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mercredi 7 avril 2021

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé...



« Pour ne pas céder à la tentation politique, il faut se surveiller à chaque instant. Comment y réussir, singulièrement dans un régime démocratique, dont le vice essentiel est de permettre au premier venu de viser au pouvoir et de donner libre carrière à ses ambitions ? Il en résulte un pullulement de fanfarons, de discutailleurs sans destin, fous quelconques que la fatalité refuse de marquer, inhabiles à la vraie frénésie, impropres et au triomphe et à l’effondrement. C’est leur nullité cependant qui permet et assure nos libertés, que menacent les personnalités d’exception. Une république qui se respecte devrait s’affoler à l’apparition d’un grand homme, le bannir de son sein, ou du moins empêcher que ne se crée une légende autour de lui. Y répugne-t-elle ? C’est qu’éblouie par son fléau, elle ne croit plus à ses institutions ni à ses raisons d’être. Elle s’embrouille dans ses lois, et ses lois, qui protègent son ennemi, la disposent et l’engagent à la démission. Succombant sous les excès de sa tolérance, elle ménage l’adversaire qui ne la ménagera pas, autorise les mythes qui la sapent et la détruisent, se laisse prendre aux suavités de son bourreau. Mérite-t-elle de subsister, quand ses principes mêmes l’invitent à disparaître ? Paradoxe tragique de la liberté : les médiocres, qui seuls en rendent l’exercice possible, ne sauraient en garantir la durée. Nous devons tout à leur insignifiance et nous perdons tout par elle. Ainsi sont-ils toujours au-dessous de leur tâche. »
Émile Cioran, Histoire et utopie, Gallimard 

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« Quand les Romains – ou ce qui en restait – voulurent se reposer, les Barbares s'ébranlèrent en masse. On lit dans tel manuel sur les invasions que les Germains qui servaient dans l'armée et dans l'administration de l'Empire prenaient jusqu'au milieu du Ve siècle des noms latins. À partir de ce moment, le nom germanique devint de rigueur. Les seigneurs exténués, en recul dans tous les secteurs, n'étaient plus redoutés ni respectés. À quoi bon s'appeler comme eux ? »
Émile Cioran, Écartèlement, Gallimard

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L'homme est un mouton qui aime à obéir et à faire surtout obéir les autres. Depuis le temps que nous sommes en voie de socialisation-de-gauche, le nombre d’auto-enculés n’a pas cessé d’augmenter. On s’y incorpore volontiers. J’aime bien citer l’exemple de l'écriture inclusive radicalisée. Mais ça, c'est du réflexe de survie élémentaire en milieu universitaire rayon sciences molles, où on devance même les recommandations ministérielles, avec dénonciation rageuse de quiconque enfreint les consignes absurdes et ubuesques qu’on pond sans discontinuer. Car c'est de ponte qu'il s'agit, comme un poulailler industriel avec un préposé qui passe pour ramasser périodiquement la production. D’une manière générale, l’exaspération par les restrictions imposées par la crise sanitaire ne doit pas empêcher d’entendre le sentiment d’aise qu’en retirent certains en même temps qu’ils se plaignent avec les autres. Ce sont les fidèles au poste. Qui applaudissaient régulièrement aux fenêtres à 20 heures, qui se jettent avec avidité sur le téléviseur à chaque annonce gouvernementale, qui suivent frénétiquement l’actualité pour avoir la primeur de l’info. À quelle sauce seront-ils mangés demain, à quelle nouvelle fantaisie auront-ils à se plier dès lundi ? Allègements ou interdictions renforcées, ils sont empressés de découvrir la nouvelle règle du jeu imposée par nos 17 gouvernements et de réordonner leur quotidien de fond en comble. Fernando Simon, quel communicant, quel potentiel, a dit… ! Et plus la consigne est changeante, arbitraire, stupide, contestable dans son efficacité, plus ils l’observent avec zèle, et toisent avec sévérité les voisins qui l’ignorent ou qui la critiquent. Il y a comme un plaisir à obtempérer, à appliquer la consigne quand elle vient d’une coalition de gauche dernière vague. Plaisir qui ne peut pas être avoué ni même ressenti consciemment que dans une société où l’on se doit d’être épris de liberté. C’est le plaisir du rigoriste, du psychorigide, de l’orthorexique adonné aux disciplines contrariantes et aux régimes spéciaux contre quelqu’un. Comportements jugés autrefois marginaux ou excluants, en deux mots : de droite, mais dont l’acceptabilité sociale s’est considérablement développée ces dernières années puisque c’est « les nôtres » qui sont maintenant aux commandes. Les maniaques se sentent ainsi autorisés, font montre de leurs rigidités, déclarent leur appétit des règles scrupuleuses pour eux et surtout pour les autres. Ils sont prompts à intégrer à leur quotidien toute règlementation supplémentaire, à la devancer même. Si l'on recommande de changer de masque deux fois par jour, ils en changent trois ; si on leur dit "la" Covid au lieu de "le", ils modifient leur vocable et ânonnent les éléments de langage ministériels et médiatiques les plus neufs. Ils finissent par trouver des avantages à tout ce micmac, proposant bientôt qu'il faudrait maintenir certaines règles exceptionnelles d'hygiène même la pandémie passée, comme exiger de tout malade qu'il se cloître à domicile le temps d'une gastro et cesse ainsi de nuire à la santé des bien portants... La Boétie parlait de servitude volontaire. Il y a une application à la fois éternelle et toute moderne à s'en remettre à un principe, pour aberrant qu’il soit, à suivre des ordres, quel que soit leur bien-fondé. On obéit, dans ce cas spécifique, non par peur et moins encore par sagesse ou raisonnement, mais pour raffermir son attachement et son intégration à un ordre social qu’on a décrété progressiste et bien ancré dans la modernité. Plus l’impératif s’avère arbitraire et douteux du point de vue rationnel, plus l’obéissance prend le caractère d’un acte de foi : en faisant voir qu’on obéit, mieux et plus aveuglément que les autres, on marque sa socialité avec l’autorité commune et avec tous ceux qui s’y conforment de bon ou mauvais gré. En s’en remettant non à la science (élitiste), à l’intuition (individualiste) ou à la religion (ringarde) mais à la société, on espère une intégration sociale renforcée. D’où l’intérêt de donner à son allégeance un tour manifeste et remarqué : elle est, auprès des autres, un signe pour se reconnaître et pour être reconnu.

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Chaque époque révolutionnaire n'a été au fond qu'un étalage de mort, de violence, de souffrances et de destructions. Les gens bien dans le sens de l’Histoire ont beau dire le contraire, ces époques-là représentent le mélange parfait de l'ignorance et de la férocité libérées. Ce que le socialiste Hollande appelait les « sans dents », les innommés, les infiniment petits et les misérables, ceux qui ne laissent aucune trace dans l’histoire, que le destin foule comme le raisin dans la grande cuve de la vie douloureuse n’ont jamais eu rien à y gagner. Les démagogues viennent manger sur leur dos les pouilleux mais chaque génération est contente de participer au sinistre banquet !

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Souvenir rapide de mon cyclotymique préféré au fil d’une coupure de presse où il apparaît pétant de fierté en pétulant modeste. Il s’engouait, pendant une semaine, un mois, trois mois, de celui-ci ou de celle-là, lui découvrait toutes les qualités de cœur et d’esprit, toutes les délicatesses : puis, déçu tout à coup par une divergence d’opinion sur telle ou telle affaire, tel ou tel bouquin, telle ou telle circonstance sociale ou politique, déclarait imbécile et odieux ses préférés de la veille, leur supposait une douzaine de travers, de défauts et de vices… Et toujours veillant au grain de son traitement mensuel, reconnaissance des mérites y afférents, bonus, rémunérations, primes et indemnités… Incapable de gérer un arrêt maladie (sauf pour mettre à la porte une remplaçante peu commode) mais très au courant des subtilités juridiques de la procédure pour porter plainte contre n’importe qui pour n’importe quoi… Ah, ces anarchistes-pontes universitaires !

