement dans une grande marche façon #jesuischarlie dont on voit aujourd’hui les splendides résultats : #jesuislola fera aussi bien. Et ils revoteront halal. Car ils n’en ont rien à foutre, de Lola. Strictement rien. Tous ces événements le prouvent assez : rien ne peut fléchir l’indifférence d’une opinion publique lobotomisée à jamais.

---

Chaque petite fille émerge d'un océan de possibilités comme un nouveau monde, une véritable άναδουμένη (« émergée de la mer », surnom d'Aphrodite), comme compagne, comme épouse, comme mère ou grand-mère, sœur ou cousine. La relation du père avec la fille est pourtant la plus surprenante, la plus énigmatique, la plus impuissante et la plus belle de toutes les relations humaines imaginables. Un fils est, au mieux, un double, un oμooύσιoς (identique) ou oμoιoύσιoς (semblable). Une fille, c'est tout autre chose. Ce lien, au-dessus de ces destinations individuelles et derrière elles, est le plus sublime et le plus intense.

C. Schmitt, Glossarium

***

Dégoûts médiatiques. Dernier dégoût télévisuel français (BFMTV). Pensée américanisée jusqu’au tréfonds : la paix ne doit pas être garantie par des contrats ou des pactes mais par des sanctions. L'unité, la paix et la stabilité reposent sur des « règles » énoncées par ceux-là même qui veulent, depuis leur entrée dans l’Histoire, transformer le monde en butin pour eux-mêmes. Dernier dégoût radiophonique espagnol (Cadena SER). Je me laisse casser les pieds, exprès, un bon bout de temps. Dialogue chaotique entre une conne complète, plusieurs fois ministre, et un garçon gris, moche et chétif en apparence, originaire du quartier madrilène de Vallecas, baratineur à en crever, visiblement entré en politique histoire d’améliorer son train de vie. Il connut son moment de gloire et un énorme succès grâce à un certain contexte historique et à un moment politique advenu quand le bipartisme espagnol risquait de s’effondrer et, en bonne mesure aussi, grâce au soutien financier et médiatique de pouvoirs discrets mais redoutablement efficaces. Intronisé vice-président, au sommet du pouvoir sanchiste, il fit en profiter sa femme, placée par lui aux commandes d’un ministère de trop, et partagea son ascension en alignant amis et proches, curieux catalogue de gens sans cervelle, devant une social-démocratie médusée, déjà partie en vrille. À sa chute, pas mal teintée de grotesque, chasse à courre contre lui : des politiciens trahis, des ex-copines, des amies ingrates, toute une cohorte qui lui en veut pour de multiples raisons et tient à lui faire payer cher ses agissements …

***


Le 28 juin 1914, l’héritier de la couronne de l’Empire austro-hongrois est abattu lors d’un attentat terroriste à Sarajevo (alors Serbie). Seulement quatre semaines plus tard et après un ultimatum, l’Autriche déclarait la guerre à la Serbie alors que ce pays avait accepté 13 des 14 points dudit ultimatum. Les fous au pouvoir avaient décidé de faire la guerre et les « causes » immédiates du conflit n’étaient rien d’autre que des alibis emberlificotés, comme c’est souvent le cas. La politique des alliances transforme alors un conflit local en une guerre mondiale à effets dévastateurs. La Russie active son alliance avec la Serbie et annonce la mobilisation, ce qui conduit l’Allemagne, alliée de l'Autriche, à déclarer la guerre à la Russie ; La France est venue au secours de la Russie et la Grande-Bretagne au secours de la France, formant deux camps : la Triple Entente (France, Royaume-Uni et Empire russe) contre les deux grands empires d’Europe centrale, l’Allemagne et l’Autriche. Plus tard, l'Italie, le Japon, l'Empire ottoman et d'autres pays se joindront d’un côté ou de l’autre. Quatre ans plus tard, le tableau était effroyable : les cadavres de 17 millions de personnes gisaient dans les champs d’Europe sans que personne ne se souvienne de la véritable raison de leur mort. Et la réponse aux « plus jamais ça ! » des pacifistes ne tarderait pas à venir : un second conflit apocalyptique qui réduira l’Europe à néant.

***

Internet, donde todo individuo tiene derecho a hacer sus necesidades en público y en ocasiones con gran éxito de audiencia. (Gregorio Morán)

***

« Ils meurent par séries sur les routes, à chaque épidémie de grippe, à chaque vague de chaleur, à chaque erreur de ceux qui falsifient leurs aliments, à chaque innovation technique profitable aux multiples entrepreneurs d’un décor dont ils essuient les plâtres. Leurs éprouvantes conditions d’existence entraînent leur dégénérescence physique, intellectuelle, mentale. On leur parle toujours comme à des enfants obéissants, à qui il suffit de dire : « il faut », et ils veulent bien le croire. Mais, surtout, on les traite comme des enfants stupides, devant qui bafouillent et délirent des dizaines de spécialisations paternalistes, improvisées de la veille, leur faisant admettre n’importe quoi en le leur disant n’importe comment ; et aussi bien le contraire le lendemain. »

Guy DEBORD, In girum imus nocte et consumimur igni (Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu)

***

Entendu à un lucide retraité, Prof des Universités, fils d’instituteurs, à la retraité à Gradignan : « À quoi bon aujourd’hui perdre son temps à l’Université, où se revendent à la sauvette des stocks inépuisables de connaissances abîmées… ? »

***

Ceux qui ont compris quelque chose ne se précipitent pas d’aller le dire à la télévision ou aux chaînes radio. Ils s’en foutent de la notoriété et des éloges des intellectuels de journaux. Dire une vérité, ce serait porter de l’huile là où est le feu, elle serait éteinte à la seconde par les pompier pyromanes de service partout.

***


Cette société abjecte signe une paix durable quand elle offre le pouvoir, avec les meilleures places de son sinistre spectacle, à ses ennemis les plus déclarés.

***

L’œuvre complète des penseurs d’élevage, que l’on commercialise triomphalement à cette heure de la marchandise décomposée, n’arrive pas à cacher le goût des produits frelatés qui les ont nourris.

***

Notre culture disparaîtra. Elle avait trois qualités : elle aimait et respectait le Beau, habitude prise chez les Grecs. Elle aimait et respectait le Droit, habitude prise chez les Romains ; elle aimait et respectait l’Homme, habitude prise très tard et avec force difficultés chez les Chrétiens. Par le respect de ces trois symboles : l’Homme, le Beau et le Droit notre culture occidentale a pu devenir ce qu’elle a été. Et maintenant qu’on tient à l’effacer, elle perdra la part la plus précieuse de son héritage : l’amour et le respect de l’Homme. Sans cet amour et sans ce respect, la culture n’existe plus. On devient des bêtes d’élevage.

