J'aime

mercredi 7 février 2024

J'dis ça, j'dis rien

 Côté cour


« Une maison petite avec des fleurs, un peu
De solitude, un peu de silence, un ciel bleu,
La chanson d'un oiseau qui sur le toit se pose,
De l'ombre ; et quel besoin avons-nous d'autre chose ? »

Victor Hugo

---

« Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville. »

Paul Verlaine

Côté jardin


« Dès mon enfance, en présence de certaines bassesses, d’un empressement vulgaire, d’un manque de tact, le rouge au visage me montait et cependant je n’en étais ni coupable ni capable. L’espèce en moi devait avoir aussi son amour-propre. Depuis, tant d’attentats graves, de crimes inexpiables envers la Personne humaine ont été commis sous nos yeux que dans mes semblables et jusqu’en moi-même la nature que je partage avec eux me semble à jamais déshonorée. » 

Marcel Jouhandeau, De la Grandeur

***

Réalisez votre rêve avec un safari à Gaza : chassez le Palestinien en compagnie de l'armée sioniste ou découvrez l'aventure en compagnie des colons en Cisjordanie : assurez-vous de nettoyer la viande et de la placer sur de la glace aussi vite que possible. Réserves inépuisables !

La rengaine shoahtique et son conditionnement mental sont en train de s’évaporer. Les gens commencent à se débarrasser des automatismes de pensée qui leur empêchaient de voir le réel tel qu’il est : l’entité sioniste n’est qu’un mécanisme diabolique néocolonialiste et criminel. Notamment cette aberration totale consistait depuis l’origine à virer et prendre les terres des autochtones d’une région sous prétexte qu’il y a deux mille ou trois mille ans de cela vos ancêtres auraient eu, bien souligné au conditionnel, un royaume dans cette région. Imaginez si les Mongols avaient des exigences similaires ! Entre 60 et 70% du continent eurasiatique leur reviendrait de droit ! Effet magique de la Shoah qui a permis et permet toujours de se servir de l’antisémitisme comme d’un bouclier, partout et tout le temps et, donc, d’éluder toute question dérangeante ; ça a permis et permet toujours à l’état sioniste de racketter le peuple allemand, et ce depuis les années cinquante. Cela fait quand même plus de 70 ans que ça dure, en exigeant et en obtenant des sommes faramineuses ! 

L'Ambassadeur à l'ONU et la délégation israélienne portant des étoiles jaunes ...


Enfin, ça permet à l’entité sioniste et à sa bande de psychopathes génocidaires d’organiser un safari, semaine après semaine, contre la population palestinienne. De commettre une boucherie inconcevable sous nos yeux et en toute impunité, avec la complicité de nos misérables politiques et de nos médias de grand chemin. Mais, hélas, tout génocide autre que la Shoah doit toujours être considéré comme de la petite bière après tant de millions dépensés en publicité par les sionards et leurs lobbys. On comprend mieux l’enfer qui ont dû vivre certains historiens et intellectuels réticents ou peu enclins à avaler des couleuvres. Et comment expliquer le silence de l’église de Rome. Comment expliquer ce silence ? L’attaque du 7 octobre 2023 justifierait-il tout ? Je laisse de côté les rectifications documentées dans la presse israélienne elle-même, des événements du 7 octobre, marqués par une attaque militaire en règle pour déstabiliser l’armée d’occupation et pour prendre des otages afin de négocier la libération de prisonniers palestiniens. En admettant même qu’il se soit agi d’une attaque terroriste pour massacrer des civils, où a-t-on vu qu’un massacre puisse en légitimer un autre ? A fortiori quand les pertes deviennent asymétriques au point que nous connaissons aujourd’hui ! Les juifs non sionistes parmi les juifs du monde n’affichent pas, eux non plus, un soutien unanime au gouvernement démentiel de Netanyahu. Ensuite, il est étonnant que des catholiques qui revendiquent partager avec les juifs une partie des Écritures saintes oublient l’essence même du prophétisme hébreu : la défense des faibles, des pauvres et des opprimés. La peur de l’Islam ? Mais qui est le fort et qui est le faible depuis quatre-vingts ans ? Qui n’a cessé de bombarder des populations musulmanes depuis des décennies, sinon les États-Unis et leurs alliés dont Israël ? À vrai dire, quand je pense aux souffrances qu’ont subies les musulmans en Irak, en Syrie, en Afghanistan, en Libye, je suis surpris que la réaction de l’Islam n’ait pas été plus violente. La violence des islamistes, indéniable, est pourtant très asymétrique par rapport à celle de cette machine à tuer des civils qu’est devenue l’armée américano-sioniste et ses mercenaires. Il n’y a pas d’argument qui tienne pour excuser le silence des catholiques occidentaux face aux souffrances des Gazaouis. En réalité, les cathos sont même pas foutus de défendre leur propre religion et leur héritage chrétien, pourquoi défendraient-ils les Palestiniens ? Mais par-dessus tout, c’est l’ensemble de la communauté chrétienne qui devrait se lever pour dénoncer ces crimes injustifiables. Or non seulement elle demeure silencieuse, mais aussi elle soutien ouvertement le sionisme, ce qui est une abomination, une offense et une attaque contre l’enseignement du Christ. Très peu de voix se sont manifestées face à l’attaque de la Syrie par la coalition occidentale alors même que Benoît XVI avait demandé d’organiser dans tous les diocèses une veillée de prière pour la paix. La majorité des évêques avait désobéi au pape et fait le sourd. La raison en est que l’Eglise, dans une société où elle n'est plus prise au sérieux sur presque rien, est intégralement sous contrôle de plus d'un puissant lobby. Il ne lui reste strictement aucune liberté. Pour ne pas parler de l’Arménie ou d’autres parties du monde où sa réaction a été nulle. Il peut y avoir un ou deux évêques qui jouent les francs-tireurs et mettent les pieds dans le plat au sujet de la Syrie ou de Gaza, ou du mariage pour tous, mais la majorité ferme sa gueule, unanimement.

***

Shoah et Nakba. Le terme Shoah a été inventé postérieurement à celui de Nakba, signifiant catastrophe en arabe, qui dépeint le sort du peuple palestinien subissant massacres, déportations, confiscations, tortures dans les années quarante-cinquante et qui se poursuit à l’heure actuelle avec paroxysme. Il s’est toujours agit d'escamoter la catastrophe par la seule et unique et sans égale et incommensurable persécution des juifs.

***

La nouvelle névrose collective qui s’est emparée de l’opinion publique, c’est que les paysans coupent les routes parce qu’ils sont opprimés. Chez nous, en Pays Basque sud, les paysans ont l’air de se débrouiller. Je veux bien croire que certains ont de réelles difficultés, mais ce ne sont pas les seuls à se plaindre, semble-t-il. Les pêcheurs, les éleveurs, les producteurs de ceci ou de cela ,,, Qui pourrait les nier le droit à manifester ? Dans un cadre légal, j'imagine. Par contre dès qu’il s’agit de paralyser le pays, c’est-à-dire de pourrir la vie des citoyens de base qui ne sont pour rien dans les ennuis supposés ou réels qu’ils traversent, j’ai du mal à adhérer. Pour moi, il est clair que les gens sans gêne qui se permettent de barrer les routes sont de ce fait des antisociaux. Leurs revendications n’ont plus dès lors qu’un intérêt relatif. Je connais la rhétorique selon laquelle ces pratiques lamentables seraient le seul moyen de se faire entendre. On pourrait en discuter. Mais il faut admettre que ce type de protestation consiste à compliquer la vie normale des gens normaux quand on les empêche de circuler et qu’on les rend impuissants et désarmés, quand on les méprise et qu’on les écrase, en fait. Peu importe qu’il s’agisse de mouvements de protestation ou autre, la privation abusive du croit de circuler (tour cycliste, événement sportif, etc.) me met hors de moi quand je pense aux gens qui doivent mendier qu’on veuille bien leur permettre de se rendre à l’hôpital ou à son travail ou, tout bêtement, chez eux. Pauvres sociétés … Bon allez, je vais m’occuper de mes oignons, ça va me calmer.

