J'aime

mardi 27 octobre 2026

Tohu-bohu.


« Pourquoi diable écrire si ce n’est pas pour dire ce qu’on pense et ce qu’on sent. » Paul Léautaud

***

Ignacio Peyró: « La solitude est une manière de luxe »

***

« Nous savons aujourd'hui que, par des procédés variés, un individu peut être placé dans un état tel, qu'ayant perdu toute sa personnalité consciente, il obéisse à toutes les suggestions de l'opérateur qui la lui a fait perdre, et commette les actes les plus contraires à son caractère et à ses habitudes. Or les observations les plus attentives paraissent prouver que l'individu plongé depuis quelque temps au sein d'une foule agissante, se trouve bientôt placé − par suite des effluves qui s'en dégagent, ou pour toute autre cause que nous ne connaissons pas − dans un état particulier, qui se rapproche beaucoup de l'état de fascination où se trouve l'hypnotisé dans les mains de son hypnotiseur. La vie du cerveau étant paralysée chez le sujet hypnotisé, celui-ci devient l'esclave de toutes les activités inconscientes de sa moelle épinière, que l'hypnotiseur dirige à son gré. La personnalité consciente est entièrement évanouie, la volonté et le discernement sont perdus. Tous les sentiments et les pensées sont orientés dans le sens déterminé par l'hypnotiseur. » Gustave Le Bon, La psychologie des foules

***

Après les émeutes qui ont ravagé des villes européennes, non seulement en France, ces dernières semaines, il faut toute la stupidité progressiste de la planète pour continuer à prétendre, comme on nous le serine, que le principal danger menaçant aujourd’hui nos sociétés est « l’extrême droite ». Il se voit comme le nez au milieu de la figure que ladite « extrême droite » ne commet pas le millième des violences auxquelles nous assistons. Il est plus que jamais évident que les forces nuisibles agissant dans les différents pays sont les milices gauchistes et les hordes de banlieue, qui sèment le chaos par l’agression, la destruction, l’incendie et le pillage. L’ampleur des dégâts s’accroissant à chaque nouvelle occasion, il n’y a hélas pas lieu de s’attendre à ce que les choses s’arrangent dans le proche avenir. On nous avait promis, pourtant, « la fin de l’Histoire » ! L’implosion de l’URSS avait laissé place à un monde avec les États-Unis comme grande puissance unique poussant l’humanité tout entière à se soumettre à son misérable modèle de darwinisme déchaîné et de rapacité. Aujourd’hui, cette soumission entre dans une crise terminale, qui pourrait déboucher sur une guerre mondiale avec des armes nucléaires. Les guerres impérialistes, impossibles à gagner, en Iran, déclenchée suivant les intérêts de l’entité sioniste au nom de la démocratie et les droits de l’homme, et en Ukraine, pour dissoudre et saccager la Russie, bien préparée depuis des années, mettent les États-Unis, leur maitre, « Israël », les pays soumis de l’UE et beaucoup d’autres en situation presque incontrôlable. Si on ajoute à tout cela des vagues d’immigration pratiquement inassimilables, des crises politiques locales et des protestations proches de la guerre civile au sein même des sociétés européennes, on obtient un résultat proche du cauchemar. L’Iran, un pays superbement ignoré, dont on n’écrivait que des inepties et de grossières mensonges, aguerri par des années d’agressions, d’assassinats télécommandés de ses dirigeants et scientifiques et par des sanctions, a ouvertement réussi à tenir tête au sionisme et à ses complices américains modifiant en profondeur le paysage géopolitique du Proche-Orient, avec des répercussions économiques sur le reste du monde. Pour compliquer la tâche des israélo-anglo-américains, la Chine apparaît comme superpuissance économique et militaire capable de rivaliser avec eux dans tous les domaines, faisant preuve, qui plus est, d’un expansionnisme pacifique face à la traditionnelle agressivité occidentale. La Russie, elle, a durement surmonté la situation catastrophique des années 90. Après des guerres compliquées, de la Tchétchénie à la Syrie en passant par la Géorgie et des pièges sans nombre, elle est redevenue une grande puissance capable de faire échouer les plans de l’OTAN et de l’UE visant à la faire s’effondrer en utilisant l’Ukraine comme bélier. Et comme résultat de tant d’années de folie et de fourberie à tous les niveaux, nous nous trouvons dans une crise sans issue, que l’Allemagne a commencé à payer au prix fort et qui finira par embrasser l’ensemble du continent. Vu le lamentable fonctionnement des mécanismes bureaucratiques de l’UE et les caractéristiques des élites dépravées qui dirigent les États-Unis, à commencer par son grotesque président, la tendance vers un totalitarisme croissant par le biais d’une technologie hors contrôle semble imparable.


                                                                       ***

Je voudrais savoir prier avec tous les ingrédients de la prière efficace pour remercier les grâces qui m’ont été offertes. À moi, faible et éphémère petit individu. Je frémis d’émotion devant les faveurs imméritées qui ont fondu sur moi, en bousculant et conduisant ma destinée. Avec des dons qui bouleverseraient les plus reconnaissants. J’aurais pu être écrasé par la fatalité, terré sous des tombereaux de pénuries sinon de misère. Cela a été le cas, pour mes parents. Mais ils avaient, tous les deux, les épaules assez larges et le cœur intrépide, vivant durement en dehors de mes grilles de transfuge de classe. Moi, petit étudiant privilégié, je n’étais pas de la race des forts. Tout semblait se jouer comme si je ne méritais pas ce que devenait mon existence, alors que maintenant, j’ai plutôt l’impression que la vie joue une partition basée sur des symboles intraduisibles, un sentiment profond et souvent lourd à porter. C'est comme si chaque instant de bonheur, chaque réussite, chaque épreuve ou carrément chaque échec devaient être soumis à une forme de balance invisible. Je n’ai pas su reconnaître que trop tard tous « les bienfaits secrets dont j’ai joui », comme le déclamerait un comédien du classique. Il s’agit d’une pensée qui me revient souvent ces derniers temps, quand mon esprit en désordre s’accroche aux ténèbres du début d’une nuit sans sommeil et se met à redessiner des bilans de toute une vie.

Mes yeux dans le noir revisitent chaque événement comme autant de récompenses ou des punitions, ce qui retarde considérablement mon envie de dormir et d'accueillir ce qui viendra m’accueillir une fois franchie « la frontière invisible ». Cette impression de devoir toujours mériter quelque chose, plus qu’un fardeau ou une injustice, m’a déjà apporté une motivation pour l’imminent lever du jour. Je me redresse traversé par le sentiment que sous la faiblesse de mon corps vieilli il y a eu au moins une ébauche de prière de remerciement, bercé par un lointain souvenir des meilleurs jours, des meilleurs amis disparus. R. m’a toujours tendu la torche et inspiré le courage de la passer dans les mains de M. Enfant, j’aurais aimé être habité d’une âme d’airain, vibrante et indestructible. Ayant vieilli, je dois me contenter d’une légère besace pour affronter l’éternité, faisant partie du lot de ceux qui roulent au fossé parce que la route est trop dure, qui rejoignent leur enclos parce que le voyage se montre trop long et décevant. Vide comme un tambour, mais jeune, j’ai essayé de battre dessus avec mes grands principes n’ayant en réalité que de piteuses incertitudes qui semblaient résister à tous les examens, mais qui n’étaient que des frêles papillons brûlés au premier feu de l’enthousiasme.