***


Plus dure sera la chute.
Au cours de ces années, le sanchisme a éclairé parfaitement la sélection des individus par une hiérarchie secrète dans la pourriture. Patxilopèse n’est pas le seul. Tels sont les héros du socialisme. Autour du premier cercle du gang de Sánchez, s’est formée un cénacle de cercles extérieurs, de succubes de troisième ou quatrième catégorie. Ils sont la Fourberie voulant se faire passer pour la Droiture. Pour diaboliser leurs adversaires, ils ont tous en commun de prêcher partout les bons sentiments. Ajoutons à cette déchéance institutionnelle, la lâcheté chronique des journalistes qui ont peur de se couper de leurs subventions. Au lieu d’être au service du peuple, ils se changent insidieusement en serviles adulateurs du dernier crétin arrivé au pouvoir, en simple troupeau de caniches. À l’impératif de vérité, ils substituent le devoir d’obéissance. Habile dans le coup du bonneteau à toute vitesse devant des millions d’électeurs, Sánchez promène de mur en mur les ombres chinoises qui sont le spectacle même de la caverne de Platon : des ombres portées d’une réalité dont ils ne connaîtront jamais que les apparences, au travers de ce jeu habile et sublime du montreur de marionnettes qu’est, depuis sa truculente arrivée au pouvoir, ce grand prestidigitateur d’un socialisme discrédité jusqu’à la caricature. Les trocs pitoyables de notre « transition » politique des années soixante-dix, avec une gauche devenue complice des marchandages de la honte, agréèrent l’apparition de pitoyables individus de tout bord créant une « nouvelle » classe politique qui, par son silence, trompa sciemment le peuple. Ce fut une connivence dramatique dont les effets se font toujours sentir. La traversée bourbonienne de ces années a été pour le moins déshonorante. Plus gravement, elle a été celle d’un pays entier qui, par conformisme, n’a voulu rien savoir et doit maintenant payer le prix d’un passé fardé, emplâtré, et ravaudé par toutes les chirurgies esthétiques de la fausse mémoire. Quand c’est trop tard, c’est trop tard… 
Sauf que notre leader bien-aimé, notre cher Pedro à nous, s'occupe de tout. Tour à tour, agent atlantiste sous la botte des Américains, champion des « valeurs » UE, soutien de la veuve et de l’orphelin et en même temps des pauvres et des « classes moyennes laborieuses » (sic), ce petit politicien,  instrument des lobbies successifs qui ont financé son parti (CIA, social-démocratie allemande), aurait pu, une fois chef du gouvernement, démontrer par son action politique une vision historique se dévouant à la grandeur de la nation. Il n’en fut rien. Politicien magouilleur de la plus basse espèce, il mit l’État au service de ses calculs minables. À la traîne des Américains dans la guerre d’Ukraine et fâché en même temps avec Algériens et Marocains, il asservit son pays se roulant aux pieds de l’OTAN avec ses bases d’occupation, acceptant non pas le maintien mais l’accroissement significatif du budget militaire, ne faisant qu’accroître le chômage et la vie chère. Toucheur de peuple, il n’a d’autre contact avec ses semblables que sa poignée de main. À quoi rêve-t-il ? À conserver le pouvoir, à paraître, à flotter le plus longtemps possible comme des bouchons à la surface de l’eau – et à se graisser la patte en attente d’une sinécure à l’extérieur. Manipulateur d’exception, ce monsieur a fait ses classes à l’école de l’embrouille, là où l’on vous enseigne l’art de duper vos interlocuteurs, tout en s’attirant l’admiration des foules, par le recours constant à deux armes magiques, le culot et le baratin sans s’embarrasser de rien : faire toutes les promesses, n’en tenir aucune, prétendre tout et son contraire,  parler le plus possible… pour, à force de déclarations, créer la confusion dans les esprits et pouvoir toujours s’en tirer, à la manière des prestidigitateurs. « Des messieurs à gibus fumant le cigare me veulent du mal. Je suis blanc comme neige. Je n’ai jamais rien caché. Tout ce dont on m’accuse, je m’en suis déjà expliqué. On me fait encore un mauvais procès, en me ressortant à chaque fois les mêmes dossiers. On m’en veut parce que je réussis et que je suis le meilleur et le plus beau. » Grand illusionniste de ce joyeux premier quart de siècle, Sánchez est assuré que jamais personne ne pourra le confondre dans un « direct » à la télévision, où il a studio ouvert et des lèche-culs de service en veux-tu en voilà. Il peut tranquillement y faire ses plateaux, sélectionner à sa guise ses contradicteurs, faire caviarder un reportage où il n’apparaît pas à son avantage ou commander une ridicule série documentaire à sa gloire. Et narguer ensuite le journaliste qui aurait l’impudence de vouloir le présenter tel qu’en lui-même. Une amoralité insondable, un défi permanent dans la pratique du cynisme, une même propension à recourir au mensonge pour parvenir à ses fins, réduire ses adversaires, réussir contre eux tous les mauvais coups. Combien de temps faudra-t-il avant que l’Espagne ne se lasse de ce baratineur, de son total mépris du peuple qu’il prétend servir, mais qu’il sait toujours mieux duper grâce à des stratagèmes qu’il ne se lasse plus d’exploiter ? Avant d’appeler qui que ce soit au gouvernement, une enquête serrée devrait être faite par principe. Je ne comprends pas comment les socialistes parfaitement informés prirent le risque il y a déjà quatre ans d’introduire un aventurier au sommet de l’État. Des centaines de cadres honnêtes et capables ont été pris en tenaille par un gros tas d’opportunistes implacables qui, alliés aux marginaux et aux démagogues de toute race et de tout pelage, ont converti cette organisation historique en un parti de zombies …

***



Je suis exercé de longue date à mener une existence discrète et insaisissable. Sous le toit, dans ma bibliothèque où s’élèvent dans les rayons des centaines de livres, pareils à des soldats penchés dans leur tranchée, j’ai quelquefois la sensation d’être au cœur d’un navire gisant au fond des eaux. Tout un transatlantique de culture qui sombrera corps et biens dont la coque repose sur le sable et qui sera prochainement engloutie à jamais. Bientôt, je ne pourrais plus relire ces livres, rassemblés en des années de travail et de patiente attention. Annotés, cent fois consultés, ils ont constitué le trésor de ma mémoire qui fléchit. À mesure que nous vieillissons, la mémoire prend des rides, des ombres et des lumières plus fortes. Après l’éblouissement impressionniste de l’adolescence, c’est le clair-obscur des paysages dans le brouillard qui marque le temps qui passe. Mon sang-froid me fait rester en ces lieux et y revenir pour me replonger dans la terre de mes rêves. Tant de moments heureux qui s’éloignent pour toujours entraînant avec eux les occasions manquées et les moments d'enthousiasme !

***

À la télévision, on n’entend que cette gauche résiduelle genre woke qui, pour se protéger d’avance des retombées à venir de sa propre corruption, y va à fond dans la culpabilisation des autres. Entendre ces gens-là parler d’intégrité a de quoi faire rire.

***

Comme je viens d’écouter depuis une demi-heure les mêmes jérémiades sur le livre menacé par Internet, j’ai rappelle que ni la Bible, ni les Évangiles, ni les présocratiques grecs n’étaient des livres, et qu’ils ont traversé les siècles. Sempiternelle confusion du produit et de son enveloppe, du bonbon au chocolat et de la boîte, de la sardine et de la conserve. L’aluminium de la boîte n’est qu’une reliure in-folio. Quel que soit le flacon, c’est toujours la chair de l’esprit qu’on déguste. Désormais, ordinateurs, tablettes et smartphones porteront bien plus Platon que le livre imprimé, devenu totem et réceptacle de la sous-culture des élites férues de soupe rallongée.

***

La règle la plus constante qui préside aux agitations d’un gouvernement d’incapables, ce à quoi on les reconnaît sans peine, est que les résultats sont toujours à l’inverse des vœux.

***

Jésus-Christ, qui ne perdait jamais son temps avec l’esthétique ou la musique, parlait cependant des fleurs des champs à ses apôtres avec une émotion communicative. Sa seconde passion était l’ornithologie, que saint François a conduit au sommet de la perfection appelant par leur prénom tous les petits oiseaux du coin, qui lui répondaient en gazouillant dans leur langage.


***

Autre question digne d’intérêt : celle du réalisme en littérature. Écrivant pour ma satisfaction personnelle, sans aucune prétention d’être jamais publié, je me rends compte que la réalité n’est pas directement littéraire. Ou bien elle est plate et ennuyeuse, ou bien elle paraît relever de l’extravagance, ou bien elle ne fait pas vrai parce qu’elle bouleverse les idées reçues et les usages consacrés. Le travail de l’écrivain soucieux d’être édité consiste donc à mettre en scène, naviguant entre les écueils, une réalité artificielle qui fera plus vrai que le vrai. Je m’efforce, quant à moi, d’être vrai dans la sobriété et dans le respect de mon premier lecteur, qui est moi-même.

