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dimanche 22 mars 2026

« L’obéissance est ennuyeuse, la révolte impossible, et la lutte incertaine »

 

Etude pour Le Père Goriot (éd. Kieffer, 1922)

« L’obéissance est ennuyeuse, la révolte impossible, et la lutte incertaine » Célèbre citation extraite du roman Le Père Goriot (1835) d'Honoré de Balzac. Elle décrit le dilemme existentiel de Rastignac face aux trois grandes expressions de la société : l'Obéissance (ennuyeuse), la Révolte (impossible) et la Lutte (incertaine). 

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Vampirisme du capital. « Le capital est du travail mort qui, semblable à un vampire, ne s’anime qu’en suçant du travail vivant, et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en suce davantage. » Karl Marx, Le Capital

Cf. Pourquoi Karl Marx présentait-il les capitalistes comme des vampires ?


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La péninsule des maisons vidées (et pas « vides » !). La bibliographie sur la guerre civile espagnole (1936-1939), depuis bien longtemps extrêmement copieuse, déborde de partout, mêlant témoignages directs, analyses historiques de référence et fictions romanesques à foison. Qu’à cela ne tienne ! Certains petits personnages du microcosme médiatique et politico-culturel espagnol ne partagent pas cet avis. « On veut nous taire des choses ! » Du coup, remugles désagréables liés à la moisissure de la guerre civile, au renfermé de la transition ou à la décomposition de la classe politique. Dans cette atmosphère lourde, malsaine et dégoûtante fleurissent des souvenirs douteux et des pensées intrusives qui, martelés jour et nuit, s'imposent à l'esprit dans une spirale de sermons sans fin à propos d’histoire, de mémoire, d’histoire et mémoire, de mémoire historique … « pour pas qu’on oublie ! » Les Espagnols ne peuvent pas oublier ce qu’ils ignorent. Une très large majorité fait preuve d’une ignorance crasse sur tout ce qui se passe, s’est passé et se passera aussi bien en Espagne que dans le monde. Ils ne savent même pas où se situent l’Iran, l’Irak, les EAU… Et ils n’en ont rien à cirer. Même des députés, des journaleux et pas mal d’« experts » ne le savent pas. Quand on lit des articles ou on suit des vidéos à ce propos, les prestations sont désespérantes. J’ai décidé de ne plus aller voir ce qui se passe dans la presse apprivoisée, ces jours-ci et de profiter de quelques rayons de soleil, hélas à courte durée. La lecture est une activité désormais lettre morte, toujours confondue qu’elle est avec le fait de s’informer, d’apprendre, de se renseigner. Même si les gens lisent, achètent des livres et les parcourent du regard, prennent connaissance d’une histoire ou d’une thèse, avalent des mots et des phrases, ils ignorent ce qu’est la lecture, en tant que pratique indexée sur la littérature, la lecture comme déchiffrement du monde et de ses contradictions, de son épaisseur et de sa complexité. Un écrivain digne de ce nom ne pense pas en ligne droite et n’en reste pas à la surface polie du miroir. Dorénavant, on ne lit que pour confirmer ce qu’on pense, ce qu’on croit, pour se trouver des alliés ou des ennemis, les inventer s’il le faut, et participer à la gigantesque chasse à courre qu’est devenue notre société médiatique. Le renseignement et la dénonciation ont annexé la littérature, en ont fait un appendice fragile et un alibi. L’œuvre des auteurs formatés n’est qu’un acte d’accusation bâclé, minable et sans imagination, la proie rapportée au maître par l’animal de compagnie, comme preuve de son obéissance. Ils aboient au signal de celui qui les tient en laisse. Comment en irait-il autrement, puisque les écrans ne s’ouvrent plus que sur des salles d’audience où le procès et la sentence sont devenus la seule vérité, que derrière tout individu se profile un procureur, sûr de lui et éventuel dénonciateur implacable de quoi que ce soit suivant l'appel des appâts de piégeage idéologique utilisés pour attirer des imbéciles, leur demandant de rentrer dans le rang. La seule fréquentation indispensable devrait être celle de nos dissemblables. C’est exactement comme cela que tout deviendrait moins sinistre, loin de cadre préformaté dans lequel il nous a été donné de vivre, qui pose des questions dont les réponses sont déjà inscrites dans un marbre noir, dans le socle commun sur lequel chacun se tient, croyant dur comme fer que la vérité lui vient spontanément, que ses goûts lui sont propres, que ses opinions lui appartiennent, qu’il est libre de penser ce qu’il pense. 

 * Avis en ligne d’un « lecteur virtuel » : « J'l'ai pas lu, mais j'ai vu des vidéos et lu des articles de gens dont je sais que je peux me fier au niveau des bouquins et du coup, on dirait que c'est grave surcoté. » Qu’on se le dise ! Début à encadrer : « J'l'ai pas lu, MAIS ...  »

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© The Hamilton Spectator

Des préadolescents, ultra-violents et fous à lier, au pouvoir. Comment les plus hauts représentants de l’État étatsunien peuvent-ils parler comment ils parlent ? C’est du langage de petite frappe, aucune classe, aucun argument, juste des insultes, de la vulgarité la plus pâteuse, et une violence crasse. Si ce qui distingue fondamentalement l'humain est sa capacité à la pensée abstraite, au raisonnement, au langage complexe, à l'empathie et à l'imagination, on voit mal quels éléments, à part la bipédie, pourrait le reste de l’espèce partager avec ces primates. C’est inimaginable d’entendre s’exprimer de la sorte à des soi-disant hommes d’état. Le pire, c’est que tout le monde s’y est habitué : autour de nous, les gens ne voient pas de mal à ce que nos ministres et nos députés s’invectivent comme des racailles au parlement et que nos « dirigeants » y apparaissent vautrés sur leurs bancs sans aucun souci de présentation ignorant ostensiblement les règles élémentaires de savoir-vivre exigées par une société civilisée. Aucun problème non plus à ce que sur les réseaux sociaux ces types s’expriment, soit avec une syntaxe de mauvais collégien, soit avec une connaissance des dossiers qui frise le zéro absolu : l’indigence intellectuelle totale. Famille hominidés ? Espèce homo sapiens ? Tenez-moi au courant ! Et quel lupanar médiatique ! On sait que, bien souvent, l’esclave broyé par le tyran ne se révolte pas contre le tyran, mais broie seulement l’esclave qui se trouve plus bas de lui. Beaucoup trop de journalistes sont des esclaves qui préfèrent s’en prendre à ceux qui, ils le savent très bien, n’auront aucun moyen de se défendre sérieusement, très peu de défenseurs autorisés et aucune tribune où faire entendre leur voix, celle-là même que de vrais spécialistes, dignes de ce nom, auraient eu à cœur de laisser s’exprimer, quitte ensuite à confronter cette voix à leur interprétation, à leur manière de présenter les faits. Mais l’essentiel, ici, est de déformer un contexte, de colorer un portrait, d’en faire une caricature, d’affubler un personnage ou tout un pays de tous les stigmates de l’extrémisme ou de l’oindre délicatement du prestige de l’héroïsme et de « nos valeurs ». On connaît les recettes efficaces, dans le monde du journalisme. On les applique servilement. Que faire ? Laisser la boue recouvrir la boue, laisser les obsédés et les dénonciateurs jouer avec leur propres excréments. Il y aurait, il y a tellement à dire, sur cette question qu’on pourrait creuser la matière vingt ans sans l’épuiser. Mais ça n’intéresse pas les boulimiques du ragot, ceux qui se délectent de ne rien entendre, et qu’on acclame pour cette seule raison qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, et s’adressent seulement à ceux qui veulent continuer à ne pas savoir. Pour retrouver le contact avec l’autre, avec l’intelligence et la culture, pour sortir du sillon fermé de l’entre-soi, il faudrait ne pas se laisser impressionner par le ressassement pavlovien de la meute médiatique.