***

La cagnotte à un million d'euros, péniblement réunie pour le Premio Planeta, " l’autre Nobel de littérature " pour les médias locaux, a été versée à une jeune promesse de la littérature en espagnol, Isabel-Luz Allende-Ventura, pour son oeuvre  La hora antes del alba.

La littérature devient un point magique où convergent les gens qui écrivent (des romans, des nouvelles, des poèmes) pour le plaisir de l'esprit, et les épiciers qui, en général, n'ont pas d'esprit, se contentant du plaisir de leurs ventes. Ils se rejoignent tous, millionnaires désormais ! 




vendredi 16 octobre 2026

Octobre morose. On attend la ronde des mésanges.


Jeudi 15 octobre. Aujourd’hui, c’est carrément le retour de l’été. Ce jeudi, le jour s’est levé sur plus de bleu que de gris. Direction Hendaye donc pour fêter, les pieds dans le sable, ce retour inopiné à la chaleur estivale.

***


J’aimerais bien avoir une réponse pour le dilemme : est-ce la pensée qui crée la phrase ou bien la phrase génère-t-elle de la pensée ? Je soumettrai la question à ma source préférée, H(AGI)a Sophia, pour cogiter là-dessus.

https://www.rollingstone.fr/intelligence-artificielle-technologie-et-mysticisme/


***

Bientôt, il ne sera plus possible de communiquer ce type de liens, surtout si c'est pour inviter les lecteurs éventuels à les ouvrir…

https://twitter.com/i/status/2104422583412064657

https://twitter.com/i/status/2104001467556540518

***


À chaque fois qu’on a envie de se connecter à un réseau social pour être au courant du niveau des eaux fécales, pardon, de la confuse précampagne électorale déjà engagée, la voix off de la sagesse devrait proposer d'aller plutôt écouter quelque chose d’agréable sur Spotify.

***

Salle d’attente à l’hôpital. Des êtres qui ne se connaissent pas peuvent s’asseoir côte à côte et, durant des heures, partager une intimité intense dans le stress, l’angoisse ou la douleur sans s’adresser un mot. La conversation est remplacée par les regards croisés où peuvent se lire des extraits des soucis que chacun éprouve en partageant cette matière commune de la maladie, la douleur, l’accident. On se rejoint quelque part en eux. Ce sont nos lieux communs au-delà des affects. On ne se dit rien et pourtant, il s’agit d’un vrai dialogue, car il y a une communication dans laquelle on ne peut que se rejoindre.

***

Bestiaires. Après des lectures minutieuses, patientes, fruit de la curiosité (inassouvie), des bestiaires classiques : Bestiaires du moyen âge (Pastoureau), Bestiaire du Christ (Charbonneau-Lassay), Le bestiaire du Pape (Paravicine Bagliani), Le Physiologue (Bestiaire spirituel à l’usage des chrétiens d’après la transmission arménienne), je tombe par hasard sur l’un des plus célèbres et des plus denses micro-bestiaires qu’on puisse imaginer : « En envoyant les Douze, Jésus leur dit : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc prudents comme des serpents et purs comme des colombes » (Matthieu, 10-16). En seulement une phrase, nous sommes en présence d’un portrait saisissant de la condition humaine et spirituelle à travers quatre animaux : une brebis incarnant la vulnérabilité, l’innocence et la confiance du disciple face au monde ; un loup qui représente le danger extérieur, la violence et l’hostilité de la société ou des forces contraires ; un serpent, symbole millénaire de ruse, détourné positivement en l’occurrence pour signifier la prudence, l’intelligence tactique et la lucidité nécessaire pour éviter les pièges sans faire de mal ; un colombe pour évoquer la pureté, la droiture d’intention et la paix intérieure, veillant à ce que la prudence du serpent ne devienne jamais de la malveillance. On dirait un manuel d’équilibre moral : l’intelligence du serpent doit guider la douceur de la colombe pour permettre à la brebis de survivre au milieu des loups.

***

Mémoires de nos pères. Les actuels réseaux propriétaires de « la gauche© » administrent, représentent et veillent à la gestion « du bon côté de l’Histoire© » (avec majuscule, SVP). Quel charabia ! Il faut avoir fréquenté des manifs, des fêtes du parti (par antonomase, et je ne pense pas à l’italien ni au français seulement !), des concentrations dans les années 70 du siècle passé pour constater l’énorme précipice qui sépare tout cet univers-là d’aujourd’hui. Le souvenir de l’immense fierté de voir flotter les pavillons de la Chine Populaire – qui aurait pu imaginer, à l’époque, le véritable sens du « bond en avant » qui conduirait ce pays, de la « longue marche » à la tête du monde, par son développement, sa technologie, par l’irruption à l’intérieur de ses frontières du vrai « progrès social » ? – de l’imposante URSS, de visiter le stand de Cuba et celui de la RDA, avec la puissance sonore des fanfares et la force des chants, l’enthousiasme qui suscitait le Viêt Nam héroïque et victorieux. On était un tiers du monde sur une étendue géographique qui faisait rêver. Près de se sentir invincible par le seul fait de se fréquenter. Le peuple au vrai sens du terme, la fraternité des camarades. Le tout en bonne tenue et le sérieux des discours des dirigeants. Rien à voir avec le ramassis beuglant de déchets wokistes de nos sociétés progressistes « occidentales », formatées sans retour en arrière, résultat d’une imprégnation profonde, totale et souvent irréversible des cultures, des modes de vie, des structures économiques et des imaginaires du monde par les modèles issus du cloaque angloaméricain.
Ingérence intérieure, colonisation extérieure, infiltration, enlèvement, assassinat, ingénierie sociale, tout est bon pour prendre le pouvoir là où il est faible, ou affaibli, et le maintenir, une fois occupé. C’est le cas de la version espagnole du « progressisme » sanchiste, amoncèlement d’agents plus ou moins déguisés du mondialisme sorosiano-sioniste rapidement converti en facilitateur de la néolibéralisation forcenée de la société (c’était sa mission !) en poussant des cris d’orfraie contre les dangers d’un fascisme chimérique, car historiquement vaincu, et dépassé, inexistant au-delà du terme employé comme insulte entre des gens du même bord, pour mieux cacher les dégâts de la politique concrète qu’ils appliquent. Parfois, dans ce monde néolibéral-sioniste sans pitié, où règne la loi du plus fort, du plus malin, du plus vicieux, du plus voleur, du plus menteur, du plus cruel, un petit miracle redonne de l’espoir : des gens courageux dénoncent les crimes quotidiens commis sans relâche par les fous furieux de Tel-Aviv, de Washington, de Bruxelles. Dans nos contrées droit-humanistes, démocratiques, férues de justice et d’égalité, on aimerait entendre partout dénoncer le génocide gazaoui, ce qui n’est pas le cas. Ou très rarement. Dans Prismes (1955), Theodor Adorno affirmait qu’« écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Peut-on encore tout simplement être " humaniste ", après Gaza ?