***

Pour mon ami d’Irun J. G. V. : berak badaki nik badakidala eta nik badakit berak badakiela... Y a-t-il en France des territoires « hors de la République » ? Il y a des quartiers entiers où on ne fout plus les pieds, même la journée. On ne sait pas trop combien de gens y vivent car ils ont rapatrié toute leur famille élargie. Les chiffres ne veulent plus rien dire et les autorités donnent l’illusion d’avoir le contrôle. Les écoles de ces quartiers sont des taudis et le commerce a pris depuis longtemps la fuite. La police n’y met plus les pieds et les gangs règlent leurs comptes et font leur business tranquilles. Une fois par an, un ministre débarque avec son préfet et les caméras pour annoncer une connerie et balancer une formule choc qui fera le buzz pour quelques semaines.  Et hop, le lendemain le business reprend. Les gens qui ne peuvent plus ont abandonné ces quartiers, tout sacrifiant sur l’autel de la paix sociale. Le plus grand problème, c’est que cette situation n’est même pas reconnue. Ça n’existe pas, ce sont uniquement des sentiments subjectifs ! De ce point de vue-là, c’est pire que tout : on ne veut même pas voir une réalité en face. Des profs qui se font décapiter, c’est aussi une des exceptions culturelles françaises. Le tout avec l’institution qui demande de ne surtout pas faire de vagues. Si un prof fait des vagues, il va envoyer des messages supers négatifs et on lui reprochera de ne pas tenir sa classe. Une fois par an, et pour se donner bonne conscience, on organise une petite minute de silence qui sera reprise par les médias avec un petit mot d’un ministre et voilà : affaire réglée ! Reste les quartiers encore préservés, sécurisés avec moults caméras de surveillance, parfois clos et avec gardiens à l’entrée, dont les heureux habitants ont accès aux écoles privées et aux conforts de la vie moderne. Les enfants du ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, étudient à l’École alsacienne, établissement privé d’élite à l’abri de tout risque de « communautarisme » …

***

 




samedi 24 septembre 2022

Rentrée 2022 : éternel retour.

 

Août. Nous avons un rapport fusionnel avec notre maison. Mais après un long séjour sans la quitter, trop prolongé, nous vient l’envie de changer d’air. Les trop courts passages d’amis, ceux, périodiquement rythmés par leurs vacances, de nos enfants, d’un voisin qui sonne, nous comblent. On aime énormément la partager, la faire admirer de près. Mais cela ne suffit plus : il faut qu’on parte loin pour la regretter, car on l’aime trop. Alors dès le matin du jour choisi, Rosa cajole ses plantes, on astique les meubles, on referme les volets : fuyant notre solitude nous la refermons sur la sienne. Et déjà un sentiment de tristesse m’envahit. J’ai l’impression d’abandonner une vieille maîtresse qui m’a donné sans compter tant de bonheurs, de la trahir. Alors je caresse une dernière fois certains objets, chaque meuble, je lui dis, d’une voix qui s’étrangle, « t’inquiète pas ma belle, je reviendrai dans quelques jours… tiens bon ! » Et on part sans se retourner, les yeux humides…

---

Septembre. À notre retour d’Alicante, nous la retrouvons, le lendemain, inondée de lumière. Mais l’émerveillement est vite effacé à cause d’une stupide histoire de travaux de réfection avec un entrepreneur capable de vous gâcher l'existence. Puni, comme à l’école ! Ni plaisir en entendant de la musique ni plaisir d’écrire un peu après tant de jours d’absence. Pouvoir faire des phrases ! Habituellement, je m’en lasse pas. Cette fois-ci, cela devra attendre. Toute capacité de réflexion part en fumée après une discussion un peu « vive » - comme je les aime, tout de même - quand on tente de me prendre pour un con. Je ne suis pas diplomate pour un sou, ni faux cul. La parole donnée a toujours, pour moi, une signification. Les engagements par écrit, ça a force de loi. Dans le cas contraire, autant retourner chacun à sa caverne ronger son os. Pouvoir faire des phrases ! Quelque chose dont je ne m’en lasse pas. Voire, comme le dit le regretté Jean-Luc Godard dans une interview, parler pour ne rien dire. Et de plus en plus quand on se voit vieillir. Rien d'important, de neuf, de singulier, de surprenant. Simplement, polyglotte, se fondre dans les langues et accepter de n'avoir rien à dire qui n'ait déjà été dit cent fois, mille fois. Quelque chose qui dise le moins possible. Comme dans une langue morte, à la limite de l'extinction de voix. Disparaître complètement dans l'épaisseur de la langue. Je n'y parviendrai pas ce matin ! Tant pis, j’irai me promener en ville pour quelques heures comme le fou à qui l'on a permis de quitter l’asile et je me promènerai au soleil, au fur et à mesure que l’exaspération disparaît et que ma tête récupère enfin un peu de calme sous la lumière triste de septembre.

***

Les progressistes sont donc pour la peine de mort. Mais attention, seulement pour les délits les plus graves : les délits d’opinion. Comment disaient-ils, au fait ? Ah oui : tolérance. Et puis « je suis Charlie ». Et, surtout « Vous n’aurez pas ma haine » et tout ça. Mais pour Daria Douguina, que dalle. Elle mérite bien son terrible sort, cette sorcière anti-woke !

***

Visite à San Baudelio de Berlanga. Je ne suis pas en mesure de prouver que le Dieu des catholiques existe. Mais ce qui est sûr, c’est qu’Il leur a inspiré de sacrés chefs-d’œuvre. Qu’Il a fait germer du cœur et de la main de l’Homme des splendeurs inouïes. Des splendeurs non seulement infiniment supérieures à toutes les autres créations humaines, mais d’une toute autre nature…


***

À l’instar des autres régimes politiques, la démocratie n’est que la caractérisation d’un rapport de force social à un moment donné. Ce n’est ni un paradis ni un idéal à atteindre à tout prix et surtout pas une « valeur ».

---

Puisque le nom de tyran est le plus odieux de tous les noms, on ne doit le donner qu’à ceux des princes ou des simples citoyens qui ont acquis, n’importe comment, la faculté illimitée de nuire. Malgré la possibilité de déposer périodiquement un bout de papier dans une urne, on doit donner indistinctement le nom de tyrannie à toute espèce de gouvernement dans lequel celui qui est chargé de l’exécution des lois, peut les faire, les détruire, les violer, les interpréter, les empêcher, les suspendre, ou même seulement les éluder avec assurance d’impunité. Que ce violateur des lois soit héréditaire ou électif, usurpateur ou légitime, bon ou méchant, un ou plusieurs ; quiconque, enfin, a une force effective, capable de lui donner ce pouvoir, est tyran ; toute société qui l’admet est sous la tyrannie, tout peuple qui le souffre est esclave.