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Prière. Sainte Thérèse d’Avila la définissait ainsi : « L’oraison n’est rien d’autre qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul, avec Dieu, dont on se sait aimé. » Quelqu’un qui n'a jamais prié ne se doute pas de la force surnaturelle qui réside dans les termes rituels d'une oraison. Attendu qu'une prière vraie n'est ni un hymne, ni une imploration lyrique, mais l'ascension, l'effusion de l'âme individuelle sur une voie antérieurement tracée et fréquentée par d'autres. Beaucoup d'incroyants, par autosuffisance intellectuelle généralement sans fondement, croient la religion peut-être respectable mais pas raisonnable, comme quelque chose de vague, d'indéfini, de flottant, et tout ce qui se précise et se réalise en son nom comme autant d’enfantillages ou d’absurdités …

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“Hay dos maneras de concebir el Estado en relación con los agentes que han de desempeñar sus funciones. La una consiste en considerar los cargos públicos como puestos de honor y de peligro, no asignándoselos nunca a nadie que no esté dispuesto a sacrificarse por ellos. La otra, enteramente contraria, estriba en conceptuar estos cargos como prebendas o sinecuras y en distribuirlos, a modo de premio, entre los correligionarios más consecuentes, los parientes más pobres, los amigos más entrampados o los contertulios con mayor y más raquítica familia que sacar adelante. Cuando los hombres de la República se incautaron del Estado español, se vio bien a las claras que no querían introducir en él ninguna reforma fundamental, ni muchísimo menos, y que, si lo deshacían y lo ponían en pedazos, era, sencillamente, para mejor repartírselo entre unos y otros. Se apoderaron del Estado con el mismo criterio que hubieran podido apoderarse de un salchichón y, ni cortos ni perezosos, procedieron a merendárselo vorazmente en presencia del país entero, que, siempre cándido y confiado, se decía:
– Bueno. Primero habrá que dejarlos tomar algunas fuerzas, que bien deben de necesitarlas, los pobres, y, luego, ya empezarán a trabajar...

Aquello no era ya el Estado-premio o recompensa que, en último término, es un tipo de Estado tan comprensible como cualquier otro, sino más bien el Estado-merienda. Era el Estado-magras con jamón, o el Estado-cazuela de bacalao: un Estado así como para aflojarse la cintura al llegar junto a él y llenarse la andorga sin mayores remilgos, según cumple a personas verdaderamente democráticas... Esto era el Estado en manos de aquellos señores y esto continúa siendo todavía en la parte de España que aún tiene la desgracia de sufrirlos. La guerra no les dio a los hombres de la República ninguna lección de continencia. Al contrario. Por si venían mal dadas, quien más y quien menos todos procuraron desde un principio poner a salvo su porvenir, y la francachela adquirió unas proporciones fantásticas. Cargos, encomiendas, representaciones diplomáticas en islas inverosímiles de palmeras y cocoteros, comisiones, arbitrios, porcentajes, viudedades, orfanazgos, ascensos, pensiones, recompensas, subsidios, anticipos... ¡qué sé yo! Allí, el que no interviene de alguna manera en el Estado se muere materialmente de hambre, mientras el que interviene come a dos carrillos. Es el concepto – esencialmente democrático – del Estado-merienda o comilona, Estado que, evidentemente, sirve para engordar a muchos, pero que deja en los huesos a la inmensa mayoría y cuya eficacia, por lo demás, resulta prácticamente nula, ya que, al aumento constante e inevitable de funcionarios, tiene que corresponder, en justa equivalencia, una disminución progresiva de su autoridad y de su responsabilidad. En la España nacional, y sólo con el número de personas estrictamente indispensables, la máquina del Estado funciona, en cambio, con una seguridad y una precisión a la que desde hace siglos estábamos desacostumbrados todos los españoles, y no es que no sea precisamente otra máquina, sino que es otro el criterio con que se la maneja. Es, en una palabra, que no se la maneja en beneficio propio, sino en el de los demás, y que su manejo se considera un deber en vez de seguir considerándolo un privilegio.

Julio Camba, Haciendo de República, Ediciones Luca de Tena, 2006

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Des combats impératifs, en période de pandémie, et qui nécessitent les plus fortes doses de sagesse chez les têtes d’œuf au pouvoir :
- l’officialité du « bable » (glottonyme des Asturies),
[Exemple de la façon dont il faudrait lire désormais les présocratiques : "Entós dixo Heráclito que nun somos a bañanos dos veces nel mesmu regatu. Rapacinos, ye too fumu, o, como dixo él mesmu, panta rei."]
- la reconnaissance de la dignité des plantes et
- promotion du magistère de la presse people.
Des progrès imparables lorsqu'il s'agit d'engraisser la masse salariale d'une multitude d'amis. Et voilà comment la structure du système révèle ses objectifs et son échelle de valeurs…

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Les gens choisissent dans un limité menu de listes fermées et bloquées désignées par une personne ou un groupe très restreint dans chaque parti. Après la liturgie mécanique du vote, ces gens disparaissent et ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Les heureux élus qui en résultent décident alors entre eux qui présidera le gouvernement, ils peuvent élire les juges, ils rédigent (généralement d’une manière illisible) les lois avec l’aide désintéressée des oligopoles et des lobbys. C’est notre féodalisme du XXIe, pardon, du 21e siècle. Bien évidemment, ils piquent aussi des vaccins à l’occasion, ils arrangent des contrats, ils trafiquent avec des fonds publics ou ils dévient l'argent public dans des paradis fiscaux sous la houlette des prête-nom… C’est juste pour tout cela que le système a été gentiment mis en place… 


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C’est bel et bien l’übercapitalisme californien qui a intronisé Biden. Désormais plus fort que les États, plus significatif que les étiquettes politiques, il se consacre à l’adoration du veau d’or qui déstructure le monde. Il fabrique un nouvel être humain, exsangue, sans famille ni mémoire, avide de lendemains qui chantent comme de satisfactions instantanées, adorateur de la morale du ressentiment, prompt à la dénonciation afin de mériter la prochaine gratification.

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Pour le Professeur Djamel Debbouz, de l’Université de Trappes, l’Islam serait présent en Europe depuis trois mille ans. Présence d’autant plus méritoire que nous n’en sommes aujourd’hui qu’à l’an 1442 de l’Égire.
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Comme l’a écrit Victor Hugo quelque part dans Choses vues : « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur. » Totor, qui ne connaissait évidemment pas d’autres fours, est d’ailleurs bien dédaigneux pour une noble profession. À en croire Brillat-Savarin dans sa Physiologie du goût, « on devient cuisinier, mais on naît rôtisseur. »
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Alors que les races n’existent pas, certains progressistes attribuent aux Blancs (qui n’existent pas) en général et aux Espagnols, aux Portugais voire aux Français en particulier, des caractéristiques peu flatteuses : ils sont tous racistes, colonialistes, esclavagistes, la voilà leur véritable identité ! Ayant martyrisé des siècles durant le reste du monde comment pourrait-on s’attendre à ce que leurs malheureuses victimes qui, « chassées par la misère », viennent s’installer sur leur sol ne leur en veulent pas un tout petit peu ? Suivant l’argument imparable du loup de La Fontaine, Espingouins, Portos ou Francaouis du 21e siècle mériteraient d’être interpellés sans ménagement : « Si ce n’est toi, c’est donc ton trisaïeul ou bien quelque autre ancêtre ». Vous devez donc expier leurs fautes jusqu’à la énième génération. Et la fermer.

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C’est ce refus obstiné de se laisser enfermer dans un camp et de lui demeurer fidèle. Car enfin, Pascal est un catholique contre le pape ; Chateaubriand un réactionnaire d’extrême gauche ; Péguy un traître revendiqué, face à toutes les orthodoxies, dont la sienne ; Simone Weil une pacifiste qui s’engage dans la guerre d’Espagne, une résistante qui va à Londres pour rompre avec le général de Gaulle, et Bernanos un ex-maurassien, un royaliste plus proche de l’antifascisme que de l’Action française. Voilà ma famille, voilà les miens, en dépit de mon indignité.

(…)

Je veux le dire ici en conclusion : la personne de Jésus, le message du Christ sont pour moi la seule chose infiniment respectable sur cette Terre, au point que je comprends Dostoïevski lorsqu’il affirme que s’il avait à choisir entre la vérité et le Christ, c’est le Christ qu’il choisirait, parce que, à ses yeux, sa personne et ses paroles s’identifient à la vérité elle-même. Je respecte toutes les formes de l’humanité, et donc de l’humanisme. Mais j’avoue que l’humanisme sans le Christ me paraît une chose intellectuellement plus difficile à comprendre que tous les mystères du christianisme lui-même.

(...) 

« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances » (Du côté de chez Swann, à propos de Vinteuil).

Pascal n’a-t-il pas dit : « Je crois parce que c’est absurde » ; il a dit : « Il n’y a rien de plus conforme à la raison que ce désaveu de la raison. »

(...)

Tolstoï à Tchekhov : « Vous savez, je ne peux pas souffrir Shakespeare : mais vos pièces sont encore pires ! » Tchekhov, Pléiade, t. I, p XLVII.
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“A todos los socialistas les deseo: La abundancia de Venezuela, el salario de Cuba, la justicia de China y la libertad de Corea del Norte”. Mario Vargas Llosa

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Poner en duda que Franco está detrás de toda desgracia personal o colectiva es atentar contra la memoria histórica. Cuidadín...

