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mardi 3 mars 2020

Sous tes mégots, la mer ...




Plaisir d’écrire pour soi et de partager de personne à personne. Catherine Pozzi, fille d’un chirurgien ami de Proust, envoie à Jean Paulhan deux feuilles de papier avec des poèmes. Celui-ci veut les publier. Elle réagit immédiatement : « Cher Paulhan, Je vous étonne ou je vous choque, en vous jurant que mes vers allaient à l’ami, non au grand Directeur ? Je perdrais le plaisir d’en faire pour mon plaisir si vous les imprimiez – voici mon refus. » À qui l’absence de reconnaissance publique du silence fait-elle peur ? 

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La mort de quelqu’un qu’on aime bien contient la nôtre. À la mémoire de Markos Balentziaga, ami du coeur.

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Lucidité ludique de certaines formes de désenchantement : se contenter d’observer entre jubilation et sarcasme, parfois avec aigreur, les allées et venues des clans au pouvoir où que ce soit, tant convoité partout par les marionnettes, tous et toutes esclaves du caprice de la fortune et des magouilles des plus puissants que soi-même. 

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Je ne veux plus relayer les accusations presque unanimes contre le Céline avant ou après 1945 malgré ce qu’on sait de la déportation et des massacres. J’ai presque honte d’avouer que cela ne me détourne pas de lui, de sa manière de communiquer à l’écrit romanesque sa photo du monde tel qu’il le voit. L’entreprise d’asservissement des humains, en gros et en détail, la plus abjecte, le communisme – auquel j’ai adhéré par manque d’instruction et de formation suivie – est toujours populaire dans ses variantes le plus cocasses et criminelles, et on voudrait qu’un antisémite soit le diable parmi les diables ? Ajoutez au tout que les souffrances des victimes des zeures-les-plus-sombres d’il y a belle lurette sont devenues autant de prétextes exhibés sans repos pour infliger à d’autres victimes bien actuelles d’autres souffrances non moins terribles, la déportation des Palestiniens, après le vol de leurs terres, les tortures et les pires humiliations dans la bande de Gaza, camp de concentration à ciel ouvert. La ténacité du « méchant » Céline à cracher par le verbe illuminé contre l’ordure humaine me le rend plus proche du Qohèleth que de l’optimisme soi-disant humaniste, et combien bouffon et criminel, des officiellement décrétés « gentils ». 

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Proust et Léautaud en harmonie totale 

« Quelle n'a pas été ma tristesse d'apprendre que vous avilissiez la petite magistrature spirituelle dont votre goût et votre élévation et justesse d'esprit vous investissent en couvrant de votre approbation l'être le plus immonde, le plus dénué d'intelligence, de style, de grammaire, de sensibilité, d'originalité (ose-t-on dire après cela de talent?) qui existe, le premier publiciste qui me fasse comprendre le sens du mot innommable, car j'ai quelque dégoût à le nommer, M. Léautaud. Personnellement je ne le connais pas, j'ignore tout de lui. Mais j'ai lu un livre de lui qui s'appelle Amours et si vous ne trouvez pas que c'est la chose la plus atroce, la plus imbécile qui existe, l'un de nous deux est devenu fou. » (Lettre à Léo Larguier, fin 1906-début 1907) 


Détestation dont on trouve aussi des traces dans le libre de Serge Koster, Sérénité du dédain, PUF, p. 95 (« Léautaud, un zoolâtre dans son placard »). Cet être qui « se fai[sai]t faire des pardessus sans poches et tir[ait] des crins de sa doublure » n’avait rien, l’homme ou le style, pour plaire au Marcel dans son trou de liège… Pour Léautaud, le style de Proust, c’était du charabia. 

Conseil de visite : http://proust.elan-numerique.fr/

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Le gros problème dans notre boite de pétri progressiste européen, c’est qu’à force d’utiliser la peur à toute les sauces on finit par avoir un troupeau de moutons hystérique prompt à la cavalcade effrénée au moindre bruissement dans les hautes herbes. Nos gouvernants rendent ainsi leurs esclaves complètement fous, alternant le fouet et la pommade a un rythme effréné. Interdits les rassemblements (Barcelone, Venise... fermeture du Louvre, Salon du Livre) pour lutter contre le méchant virus, mais rassurez-vous quand même petits moutons, vous pouvez aller bosser dans les entreprises de moins de 5000 personnes par bureau. Ou voir votre match préféré ou prendre bus et métros sans problème. Les effets commencent à poindre : panique généralisée et hystérie planétaire. Sur une chaîne télé, on interroge les gens pour savoir s’ils ont peur d’aller au boulot. On aurait pu les interroger pour savoir s’ils ont peur d’aller en vacances… Comme quoi, le milieu où le méchant virus prolifère reste celui de la connerie. Et pas de virus sous les tropiques, cette méchante bestiole craignant le chaud, pire que tout pour elle ! Du coup, le réchauffement climatique pourrait être une solution définitive !!  La peur crée la panique. La panique engendre des comportements irrationnels, ce dont les gouvernements en profitent pour tester leur marge de manœuvre et faire avaler n’importe quoi au « peuple souverain ». À qui profite cette hystérie autour du coronavirus ? À l’ignorance, à la bêtise, à l’avidité. Depuis la dernière guerre mondiale, la science a été capable de gérer extraordinairement bien les pires risques de pandémie, comment, alors, s’inquiéter avec ces agitations dignes du pire obscurantisme pour ce virus qu’un potentiel vaccin, sans doute en cours d’étude, finira par mettre hors d’état de nuire ? 