---

230e anniversaire de la République. J'ai toujours trouvé admirable l’efficacité avec laquelle la France a révélé au monde son histoire des deux derniers siècles. À commencer par la vente efficace à sa propre jeunesse, à travers le système scolaire, d’une telle camelote. Les Français auraient inventé la démocratie moderne. Et Napoléon se serait consacré à la répandre partout sur les terres d'Europe. Ses successeurs auraient poursuivi cette noble tâche et ils auraient héroïquement écrasé le dragon incarnant le Mal au 20e siècle, le nazisme, grâce aux courageux garçons de la Résistance. Ils ont laissé entrer les Allemands chez eux pour mieux les avoir, malins qu’ils étaient. Colonies ? Eh bien, les Anglais peuvent si l’on veut en avoir davantage mais, au moins, dans les colonies françaises, les droits de l'homme et de la plante étaient respectés. C'est à peu près ce que l’on trouve dans des manuels, dans des livres, dans des films et des documentaires, etc. Les campagnes napoléoniennes ont bel et bien provoqué quelques millions de morts, civils et militaires, et alors ? Les doléances et réclamations des colonies n’ont pas toujours été satisfaites au goût des populations locales ? Bon, peut-être. Curieusement, la défaite à plate couture de 1870, répétée  à une plus grande échelle en 1940, après le malentendu de la « victoire » dans la Première Guerre, sauvée de justesse par les alliés, n’entament non plus en rien l'enthousiasme inexplicable des élites au pouvoir. La plus petite « petitesse », l’abandon honteux des populations et des territoires d’outre-mer, du Viêtnam à l’Algérie a été habillé par le génial vendeur de mythes, fier donneur de leçons à l’univers, qu’était De Gaulle comme de « la grandeur ». Et dans le vaste monde, il a gardé une image splendide, ce géant vide. Comprenne qui pourra… Paradoxes de l’histoire, en quelques années, un stupide système idéologique destructeur imposé par la gauche américanisée a poussé avec succès la population à avoir de plus en plus honte d’elle-même, de sorte que la véritable et magnifique histoire de ce pays que j’aime passionnément reste ensevelie sous de grosses couches de gravats de falsification. Gaullienne, jadis, et d’ignominie woke, naguère.


***

Droits historiques. On discute depuis quarante ans sans discontinuer des « droits historiques », ô combien mystérieux, propres aux territoires foraux de notre Communauté autonome basque, auxquels la Constitution espagnole fait référence dans sa première Disposition Additionnelle : « La Constitution protège et respecte les droits historiques des territoires foraux. La mise à jour générale dudit régime foral sera effectuée, le cas échéant, dans le cadre de la Constitution et des Statuts d'Autonomie ». Sujet passionnant. Car, ces droits historiques ne sont pas détaillés ni datés. En quelle année ou dans quel siècle prennent-ils effet en tant que droits historiques ? Comportaient-ils aussi des obligations, sans doute ? Apparaissent-ils dans la Loi Paccionada de 1841 ? Se trouvent-ils développés dans les conseils provinciaux (Diputaciones Forales) qui existaient sous le régime de Franco en Biscaye, Navarre, Alava ou Guipuscoa ? Il n'y a pas eu, à l’époque, d'objection de la part des non-nationalistes basques à la loi d’Amélioration du régime du Fuero de Navarre, qui allait dans la direction opposée à celle de ces territoires foraux bien qu'il soit évident qu'elle consacrait des privilèges qui rendaient lettre morte la soi-disant égalité de tous les Espagnols en droits et en devoirs. On en est donc loin d’un droit historique clairement défini d’autant plus que son interprétation n’est pas fixée dans des textes, n’étant qu’un concept immatériel d’origine exclusivement politique. Plus précisément, ce que les nationalistes basques interprètent à un moment donné en tant que droit historique, c’est ce que le reste des politiciens espagnols ont dû jusqu'à présent prendre pour acquis sans contestation. Ils n’ont jamais eu la prétention d’en savoir davantage que les nationalistes basques eux-mêmes ! On croit généralement que ces nationalistes rêvent d’un retour dans des parages idylliques d'agriculteurs, d'éleveurs, de pêcheurs et de marins, fermés, sans aucune trace de culture au-delà de leur langue rurale fragmentée, où l’étranger n'a jamais un mot à dire. Or, c’est parfaitement faux ! Ils savent pertinemment ce rêve impossible et ils essaient sciemment d'amener à un nirvana partagé les indigènes d'autres régions espagnoles, convertis en tour de passe-passe en héritiers légitimes d'une identité basque nouvelle mouture, basée sur une utilisation héraldique (terme développé il y a plus de cinquante ans par J. L. López Aranguren) de la langue autochtone que chacun doit exalter à défaut de savoir s’en servir, et surtout sur l’abandon des veaux d'or (politiques) socialistes au profit d’une majorité parlementaire du parti-guide, le PNV, pour ne pas le nommer. La mise à jour des droits historiques est établie dans l'ensemble du corpus juridique de la Constitution de 1978, qui établit l'égalité de tous les Espagnols, sans distinction de sexe, de religion, de race ou d'autres conditions qui y sont exprimées. La race, dans le cas des Basques, pourrait être expliquée en détail par l’éminent Aitor Esteban, porte-parole au parlement de Madrid qui tenait, il y a une éternité, à s’y exprimer en basque. En aucun cas, un statut d'autonomie, dérivé de la Constitution 1978, ne peut, de quelque manière que ce soit, aller au-delà du fait que Basques, Andalous ou habitants de l’équivalent en Espagne de Trifouilly-les-Oies sont égaux en droits et en devoirs. Car la Disposition Additionnelle est clairement exprimée : « dans le cadre de la Constitution et des Statuts d'Autonomie », sans que les prérogatives de chaque statut d'autonomie puissent violer ce cadre. En droit constitutionnel nous sommes tous libres et égaux devant la loi. Hélas, personne n'accepte de livrer cette bataille contre l’absurdité évidente. Bataille bien au-delà de la politique. Bataille urgente ? On ne pourra pas continuer à admettre éternellement, sous prétexte de « droits historiques » non déterminés par une loi spécifique, que certains sont plus égaux que d’autres en cette Espagne, devenue Grand Cirque, éblouie un moment par les pirouettes d’un Sánchez, acrobate au sol sans pareille mais sans talent comme chef de l’exécutif ni décence aucune comme simple citoyen. 

***

Évacuation des eaux usées. Sánchez, homme qui tient parole, s’était porté publiquement garant de l’exécution intégrale des peines pour les terroristes ; il s’était  prononcé solennellement contre la formation d’un gouvernement de coalition avec Unidas Podemos… « qui l’empêcherait de dormir la nuit, comme 95% d’Espagnols » ; il avait courageusement affirmé sans sourciller que l’Espagne ne méritait pas que ses services de renseignement  tombent sous le contrôle d’un Pablo Iglesias vice-président du gouvernement ; pactiser, lui, avec les indépendantistes ? jamais au grand jamais : « je peux vous le répéter cinq fois si vous le voulez bien » ; il y a eu, selon ses déclarations, en 2017 en Catalogne un délit de rébellion caractérisé ; plus jamais de grâce pour des motivations politiques … ; pas question d’augmenter les impôts … À quoi bon continuer ? La liste est pourtant bien longue … La rumeur prétend qu’il postule une place à l’internationale socialiste. Ils ne savent pas la chance qu’ils ont, ces veinards de socialos !

***

With shame and scoundrel. Biden à l'ONU alors que son pays occupe 1/3  de la Syrie et après avoir détruit la Libye et l'Afghanistan et bombardé la Yougoslavie : « La Russie a violé sans vergogne les principes fondamentaux » de la charte de l'ONU avec une « guerre brutale et inutile » en Ukraine, a déclaré le président Joe Biden aux dirigeants mondiaux dans un discours à l'Assemblée générale des Nations Unies. Raisons sans vergogne d'envahir un pays et de lui déclarer la guerre. Exemple numéro un. La chaudière d'un cuirassé explose opportunément dans la baie de La Havane et les États-Unis accusent l’Espagne  du naufrage. La même Espagne qui les avait aidés dans le passé à obtenir leur indépendance. Pour remercier cette générosité dans le passé, ils lui déclarent la guerre illico et envahissent Cuba avec les milliers de morts correspondants. Pareil à Puerto Rico, Guam, aux Philippines et au reste des colonies espagnoles en Asie et en Amérique, annexées en 1898. Exemple numéro deux. Après la chute de l'URSS en raison de la stratégie d'usure de Regan, les États-Unis se sont consacrés à saigner l’ensemble des républiques exsoviétiques suivant une théorie selon laquelle l’Union, et surtout la Russie, en mille morceaux constitue quelque chose d’essentiel pour l'Amérique. Après avoir triché et trahi leurs promesses, ils rapprochent de plus en plus l'OTAN de la Russie armant des groupes tout comme ils avaient armé les talibans (y compris Al-Qaïda, plus tard) pour que la Russie perde la guerre lors de l’occupation de l'Afghanistan, pays frontalier. Ils tentent la même chose en Syrie, mais en attendant, ils font la promotion d'un coup d'État en Ukraine et installent un gouvernement fantoche pro-nazi tandis que leurs oligarques et même la famille Biden y font de juteuses affaires, les armant et les soutenant dans leur guerre civile contre les régions pro-russes, bombardées et terrorisées, provoquant un exode des Ukrainiens russophones.