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Ronald Reagan serait d'un grand intérêt pour Yolanda Díaz, pour autant qu’elle comprenne ce qu’il disait : « On devrait mesurer le succès de l'État providence en fonction du nombre de personnes qui abandonnent les programmes d'assistance sociale, et non en fonction du nombre de personnes qui s’en bénéficient."

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Aujourd’hui je peux entendre, de mon bureau fenêtre ouverte, les cloches de l’église du centre-ville, comme un carillon tout proche. Je les entends avec un serrement au cœur quand je pense au dimanche des Rameaux des années de mon enfance… Je fais mieux que d’y penser, je rêve que ces sons chauds des cloches me guident aussi loin que possible dans mon cœur. Voilà donc que dans mes années senior (terme adéquat si on fait foi aux études de marketing et à l’OMS), alors que « si peu de bruits », si peu de signes du monde attirent encore mon intérêt, ces cloches pas métaphoriques du tout mais bien réelles, me parlent à nouveau comme dans mes années junior. Et de nouveau, pour m’orienter vers quelque cime intérieure dont je ne retrouverai le nom sur aucune carte.

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Être attaqué par d'immondes ignares des médias hypersubventionnés (la presse libre ? défense de rire…!) et par de gros imposteurs dégueulasses des sousmerdes de la politique doit constituer un plaisir de fin gourmet. Les principes et les valeurs avec lesquels les politiciens de notre époque se jugent et payent les médias pour vous juger sont ceux de leurs maîtres, les gros milliardaires humano-bonistes dégénérés, et sont l'exact inverse de ceux d’une société qui se respecte.
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Dimanche de Résurrection. Les cloches sont de retour dans ma tête : « Christ est ressuscité ! », annoncent-elles à toute volée. Le ciel est bleu quand on commence notre rando quotidienne aux bords de la Bidassoa sans passer du côté français comme la semaine dernière. Puis, apéro, lecture, notes à l’ordinateur. Il en est de même l’après-midi, ce qui me permet de passer une longue partie de ce dimanche pascal à lire sur la table du jardin, bien que la température globale soit moindre qu’en début de semaine. Le temps a changé, fini l’été d’avant l’heure avec le changement d’heure. Maintenant qu’on risque un troisième confinement, une nouvelle mouture du document Euskadi-Navarre-Nouvelle Aquitaine a été publiée hier soir avec pratiquement toutes les cases de la Nouvelle Aquitaine en rouge pour chaque épigraphe. Peu d’alibis donc pour recevoir les enfants à la maison de nouveau. Ma petite-fille (grande !) me manque. Je suis attentivement depuis ma chaise du jardin les allers-retours des mésanges. Le merle aussi revient sans peur aucune, même avec un zeste de défi. Je reprends l’après-midi, quand pointe le soleil entre deux nuages, le passionnant La Maison éternelle de Yuri Slezkine, que je viens de trouver aussi en version digitale. Je l'avais acheté chez Mollat l'an dernier. Bien qu’ayant lu des quantités de témoignages sur les atrocités staliniennes, je suis toujours terrifié par les horreurs de cette époque honnie. La lecture des frères Vaïner (L’évangile du bourreau !) m’avait déjà plus qu’impressionné mais ces pages me confirment qu’il n’y a rien à espérer de la nature humaine. Pourtant je le savais, bien avant Nuit et Brouillard, grâce à ce véritable ange bleu qu’était Margarete Buber-Neumann ou aux pages admirables d’Evguénia Sémionovna Guinzbourg et son Vertige... Songeant à la probabilité qu’il y ait d’autres lecteurs de Slezkin au moment où je l’évoque, je la pense nulle. Peut-être même de tout ce mois d’avril, en serai-je le seul lecteur. Ce qui me convient parfaitement. Pour ce qui est des autres auteurs, je serais plutôt triste…

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La municipalité socialiste de Palma de Mallorca débaptise les rues portant le nom des glorieux amiraux Cervera (Santiago de Cuba), Churruca et Gravina (héros de Trafalgar) sous prétexte de notoriété franquiste. On peut difficilement tomber plus bas dans la maladresse, le sectarisme ignorant et la pure bêtise. Mais ce révisionnisme-là n’est pas aussi mal vu que l’« autre ». N’oublions pas que ces gens-là gouvernent pour notre bonheur. C’est réussi. Et toutes mes félicitations à l’expert ès histoire qui a rété rémunéré de 15 000 € pour sa brillante victoire sur ces amiraux fascistes… Continuer sans accepter, ce pourrait être une philosophie de fin de vie mais c’est vraiment dur de devoir faire face simultanément à la pandémie et à cette bande de vauriens que les magouilles politiciennes placent, comme d’habitude, aux commandes… Comme l’écrit si bien Juan Abreu “hasta la subnormalidad culogorda izquierdista chochocrática y culowoke debería tener límites.”

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En pause au soleil, sur la table du jardin ce lundi de Pâques, je constate avec satisfaction que la main de ma chère R. a fait œuvre d’artiste. Certes il eût mieux valu remplacer les deux vielles traverses de chemin de fer autour de la grille d’aération de la cave, légèrement pourries, plutôt que de les conserver. N’empêche que l’herbe et la mousse autour font leur effet et l’ensemble est toujours très beau. A la place du vieil oranger, R. a depuis longtemps aménagé un coin de plantes en pot dont j’ignore les noms, au milieu de cailloux et de coquillages ramassés sur la plage. Ensemble à rêver. Puis, partout des fleurs et mon érable japonais, que j’adore, avec davantage de plantes contre la haie extérieure, là où autrefois on avait un brise vue en canisse tout à fait recouvert de végétation.

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À lire et à entendre ce que disent les journalistes du vaccin AstraZeneca, de la possibilité de le suspendre encore une fois suite à des cas de formation de caillots sanguins, je constate qu’ils n’y comprennent rien, parlant encore d’un nouvel arrêt du produit après avoir dit et écrit tout et son contraire à l'occasion de l’alarmisme lors d’une première interruption massive de ce machin (« sur le plan scientifique, l'arrêt ne se justifie pas, mais sur le plan de la confiance… » etc.).

Slobodan Despot

 

jeudi 11 mars 2021

Refus de savoir et nécessités de taire.


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Aujourd’hui, je contribue consciencieusement par ma survie à creuser la tombe du système de retraite par répartition après quarante années de service. Me retrouvant inactif alors que je possède toujours un tempérament hyperactif, j’ai constaté que la retraite n’est pas du tout un naufrage. D’où la question ouverte et orthodoxement marxiste-léniniste : Que faire ? Le prof retraité peut devenir un méta-prof, ou prof de profs, ce que j’avais déjà pratiqué en tant que facilitateur / remédiateur dans mon université avec un groupe de travail d’enseignants-chercheurs francophones, toute spécialité confondue. Pourquoi devenir un méta-prof ? Parce que qu’on en a envie, tout simplement. Comment procéder pour devenir un méta-prof ? En partageant des trucs utiles en ligne et surtout en particulier quand on vous sollicite. J’habite toujours dans une villa mitoyenne d’un quartier d’une ville sur la frontière franco-espagnole que je ne nommerai pas. Je ne suis pas divorcé, ce qui ferait chic. Madame est à la retraite comme moi et on a la chance d’habiter relativement proches de nos descendants, côté français. Un clan en vrai béton, tous unis entre comme les doigts de la main et où chaque pièce joue le jeu. Quand je déprime, je me sais porté par ce clan qui est ma plus grande fierté, pas pour l’éventuelle réussite professionnelle des uns ou des autres mais bien pour ce qu’ils sont. Les cerveaux supérieurs pourront toujours ricaner, je me sens aussi accompagné sur ma route par une certaine sensation de la présence divine ce qui ne m’empêche pas de boitiller souvent, vu que ma guibole fides semble quand même être un peu plus courte que ma guibole ratio… Malgré tout, au quotidien, je meuble souvent mon temps d’enfermement pandémique en surfant sur Internet et en lisant. Un quotidien sans histoires qui en vaut bien un autre… Imaginez un type tout ce qui a d’ordinaire, un vrai anonyme de base… N’étant doté d’aucune des options que propose la belle modernité des temps, qu’elles soient de série ou avec supplément, livrées d’origine ou montées après coup… A savoir, prioritairement xénophile, adepte intégriste du culte écolo, fidèle intransigeant des chapelles nostalgiques du paradis stalinien ou de ses avatars…  N’ayant même pas une de ces options plus ou moins gratuites qui sont des plus courantes : union libre, pacs, famille monoparentale ou recomposée… Bref, un citoyen lambda sans le confort idéologique moderne et qui n’éprouve pas le besoin de s’encombrer d’une seule des options ci-dessus pour mener à son goût sa petite vie tranquille dans son monde réel. Comme on en croise sûrement encore beaucoup tous les jours dans la rue. Et qu’on ne remarque pas, tellement ils sont transparents. Au point qu’on n’imagine plus que ça puisse encore exister. Tout juste un spécimen de zoo pour amuser les bobos branchés. Qu’on ne remarque pas parce qu’il n’intéresse a priori personne, notamment les média, et surtout, parce qu’il n’éprouve guère le besoin de se faire remarquer. Lorsqu’il prend l’envie à un tel anonyme de base de se faire remarquer, que les âneries de la grande maison de fous à ciel ouvert qu’est devenue la société est telle qu’il ne peut se retenir de pousser un coup de gueule ou simplement de partir d’un éclat de rire, il remplit alors aux yeux de ses contemporains toutes les conditions requises pour devenir illico l’incarnation parfaite et tant recherchée de l’haineux conservateur, du facho, du méchant différent : la différence, c'est bien mais c'est mal surtout de penser différemment.