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Reculer pour mieux sauter et contorsions politiques. Lorsqu’un homme politique ou une célébrité quelconque a maille à partir avec la justice, il lui suffit bien souvent de disparaître quelque temps. L’opinion publique ayant la mémoire d’autant plus courte qu’elle est parasitée par multitude de sollicitations et des campagnes au quotidien et qu’elle, inconstante, change souvent d'engouement et abandonne un caprice, une fantaisie ou une mode passagère pour en adopter d’autres finit par se fatiguer rapidement. L’individu en question peut alors réapparaître après un délai plus ou moins long selon sa cote auprès du Système. C’est précisément pour cette raison que « la mémoire » — celle qui nous tient aujourd’hui lieu de roman national — doit être sans cesse ressassée, du matin au soir et du berceau au tombeau. À force d’être invoquée, elle cesse paradoxalement d’appartenir au domaine du passé pour relever de celui du présent. Les « combats » de la démocratie contre la tyrannie et pour les droits de l’Homme, comme ceux contre l’antisémitisme, le racisme et le fascisme, sont perpétuellement réactualisés. Ils deviennent ainsi des priorités morales capables de justifier tout et son contraire. On observe, au passage, que les luttes de la gauche pour l’amélioration des conditions de travail et, partant, des conditions de vie des classes populaires, si présentes encore il y a quelques décennies, sont aujourd’hui abandonnées, largement tombées dans l’oubli.

Elles ont été remplacées, dans le récit dominant, obligatoire, par les croyances d’un monde globalisé, bienveillant, qui aurait bien ouvert la porte à toute forme de liberté sans limitation et sans contours depuis que cette idée a été lancée et s'est imposée, bien qu’étant elle-même liberticide, curieusement liée à celle de « progrès », largement financée (Alliance pour le progrès), comme des croyances inhérentes au perfectionnement de la société. L’actuelle néo-gauche, même lorsqu’elle se dit extrême, anarchiste, sans concession, avec tout le tapage dont elle s’accompagne, en est venue toujours à se muer en police de la pensée et à diviser au lieu de jouer un rôle de vraie opposition à l’empire. Les souverainetés nationales se sont consacrées à adapter leur production nationale aux standards du marché global et à ses poncifs globalistes : inclusivité, migrations, genrisme, wokisme. Puis, dans l’Europe en ruine de 1945, s’est réalisé le projet d’un écosystème d’élites interconnectées : Plan Marshall et OCDE, OTAN, Bilderberg puis Commission trilatérale, Davos, etc. Des élites politiques, économiques, culturelles, formées dans les mêmes réseaux, parlant la même langue idéologique, et intégrées dans un système dominé par Washington. cette néo-gauche, même lorsqu’elle se dit extrême, anarchiste, sans concession, et tout le barouf – cette néo-gauche en vient toujours à se muer en police de la pensée et à diviser au lieu de jouer un rôle de rassembleur.

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No a la guerra (II). À en croire la presse de droite, Sanchez n’aurait pas donné la « bonne réponse » concernant la guerre contre l’Iran.  Désolé d’être direct, mais on s’en fout ! Si notre pays est en train d’être mis en couple réglé, si la censure devient de plus en plus féroce, si nous sommes à deux doigts de rentrer en guerre pour les beaux yeux des « Israéliens » et des Étatsuniens, ce n’est pas étonnant que Sanchez saute sur l’occasion qu’on lui donne, sur un sujet qui a déjà bien réussi électoralement à son parti il y a une vingtaine d’années, pour dorer son blason, améliorer son image internationale et restaurer sa réputation se donnant une meilleure apparence aux yeux du public après une longue période, particulièrement difficile, semée de controverses et de polémiques, et une popularité en chute libre suite à des décisions perçues négativement par l'opinion publique. Pendant que les canards caquettent sur qui est un gentil et qui est un méchant, Sanchez, lui, bataille, dans son domaine, avec d’autres. On peut ou non être d’accord avec lui, mais il faut lui reconnaître de la vaillance et un relatif courage bien prudent. De là, à imaginer un président de l'Internationale socialiste hostile au sionisme, il y aurait une longue et sinueuse route à parcourir. Nous sommes en plein basculement mondial, une crise économique d’ampleur approche, les élites veulent plus que jamais nous faire les poches, mais ces trous-de-balle de la droite pérorent longuement, prétentieux, monotones, sur les ayatollahs, les femmes voilées, et les pauvres sionistes agressés par l’obscurantisme totalitaire du cocktail palestino-iranien. Encore heureux que papa Trump est là ! pleurnichait cette ordure de Mark Rutte. On se demande bien à quoi ils sont réfractaires : à la vérité, à la géographie, à l’histoire ? Un rapide regard en arrière nous conduirait à La fabrication du consentement », coécrit en 1988 par Noam Chomsky avec son camarade, Edward Herman, retraçant des éléments de compréhension d’un premier livre, écrit en 1928, par un autre Edward, Bernays celui-là : Propaganda. Livre de chevet de Goebbels, dont on nous rebat les oreilles qu’il en fut « l’inventeur ».

On sait que ce Bernays œuvra au cœur de la commission Committee on Public Information, chargée de faire basculer l’opinion du peuple américain, en 1917, pour entrer dans la guerre, modifiant radicalement l'attitude de la majorité par le biais de la propagande. Les sionistes avaient déjà retourné Lord Arthur Balfour, lui assurant qu’ils feraient venir les États-Unis au cœur du conflit grâce à leurs « antennes » bien placées, alors que la majorité des Américains, qui avait réélu en 1916 le président Woodrow Wilson sur un programme isolationniste et pacifiste, y était hostile. Ce dernier se prononçant encore, en janvier 1917, pour une paix sans victoire. Par une étrange coïncidence, l’actuel président en place a trahi, sous l’effet d’un certain lobby qui n’existe pas, un de ses principaux engagements : traîner son pays dans la guerre. Tout semble peu de chose pour un « peuple d'élite, sûr de lui et dominateur » (De Gaulle) qui occupe une terre acquise par le vol, la guerre et le mensonge et qui se livre désormais à un génocide pour s’emparer de toute la région. Le problème, c’est que le régime des mollahs n’a aucune visée territoriale, ne passe pas son temps à agresser ses voisins et n’a aucun suprématisme racial, encore aggravé par le fait que, alors que les colons sionistes occupent ces terres depuis à peine quatre-vingts ans, les Iraniens occupent leurs montagnes depuis le premier millénaire av. J.-C. Années sans doute obscures, subitement éclairées par les lanternes magiques de l’entité sioniste, censée fonder un état-sanctuaire pour les juifs persécutés en 1948, mais qui était en réalité un sanctuaire de juifs persécuteurs et génocidaires.