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Notre gouvernement actuel et le président qui l’a formé ont au moins un point commun avec ceux qui l’ont précédé : ils ne conviennent pas à une large moitié des Espagnols. Pour certains, il y a urgence à les remplacer, pour d’autres il faut respecter les institutions, qu’ils maudissaient avant d’arriver au pouvoir, et attendre que les échéances électorales permettent de leur choisir des successeurs. Si tout gouvernement est, quoi qu’il fasse, en mesure de mécontenter beaucoup de monde, il est bien plus délicat d’en trouver un qui satisfasse ne serait-ce qu’une courte majorité. Il y a à cela une multitude de raisons. La principale étant qu’on attend beaucoup trop de gens qui somme toute ont un pouvoir très réduit et certainement pas celui de faire le bonheur de tous. Ambition d’autant moins réalisable que tous n’ont pas la même conception du bonheur ni de la manière d’y parvenir. A cela, il faut ajouter les irréconciliables contradictions que cultivent les partisans de ces multiples conceptions. En gros, on veut tout et son contraire. On souhaite un renouvellement du personnel politique mais on reproche aux nouveaux venus soit leur inexpérience soit leur appartenance à de vieilles familles politiques. On exige l’égalité tout en réclamant de voir ses mérites personnels reconnus et récompensés. Les gens réclament de l’honnêteté mais n’ont rien à cirer que le président ait fait coïncider de manière considérable des passages de sa thèse de doctorat avec des sources non citées ou qu’il soutienne tout et son contraire devant les médias ou au parlement. On veut la tranquillité publique sans que les forces de l’ordre aient recours à la force. On aspire à un pouvoir stable mais les élections répétées à tous les échelons (municipal, autonome de chaque région, national) n’annoncent la moindre mesure de réforme d’une loi électorale clanique et absurde. On exige « du progrès » sans reprocher leur incohérence aux gouvernants qui, comme tout un chacun, sont les héritiers des pires idéologies ineptes et meurtrières. Et ils s’en réclament sans honte et sans complexes… Tout ça ne date pas d’hier. La Fontaine, avec ses grenouilles qui demandaient un roi, était allé chercher son modèle chez Ésope, fabuliste qui serait né il y a quelque 2640 ans. C’est dire l’ancienneté du problème ! Pour qu’un pouvoir, quel qu’il soit, satisfasse, il lui faudrait un très large consensus sur les buts à viser et la manière d’y parvenir. Or ce genre de consensus non seulement n’existe plus mais, du fait de la configuration même de l’État et de notre Constitution, a de moins en moins de chance d’apparaître en ce que ce régime favorise l’atomisation de la société en une multitude de minorités régionales aux intérêts contradictoires. A l’inverse, une forme de consensus présente l’intérêt de réduire les oppositions. Dans le règne ambivalent du populisme férocement manichéen du pour et du contre, ceux qui sont contre ne s’unissent généralement que par leur rejet à quelque chose ou à quelqu’un. Quand ils parviennent à renverser le pouvoir qu’ils haïssent, ils se divisent à l’infini et quand le bazar devient anarchique, il arrive qu’un nouveau pouvoir fort apparaisse. Tout ça pour dire que le gouvernement idéal n’a dans les temps qui courent que le défaut de ne pas pouvoir exister davantage que le consensus qui le rendrait populaire et cela d’autant plus dans ce qu’on appelle l’État providence qui par définition se trouve en charge d’assurer le bonheur de ses citoyens. Si gouverner se bornait à exercer des fonctions régaliennes, assurer la sécurité extérieure, l’ordre public, définir le droit et rendre la justice, gérer les finances publiques etc., il me semble que les points de friction, sans disparaître, seraient moins nombreux tant il est plus aisé de s’entendre sur quelques points clairement définis que sur tout. Personnellement, vu que j’ai la chance de mener une existence qui grosso-modo me convient, je me contenterais de ce type de pouvoir. Contrairement à beaucoup, le gouvernement actuel ne me déplaît ni ne me plaît pas plus que ceux qui l’ont précédé depuis quelques décennies qui, en tentant de satisfaire des attentes déraisonnables et hors de leur portée et progressivement gagnés par une corruption rampante et impunie, nous ont amené à la situation absurde que nous connaissons aujourd’hui. 

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Je ne vais pas m’étendre trop mais je veux préciser quelque chose à ceux qui me parlent de conflits inévitables entre collègues. Deux grandes peaux de vaches féminines – l’une plus peau de vache que l’autre, quand même des plus vicieuses de ma fac de lettres ! – et moi, nous ne nous appréciions pas particulièrement. Haine sortant du tréfonds de moi-même : de classe, de formation, de tempérament, de tout… C'était même un euphémisme, tant nos rencontres semblaient l’occasion de se vouer télépathiquement une haine mutuelle. Et bien tenace, hélas. Elles avaient pour elles la publicité facile et bien organisée de leur réseau… En fait, ce qui me rendait en colère chez elles, c’est la facilité avec laquelle elles pouvaient démolir ou bâtir des réputations à partir de rien pour former leur propre narratif, comme on dit aujourd’hui, le répandre comme des galettes de mazout sur une plage et, ce faisant, voler la vraie réalité des gens de peu qui n’avaient pas leur mot à dire ni les moyens de réfuter leurs histoires. Elles construisaient leurs ragots en toute impunité. C’était des batailles d’un microcosme trou du cul si on veut mais bien plus graves que ça n’en a l’air vu la répétition du phénomène… 

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Au fil des ans, les connaissances quittent la conscience, l’écorce du savoir tombe progressivement en miettes. On finit par mépriser presque tout. Cette impression collée dans la tête d’avoir eu un devoir à accomplir, toute sa vie. Se battre pour l’égalité. Pour la justice. Changer les choses en ce monde. Et, puis, à un moment donné, on se rend compte que l’exclu est rendu satisfait de lui-même par la compassion qu’on lui porte. Il se prend pour le point de référence de la société, il commence à être presque fier de cette exclusion et s’attendrit de sa propre condition, qu’il exhibe pour être écrasement majoritaire… Ce narcissisme fait de lui un bœuf d’abattage, de l’appât pour plateaux télé. Au fil des ans, on se demande à qui donner sa sympathie… 

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Comment distinguer le Catalan de l'Espagnol ? Et ces deux lascars du prototype de Basque ? Objectivement, nul ne saurait le dire. Ils vivent ensemble depuis des siècles, portent majoritairement les mêmes noms de famille, regardent les mêmes chaînes de télévision, aiment les mêmes boissons et partagent un même engouement pour le football, chôment et travaillent à peu près sur le même calendrier. Entre autres. Mais maintenant, on les fait accroire qu’il existe des mondes spécifiques pour les uns et pour les autres, des manières d’être qui n’ont rien à voir, et que pour que triomphe l’un il faut à tout prix écraser les droits de l’autre. Pour le moment. La notice du médicament « indépendance » permet de voir clairement que pour être efficace il faut commencer par écraser ses voisins vu qu’on est nettement meilleur. Le mode d’emploi de ce remède ne laisse pas d’ouverture au doute. Ici même et partout dans le monde connu. Avant-hier, dans l'ex-Yougoslavie, hier à peine, au Rwanda. Et au jour d’aujourd’hui … à quoi bon continuer ? On ignore délibérément le sens des mots. Surtout, l’un des plus fétides. Démocratie. Appliqué avec du zèle partout, tout le temps, à n’importe quoi. Avec férocité infatigable, par les loups séparatistes ibériques transformés médiatiquement en doux agneaux provoqués par le monstre fasciste. Symboles du dévouement pour leur peuple. Pour plus de démocratie. Et pour l’indépendance et, bien entendu, pour le socialisme. Des mots, ce n’est pas ça qui manque dans la panoplie des bouchers ! La guerre froide et les longues années du régime du petit général allié des alliés – si utile, et si longtemps, aux intérêts catalans et basques – paraissaient avoir gelé le pourrissement, le rapide processus de décomposition des années trente mais ça reprend de plus belle en ce début de siècle post histoire. Avant la chute du mur de Berlin, on parlait de « dégel ». Ça faisait partie du vocabulaire qu’on entendait quand j’étais jeune. Le mur tombe : là, dégel total. Une fois le pack encombré de « -ismes » et de « -ances » décongelé, le pourrissement reprend. L’histoire, fallait s’en débarrasser au plus vite. Pour mettre en place la « mémoire ». Avec ses gentils mensonges qui permettent de suivre n’importe quel chemin.