***

Il est rare que le brouillard se fasse voir dans le centre d’Irun. Ça a été le cas ce samedi matin. Depuis Lapitze, le Lycée professionnel d’en bas ou les installations de La Salle m’apparaissent brumeux. Dans cette purée de poix se matérialisent successivement les gens qui bougent vers leurs occupations chaque jour par ici. Évidemment, des petits groupes se croisent et discutent de l’actualité. Ils sont à fond avec les agriculteurs français. Fils de manœuvres agricoles ayant courbé l’échine dans les années terribles d'avant et après-guerre, je peux comprendre des raisons et des arguments mais je suis loin d’être un inconditionnel des mouvements de masse qui ne résolvent rien. Je crains que sous les bonnets jaunes et les drapeaux de toutes les couleurs de certains se cachent l'impuissance et l'individualisme et que les gros porcs de la bureaucratie communautaire européenne savent appliquer les règles de la mafia qui dirige les rythmes et les mouvements du manège. Je n’aime pas non plus que ces bloqueurs d’autoroutes soient légitimés à le faire quand d’autres pour la même action se font immédiatement matraquer par la police puis se retrouvent devant les tribunaux. Vous stationnez en double file et vous vous faites agonir ! Par coïncidence, au moment où se passent ces évènements qui rappellent ce que raconte Michel Houellebecq dans Sérotonine, j’ai retrouvé Anéantir du même Houellebecq. Je le rouvre et ça commence ainsi : « Certains lundis de la toute fin novembre, ou du début de décembre, surtout lorsqu’on est célibataire, on a la sensation d’être dans le couloir de la mort. »


***


Découvrir que, à la fin de ce classement, tout en bas de la liste, se trouve la France ! Les habitants du pays de Voltaire, de Balzac, de Flaubert, de Céline, de Proust ne consacrent en moyenne que deux minutes par jour à la lecture d’un livre. Un bien triste record pour un pays qui compte 16 prix Nobel de littérature sur 119, et représente la nationalité la plus primée de l’histoire de ce prix, devant les États-Unis (12 lauréats) et le Royaume-Uni (10 lauréats). J’dis ça, j’dis rien. Mais la lecture a été ma seule activité militante. J’ai essayé de lire depuis ma plus tendre enfance tout ce qui me tombait sous la main. Je n’ai jamais fréquenté aucun cercle littéraire. En dehors de ce fait, l’idée de devoir sous le rapport de l'intelligence quoi que ce soit à quelqu’un, de se mettre en dette moralement à l’endroit de qui que ce soit, maître, modèle, école, groupe, mouvement, cercle, équipe, n’est jamais entré dans mes plans. Je n’ai signé ni encore moins lancé aucun manifeste pour ou contre quoi que ce soit. La lecture m'a suffi ...

Sources :  World Economic Forum 2018 (Forum économique mondial plus communément appelé Forum de Davos). Euronews 2023 (chaîne de télévision pan-européenne multilingue d’information internationale).


dimanche 21 janvier 2024

"Caha-cahin" l'année suit son chemin.

Les vœux du Nouvel An, je ne sais qu’en penser. J’ai été très fan de cette coutume, que je trouve quand même bien aimable. N’ayant pas trouvé de règle satisfaisante en la matière, vœux de noël, vœux de nouvel an, je fais profil bas : pas de vœux du tout après vérification quand même à la recherche de mes correspondants gentils des dernières années. Sinon, j’ai vraiment la flemme de parcourir mon carnet d’adresses à la recherche de destinataires. Une nostalgie aussi de l’époque où cela se faisait sur carte postale, pour faire passer quelques souhaits bien sentis à un public qu’on aimait bien. Des vœux, des résolutions, des formules qui réchauffaient le cœur … Tâcher de n’en faire ni trop ni trop peu n’était pas si facile… Il faudrait penser, pour le moment, à l’éventualité qu’on soit encore en vie l’année prochaine. On ne sait jamais. Rester en vie : vœu minimal pour l’année fraîchement entamée.

***

Troisième guerre mondiale ? C’est une chose nouvelle que nous vivons du fond de nos canapés : la troisième guerre mondiale. Déjà en route, selon certains. Elle a commencé sur grands écrans et haute définition. Un peu partout sur la terre on trucide, on bombarde, on teste les missiles. Les prochains épisodes de la série, assez prometteurs, se nomment Taïwan, Corée, Iran. Mais cette guerre nous ne la voyons pas vraiment, ne voulons pas la voir, nous semble lointaine, entre une pub pour maigrir et celle pour une voiture électrique quasiment cadeau, elle nous indiffère semblable à une fiction sur Netflix. Et pourtant elle est là, gronde partout autour de nous. Mais, à en écouter les commentateurs accrédités, la pire des catastrophes à venir, cela donne froid dans le dos, serait l’extrême droite. On ne sait pas vraiment pourquoi, ils ne nous disent pas en quoi elle serait différente de leur univers à eux, mais assurément c’est celle-là qu’il nous faut redouter le plus, n’en doutons pas. Qu’importe les raisons de la troisième guerre mondiale, l’insolence de nos « élites » pourries, les ingérences partout des Étazunis, de leurs larbins otaniens, des assommants lions anglais jamais fatigués de faire le pitre sur trois pattes, des peurs et des colères des uns ou des autres …

Et l’urgence immédiate, au Yankistan, de sauver le soldat Biden, avec tout ce qu’il représente du pire de l’Amérique et de ce qu’on appelle « le monde occidental » : l’incarnation même de ce monde pourrissant. Un monde nouveau est en train d’advenir, et notre place y sera très réduite. Retournons à l’exploration des charmes du passé, de l’histoire, de quelques lignes dans le peu de livres qui valent toujours la peine. Qui se souviendra de nous ? Pour le moment, le seul argument en faveur de nos sociétés occidentales, c’est que les migrants s’y dirigent toujours en masse. Il n’y a pas, à ce jour, de « réfugiés occidentaux » en Russie, à part Edward Snowden, en Chine, en Turquie … Le trou noir, absorbant tout pour le néantiser, est bien chez nous … Mais qu’est-ce, au fond, que ce trou noir ? L’Argent, bien sûr, qui n’est rien (nihil-isme) et qui est tout (« tout a un prix »). Et l’Argent, l’équivalent universel, le « bien sans qualités » selon la définition parfaite de Georg Simmel, renvoie au zombie, l’homme sans qualités, émancipé de toute qualité pour devenir vraiment universel, vraiment nul. Ou, en attendant, « un peu tout » : un peu homme un peu femme, un peu noir un peu blanc, un peu homo un peu hétéro ; demain : un peu bio un peu techno… Un peu mort un peu vivant, à l’image d’un Michael Jackson, géniale anticipation de l’Occidental qui vient. En d’autres termes : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts » (Philippe Muray).