Cette dynamique se poursuit, malgré les logiques protestations russes jusqu'au moment où le président-marionnette Zelensky demande l'installation de l'arme nucléaire sur son territoire et l'adhésion à l'OTAN, le tout au nom de la démocratie tout en préparant une ultime offensive contre la résistance russophile dans l'Est. Poutine déploie alors son armée pendant des semaines sans pouvoir modifier la situation d'un iota. Eh bien, tout cela n'est pas une cause légitime pour une intervention militaire russe selon les USA, exemple planétaire de légitimité quand c’est eux qui légitiment. Leurs médias et ceux de leurs alliés qui se soumettent à cette stratégie agissent donc de concert pour présenter les évènements sous une même couche de vernis. Les Américains font la guerre à la Russie par armée interposée, leur forme de guerre préférée, malgré le fait qu'avec cette guerre ils ruinent les pays européens, leurs « alliés », prolongent et transforment une intervention militaire en une nouvelle guerre à grande échelle, augmentent de façon exponentielle les victimes et les morts et rendent même possible une guerre nucléaire. Les gauches européennes sont trop occupées par l’écriture inclusive et les affaires de genre, transgenre et métagenre … Ne les attendez donc pas. 

***

L’état-providence ou la social-démocratie qui s’est mise en place voilà un siècle, meurt étouffée partout sous le poids de sa dette. Plus elle se développait, plus elle augmentait ses dépenses pour fonctionner et plus elle limitait la croissance de son assiette. C’était voué à l’échec et depuis la crise de 2008, elle ne vit plus que d’expédients. Il est désormais acquis qu’elle ne peut plus sortir de cette dérive et que le bout du rouleau n’est plus très loin. Le financement et le maintient en condition de fonctionnement de ce système s’appuyait sur une domination du monde par l’occident sur le plan technologique, économique, financier, monétaire et, au besoin, militaire. Cette domination sans partage est désormais terminée, nous ne pourrons bientôt plus faire payer notre système par les autres. La guerre d’Ukraine est une tentative de prolonger ce système, mais, sans préjugé de l’issue du conflit, elle en marquera surtout la fin. Enfin, le développement économique s’est appuyé sur des ressources énergétiques abondantes et bon marché. C’est, au moins pour un temps, terminé, surtout du fait de choix idéologiques toxiques. Il faudra des années pour inverser cette tendance chez nous. Aggravé par des problèmes migratoires et culturels, la crise qui s’amorce ira au-delà de l’hiver et il est difficile de dire sur quoi elle va aboutir. Les partis dits de gouvernement étaient intellectuellement structurés pour un monde qui n’est plus, leur désaffection est donc logique. Son dernier représentant, Sánchez,  va sans doute connaitre un destin politique qui finira mal pour tout le monde. Quelle que soit la violence politique dont il va user, et elle sera extrême, le sol se dérobe sous ses pieds. Mais vu le personnage, personne ne le plaindra.

***


L’Esprit souffle où il veut. Je voudrais t’avoir dans mes bras jusqu’à ton dernier souffle. Voir tes yeux jusqu’à ce qu’ils ne voient plus, et même au-delà. Nous avons respiré ensemble tant d’années ! Ne pouvant aller de l’autre côté avec toi, je m’arrêterai au seuil, effaré de constater que mon chemin continue, que mes yeux voient encore, ébloui par la lumière d’amour blessé qui émanera de ton corps à l’instant même où tu le quitteras, si jamais tu devais le quitter dans les heures ou les jours qui viennent. (Hospital Universitario de Donostia, notes du 30-05-2022)

---

« Je ne crois pas à la peur de la mort. Je rappelle le raisonnement d’Épicure : quand nous sommes, la mort n’est pas, et quand la mort est, nous ne sommes plus ; nous ne rencontrerons jamais la mort, nous n’avons rien de commun avec elle. Ce raisonnement est simple, il est convaincant et exact. La seule peur que nous puissions avoir, c’est celle de la mort des autres, de ceux qui nous sont chers. Et la seule peur que nous ayons pour notre propre compte, c’est la peur de la souffrance. » Michel Houellebecq (conférence)

---

J'étais donc à la terrasse du jardin à lire Jacques Darribehaude et à écouter une cantate de Bach (Jagdkantate, que ma fille adorait qu’on écoute ensemble quand elle bûchait à côté de ma chambre de travail), et je me suis aperçu que j'exultais de nous retrouver toujours ensemble. Quel extraordinaire sentiment ! Pas exactement un sentiment, d’ailleurs. Une intense vibration interne, une tension intime du corps, un abandon à l'instant, une plénitude joyeuse et parfaite. C'est bien sûr indescriptible.

---

Je passe des moments, la nuit, à me rappeler une fois de plus ce vieil homme, musulman, qu’on avait vu un jour à Hendaye, sur le quai de la gare déserté, déployant son tapis usé jusqu’à la trame, pour réciter ses prières du jour. Je pensais à ce qu’elles promettent, ces prières, à ce qu'elles rendent possible, bien que je sache parfaitement que ce genre d'expérience n'est pas envisageable en dehors du cadre solide d'une foi très référencée et d'une discipline impeccable. J’ai bien essayé d’ouvrir toutes les portes qui se sont présentées à moi quand j’étais enfant. Sans jamais oublier tout à fait, en foi et en discipline, les enseignements de mes parents, ressuscités périodiquement en moi  longtemps après leur disparition. Et au beau milieu de la nuit, des fois, j’essaie d’expérimenter par moi-même la puissance d’une modeste prière. Je n'en reviens toujours pas. Je demande vaguement un peu de paix intérieure et elle vient presque immédiatement. En outre, si prier pour demander semble ridicule (malgré l’invitation de Mathieu, « demandez et l’on vous donnera »), et surtout égoïstement mesquin, je suis en mesure d’affirmer qu’au plus profond de la nuit, mon angoisse s’envole en quelques instants. Et que je me remets à respirer apaisé comme si j’avais échappé à un dangereux étouffement venu de nulle part.

***

 

vendredi 29 juillet 2022

Un zoo politique en Europe (derniers jours de juillet 2022)



Sur les prévisions apocalyptiques de certains "journalistes" à propos de la guerre à l'Est, je me souviens d'avoir écrit quelque part, dans l'un des billets de ce blog, que le mot apocalypse ne signifie pas « fin-du-monde-catastrophe-généralisée », bien au contraire, ce mot signifie « révélation de la présence divine dans le monde ».
***

« Des justes (sic) expiant pour les vrais pêcheurs (re-sic) ! ». Pieux mantra qui tourne ces jours-ci dans la bouche de tout socialiste qui se respecte. Dégoût partagé : dix-neuf Picsous socialistes, évidement plus honnêtes et dévoués au peuple les uns que les autres, injustement condamnés par le détournement systématique de centaines de millions d’euros des fonds destinés en principe à assister les salariés licenciés et les entreprises en difficulté. Cette affaire baptisée ERE, acronyme espagnol désignant les procédures de licenciement économique, les plans sociaux, devrait calmer la véhémence de Guignol Sánchez traitant au parlement de « mangantes » (id est, de voleurs) les membres de l’opposition. « Voleurs ». Rien que ça … Surtout venant de lui, vrai champion de l’opacité, de l’escroquerie et du mensonge ! Second choc avec rage de dents : Gazprom annonce une nouvelle coupe des livraisons de gaz russe à L'Europe. L'Allemagne dénonce bravement "une décision injustifiée" (sic). Si on comprend bien on peut vouloir mettre la Russie à genoux par la destruction de son économie, lui faire perdre la guerre, lui confisquer ses fonds et ses biens à l’étranger, armer et entraîner ses ennemis et s’attendre à des effusions d’amour de sa part ? Elle ferme le robinet de son gaz. Et alors ? Ah non, elle n’a pas le droit ! « Tu ne gagneras jamais la guerre, Poutine ! », lançait solennellement au sommet otanesque de Madrid ce pignouf, toutou de Soros courant collé aux basques de Biden toute langue dehors.