Quand on entend « l’histoire aurait pris un autre chemin si… » nous sommes sûrs et certains qu’on nous fait perdre notre temps. Les méandres de la mémoire permettent, par contre, de si joyeux voyages pleins de nostalgie. L’indépendance ! Maintenant que la mondialisation s’impose partout ! Est-ce vraiment malin de se battre pour l’égalité en Espagne ? Quelle partie d’échecs où les gens jouent-ils contre eux-mêmes, à la fois pour les noirs et pour les blancs… Les plus franquistes entre les franquistes, les abjectes bourgeois catalano-basques, veulent voir une Espagne à genoux, des Espagnols humiliés se repentant de leur passé franquiste ! Eux ! Vas-y que je te fasse la leçon ! Fautifs qu’ils sont, ces affreux franquistes, d’avoir gagné la guerre civile… Ayez l’obligeance de leur en pardonner ! Et la répression. Aïe, aïe, aïe, comme c’est navrant ! Et le développement de la Catalogne et du Pays Basque grâce aux millions que le régime leur a apporté ! C’est à en gerber. Le calcul et le lucre révoltés contre le lucre et le calcul. Les usuriers et les banquiers contre les paumés espingouins. Les plus riches, le mieux lotis, tenant par les couilles les ploucs centralistes « castillans ». Les renards sionistisés de la suprématie ridicule de leur ethnie ou de leur intelligence de tricheurs pleins aux as crachant sur une constitution d’emprunt (allemand) qui leur garantit de jouer éternellement les premiers rôles. Le monde à l’envers. Quel sera le dernier acte de la décomposition de la social-démocratie espagnole ? Enlevez la Catalogne et le reste du vieux pays s’écroulera comme un château de cartes. Amputez le Pays Basque et tout partira en vrille. Bismarck en son temps disait déjà que l’Espagne était indestructible puisque les Espagnols eux-mêmes se voyaient dans l’incapacité de la détruire.


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Pourquoi demander au « peuple » d’accepter le sacrifice d’un concitoyen déjà assassiné ? Parce que tout le monde dans l’univers mafieux doit subir la catharsis du meurtre. Communier par le sang, comme dans les tribus de l’antiquité. On atteint la maturité dans la prise d’un scalp ennemi. Ou, dans la sous-merde de notre quotidien, dans la souillure persistante des tombes des assassinés. Ça valait aussi bien pour le grotesque univers stalinien que pour le cauchemar cubain ou pour le pauvre pantin héroïquement descendu par derrière ou plastiqué au Pays Basque. Il faut transgresser tous les tabous sociaux pour arriver à palper l’argent du contribuable, pardon, la construction du socialisme… 

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Les télés suprématistes sorties de la cornue du labo de la transition mettent en état de marche de par le vaste espace de l’état espagnol des racistes en quête de patrie, des nationalistes genre terroir et des soi-disant radicaux de gauche. On glisse dans les ténèbres, on reprend de zéro avec les mêmes erreurs… Tout pour rien : y a-t-il une évolution de l’esprit de génération en génération, peut-on la prévoir ? La nôtre, d’évolution, pousse dans la barbarie raciste et finira bien par s’arrêter et par mourir d’épuisement sans lien entre les générations une fois que ces liens familiaux auront été dynamités par la plus complète déshumanisation de la main des clans et des partis de progrès. Ce lien des générations était jusqu’à présent renforcé par les morts. Les père-mère devenaient les fils dans la rime continue de l’histoire, le mourant regardait droit devant lui appelant à sa mémoire les maillons de son histoire. Les petits toutous de Soros font pipi quotidiennement sur l’arbre généalogique de chacun – y compris du leur – en terre de Palestine ! 

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dimanche 2 février 2020

Dernière randonnée dans les marécages de l’inactualité …


Paraphrasant, en la transformant un peu, l'Ode à Proust de Morand, je luis aurais posé deux questions : « Céline, dans quel abyme avez-vous donc passé la nuit pour en revenir avec des yeux si las et si lucides ? Quelles frayeurs à nous interdites avez-vous connues pour en revenir si implacable et si dur et sachant les travaux des âmes et ce qui se passe dans les maisons et que l'amour fait si mal ? » https://bit.ly/2NN6Et4

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Qu'on puisse se demander si l'Espagne est une dictature devrait provoquer une épidémie de fous rires. Mais quand la question est posée par les sinistres idéologues gangsters, copains comme cochons des assassins de l'ETA, ou par les plus fidèles soutiens des régimes vénézuélien, cubain, nord-coréen... on atteint là des sommets comiques.

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Ma pauvre mère est morte depuis bientôt 21 ans. Mon père 41. Que Dieu les ait en sa sainte garde… Plus jeune que moi de quelques années, un cousin – Adolfo – vient de décéder il y a moins d'une semaine, terrassé par un cancer. La vie s’en va. Avant de s’en aller, elle n’est pas tendre : il faut en passer par les gens et leurs leviers de pouvoir.

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Une infime minorité d'esprits bornés, des gens difficilement acceptables hors du cercle restreint des clans politiques, fait semblant de nous gouverner. Le bonheur devrait bientôt frapper à nos portes, vu que « la droite » qui, en tout temps, retarde l'avènement d'un monde plus juste a été définitivement écartée de l’alternance au manège. Changements épidermiques de dedans du bocal aux piranhas ? Il faut que tout change pour que tout reste comme avant. Lampedusa dans son roman Le Guépard, porté à l'écran par, Visconti : « Bisogna cambiare tutto per non cambiare niente. » Dans le roman éponyme, il est écrit « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. » On se demande pourquoi faut-il chercher à réinventer la roue à chaque génération, vu que tous les modèles de société qui se sont vus, empires ou républiques, universalistes ou nationalistes, ont échoué, que la pratique totalité des ripouxbliques comme des monarchies non moins ripoux ne pratiquent que l’alternance des fripouilles sur le dos bien courbé du bon peuple… la République Française de 1789 comme Rome ou Grèce... Ces gloires du passé lointain ou récent n’ont réussi que pendant un court laps de temps, à l’image d’une courte vie humaine : le siècle de Pericles n'a pas duré un siècle, pour ne pas mentionner le berceau du socialisme réel, l’URSS, si chaudement bercé par les rêves de bourreaux de tant de générations et toujours idéalisé par celles d’aujourd’hui. Mais bon, c’est comme ça et pas autrement. Même Camus se plaisait à imaginer Sisyphe heureux !