***

¿Qué puede salir mal ? Donets, Louhansk, Kherson et Zaporijjia. Quatre oblasts russes mais qui ont été assignés Ukrainiens à leur naissance. Récemment, ils ont fait leurs coming-out trans. Ce sont des régions border-fluid et leur souveraineté est non binaire … Des Russes enfermés dans un corps ukrainien qui ont pris la décision d’assumer leur transition … Ils se sont dotés de nouveaux prénoms (République populaire de Donetsk, République populaire de Lougansk) pour affirmer leur identité de genre. On ne peut que condamner avec fermeté la haine transphobe manifestée à leur encontre par tous les « alliés » occidentaux et leurs stratèges de plateau. « La Russie ne doit pas gagner la guerre militaire. » (Emmanuel Macron). « La Russie ne doit pas gagner cette guerre » (Olaf Scholz). Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

***

Voltaire. Ni Frédéric II de Hohenzollern, prince-électeur de Brandebourg et roi de Prusse, ni Philippe d’Orléans, Régent du Royaume de France de 1715 à 1723, ni le Vénitien Giacomo Casanova n’avaient d’estime pour Voltaire, qu’ils considéraient comme une crapule intelligente et un affairiste véreux, excessivement cupide. Voltaire trempait ses mains sales dans un certain négoce triangulaire de bois tropical entre la France, l’Afrique, et les Amériques. In greed, we trust. Comme on dirait en anglo-saxon. 


samedi 13 janvier 2024

Janvier et février comblent ou vident le grenier


Nouvel an. Atmosphère paisible à la maison lors du passage de deux mille vingt-trois à deux mille vingt-quatre. Fête intime, du petit clan familial, après les orages passés sous forme de soucis de santé, musique et bilan dans la joie. Cette année, seulement quelques explosions au loin après minuit. Les chiens d’à côté ne semblent pas avoir fêté l’évènement très longtemps. Je dors donc normalement, c’est-à-dire avec mes périodes d’insomnie plus ou moins longues pendant lesquelles je me demande ce que sera cette nouvelle année pour nous et pour notre monde dirigés par des immondes. J'ai un peu peur de janvier. Par-dessus tout, de son deuxième jour, ce jour où je me dis « enfin ! », ce jour qui sonne comme une libération, qui enterre décembre, mois hystérique de préparation de tout, qui m’oppresse depuis longtemps par son accélération sans que je sache vraiment pourquoi, puisque tout le monde m'imagine comme un bouddha à la retraite : le mois des ponts fériés, des « fêtes », le mois en toc si près de mon anniversaire dont même certains proches s’en foutent dernièrement comme de leur première paire de chaussettes. J’aime, en revanche, cette lumière argentine de certains jours de janvier qui est comme le signal du futur réveil. Je fais des promenades emmitouflées, avec Rosa, à Hendaye et sur les berges de la Bidassoa, sous un soleil blanc et froid, éblouissant, qui nous frappe au détour d’un sentier autour du port de Caneta, qui semble nous dire « vos heures les plus sombres sont derrière vous, vous allez vers les beaux jours ». Et quand j’écris ces lignes, j’en profite pour faire savoir à mes premiers visiteurs du blog que je leur souhaite une excellente année.

***


Dix janvier. Journée lamentable. Une cafétéria avec sa télé en haut du comptoir montre la ridicule discussion de quelques projets de loi au « parlement » espagnol qui tourne à la foire d’empoigne. Nous, en bas, nous regardons le spectacle, nous demandant qui sera le premier à dégueuler sur ses pompes.

***

La situation à Gaza vire depuis des semaines à l’épuration ethnique, voire au génocide. Bla, bla international pour rien. L'entité sioniste est inatteignable. Son armée criminelle se voit-elle capable de prendre totalement le contrôle de ce territoire et de le vider de sa population ? L’idée d’une épuration ethnique n’est pas neuve. Elle s’enracine dans les positions de l’Ukrainien Vladimir Jabotinsky dont, en Israël, Menahem Begin, Yitzhak Shamir et la famille Netanyahou se réclamaient, tout comme, aux États- Unis, Leo Strauss et Elliott Abrams. Ce groupe, suprémaciste juif, affirme que la Palestine est « une terre sans peuple, pour un peuple sans terre ». Dans ces conditions, les autochtones palestiniens n’existent pas. Ils doivent partir ou être massacrés. C’est, à ma connaissance, aujourd’hui, le seul groupe au monde qui préconise publiquement un génocide. Sans sourciller. Ils savent qu’ils jouissent de l’impunité la plus totale.

***

Les masses n’ont jamais eu soif de vérité. Elles se détournent des évidences qui ne sont pas à leur goût, préférant déifier l’erreur, si l’erreur les séduit. Celui qui peut leur fournir des illusions est facilement leur maître, celui qui tente de détruire leurs illusions est toujours leur victime. (Gustave Le Bon)

***


Aujourd’hui la gauche et la droite sont devenues des positionnements purement esthétiques où il est requis de s’identifier à un certain modèle dont il ne faut absolument pas dévier. Évidemment cela donne des individus assez incultes et superficiels, et souvent hystériques. Ce genre de comportements est une des sources de ce qu’on a coutume d’appeler le wokisme même si, d’une certaine manière, le wokisme n’est pas uniquement propre de l'ex-gauche.

***


L'intelligence artificielle (IA). L’automobile a remplacé les chaises-à-porteur et les diligences, les moissonneuses-batteuses ont remplacé les paysans, les canons ont remplacé les catapultes, les métiers-à-tisser les tisserands, les lave-linges les lavandières, l’uranium a remplacé le charbon, le cheval la course à pied, etc. Quand la bombe atomique est arrivée, on a parlé de changement du monde, et rien n’a changé. Il y a quelques années, on nous a bassiné avec les imprimantes 3D. La nouvelle marotte d’aujourd’hui, c’est l’IA. Qui va remplacer, ou plutôt modifier, de nombreux métiers. Comme tous les autres progrès techniques. En effet, les gens qui pondaient de la musique de film ou des rapports d’activité seront peut-être remplacés, comme les laquais d’autrefois ont été remplacés par les machines et services domestiques. Ils trouveront d’autres occupations. L’IA ne va faire que modifier le cours de choses, et les emplois suivront d’autres logiques. Quant a « trouver un sens à sa vie », c’est simplement une des plus vieilles questions de l’homme… L’industrialisation loin de diminuer la population mondiale, l’a faite augmenter. Et tout ça avec un niveau de vie, de santé, de prospérité, et même de « libertés » sans commune mesure avec le passé. Pour le moment, il y a une corrélation entre prospérité, technique, population, etc. L’idée malthusienne de décorréler absolument la démographie du rapport socio-techno-économique n’a pas été encore démontrée de manière convaincante. Car tout est lié. Elon Musk lui-même en est conscient, puisqu’il met en garde contre les méfaits de la dépopulation. Le fantasme de Davos n’est pas forcément pour demain… la preuve en est : nos « élites » font venir massivement des immigrés. Les phénomène de dépopulation qu’on observe dans les pays développés proviennent plus de l’excessive concentration du capital (socialo-féodalisme) que de la modernité elle-même. La déconcentration du capital (libéralisation véritable) entrainerait un regain de croissance, y compris dans un contexte d’IA et d’énergie durable. La véritable richesse est une valeur immatérielle de l’homme.