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Pesage des âmes. Silence occidental pour un crime de guerre selon la Charte Onusienne : 168 gamines réduites à néant avec leurs maîtresses etdu personnel de l’école. Mais que vaut le poids de toutes ces âmes lorsqu’on en a exterminé des milliers d’enfants palestiniens ? On ose à peine imaginer si le même acte avait réalisé sur une école « israélienne » ! Les guerres « démocratiques » sont apparemment inattaquables, car elles sont par définition, justes. La deuxième guerre mondiale avait déjà été une guerre démocratique et les sauvages bombardements étaient destinés à éviter davantage de morts et la prolongation du conflit. Comme les deux bombes atomiques. Sinon le Japon aurait été capable de Dieu sait quoi. Il faut éviter de creuser plus profondément parce que, autrement, on risque de découvrir ce qui se cache sous les couches épaisses de la démocratie représentative et ses valeurs affichées.

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Israël a-t-il un droit divin sur l’ensemble du Moyen-Orient ?

Transcription de l’interview de Tucker Carlson avec Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël.

Tucker Carlson a interrogé l'ambassadeur sur son interprétation d'un verset de la Genèse selon lequel Israël aurait des droits sur les terres situées « entre le Nil et l'Euphrate », s'étendant donc de l'Egypte à l'Irak et à la Syrie. « Je pense que c'est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », a déclaré M. Huckabee. « Ce serait bien s'ils prenaient tout », a-t-il ajouté.

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Intervalles d’insomnie. Impossible de dormir ces nuits dernières, à cause de la prochaine intervention à R. au mois d’avril. J’essayais de m’en débarrasser en me passant mentalement des souvenirs personnels. Comme ils défilaient sans interruption, c’était un ruminement mental sans fin. Très fatigant. Il est très dangereux de laisser entrer dans l’esprit ses souvenirs sans tri préalable : contrairement au numérique où l'on supprime les photos ratées, la mémoire brute conserve la trace informe des moments, y compris les mauvais, sans récupérer pour autant l'intégralité de chaque histoire, y compris les petits détails qui pourraient sembler insignifiants sur le moment, mais qui deviennent précieux plus tard, quand c’est trop tard. Cela viendrait à démontrer l’impossibilité de récupérer la totalité de ce qui a été vécu. La présence de certains rêves est plus riche que celle d’un texte ou d’une idée, mais faute d’être transcrits sur le vif, ils partent en fumée au réveil. Les défaillances de la mémoire gagnent du terrain, on n’y peut rien. Et j’ai toujours détesté toute forme de médicalisation du sommeil, les somnifères, tout cela…

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Adoration perpétuelle (Notre Dame de Grâce, Alicante). Petite chapelle au goût baroque de l’étrange autant qu'à celui de la mystique de l’absence où c’est finalement la Présence, qui s’impose, la présence réelle, celle, débarrassée des oripeaux rationnels qui ne doit rien à la contingence. Quelque chose qui est profondément en nous et qui, en nous, n’est pas tout à fait au monde. Ceux qui aiment marcher à quatre pattes ont toujours eu de l’aversion ou du mépris pour ceux qui se mettent à genoux. Ils en ont peur, car ceux-là les renvoient brutalement à leur médiocrité et à leurs pauvres arrangements avec la réalité. Les pingres méprisent les généreux, les crétins raillent les génies, on le constate quotidiennement.

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Actualité accélérée. À chaque fois, on croit que l’affaire du jour ou de la semaine va enterrer toutes les autres, qu’elle résume l’époque, l’explique, la synthétise, en exprime la quintessence, mais une autre est déjà là qui renvoie la première à ses ridicules et à sa nature de signe, de stigmate éphémère, de bulle de savon sentant déjà le rance. Les médias critiques se noient dans les mots et les formules, qu’ils secouent comme des crécelles, qu’ils injectent comme des sérums antipoison censés délivrer le pays du fléau sanchiste. On n’en finirait pas d’en dresser la liste, qui s’allonge de jour en jour et qui dévitalise chaque jour davantage le vocabulaire. Il n’est pas question de nier que ces mots portent en eux une part de vérité, mais on les utilise comme s’ils avaient le pouvoir d’expliquer, de révéler et de guérir, par leur seule présence, alors que la vérité partielle, spectaculaire, qu’ils contiennent étouffe les autres vérités, plus subtiles et plus riches, et en tout cas distinctes de la voie unique qui a les faveurs de la clameur. Et plus on les utilise, ces mots et ces formules, moins ils sont efficaces, plus ils obscurcissent à force de répétition, obstruent les voies qu’o pourrait emprunter pour dégager ces gens du pouvoir. Ce sont des mots qui tranchent, qui écartent, qui simplifient, qui délimitent, et qui agrègent à eux de petits affects et cette sorte de morale médiatique et instantanée où finissent par converger toutes les critiques. Au fond, comme en surface, ils sont tous pareils. La plupart des gens sont incapables d’imaginer que ce qu’ils connaissent comme modèles occidentaux de progrès et de démocratie, ce monde que les élites se partagent comme la pâtée aux cochons dans La ferme des animaux, symbole magistral de corruption et de spoliation, n’existe que dans leur imagination, et que ce qui existe pour de bon, c’est un monde auquel ils n’ont pas accès. L’excès d’imagination conduit à la bêtise.
Les parasites du système, ils n’occupent les places qu’ils occupent que parce qu’ils écrivent ce qu’ils écrivent, que parce qu’ils refusent de voir ce qu’ils voient, que parce qu’ils font allégeance aux mots d’ordre obligés du pouvoir en place. Tout cela est facile à comprendre, mais ce qui est incompréhensible, c’est que ces raisons ne s’épuisent pas au fur et à mesure, car la charge morale doit être tout de même très lourde. On peut mentir ponctuellement, tout le monde le fait, mais mentir à répétition ou se mentir à soi-même est beaucoup plus difficile car cela devrait bouleverser des milliers de petites choses avec lesquelles il faut vivre avec les autres jour après jour. Il faut aménager sa vie de manière à ce qu’elle permette cette cohabitation de tous les instants. Dès qu’on se contente d’un tapage contre P. Sanchez désirant amener à la lumière tout ce qui lui peut nuire et le réduire à un pantin ridicule et méprisable, à un médiocre magouilleur populiste d’extrême-gauche (rien que ça !), on est sûr et certain qu’on a affaire à des imbéciles. Les spécialistes de plateau télé n’aiment que ça. Ils vont seulement à la pêche aux phrases dont ils ont besoin pour instruire le procès de celui qu’ils doivent dépecer. Il suffirait pour s’en convaincre de faire la liste des invités à la télévision dans ce qui se nomme chez nous une « tertulia ». S’il arrive que des gens sérieux y soient conviés, c’est le plus souvent pour parler d’autre chose que de basse politique politicienne, pour qu’ils nous livrent des témoignages à charge ou à décharge, en fonction du payant, ou parlent en spécialistes du vide, pour qu’ils viennent pointer à la télé comme on va pointer au commissariat ou au tribunal. Ils pointent beaucoup, ils ne tirent presque jamais. On les voit régulièrement venir aiguiser leur bâton de marche-dans-le-monde au coin d’une caméra, augmenter leur visibilité et leur sphère d’influence, mais surtout répéter le catéchisme du moment et prononcer les mots magiques qui seuls permettent de survivre socialement.

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Rafael Alberti, Poesía, Aguilar. Son stalinisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais plus jeune. Je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il avait applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Des livres de lui que j’ai possédés, mes trois préférés étaient ceux de l’édition que M. a pris lors d’un passage à la maison. Je l’ai beaucoup relu dans mon jeune âge, il a été mon poète favori, moins tout de même que Miguel Hernández.