Nouvelles du front. Je me demandais par quel tour de passe-passe l’appareil sanchiste pourrait faire gagner son champion aux prochaines élections de novembre. Le gouvernement auto-intitulé socialiste ayant été discrédité par les gouvernements du Big Boss depuis la motion de censure de 2018 et ses candidats potentiels étant plutôt ectoplasmiques, cela me paraît acrobatique. Pour le PP et le parti VOX, il y a toujours la tarte à la crème du retour au franquisme de la main de la droite et l’extrême droite, mais les nervis du sanchisme fanatique qui tapent dur contre les média critiques, les juges (finalement, indulgents avec eux : amnistie, pardon, oubli de chacun de leurs méfaits ab initio de la transition vers la démocratie) et contre toute forme de critique adressée à leur corruption ininterrompue, rampante, progressive, trouvent de moins en moins de place sous le tapis volant bassement électoral de la défense de la veuve et de l’orphelin. Le prétendu soutien à la cause palestinienne (les cadavres de Gaza !), purement verbal, n’est finalement que du pipeau : les affaires avec l’entité sioniste continuent, les ambassades des deux côtés se portent bien. Merci. Cependant, je crois qu’ils sont en train de se tirer une balle dans le pied en attisant sans discernement le mouvement du syndicat de locataires (Sindicatos de Inquilinas e Inquilinos) et des plateformes « citoyennes » de campeurs étrangement financées. Après l’inaction gouvernementale, absolue, dans le secteur depuis des années, ce mouvement semblait subitement devenir un acteur politique incontournable de la crise du logement dans le pays. Mais l’appareil de propagande du parti socialiste semble avoir complètement perdu les pédales pour complaire à son électorat. « Bas les masques ! On est pour les familles ou pour les fonds vautours ! » hurlait à la tribune sa porte-parole. Le lendemain, rétropédalage fulminant. On découvrait que son mari figurait à la tête d’un holding familial dans l’immobilier, aux ramifications au Panama, qui procède à des expulsions de locataires et qui a bêtement oublié de s’acquitter de ses obligations fiscales (l'impôt sur les sociétés) les cinq dernières années. Pour ce qui est des campeurs sur La Puerta del Sol, le ministère de l’intérieur laisse pourrir la situation espérant que la population se mettra sagement en rang pour prendre conscience de la responsabilité de l'opposition dans cette crise, comme il se doit, et qu'elle votera, le moment venu, contre les fachos coupables de tout. Si vous voulez occuper les lieux emblématiques du centre-ville, manifester bruyamment, faire du bruit médiatique, la presse affidée et les autorités vous offrent carte blanche. Mais au moment où ils se sont mis au parlement à taper sur « les fonds vautours » en vociférant, eux, qui se foutent des petits porteurs comme de leur première chemise et qui comptent dans leurs propres rangs un nombre plus que respectable de propriétaires et maxi-propriétaires dans le secteur, l’opinion semble prendre l'affaire à la rigolade.
On a l’impression d’assister au déroulement du même vaudeville : on est farouchement féministe mais on ferme pieusement les yeux devant les nombreuses maisons closes qui fonctionnent à plein régime pour arrondir les fins de mois de beau-papa ; leur prédicateur officiel, miroir moral de la gauche©, roucoulant comme un pinson, se vante de faire preuve du détachement matériel le plus pur et le plus altruiste qui soit, et le voilà qui apparaît soudain paré de bijoux, de colliers et de montres, charpenté comme une Castafiore… Faut-il s’étonner qu’un commando de la bande ait rendu la vie impossible à une juge chargée de l’instruction de l’affaire de cette espèce de merlan frit du frère musicien du Boss ? Que le parti même soit à deux doigts de connaitre la mise en examen par financement illégal ? Qui sait ce qui pourra se passer le 29 novembre ? On finira peut-être, en majorité, par aimer nos bourreaux. On voit bien des électeurs continuer à voter, imperturbables, pour les sinistres politicailleurs qui ont détruit, méthodiquement, au profit d’intérêts étrangers et de lobbyistes de tout poil, le pays, ses communautés autonomes, sa population et son mode de vie.
Ruinée par des crapules otanistes qui travaillent pour l’« étranger », l’Espagne est une démocratie partitocratique entre les mains d’une oligarchie vérolée, une tyrannie financière qui repose sur la propagande et la corruption. Le pouvoir se défait donc, par les politiques concrètes qu’il applique mais, par là même aussi, il se fait. Il se fait dans la mesure même où il semble s’effilocher, se lézarder, partir en poussière. Tout repose sur un simple « récit » qui remplace la réalité. Mon « récit » contre le vôtre. Au diable les faits « bruts » ! L’essentiel est le pouvoir caché qui contrôle le flux des récits. Et le mot fatidique apparaît : le complot ! Tout argument sera réduit aux cendres complotistes. Si le bien-fondé de l’argument apparaît un jour, tant pis, ce sera trop tard. On rejoint ici la théorie de la main invisible, chère au libéralisme historique, sauf que la main n’a rien ici d’invisible, elle est, au contraire, on ne peut plus visible. Mieux encore, elle ne fait rien pour se cacher. Le pouvoir encourage l’affrontement et le désordre. Il les subventionne même, et pourtant, il ne les subventionne pas pour lui-même, il n’est pas fou (ni de gauche© ou encore moins d’extrême gauche©), il les subventionne pour SON ordre propre à lui dont il est le fondement, au maintien duquel il concourt malgré son apparence radicale. L’ordre par le désordre, voilà la formule. Désordre politique, mais aussi moral, social, culturel. Autant que possible, le pouvoir s’emploie à brouiller les cartes, à priver les individus de leurs repères coutumiers. L’objectif est de les déstabiliser, de les rendre étrangers à leur propre environnement. La réalité les fuit, leurs sens sont anesthésiés. Ils ignorent d’où ils viennent et où ils vont, ils ne savent même pas, bien souvent, de quoi on parle quand on parle d'eux, précisément. Parfois, c’est l’émeute, les casseurs entrent en scène. Ou l’invasion du territoire, cachée cyniquement sous s’appellation de crise migratoire. Mais, là encore, qu’y faire ? L’obsession sécuritaire plane. Un même mouvement entraîne ainsi toute chose, seul le pouvoir échappe à l’universelle dissolution. L’individu se raccroche donc à lui, à ce « récit » riche en hyperboles progressistes bien construites, comme à une bouée miraculeuse pour contrôler tous les risques et endiguer toutes les peurs par le contrôle, la norme et la répression. C’est son seul recours, l’unique point fixe émergeant à chaque fois dans la tourmente, après chaque crise.