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Les falsificateurs de l’Histoire sont des ingénus passionnés. Leur règne est court. Le temps balaye tout cela.

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Qui a donc exterminé le gentil peuple arménien, sans que personne ne bouge ? Il y a toujours des précurseurs.

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L’égalité, c’est un non-sens. Chaque homme à sa place, selon ses mérites, voilà le vœu de tous, y compris des communistes. Toutes les révolutions furent stupides. Il faut attendre qu’elles parviennent, par retouches, à une forme convenable. Je suis déjà converti à un communisme sensé ; je ne le verrai pas (sans regret). Le « capitalisme », de notre temps, c’est un scandale. 

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La postérité, quelle faribole ! Certes, je peux le répéter. Léon Bloy avait une belle verdeur de plume, personne n’en doute ; mais le personnage que la postérité imagine est une fantaisie ; en réalité, homme odieux. J’ai connu, et j’aimais beaucoup celle que l’on peut appeler Mme Léon Bloy, sainte et délicieuse femme, qui avait des yeux admirables. Quand je serai mort, personne ne s’n souviendra, elle n’aura plus d’existence, sous aucune forme, elle qui savait si bien vivre, tout en supportant un malheureux polichinelle.

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Les Sages de Venise, amateurs délicats des libertés permises, maîtres depuis des siècles dans l’art de gouverner et de vivre, ont vu venir un jour des soldats en guenilles qui leur apportaient des leçons sur les droits de l’homme et sur la liberté, et qui les ont asservis.

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L’écrivain est un maudit. Je ne fus inspiré dans mes meilleures pages que par la colère. Ma solitude, je l’ai voulue. Dans la solitude, il n’y a rien. Quelquefois un éclair. D’où vient-il ?

Jacques CHARDONNE, Propos comme ça

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Télé ras-le-bol. Le principe du programme El intermedio est simple. À chaque changement sujet, l’équipe garde le panel des derniers jours, et notamment notre Wyoming préféré qui, en tant que saltimbanque, sait bien sûr tout sur tout, et on donne à bouffer du gibier à une audience qui n’a pas bien compris qu’elle ferait mieux de lire, de se promener ou de se bourrer la gueule au lieu de descendre dans cette fosse aux lions où se font déchirer à belles dents et sans risque les martyrs qui incommodent la sinistre collection de personnages du pouvoir bicéphale actuel. Comme il n’est pas certain que les appointés habituels du plateau soient suffisants pour écraser les victimes en question, on leur adjoint une sorte de comiques professionnels (Dani Mateo, Thaïs Villas, Beatriz Montañez, etc.) à qui, si j’ai bien compris, avoir erré dans divers plateaux et émissions leur donne le droit de parler de la corruption (de la droite), de la société, de la santé, de l’économie etc., avec beaucoup plus d’autorité que le pauvre spectateur lambda, leur cible de choix… Quel que soit le sujet du soir, l’affaire est entendue : on amène dans l’arène pour se faire déchirer par cette troupe de malheureux simplets. Je pense qu’à la fin de l’émission, tout le monde l’a compris mais c’est trop tard. En général, les raclures médiatiques, chanteurs, acteurs, comiques officiels (Buenafuente, Gran Wyoming, cette super-conne d’Eva H, le nain de jardin Évole et un long etc.) sont des flatus vocis qui demandent d’avoir un estomac solide pour les écouter, et même seulement les regarder. Dans l’émission de J. M. Monzón, alias Gran Wyoming, sur La Sexta Noche (une merdre du puissant groupe Atresmedia) il était question du roi émérite. C’était pas trop top ! Dans un ridicule absolu – tellement que j’ai finalement zappé : je déteste voir les gens se ridiculiser – on entendait « si on a commis un délit, même dans la maison du roi, il faut démasquer le délinquant » Or, c’est ce qu’il a faisait, bien entendu…  Dans une société normale, personne ne demanderait son avis sur rien à ce souverain poncif absolu ; mais, là, on était à la télévision, chez un héros de la bienpensance qui, lui-même, enfin bon… il est animateur, quoi. On le sentait sûr de savoir certaines choses, il parlait sur ce ton pontifiant qu’ont tous les animateurs-comédiens espagnols et les imbéciles de toute nationalité, quand ils sont devant un micro. Il y aurait toujours des choses à dire à propos du « roi émérite ». Un individu pitoyable. Mais il en va de même, à quelques exceptions près, à propos de ceuzecelles qui se sont prêtés à lui faire se sentir dans la peau d’un intouchable tout au long de ces années passées. Un roitelet grotesque moralement indécent et intellectuellement nul, devenu au fil des ans l’icône de tous les excès. La sinistre farce de l’ersatz de coup d’État d’il y a quarante ans lui a donné une patine d’héroïsme dont il a largement profité et fait profiter des « amis » plus malins quand même que lui (t’inquiète pas, Jordi !) pour que cette démocratie partitocratique mute ouvertement en un régime de corruption et d'impunité. La patrimonialisation des institutions fut, à partir de ce moment, totale. Sarcasmes de notre monarchie. Et nous y sommes. Mais que dire de tant de cas d’héroïsme rétrospectif des courageux critiques d’aujourd’hui ? N’est pas Gregorio Morán qui veut ! Pas un mot sur la cleptocratie catalane incrustée au système, indéboulonnable, ou les longues (longues !) années de corruption socialiste en Andalousie et partout ailleurs. Ou plutôt sous forme d’astéisme rigolard, comme pour la thèse du boss de Madrid, sacré joueur de bonneteau devenu irréprochable par la grâce du pouvoir. Pas le temps ! Ils semblaient occupés, ces procureurs professionnels anti-droite-en-vrac du sanchisme, à peigner la pilosité envahissante de leur raie culière. Ce serait sans importance s’ils avaient décidé d'embrasser la corruption sur la planète terre, à droite et à gauche, mais comme ils ont choisi de jouer les moralisateurs de leur res publica monarchique, c'est un peu ennuyeux. Mais bon, tous les crétins tyranniques se targuent d'une supériorité morale, quand les deux seules supériorités objectives sont la cervelle et l'armement. Superbement efficace, « el intemerdio ». Pour l’audience, il faudrait évoquer ces rats de laboratoire, soumis par des éthologues sans cœur à d’incessants stimuli contradictoires. Je ne me souviens plus de ce qui leur arrive : rien de bien réjouissant. J’exagère, c’est pour rigoler. Ce n’est qu’un détail. Un détail ? Sans doute, sans doute. Mais un gravier dans la chaussure est aussi un détail ; il n'empêche qu'il peut vous gâcher toute la promenade. Si vous imaginez voir un jour la fin de la tyrannie que nous subissons, tyrannie de crétins, de corrompus et de criminels, d’une oligarchie d'incapables, ne vous faites pas d’illusions !

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Non à l’homme aux phobies !

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Certains sont écœurés de voir des suprémacistes excités devenus « progressistes » se réclamer partout de gauche. Plusieurs, par réaction viscérale, ont même commencé à lire la presse de droite à écouter des émissions douteuses ! Ils finiront par voter VOX ou PP ! Il s’en trouvera pour penser qu’un représentant de la méchante droite fasciste est toujours préférable devant le naufrage total de la noble gauche historique dans la mélasse la plus gluante. Remarquez que, pour une certaine frange, il suffit, pour être classé à droite extrême, de ne pas être hostile à l’entreprise privée, à la responsabilité personnelle, au gouvernement limité, à l’idée de patrie, et à une éthique qui ne se réduit pas à la subjectivité personnelle. Si c’est ça la droite, j’assume complètement. Tragique. Le capitalisme mondialisé, spéculatif, amoral, apatride, aliénant, qui creuse les inégalités, qui fabrique de faux besoins, qui endette pour domestiquer, qui fait de l’évasion fiscale, ce capitalisme a besoin d’être interpellé... Mais il l’est de moins en moins parce que ce qu’on appelait la gauche est aujourd’hui dynamité par de jeunes requins qui ne traquent que des mots et des notions creuses et stupides importées de Yankeeland. Et c’est toute la société qui en souffre.