***

L'Alliance atlantique a besoin d'épouvantails. Les « renseignements » atlantistes sont toujours figés dans l'Iran qui a émergé il y a plus de 40 ans lorsque l'ayatollah Khomeini a chassé du pouvoir le shah Mohammad Reza Pahlévi. Pour eux, c'est comme si rien ne s'était passé en Iran. Il est vrai qu'il reste quelques forces résiduelles et influentes en Iran qui croient encore plus ou moins aux anciennes idées politiques de l'époque, mais l'Iran d'aujourd'hui n'a rien à voir avec l'Iran d'il y a 40 ans. De même que presque rien de ce qui se passe aujourd'hui n'a de rapport avec la situation d'il y a 40 ans. L'Iran joue un jeu politique différent dans la région et dans le monde. Les rêves révolutionnaires d'un califat chiite se sont évanouis. Les hommes de l'Alliance atlantique sont les seuls à être figés dans ce passé, à s'accrocher au moment historique illusoire où ils croyaient qu'une politique unilatérale leur était possible. Pour ces hommes, le différend saoudo-iranien n'a pas été annulé grâce à la diplomatie chinoise. Ces hommes continuent de prétendre qu'ils ont des alliés inconditionnels parmi les pays du Golfe et du Maghreb ou en Asie. Rien de tout cela n'est plus faux. Ces pays sont dans d'autres projets comme le projet russo-chinois, convenu entre l'Iran, la Maison des Saoud et les Emirats, de construire une route ferroviaire et routière de l'Iran, à travers le détroit d'Ormuz (54 kilomètres), vers Oman, de là vers le Yémen et, à travers le détroit de Bab-El-Mandeb (26 kilomètres) vers Djibouti et l'ensemble de l'Afrique. La Russie et la Chine, avec un groupe de soutien (l’Azerbaïdjan, la Turquie, l’Iran, les républiques d'Asie centrale, pratiquement tout le Moyen-Orient), ont intégré leurs projets dans les décisions à long terme et les décisions budgétaires de leurs gouvernements depuis de nombreuses années. Un conteneur pourra aller du Derbent russe au détroit d'Ormuz en deux ou trois jours par voie terrestre, en passant par l'Azerbaïdjan et l'Iran, et de là vers le continent africain. Le corridor de transport international Saint-Pétersbourg - Mumbai (Inde) permet d'acheminer des marchandises en 17 jours, mais si elles sont transportées par voie maritime, il faut compter au moins 45 jours. Dans ce corridor, une petite section de la liaison ferroviaire entre la Russie et l'Iran reste inachevée. Le tronçon iranien de 165 kilomètres entre Astara (frontière de l'Azerbaïdjan avec l'Iran, près de la mer Caspienne) et Rasht est en cours d'achèvement à un rythme accéléré. À noter que l'Azerbaïdjan a déjà prêté 500 millions de dollars à l'Iran et que la Russie a affecté 1,5 milliard de dollars au projet et à l'achèvement de cette section du chemin de fer. Le projet le plus ambitieux est la liaison ferroviaire entre le port chinois de Lianyungang et le port turc d'Istanbul. Les délais de livraison des marchandises par voie terrestre sont de 20 à 23 jours, et par voie maritime de 40 à 60 jours. Non seulement les délais sont réduits à un tiers de ceux du transport maritime, mais les coûts sont réduits de plus de 30 %. D'autres projets s'ajoutent à ceux mentionnés ci-dessus. Mais ils suffisent à montrer les changements profonds qui s'opèrent dans la configuration du monde et son interconnexion. Ce sont donc ces faits qui rendent nerveux les hommes de la Maison Blanche, de Londres et de l'UE. D'où les gestes hystériques et le tapage hystérique qu'ils font pour tenter d'empêcher et d'interrompre d'autres pays d'avoir des projets de collaboration qui pourraient leur permettre de s'approprier le marché du transport maritime de marchandises, qu'ils considéraient jusqu'à présent comme leur monopole. Un marché dont la taille de 2,35 trillions de dollars est presque identique à celle du marché pétrolier de 2,6 trillions de dollars. Mais le marché du fret est beaucoup plus rentable (environ 30%) que le marché du pétrole, et il est en expansion, contrairement au marché du pétrole qui est à son apogée. Les hommes de l'Alliance atlantique ne trouvent d'autres moyens de l'arrêter que de mettre le monde à feu et à sang ici et là, en profitant de chaque conflit pour briser d'éventuelles coalitions, comme en Israël ou en Ukraine. En engageant des manœuvres dangereuses, comme la tentative de coalition « Guardian of Prosperity », ou en séparant l'Europe de la Russie en faisant exploser Nord Stream. Une politique agitée où se trouve le vrai danger et non la légende qu'ils prétendent véhiculer sur l'Iran comme menace globale. Les hommes de l'Alliance atlantique utilisent la rhétorique de la démocratie, du libre marché, de la concurrence, des règles, etc., mais en réalité ils n'ont plus confiance dans leur capacité à rivaliser et à surpasser ou même à égaler leurs adversaires économiques. Ils ne parient plus que sur la destruction de leurs concurrents. Et c'est là que réside le grand danger et la menace pour la sécurité mondiale.

***


Un « journaliste », qui n'a pas précisément une gueule pour être considéré le couteau le plus aiguisé du tiroir, agonit d’injures systématiquement le Président russe, chaque fois qu’il passe à l’antenne ou qu’il est invité, dans une station radio espagnole en ligne, propriété de la conférence épiscopale (COPE). Et je ne change jamais de station sans m’en apitoyer.

---

Journalistes Tel Aviv Radio. Stations et journalistes (parmi d'autres) depuis l'Espagne. L'intarissable Federico Jiménez-Losantos (Es Radio) : le trottoir de la pensée politique. Luis del Pino (Es Radio) : le tout-à-l’égout de l’intelligence. Angel Expósito (Cope) : l’urinoir de la compassion. Carlos Herrera (Cope) : individu fier de lui-même comme une éolienne plantée au milieu d’un champ de colza. Passant à un niveau intellectuel supérieur : G. Albiac ou le converti (guiyor) J. Juaristi ...

mardi 19 décembre 2023

Promenons-nous dans le bois des vœux ...


Quand j'écrivais quelques lignes de vœux de Noël à quelqu'un, j'étais pris d'une fièvre douce. Écrire ce qu’on pense en pensant à quelqu’un : je ne vois rien de plus sacré, de plus simple mais de plus essentiel. Le texte pouvait ne rien contenir de grave, d’important, ne rien apporter au quotidien du récepteur, que ce geste suffisait pourtant à me combler et à exprimer tout ce que je pensais d’un instant de nos vies et tout ce qu'il y avait à en retenir. Tout le sens était là, très simplement rédigé. Nommer et adresser. Mettre quelques phrases dans une bouteille de naufragé, quelques phrases qui prendraient de la hauteur au moment de la lecture. Je savais que peu de personnes lisent vraiment, mais ça ne faisait rien, il fallait quand-même les envoyer, il fallait quand-même faire comme si la réception de ces quelques lignes allait bouleverser quelque chose, comme si quelqu'un, quelque part, les recevant allait ressentir une émotion imprévue. Je n’ai jamais su, je l'avoue, faire la différence entre la littérature et la correspondance, entre la conversation et la fiction ; je sors d'un songe pour tomber dans un autre songe : j'ai eu le temps de m'apercevoir, depuis toujours, que peu de gens ont jamais répondu à mes vœux. L’exercice de l'enseignement m'a assez prouvé que personne n'écoute personne, jamais ou presque, et que de cette infirmité première découlent toutes les autres. D’un classique bouleversant, un quelconque maitre Aliboron n'aura gardé que les ornementations et les effets, pas la substance qui pourtant se donne comme jamais elle ne s'est donnée dans aucune œuvre pareille. À qui s'adresse-t-on dans un message de Noël ou de fin d'année ? Qui veut l’entendre ? Qui prendra le temps de songer, à sa lecture dans la solitude et le chagrin d'un après-midi de décembre, aux liens qu’entretiennent les gens dans le creux profond d'une vie, au milieu des gesticulations désordonnées qui les font exister un instant aux yeux des autres ? Les lignes rédigées, une fois lues, s'achemineront en toute connaissance de cause vers le silence de l'être et la paix invincible de la solitude. Que chaque phrase arrive, au moins, à bon port, pour que les signes un moment suspendus et virtuels soient enfin délivrés et se révèlent comme appel à l’amitié car il n'existe pas de fin meilleure, d'autre destination plus souhaitable, pour l’éphémère. Mais qui sera là pour un prochain message ? Qui aura veillé jusqu’à la dernière lettre ?

dimanche 17 décembre 2023

Dramatique silence assourdissant pour la Palestine en agonie ...


Bientôt, les retrouvailles pour les fêtes de Noël en famille : les enfants arrivent, chacun s'étreint avec les autres dans l’entrée, nous changeant en une masse de têtes, d’épaules et de bras. Et on passe rapidement à table. Je suis plus que content et je pense à la première semaine de janvier prochain comme si j’avais déjà perdu une parcelle de mon âme ...