J. Biden et Madame (ou Fifille ?) avec Madame et son P. Sanchez






















L'obséquieux larbin à la tête de notre gouvernement ne semble pas avoir compris que l’unipolarité mondiale imposée par l’élite oligarchique des Soros, Schwab, Gates et consorts, est à l’agonie. L’Europe s’effondre sur elle-même, rongée par une décadence qui s’apparente à un suicide collectif, sous les coups de butoir d’immigrations non maîtrisées, de wokisme délirant, de reniements de son Histoire, de mépris des autoproclamées élites pour leurs populations, de remplacement des démocraties par des césarismes larvés, de l’insultante médiocrité de ses politiques, et des folies mégalomaniaques de certains intégristes du climat. Depuis les tentatives d’exclusion du commerce mondial de la Russie, menées par l’Amérique et ses marionnettes européennes en lui fermant le système Swift, les BRICS, le système financier du Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, et maintenant de l’Iran, Arabie Saoudite et Argentine, s’est érigé en système concurrent en plein développement. Le G7 ne représente plus que 30% du PIB mondial et 10% de la population mondiale. Le monde redeviendra multipolaire. Cette mutation est devenue inéluctable. Les tentatives de la ralentir, comme le font Biden et toute la bureaucratie européiste, auront de graves conséquences sur les populations civiles ukrainiennes et les populations européennes sont en train de payer à leur tour le prix fort.



***

La bouffée de chaleur qui me saute dessus quand je sors me rappelle la visite en Andalousie d’il y a trente ans où plusieurs fois on avait cru mourir en passant subitement de la fraîcheur de la clim d’une chambre d’hôtel à la touffeur de la rue. Ce mercredi dernier, la chaleur étouffe toute conversation. Rien ne tombe dans mon oreille. Hâte de finir les séances radio. Ce sera pour bientôt, cette semaine. 


***

Autoroute cauchemardesque pour entrer en France et pour en sortir. Péage de Biriatou archicomble. Il y a quand même des étrangers un peu partout dans le monde. Coluche disait, fort justement : tu apprends une langue pour aller à l'étranger, l'année d'après, tu vas en vacances dans un autre pays : ils parlent pas le même étranger !

***

Nos mairies font absolument tout ce qu’il est en leur pouvoir pour rendre la circulation en surface et en voiture aussi abominable que possible : travaux à n’en plus finir, mobilier urbain et marquages au sol délirants, fermetures de voies et pistes potentiellement cyclables mais réellement vides … Nos villes deviennent des pièges dangereux pour les simples piétons qui doivent s’y déplacer à pied, sans trottinette à toute vitesse ni moto ni vélo. À pied. Sans risquer l’accident, l’agression physique ou verbale, le tourment irréparable devant une vie urbaine dégradée à vue d’œil, de jour en jour, et aux prix de souffrances accrues pour les habitants. Ce n’est pas un hasard. C’est en réalité une parfaite illustration, un baromètre fidèle de l’état général du pays tout entier. Ainsi, on sait déjà que l’ordre et la sécurité ne sont plus assurés. L’État vous ponctionne sans pitié pour vous abandonner à votre sort en cas d’agression, de rodéos et de tapages nocturnes, d’occupation illégale de votre appartement … Protéger et servir ? Comme dans le film d’Éric Lavaine ? 

***

La période qui s’étale de la mi-juillet aux derniers jours d’août est propice aux grands travaux de réfection routière. C’est pourquoi, en ces journées de grosse lourdeur caniculaire, je tiens à exprimer toute la commisération que j’éprouve pour ces hommes en gilet jaune ou orange qui, en ce moment même sans doute, sont amenés par leur profession à s’adonner à ce type d’exercice physique pénible. J’ai bien conscience de l’incongruité de ce que je viens d’écrire, dans la mesure où, n’étant pas estampillé progressiste écolo-wokiste, je suis censé ne ressentir envers ces gens-là, qu’une solide indifférence mélangée de quelque mépris. D’autre part, je précise que j’ai employé le mot homme non pas au sens d’homo mais bien à celui de vir. Il faut bien reconnaître que le scandale perdure, de ces entreprises de travaux publics furieusement anti-paritaires qui s’obstinent à ne faire travailler que les mâles de l’espèce, alors que, il n’en faut point douter, les candidates se pressent chaque jour en foule à leurs guichets d’embauche, si désireuses d’aller elles aussi se colleter avec marteaux-piqueurs et excavatrices le long de nos belles autoroutes ensoleillées, sous l’œil bénévolent de leurs guides, ces petites sœurs de la parité organisées en congrégations à but non lucratif. On sait aussi que l’armée n’a plus le minimum de moyens requis pour prétendre pouvoir protéger le pays en cas de besoin, comme l’a démontré ces derniers jours la gestion des incendies, qui n’est en réalité que le calque exact, une parfaite illustration, de la gestion jemenfoutiste de l’ensemble des affaires publiques. Certes, on peut saluer l’héroïsme de ceux qui doivent faire face aux urgences en bricolant des solutions, débrouillards malins d’un pays qui sombre dans le tiers-monde, mais si cela permet de révéler le meilleur de certains, cela montre surtout l’incurie crasse de tous les autres, de la chaîne des responsables jusqu'au dernier maillon.



***

On savait que la Renfe et notamment son réseau secondaire ne tenait plus qu’à force de trombones et de ruban adhésif habilement utilisés par autant d’as de la débrouille du vrai peuple d’en-bas. On se rend compte avec ces dernières affaires de haute vitesse à 80 km de l’heure, en Estrémadure, que le mal est encore plus profond et que seul le caractère spectaculaire du foirage récent permet d’en trouver mention dans la presse.
 


***

Faire l'âne pour avoir du son. A propos de ce pauvre monsieur Vice-dieu, c’est, périodiquement, un festival de regrets, de repentance, de remords, de bats-ma-coulpisme, pour avoir osé infliger (qui ça ?) dans le temps passé aux Canadiens aborigènes, et aux Indiens en général, un très déplorable traitement, attentatoire à leur honneur, etc. Normalement, il avait déjà fait savoir publiquement sa haine anti-espagnole, ce qui demande autant de courage que de tirer sur une ambulance désaffectée. Surtout, si on s’arrête à considérer qu’en Amérique hispanique 80% des indigènes sont toujours sur place avec leurs langues, costumes, traditions, etc. quand les Anglo-amerloques n’en conservent, par contre, que quelques poignées sans importance statistique aucune, bien au chaud dans des réserves ad hoc. Mais c’est toujours eux qui prêchent la vertu et proclament la sagesse … Et la repentance, dis donc ! Pour la belle jambe que cela fait aux mânes des intéressés. Mais la beauté des déclarations de Papounet Francisco est de bon augure et apporte de l’eau fraîche au moulin des gentils de l'Empire repenti. 



***

Redistribuer l'argent, par exemple, celui des banques et des grandes entreprises productrices d’électricité, l'obsession de Unidas Podemos, en l'absence de production de biens et de création d’emplois réels ne fera qu'augmenter l'inflation et les déficits commerciaux. Les paroles proférées pour « faire payer les riches » sont presque toujours des lieux communs marqués au coin de la sottise et de l’ineptie.