dimanche 27 septembre 2026

Après les djihadistes, le covid, plus tard, les Russes, maintenant l’Intelligence Artificielle ! « On tourne en rond dans la nuit et on est consumés par le feu »



L’affaire Ariana Denise Harwicz. Je voudrais réagir à chaque vacherie sous forme d’article de G. Albiac, bouffi de suffisance comme à l’accoutumée, quant au caractère génocidaire ou non du martyre palestinien à Gaza. Il va sans dire que, pour G.A., malgré toutes les lumières de la Providence dont il est orné, il n’est pas clairement établi que l’eau mouille et moins encore que le feu brûle. G. A., indéboulonnable « penseur », ne pond ses articles dans El Debate que mercredi et jeudi. Sans questionner son abyssale culture, Dieu m’en garde, on pourrait dire qu’il s’agit, là, d’un philosophe à la petite semaine, puisqu’il ne partage ses cogitations que deux jours sur sept. Ses « analyses » nous alertent inlassablement du danger islamiste, alors que nous baignons aveuglément en plein dans l’islamogauchisme rampant. De temps à autre, quelques coups de pied de l’âne au pire des ayatollahs, J.-L. Mélenchon, affublé de tous les noms d’oiseau qu’on puisse imaginer. Mais passons. Ce qui nous intéresse, c’est son « analyse » de l’antisémitisme. Qui n’est pas une dissection objective, soit dit en passant, puisque les sémites ... C’est vraiment fatigant de revenir toujours aux mêmes poncifs à propos des « sémites », des djihadistes, du « pogrom » du 7 octobre ! Alors qu'il serait plus honnête et plus juste de compléter : « Après le pogrom du 7 Octobre... perpétré principalement par Tsahal ». Le journal Haaretz a levé le lièvre mais n’a trouvé aucun écho ni aucun relais parmi nos sommités intellectuelles, actives ou à la retraite. Un oubli, sans doute. Même Alain Bauer a affirmé que Le Hamas a été financé et créé par le Qatar, à la demande des États-Unis et d’ « Israël »… Alors, génocide ou pas… La Shoa/Catastrophe a bien eu lieu. À Gaza. « Shoah » est un terme inventé par Claude Lanzmann comme titre de son fameux film Shoah qui a été diffusé à l’envie à la télé et dans toutes les écoles de la planète jusqu’à plus soif, pour exprimer en hébreu « la catastrophe ». C’est le titre d’un article d’Alain Finkelkraut, dans Le Monde, il y a trente ans. Où il signifie, en parlant de Gaza d’avant le 7 octobre comme une catastrophe, que le génocide de date pas d’hier. Il a donc bien raison, G. Albiac, d’être obsédé par ce qu’il considère comme une progression de l'antisémitisme et l'islamogauchisme, cela veut dire qu’une bonne partie de l’opinion publique est capable de réagir. Et depuis bien longtemps. Sauf que pour « le 7 octobre », il n’y a pas eu l’avant et l’après, il y a bien eu le toujours pareil depuis 1948. Rappel pour mémoire : « Le génocide est un crime reconnu par le droit international qui désigne l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. » Alors, cent fois oui, il est clair que le peuple palestinien subit un génocide et que celui-ci est perpétré par l’entité sioniste, par des judéo-nazis (sic) comme les qualifie le chimiste philosophe juif de nationalité "israélienne" Yeshayahou Leibowitz. En assassinant des milliers d’enfants d’une balle en pleine tête ou en plein cœur, en faisant violer des hommes par des chiens, en pratiquant la torture sur des prisonniers détenus dans leurs infâmes geôles depuis des années sans le moindre procès, en privant les survivants d’eau, de nourriture, d’un toit solide et de l’aide humanitaire réduite à sa plus simple expression. Encore faut-il, peut-être, pour comprendre cela, faire partie des êtres humains dotés de ce qui s’appelle une tête équilibrée, ce qui n’est pas donné à tout le monde, hélas, surtout venant des prêcheurs professionnels issus du tout-à-l’égout universitaire. Tout comme le vociférateur FJL fut un mercenaire de la Conferencia Episcopal Española, l’ex-althusserien G. Albiac est une plume aux ordres de l’Asociación Católica de Propagandistas, déjà bien affaiblie par ses positions pro-israéliennes. Le lobby est en bien mauvais état, mais il faut dire que son niveau médiatico-politique est en crise. Ils ne peuvent plus faire face à l’effet de masse, qu’on peut illustrer par certains commentaires en dessous de chaque article. La supercherie des complices et des sionistes qui assimilent antisionisme et antisémitisme ne fonctionne plus.
Ariana Denise Harwicz​ a été boycottée pour avoir nié la souffrance des Palestiniens (négationnisme non coupable, celui-ci, au contraire de l'autre, protégé par des lois ?), pas parce qu’elle est juive. Parce qu’elle est pour des colons meurtriers et l’armée qui les protège, niant aux Palestinies la codition de victimes. Niant le régime d’apartheid, colonial, fondé sur la ségrégation, avec un nettoyage ethnique et un vol de terres, qui envoie des tireurs d’élite tuer des enfants de 5 et 6 ans, s’acharne sur les femmes et les enfants, comme l’ont dénoncé les médecins occidentaux bénévoles à Gaza. S’il fallait compléter la scène, il y a Gugusse avec son violon qui apparaît en compagnie de William le conquérant : F. Savater en personne ! Sa
prédication dominicale prône l’équilibre : « Aujourd’hui, Israël et sa politique au Proche-Orient sont devenus un prétexte inquisitorial (sic), un sujet qui ne sert pas à dialoguer et à développer de nouveaux arguments (re-sic), mais à écraser les adversaires dialectiques. Une tendance sinistre pour ceux d’entre nous qui connaissent l’histoire tragique du peuple juif. Plus nos adversaires sont mis au ban de la société, plus nous devrions faire preuve de délicatesse lorsque nous polémiquons avec eux, croyez-moi. » Délicatesse et tendre amour que l’entité sioniste prodigue sans cesse depuis qu’elle existe à tous ses adversaires, surtout femmes et enfants. Vous voulez « dialoguer et développer de nouveaux arguments » ? Contactez l’AIPAC, l’ACOM, voire, si la simple défense vous semble quelque chose de mou et que vous êtes plutôt baroudeur, la Ligue de défense juive (LDJ), le B'nai B'rith ou carrément le Betar. Au moins, ils n’ont pas, eux, de dangereux penchants inquisitoriaux, comme cette funeste et inquisitoriale islamogôôôche de nos malheurs.
Soldat de l'armée la plus morale au monde en lutte contre la menace islamiste :