*** 

Dans la vie privée, intime, le fait de savoir que Dieu voit toujours tout et qu’il sait qu’on existe, alors qu’Il disparait (« vere tu es Deus absconditus ») aux yeux des autres, aide chaque pauvre mortel qui se pose des questions à supporter son sort. Dans la vie publique, visible, avec la foi qui réconforte le croyant face à l’inéluctabilité de la mort, on se tient à côté les uns des autres, se respectant, mais se taisant. Comment pourrait-on vivre ensemble sur terre, si ce n’est des gens persuadés qu’il y a quelque chose plutôt que rien avec des gens qui comprennent qu’il n’y a rien, rien que le vent. Qu’est-ce que l’existence ? Les physiciens écrivent qu’il y a eu une explosion de gaz et que l’univers s’est formé : le ciel, les étoiles, les comètes. Bon, mais d’où venait ce gaz qui a explosé ? Non, interviennent d’autres physiciens, ce n’est pas comme ça : il n’y avait rien, c'était l’antimatière, puis cette antimatière a éclaté, et l’explosion en question a eu lieu. D’accord, mais d’où venait ce rien ? De quelque part – et la même question se répète à l’infini. Ainsi, le temps et les événements tournent en rond, rampent comme des fourmis sur le ruban collé par l’expérimentateur ? Mais d’où vient le ruban, où est le début du rond ?
On ne peut pas se reposer sur nos sens pour faire entrer dans notre tête la réponse à cette question. Comment s’imaginer que tout a toujours existé et n’est venu de nulle part ? Il y a une éternité, lors d'une discussion avec un mathématicien, à la Fac de lettres, il n’avait pas pu répondre à la question de la définition d’une ligne droite, illimitée des deux côtés : si elle n’a pas de point final, elle est infinie, et s’il y a un point final, ce n’est déjà plus une droite ... D’où viennent les droites ? Qui les trace ? Si quelqu’un a tracé une droite, il a bien commencé quelque part ! Oui, le temps et l’espace sont beaucoup plus complexes qu’il nous semble. Mais même si l’on admet que le temps et l’espace ne sont pas linéaires, il n’en reste pas moins cette question : comment le monde est-il advenu ? Et s’il a toujours existé, qui l’a créé, et d’où vient ce « qui » ? Et ainsi de suite, à l’infini. Les gens religieux estiment que c’est Dieu, mais on peut Lui appliquer la même question : « D’où vient-Il, même s’Il a toujours existé ? », et de nouveau, nous nous heurtons à la limite de nos moyens ... L’homme est incapable d’appréhender toute la difficulté de l’absence d’un commencement. La quantité de matières existantes est inconnue, et c’est hors de notre portée, sinon nous ne serions pas des créatures humaines. Combien de choses inutiles ont été écrites, combien d’incongruités philosophiques, combien de labyrinthes de diverses sciences, et tout cela ne fait qu’encombrer notre cerveau le détournant de l’absence de réponse à la question essentielle. Mais, d’ailleurs, pourquoi pourrions-nous y répondre ? L’univers est insondable, infini, et la Terre n’est qu’un petit grain qui, dans ses entailles microscopiques, a développé des cellules dotées de pensée ...

***


Je ne ralentis pas parce que je suis vieux et que mes forces m'abandonnent, au contraire, je ralentis parce que chaque nouvelle lecture m'enrichit (lexique propre du capitalisme cognitif que je déteste, mais quel terme employer ? m'améliore ?) : il y a plus à voir, plus à entendre, plus à comprendre.

***

Plusieurs jours que je n’arrive pas à dormir comme il faut depuis notre retour d’Alicante. Je n’arrête pas de penser à l’appart endommagé par la catastrophique fuite d’eau des voisins de dessus. La flemme de l’assurance, le retard inexplicable – à part l’incompétence et la nullité – dans les réparations. Micmacs de toute sorte. Douleurs de dos, angoisses, délires nocturnes divers. J’ai du mal à rester à flot. Depuis des semaines, je reste dans cette zone cauchemardesque dans laquelle un marteau impitoyable me frappe un peu partout, au hasard semble-t-il. Mais le pire n’est pas l’intranquillité, le pire, et de loin, c’est le sommeil qui se refuse à moi. Des nuits, j’ai dû me lever près de quatre fois. Dans ces conditions, il est difficile de se reposer, d’autant plus que trois fois sur quatre, je ne parviens pas à me rendormir, même pour une très courte durée. Je me sens fatigué. Quand tout provoque en nous le dégoût, vers quoi se tourner, surtout si le silence et la paix du sommeil nous sont refusés.

***


Nos retours à la maison, rue Gaston Marchou, ont été souvent sabordés par les étourneaux. Leur troupe des milliers d’oiseaux se posant sur les arbres puis s’envolain et tournoyant, se massant en formations fantasques et dessinant des vagues aériennes. Fascinés, nous sortions au balcon pour les observer.

***

J'ai regagné péniblement une fois El Vivero en voiture. Je n’avais nulle part où retrouver des repères. Quand j’eus réfléchi pour en provoquer dans ma tête, je me dis que j’étais peut-être trompé par mes propres souvenirs, que des objets m’avaient échappé, que je n’avais pas fouillé suffisamment toute la partie du terrain où se trouvait notre maison. Dans l'état actuel des parages, j’avais de la peine à marcher, mais j’y allai tout de même, et retrouvai les traces de ce que fut l'entrée. Je repérai l’endroit où les colonnes en briques plus ou moins debout avec des herbes folles faisaient place à un champ vide. À part mes propres traces, je ne trouvai aucun signe de vie dans les champs labourés. Il me fallut un bon bout de temps pour m’assurer qu’il ne restait vraiment rien, aucun signe, aucune indication : absolument tout était effacé, comme si j’avais dessiné mentalement le plan mais que mes parents n’avaient rien laissé, qu’ils n’avaient pas planté d’arbres. Tout s’était dissous comme dans un rêve. La rivière se révéla incroyablement proche, alors qu’autrefois elle me semblait dans le lointain, derrière les arbres voisins. Le soleil se couchait. Je compris que je ne voulais pas rester une seconde de plus sur place me détournant de la terre labourée sur l’emplacement de notre maison.


***

Neuf pour cent d'Espagnols pauvres. L'infâme social-démocratie ne sait que faire des gens vivant dans des conditions d'extrême dénuement. Et la gôôôche préfère la lutte contre le cholestérol à la lutte de classes. Quand les électeurs mettent la gauche au pouvoir, elle les entube sur le social : l’oligarchie utilise la gauche pour faire justement passer les lois antisociales, soit au moment où les pauvres se sentent protégés, croient avoir un des « leurs » (ou leurres) au pouvoir. Et quand les électeurs choisissent un candidat de droite, l’oligarchie en profite pour faire passer des lois antinationales. Logique du machiavélisme. On dirait une diatribe des années 30. Socialement, on a régressé d’un siècle.