***


Allons, allons, ce n’est qu’un sentiment d’effondrement, tout va bien nous disent nos responsables. Ceux qui affirment le contraire sont des complotistes et des fachos. J’ai lu une remarque amusante. Pour faire écrouler l’économie russe, il suffit de prêter Sánchez à Poutine pendant quelques mois.

***

Guido Ceronetti dans Insectes sans frontières :

Le tatouage [est] le signe distinctif de l’homme incarcéré, l’art lugubre des reclus et des condamnés. Qu’il soit devenu un art et un phénomène de masse, sans aucune distinction, peut indiquer ceci : que l’incarcération perpétuelle est désormais une condition stable, qu’il n’y a plus de différence entre la prison, la vie au grand air, la maison. La jeunesse tatouée est une jeunesse qui demande à être menottée, qui exprime sa terreur d’être libre.


***

Déception du 14 juillet. À la télé, Anne-Claire Coudray (JT de TF1) et Caroline Roux (C dans l’air) auraient pu conclure leur interview en galipettant dans l’herbe à l’instar McFly et Carlito. Je suis déçu. Elles ne sont peut-être pas du genre qu’il faut pour inspirer les galipettes à Jupiter ?
***

Hace milenios de milenios existía un famoso Estado, llamado Feliz Gobernación, aunque, en verdad, la dicha sólo pertenecía allí a unos pocos, como descubrirá quien prosiga leyendo. Seis Castas formaban el suceso: unos mandarines; unos legos, auxiliares de aquéllos; unos becarios, aspirantes al mandarinazgo; unos alcaldes, lacayos rurales del Poder; unos hombres de estaca, también apodados soldados, y un Pueblo. Por encima de las castas reinaban Un Gran Padre Mandarín y un Conciliador, generalmente Dictador. (…) El necesario rigor obliga a comenzar la historia cuando la Feliz Gobernación sólo era una escombrera de hombres heces y vocablos huecos, amontonados por la espada de oscuros déspotas, que imploraban la tradición y aseguraban restaurar la pasada grandeza, nunca resucitada.

---

Somos el Gran Padre Mandarín o Razón Dialéctica que interpreta los hechos en la Feliz Gobernación, la Contradicción Resuelta, el Calificador de los Sucesos y el Creador de la Ortodoxia. Quien se encumbra, Nos conoce.

Miguel Espinosa, Escuela de mandarines

***

Une histoire de chez N., plateforme de streaming américaine bien connue et qui cotise en Bourse. Un lycéen efféminé a pour idéal de devenir fille. Il a entrepris sa transition, prend des hormones, s’appelle maintenant Samantha, il s’habille en fille et va aux toilettes des filles. Il est accepté comme tel par ses parents, par la plupart de ses camarades, par la direction de l’établissement où ont lieu ses études et surtout par l’idéologie dominante, mais il souffre terriblement de l'hostilité des vilains transphobes, qui le rendent suicidaire. Il est impatient de bientôt aller se faire trancher l'extrémité par un chirurgien persuadé que, quand il aura 18 ans, il trouvera là sa plénitude et c’est sûr et certain que la scénariste de cette série stupide ne va pas l’en dissuader. Le grand mérite de cette série, c’est qu’elle coche toutes les cases de la ellegébétude. Cela pleurniche à longueur d’épisodes et on aurait du mal pour y trouver le moindre intérêt.
***

Marx s'est mis définitivement au vert ...

Un peu avant l’effondrement. Récit d'un ancien collègue irlandais, à la retraite. Ce matin-là il avait dû prendre un taxi pour aller à l’aéroport de M., propriété des Chinois, à quelques km de son hôtel. L’air était déjà lourd. L’approche de l’aéroport ressemblait à ce dont il avait été témoin à Belgrade dans les années 90 : des pays en ruines sur lesquels sont passés des tsunamis économiques et des guerres, rongés par la corruption, livrés aux mafias, sans avenir. Gares et aéroports sont des révélateurs. Là, sur sa route, ça sentait la pisse de manière violente à 6h15. Ça devait être la chaleur. Allons, il ne faut pas y voir autre chose. Des déchets en tout genre jonchaient le sol, partout des papiers gras, des mégots, des mouchoirs, même des serviettes hygiéniques. Les poubelles débordaient ou étaient par terre, éventrées. On croisait des seringues qui prenaient l’air matinal, visiblement épuisées des services rendus dans la nuit. Des adeptes des opiacés, les yeux vitreux, ne semblaient pas bien inquiets de la présence d'une voiture de police. Des rats morts et un pigeon éventré (sec, mort pas récente) en quelques mètres. Le sol, tapissé d’arabesques immondes superposées, œuvre de la rencontre de vieilles pisses, de vomis toujours là, de traces de liquides improbables. Ici et là, des trucs en travaux qui, comme partout, semblaient voués à une éternité d’efforts sans que jamais on n’en voie le bout. Des choses récemment plus ou moins refaites à neuf s’écaillaient, se fissuraient, se gondolaient. Je pensais, en l'écoutant, à un Sisyphe à rebours ayant dû élire domicile chez nous, sinon c’est incompréhensible. Chez nous, l'Europe du XXIe siècle ! Malgré les distances et les nuances qu'on voudra, on n'est nulle part mieux lotis. D’horribles blocs de béton dignes des villes assiégées encombrent éternellement la chaussée. Des pistes cyclables sûrement en voie de finition torturent les passants. En attendant l'achèvement, sûrement avant les prochaines élections, ça permet de créer quelques bouchons au petit matin. De petits groupes de migrants sous-sahariens, épuisés, croisent sur leur chemin du désespoir des gens qui vont travailler. La solidarité humaine a visiblement des limites aux frontières extérieures. Eux vont subir avec violence la canicule de ces jours. Noyades fréquentes en voulant traverser la Bidassoa ou mort effroyable sur la voie ferrée. Mais les mairies transfrontalières font bien les choses : un panneau numérique, où toutes les lettres ne s’affichent pas bien, rappelle dans une novlangue bilingue bisounours de bien s’hydrater.
Ça ira. Et pourtant, on n’a pas été en guerre récemment sur le territoire européen. Certes, les génies qui nous gouvernent mènent une guerre économique impitoyable à la Russie, qui bientôt, bientôt aboutira. Sur le front économique, on a déjà gagné. Dire le contraire vous classerait dans la catégorie des agents du Kremlin. Nous avons subi avec la pandémie un tsunami économique. Bon, certes, des pans entiers des classes populaires et moyennes peinaient à sortir la tête des conséquences de la crise de 2008, jamais vraiment résorbée mais il paraît que depuis deux ans les richesses s’accumulent grâce au confinement. Et puis ça va. Il y a de moins en moins de chômage (?), nous dit-on sans la moindre honte. Là, le fou rire est interdit : c'est l’une des femmes les plus connes au monde qui nous l'assure. Mme Yolanda Machin, notre ministre de travail ! Le pays serait plutôt de plus en plus riche chaque année. La croissance, même réduite, est quand même là. Ouf ! Grâce à cela et aux fonds européens sagement gérés nos gouvernants progressistes nous emmènent assurément vers les sommets. Ou alors, peut-être qu’ils nous laissent là pour voir comment on va s’en sortir après le pillage définitif du pays. Ce qu’on observe partout, ce ne sont pas les conséquences d’un effondrement, c'est pire : ce sont ses prémices.