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J’écoute à l’écran affirmer que les Algériens qui vivent en Corse ont construit les maisons dans lesquelles vivent les Corses et, de ce fait, ils sont également chez eux sur l’Ile de Beauté. Je veux bien. D'accord… Il serait judicieux de demander à la personne qui émet cette opinion ce qu’elle pense de ces Français et d’autres européens qui ont vécu en Algérie de 1830 à 1962 et qui y ont initié et construit une bonne partie des maisons modernes où vivent aujourd’hui les Algériens. Mais pas seulement. Ajoutons-y des milliers de kilomètres de routes, des ports équipés, des aéroports, des aérodromes, des kilomètres de voies ferrées, toutes les infrastructures gazières et pétrolières surtout sur le tard, puisque gaz et pétrole ont été découverts juste avant l’indépendance, des centrales hydroélectriques ou thermiques, des dizaines de milliers de bâtiments administratifs, ponts, viaducs, tunnels, écoles, des hôpitaux, des kms de lignes téléphoniques et, pour terminer, une agriculture exportatrice. Et pas seulement construit, tout cela, mais élaboré, pensé et planifié par les Français et les européens… Tout ce dont profitent les Algériens qui ne partent pas de depuis plus d’un demi-siècle. Etaient-ils chez eux, ces gens-là, en Algérie, comme sont chez eux les Algériens en Corse ? Etaient-ils chez eux avant que le FLN ne leur dise : « La valise ou le cercueil » ? De toute façon, il paraît que la manne pétrolo-gazière arrive à sa fin (voir en ligne l’émission Le Dessous des cartes diffusée sur Arte le 5 octobre 2019 ; cf. Akram Belkaïd, L’Algérie, un pays empêché en 100 questions, Tallandier, avril 2019) et les clans mafieux FLN au pouvoir depuis 62 ont placé déjà leur butin en lieu sûr. Chez eux quelque part, mais loin de l'Algérie.

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Le peuple allemand est-il eternellement suspect de quelque chose ? Non, et mille fois non : il est cou-pa-ble ! À deux reprises. Il a perdu les deux guerres mondiales. Grande erreur ! Il avait qu’à pas être dans le camp du mal ! Il n’a payé qu'un faible prix les horreurs dont il s'est rendu coupable : des villes rasées à plat, des millions de civils tués dans les bombardements, plusieurs millions encore ayant tout perdu et fuyant devant les libérateurs du genre humain, un nombre incalculable de femmes violées... Des règlements de comptes et de la revanche implacable au nom du Bien et de la Morale, des représailles féroces, du pillage partout, démantèlement de son tissu industriel et de l’État lui-même, etc. Il ne s'agissait donc pas de stopper les excès et le crimes du nazisme grâce à la justice et au bon droit mais d'utiliser tous les moyens imaginables pour écraser toute la population, pour bien cuire après les survivants pendant des générations à la flamme de la vengeance. René Lauret écrivait dans, rendant compte de ce livre (réédité dans le contexte européén d'ajuourd'hui) dans Le Monde : « Il (Karl Jaspers) vous adresse aussi un discret avertissement, rappelant que l’Allemagne n’est pas seule responsable des actes qu’on lui reproche, que partout les hommes ont des qualités semblables. Quand nous remontons à la source de notre propre culpabilité, nous finissons par nous trouver devant notre condition d’homme (...). Mais cette culpabilité est virtuelle en tout homme, en raison de sa condition d’homme. » Maître Vergès, ébranleur des opinions publiques en a réfléchi longuement...

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USA toujours gendarme mondial sous Biden. Quel sale pays, quand même ! À en croire nos intellectuels européens les plus proches, tellement enviable, organisé de la meilleure manière possible : guerres inter-ethniques, racismes divers et variés liés à leur mode de vie... Que sais-je encore ! Historiquement irréprochable pour l’ensemble de son œuvre : le génocide des Indiens, la destruction systématique, impitoyable, de l'Europe sauvée par eux à deux reprises, les bombes atomiques sur le Japon, le défoliant sur le Vietnam qui continue de faire des victimes à cause de la pollution des sols, le chantage pétrole contre nourriture en Irak, la dévastation en Afghanistan, la déstabilisation de la Syrie, l'intoxication du monde avec la sous-culture, le soutien inconditionnel aux bandits sionistes… « Si les Ricains n’étaient pas là… » chantait Michel Sardou. Trou du cul ! Vivre partout en Yankeeland est tellement meilleur que vivre en Germanie !

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« La plus grande faute du monde moderne n’est pas d’avoir incendié les châteaux, mais d’avoir rasé les chaumières. Ce qu'on voit s'effacer, au fil du XIXe siècle, c'est la dignité des humbles. »

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« Les sociétés agonisantes luttent contre l’histoire en émettant des lois, comme les naufragés contre les eaux en poussant des cris. Brefs remous. »

Nicolás Gómez-Dávila

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J’ai toujours discuté la valeur de la notion de racines si chère aux farfadets Goitysolo et compagnie depuis belle lurette. Certains de mes anciens élèves en sont témoins. La métaphore des racines ne peut se concevoir séparée de la partie de l’arbre qu’elles nourrissent. Appliquée à la société humaine, cela n’a que peu de sens. Cependant, l’enracinement a été une réalité. J’en veux pour preuve certaines recherches généalogiques faites par des spécialistes de la question. Jusqu'à très récemment donc, on pouvait considérer que beaucoup de familles de petits paysans étaient fixées dans leur terroir, parlant le patois local et vivant ou survivant grosso-modo de la même manière, en dehors des périodes de troubles civils, dans une société stable. De mon côté, bien que n’ayant fait aucune recherche généalogique, je suppose qu’il en alla de même pour mes ancêtres maternels et paternels vivant dans la Tierra de Campos et le Cerrato castillans. Si je croyais aux racines, je devrais donc me considérer comme Castillan. Mais mes retours plus ou moins fréquents à ces terres ont été souvent une source de désillusion, la Castille réelle ne ressemblant plus vraiment à la Castille idéalisée de mon enfance. Quant à moi, ayant vécu plus de deux tiers de ma vie au Pays Basque frontalier, je ne me sens pas plus Castillan que Basque ou Français. Plutôt qu’à de petites patries je me sens appartenir à une plus grande : l’Espagne. Si j’ai une identité, celle-ci est espagnole et rien d’autre. Le CNRTL donne entre autres définitions du mot identité la suivante (Étymol. et Hist. 2) : « Caractère de ce qui est permanent ; conscience de la persistance du moi. » Pourtant, le terme permanent mérite d’être précisé. Rien n’est immuable, tout évolue. Bien qu’indéniablement et fondamentalement Espagnols, les paysans que j’évoquais plus haut, étaient bien différents de moi. Ils s’en distinguaient par la manière de parler, le mode de vie, un rapport différent à la religion, un manque de mobilité, de moyens de communication, des vêtements différents, etc. De même, à soixante-sept ans, je ne suis plus ce que j’étais à vingt ni même à quarante ans. Des influences, des expériences sont venues me modifier, cependant je n’ai pas pour autant perdu mon identité personnelle. Pour ce qui est de mon identité nationale, il en va de même. L’Espagne de 2021 n’est pas celle de 1970 ou de 1990 mais je ne lui demeure cependant pas moins spontanément attaché. C’est, je crois, la durabilité de cet attachement qui fait la permanence de mon identité espagnole. Je ne me sens pas, je suis Espagnol, en ce que j’appartiens à la communauté espagnole et que je n’éprouve pas le besoin d’appartenir à aucune autre. J’ai pris conscience de cette appartenance au cours de plusieurs années en comparant les modes de vies, les uns avec les autres.

