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Vampirisme du capital. « Le capital est du travail mort qui, semblable à un vampire, ne s’anime qu’en suçant du travail vivant, et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en suce davantage. » Karl Marx, Le Capital
Cf. Pourquoi
Karl Marx présentait-il les capitalistes comme des vampires ?
La péninsule des maisons vidées (et pas « vides » !). La bibliographie sur la guerre civile espagnole (1936-1939), depuis bien longtemps extrêmement copieuse, déborde de partout, mêlant témoignages directs, analyses historiques de référence et fictions romanesques à foison. Qu’à cela ne tienne ! Certains petits personnages du microcosme médiatique et politico-culturel espagnol ne partagent pas cet avis. « On veut nous taire des choses ! » Du coup, remugles désagréables liés à la moisissure de la guerre civile, au renfermé de la transition ou à la décomposition de la classe politique. Dans cette atmosphère lourde, malsaine et dégoûtante fleurissent des souvenirs douteux et des pensées intrusives qui, martelés jour et nuit, s'imposent à l'esprit dans une spirale de sermons sans fin à propos d’histoire, de mémoire, d’histoire et mémoire, de mémoire historique … « pour pas qu’on oublie ! » Les Espagnols ne peuvent pas oublier ce qu’ils ignorent. Une très large majorité fait preuve d’une ignorance crasse sur tout ce qui se passe, s’est passé et se passera aussi bien en Espagne que dans le monde. Ils ne savent même pas où se situent l’Iran, l’Irak, les EAU… Et ils n’en ont rien à cirer. Même des députés, des journaleux et pas mal d’« experts » ne le savent pas. Quand on lit des articles ou on suit des vidéos à ce propos, les prestations sont désespérantes. J’ai décidé de ne plus aller voir ce qui se passe dans la presse apprivoisée, ces jours-ci et de profiter de quelques rayons de soleil, hélas à courte durée. La lecture est une activité désormais lettre morte, toujours confondue qu’elle est avec le fait de s’informer, d’apprendre, de se renseigner. Même si les gens lisent, achètent des livres et les parcourent du regard, prennent connaissance d’une histoire ou d’une thèse, avalent des mots et des phrases, ils ignorent ce qu’est la lecture, en tant que pratique indexée sur la littérature, la lecture comme déchiffrement du monde et de ses contradictions, de son épaisseur et de sa complexité. Un écrivain digne de ce nom ne pense pas en ligne droite et n’en reste pas à la surface polie du miroir. Dorénavant, on ne lit que pour confirmer ce qu’on pense, ce qu’on croit, pour se trouver des alliés ou des ennemis, les inventer s’il le faut, et participer à la gigantesque chasse à courre qu’est devenue notre société médiatique. Le renseignement et la dénonciation ont annexé la littérature, en ont fait un appendice fragile et un alibi. L’œuvre des auteurs formatés n’est qu’un acte d’accusation bâclé, minable et sans imagination, la proie rapportée au maître par l’animal de compagnie, comme preuve de son obéissance. Ils aboient au signal de celui qui les tient en laisse. Comment en irait-il autrement, puisque les écrans ne s’ouvrent plus que sur des salles d’audience où le procès et la sentence sont devenus la seule vérité, que derrière tout individu se profile un procureur, sûr de lui et éventuel dénonciateur implacable de quoi que ce soit suivant l'appel des appâts de piégeage idéologique utilisés pour attirer des imbéciles, leur demandant de rentrer dans le rang. La seule fréquentation indispensable devrait être celle de nos dissemblables. C’est exactement comme cela que tout deviendrait moins sinistre, loin de cadre préformaté dans lequel il nous a été donné de vivre, qui pose des questions dont les réponses sont déjà inscrites dans un marbre noir, dans le socle commun sur lequel chacun se tient, croyant dur comme fer que la vérité lui vient spontanément, que ses goûts lui sont propres, que ses opinions lui appartiennent, qu’il est libre de penser ce qu’il pense.