***
24 septembre. 49e anniversaire de mariage, ce jeudi. Hier, transports en commun gratuits. Aujourd’hui, menace de grève sauf le tram. De quoi perturber nos déplacements déjà assez propices au stress. La journée commence par un petit souci : un disjoncteur de prises qui saute sans qu’on arrive à en savoir la cause. C’est la quatrième fois en un mois. On téléphone à l’entreprise qui avait rénové l’appartement et on attend. Très belle journée, comme celle d’hier. Des tas de souvenirs. Je reprends un long moment Les deux étendards et quelques minutes, une très vieille Pléiade avec l’Odyssée. Courses assez lentement, après. Beau ciel bleu au-dessus de nous et tranquillité totale. Playa San Juan semble à l’abri du monde fou et incertain : on ne croise presque jamais de voyous, de clochards ou de punks à chiens. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait des caméras de surveillance sur le long de la plage. Pas question, après les courses, d’aller aux calanques pour cause de pentes trop raides pour nous. On se contentera d’une vue magnifique sur de multiples recoins, de bons gros rochers calcaires avec plein d’irrégularités typiques du terrain karstique, des dolines, des puits, des saillants et, au loin, des bateaux au mouillage. Et des pentes raides où s’agitent des sportifs et des cyclistes chevronnés (peut-être fous ?). Le phare, tout récemment restait accessible pour nous, mais à l’heure actuelle on préfère les surfaces faciles.

On n’est sortis manger dehors qu’une seule fois, après le départ des enfants. Sans réserver ni rien, au pif. Nous sommes passés, par notre apparence, dans la catégorie des habitués, pour qui l’on trouve une solution. R. avait appris d’un autochtone l’existence d’un restaurant à proximité qui prépare des spécialités au riz dans un cadre de détente, loin des attroupements touristiques. Il n’est accessible qu’après des semaines d’attente. On a laissé tomber, par morosité, une énième fois. On a pris une table à El Salitre, face à la mer. On demande une salade assez baroque, de la friture et deux verres de blanc. À côte, des gens de tout âge, tatoués. L’engouement pour le tatouage est relativement récent. Comme les mascottes et la prolifération du poulpe sur les cartes de tout restaurant qui se respecte. On en voit partout, du poulpe, des tatoués et des mascottes. Faut bien faire avec. Le dessert, nos petits cafés et nos glaces habituelles, on les prend ailleurs. Conseillé par M., je rouvre un Boulgakov, Le Maître et Marguerite, mais je ne me laisse pas tenter par le diable, moi. J’avais complètement oublié ce roman dont je relis rapidement la fin car je n’ai pas envie de m’éloigner ou me distraire de mes « études rebatiennes ». Cela avec la vue sur l’ensemble de terrasses blanches échelonnées, que j’appelle « notre Santorini miniature », à l’est de nôtre balcon. Plus loin, entre chaque bloc d’immeubles, quelques fragments de mer calme où les rares embarcations ne bougent jamais. S’y trouve aussi un vieil édifice rénové orné du nom de GOYA à son sommet, une sorte de silhouette flottante comme celle de l’emblématique Taureau Osborne, mais adaptée à l’immobilier.

***


Souvenir de Bordeaux
. Dans une artère importante de Bordeaux, Cours du Médoc, on trouve en sortant de la rue Gaston Marchou, le nom commercial et les enseignes superposées d’un « bar restaurant maritime » fermé depuis longtemps dont les lettres peintes semblent défier le temps. Passant à côté très souvent, je me souvenais, voyant cette façade parlante, d’un beau livre (Roland Mortier, La poétique des ruines en France : ses origines, ses variations de la Renaissance à Victor Hugo, Droz) que j’avais lu pour travailler quelques textes de Claude Simon, qui considérait que le temps et les mutilations confèrent aux édifices et aux choses une « majesté durable » que l'état neuf ne possède pas (Claude Simon. Album d’un amateur, Rommerskirchen, 1988).

***

« L’hystérie russophobe occidentale, qui fantasme sur le désir d’expansion de la Russie en Europe, est tout simplement risible pour un historien. Le choc psychologique qui attend les Européens sera la prise de conscience que l’OTAN a été créée non pas pour nous protéger, mais pour nous contrôler. Notre russophobie n’a rien à voir avec la Russie elle-même. C’est un fantasme, une pathologie des sociétés occidentales, un besoin interne d’imaginer un monstre russe.  Quand ils parlent de la Russie, les dirigeants de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne ou de la Suède parlent avant tout d’eux-mêmes. La russophobie est, sans aucun doute, une pathologie. Mais surtout, la Russie est devenue un test projectif impressionnant. Son image est similaire au test psychologique de Rorschach. Le sujet dit au psychiatre ce qu’il voit dans des formes aléatoires ou symétriques. À ce moment-là, il projette des traits profonds et cachés de sa personnalité. La Russie est notre test de Rorschach ».  Source : https://brunobertez.com/2026/09/08/on-devrait-faire-du-todd-plus-souvent/ 

***

Émanations de fumier. Les manipulations du fumier lors de sa collecte, de son transport et stockage doivent être limitées au maximum pour ne pas aérer la matière au risque d’accélérer la dégradation de la matière sèche. Règles de stockage et d'épandage du fumier.

***

« Le combat est père de toute chose, de toutes les lois ; les uns, il les porte à la lumière comme dieux, les autres comme hommes ; les uns, il les fait esclaves, les autres, libres. », Héraclite, Fragments, 53, trad. Jean-François Pradeau, Garnier-Flammarion

 

***

vendredi 18 septembre 2026

Une femme sans homme est comme un poisson sans byciclette


Le jour se lève mais point de soleil en ce commencement de mercredi. Bientôt commencera le concert des criquets. Et les vols fous des étourneaux. Alertes diverses pour forte pluie et des vents violents. Pourtant, on n’a pour le moment, rien de tout cela. Il n’a fait que pleuviner, cette dernière nuit. On n’ira pas se plaindre ! Pas de promenade en bord de mer, mais visite au centre de santé pour qu’on nous attribue un généraliste, en tant que personnes en déplacement. On voit la mer, au loin de nos fenêtres sans avoir à se poser la question à propos de la marée, haute ou basse. Hier on avait fait une longue promenade à pied en bord de mer pour parcourir les calanques du Palmier, des Juifs et du Cantalar. Quand on avait un peu plus la pêche, on continuait jusqu’au Cap de l’Horta en faisant le tour complet et on descendait sur la plage assez fréquentée encore malgré la rentrée et le retour des gens au bercail. De très belles vues jusqu’au large, couleur argent. On est moroses pour faire le déplacement à Alicante maintenant que le tram et les lignes de bus sont moins vites pleins. Après le centre de santé et l’appli de la sécu autonome mise à jour, on regagne la maison. Non sans avoir esquivé de justesse un quidam qui risquait de nous souler avec son baratin sur Oxfam. « Vous avez l’air de collaborer ou d’avoir collaboré avec une ONG ! » me dit-il tout sourire. « Jamais de la vie ! Et ça ne me tient pas tant que ça à cœur » Silence dans les rangs. On se souhaite une excellente journée. Tout comme moi, il a laissé tomber son enthousiasme pour la noyade du poisson à neuf heures trente du matin. Faut quand même du courage pour aborder les gens qui sortent des différentes consultations médicales sous le poids de leurs soucis et s’imaginer qu’ils ne vont pas ressentir la douleur de l’hameçon à la première tentative d’approche. On petit-déjeune donc très tard. J’y retrouve mes Cantos, collationnant les versions espagnole et française pour mieux passer le reste du temps jusqu’à midi … Magnifique crépuscule derrière le château de Santa Barbara ce jeudi, mélange de l’orange cru du soleil et du noir-gris des nuages.