Séduit depuis pratiquement toute ma vie, dès que j’ai eu l’usage de la raison, aussi loin que je puisse m’en souvenir, par la pratique courante de la langue française, donc par la France, il est évident qu’il ne m’aurait été trop compliqué, si je m'y étais résolu, étant donné mes affinités avec elle et sa culture, de demander la naturalisation. Tout bien pesé, pourquoi faire ? Ni immigré économique ni réfugié politique, toute l’affection que je porte à cette nation et les liens forts que j’ai pu y nouer avec sa culture, qui est aussi mienne, les années que j’y ai passé et un accent - facile à vérifier dès qu'on ouvre sa bouche - capable de me faire identifier comme à cent pour cent francophone, n’effaceraient jamais ce quelque chose qui m’attache d’une manière toute particulière à la terre espagnole où sont nés, et maintenant reposent, mes parents. Cela dit, tenter de donner une liste des éléments constitutifs d’une identité espagnole, basque, française ou toute autre me paraît illusoire. Pour une simple et bonne raison qui est la diversité de toute population. On pourrait commencer par éliminer des critères non pertinents comme la couleur de peau, la religion, l’adhésion à un credo politique, des traits de caractère et, d’une manière générale, tout critère que serait censé partager l’unanimité de cette population. Même la connaissance de la langue n’est pas une condition suffisante vu qu’on peut très bien en avoir une maîtrise supérieure à celle de bien des indigènes sans pour autant être espagnol, basque, français ou norvégien. Considérer que posséder une culture commune serait nécessaire semble également erroné, tout individu n’en possédant qu’une partie voire de simples bribes de cette culture commune. Plus qu’un ensemble de caractéristiques unanimement partagées qui serait censé constituer l’identité, il me semble plus sage de se borner à considérer une sorte de plus petit dénominateur commun qui fait qu’en dehors de la classe sociale, du niveau d’éducation, de la race, de l’origine, de la région etc., on se sent chez soi quelque part et qu’on est certain d’appartenir à la communauté qui y habite. Je serais bien en mal d’en décrire avec exactitude les composantes. Toutefois, il est certain que ce plus petit dénominateur commun existe et qu’il est ressenti par une majorité, votants ou pas, faute de quoi tout partirait en vrille. Une autre évidence est que des forces sont en œuvre pour détruire ce fond commun et faire primer à tout prix l’individuel sur le collectif afin d’atomiser les nations existantes et de mieux les amener à se dissoudre dans une sorte de mixture humaine à base de citoyens du monde notion aussi vague qu’inexistante devenant, du moins pour un nombre croissant de membres des sociétés occidentales, l’idéal à atteindre.

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Dans le secteur de l'idéologie et des croyances, le marché fonctionne à merveille. Les partis-passoire espagnols - leur clientèle se renouvelle si vite que le public, indiférent au passé et crédule au présent, en vient à les considérer comme une espèce de couteau de Lichtenberg : un truc sans manche auquel il manque la lame - qui constituent l'actuelle coalition au gouvernement préfèrent ignorer les nuisances involontaires du communisme. Dans ces formations, la mode mondialiste fait pousser, flétrir et disparaître à une vitesse incroyable des figurants éphémères, des vedettes en détail, des rebelles de brocante et des stars qui connaissent la vogue pendant quelques semaines avant de retomber dans le néant. Cette haute société intellectuelle constitue toute une branche de la sociéte de consommation qui dévore les unes après les autres les innombrables causes dont se remplit le programme télé de chaque jour. Mais les disc-jokeys de la pensée, capables de rétrograder Homère ou Margaret Mitchell à la dernière place, placent toujours dans la catégorie succès de toujours le tube du siècle, historiquement nécessaire : le socialisme réellement existant, id est le joyeux et pétillant communisme. Le 19 novembre 2020, la bête immonde ibérique (terme de prédilection d'Ian Gibson, quoique naturalisé espagnol !), le Parti Populaire, présentait à la commission constitutionnelle du parlement espagnol une déclaration condamnant au même titre communistes et nazis. Rejetée par les députés de la gauche, l’initiative aura eu le mérite de mettre en évidence les lacunes historiques de certains de ses représentants ainsi que la complaisance vis-à-vis de la violence politique de certains partis. L’initiative des députés du Parti Populaire s’inscrivait dans la continuité de deux résolutions émanant de l’Union européenne : la résolution 1481 du Conseil de l’Europe de 2006 dans laquelle on déplorait que « le grand public est très peu conscient des crimes commis par les régimes communistes totalitaires » et que « les partis communistes sont légaux et encore actifs dans certains pays, alors qu’ils n’ont parfois même pas pris leurs distances par rapport aux crimes commis dans le passé par des régimes communistes totalitaires ». Afin de lutter contre cela, l’institution exhortait « tous les partis communistes ou postcommunistes de ses États membres qui ne l’ont pas encore fait à reconsidérer l’histoire du communisme et leur propre passé, à prendre clairement leurs distances par rapport aux crimes commis par les régimes communistes totalitaires et à les condamner sans ambiguïté ». Elle appelait les États à condamner fermement les régimes totalitaires communistes. Et plus récente, la Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 portant sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe. Cette résolution a été présentée par de nombreux députés d’États d’Europe de l’Est ayant vécu le communisme. Le Parlement européen rappelle que « les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité ». Elle prie les États-membres de l’Union « de procéder à une évaluation claire et fondée sur les principes en ce qui concerne les crimes et actes d’agressions commis par les régimes communistes totalitaires et le régime nazi ». L’initiative du PP a indigné la gauche espagnole, qui a trouvé deux justifications à son négationnisme : celle des communistes convaincus, bloc qui réunit les députés de Podemos et d’Izquierda Unida, partis ouvertement communistes représentés au gouvernement, dont le président, Enrique Santiago, exposait sans ambiguïtés son point de vue aux parlementaires espagnols : « … comparer le nazisme avec une quelconque autre idéologie, c’est banaliser le mal et les crimes contre l’humanité qu’ont perpétré Hitler et Mussolini. L’unique régime politique qui a planifié et mis à exécution l’élimination systémique et industrielle de collectifs et de peuple entiers a été le nazisme ». C’est pourquoi son parti refusait de « mettre au même niveau les victimes et les bourreaux », pour ne pas être « complice de crimes contre l’humanité ». Ce même Enrique Santiago disait en 2019 admirer le processus révolutionnaire au Venezuela, « pays d’Amérique latine dans lequel se sont déroulées le plus d’élections » et prétendait que « si l’Espagne se trouvait dans les mêmes conditions que la Russie en 1917 », il n’aurait aucune réticence à se rendre « demain au Palais de la Zarzuela pour faire au roi Felipe VI ce que Lénine fit au tzar Nicolas II ». Il est donc inutile de recommander à Enrique Santiago, aux députés et militants de Podemos et Izquierda Unida un examen critique de ce que le communisme réellement existant a signifié concrètement pour des millions d’êtres humains qui ont eu le privilège de le subir.
Crimes, terreur, répression, incompétence généralisée et exploitation éhontée des gens et des ressources. Bilan qui, fait par des gens normaux, porterait à la prudence. Et, seconde justification : celle de la complicité des ignares, atteints de cécité complice à l’égard de l’autre négationnisme, dans les rangs du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Pour justifier leur refus de condamner les régimes communistes, ces derniers se sont prêtés à un syllogisme d’une sophistique redoutable : le Parti communiste espagnol (PCE) a participé à la transition et à la rédaction de la Constitution. La transition espagnole et la Constitution sont un héritage à préserver. On ne peut condamner le communisme sans condamner la transition espagnole et sa Constitution. Pour éviter de tomber aussi bas, les députés socialistes devraient peut-être revoir leur bibliographie. Ainsi, ils se souviendraient que le PCE de 1977 avait souscrit à l’euro-communisme, rejetant ainsi le léninisme, la nécessité d’une insurrection armée et d’une dictature du prolétariat, lui préférant les « libertés bourgeoises ». C’est d’ailleurs à la suite de ce tournant qu’est né en 1964 le Parti communiste espagnol marxiste-léniniste et d’autres organisations terroristes dérivées du marxisme-léninisme : le GRAPO (programme : assassinats et enlèvements ; l’ETA (étrange mélange léniniste et racialiste, programme : attentats, racket/impôt révolutionnaire, enlèvements)  ; le FRAP (Front révolutionnaire antifasciste et patriote : assassinats), organisation dans laquelle milita Javier Iglesias, le père du vice-président du gouvernement, Podemos, Pablo Iglesias. Un héritage dont ce dernier est particulièrement fier, au point de nous partager une comptine que son père lui chantait enfant. Or, si la gauche espagnole s’acharne à nier le totalitarisme communiste, c’est aussi pour ne pas se condamner elle-même. En effet, Pedro Sanchez a entériné une alliance avec plusieurs partis dont la relation avec la violence politique est plus qu’agitée : Podemos, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et EH-Bildu. Pablo Iglesias a toujours confessé son admiration pour le « génie bolchévique de Lénine ». C’est pourquoi en 2016, lors d’une conférence à Ségovie, il s’excusait de « ne pas casser la gueule à tous les fachos avec qui [je] débat[s] à la télé », et plaisantait sur une poursuite de l’événement ailleurs « qu’en allant à ce truc de pédés, le théâtre », lui préférant « une partie de chasse dans Ségovie pour appliquer la justice prolétarienne. » Quant aux dirigeants d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), formation de la gauche indépendantiste catalane, ils revendiquent encore la figure de Luis Companys. Durant la guerre civile, ce président de la Généralité de Catalogne a été le responsable de la création de camps de concentration et de l’exécution politique de milliers personnes en Catalogne, en grande majorité des catholiques, journalistes et chefs d’entreprise. Ils ont d’ailleurs obtenu de Pedro Sanchez qu’il reconnaisse la figure de Companys dans sa Loi de mémoire démocratique… Et que dire de EH-Bildu ? Cette formation politique issue de l’ETA mêle le racialisme xénophobe du nationaliste basque Sabino Arana aux fondements révolutionnaires du marxisme-léninisme. Ses militants applaudissent encore les terroristes lors de leur sortie de prison et son dirigeant, Arnaldo Otegi, surnommé El Gordo lorsqu’il militait à l’ETA, a été condamné en 1979 pour la séquestration du directeur de l’usine Michelin Luis Abaitua. En juin 2019, lors d’une interview à la télévision publique espagnole, il revendiquait le « droit » de l’ETA à commettre des attentats. Voilà donc la singulière coalition qui gouverne l’Espagne et qui s’apprête à imposer sa mémoire démocratique. Nul doute qu’elle saura acheminer la démocratie espagnole vers la « République plurinationale solidaire » rêvée par Iglesias, vers laquelle Sanchez semble prêt à maintenir le cap à condition de rester coûte que coûte capitaine du navire.