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Des préadolescents, ultra-violents et fous à lier, au pouvoir. Comment les plus hauts représentants de l’État
étatsunien peuvent-ils parler comment ils parlent ? C’est du langage de
petite frappe, aucune classe, aucun argument, juste des insultes, de la
vulgarité la plus pâteuse, et une violence crasse. Si ce qui distingue
fondamentalement l'humain est sa capacité à la pensée abstraite, au
raisonnement, au langage complexe, à l'empathie et à l'imagination, on voit mal
quels éléments, à part la bipédie, pourrait le reste de l’espèce partager avec
ces primates. C’est inimaginable d’entendre s’exprimer de la sorte à des
soi-disant hommes d’état. Le pire, c’est que tout le monde s’y est
habitué : autour de nous, les gens ne voient pas de mal à ce que nos
ministres et nos députés s’invectivent comme des racailles au parlement et que nos
« dirigeants » y apparaissent vautrés sur leurs bancs sans aucun souci de
présentation ignorant ostensiblement les règles élémentaires de savoir-vivre
exigées par une société civilisée. Aucun problème non plus à ce que sur les
réseaux sociaux ces types s’expriment, soit avec une syntaxe de mauvais
collégien, soit avec une connaissance des dossiers qui frise le zéro absolu : l’indigence intellectuelle totale. Famille hominidés ? Espèce
homo sapiens ? Tenez-moi au courant ! Et quel lupanar
médiatique ! On sait que, bien souvent, l’esclave broyé par le tyran ne se
révolte pas contre le tyran, mais broie seulement l’esclave qui se trouve plus
bas de lui. Beaucoup trop de journalistes sont des esclaves qui préfèrent s’en
prendre à ceux qui, ils le savent très bien, n’auront aucun moyen de se
défendre sérieusement, très peu de défenseurs autorisés et aucune tribune où
faire entendre leur voix, celle-là même que de vrais spécialistes, dignes de ce
nom, auraient eu à cœur de laisser s’exprimer, quitte ensuite à confronter cette
voix à leur interprétation, à leur manière de présenter les faits. Mais
l’essentiel, ici, est de déformer un contexte, de colorer un portrait, d’en
faire une caricature, d’affubler un personnage ou tout un pays de tous les
stigmates de l’extrémisme ou de l’oindre délicatement du prestige de l’héroïsme
et de « nos valeurs ». On connaît les recettes efficaces, dans le
monde du journalisme. On les applique servilement. Que faire ? Laisser la boue
recouvrir la boue, laisser les obsédés et les dénonciateurs jouer avec leur propres
excréments. Il y aurait, il y a tellement à dire, sur cette question qu’on
pourrait creuser la matière vingt ans sans l’épuiser. Mais ça n’intéresse pas
les boulimiques du ragot, ceux qui se délectent de ne rien entendre, et qu’on
acclame pour cette seule raison qu’ils ne savent pas de quoi ils
parlent, et s’adressent seulement à ceux qui veulent continuer à ne pas
savoir. Pour retrouver le contact avec l’autre, avec l’intelligence et la
culture, pour sortir du sillon fermé de l’entre-soi, il faudrait ne pas se
laisser impressionner par le ressassement pavlovien de la meute médiatique.
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Reculer pour mieux sauter et contorsions politiques. Lorsqu’un homme politique ou une célébrité quelconque a maille à partir avec la justice, il lui suffit bien souvent de disparaître quelque temps. L’opinion publique ayant la mémoire d’autant plus courte qu’elle est parasitée par multitude de sollicitations et des campagnes au quotidien et qu’elle, inconstante, change souvent d'engouement et abandonne un caprice, une fantaisie ou une mode passagère pour en adopter d’autres finit par se fatiguer rapidement. L’individu en question peut alors réapparaître après un délai plus ou moins long selon sa cote auprès du Système. C’est précisément pour cette raison que « la mémoire » — celle qui nous tient aujourd’hui lieu de roman national — doit être sans cesse ressassée, du matin au soir et du berceau au tombeau. À force d’être invoquée, elle cesse paradoxalement d’appartenir au domaine du passé pour relever de celui du présent. Les « combats » de la démocratie contre la tyrannie et pour les droits de l’Homme, comme ceux contre l’antisémitisme, le racisme et le fascisme, sont perpétuellement réactualisés. Ils deviennent ainsi des priorités morales capables de justifier tout et son contraire. On observe, au passage, que les luttes de la gauche pour l’amélioration des conditions de travail et, partant, des conditions de vie des classes populaires, si présentes encore il y a quelques décennies, sont aujourd’hui abandonnées, largement tombées dans l’oubli.