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Des querelles d’amoureux. Une station radio, propriété d’un individu étiqueté par l’un de ses anciens collaborateurs, et ami très proche, comme « pute médiatique » (furcia mediática ® César Vidal Manzanares),  diffuse au fil de la semaine une section intitulée La république des crétins (« La república de los tonnntos ») où on brocarde généreusement, sans retenue, « la gauche » en général et certains personnages en particulier, versant souvent dans l’expression outrageante, le mépris malveillant et l'insulte ou l’invective pure et simple. Inexplicablement, ces gens-là ne trouvent dans le camp d’en face une émission où on leur rendrait directement la monnaie de leur pièce et qu’on pourrait intituler La monarchie des enculés, par exemple.

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dimanche 8 mars 2026

En tombant, l’arbre a écrasé le bûcheron qui venait de l’abattre.

 


Des milliers de soldats, des centaines d’avions, deux porte-avions. Face à l’Iran, le plus gros déploiement de forces américaines depuis 2003. Nos médias n’en peuvent plus, nos journalistes sont au bord de la syncope, de l’orgasme : la main dans la main, Netanyahou et Trump, son servile laquais, veulent effacer une fois pour toutes l’Iran de la surface de la terre. Il faut avouer que l’initiative de ces messieurs d’attaquer l’Iran laisse pour le moins perplexe. Cette assurance d’imposer la paix et la démocratie par les bombardements fait penser à ces antifascistes qui « luttent contre la haine » en lynchant à grands coups de pied dans la gueule ceux qui ne pensent pas comme eux. Constatation de fait : qu’il vote pour un démocrate ou un républicain, le peuple américain finit toujours par élire un Netanyahou. Et voilà encore une fois l'exactitude du dicton chinois selon lequel ce serait la queue qui remue le chien, et non l’inverse ! Le but de cette guerre, comme celle en Syrie ou en Lybie, n’est pas de vaincre l’adversaire, une victoire suivie par une occupation, comme en Corée, au Japon, en Allemagne, en Italie, aux Philippines, mais de faire sombrer l’adversaire dans le chaos afin qu’il se détruise lui-même dans des guerres fratricides, comme en Irak, Lybie, Syrie, Somalie etc... On est en plein dans la séquence impériale américano-protestante et dans la séquence sioniste du Grand Israël, cauchemar, rêve pesant où à peine 10 millions d’ « Israéliens » armés jusqu’aux dents éliminent 5 millions de palestiniens affamés et sans armée, et viennent à bout de 90 millions d’Iraniens.

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« Trump et sa bande d'imbéciles, d'ivrognes, d'idiots, de sorcières, de sodomites, de pédophiles, de cabalistes, de lunatiques, d'étrangers, d'usuriers et autres ordures ont assassiné l'honorable martyr, le grand ayatollah Ali Hosseini Khamenei, leader de l'Iran, qu'il repose en paix. » El imperio Epstein contraataca, Perrin Lovett

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Qui pleurera Ali Khamenei ? se demande la très guindée Cantatrice chauve de service du Camp du bien, id est, de l’empire … On est déjà au moins deux avec Mr Perrin Lovett et, j'imagine, bien plus que ça à travers le monde ! L’article de cette star de l'opinion de droite espagnole est une belle illustration de toute la mesquinerie de journaux se prétendant objectifs et indépendants, et lus par des ahuris qui se prennent pour « des intellectuels à qui on ne la fait pas », des penseurs, des analystes ou des experts lucides, expérimentés et critiques, qui ne se laissent pas berner par des discours idéologiques, des manipulations médiatiques ou des fausses évidences, alors qu’ils ne sont que des moutons se laissant doucement tondre. Le lobby exige d’être cajolé par la droite, par la gauche et, particulièrement, comme dans le cas présent, par les ex-gauche qui se réclamaient précédemment du socialisme ou du communisme, et qui s'en sont éloignés pour adopter des positions situées au centre, à droite, voire à l'extrême droite qui, bien que décriée, reste relativement protégée : l’oligarchie a toujours besoin d’épouvantails politiques sur lesquels concentrer son tir afin de manœuvrer l’opinion. En revanche, ce même lobby est plus que jamais virulent avec ceux qui lui tiennent véritablement tête. Je me permets de revenir vers mes éventuels amis avec un vœu déjà formulé le 19 février 2024 : « Ceterum censeo Israel esse delendam » en lieu et place de la même formule proposée par un malin qui écrivait « Irania » au lieu du « Cartago » d’origine.

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Non à la guerre ! Un des principes fondamentaux du structuralisme est « l’arbitraire du signe », l’absence de tout rapport nécessaire et existentiel entre un mot et son référent. Je ne serais pas très ferme dans la défense de ce principe, car les noms qu’on donne à D. Trump et à l’inqualifiable Netanyahu ne sont pas le résultat d’un pur hasard linguistique. Ils évoquent parfaitement bien ce qu’ils évoquent. Les mots dont on les affuble, ces deux-là, servent parfaitement bien à les désigner. Comme disent les paysans, « ce n’est pas pour rien qu’on les appelle cochons ». Je rigole de bonne humeur quand j’entends notre Big Boss se proclamer fervent partisan de la paix refusant la demande américaine d’utilisation des bases de Rota et Moron pour des frappes contre l’Iran, côté cour, et « en même temps » comme dirait l’autre, côté jardin, envoyant sa ministre de la défense (« elle couche en uniforme, quelle rusée, celle-là ! » disait-il récemment à propos de cette ministre) amadouer l’ambassadeur amerloque. Course aux démentis, entre Donald Schtrumph et Sanschaise : Les Marx Brothers au Far West à revoir d’urgence ! Qui aurait pu deviner que P. Sanchez voulait jouer aujourd’hui un rôle similaire à celui de Chirac en février 2003, lorsque Dominique de Villepin, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, en tant que ministre français des Affaires étrangères, a exprimé l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak plaidant pour le désarmement plutôt que pour la guerre !

Allez, soyons fair-play au moins une fois dans l'année, et pour Sanchez ... sans rancune :

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Leila Shahid (1949-2026) est morte, le combat pour la Palestine continue ...


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Bloc-notes à petits pas. Petite heure de balade hier après-midi sur le brise-lames de Fontarabie. Beau temps et appel surprise d’A. avant de prendre le train pour descendre de Paris. Beaucoup de déchets sur les blocs de protection (troncs d’arbre, menus débris divers) sans doute par suite des tempêtes récentes, et très peu de pêcheurs. En revanche aussi beaucoup de promeneurs. Ce n’était pas mal. La plage d’Hendaye, en face, était, elle aussi, très fréquentée par les promeneurs, endroit idéal pour promener son chien, mais cette « promenade avec chien » est une activité que je déteste. Au milieu de la nuit j’entends des oiseaux qui gazouillent, il semble que cela annonce le printemps, que bientôt il va faire beau. S’il faisait mauvais, ils chanteraient tout autant. On voit depuis quelques jours fleurir des jonquilles et des fleurs sauvages quand on rentre des courses traversant le jardin public Alai Txoko. Des travaux divers dans les villas alentour qui sont loin d’être terminés. Des voisins affairés passent le karcher sur les tuiles. Vers seize heures, on rejoint le centre-ville pour notre café en terrasse. Frisquet encore, à l’extérieur, on préfère finalement s’installer comme d’habitude. À la terrasse extérieure, des gens discutent en arabe avec un oriental (?) présent dans le chantier du restaurant coréen exotique dont on annonce l’ouverture « prochainement ». Ce restaurant occupe une surface immense, une ancienne succursale de banque et d’autres magasins plus petits, disparus depuis longtemps. La reprise des locaux pour démarrer une salle démesurée de ces caractéristiques risque d’être suivie de fermeture inéluctable. D’autres tentatives antérieures ont déjà échoué. On se demande si ces gens, avant de risquer (bêtement ?) leur argent, se font conseiller ou font collecter et analyser des données à propos du secteur, des consommateurs et des concurrents pour évaluer la faisabilité d'un projet pareil, valider l’idée, etc., avant de se lancer. La restauration bon marché connaît une forte concurrence et celle de qualité a pratiquement disparu.