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Les Goya. M’as-tu-vuisme infect baignant dans l’autosatisfaction ridicule, d’ailleurs inexplicable. Les Césars espagnols. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit d’un non-événement, quelque chose de dur pour le moral, par le véritable déluge (de bêtise) qui s’y donne normalement rendez-vous et qui n’en est pas moins un supplice. Pour y échapper Noé construisit une arche, notre système médiatico-pénitentiaire fondé sur l’inaction et la solitude nous condamne à jamais à cette humiliation, péage à payer pour acheter la l’impression de déloger l’ennui, au sens pascalien du terme. En effet, le nombre de non-événements d’aspect catastrophique auxquels nous échappons quotidiennement est quasi-infini. Sacrée télécommande ! Nous n’avons pas, pour le moment, péri lorsqu’un camion fou (forcément fou, par définition) a percuté les passants d’une rue piétonne, ni été la cible d’aucun égorgement par un membre fanatique des féministes socialo-podémites au cri de « Celáa est grande », le plafond de notre salon ne s’est pas effondré sur le coin de nos gueules nous privant à jamais des joies de notre thriller préféré, nous n’avons pas plus été victimes d’un phénomène de combustion humaine spontanée nous transformant en petit tas de cendre… Interminable serait la liste des « non-événements » quotidiens en tant que spectateurs, de véritables cataclysmes pour ceux qui auraient le malheur de les vivre en direct. Y a-t-il là de quoi se réjouir quand, après la cérémonie des prix Goya, nous nous rendons compte une année de plus du risque d’infarctus devant la télé ? pourquoi pas, c’est Populo qui régale ! Et, je sais, détester ce genre de liturgies pour hyper-narcissiques bling bling et bobos, c’est plouc, c’est réac. Et voilà l’éternelle opposition progressisme-gauche (caviar) / réaction-droite (pedzouille) réinstallée pour quelques heures (récurrentes) dans les réseaux sociaux. Si tant est que la distinction obsédante droite/gauche ait un sens. Lors des États Généraux (1789), la noblesse était installée à la droite du trône. Le Tiers État à sa gauche. Cela aurait tout aussi bien pu être l’inverse. En fait, c’était l’inverse pour tout le monde sauf pour le roi…
Ce qui est très reposant, dans le progressisme assis à gauche, c'est justement qu'il n'a rien à prouver : il lui suffit d'affirmer qu'il adhère à tout ce qui surgit de neuf et l'affaire est dans le sac. Pour le progressiste, le doute, les questions, le froncement de sourcils, c’est des obstacles, c´est réactionnaire, terme trop souvent confondu exprès avec fasciste, raciste, d'extrême-droite, phobo-machin, etc. Le réac a le courage de s'opposer au monde moderne contrairement au gauchiste qui, lui, ne s'oppose que, partiellement, aux choses qui ne vont pas : des inégalités entre riches et pauvres, entre « genres », entre occident et reste du monde, etc. Pour le progressiste, le monde est en même temps détestable (par la situation des femmes, des homos ou des jeunes, le climat, la souffrance animale) et génial (ce n’est pas pour rien qu’on n’arrête pas le progrès !). Pour le gauchiste, yankisé bien malgré lui – presque tout son arsenal idéologique, englué de paradigmes qu’il considère « de gauche » – procède des campus et des têtes d’œuf amerloques et non du marxisme plus ou moins connecté aux courants du mouvement ouvrier ou d’une quelconque pensée dialectique, le présent et l'avenir se confondent en un retour au même endroit : le présent actuel est l’aboutissement d’un vouloir d’hier qui était l’avenir, rapidement transformé en passé, qu’il faut laisser derrière, obsolète, pour atteindre de nouveaux lendemains (qui chantent). Le gauchiste ne trouve rien à redire sur la plupart des inventions modernistes, même les plus folles d'entre elles. Le gauchiste par exemple trouve que l’avortement ou le divorce, la « libération totale » des femmes, c'est très bien en tout état de cause, en vrac et en détail, tout comme la mondialisation ou la disparition des paysans. Mais dans le même temps, il chialera sur la misère des familles monoparentales ou monomarentales, ou non-coparentales : va savoir ! à l’heure actuelle chaque nouvelle invention des Folamour sociaux provoque le tollé philologique, étymologique, écologique… On fait un caca nerveux avant de se risquer à choisir le bon terme pour éviter que les hyènes hystériques nourries d’ignorance et de préjugés vous tombent dessus toutes dents dehors ! Il dénoncera les « fabriques d’enfants à la carte » biologiquement possibles, une fois déjà largement dépassé le ridicule préjugé culturel associant paternité et maternité, qu’il a tant combattu. Il jasera encore sur la charge mentale et physique que subit la femme moderne réelle qui doit jongler entre ses gosses, son boulot, sa vie amoureuse et la tenue du foyer…
Tandis que le réactionnaire regarde le monde dans sa globalité, le gauchiste a une vision partielle donc partiale et biaisé de son environnement, ce qui le pousse à chercher des boucs émissaires chaque fois que les choses ne vont pas dans son sens : la domination masculine, l'occident, les religions, le pape, l'extrême droite, la droite, l'argent, le racisme, la peur, le conservatisme, les traditions, les flics, les militaires, les riches, les beaufs, les paysans, les gilets jaunes etc. L'incapacité de comprendre et d'appréhender le monde de manière raisonnable le conduit justement à la déraison. Il est Charlie Hebdo mais sans aucunement critiquer les islamistes et risquer l’accusation d’islamophobie, tout en considérant chrétiens et juifs comme des attardés. Quoique. Les Juifs ont beaucoup souffert, certes, mais si vous êtes Palestinien, c’est vous qui méritez toute son attention momentanée. Si « racialisé », alors là, à vous le pompon. Complotisme et méfiance généralisée s’ajoutent normalement au concert. Tout est de la faute de quelqu’un d’autre : patron, voisin, conjoint, enfant, parent, entreprise, état, politiciens, banques… Cela rend le vivre ensemble impossible dans le monde réel. Elle existe pourtant bel et bien la réalité, dans la caboche des gauchistes mais, tant pis pour eux, le monde réel s'évertue à les contredire quasi systématiquement. Et il faut faire des efforts en tout genre : débattre, discuter, lire voyager, se documenter… quitte à tout remettre en cause parce qu’on se trompe trop souvent. Et si vous comparez ces agitations, ces incertitudes avec l’univers molletonné de la rébellion subventionnée, y pas photo ! Vivre en tribu, formater son cerveau comme celui du troupeau, prétendre qu’on pense comme on veut parce qu’on ne veut penser du tout ! N’est-ce pas beau et à peu de risque ?

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Novissima definition. Devient fasciste toute personne exprimant plus ou moins clairement son opposition aux idées défendues par les antifas officiels. Les pires racailles incompétentes, pourries et voleuses parées des oripeaux de l’antifascisme. Sans masque. À ciel ouvert. Ils contrôlent tout, tout simplement, appelant ouvertement à combattre ou à annihiler telle ou telle minorité et à débusquer la moindre phrase qui laisserait entendre que la cause et les intérêts qu’ils défendent ne sont pas ce qu’il y a de mieux. Leur travail est d’autant plus facile que règne de plus en plus une auto-censure qui fait que, lors toute intervention ou prise de position publique, on se garde d’écrire ou de prononcer une phrase, si anodine soit-elle, où un habile exégète pourrait déceler des traces de dénigrement de leur ridicule domination. Seulement, le contrôle de la parole, avec les sanctions qu’elle réclame, ne peut que s’exercer au niveau des media et de la politique. Ailleurs, il en va autrement. Les réseaux sociaux, malgré la bonne volonté des trolls et des censeurs ne peuvent, vus les milliards de textes, statuts, likes difficilement interprétables qui y paraissent quotidiennement, être sérieusement contrôlés. Et quand bien même parviendrait-on un jour à un total contrôle de l’expression, supprimer la liberté de pensée est un objectif sur lequel les plus sanguinaires totalitarismes se sont cassé les dents. La réussite de nos chers progressistes n’est en fait qu’apparente et risque à terme de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus. À vouloir rechercher, à tout prix, la raison chimérique, on criminalise à force de coups médiatiques les opinions qui dérangent, viciant complétement les rapports sociaux entre individus dans cette « nation de nations » à la con qu’est devenue l’Espagne, où chacun ne cherche plus qu’à faire taire l’autre au motif d’un respect impératif qui n’existe plus.