***

Lire, relire et rerelire. « [Or] la lecture démultiplie notre réalité forcément limitée, et nous permet de pénétrer les époques éloignées, les coutumes étrangères, les cœurs, les esprits, les motivations humaines, etc. Comment s’arrêter alors que s’annonçait là une chance d’échapper à un environnement par définition limité ? La liberté se trouvait à portée de main, il s’agissait de lire, de lire encore et encore, pour espérer échapper à son destin. Il a suffi d’adjoindre à cette curiosité infinie un certain esprit de système poussant à lire tous les livres d’un écrivain, puis les livres sur lui, puis ceux d’un autre écrivain, et aussi tous les ouvrages consacrés à un sujet et la littérature d’une certaine époque, ou d’un pays, et de vouloir, au fur et à mesure, conserver les livres lus, et d’y ajouter les nouveaux parus s’y rapportant, et avec le temps d’accumuler les sujets d’intérêts, pour devenir un lecteur-bibliomane. S’instaurent alors des rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres. Les mêmes rapports qu’entre le jardinier et une plante grimpante envahissante : la plante se développe d’elle-même, d’une manière invisible à l’œil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines ; l’homme, à moins de la couper, ne pouvant qu’indiquer la direction qu’il souhaite lui voir prendre. Ainsi, les bibliothèques prolifiques s’autonomisent, deviennent des êtres vivants (...). Nous avons choisi ses thèmes et ses axes de développement mais ne pouvons qu’observer qu’elle a envahi tous les murs de la pièce, grimpé jusqu’au plafond, annexé une à une les autres pièces en expulsant tout ce qui la dérange. Elle élimine les tableaux qui se trouvaient aux murs et les objets gênant sa consultation, se déplace avec les acolytes indispensables et encombrants que sont les escabeaux et les échelles, oblige à des réaménagements constants car sa progression n’est pas linéaire et réclame des répartitions nouvelles. En même temps elle est indéniablement le reflet, le double de son maître. Pour qui saurait la décoder avec subtilité apparaîtrait au fur et à mesure des rayonnages la nature profonde de son bibliothécaire. D’ailleurs aucune bibliothèque d’une certaine importance ne ressemble à une autre, ne possède la même personnalité. »

Des bibliothèques pleines de fantômes, Jacques Bonnet, Arlea Éditions

***

Comment ne pas les aimer ? Un peu comme au temps du covid en 2020, où il suffisait d’apparaître sans masque ou d’ouvrir la bouche pour se faire traiter d’assassin, là, il suffit de parler de l’apartheid en Israël, de sa politique d’extermination des Gazaouis, de montrer les images des colons fous de Cisjordanie, de maudire les déplacements de populations avant, pendant et après des bombardements fous, d’écouter ce psychopathe, vrai sac à merde sur pattes, de Ben-Gvir et, hop, on devient antisémite. Vivement qu’on soit débarrassés au plus vite des Iraniens fanatiques, des Chinois totalitaires, des Russes « envahisseurs » ! Longue vie aux négationnistes du génocide des Palestiniens ! Vive le « démocrate » Netanyahou ! Mort aux enfants palestiniens antisémites ! Finissons le boulot à Gaza avec l’armée la plus humaniste au monde ! Nous sommes environnés de tant d’ignobles personnages et de complices du pire qu’il devient sinistre de continuer à vivre parmi eux, lorsqu’on n’est pas doté soi-même des qualités nécessaires pour leur faire face. Pourtant, j’aime bien me compliquer la vie, « me prendre la tête », dans les mains, en la trouvant trop lourde, trop encombrée de mauvaises pensées et de petites morales, de remords et d’impasses et je voudrais pouvoir ignorer l’existence de ces humains si évidemment dignes d’entrer au paradis des grandes âmes triomphantes, toujours du bon côté de l’histoire. On ne peut que s’éloigner de la réalité puisqu’on ne peut pas la transformer sauf si, comme quand on était jeunes, on devient des victimes aveugles d’une surestimation illusoire de soi, ce qui n’est en aucun cas une réussite mais une compensation fictive, une espèce de solde de la propre impuissance.
---
Je rectifie mon titre en gras ci-dessus:  « ... les enfants de Gaza n'ont aucune place dans le monde, production effrénée excédentaire, surnuméraire. »
---
Et pour le carnage de Gaza en direct, il nous faudra patienter. Je doute fort que Naza, le film de Yuval Abraham et de Rachel Szor soit distribué dans les salles de cinéma et sur les plateformes. Sans oublier un autre film courageux, La voix de Hind Racab, de la tunisienne Kaouther Ben Hania. 

***

Rebelles heureux et champions de la caisse enregistreuse. Parfois, on pense que des journalistes, des intellectuels, des artistes sont des rebelles et des marginaux, presque des modèles. Puis arrive une arnaque monumentale, et on découvre que les individus en question sont en réalité ultra-conformistes et ont un discours au service du pouvoir. Le dénommé Grand Wyoming fait partie de ces très nombreuses personnes qui m’ont profondément déçu. Il avait la langue bien pendue. Il l'a toujours, mais a force de la promener dans le derrière de la mouvance progressiste actuelle. Je salue néanmoins l’habile machine à sous que son génie fait fonctionner depuis des lustres et adresse mes condoléances à ses suiveurs et fans. J'en ai fait partie, je m'y connais.

***

Affaires délicates. Descente nocturne à l’Hôtel Marigny, en janvier 1918, dans « un lieu servant de refuge à des homosexuels et où l’on consomme après les heures réglementaires » dont le résultat s’avère surprenant. Des hommes en couple dans les chambres, certains âgés seulement de seize ans, « se livrant à la beuverie », le propriétaire de l’Hôtel et trois clients dont un certain « Proust Marcel, 46 ans, rentier, 102 boulevard Haussmann ».