***


T'es à la retraite depuis longtemps, tu connais rien ! Au contraire, je n’ignore pas la situation tragique de notre enseignement public. Nos enfants sont entre les mains de moulins à propagande, de crétins et d’incultes. Jamais l’enseignement n’a été aussi religieux pour peu qu’on donne à ce mot le sens péjoratif de religiosité dans ses versants dogmatique, sectaire, hostile à la raison. L’école est devenue le temple du politiquement correct. A chaque heure, on y célèbre la messe du prêt-à-penser. Bon nombre de nos enseignants sont des prêtres. Des dévots du Moderne. Ils n’enseignent pas, ils prêchent. Ils ne transmettent pas, ils font la morale. A grands coups de propagande, de contrevérités, d’énormités historiques, ils farcissent le crâne de nos enfants du catéchisme médiatique, mais catéchisme tout de même. Cependant, il faut bien tenter de conjurer la détresse qui ne peut que nous gagner devant un tel constat. Pour ma part, j’observe toujours avec amusement l’extraordinaire assurance des ignorants, la façon dont les moulins à paroles de plateau et les plumitifs abordent ces affaires. Le stupéfiant aplomb des incultes qui, moins ils savent, plus ils assènent. Moins ils connaissent, plus ils affirment. Aussi tranchants que stupides. Aussi catégoriques que vides d’arguments. Pour compenser, sans doute…

***

La période 2018-2022 en deux visages

Le peuple espagnol a dû subir Sánchez pendant quatre ans. C’est cela, et non la personnalité détraquée de ce sinistre individu, qui devrait susciter des milliards de pages de commentaires. Les fidèles de sa secte veillent au grain : quel type génial au talent inné, et si photogénique ! Et puis, tout va très bien ! Et pourtant ... Il s’agit d’un mec qui se permet le luxe d’insulter ses adversaires, sans vergogne, dès qu’il ouvre la bouche pour entreprendre de braire. Qui les traite de pourris. Lui ! Le plus formidable escroc de la vie politique récente. L’éléphant dans la pièce, comme on dit. L’escroquerie en personne dont nous avons des milliards de preuves implacables, mais que nous n’évoquons qu’en catimini, en famille, entre amis, en petit comité, en privé, préférant l’esquiver les vraies questions par de niais bavardages sur la médiocrité, l’immoralité et les tares psychiques de notre personnel politique en général. Comme si en démocratie, le personnel politique n’était pas le miroir du peuple ; et là, sinon par sa volonté, du moins par son consentement. Il est donc plus que temps d’écrire la vérité : le peuple espagnol veut mourir. Il le répète à chaque scrutin. C’est peut-être qu’il n’a plus de raison de vivre. Car le peuple espagnol n’existe plus. L’éradication de son substrat culturel, de sa langue commune, du sens de son histoire contemporaine pourraient peut-être nous aider à comprendre pourquoi. Chaque pays a les dirigeants qu’il mérite, alors ? Tout bien pesé, on a les dirigeants que l’on nous a imposés par les merdias et les magouilles post-électorales de toute sorte. Faudrait arrêter de culpabiliser. Nos prétendus dirigeants n’ont pas été élus par la majorité du peuple, donc ils ne nous représentent pas.
***

Notre chambre basse, le congrès des députés, redonne décidément un intérêt tout neuf aux débats écrasés par quatre ans de sanchisme. Pour parvenir à diaboliser la droite et le pays tout entier par la même occasion, la horde des députés socialo-podémites est prête à tout. Maintenant, c’est la mémoire démocratique qui est à l’ordre du jour, sous l’impulsion des moissonneurs de Bildu, héritiers de l’ETA et fiers de l’être, groupe de soutien parlementaire de choix pour les questions de blanchiment du terrorisme. On pourrait ne voir dans cette lamentable attaque au passé récent qu’un épisode tapageur de plus provoqué par la permanence au pouvoir du dangereux bouffon qui manigance tout, parti et gouvernement, en marge de tout débat, comme il y en a beaucoup eu dans ce pays à propos de ces drames épouvantables. Mais il y a là plus qu’une provocation, plus qu’une dispute sur le fond : une entreprise profondément anti-démocratique, une volonté de falsifier les faits criminels, d’exclure, de disqualifier, de marquer au fer rouge, coûte que coûte, une partie majoritaire de la représentation nationale.
En mêlant la calomnie injurieuse à une manipulation massive de l’histoire récente, que tout honnête homme devrait réserver, plus qu'autre chose, à privilégier l’harmonie entre les Espagnols, à élargir le champ de ce qui les rassemble dans une même matrice, respectée d’une majorité, ceci jette les débris des massacres récents, des meurtres et des larcins perpétrés par cette bande immonde de suprémacistes criminels, à la figure même de leurs victimes et d’une grande partie du pays. De cette histoire sanglante et terrible, les députés sanchisto-séparatistes tirent une machine à haïr et à mépriser, parfaitement étrangère à la common decency tant de fois évoquée dans les billets de ce blog. Ce clan de pourris opportunistes sait ce qu’il fait, il n’a aucune excuse. Mais pour ces gens-là, la fin a toujours justifié les moyens. Trahir l’histoire immédiate, apostropher (à tue-tête, l’infime et infâme Patxi López ; à cris d’orfraie, un étron comme O. Elorza) en les traitant de « voyous » des élus qui ne se laissent pas berner. Et mépriser, surtout, mépriser et haïr sans relâche, voilà leur programme. Qui s’adresse à des brutes, à ces gens des réseaux sociaux crasseux qui vomissent tout et sur tous à toute heure. Il n’en sort pas grandi, le parlement, de ce jeux de massacre, et le clan des saletés et des raclures auto-intitulé socialiste encore moins.
***

Soljenitsyne sur l’OTAN, l’Ukraine et Poutine : « Les États-Unis placent leurs troupes d’occupation dans un pays après l’autre. C’est la situation de fait en Bosnie depuis 9 ans, au Kosovo et en Afghanistan depuis 5 ans chacun, en Irak depuis 3 ans jusqu’à présent, mais ce sera encore long là-bas. Il y a peu de différence entre les actions de l’OTAN et les actions individuelles des États-Unis. Voyant clairement que la Russie d’aujourd’hui ne représente aucune menace pour eux, l’OTAN développe méthodiquement et avec persistance son appareil militaire – à l’est de l’Europe et dans la partie continentale de la Russie du sud. Les révolutions de « couleur » bénéficient d’un soutien matériel et idéologique ouvert, et les intérêts nord-atlantiques sont paradoxalement introduits en Asie centrale. Tout cela ne laisse aucun doute sur le fait que l’on se prépare à un encerclement complet de la Russie, puis à la perte de sa souveraineté. Non, l’adhésion de la Russie à une telle alliance euro-atlantique, qui mène une propagande et l’introduction violente dans diverses parties de la planète de l’idéologie et des formes de la démocratie occidentale actuelle – ne conduirait pas à l’expansion, mais au déclin de la civilisation chrétienne. Ce qui se passe en Ukraine, même depuis le libellé faussement construit du référendum de 1991 (j’ai déjà écrit et parlé de ce sujet), est mon amertume et ma douleur constantes. La suppression et la persécution féroces de la langue russe (qui, lors de sondages antérieurs, était reconnue comme langue maternelle par plus de 60 % de la population ukrainienne) est tout simplement une mesure exécrable, et également dirigée contre la perspective culturelle de l’Ukraine elle-même. De vastes étendues de terres qui n’ont jamais appartenu à l’Ukraine historique, comme la Novorossia, la Crimée et toute la région du sud-est, ont été intégrées de force dans l’État ukrainien actuel et sa politique d’adhésion avide à l’OTAN. Durant tout le mandat d’Eltsine, il n’y a pas eu une seule réunion avec les présidents ukrainiens sans capitulations et concessions de sa part. L’expulsion de la flotte de la mer Noire de Sébastopol (qui n’a jamais été cédée à la RSS d’Ukraine, même sous Khrouchtchev) est une profanation grossière et brutale de toute l’histoire russe des XIXe et XXe siècles. Dans toutes ces conditions, la Russie n’ose pas, sous quelque forme que ce soit, trahir indifféremment les plusieurs millions de la population russe en Ukraine, nier notre unité avec eux. »