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Une jeune fille crache dans la gueule de la religion de paix et d’amour. Mal lui en a pris ! Du coup, toutes les associations lucratives sans but se retrouvent entortillées dans leurs contradictions internes à vouloir tout faire d’un côté pour favoriser l’égalité homme-femme, tout en se gardant bien, d’un autre côté, de dénoncer le sexisme abject et souvent violent de certains musulmans. Elles savent pertinemment qu’une telle dénonciation serait immédiatement taxée d’islamophobie. Du coup, autant il semble acquis qu’on peut amplement se payer la fiole du catholicisme, tant leurs pratiquants sont policés et que les débordements sont, de nos jours, plutôt rares pour ne pas dire inexistants, autant il semble plus délicat de se moquer du judaïsme qui déclenche plus facilement un tollé médiatique, autant il semble maintenant impossible d’émettre une critique même raisonnable de l’islam tant les réactions des fidèles sont extrêmement violentes, sans exclure des passages à l’acte. Mila aurait balancé un « Le catholicisme est une religion de merde » ou insulté des chrétiens, comme autant d’« artistes », elle serait encore applaudie des réseaux sociaux à l’heure qu’il est… L’ignominie, l’irrespect, deviennent insondables, la lâcheté aussi. C’est si facile quand on ne risque rien…


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Je n’y peux rien et j’y reviens malgré moi : je suis extrême en mes engouements comme en mes ruptures. Mes aspirations n’ont été toujours que de lire et de prendre des notes. Pas pour entreprendre un commerce de denrées périssables (érudition, machins…), mais pour mieux transmettre après ce que j’avais cru apprendre. Je me suis longtemps inspiré d'une lettre de Bakounine à ce sujet, pour souhaiter des voeux, etc. Apprendre pour enseigner, comme sous la pression d’une mystérieuse loi intime intimant à la pratique d’un don et d’un devoir purement personnels, soumis au jugement des instances réceptrices et condamnés à l’engloutissement et à la ruine du temps. Voulant trop souvent être seul et sachant qu’on ne doit pas l’être. Encore que… Et la satisfaction attachée aux réponses de mes élèves de la fac, après les enquêtes de satisfaction à la fin de chaque semestre, toujours considérées comme un résultat et non pas comme un but à atteindre. 

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Plus que personne, l'homme de lettres, au prestige presque religieux, a la rage de paraître. Horreur du vide. Écrivain exigeant le regard des autres et lecteur concentré de narcissisme recherchent de la compagnie, croyant qu'écrire, comme lire, c'est survivre... Désillusion, désabusement, défaite. 

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Telle personne a du talent, de la personnalité, c’est quelqu’un de bien, elle a de l’intelligence à vendre, elle est gentille, généreuse… l’enthousiasme et le dévouement paraissent ses qualités dominantes, comment se fait-il qu’elle n’ait pas de succès social ? Elle ne reçoit ni n’est reçue nulle part ! Ce n’est donc pas l’absence de rayonnement qui frappe, la difficulté pour bien discerner les tenants et les aboutissants de cette situation réside en ce que dans le marigot mondain la médiocrité l’emporte sur la qualité et met en agonie ceux qui se singularisent.

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Décalage éternel entre les faits et les mots : « … sous la prédication de l’indifférence et du mépris du succès, vous rencontrerez des menées, du secret, des souterrains, une habile conduite de la vie pour arriver au succès, toutefois sans qu’il y ait rien que de parfaitement loyal. » (Edmond et Jules Goncourt).

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Après pas mal de (re)lectures, je trouve MSO, d’après la déclaration lapidaire de Samuel Beckett, un genre d’écrivain « bon qu’à ça ». Soutenu par la même faculté d’indignation qui faisait à Flaubert déclarer à Edmond de Goncourt : « L’indignation pour moi, c’est la broche qu’ont dans le cul les poupées, la broche qui les fait tenir debout. Quand je ne serais plus indigné, je tomberai à plat ! ».  De combien d'´"écrivains" pourrait-on en dire autant ?




dimanche 19 janvier 2020

Morosité hivernale...




Faute d'envie d'y revenir plus fréquemment par morosité hivernale. Comment ne pas se lasser de commenter la médiocrité ambiante ? Que mes fidèles amis me pardonnent. Surtout les (le et la, ne chipotons pas sur le genre) récemment retraités, les veinards... Allez, que tout ce qui se passe (de moche) ne nous empêche pas de passer de bons moments !

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« Le suffrage universel est un bonneteau périodique dont les cartes sont tenues par des gredins. » Léon Daudet, La Police politique,1934, p. 109.    
Il est amusant de constater que ce même « système de 78 » imposé en Espagne par Kissinger et par les sociaux-démocrates allemands (effrayés par la révolution des œillets du Portugal) pour fermer la voie aux communistes s’est empressé de leur ouvrir les portes aujourd'hui d’un gouvernement de coalition autoproclamé “de progrès” (ne riez pas, ayez une pensée pour la réflexion classique à propos de la distance entre ce qu’on a la prétention d’être et ce qu’il s’avère qu’on est réellement). Les oligarchies catalano-basques ont jeté à la poubelle une constitution dont ils se torchaient ostensiblement avant même son entrée en vigueur mais qui leur a été extrêmement utile. Elles sont bien contentes, nos oligarchies, de ce qu'on appelle l'état de partis. L'État des partis, la démocratie est autre chose, est un système juridico-politique allemand mis en place à Weimar et imposé après par l'armée victorieuse à l'Europe vaincue en 1945 : il supprime la représentation politique à travers le système électoral proportionnel et convertit les partis politiques en organes de l'État titulaires de la souveraineté (lire A. Garcia-Trevijano !). Vu par Carl Schmitt, dans l'État des partis, il n'y a pas de loyauté envers la Constitution ou l'État ou le Peuple ou la Nation. Uniquement envers l'intérêt d’un parti. Étant un système particulier, c'est un système plein de pièges comme en témoignent l’Allemagne de 33 ou l'Espagne de 36, deux peuples, soit dit en passant, éduqués à la servitude volontaire (Étienne de la Boétie). Nous ne sommes plus en 36, même pas en 45. La crainte aujourd’hui, pour ne pas dire la trouille, c’est l’instauration de la dictature du propriétariat mondialiste. Le gouvernement du prétentieux farceur du bonneteau espagnol pourrait faire rire s’il n’était pas tragiquement cynique. Je ne manque pas une occasion de poser la question à des amis enthousiastes de l’immédiat gouvernement de progrès à propos de l’état actuel de la Grèce après le passage des Tsipras, Varoufakis et compagnie… Retraites réduites à néant, pays vendu aux enchères, l’enfer partout. Et, rebelote ! les conservateurs une fois de plus aux commandes. Tant de micsmacs pour de si maigres résultats ! Pour ce qui est de l’Espagne, rien de ce qui alimente les réflexions des commentateurs paraît vouloir se remonter aux sources. 
Car rien de ce qui arrive aujourd’hui n'aurait été possible si auparavant le système politique espagnol n'avait pas dégénéré en un système grossièrement partitocratique, pire encore, un système corrompu dont la voracité des castes politiciennes pour s’emparer des institutions n'est comparable qu'à leur sectarisme rampant et à leur myopie. Invoquer à ce stade le sens de l'état semble pathétique. Pedro Sánchez n'est qu’un des derniers rebondissements de cet état de choses. Temps de désespoir. Crainte que mon attente de la réaction salvatrice qui arrêterait la course de mon pays vers l’abîme ne soit qu’une chimère. De plus en plus, j’en viens à penser que les Espagnols ne votent que ce qu’ils méritent. Un ami me demanda récemment si ça ne me gênait pas d’avoir un type sans scrupules et sans aucune honte de soi-même pour président. C’est vite dit. Nul me paraîtrait plus adapté. Nul, comme l’ont été ses prédécesseurs, enchanteurs qui, depuis plus de quarante ans, mènent au son entraînant de la flûte les Espagnols vers la noyade finale. Je suis désolé, mais celui qu’ils ont choisi en 2019 ne me dérange ni plus ni moins que les autres. Il faut dire que qui que ce soit à sa place connaîtrait, quoi qu’il fasse (y compris incorporer à son gouvernement à des farceurs de Podemos, ces mêmes rigolos ex-couteux-entre-les-dents qui l’empêchaient de dormir il y a quelques semaines) ou ne fasse pas, le même rejet de la part d’un peuple devenu au fil du temps ingouvernable tant il est gangrené jusqu’à la moelle par un séparatisme forcené né du racisme suprématiste auquel vient s’ajouter une haine de soi nourrie par le rejet de sa propre histoire et par l’éternel retour à la guerre civile* et à ses aléas. Même l’Union Européenne nous pisse dessus sans vergogne (Iglesias, vice-président du conseil, dixit). Mais que fait-on à part en attendre l’impossible ? J’attends avec impatience les louanges des zartistes, des zintellectuels de gôche et de bonzesprits en général. Les excuses à tout manquement à la décence. Les rappels à l’héritage reçu… Le progressisme qui mise sur l’esbrouffe et les effets spéciaux. Podemos est là avec ses potes PSOE, bonjour la diversitude et la liberté retrouvées ! Et puis, on peut rêver, on voudrait moins de taxes, moins de prélèvements mais plus de redistribution, de meilleurs salaires et retraites et des services dits « publics » partout et pour tout le monde. On veut le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière et le sourire de son mari.