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Discuter autour du pot. Les rares fois où une discussion à laquelle j'assiste aborde les événements à Gaza ou en Iran, j'attends ou je devine presque systématiquement les mêmes clichés. La bande de Gaza d'avant le 7 octobre n'était qu'un cloaque peuplé de terroristes assoiffés de sang et l’Iran sous les bombes de la civilisation, une sorte d’Afghanistan avec des Talibans encore pires. Indiscutablement, les médias et la paresse intellectuelle font remarquablement bien leur travail. Quelqu'un aura-t-il pensé à prévenir Netanyahou et Trump qu'il était inutile de mettre le Proche-Orient à feu et à sang et de risquer un conflit mondial pour détourner l'opinion publique de l'affaire Epstein ? En réalité, ladite opinion se contrefiche des ignominies des puissants, comme d'à peu près tout, hormis son train-train quotidien. Cela dépend vraiment du milieu que vous fréquentez. Autour de nous, et souvent, sinon à contrecœur en glissant quand même que « Israël » est une démocratie, mot valise pour décliner toutes les variétés de la bienpensance préemballée, Gaza est considéré un pays sans chance, mais plus rarement comme un vrai pays martyr, malmené et meurtri depuis l’installation des « Israéliens », grand remplacement s’il en est ! C'est plus mitigé encore pour l'Iran. Sa civilisation est en effet reconnue, à contrecoeur ou pour la période de l'empire perse, mais supposée être retournée à des âges sombres par rapport à nos « lumières ». On ignore que ce pays forme beaucoup d'universitaires et d'ingénieurs de qualité, alors qu'on en entend beaucoup parler quand on évoque le sujet de l'arme nucléaire, ce qui implique forcément un certain niveau de qualification. Nous sommes tellement bombardés par les bêtises des médias que la modération devient impossible. On finit par choisir exclusivement l'opinion pour laquelle notre raison penche un peu plus, en fonction de nos préférences, dans de nombreux domaines simultanés, et on se convainc en choisissant ce qui nous arrange en puisant dans les sources qui nous sont gentiment proposés par nos maîtres.

Quand on est confronté à ce qui donne le vertige on cherche à se mettre à l'abri, on recherche la sécurité sans contradiction. Les lois de la physique s'appliquent à tous, quel que soit le QI, parce qu'elles existent, elles, et qu'elles sont universelles ; les lois de la manipulation mentale, si elles existaient, interdiraient aux méchants d'agir et de persévérer dans leurs manœuvres maléfiques. Suffit de voir la qualité du personnel politique européen pour retomber rapidement dans la déprime. Comment ils sont arrivés aux commandes, ces gens-là ? Grâce à des campagnes médiatiques stupides. Il est évident que ce Merz, ce Macron, ce Starmer, ce Sanchez sont des cervelles creuses sans idéologie connue déclarée, objective, informée, simplement personnelle, puisqu'on la leur procure par le biais des myriades de conseillers et qu'ils s'en contentent, heureux de croire que « les gens » leur veulent du bien, même si leur « popularité » démontre l'exact contraire.  On aurait du mal à citer en Europe une seule loi réellement destinée à faciliter la vie « des gens » depuis cinquante ans de bureaucratie folle. Et l’empire est devenu fou. Ce Trump qui fait des discours enfantins avec une stupide casquette blanche devant le monde entier, sans qu’on distingue bien ses traits, c’est quoi exactement ? De l’IA ? Un acteur ? Sont-ils réels, tous ? Sont-ils des acteurs dans une comédie écrite par les lobbys sionistes ? Assiste-on à la meilleure des cérémonies des Goya ou des Césars ? Sont-ils des êtres vivants ? Ce pitoyable étalage de nullités politiques ressemble comme deux gouttes d’eau à l’autre du show-biz grassement subventionné, dans les deux cas ils s’auto congratulent pour des navets inregardables. Si on avait un tant soit peu de dignité on ne consacrerait pas son temps à tant de bassesse. Pathétique serait un euphémisme pour ce qui est la marque d’une fin de civilisation.
L’Iran a détruit des réserves d’armes stratégiques des US dans des pays comme l’Arabie Saoudite, Oman, Koweït, le Qatar. Il a également atteint la base britannique de Chypre censée aider les US dans leurs attaques. Ils ont abattu des avions. Ils ont ciblé le porte avion USS Gerald Ford avec des missiles hypersoniques et une floppée de drones. Le successeur pressenti de Khamenei ne croit plus à la doctrine de l’interdiction de l’arme atomique, son assassinat n’a servi qu’à supprimer une voix de sagesse et d’expérience. La réponse iranienne sur « Israël » utilise un cocktail d’armes de toutes sortes, ses villes servent de zone de test d’anciens stocks d’armes, mêmes les abris ne sont plus sûrs. Après avoir simulé son assassinat, le sinistre Netanyahou a finalement fuit quelques jours vers l’Allemagne. Trump annonce que la guerre va durer un petit plus longtemps que leur petit faux coup d’état au Venezuela, il aurait demandé des pourparlers pour des négociations que les Iraniens, qui en ont marre de ces micmacs de traîtres, ont refusé. Le détroit d’Ormuz est fermé officiellement, sauf aux Chinois et aux Russes, par une annonce des gardes de la révolution, action qui touche également l’économie Iranienne mais affecte au moins le cinquième du commerce mondial. Le Qatar annonce l’arrêt de sa production de gaz pour un cas de force majeur et les prix ont augmenté de 50% ces derniers 24 heures et ce n’est que le début. Le Yémen et le sud Liban se sont officiellement joint au conflit. Les premiers gardent le golfe d’Aden et projettent d’étrangler d’avantage le trafic maritime. Les Libanais attaquent les colonies au nord d’« Israël ». Le bilan réel en soldats US tombés est actuellement loin d’être connu, les chiffres officiels sont loin de la réalité. L’Arabie Saoudite a arrêté des agents du Mossad sur le point de commettre des attentats sur leur territoire. Ouf ! Je ne vois vraiment pas comment qualifier tout cela de victoire israélo-américaine ! Au mieux, ce n’est que le début d’un conflit majeur. Par ailleurs, le seul dôme de fer fonctionnel et celui des médias en occident.

