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vendredi 16 octobre 2026

Octobre morose. On attend la ronde des mésanges.


Jeudi 15 octobre. Aujourd’hui, c’est carrément le retour de l’été. Ce jeudi, le jour s’est levé sur plus de bleu que de gris. Direction Hendaye donc pour fêter, les pieds dans le sable, ce retour inopiné à la chaleur estivale.

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J’aimerais bien avoir une réponse pour le dilemme : est-ce la pensée qui crée la phrase ou bien la phrase génère-t-elle de la pensée ? Je soumettrai la question à ma source préférée, H(AGI)a Sophia, pour cogiter là-dessus.

https://www.rollingstone.fr/intelligence-artificielle-technologie-et-mysticisme/


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Bientôt, il ne sera plus possible de communiquer ce type de liens, surtout si c'est pour inviter les lecteurs éventuels à les ouvrir…

https://twitter.com/i/status/2104422583412064657

https://twitter.com/i/status/2104001467556540518

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À chaque fois qu’on a envie de se connecter à un réseau social pour être au courant du niveau des eaux fécales, pardon, de la confuse précampagne électorale déjà engagée, la voix off de la sagesse devrait proposer d'aller plutôt écouter quelque chose d’agréable sur Spotify.

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Salle d’attente à l’hôpital. Des êtres qui ne se connaissent pas peuvent s’asseoir côte à côte et, durant des heures, partager une intimité intense dans le stress, l’angoisse ou la douleur sans s’adresser un mot. La conversation est remplacée par les regards croisés où peuvent se lire des extraits des soucis que chacun éprouve en partageant cette matière commune de la maladie, la douleur, l’accident. On se rejoint quelque part en eux. Ce sont nos lieux communs au-delà des affects. On ne se dit rien et pourtant, il s’agit d’un vrai dialogue, car il y a une communication dans laquelle on ne peut que se rejoindre.

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Bestiaires. Après des lectures minutieuses, patientes, fruit de la curiosité (inassouvie), des bestiaires classiques : Bestiaires du moyen âge (Pastoureau), Bestiaire du Christ (Charbonneau-Lassay), Le bestiaire du Pape (Paravicine Bagliani), Le Physiologue (Bestiaire spirituel à l’usage des chrétiens d’après la transmission arménienne), je tombe par hasard sur l’un des plus célèbres et des plus denses micro-bestiaires qu’on puisse imaginer : « En envoyant les Douze, Jésus leur dit : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc prudents comme des serpents et purs comme des colombes » (Matthieu, 10-16). En seulement une phrase, nous sommes en présence d’un portrait saisissant de la condition humaine et spirituelle à travers quatre animaux : une brebis incarnant la vulnérabilité, l’innocence et la confiance du disciple face au monde ; un loup qui représente le danger extérieur, la violence et l’hostilité de la société ou des forces contraires ; un serpent, symbole millénaire de ruse, détourné positivement en l’occurrence pour signifier la prudence, l’intelligence tactique et la lucidité nécessaire pour éviter les pièges sans faire de mal ; un colombe pour évoquer la pureté, la droiture d’intention et la paix intérieure, veillant à ce que la prudence du serpent ne devienne jamais de la malveillance. On dirait un manuel d’équilibre moral : l’intelligence du serpent doit guider la douceur de la colombe pour permettre à la brebis de survivre au milieu des loups.