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 CV en 125 mots. Je suis né dans un milieu paysan sérieusement nécessiteux. Enfance heureuse. J’ai été professeur et maître de conférences. Je me suis marié une fois comme la plupart des oiseaux. J’ai été, jeune, proche de l’anarchosyndicalisme et plus tard du marxisme non autoritaire. J’ai écrit une thèse sur Claude Simon, Prix Nobel, qui a assisté avec son épouse à ma soutenance. Je vis depuis plus d’une quarantaine d’années dans une localité touchant la frontière avec la France, au pied du mont Jaïzkibel. Avide de culture française et de poésie, j’ai toujours préféré la société de quelques bons amis et la contemplation de la mer à l’imbécile fatuité académique. Je célèbre cette phrase de Léautaud : « Tout ce qui est l’autorité me donne envie d’injurier. »

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Tout cela fait un peu prolixe, comparé à l’efficacité, en trois mots, du CV que voici : « Alphonse Allais. Abonné au gaz. »

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mardi 23 février 2021

Lectures fatiguées et souvenirs nomades...


Fables qu’on se raconte à la retraite : relevé de compte, crédit, débit ? J’ai toujours voulu être prof. Je n'ai jamais eu l'ambition de paraître, la coquetterie d’être socialement quelqu’un, de réussir, fût-ce grâce à la politique ou aux fameuses quatre qualités pour faire des affaires que je n’ai jamais eues. Pour moi l'enseignement a été une vraie consécration, un métier suffisamment engagé / enragé. Cela m'a encouragé à toujours travailler pour m'y consacrer de mon mieux et, en ce moment, déjà à la retraite depuis quelques années, je le regarde avec une nostalgie partiellement déçue : je n’ai plus pour objectif le vertige de continuer à enseigner…  Le socle de ce que pourrait bien être une certaine bonne réussite dans ma carrière professionnelle a été basé sur les sondages auprès de mes étudiants ou des stagiaires auxquels j'ai donné des formations. Toujours de bons résultats professionnels, de très bons même. Je garde soigneusement sous PDF ces enquêtes de fin de trimestre ou de stage, comme autant de témoignages de reconnaissance pour lesquels cela a valu la peine de travailler. Ils n'ont pas été favorables par hasard car ils se répètent année après année… J’aurais voulu laisser une certaine mémoire auprès des gens devant lesquels il m’a été donné d’enseigner, d’apprendre, de partager ce que je croyais savoir. De léguer quelque chose à ceux qui prennent ce métier au sérieux au-delà de l’envie des récompenses publiques : palmes, légions et autres colifichets... Vous en avez été bénéficiaire ? Grand bien vous fasse, félicitations !  Ça sert à quoi, tous ces machins ? Apportent-ils au moins une bonne dotation financière, se questionnent à juste titre les plus malins ? Et, si on veut de l'argent, ne vaudrait-il pas mieux se renseigner sur la construction ? On n'a jamais connu un moyen plus difficile de gagner de l'argent que celui d'enseigner… Cette ambition poussive de se démarquer des autres ! Je n’ai pas aimé, normalement, me comparer à d'autres collègues. Mes défaites ou mes victoires ont eu lieu seul. Peut-être que les sentiments les plus férocement hostiles que j'aie jamais conçus auront été dirigés contre deux professeures du département de ma fac de lettres, très organisées dans leurs entreprises d’auto-célébration – d’un incroyable niveau de pétasserie – que je trouvais – et je n’étais pas le seul ! – particulièrement exécrables et dont une insupportable couche d’autosuffisance que rien ne venait justifier me soulevait le cœur rien qu’à les croiser dans les couloirs. C’en était assez : je les convertis en objets d’une haine durable, avec une répugnance mêlée de profond dégoût qui dure jusqu’à aujourd’hui... Si quelqu’un pouvait me prendre par la main et m’éloigner de moi-même !

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La Familia de plus en plus grande. Cette affaire d’inceste est la dernière facture que les enfants de Mai 68 adressent à leurs parents. Dans cette lutte, la gauche intersectionnelle a eu la peau de la gauche caviar. Camille Kouchner et sa familia grande est l’arbre qui cache une forêt d’enfants blessés : Camille de Toledo (Alexis Mital), fils et petit-fils de patron de gauche, récure papa (patron de Danone) et maman (rédactrice en chef du Nouvel Obs) dans Thésée, sa vie nouvelle ; Virginie Linhart crucifie sa mère militante MLF dans L’effet maternel ; Raphaël Enthoven éparpille son père façon puzzle dans Le temps gagné ; Laurence Debray déboulonne la statue de Régis dans Fille de révolutionnaire ; Mao (!) Peninou, dans un documentaire (68, mes parents et moi), date son homosexualité du jour où, petit garçon, il a été terrorisé par les amies militantes MLF de sa mère, vantant les mérites de l’émasculation devant lui.Tout le monde était au courant mais personne ne mouftait ! Et la censure n’existe plus depuis longtemps !



On pense au propos de Léautaud dans ses Entretiens avec Robert Mallet, où ce qui touche à la famille, au sexe, à l’homosexualité, à l’armée, à la patrie et aux comportements des gens de lettres à la Libération avait été victime de la censure, ouverte et sans fard, de l’époque. Mallet et lui avaient dû revenir enregistrer certains passages pour les rendre conformes à ce que la radio tolérait. Ainsi, Léautaud notait le deux novembre mil neuf cent cinquante dans son Journal littéraire, à propos de la scène, racontée par lui, où son père couche avec sa mère et sa tante dans le même lit : « Le directeur de la radio a jugé qu’on ne pouvait offrir un pareil sujet aux familles, les familles dans la plupart desquelles il s’en passe bien d’autres. » Les Entretiens ont été publiés, sans censurer, par le Mercure de France en 1951.