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 Gala des Césars, des Prix Goya, les Academy AwardsCela paraitra peut-être exagéré à certains, mais quand même... à bien y réfléchir, qu’est devenu le cinéma depuis qu’il a été récupéré par la puissance industrielle yankee ? Chaque fois qu’un individu s’installe dans un fauteuil de cinoche (cinéma-moche), il n’en est pas conscient mais il s’auto inflige un traitement à l’Orange mécanique, la fameuse séquence où le personnage principal, Malcolm McDowell alias Alex Delarge, immobilisé sur un fauteuil, paupières maintenues ouvertes, se voit obligé de mater une litanie d’images plus ou moins violentes et anarchiques. Méthode de lessivage de cerveau imaginée par l’auteur du livre du britannique Anthony Burgess. La seule différence aujourd’hui, c’est que le sujet/assujetti, s’y installe de lui-même et à la place des fixations et écarteurs de paupières, il a son litre de popcorn, sa glace à sucer ou son coca-cola, qu’il il paye cher, de surcroit. Les organisateurs du Grand Lessivage de cervelle ramollie ne pouvaient mieux imaginer. Beaucoup répondront qu’on peut quand même se faire plaisir ! Et ils auront raison. Mais pourquoi sommes-nous devenus aussi accros à ces offres culturelles alors que nous subodorons tous que sous chaque produit « offert » gît bel et bien une machine redoutablement efficace pour formater, conditionner, téléguider, crétiniser et dénaturer ? La profonde humaine nature est sans doute câblée selon la recherche sans fin du plaisir, de la jouissance et de la diversion. Toute l’industrie du divertissement repose là-dessus ainsi que celle de l’économie basée sur la jouissance d’objets (R. Girard). Pourtant, se passer de tout cela est tout à fait faisable, bien qu’extrêmement difficile. Si demain internet venait à disparaître, l’humain ne retrouverait pas facilement le plaisir inouï de la contemplation des beautés du monde. Encore faudrait-il qu’il se rappelle qu’il a des yeux.

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 L'ALLIANCE EPSTEIN Juan Manuel de Prada

L'Alliance Epstein n'a pas atteint ses objectifs avec l'agression de l'année dernière (où l'Iran les a intimidés par sa réponse) ni avec la récente insurrection « féministe » contre les ayatollahs (en réalité un drapeau plus faux que Judas ourdi par la CIA et le Mossad), Elle tente donc maintenant pour la troisième fois avec cette « attaque préventive » qui alterne la destruction des arsenaux iraniens (qu'elle croit avoir localisés) et les hécatombes les plus bestiales. Mais si elle s'est trompée dans ses calculs et que l'Iran stocke des armes dans des endroits inconnus, Israël subira des dommages dévastateurs.

L'« attaque préventive » de l'Alliance Epstein est menée par une hyène assoiffée de sang et un charlatan devenu sa marionnette, après avoir été filmé en train de violer des fillettes. Le charlatan devenu marionnette a remporté les élections en se présentant comme un promoteur de la paix et en promettant de mettre fin à toutes les guerres latentes ou déclarées que ses prédécesseurs avaient déclenchées. Nous savons maintenant que cette campagne était en réalité une supercherie des mêmes chiens « néoconservateurs » qui avaient contrôlé les mandats des républicains et des démocrates au cours des décennies précédentes et qui, pour passer inaperçus, s'étaient alors déguisés avec les colliers du populisme le plus fanfaron et le plus bruyant. Ainsi, avec un charlatan devenu la marionnette du sionisme après avoir été filmé en train de violer des fillettes, les « néoconservateurs » peuvent continuer à commettre les exactions de toujours, mais sans aucune gêne.

Bien sûr, la justification première de « l'attaque préventive » de l'Alliance Epstein - le programme nucléaire iranien - est, tout comme les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein, un prétexte grossier pour dévaster une nation qui ne se plie pas aux desseins sionistes et ne se résigne pas à être asservie (si l'Iran possédait réellement des armes nucléaires, personne n'oserait lui faire de mal, tout comme on ne fait pas de mal à la Corée du Nord). Et, bien sûr, la deuxième justification de l'« attaque préventive » - favoriser  une « démocratisation » du pays - est une farce pour les attardés mentaux : aucune des guerres menées au cours des dernières décennies par l'anglo-sionisme n'a favorisé la « démocratisation » des pays attaqués, mais plutôt le pillage le plus rapace de leurs richesses et la dévastation de leurs défenses matérielles et spirituelles ; et dans tous ces pays, des régimes islamistes ont ensuite été mis en place, qui ont massacré les communautés chrétiennes qui y étaient établies et provoqué des avalanches migratoires qui ont favorisé l'effondrement du cadavre européen et sa conversion en une mare de grenouilles génuflexes et cipayes. Naturellement, cette guerre aberrante provoquée par l'Alliance Epstein ne fera qu'aggraver encore ce processus dégénératif. Comme l'écrivait avec ironie le défunt Epstein, alma mater de l'Alliance : « C'est ainsi que le Juif gagne de l'argent... en laissant les goyim supporter le poids du monde réel ».



lundi 23 février 2026

L’enfer est vide : tous les démons sont parmi nous. Clichés et tics médiatiques. Cours de langue de bois

 


Clichés et tics médiatiques

Les tics et clichés favorisent la communication qui ne passe plus par les idées, mais par quelque chose d'irrationnel, de flou. Ils correspondent à des automatismes de langage, qui fluidifient le discours et la communication. Ces automatismes, ou expressions figées, sont les révélateurs de la paresse intellectuelle des locuteurs, qui ne cherchent pas à trouver l'expression ou le mot justes ou simples, mais se coulent et se moulent dans un conformisme de bon aloi. Les communicants et les journalistes se servent tellement de ces tics de langage que cela en devient un T.O.C. (trouble obsessionnel compulsif). Il n'est même plus question de politiquement correct, mais de facilité et de manque d'originalité.

Avoir confiance dans la justice

tous les politiques et les ministres prévaricateurs et sous le coup d’une inculpation le disent. Souvent accompagné de : je suis (reste) serein. Il est vrai que s'ils avaient affaire à la justice d'un autre pays, plus expéditive, lesdites personnes ne seraient pas aussi sereines.

 

Sauvagement assassiné(e)

nombre de journalistes emploient cette expression à propos d'un meurtre particulièrement sanglant. Il serait cependant étonnant qu'une victime soit gentiment ou doucement assassinée. 

 

L’avenir nous le dira

sauf que parfois l'avenir est bègue, ou même muet. Quand un journaliste ou un homme politique emploient cette expression, cela signifie qu'ils n'ont aucune idée de ce qui va se passer, ni comment va évoluer la situation.

 

FRANCHEMENT

Chaque fois qu'un homme politique prononce cet adverbe, attendez-vous à un gros mensonge ou à une énorme connerie ou incongruité.

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Instructions : Commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case de la colonne 2, puis avec n’importe quelle case de la colonne 3, puis n’importe laquelle de la colonne 4. Revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1, pour enchaîner au hasard…

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L’enfer est vide : tous les démons sont parmi nous. Le débat sur l'avenir des élections législatives de 2027 en Espagne s'intensifie face à une série de menaces progressives, poussant certains analystes à s'interroger sur la pérennité du modèle sanchiste. Les préoccupations majeures portent sur l'intégrité des processus électoraux, fragilisée par la désinformation et la polarisation politique croissante.