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No a la guerra (II). À en croire la presse de droite, Sanchez n’aurait pas donné la « bonne réponse » concernant la guerre contre l’Iran. Désolé d’être direct, mais on s’en fout ! Si notre pays est en train d’être mis en couple réglé, si la censure devient de plus en plus féroce, si nous sommes à deux doigts de rentrer en guerre pour les beaux yeux des « Israéliens » et des Étatsuniens, ce n’est pas étonnant que Sanchez saute sur l’occasion qu’on lui donne, sur un sujet qui a déjà bien réussi électoralement à son parti il y a une vingtaine d’années, pour dorer son blason, améliorer son image internationale et restaurer sa réputation se donnant une meilleure apparence aux yeux du public après une longue période, particulièrement difficile, semée de controverses et de polémiques, et une popularité en chute libre suite à des décisions perçues négativement par l'opinion publique. Pendant que les canards caquettent sur qui est un gentil et qui est un méchant, Sanchez, lui, bataille, dans son domaine, avec d’autres. On peut ou non être d’accord avec lui, mais il faut lui reconnaître de la vaillance et un relatif courage bien prudent. De là, à imaginer un président de l'Internationale socialiste hostile au sionisme, il y aurait une longue et sinueuse route à parcourir. Nous sommes en plein basculement mondial, une crise économique d’ampleur approche, les élites veulent plus que jamais nous faire les poches, mais ces trous-de-balle de la droite pérorent longuement, prétentieux, monotones, sur les ayatollahs, les femmes voilées, et les pauvres sionistes agressés par l’obscurantisme totalitaire du cocktail palestino-iranien. Encore heureux que papa Trump est là ! pleurnichait cette ordure de Mark Rutte. On se demande bien à quoi ils sont réfractaires : à la vérité, à la géographie, à l’histoire ? Un rapide regard en arrière nous conduirait à La fabrication du consentement », coécrit en 1988 par Noam Chomsky avec son camarade, Edward Herman, retraçant des éléments de compréhension d’un premier livre, écrit en 1928, par un autre Edward, Bernays celui-là : Propaganda. Livre de chevet de Goebbels, dont on nous rebat les oreilles qu’il en fut « l’inventeur ».
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Pesage des âmes. Silence occidental pour un crime de guerre selon
la Charte Onusienne : 168 gamines réduites à néant avec leurs maîtresses etdu personnel de l’école. Mais que vaut le poids de toutes ces âmes lorsqu’on en
a exterminé des milliers d’enfants palestiniens ? On ose à peine imaginer
si le même acte avait réalisé sur une école « israélienne » ! Les guerres « démocratiques »
sont apparemment inattaquables, car elles sont par définition, justes. La
deuxième guerre mondiale avait déjà été une guerre démocratique et les sauvages
bombardements étaient destinés à éviter davantage de morts et la prolongation
du conflit. Comme les deux bombes
atomiques. Sinon le Japon aurait été capable de Dieu sait quoi. Il faut éviter
de creuser plus profondément parce que, autrement, on risque de découvrir ce
qui se cache sous les couches épaisses de la démocratie représentative et ses
valeurs affichées.
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Israël a-t-il un droit divin sur l’ensemble du Moyen-Orient ?
Transcription de l’interview de Tucker Carlson avec Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël.
Tucker Carlson a interrogé l'ambassadeur sur son interprétation d'un verset
de la Genèse selon lequel Israël aurait des droits sur les terres situées « entre
le Nil et l'Euphrate », s'étendant donc de l'Egypte à l'Irak et à la Syrie. « Je
pense que c'est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », a
déclaré M. Huckabee. « Ce serait bien s'ils prenaient tout », a-t-il ajouté.
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Des querelles d’amoureux. Une station radio, propriété d’un individu étiqueté
par l’un de ses anciens collaborateurs, et ami très proche, comme « pute
médiatique » (furcia mediática ® César Vidal Manzanares), diffuse au fil de la semaine une section intitulée La
république des crétins (« La república de los tonnntos ») où on
brocarde généreusement, sans retenue, « la gauche » en général et
certains personnages en particulier, versant souvent dans l’expression
outrageante, le mépris malveillant et l'insulte ou l’invective pure et simple. Inexplicablement,
ces gens-là ne trouvent dans le camp d’en face une émission où on leur rendrait
directement la monnaie de leur pièce et qu’on pourrait intituler La
monarchie des enculés, par exemple.






