***

Fin du principe d’intouchabilité développée par nombre de responsables juifs dans le monde depuis des générations : la liberté d’expression est plus forte que la censure, parce que la raison est plus forte que le mensonge. Le mensonge, avec toutes les polices du monde, ne peut tenir éternellement : il s’effrite avec le temps, le temps tue le mensonge. Le temps serait-il raison ? Sur la réponse virulente, odieuse, criminelle de l’entité sioniste, la tension est montée depuis le 7 octobre entre les gardiens du dogme – pour qui les Israéliens sont des démocrates et les Palestiniens des terroristes – et les diverses gauches qui retrouvent leurs fondamentaux, l’humanisme et l’anti-impérialisme. À noter que même si ces gauches s’avouent anticléricales, sur le papier, leur humanisme descend tout droit du christianisme, et leur raison de la Grèce ancienne. Ces gauches qui ne veulent plus se taire devant l’injustice majeure se retrouvent mises au ban, comme elle avait mis au ban la droite depuis 40 ans. Droite qui s’est rangée sous le drapeau israélien au moment où tout basculait. Surtout ne pas tenir tête au monstre anglo-américano-sioniste devant sa folie destructrice et devant la meute médiatique inféodée à ce monstre destructeur. Au lieu de quoi, même les journalistes de la radio épiscopale espagnole (Cadena COPE) aboient avec les Américains et les Israéliens, qui sont mis au ban des nations. Il n’y a qu’à regarder les derniers votes à l’ONU, qui servent au moins à quantifier le rapport de forces. Quelle manque d’humanité et quelle erreur devant l’Histoire ! Ione Belarra, accusée de tous les maux par le lobby médiatique, soit la meute, seule capable de faire face à l’agente sioniste de l’ambassade d’Israël à Madrid, RodicaRadian-Gordon. Chez elle, ça parle tout seul ! Seule capable d’inspirer, devant le sinistre Netanyahu, un chouia d’énergie à son président du gouvernement, P. Sanchez, qui pourtant a suffisamment fait bonne mesure sur la condamnation obligatoire du Hamas, affaire devenue même pas une question de journalisme ou de politique, mais une injonction. Cette sommation non-discutable, d’où vient-elle ? À qui profite-t-elle ? Devant ce mur de haine et de mépris envers les Musulmans en général et les Arabes en particulier, la réaction de I. Belarra devant le massacre de masse de Gaza et pour un cessez-le-feu permanent et définitif relève de la pure et simple décence ! D’accord aussi pour qu’on libère des otages, si on fait en sorte qu’on puisse avoir en même temps la libération d’un certain nombre de prisonniers politiques palestiniens qui croupissent aujourd’hui dans les prisons israéliennes. Oui, quelque chose a changé, que ce soit sur Facebook ou sur « X » ex-Twitter où la liberté d’expression a été rétablie, au grand détriment des destructeurs des nations qui pillent le trésor européen, ou sur les médias subventionnés, qui coulent idéologiquement en direct devant tout le monde. G. Albiac, qui promène dans chaque article les philosophes de sa bibliothèque comme un montreur de marionnettes, J. Juaristi, « juif » (converti) de fraîche date, ou le pitre Losantos, qui terrorisait de ses vannes le Parti populaire, les dirigeants de VOX, les antivax et les antipass il y a encore peu, ne terrorisent plus personne aujourd’hui. Les gens sont aux abois, se demandant comment ils vont finir le mois, et on leur demande de chanter chaque jour, en versant si possible une larme hypocrite, l’hymne israélo-américain. Surréaliste.



***

Abrégé d’histoire d’Israël : racisme institutionnel, colonisation en continu et massacres de masse. Les Palestiniens sont otages des Israéliens ! Des millions en otage, et depuis le 7 octobre quelques palestiniens ont invité quelques israéliens à partager leur vie d’otage à Gaza. Les tueurs de femmes et d’enfants portent une kippa sous leurs casques, il y a des images mais il faut se donner la peine d’aller chez les chaînes non européennes, c’est pas sur CNN ou BBC que vous allez voir les tueries de masse perpétrées par l’armée la plus humaniste du monde : corps déchiquetés, visages broyés, amputés, mutilés à vie. Une boucherie inimaginable si on ne va pas sur les plateformes de sauvegarde contre la censure. Allez courage vous allez trouver de quoi affiner votre opinion, mais il faut chercher pour établir la différence fondamentale entre liberté d’expression, c’est-à-dire, levier de chaos détournant la parole publique vers le n’importe quoi et opinion libre, prise de parole courageuse guidée par la quête de vérité.


***

On me casse de temps à autre les pieds avec Sartre. Que reste-t-il de ce Sartre, bourgeois anti-bourgeois fanatique et bigleux, calculateur « philosophe de la liberté » qui s’est distingué en ne levant pas le petit doigt contre l’occupation allemande, puis après-guerre en défendant systématiquement les dictatures les plus abjectes ? Un beau salaud parmi les salauds, que vaut n’importe quel salaud et qui les vaut tous.

 

 

 

mercredi 29 novembre 2023

Un peuple de bourreaux posant comme victime

 


Lorsque mes parents sont venus s’installer dans la comarque du Cerrato, ils ont d’abord vécu quelques années dans une maison située non loin du fleuve Carrión, le long du chemin menant à la propriété connue sous le nom de El Vivero (post du 23 avril 2021). J’y suis né et je me souviens de belles heures champêtres de ma vie quotidienne vers mes neuf ans. Derrière la maison se trouvait une large bande de terre, de la dimension d’un petit champ, au bout de laquelle passait un chemin non loin du cours d’eau du Carrión. J’ai le souvenir vague mais persistant de bons moments passés seul à musarder parmi les arbres au bord du fleuve du côté de Calabazanos. Ils bruissaient follement sur les plis du chemin emplissant tout de rumeurs comme si nous étions au milieu d’une forêt devenue folle. Je voyais le vent s’engouffrer partout et agiter le thym, le romarin et d’autres herbes qu’on ne m’avait pas encore apprises à nommer. Je ne sais plus très bien à quoi je m’occupais, peut-être juste à rêvasser. Je me souviens surtout du bruit des feuilles des trembles et des peupliers, de cette sensation de solitude tranquille, légèrement à l’écart du monde, dans la lumière du soleil triste de l’automne tamisée par le feuillage. Ce bruit de feuilles m’a accompagné toute ma vie. Et je reste toujours émerveillé quand les feuilles d’un peuplier dansent agitées par le vent et deviennent torrent d’étoiles argenté. Souvent ces derniers temps, quand nous nous promenons un moment dans les sentiers piétons bordant la Bidassoa pour oublier nos tracas, j’ai l’impression de revivre, de reproduire indéfiniment cette danse de feuilles soufflées par le vent, cette scène initiale, en quelque sorte initiatique.

***

Tout ça pour ça ? Chaque jour que le bon Dieu fait, à longueur de journée, à toute heure, mois après mois, année après année, urbi et orbi, le discours tourmentant sur l'Holocauste et la Shoa nous avait rebattu les oreilles, souvent jusqu'à la caricature et l'absurdité touchant jusqu’aux derniers replis du cerveau, de ce que le peuple juif avait souffert, de ce qu'il avait dû endurer à travers l’Histoire, de sa douleur pour ses biens perdus, spoliés par des méchants de tout poil à travers le monde. Tout cela universellement reconnu par des textes de loi incluant des sanctions très graves pour que ce discours narratif ne soit pas mis en question, pour qu'il ne puisse venir à l'esprit de qui que ce soit de contredire ses termes dans des autobiographies, biographies, mémoires, essais ... Voilà maintenant plusieurs semaines que les premiers bénéficiaires de ce beau discours de victimisation systématique baignent dans leur sauce sans complexe : ça tue, ça torture, ça pilonne sans répit et sans pitié des pauvres gens privés de tout, sans armée, sans avions ultramodernes, sans marine de guerre, sans l’arme atomique brandie sans vergogne par leurs gouvernants au jour le jour, expulsés de chez eux, massacrés par une armée qui ne craint pas la communauté internationale, hautement équipée sans regarder la dépense par leurs parrains angloaméricains.