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« Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent. » (Edgar Faure ?) Étrange besoin pour l’homme et la femme d’être jugés supérieurs par ses semblables. Par instinct naturel de domination ? Pour être craints, admirés ? Pourquoi des individualités manifestement abjectes, ignares, ignobles tendent-elles à faire savoir ceci ou à critiquer cela, à soutenir Machin ou à servir Chose, à couvrir des louanges de vrais crapules ? A-t-on besoin d’étayer d’autres plus vulgaires et plats que soi-même ou est-ce désir d’affirmation, de faire peur, de se sentir quelque chose sous la protection du groupe aboyeur, de se savoir protégé, ou, tout simplement, parce qu’on est (grassement) rémunéré ? Le concept de rémunération par une « forme de pouvoir » implique des avantages, monétaires ou non, des faveurs et de l’influence, qui découlent directement de l'exercice d'une fonction, de l’occupation d’un poste, d'un mandat politique ou d'une influence décisionnelle, au-delà, sans les exclure, d’un salaire ou d’une somme concrète d’argent. Cela englobe la capacité d'orienter des ressources ou de bénéficier d'avantages liés à la position occupée. Combien est lourde et importune, à l’heure où le commun des mortels souffre sous la nuit interminable d’une bande incompétente et corrompue, la pensée ubuesque des zigotos qui se prennent pour « malins » alors qu’ils ne sont que des preuves tangibles de la plus crasse bêtise humaine, de simples apparences de légitimité sociale, dans le dédain de toute une population qui les déteste en faisant semblant, comme elle le peut, de les approuver. L’avantage de la prolixité de cette troupe de courtisans, profiteurs et arrivistes de l'entourage politique et personnel proche du Fucking Big Boss, qui privilégie la flatterie, la loyauté aveugle et la défense à outrance de ses intérêts personnels à la pertinence politique, c’est que le flot de leur verbiage finit par provoquer la fatigue, l’indifférence et l’épuisement émotionnel, y compris de la part d’une quantité grandissante d’adeptes à la propre secte sanchiste. Dirty© Sanchez exige d’être gâté sans fatigue par des louanges inconsidérés : acquiescer à tout ce qu’il a fait et à tout ce qu’il a dit dans le passé, à ce qu’il fait et à ce qu’il dit aujourd’hui même, à tout ce qu’il fera et à tout ce qu’il dira à l’avenir, à tout propos, en toute occasion. Menteur avéré, versatile, inconstant et inconsistant, toujours opportuniste comme il est, on serait tenté de penser qu’ils n’ont pas la tâche facile, ses thuriféraires de métier. Que nenni ! En toute logique, la somme de ses mérites, vertus et capacités finit par balayer les obstacles et désamorcer les objections. Comme lui a asséné en pleine figue, sous des torrents de bave d’admiration, l’une des plus stupides ministres parmi les cruches sans anse du conseil, « tu es du bon côté de l’histoire ». Allez savoir ce que cela veut dire !

Certains socialistes normaux, tendance socialdémocrate vielle école et non pas tendance dirty, font preuve d’une capacité de jugement plus froide, plus sévère, plus sincère et plus claire : avec une telle tête pensante à la tête du gouvernement et au gouvernail du parti, ils vont dans le mur sans une chance de l'emporter. Pourtant, mettre électoralement hors combat un nuisible de cette trempe, ne sera pas tâche facile. Quand le pillage, lié indissolublement aux notions d’incompétence et parasitisme, devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit aux crochets de la société grâce aux ressources, au travail ou à la crédulité électorale de la collectivité, sans contribuer véritablement en retour, ce groupe finit par façonner pour lui-même tout un système juridique qui légitime son pillage, et un discours qui le valorise, le magnifie, l’exalte ou l’embellit contribuant ainsi à construire une légende autour du personnage et du parti, par une habile manœuvre capable de transformer une personne, même le plus malhonnête fraudeur, en figure exemplaire. C'est d’ailleurs un thème classique dans la littérature et le cinéma : le « brigand généreux » ou « l'escroc au grand cœur ». Le « bon dictateur » n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité, dans toute l'administration, entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables. Notre Big Boss à nous et, sans se limiter à son cas, on pourrait affirmer la même chose à propos d’une longue liste de leaders européens, intellectuellement plus costauds tout de même, à l’exception de Donald Schtroumf, le Boss parmi les Boss, le plus Grand, avec qui notre « Antonio » (ainsi baptisé par Mario Draghi en mars 2022) partage une somme de neurones négative pour embêter les gens instruits n’est qu’un charlatan social qui prétend, à l’aide d’un tas de panacées et avec toute sorte de rapiéçages, gommer les misères sociales par le seul miracle de ses promesses mille fois répétées. Et, cela va sans dire, sans faire le moindre tort au capital et au profit. N’est-il pas fascinant d'observer que, alors même que le discours du « gouvernement de progrès » s’en tient aux normes du capitalisme mondialiste le plus strict, ses partisans médiatiques et « culturels » (journalistes, youtubers, comédiens, écrivaillons, et.) se cramponnent comme des sangsues au wokisme, à l'hystérie climatique, à l’agenda 2030, à la déconstruction du récit (culte obsessionnel du « narratif », quel qu’il soit, sauf le leur, au prix d'écorcher la langue) tout en étant incapables d’agir avec droiture, de faire preuve de bonne foi, de s'autoexiger la moindre probité morale pour contrebalancer tant de fanatisme absurde et paralysant ?

Quand une bande d’opportunistes sans idéologie bien définie s’empare du pouvoir, la démocratie devient, comme jamais, plus que jamais, une illusion conceptuelle, un leurre. Cette perspective désabusée, clairvoyante, éclaire fortement la division violente de la société en dominants, dans la totale impunité, et dominés qui subissent plus ou moins en silence ou à voix basse, car augmenter le volume ne sert à rien, acceptant une participation purement symbolique qui ne fait que légitimer la contrainte. La démocratie, avec ses truculentes lois électorales appliquées partout selon les cas, les pays, les constitutions, les circonscriptions, que sais-je encore, apparaît comme le plus ingénieux mécanisme offrant aux dominés depuis qu’elle existe, le spectacle fabuleux de leur propre soumission. Le bulletin de vote n’est qu’un simulacre de puissance qui apaise le désir de dominer partant du mensonge : « une personne, une voix », assurant que chaque voix a le même poids et chaque électeur est un pilier de l’égalité politique. Voter deviendrait par miracle un acte de liberté, et non la légitimation de la domination, une dérive pathologique de la quête du pouvoir associée à la libido dominandi des pires canailles. Le succès de cette chimère « démocratie » réside dans la capacité à rendre la domination collective acceptable et même désirable. La stratégie d’« Antonio », par radicalisation des oppositions contrôlées d’ici 2027, organise une sacrément bonne stratégie : face, il gagne par une grande peur, une catastrophe lui tombant subitement du ciel, comme ce fut le cas le 11 mars 2004 pour son pote Zapatero ; pile, il gagne parce qu’il se fait élire par toute sorte de groupes, groupuscules, castes périphériques et fractions centrales par une mystique antifasciste toujours rentable car peu connectée au réel. L’élection de P. Sanchez reste une possibilité. Son programme économique qui consiste à tout promettre et rien donner, n’a rien de fondamentalement menaçant pour les oligarchies, en dehors du fait que la gâteau est à l'heure actuelle en miettes et que celles-ci se dépêchent de les ramasser tant qu’il en reste. Un programme sanchiste pourra toujours en laisser une petite partie à ses obligés mais, en réalité, pas grand-chose. Présider ce souk corrompu qu’est l’Internationale socialiste joue aussi très bien en faveur des oligarchies de tout poil.