Dans les archives secrètes de la Police. Quatre siècles d’Histoire, de crimes et de faits divers, Sous la direction de Bruno Fuligni, Folio, Paris 2011

***

Réalite structurelle, insécurité subjective et la multiplication des pains et des votants. L’inquiétant personnage qui exerce la fonction de ministre de l’Intérieur espagnol déclare que la population de Ceuta exagère visiblement quand elle pleurniche à propos de ses conditions de vie quotidienne après l’invasion de l’enclave. Ce n’est que du bruit sans fondement. Il admet au plus une petite « insécurité subjective » (sic) de rien du tout. Ajoutez, si vous le voulez bien, que Sánchez, le chef de la bande, continue de dire aux habitants de Ceuta qu’ils doivent accepter sans broncher « une réalité structurelle ». Voilà le fruit de sa rumination mentale, où l’indigence intellectuelle mène directement à la nullité morale, pendant ses vacances dignes d’un roitelet de pacotille. Ni plus ni moins. Ils ont de la chance, les Sebtiens, ramassis de racistes, de xénophobes, de fachos, voilà le mot… Ils ignorent la chance qu’ils ont, les veinards, de vivre, grâce à l’inqualifiable premier ministre que les manigances de l’oligarchie espingouine a imposé (faute d'avoir gagné une élection de toute sa stupide vie) au pays depuis huit ans, une réalité structurelle capable de générer de l’insécurité purement subjective.

Ces braillards du gouvernement qui postillonnent leurs borborygmes fétides et qui vous écrasent de leur incompétence, toujours à couvert contre tout danger, c’est ça, la triste Espagne du début du XXIe siècle. On nationalise à tour de bras dans l’espoir de fausser les listes électorales. Du demi-million d’exilés après la défaite républicaine (la retirada) dont les estimations réduisent le nombre à cent cinquante mille, après le retour au pays en 1939 de trois cents cinquante mille, la loi des petits-enfants, disposition sur la nationalité incluse dans la Loi sur la mémoire démocratique, adoptée en novembre 2022, compte nationaliser plus de deux millions et demi d’individus ! Rien qu'en Argentine ou à Cuba, destination d’à peine quelques centaines d’exilés, le nombre total de demandes s'élève à plus de 1,3 millions ! Ce n’est pas qu’on nous prenne pour des cons, on est vraiment des cons fieffés … On manigance, on tergiverse, on complote, on conspire, on plume l’honnête contribuable comme jamais dans le passé. En 2027, l’oligarchie remettra finalement le gouvernement aux enchères sans tenir compte des élections. Mais Zélenski peut dormir tranquille, des sous, il y en aura toujours pour lui. Et en abondance. Connaissant les largesses de notre gouvernement de gauche progressiste, on va pas chipoter pour l’argent quand la cause semble juste …

***


dimanche 6 septembre 2026

"¡Rusia es culpable!"



 « La Russie est coupable ! » Gouvernement éclipsé après l’éclipse, président en tête. Cet olibrius malfaisant a osé défendre farouchement devant les micros son droit inaliénable à se la couler douce. Quel courage ! Il y a déjà quelques années, quand il brayait ses interventions de façon solennelle en tant que conseiller délégué pour le logement, ou l’urbanisme ou je ne sais plus quoi trop, à la mairie de Madrid, il se distinguait par l’absolue vacuité et la stupidité de ses interventions. Député de rembourrage après le départ de Pedro Solbes, il reprochait publiquement à la maire de l’époque de partir en vacances. Ces obscènes marchands de tapis, censés servir l’État ! Cette bande de dégoûtants maniant avec brio les ficelles pour empoisonner nos vies. C’est leur métier, après tout. Une fois de plus, on peut vérifier sans craindre l’erreur, que le ridicule ne tue pas : les responsables de l’invasion de Ceuta seraient ni plus ni moins que la Russie et l’entité sioniste. N’y a-t-il pas, au milieu du troupeau de conseillers incompétents payés avec nos impôts, une tête pensante capable d’expliquer à cette bande de minables, du premier ministre au pire de ses laquais – qui, avec celui des Travaux publics, est le ministricule des Affaires étrangères –, que, comme par hasard, la criminelle entité sioniste et le Trumpistan sont les principaux alliés et protecteurs du Maroc ? La Russie ! On croit entendre le ministre franquiste des affaires étrangères, le 21 juin 1941, hurlant devant la foule déchaînée : « La Russie est coupable ! » Quel gâchis et quel ridicule ! Et quelle grave accusation, de la part d’un gouvernement sans Parlement, sans Constitution, voire contre elle, et contre la nation elle-même. Sans budget, sans expliquer quoi que ce soit, sans soumettre ni la politique étrangère ni celle de la défense nationale à des débats contradictoires, préférant la confrontation systématique à la recherche d’accords parlementaires, ce gouvernement de clowns a supprimé l’obligation de débattre sur l’état de la nation pour défendre, en bénéfice du robot habillé comme un mannequin qui fait semblent de diriger le troupeau, son droit inexistant à profiter pleinement de son temps libre et des congés pour se détendre et se faire plaisir, alors que l’intégrité territoriale du pays est attaquée et l’immigration échappe à tout contrôle. Une distinction fondamentale s’impose entre le mensonge traditionnel et les formes du mensonge propres au marécage politique, désormais amplifiées par de nouveaux dispositifs technologiques. Si le mensonge classique se contente de dissimuler la vérité et d’en masquer l’existence, le mensonge de la racaille politique actuelle va beaucoup plus loin : il nie le réel lui-même en détruisant toute trace de donnée originale pour lui substituer une réalité fabriquée de toutes pièces. La différence est de taille. On passe sans subtilité aucune de la dissimulation à la négation, de l’effacement discret à la falsification assumée, du silence qui cache à l’audace qui réécrit la réalité en fonction des besoins de chaque moment.
Qulequ'un qui a trop hâte
 pour payer nos retraites 
C’est sûr et certain que demain on rasera gratis : on est entre les mains des gangsters imposés par le pouvoir profond. Des menteurs obsessionnels, faussement populaires, vendus au troupeau sous des couleurs séduisantes par une presse vile et assujettie, en sont la meilleure garantie, forcément. En tout état de cause, Janus à double tête, P. Sánchez est à la fois, pour ses électeurs et fidèles courtisans, un homme politique de haut vol, un homme d'État de premier plan, et pour le commun des mortels, un sinistre connard fou, arrogant, hypocrite, fainéant et mythomane. On ne s’en sortira pas facilement, l’opposition qui réclame à cor et à cri des élections pour l’alternance démocratique est pleinement soumise à l’entité sioniste. On verra comment le « système » s’y prendra pour lui faciliter la tâche. En tout cas, elle ne pêche pas par impatience, l’opposition. Ni par sa radicalité. Elle doit avoir en tête l’adage anglais « donnez-leur assez de corde, ils se pendront eux-mêmes ». Car le tragique cirque sanchiste poursuit ses propres actions sans chercher à l'arrêter ou à la contredire, accélérant lui-même sa propre chute par la révélation publique de ses torts, selon six principes. Premier principe : faire monter en première ligne les responsables d’une catastrophe ou d’un forfait pour leur faire dire tout le bien qu’ils pensent de leur réaction depuis « la minute zéro ». Deuxième principe : imposer à force de propagande que ce qui s’est passé était imprévisible donc inévitable. Troisième principe : dégager toute forme d’une quelconque responsabilité, attribuant à l’incompétence d’autrui les problèmes rencontrés. Quatrième principe : après avoir feint de les reconnaître, minimiser aussitôt la portée de chaque problème « subitement survenu ». Dire qu’il s’agit d’une « crise » temporaire ne remettant nullement en cause la propre responsabilité. Cinquième principe : retourner l’accusation se posant en victime d’une campagne de dénigrement. Sixième principe : faire diversion, quitter le terrain miné des questions concrètes en employant les mots magiques : « changement climatique » capable de passer, ce traître, du réchauffement au refroidissement, « campagne médiatique (bien) orchestrée », « sabotage », « attaque hybride algorithmique » (RTVE), « fake news » ... Cette philosophie du fait accompli est en tout point adéquate à la pratique qu’elle vient légitimer : il est impossible de critiquer le gouvernement puisqu’il est a priori lavé de tout soupçon d'imputabilité sous quelque forme que ce soit. Et après, c’est trop tard, voilà, les jeux sont faits, il est impossible de revenir en arrière, et toute critique de principe sera déclarée stérile, irréaliste, etc. Toute réprobation à l’encontre de l’inaction ou de l’incompétence du gouvernement sera donc présentée comme animée en réalité par de mesquines motivations politiques, caractérisée par un manque de rigueur puisque il a déjà réagi « depuis la première minute ». À ces accusations, il faut en ajouter une troisième, qui portera le coup de grâce : assimiler toutes les critiques à de simples « rumeurs » sans fondement. Une fois le terrain ainsi déblayé et les esprits hébétés par tout ce bavardage, il ne restera plus qu’à porter le coup de pied de l’âne, en accusant l’opposition d’être elle-même responsable du mal dont elle se plaint. Peu importe que ce que l’on lui reproche depuis la motion de censure en 2018, la corruption, soit précisément ce qui le sanchisme pourri dès avant sa naissance avait promis solennellement d’éradiquer. L’important est de retourner l’accusation contre les accusateurs et de maintenir le cap vers le pire.