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Bientôt 14 mois de bonheur. Depuis le 8 janvier 2020, les éructations, les bruits de lavements, de conduites et d’égouts se sont peu à peu imposés à nos oreilles, alors que les flonflons des rengaines bolivariano-podémites devenaient de plus en plus audibles. Car c’est bien le 8 janvier 2020 qu’avec effroi les Espagnols ont entendu battre la porte de leurs cabinets, les terrifiantes rumeurs sortant des cuvettes, sous le battement lancinant des lunettes et le cliquetis des chasses. Une pitoyable coalition socialo-chavézienne ressortait des fosses de l’Histoire pour se répandre dans une insoutenable puanteur sur tout notre pays. Ce fut juste le temps d’avant la pandémie et des helminthes triomphants, des ascaris couronnés, des cestodes exultants et des oxyures ébahis avaient repris le pouvoir… Leur première urgence fut d’éjecter la momie naphtalinée du vieux cadavre de Franco du mausolée de Cuelgamuros, Valle de los Caídos, près de Madrid, pour la simple raison que sa mémoire indisposait leur pimpante coalition au pouvoir. Audace que n’avait même pas osée un Felipe Gonzalez lorsqu’il est arrivé au gouvernement en 82. C'est dire. V’là donc une mesure courageuse ! Les fanas médiatiques de la mémoire démocratique s’en sont réjouis ! Même en France, s’il vous plaît, une certaine floraison moisie de fervents insoumis de la retirada a tressauté de joie médiatique… Là, très peu de mémoire des séides justiciers qui ont animé les maquis de la 25e heure, modérément harceleurs des Chleus sauf lorsqu’ils pouvaient en choper un sans risque, mais beaucoup fait dans la redistribution des richesses à l’usage exclusif des libérateurs. On pourra noter qu’ils ont aussi appliqué la plus juste des justices, inclusive justice avant la lettre, vraie à cent pour cent et sans modération, toujours à l’usage exclusif des vaincus et des femmes des vaincus héroïquement tondues et traînées nues dans les rues pour l’exemple, une fois que l’ennemi était loin. La somme de dévastations, d’horreurs et de souffrances subies par le peuple espagnol en guerre, en rien différente (à cette différence près que la loi des vainqueurs ne désigne et punit que les crimes des vaincus et passe ceux des vainqueurs à la trappe) de celle subie par l’ensemble de l’Europe immédiatement plus tard et décrites, explorées, analysées aussi bien l’une que l’autre jusqu’au moindre détail dans des millions de thèses, de mémoires, de livres, d'articles, de films, de témoignages, risquait d’être oubliée sans l’effort inestimable de nos superhéros justiciers au parlement… Il fallait bien que quelqu’un de courageux nous rappelle qu’il n’y avait que des anges d’un côté et des démons de l’autre… Les professionnels de la magouille qui nous gouvernent ne supportent plus le moindre obstacle sur leur parcours de folie reconstructrice.

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Pau Rivadulla " la voix de la classe ouvrière "
(défense de rire !)
Elle sait rire, la classe ouvrière ! L’histoire retiendra que cracher à la figure d’un débile artiste-rappeur de son état, fils d’un riche industriel catalan et petit-fils d’un lieutenant colonel franquiste réprimeur des maquis pyrénéens, convenablement présenté sous les projecteurs de nombreux médias de grand chemin comme un héros de la liberté d’expression, vous expose non seulement à une réputation plus que négative (méchant croque-mitaine fasciste !) mais également aux poursuites et incriminations les plus extrêmes, tandis que revendiquer en gueulant de travers comme ce rappeur de métier l’assassinat, le plastiquage et le massacre de tout ce qui bouge devrait vous donner automatiquement le droit à l’impunité voire la sympathie des vrais démocrates. Comprenne qui pourra… à moins que ce ne soit que trop facile à comprendre. Par un curieux retournement historique, pour les chavéziens espingouins, la démocratie ne peut pas exister sans leur approbation et supervision, cela implique donc d’écarter complètement leurs contradicteurs de la sphère publique et politique pour la faire fonctionner pleinement. Vu leur capacité pour imposer leurs vues à une social-démocratie idéologiquement moribonde, provisoirement son associée, ils réussiront sans trop de problème. Leur logique est imparable et l’histoire a démontré qu’ils ne reculent devant rien. Et, c'est pas papa qui va casquer pour les dégâts, dégradations et victimes résultant de l'enthousiasme de ses fans attroupés un peu partout... Que nenni ! On n'est pas la voix de la classe ouvrière rappeuse pour rien !

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Je lis de façon originale en ce moment : chaque jour je commence un livre nouveau, que je ne termine pas, et passe au suivant… L’ennui est trop souvent au rendez-vous !

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Paraboles

Présence indélébile des paraboles : Luc, 6, 41-45 – Matthieu 7, 3-5. « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » La lecture de certains touito-gazouillis complètement stupides ou insultants à propos de tout et de rien, me confirme dans mon attitude vis-à-vis de ce machin ou de Facebook – même foire aux cons ! – à savoir de n’y exprimer mes opinions qu’à des amis triés sur le volet selon des critères bien précis comme leur sens de l’humour, par exemple, leurs opinions politiques désabusées, proches ou non des miennes, compatibles ou pas forcément avec elles mais laissant voir une capacité à s’exprimer en bon français ou espagnol, ou basque, peu importe… Et surtout des personnes ayant suffisamment de recul critique pour ne pas s’engager dans des polémiques sans fondement autre que l’hypocrisie et aussi vaines que violentes.  Moyennant quoi on peut passer d’agréables moments à fréquenter ces foutus rezossossios. De toute façon, c’est ou se taire ou bien courir un risque, dans mon cas ce risque semble encore bien minime, mais qui sait ce qui peut arriver… ? Les maîtres-de-tout veillent au grain partout.

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@ Christian Houge
Nous nous éteindrons nous-mêmes. Avoir des qualités ne suffit pas. Pour satisfaire la vanité bourgeoise d’être quelqu’un, à moins d’un miracle, il vaut mieux, au départ, appartenir à un clan, s’inscrire dans une filière, s’aligner à quelque parti que ce soit pour mettre en valeur des capacités – souvent ataviques – à courber l’échine… faute de quoi on se verra toujours fatalement éloigné de toute espèce de dispensateurs de planques, de couronnement socialement rentable. Pas étonnant, à ce moment-là, de voir des girouettes politiques, médiatiques, universitaires, publicitaires, du monde de la gastronomie ou du cosmos de la finance qui s’intitulent elles-mêmes importantes pointer toujours leur nez dans la direction d’où vient le vent. Elles n’ont pour la plupart rien anticipé, rien prévu, rien apporté, rien foutu… mais elles règnent sur les esprits par le contrôle absolu de l’école, la communication, la publicité, le cinéma, les postes de direction… autant de bénédictions du vrai pouvoir. Ça peut basculer au fil des ans et sans décence du conservatisme obscène à une sorte de gauchisme vague et veule, niais et débectant mais toute remise en cause, toute critique sérieuse est immédiatement étouffée ou frappée d’opprobre sans le moindre examen et dans l’apathie générale. Abandon, déni, rejet de tout ce qui nous a fait ce que nous sommes devenus au bénéfice d’une tabula rasa offrant par seule et unique pitance des mots creux, des abstractions grotesques et vides que tout le monde croit comprendre, à la sauce d’une démagogie crétinisante… Il vaut mieux donc se vouer à la solitude et demeurer ignoré du grand nombre puisqu’on ne peut pas échapper à cette société toujours gavée de mensonges et jamais fatiguée de prendre des vessies pour des lanternes, épuisée et vautrée dans le culte imbécile de ce que ne pourra que la détruire.

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Signatures. Manifestes. Quelle caution morale attendre d’un écrivain ? Normalement, énorme distance, véritable fossé entre la lucidité d’une écriture – quand c’est le cas – et l’exaltation d’un comportement citoyen difficile à partager car inexplicable. Si déjà pour des intellectuels comme Sartre, malfaisant rêvant du bonheur du peuple à coups de matraque que prodiguaient les utopies égalitaires et ruineuses alors qu’il savait très bien ce que cela signifiait, une des pires enflures du vingtième siècle (« un anti-communiste est un chien »), aveuglé sans discontinuité devant les massacres jusqu’au moment où cela devenait tellement indécent qu’il fallait rapidement coiffer une casquette humanitaire, la question était délicate, que pourrait-on espérer des plumitifs torche-culs qui n’ont jamais fait que le jeu du mou progressisme professionnel, leur seul évangile, portant toujours une haine hystérique à cette nébuleuse appelée « la droite » ? Empêtrés dans le culte archi-usé, dans la mythologie imbécile de « les-soussignés-exigent », ils sont incapables de voir à quel point de tels discours peuvent inspirer un ennui accablant.

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Mémoire démocratique. Il y en a toujours de plus en plus des narrateurs pour souligner l’héroïsme qu’il y a eu à flinguer dans le dos un policier ou un conseiller municipal isolé à un coin de rue ou de plastiquer une caserne ou un supermarché et de se tirer vite fait tout en sachant, sans le plus léger trouble, qu’une inévitable répression tombera immanquablement sur la population, au risque pour certains d’y laisser leur peau. Et des hommages aux ordures qui se vantent sans état d'âme d’avoir commis pareilles prouesses sont toujours d'actualité. Du respect. C'est la moindre des choses. Pour ceux qui se pavaneront le cœur tranquille dans leur infamie, l’âme en paix et la reconnaissance de certains charognards qui parasitent le marigot politique avec leur monopole du récit des faits. Ah, le récit ! Hannah Arendt notait que c’est bien par le récit qui en est fait rétrospectivement qu’émerge pleinement le sens de ce qui a été vécu et que la vie acquiert sa forme d’aventure, de succession d’événements imprévisibles. Ce récit n'est possible que s'il apporte compréhension et réconciliation avec le passé, et Hannah Arendt suggérait même que c'est lui qui délivrera le jugement dernier. Autrement, pas de récit mais des histoires à dormir debout...

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