Un quidam juif des Carpates qui voudrait s'installer en Palestine n'aurait qu'à le dire : il a déjà plus de droits pour s'y installer où il veut qu'un Palestinien vivant sur place depuis des générations. Le rouleau compresseur meurtrier des sionistes écrase sur place tout ce que notre Europe pourrie, soumise depuis longtemps et presque irrémédiablement au Mammon nord-américain progressiste, n'apprécie plus : des populations modestes vivant de leur travail dans un petit jardin avec une roue hydraulique et un pauvre âne, quelques oliviers, le tout dans le respect des traditions, des grands-parents, dans le souci de l’éducation de leurs enfants, tenant une modeste boutique... Pouah ! Des populations arriérées pourries par l'islamisme ! L'orc sioniste, toujours arrogant et dément, menteur compulsif, veut tout, salit tout, ronge tout et ne se soucie pas du prix en sang et en chair humaine que les autres devraient payer. Et pour commencer par le commencement, ces ploucs Palestiniens qui salissent la terre ancestrale d'Israël élue de Dieu sont-ils des êtres humains ? Alors, avançons haut les cœurs avec plus d’entrain que jamais dans le projet d'expropriation de ces sous-hommes anachroniques et barbares ! Tant que n'arrivera pas le faucheur impitoyable capable d’éliminer ce fléau de mauvaises herbes, inutile pour le feu, inutile pour nourrir du bétail, les Palestiniens continueront à subir le déchainement de sévices de la part de ces colonisateurs sans âme et en même temps inlassablement plaintifs, sourds au volcan de sang qu'ils provoquent, largement applaudis et soutenus par « le monde libre ». Ils représentent la modernité, le progrès face à l'obscurantisme et la barbarie. Il apparaîtrait, si l'on en croit le président Isaac Herzog, que toute la population de la bande de Gaza est quasiment aussi coupable de tout que les membres du Hamas et que, par conséquence, la tragédie qu’elle vit actuellement est logique voire justifiée. En partant de ce magnifique principe, de cette même logique et puisque le discours politico-médiatique en Occident est au soutien inconditionnel à l’opération génocidaire en cours, il ne faudra pas s’étonner de l’augmentation sensible des agressions et attentats ou d'autres formes de réaction violente qui pourraient venir d'une forte communauté hostile à l’État hébreux présente en Europe. Je laisse les médias faire la différenciation subtile entre ces réactions dans les mois et les années qui viennent. S’il on tient à être cohérent, comme MM. Herzog ou son vaillant Yoav Gallant de ministre de la "défense", on se doit de reconnaître que la grand-mère qui promène son chien, le collégien qui rentre chez lui, le joggeur du dimanche, vous et moi sommes aussi coupables que le pilote d’hélicoptère de Tsahal ou les ministres de Netanyahou et, conséquemment, des cibles potentielles et légitimes. En invoquant le droit et le devoir de se défendre ... Tout le monde n'a pas ce droit ? Ah, d'accord, j'avais oublié ! Seulement pourraient l'avoir, dites-vous, les citoyens de l'unique démocratie au Moyen Orient ? Mais s'ils tuent, massacrent, torturent, bombardent ? S'ils le font dans le respect des droits de l'homme les plus fondamentaux et le plus strict droit international, pas de problème. C'est ce qu''affirment infatigablement tous les larbins de la presse libre européenne, suivant le discours du prestigieux Antony Blinken, digne successeur du non moins prestigieux Powell, Colin-aux-petites-fioles, démontrant que Saddam avait des armes redoutables menaçant la planète !

***

Je me positionne clairement en soutien du peuple palestinien. N’étant ni arabe, ni musulman et n'ayant par ailleurs aucun intérêt particulier à prendre fait et cause pour une population plutôt qu’une autre, il va de soi que ce soutien s’inscrit dans une logique plus universelle en termes de valeurs. Je persiste à penser que la création de l’Etat d’Israël n’est rien d’autre que le fruit d’un braquage à main armée en pleine vue et dans l’impunité totale. Les repères religieux des colonisateurs sionistes sont sans intérêt dans cette histoire. Ce sont bel et bien des Européens, surtout de l’Est, et des Américains qui se sont installés sur des terres qui ne leur appartenaient pas à la suite des manœuvres du Royaume-Uni sur la région en ce sens. Le traité de Versailles ayant notamment démantelé ce qui restait de l’empire Ottoman, le Royaume-Uni avait alors la responsabilité d’administrer l’actuelle Palestine sur laquelle il disposait d’un mandat en ce sens. Mais rien ne l'autorisait à faciliter une colonisation occidentale de ces territoires en vue de constituer un Etat fantoche en pleine péninsule arabique. On ne peut refaire l’Histoire mais au moins admettre la profonde injustice et immoralité qui ont consacré la fondation de l’Etat israélien. Une injustice qui s’est poursuivie avec une politique de massacres, de guerre, de ségrégation raciale et religieuse et d’enfermement des populations arabes dans de véritables camps de concentration à ciel ouvert. C’est aussi pour cette raison que les fatwas en antisémitisme ou en rappel aux “heures les plus sombres de l’Histoire” par les agents d’influence israéliens que l'on entend chaque jour dans l'espace médiatique, n'ont jamais eu de prise sur moi. Je me fous de la religion de chacun de la même façon que je trouve aussi écœurant qu’hypocrite de se référer à l’Histoire pour légitimer l’inacceptable et faire oublier ses propres crimes contre l’Humanité d’aujourd’hui. Si je n’ai aucune influence sur des faits historiques, c’est à dire largement passés, j’estime pouvoir au moins témoigner sur ce qu’il se passe actuellement et de mon vivant. Cela signifie que la question morale et juridique à la source des malheurs des Palestiniens, sources de mon soutien à la cause palestinienne, qui se veut universel concernant le droit à l’autodétermination des peuples et la dénonciation de toute entreprise coloniale ou guerrière, ne me fait pas oublier que la Palestine n’est malheureusement qu’un sujet géopolitique parmi d’autres. Le conflit russo-ukrainien, en réalité la guerre menée par l’OTAN contre la Russie, les exactions ayant cours dans la région des grands lacs en Afrique, la déstabilisation de nombreux autres pays africains, le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ne sont que quelques exemples qui nous rappellent que les Hommes de pouvoir agissent en cyniques irresponsables et n’ont aucun problème à faire couler le sang d’autres qu’eux-mêmes pour régler des difficultés qui auraient pu trouver une résolution diplomatique.
Quant à la solution à deux Etats qui revient aux médias quand l’entité sioniste est en danger, elle est non seulement improbable mais pire : elle assujettirait définitivement les Palestiniens au joug israélien. Sans continuité territoriale, il est prévisible qu’un État se retrouve à devoir gérer un conflit au long cours parce qu’une partie de son territoire se trouve enclavé dans un autre pays. C’est exactement ce qui est à la source du conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et certains ne semblent en tirer aucune leçon pratique. L’œil pour œil énième puissance pratiqué obsessionnellement par les sionistes ne servira à rien. Bombarder et opprimer une population ne résout rien et chaque Palestinien tué sous les bombes ou la mitraille, forge à sa mort dix futurs combattants qu’Israël devra affronter dans 5, 10 ou 20 ans. Israël a le droit, et le devoir, ajoute l’abominable A. Blinken, de se défendre. Et les Palestiniens, alors, à qui on a tout volé, ils n’ont pas ce même droit et ce même devoir ? Je défends la cause palestinienne car il est du droit légitime et moral que ce peuple se défende, y compris par la force. Israël reste un Etat voyou, terroriste, illégitime et dangereux pour la stabilité du monde. Que les Palestiniens légitiment le Hamas, lui-même largement issu de la volonté des dirigeants israéliens de fabriquer une opposition à l’OLP, pour assurer la lutte armée contre Israël, cela ne me choque pas. Que le Hamas se revendique islamiste, cela en plein territoire musulman, ça ne me choque pas plus. Faudrait-il que le Hamas se revendique du wokisme le plus radical, laïc ou même chrétien pour que sa résistance armée soit légitime ? Les Israéliens comme les Angloaméricains et la clique européenne se foutent complètement de l’idéologie de la résistance armée à l’Etat d’Israël. Ils ont installé des islamistes en Libye, ravagé la Syrie et détruit l’Irak. Un ancien ministre français avait osé signifier “qu’Al Nosra faisait du bon boulot en Syrie”. Preuve étant que lorsqu’il s’agit de démolir un Etat dans des guerres par proxy, les occidentaux ne reculent devant rien. Des groupuscules nazis en Ukraine ont bien été promus par les USA pour renverser Ianoukovitch. Et Bachar Al Assad n’a pas eu à se battre contre des factions laïques ou chrétiennes mais bien contre des islamistes qui faisaient du “bon boulot”.