***

Dernier quartier. La lune est en train de nous accompagner longuement chaque nuit, après son beau et lent surgissement, à l’est. Les choses ont l’air de prendre une étonnante lenteur en moi sous la lune, là, tout près, sur les toits… C'est sans doute pour cette raison que j’éprouve une morosité tenace avant de me remettre à lire ou, notamment, à écrire. Je n’ai pratiquement rien écrit, depuis le 18 août. Je me contente d’attendre le retour de la lune. Je me souviens du soir de l’éclipse, la compétition avec le soleil. Ces deux luminosités se faisaient face. L’une finissait pour l’emporter sur l’autre, qui lui cédait, très peu de temps après, la place. La voisine de palier est sortie silencieusement sur sa trottinette électrique, rapide, sans un bruit, j’ai eu à peine le temps de l’apercevoir devant le portail en bas. L’un de ses jumeaux, espiègles, gentils, a récupéré ma bague de mariage, avec la date gravée à l’intérieur, du fond de la piscine. Avec mon amaigrissement d’un joli paquet de kilos, elle coulisse parfaitement sur mon annulaire de la main gauche. Une ancienne croyance romaine disait qu'une veine de ce doigt, la vena amoris, menait directement au cœur. Après l’y avoir portée plus de quarante-neuf ans, je peux assurer que cette croyance est bien réelle, en me basant sur sa propre expérience. Et je me laisse rêver en train de jouir de la nuit, de me tenir debout face au seuil des ténèbres qui s’ouvre sur le monde des esprits. 


***

Témoins d'une époque. J’avais dix-neuf ans quand j’ai acheté, dans une grande librairie bordelaise (Mollat, pour ne pas la nommer !), Le Bon usage, un joli Petit Robert et le vénérable Dictionnaire des difficultés grammaticales et lexicologiques. Pure folie pour mes économies. Caprice, mais peut-être aussi intuition. Je n’avais encore les connaissances grammaticales ou linguistiques ni les capacités de me plonger efficacement dans de tels gros volumes. Mais je les ai pourtant achetés, alors qu’ils semblaient hors de portée de mes moyens pécuniaires. Mais je me voyais riche, vu l’état de mes économies avec la récente rémunération des vendanges à Pellegrue. Je les ai toujours, ces livres. Et en très bon état. Ils m’ont été indispensables plus d’une fois, même sans les consulter directement, à savoir qu’ils étaient là, dans ma bibliothèque, qu’ils y bâtissaient lentement mais sûrement une solide construction, par la qualité de leurs fondations et la puissance de leurs éléments. Cet édifice s’est agrandi attirant à lui d’autres formes de connaissance, d’autres moyens, d’autres hypothèses et d'autres désirs, constituant autour tout un savoir qui a pris d’autres chemins que ceux que je pouvais imaginer à dix-neuf ans. Une forte envie subite, comme une espèce d’intuition, même minime, peut constituer le point de départ d’un processus continu de transformation pour tisser un projet personnel capable de donner une forme concrète à des aspirations plus profondes difficiles à formuler en un instant. C'est un cheminement patient qui demande de la volonté (la force de la volonté !) et de la persévérance.

***

Un homme juste embastillé

Un analyste digne de confiance, plein de lucidité et d’arguments 

Des salauds impunis



Une cause juste : 

https://www.aljazeera.com/video/investigations/2024/10/7/war-crimes-in-gaza-i-al-jazeera-investigations

***

Georges Le Gloupier est décédé. Seul ou à la tête de commandos pâtissiers, il a entarté des personnalités qu’il considérait comme détestables et infatuées. Parmi ses victimes : Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Doc Gynéco, le ministre belge Édouard Poullet, Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, Maurice Béjart, Nicolas Sarkozy, Pascal Sevran, Patrick Bruel, Bernard Landry, Hélène Rollès, Patrick Poivre d’Arvor, Jean Charest. (Wikipédia). Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, lançait son cri de guerre au moment de l’assaut pâtissier : Gloup Gloup ! Entartons, entartons les pompeux cornichons ! Ou bien : Entartons entartons, le puant pognon ! Il écrivait également des critiques de films qui n’existaient pas. Ce surréalisme rebelle serait à l’heure qu’il est tout à fait impossible. Feuerbach avait écrit « seul possède la puissance de créer du nouveau celui qui a le courage d’être absolument négatif. » (Nécessité d’une réforme de la philosophie).

***