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Les USA et l'entité sioniste depuis leur création respective, n'ont jamais respecté le droit international. L’assassinat du général iranien Soleimani est un épisode de plus. Les USA ont exécuté sur le sol d'un état souverain tiers le général d'un pays avec qui ils ne sont pas officiellement en guerre en représailles-prévention d'attaques contre leurs intérêts et s'en félicitent. Même Salvini est d’accord ! Et devenu très pote avec Trump... Contre les tyrans iraniens chiites, des ringards qui croient en un Dieu unique. En revanche, leçon de modestie fièrement affichée :                                                                                                
« Nous avons été les premiers, nous les Israélites, à trouver un Dieu unique, donc un Dieu intelligent. Nous sommes sans doute un peu plus intelligents que les autres, car comment expliquer autrement que nous ayons tant d'ennemis... Les juifs, partout dans le monde, prennent souvent les meilleures places, et cela on ne peut pas nous le pardonner. On dit encore : « Ces sales juifs, ils gagnent trop de millions. » Qui le dit ? Les jaloux. Car cet argent, les juifs ne l'ont pas volé. » (Propos d'Arthur Rubinstein à Jacques Chancel dans Radioscopie 2).

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Y a urgence ! Cordons sanitaires donc contre le choléra droite-extrême droite-extrême-extrême droite ici ou là. Parmi les âneries que mâchouillent constamment nos amis rebelles subventionnés, mon slogan préféré est sans conteste : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! » D'abord parce qu'il a l'ancienneté pour lui : on imagine que c'est ce qu'a dû grommeler le premier homme qui, ramassant un gros os d'animal, a eu l'idée de s'en servir comme gourdin pour intimer le silence à son voisin de grotte. Mais c'est surtout son côté aporétique qui me réjouit. Parce qu'enfin… Si l'on proclame que les ennemis de la liberté doivent être privés de liberté, cela signifie que l'on devient soi-même, à l'instant de la proclamation, un ennemi de la liberté. Donc, en tant que tel, on devrait, quasi simultanément, être de facto privé de sa liberté d'expression. Mais alors, il n'y a plus personne pour réclamer la suppression de liberté pour les ennemis de la liberté. Si bien que le bâillon que l'on vient tout juste de nouer tombe de lui-même, et que notre réduit-au-silence peut de nouveau réclamer la suppression de liberté pour les ennemis de la liberté, etc. : le serpent croyait mordre à pleins crochets sur le réel, il a juste attrapé le bout de sa queue. S'il pouvait se la bouffer et s'auto-empoisonner, ça ne ferait de peine à personne. La phrase du bon Saint-Just aurait gagné en signification et en exactitude si ce brave homme avait plutôt dit :"Plus de tête pour les ceux que nous considérons comme les ennemis de la république". Elle eût conservé sa logique lorsqu'il fut à son tour considéré comme tel par d'autres, tout aussi sanguinaires que lui. Comme quoi on peut gagner en exactitude quand on perd en concision. Pouvoir se mordre la queue doit pourtant être un truc dont certains doivent rêver... Saint-Just fut plus simple : une fois condamné à mort, il refusa de se défendre, considérant, par principe, que "le peuple", seul représentant de la liberté, ne pouvait s'être trompé en le condamnant. Il était tout de même plus con que la moyenne. Assez de se prendre la tête à tout instant, allez, retour au sérieux : en Yankeeland, royaume du gros attardé Rouquemoute I, on considère que le cher Antonio Banderas est Noir. Une bonne femme au gouvernement espagnol ne veut plus de son poste car elle n'est pas racialisée juste au moment où il s'avère que nous sommes des Noirs ! Il suffit de regarder la tronche de Trump pour se faire une idée de ce que doit être un Blanc aux yeux de son électorat... Où en sommes-nous ? On était bien d'accord que les races n'existent pas ! On y perd son latin, langue parlée en Amérique du Sud, comme tout président américain (du Nord) sait très bien... Quant à moi, je me vois sans problème associé par ma coloration cutanée à un comédien de talent comme Dieudonné Mbala Mbala.


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« Il faut penser historiquement. Et là où l’on a tant prié, là se trouve à proximité le divin d’une manière tout à fait spéciale », M. Müller, Martin Heidegger. Ein Philosph und die Politik. Ein Gespräch, p. 213.

«El huracán que sopla a través del pensamiento de Heidegger, comparable al que después de milenios nos azota todavía desde las obras de Platón, no procede del siglo, viene de las antigüedades más lejanas, y lo que deja lleva el estigma de la consumación, aquello que, como todo lo consumado, recae en el tiempo primigenio». H. Arendt, Martin Heidegger ist achtzig fahre alt, en Arendt, Menschen in finsteren Zeiten, p. 184.


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Y en a qui ont tant souffert, pleurez dans vos chaumières, braves gens ! Groupes, peuplades, ethnies, confréries… On pourrait réclamer pour leurs héritiers une rente ou un tribut à vie, ad libitum infinitumque. On pourrait financer un biologiste pour prétendre que les souffrances psychiques ou physiques, réelles, imaginaires ou exagérées, s'intègrent au code génétique et se traduisent par une terrible prédisposition à la souffrance qui exige compensation économique – la repentance, c’est de la gnognotte – dans les siècles des siècles.


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Dans mes vieux jours, espèce de Robinson urbain, serais-je devenu provincial et agoraphobe, près de mes sous et chauvin ? 