***


Les Israéliens ne ménagent pas leur peine pour s’ingérer partout dans la vie publique. Leurs agents d’influence pullulent dans nos médias, les J. Losantos, J. Juaristi, G. Albiac et compagnie même jusqu’au parlement pour influer sur notre politique extérieure comme intérieure et sur notre opinion publique. L’Espagne n’a aucun intérêt à prendre parti pour un régime d’apartheid qui ne représente rien sur le plan économique sauf pour ses parrains anglo-américains. En revanche, de très nombreux critères objectifs doivent pousser notre pays à adopter une politique plus soucieuse de l’opinion publique des pays arabes. Non seulement comme une façon de détourner le regard des militants plus ou moins radicalisés, fâchés à juste titre contre l'occident, de notre propre pays mais pour envoyer se faire foutre les Anglosaxons, responsables de tout, et qui considèrent le Moyen-Orient comme leur pré carré. Une façon de s’assurer éventuellement des liens commerciaux et des importations en hydrocarbures qui seraient favorables à l’Espagne. Quel que soit l'angle d'approche, si nous sommes attachés au droit, à une certaine morale politique et humaniste, il est plus que normal que l’on soit sensible aux souffrances du peuple palestinien, depuis des années, non seulement depuis le sept octobre dernier. Est-ce que cela signifie que l’on soit prêt à se prostituer face à l’islamisme ou au repli communautaire ? Que l’on fasse l’apologie du terrorisme ? Nullement. Ce sont des sujets distincts et l’on peut se montrer tout à fait intransigeant sur notre politique intérieure tout en étant très clair sur nos prises de positions concernant le conflit de l’entité sioniste contre le peuple palestinien. Soutenir les Palestiniens, reconnaître le Hamas comme force de résistance armée contre Israël mais aussi acteur politique avec lequel il convient de parler, ne signifie pas cautionner les uns ou les autres ni accepter de manière opportuniste les replis identitaires, comme ceux de la stupide Pilar Rahola ou du grotesque Manuel Valls Galfetti. Que l’on soit juif, chrétien, athée, agnostique ou musulman : nos seuls intérêts devraient être ceux de notre pays et de notre peuple en harmonie  avec ceux de la communauté internationale civilisée.

***

Israël est attaqué par des pays arabes qui veulent sa destruction : ils ont le droit et le devoir de se défendre. L'Iran dispose d'un potentiel nucléaire et souhaite effacer Israël de la carte : ils ont le droit et le devoir de se défendre. Le Hamas est déterminé à tuer des civils israéliens, alors : ils ont le droit et le devoir de se défendre. La liste est sans fin des choses qui ne laissent pas d'autre choix à Israël que de se défendre, d'attaquer, de tuer, surtout des Palestiniens. Ce droit de se défendre va de soir dès lors qu'on admet que "in principio erat Israelum et Israelum erat apud Deum et Deus erat Israelum"C'est donc sans espoir et il n'y a aucune raison d'attendre un changement. C'est la réplique forgée officiellement, vers 1956, par le général Moshe Dayan, bien qu'à l'occasion, des sionistes y aient eu recours déjà auparavant, pour justifier n'importe quel crime. M. Dayan, rendu célèbre par son bandeau grâce aux médias et au cinéma, était connu aussi pour voler des antiquités et par ses appétits sexuels. C'est comme chef d'état-major de l'armée israélienne que Dayan a eu recours à cette excuse du devoir de se défendre dans un éloquent panégyrique qu'il avait prononcé avant l'attaque de l’Égypte par Israël en 1956. Dayan alimentait la peur lorsqu'il décrivait les pauvres réfugiés dans la Bande de Gaza comme " attendant de nous massacrer et de répandre notre sang " parce que, comme il le reconnaissait lui-même, " nous avons pris leur terre et en avons fait la nôtre ". Mais, expliquait-il, nous l'avons fait parce que nous n'avions pas le choix après des milliers d'années d'exil et de persécutions sans fin. Après le génocide nazi, nous voilà revenus mais nous devons toujours vivre par l'épée et toujours tenir fermement cette épée, car dussions-nous relâcher cette prise, ces sauvages Arabes assoiffés de sang y verraient un signe de faiblesse et le sang juif inonderait les rues. Autrement dit, peut-être ces Arabes qui nous regardent de derrière les portes de Gaza sont-ils fondés à nous haïr mais c'est une réalité où nous n'avons pas le choix. C'est notre destin de vivre toujours par l'épée. Les crimes commis par Israël le sont parce qu'Israël n'a pas le choix. Il doit se défendre. Dans une interview donnée il y a quelques années par un responsable des interrogatoires des services de renseignement israéliens, celui-ci décrivait comment, dans des hôpitaux israéliens, des médecins fermaient les yeux quand les agents venaient torturer, à l'hôpital, des blessés " suspectés de terrorisme ". Il décrivait comment ces agents " tiraient un peu sur les tubes " et qu'aussitôt, " les Arabes se mettaient à parler ". Puis il ajoutait que bien sûr personne ne pense que c'est bien mais que devrions-nous faire ? Nous avons le droit de nous défendre. Il justifiait la torture la plus immorale et la plus horrible contre des personnes hospitalisées, avec des médecins regardant ailleurs pendant que les agents font leur petite besogne, avec cette même excuse sans gêne. Dites, je vous prie, que ce que font partout tout le temps les Israéliens est justifié, que tuer des Palestiniens en nombre est acceptable parce qu’on a le droit et le devoir de se défendre. Le nettoyage ethnique de la Palestine est justifié parce que les Juifs n'ont pas le choix. Le lent génocide du peuple palestinien est justifié parce qu'Israël n'a pas le choix, tuer des milliers de Gazaouis se justifie parce qu'Israël n'a pas le choix, et ainsi de suite. Les médias américains ont poussé la chose un pas plus loin en y joignant : " Nous ferions de même ", comme si cela ajoutait du poids à l'argument du devoir de se défendre. Peut-être est-il temps de penser sérieusement à cet argument et d'examiner s'il n'a une formule parallèle équivalente du côté palestinien. Que devrait faire Israël pour ne plus être pas à la défensive mais à l'offensive sinon à " la compréhensive " ? Foutre le camp des villes et villages palestiniens et alentours injustement occupés. Démanteler, en partant, le mur et tous les points de contrôle. Que devrait faire Israël avec les roquettes tirées de Gaza ? Lever le siège de Gaza, démanteler le mur et les points de contrôle qui s'y trouvent, et laisser au peuple de Gaza la liberté à laquelle il a droit. Que devraient faire les Israéliens ? S'ils n'aiment pas l'idée de vivre dans un pays à majorité arabe, ils peuvent aller ailleurs ou s'y faire et, s'ils choisissent de rester, qu'ils se comportent en immigrants plutôt qu'en colonisateurs. Israël devrait libérer tous les prisonniers palestiniens, abolir toutes les lois qui octroient au peuple juif des droits exclusifs en Palestine, abolir les lois qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leur terre, et débloquer les milliards de dollars qui seront nécessaires pour payer des réparations aux réfugiés et à leurs descendants. Israël devrait alors appeler à des élections libres, une personne une voix, où tous ceux qui vivent dans la Palestine mandataire voteraient à titre d'égaux. Voilà ce qu'Israël a le droit et le devoir de faire.