Donc, son élection en 2027 reste tout à fait probable par rapport au système de l’élection du président du gouvernement. Obstacle non infranchissable, même s’il n’en gagne pas en nombre de suffrages, et l’hétéroclite mouvance Soros-wokiste, qui se déguise d'ultra-gauche, a démontré qu’elle savait se mobiliser à une législative, comme en 2023 ! Malgré tout, il est impossible de faire abstraction du fait que, dès son accession au pouvoir, l’ego de Dirty Sanchez a complètement explosé. Qu’en prime, en apparence, il ne plaise pas à Tel Aviv l’aide pour sa propre mise en scène sur le plan international, c’est certain. Mais il faudra compter aussi sur des facteurs imprévus. Et puis, le discours de toute la bande commence à être éculé. Les US risquent fort de s’effondrer sous les mâchoires des termites sionistes. L’Europe est finie. « Israël », qui aurait pu bénéficier de l'infection de son portable par le logiciel Pegasus, ne possède plus grand-chose sur lui et ce que l’entité sioniste ou la monarchie marocaine peuvent savoir de lui et qu'on ne sache pas, vu son instinct de survie, ne comptera dorénavant pour rien. D’autant que ces « pays » ne sont pas foncièrement appréciés sur la scène internationale, pour ne pas dire haïs. Et le moment venu, si la zone d'accumulation de déchets informationnels qu’on connaît comme « opinion publique » devait avaler d'autres couleuvres pour se soumettre encore, elle le fera. Mais quel culot, et quel talent, ce type, pour garder le cap jusqu’au bout !

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« Additionnez les bulletins blancs et comptez les bulletins nuls, ajoutez-y les abstentions, voix et silences qui normalement se réunissent pour signifier ou le dégoût ou le mépris. Un peu de statistique s’il vous plaît, et vous constaterez facilement que, dans toutes les circonscriptions, le monsieur proclamé frauduleusement député n’a pas le quart des suffrages. De là, pour les besoins de la cause, cette locution imbécile : Majorité relative – autant vaudrait dire que, la nuit, il fait jour relativement. Aussi bien l’incohérent, le brutal Suffrage Universel qui ne repose que sur le nombre – et n’a pas même pour lui le nombre – périra dans le ridicule. » Zo d’Axa, Les Feuilles

« On vous trompe. On vous dit que la dernière Chambre composé d’imbéciles et de filous ne représentait pas la majorité des électeurs. C’est faux. Une Chambre composée de députés jocrisses et de députés truqueurs représente, au contraire, à merveille les Électeurs que vous êtes. Ne protestez pas : une nation a les délégués qu’elle mérite. Pourquoi les avez-vous nommés ? » Zo d’Axa, « Vous n’êtes que des poires »

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Pluies bibliques d’hiver. Après un weekend de pluie ininterrompue à Bordeaux et avant un éventuel départ – je croise les doigts – pour Alicante sous d’éternelles précipitations, je saisis, ce lundi vingt-trois, l’occasion d’un semblant de repos pour taper quelques lignes avant la fin de février. La pluie devient quelque chose d’obsédant. Elle est toujours là sans une seconde de répit. Peu de chance, à la date de la fête du samedi quatorze, la Saint-Valentin, j’avais acheté un billet de loterie en cachette pour faire une surprise au clan et cela n’a rien donné du tout, donc, unanimité à table : « Les fêtes sous leur forme commerciale moderne, à l’américaine, faut se méfier. Que des conneries. » Menu préparé par N. pour un déjeuner qui nous laissera un souvenir durable : houmous, tkatskiki, merveilles au parmesan ; sauté de veau à l'ancienne : carottes et vin blanc, frites belges et une très bénéfique bouteille de pinot noir ; crème brûlée à la cardamome et au lait de coco ; financiers amande et coco à l’envie (là, c’est la main expérimentée de M qui a été à l'oeuvre) ; café de l'Alchimiste, le tout couronné par des discussions passionnées sur des sujets variés (politique, société, vie personnelle) en partageant un whisky bordelais dont je ne retiens pas le nom.

Sieste, avant de s’armer de courage et d’un parapluie pour une rapide visite en centre-ville et chez Mollat, se disant qu’on aurait peut-être dû prendre un canot de sauvetage pour ce foutu après-midi de pluie. Je raconte à N. une de mes visites à cette librairie, il y a bien longtemps. Presque cinquante ans ! Un soi-disant philosophe de la cuvée « nouveaux » dont la compétence, la crédibilité ou la profondeur intellectuelle ont été depuis rudement mises à l’épreuve, présentait son « livre ». Dépenser des sous pour acheter La barbarie à visage humain ! En prenanr du recul, quels fétides individus, les BHL, Glucksmann et compagnie, totalement discrédités, effacés de la mémoire collective, définitivement mis au rebut mais se voulant, déjà l’époque, des figures indépassables, alors qu’ils étaient marqués d’obsolescence au moment même de naître par la superficialité de leur pensée, plus médiatique que philosophique. Je ne remercierai jamais assez Paul Vidal-Naquet, avec Cornelius Castoriadis, entre autres, de nous avoir permis de prouver à quel point les élucubrations de ces messieurs, c’était de la merde. Âgés de vingt-trois, nous n’avions pas, à l’époque, entamé nos désillusions politiques. On n’en avait pas encore assez des partis, des courants, des tendances... Des nôtres comme de ceux des autres. On voulait se donner à soi-même un peu de solidité et d’existence. Nous filons à la maison sous le ciel gris. Je suis hypnotisé par la Grosse Cloche, fortement illuminée, brillant sous la pluie. On s’arrête un moment, rue Teullère, pour discuter brièvement avec l’un des responsables de l’Échiquier bordelais, club formateur au coin de la rue Buhan, qu’on avait ignoré jusqu’à cette date. De la pluie, encore de la pluie, toujours de la pluie. Trop de monde au tram. Le réaménagement de Stalingrad, travaux pour la création de jardins verts avec végétalisation et square géant, attirent mon attention sous les explications détaillées de N. La Garonne semble très fâchée, elle n’en est pas encore à déborder mais ça finira par arriver. Je préfère ne pas avoir pris le BAT3 (avant BatCub) pour la traverser. « Inor ez da ilegala », a-t-on bellement imprimé en basque sur une espèce d’imperméable d’un touriste, à côté, dans le tram. Sainte Marie-de-la-Bastide est complètement dans le noir. Elle était en travaux á l'intérieur, avant les fêtes de Noël. On arrive à la maison, finalement, pour une longue soirée à l’abri des intempéries.

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La démultiplication des sièges et des apparatchiks. Pablo Iglesias, passer de 65 députés à 4 en dix ans ? Je dirais comme Monsieur Loyal au cirque : « Oui, il peut le faire ! »  L’incohérence des marlous ayant ses limites, Podemos, parce que ses dirigeantes ont transgressé radicalement les normes de la logique, de la raison et du bon sens partagé, allant jusqu'à atteindre un niveau de non-sens total, a dégringolé du statut de champion du peuple et de l’antiracisme à celui d’antisémite – qu’il n’a jamais été – et de parti d’extrême-gauche – qu’il n’a jamais été non plus. Magdelon et Cathos, anciennes ministres du sanchisme, couinent et oublient que leur programme se réduit à traiter aisément de fasciste quiconque n’est pas d’accord avec elles. Et c'est tout ! Et ce « grand remplacement » gueulé à la tribune à s’en faire péter les cordes vocales par la légitime du Grand timonier ? Il n’y a pas à dire, une dirigeante de ce niveau-là, c’est structurellement toujours une andouille.

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« La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle. » Alexandre Soljenitsyne, Discours de réception du prix Nobel de littérature (1970/1972) intitulé Le Cri ou Vivre sans mentir

Le cas de ce jeune homme, c’est comme le cas de Gaza. Toujours cette inversion des rôles, des valeurs et du sens. À Gaza, les agresseurs sionistes sont les victimes et les génocidés sont les bourreaux. La conséquence logique de cette inversion c’est : bien fait pour les Gazaouis terroristes, islamistes, arriérés et bien fait pour Quentin Derinque catho-facho, nazi, ils l’ont bien cherché.

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