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Bien sûr, le mépris social n’a jamais vraiment disparu – consubstantiel qu’il est à la nature de certaines catégories d’individus : des blogs à cracher dessus, tant la hargne du menu peuple y est à vomir – mais il s’était fait beaucoup plus discret, prudent, retenu, se rabattant largement sur la sphère privée. Evidemment, dans les conversations on n’en pense pas moins, on pense même toujours rigoureusement la même chose – le mépris du pauvre, du sans études, du « sans dents », de l’habitant du quartier pourri fier de son pauvre bout de drapeau espagnol ou français (les séparatistes, expression d’une guerre latente à peine larvée, méritent déploiement et respect) fièrement ficelé au balcon de sa cahutte – mais on en réservait l’expression à un entre-soi choisi. Car le mépris social n’était plus à la mode encore récemment, en tout cas médiatiquement, remplacé qu’il était – dans notre société moderne inapte à la mesure et à la nuance – par une survalorisation de la figure de la victime « peuple » abstraite, du précaire, du squatter, du chômeur en fin de droit… Les temps actuels sont à la compassion lacrymale et à la « solidarité », mais purement déclamatoire. Les temps où l’on essaie de nous faire pleurer sur les exclus, les étudiants « fils d’ouvriers », sur « l’argent sale » et « la corruption » (de ça dépend qui), l’argent qui pourrit tout… Tout le monde s’en fout plein les fouilles, comme d’habitude, mais le discours est au misérabilisme bienveillant envers les « losers » de la mondialisation. Les socialistes ibériques existent encore et, tout en menant des politiques capitalistes depuis qu’ils existent, ils doivent bien tenter de justifier encore ce nom, tandis que, de leur côté, les libéraux, ayant raflé toutes les mises, peuvent bien accepter de cohabiter avec quelques discours « sociaux » qui ne mangent pas de pain, ni de brioche. 




Les médias, eux, se complaisent à flatter généreusement un « petit peuple » dont ils ne sont pas sortis et qu’ils ne connaissent pas et ce avec d’autant plus d’empressement que ce dernier avait le bon goût de voter à gauche et de respecter les dogmes de la bien-pensance mondialiste. Hélas cette tendance risque de n’être que temporaire, et, trop violemment bousculés dans leur existence quotidienne par les soubresauts mondialistes et l’invasion migratoire, les « ploucs », les « prolos » blancs hétérosexuels se sont mis à dériver dangereusement vers le conservatisme et l’identitarisme nationaux tant honnis… Ils ne méritent donc plus d’être défendus, même purement symboliquement. Coupables de voter pour Vox, les chômeurs non identitaires d’une petite identité « historique », des Espagnols tout court, ne sont désormais plus des victimes du capitalisme mais des consanguins attardés et des fascistes. De la même façon, les fonctionnaires – dont le vote systématique pour le PSOE risque de se voir ébranlé – ne sont plus les nobles défenseurs du service public, mais d’infâmes parasites surnuméraires. Pour les technocrates des politiques de design, il n’y a maintenant plus de « prolétaires », plus de pauvres, mais des « ploucs », et l’existence des pauvres n’est qu’une fiction. Les masques peuvent enfin tomber, il n’est plus nécessaire de prendre des gants, de faire semblant. Les socialistes espagnols donnent dans le n’importe quoi populiste et la droite se consterne quand elle retrouve la mâle assurance des Soros et des capitaux financiers apatrides du côté des rigolos périphériques. La réussite financière, la rapacité, l’accumulation matérielle, la spéculation et l’usure reprennent leurs droits et peuvent désormais être encensés sans gêne (comme aux temps du vautour Solchaga !) dans un pays dirigé comme une « start up » par un président, lui aussi à l’idéologie de design. Certaines résistances morales subsistant malgré tout, on voit des Leguina ravissants, nourris au sein du politiquement correct et de la langue de bois des bons vieux temps, vouloir ressusciter la socialdémocratie vraie des vraies du bon vieux temps. Porca miseria !


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Rappelons pour mettre les rieurs de notre côté qu’en 1924 Staline définissait le fascisme comme « l’organisation de combat de la bourgeoisie disposant de l’appui actif de la social-démocratie ». J. Staline, Zur internationale Lage, in Inprekor 30.09.1924, nº 127, p. 1684





(*« Tous les grands événements et personnages de l’histoire du monde se produisent pour ainsi dire deux fois… la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide… » 
Énoncé liminaire de l’étude de Marx sur Le Dix-Huit Brumaire de Louis Bonaparte.  

mercredi 25 décembre 2019

Cuisiner les restes ...




Toutes les photos, à l'exception de celle du blog "Stalker" et des squelettes de la fin, sont issues de ces deux adresses

Pratiquer un sport

Je ne suis, n‘ai jamais été, et il y a de moins en moins de chances pour que je devienne un jour ce que l’on appelle un sportif. Toutefois, il est un sport que je pratique parfois et dont je m’étonne qu’il ne soit pas une discipline olympique vu son nombre d’adeptes : l’engueulade rituelle avec mon beau-frère le plus jeune. En dehors d’un neveu et de quelques nièces que je n’ai jamais beaucoup fréquentés et de nombreux cousins que je ne vois plus depuis des décennies parce que, la vie, c’est comme ça, j’ai pour toute famille mon épouse, ma fille, mon gendre et ma petite-fille. Vu que j’adore cette dernière et que nous nous entendons à merveille, les chances de disputes sont inexistantes. Lors de très rares rencontres avec ma sœur aînée et son mari, nous évitons les rares sujets qui fâchent et tout se passe bien. Il ne me reste donc, pour m’adonner à l’engueulade familiale, que mon autre beau-frère. Et avec lui, je ne suis jamais déçu. Il se trouve qu’ayant fait de mauvaises rencontres dans sa maturité et qu’étant de nature fidèle, il est de gauche. Pas d’une gauche modérée, limite centriste, non, d’une gauche radicale tendance écolo. Ce qui a pour conséquence que la plupart des sujets sont, vues nos positions respectives, susceptibles de fâcher. C’est pourquoi, il est très rare que nos rencontres, après un début paisible, ne tournent à l’affrontement verbal. C’est un peu comme sur un terrain miné : où qu’on pose le pied, l’explosion menace et comme en l’occurrence le terrain est densément miné, il faut une chance extraordinaire pour le traverser sans encombre. Ces anicroches ne parviennent pas réellement à entamer notre mutuelle bonne humeur. Bien sûr, les discours exténuent, les remarques peu amènes pleuvent, mais je vois davantage cela comme les étapes obligées d’un rite. Vu que les points de vue sont presque irréconciliables et qu’aucun des participants ne risque de convertir l’autre, il ne peut y avoir ni gagnant ni perdant dans ce qui, au fond, n’est qu’un jeu sans véritable enjeu.

Rebelles à plat ventre 

I – L’orthodoxie sociale change tout le temps, se transforme, ne disparaît jamais. L’imposteur aux apparences de redoutable contempteur de ce qui ne va pas, obsédé par sa propre rentabilité médiatique et toujours à la recherche d’ennemis faciles, insiste à dénoncer cette orthodoxie là où elle n’est qu’un résidu pour ne pas l’analyser là où elle fait toujours des ravages. Se moquer de « la droite » en vrac sans chier à la gueule des autres droites (plus pernicieuses parce que plus efficacement hypocrites : en Ex-pagne, les PP-PSOE-merde-molle et ce long etcetera de groupes de pression merdiatiques, d’arnaqueurs marchands de la basse politique politicienne, vautours pourris de fric et corrompus jusqu’au tréfonds mais soi-disant progressistes, comme ça, par auto-affirmation) ne devrait donner le moindre droit à quoi que ce fût, encore moins au délire de une autorité, d’une prééminence intellectuelle ou morale qui semblent posséder toute une interminable liste de grotesques crétins : comédiens stupides, écrivalleurs, professeurs imbus de leur néant, intellos signataires professionnels… 

II – Mierdas pinchadas en un palo contra las que el poder no lanza fatwas sino premios con cheque de la más diversa índole. Sedicentes rebeldes (¡anarquistas!) a cuatro patas ante diversos papas de lo suyo: imanes, ayatolas, popes del poder fáctico de verdad, del real visible e invisible, bien implantados en el presupuesto, encaramados a la chepa de los tontos que aplauden, que votan, que se indignan… Agradeciendo que, aparte del dinero “pasá una vaca”, les quede un trozo a ellos, que un Soros generoso siga desparramando cultura rebelde, ecología, disidencia de plató, cagarra pura…


III - Le plus dur, peut-être, est le moment où l'on s'aperçoit que tout ce à quoi on s'est donné à fond pendant toute sa vie n'avait, en réalité, que peu d’intérêt, d'où celui d'essayer – vainement – d'attirer opiniâtrement l'attention jusqu’à sa mort… Combien de gens savent qui est Machinchose, Grand Prix de Biduletruc, Légion d’Horreur et palmes académiques ? Combien se souviendront de son existence dans quelques mois, à part ses proches, et encore ? 

IV – Par peur d'avoir tort plus tard, la bienpensance moderne consiste à tout accepter, tous les courants, toutes les expériences, etc. Un mec défèque dans une boîte à musique : c'est intéressant ! Une nana se coupe un sein à la dégauchisseuse raboteuse et filme ça en noir et blanc : c'est puissant ! Un artiste tatoué expose un moulage d'un cul de vache surplombant la Cène : ça interpelle ! Plus personne ou presque n'ose dire ce qu'il pense, ou pire encore, plus personne ne pense et ceux qui ne pensent pas bien sont, chacun le sait, des fachos.

À plus de dix mille milliards d’années de distance de l’étincelle surréaliste, la ridicule démolition (souvent subventionnée) dans les réseaux sociaux des patries (sauf les ethniquement supérieures), des drapeaux (sauf ceux, respectables, des séparatismes), des nations (sauf les minuscules, ancrées dans un passé inventé de toutes pièces) me fait penser à des crottes de chats faisant caca dans leur bac lorsque leur maître leur dit gentiment de le faire…

El compendio de críticas del infatigable farero armado de su temible lanzallamas ha superado con creces la antaño temida “conspiración de silencio”. Cuaderno de bitácora que merece la visita, asidua, a ser posible aunque dura para estómagos formateados. www.juanasensio.com


« Je déplore du fond du cœur si nous avons infligé à nos victimes plus de souffrance qu’il n’était nécessaire ou que nous n'en avions le droit de provoquer » / "Lo siento de corazón si hemos generado más dolor a las víctimas del necesario o del que teníamos derecho a hacer"
Arnaldo Otegi
Voici à quoi ressemblent les regrets résultants de la souffrance infligée à autrui, y compris des enfants, dans des « combats » contre quelque chose, hautement revendiqués par des gangsters habillés en héros dont l’absence totale de culpabilité ridiculise les sociaux-démocrates, déjà ridicules par leur reniement réfléchi et volontaire de la mémoire du temps où ils étaient des fournisseurs en victimes de l’organisation « libératrice du peuple basque », qui après avoir pactisé avec eux sont devenus les chantres aujourd’hui de la « victoire » de la « merdocratie » sur le terrorisme. Dans la comédie généralisée qu’on est en train de vivre au Pays Basque, l’acteur qu’on ne trouve jamais, nulle part, c’est le coupable : pourquoi un assassin aurait-il de sa propre personne une interprétation différente de celle de milliers d’électeurs, des institutions, du clergé, etc. ? Sade, au moins, était bien lucide, lui : « Je veux bien faire des crimes pour favoriser mes passions, aucun pour servir celles des autres. » Les crimes affreux de l’ETA ont été incorporés à son solde débiteur par le martèlement médiatique d’un étalage vertueux de leur contraire : c’était peut-être mal, mais c’était pour une idée qu’ils se faisaient de la vraie démocratie, du socialisme, de l'indépendance, de la liberté. Une liberté fabriquée de toutes pièces qui exigeait la production de morts en série, servie par une rhétorique niant la mort et ne la regrettant que dans le cas où elle distancerait sa nécessité (!) ou le droit (!) de la provoquer. Ces déclarations, fières et sans complexe, n’en constituent pas moins un repère de crue historique : le niveau maximal atteint par les eaux de l’abjection à la date où elles se sont produites…




samedi 7 décembre 2019

Se marrer (des baleines) comme des pieds (de bossu) ...

« L’homme ne communique avec son semblable que quand l’un écrit dans sa solitude, et que l’autre le lit dans la sienne. » Nicolás Gómez Dávila, Escolios a un Texto Implícito
Descubro con perplejidad, desde un comentario en el muro de un escritor de esos "que siempre van con uno", procurando el placer de la mejor conversación desde la voz interior, que alguien le escribe: "tienes un blog irreverente y divertido" (!)... Lo de "divertido" (drôle, marrant... ? Le drôle est la satisfaction rapide d’un désir de rire immédiat) me hace pensar en aquel paleto de Gila: "Me habéis matau un hijo, pero ¡lo que me reído...!" Cierto que la irreverencia eficaz conlleva sus cargas de sarcasmo (ridendo castigo mores), de ironía, pero diversión, lo que se dice diversión... ¿Como en muchos aguafuertes de Goya o así? Luego, en otra entrada, otra persona, sin duda un conocedor de su obra, le llena de elogios sostenidos por dos capiteles de acanto: "aunque escribe en castellano" & "aunque nacido en Pamplona". Lo de nacer en Pamplona, tiene ya difícil remedio. Le nacen a uno y ¡a cascarla! Ahora, eso de que alguien "aunque escribe en tal, conoce muy bien cual"... Alfonso Camin, "aunque escribía en bable", conocía muy bien el Caribe y Nicolás Guillén le alaba sin "aunques" por su calidad poética... En fin, ab hoste benigno, libera nos Domine... 

Je découvre avec perplexité, à partir d'un commentaire sur le mur d'un écrivain de ceux "qui vous tiennent tout le temps compagnie" et qui vous apportent le plaisir de la meilleure conversation dans le silence même de la voix intérieure, que quelqu'un commente : " vous avez un blog irrévérencieux et drôle " (!) ... Le mot drôle (marrant ?, rigolo ?… drôle étant la satisfaction rapide d'un désir de rire immédiat) me fait penser à ce plouc d’un sketch de Gila : " vous avez trucidé mon fiston, mais c’est fou ce que j’ai pu me marrer ...! " Il est vrai que l'irrévérence efficace entraîne ses couches de sarcasme (ridendo castigo mores), sa pointe d'ironie, mais pour ce qui est de la drôlerie on se pose toujours la question ... Certaines eaux fortes épouvantables de Goya sont elles tordantes en même temps ? Peut-être bien… Plus tard, dans une autre entrée, un autre facebookeur amical, sans doute un connaisseur de son travail, le remplit d'éloges aux chapiteaux d'acanthe : " même s’il écrit en espagnol " & " bien que né à Pampelune ". Hélas, sa naissance à Pampelune ne peut pas être réparée. On vous met au monde quelque part et, hop, allez voir ailleurs si on y est ! Du coup, affirmer que quelqu'un " même s’il écrit en machin, il s’avère qu’il connaît très bien chose ”, allez !... Alfonso Camin, "bien qu'il ait écrit en asturien", connaissait très bien les Caraïbes et Nicolás Guillén le loue sans de douteux "bien que" pour sa qualité poétique. En tout état de cause, ab hoste benigno, libera nos Domine ...