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Mémoires de nos pères. Les actuels réseaux propriétaires de « la gauche© » administrent, représentent et veillent à la gestion « du bon côté de l’Histoire© » (avec majuscule, SVP). Quel charabia ! Il faut avoir fréquenté des manifs, des fêtes du parti (par antonomase, et je ne pense pas à l’italien ni au français seulement !), des concentrations dans les années 70 du siècle passé pour constater l’énorme précipice qui sépare tout cet univers-là d’aujourd’hui. Le souvenir de l’immense fierté de voir flotter les pavillons de la Chine Populaire – qui aurait pu imaginer, à l’époque, le véritable sens du « bond en avant » qui conduirait ce pays, de la « longue marche » à la tête du monde, par son développement, sa technologie, par l’irruption à l’intérieur de ses frontières du vrai « progrès social » ? – de l’imposante URSS, de visiter le stand de Cuba et celui de la RDA, avec la puissance sonore des fanfares et la force des chants, l’enthousiasme qui suscitait le Viêt Nam héroïque et victorieux. On était un tiers du monde sur une étendue géographique qui faisait rêver. Près de se sentir invincible par le seul fait de se fréquenter. Le peuple au vrai sens du terme, la fraternité des camarades. Le tout en bonne tenue et le sérieux des discours des dirigeants. Rien à voir avec le ramassis beuglant de déchets wokistes de nos sociétés progressistes « occidentales », formatées sans retour en arrière, résultat d’une imprégnation profonde, totale et souvent irréversible des cultures, des modes de vie, des structures économiques et des imaginaires du monde par les modèles issus du cloaque angloaméricain.
Ingérence intérieure, colonisation extérieure, infiltration, enlèvement, assassinat, ingénierie sociale, tout est bon pour prendre le pouvoir là où il est faible, ou affaibli, et le maintenir, une fois occupé. C’est le cas de la version espagnole du « progressisme » sanchiste, amoncèlement d’agents plus ou moins déguisés du mondialisme sorosiano-sioniste rapidement converti en facilitateur de la néolibéralisation forcenée de la société (c’était sa mission !) en poussant des cris d’orfraie contre les dangers d’un fascisme chimérique, car historiquement vaincu, et dépassé, inexistant au-delà du terme employé comme insulte entre des gens du même bord, pour mieux cacher les dégâts de la politique concrète qu’ils appliquent. Parfois, dans ce monde néolibéral-sioniste sans pitié, où règne la loi du plus fort, du plus malin, du plus vicieux, du plus voleur, du plus menteur, du plus cruel, un petit miracle redonne de l’espoir : des gens courageux dénoncent les crimes quotidiens commis sans relâche par les fous furieux de Tel-Aviv, de Washington, de Bruxelles. Dans nos contrées droit-humanistes, démocratiques, férues de justice et d’égalité, on aimerait entendre partout dénoncer le génocide gazaoui, ce qui n’est pas le cas. Ou très rarement. Dans Prismes (1955), Theodor Adorno affirmait qu’« écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Peut-on encore tout simplement être " humaniste ", après Gaza ?

Nouvelles du front. Je me demandais par quel tour de passe-passe l’appareil sanchiste pourrait faire gagner son champion aux prochaines élections de novembre. Le gouvernement auto-intitulé socialiste ayant été discrédité par les gouvernements du Big Boss depuis la motion de censure de 2018 et ses candidats potentiels étant plutôt ectoplasmiques, cela me paraît acrobatique. Pour le PP et le parti VOX, il y a toujours la tarte à la crème du retour au franquisme de la main de la droite et l’extrême droite, mais les nervis du sanchisme fanatique qui tapent dur contre les média critiques, les juges (finalement, indulgents avec eux : amnistie, pardon, oubli de chacun de leurs méfaits ab initio de la transition vers la démocratie) et contre toute forme de critique adressée à leur corruption ininterrompue, rampante, progressive, trouvent de moins en moins de place sous le tapis volant bassement électoral de la défense de la veuve et de l’orphelin. Le prétendu soutien à la cause palestinienne (les cadavres de Gaza !), purement verbal, n’est finalement que du pipeau : les affaires avec l’entité sioniste continuent, les ambassades des deux côtés se portent bien. Merci. Cependant, je crois qu’ils sont en train de se tirer une balle dans le pied en attisant sans discernement le mouvement du syndicat de locataires (Sindicatos de Inquilinas e Inquilinos) et des plateformes « citoyennes » de campeurs étrangement financées. Après l’inaction gouvernementale, absolue, dans le secteur depuis des années, ce mouvement semblait subitement devenir un acteur politique incontournable de la crise du logement dans le pays. Mais l’appareil de propagande du parti socialiste semble avoir complètement perdu les pédales pour complaire à son électorat. « Bas les masques ! On est pour les familles ou pour les fonds vautours ! » hurlait à la tribune sa porte-parole. Le lendemain, rétropédalage fulminant. On découvrait que son mari figurait à la tête d’un holding familial dans l’immobilier, aux ramifications au Panama, qui procède à des expulsions de locataires et qui a bêtement oublié de s’acquitter de ses obligations fiscales (l'impôt sur les sociétés) les cinq dernières années. Pour ce qui est des campeurs sur La Puerta del Sol, le ministère de l’intérieur laisse pourrir la situation espérant que la population se mettra sagement en rang pour prendre conscience de la responsabilité de l'opposition dans cette crise, comme il se doit, et qu'elle votera, le moment venu, contre les fachos coupables de tout. Si vous voulez occuper les lieux emblématiques du centre-ville, manifester bruyamment, faire du bruit médiatique, la presse affidée et les autorités vous offrent carte blanche. Mais au moment où ils se sont mis au parlement à taper sur « les fonds vautours » en vociférant, eux, qui se foutent des petits porteurs comme de leur première chemise et qui comptent dans leurs propres rangs un nombre plus que respectable de propriétaires et maxi-propriétaires dans le secteur, l’opinion semble prendre l'affaire à la rigolade.
On a l’impression d’assister au déroulement du même vaudeville : on est farouchement féministe mais on ferme pieusement les yeux devant les nombreuses maisons closes qui fonctionnent à plein régime pour arrondir les fins de mois de beau-papa ; leur prédicateur officiel, miroir moral de la gauche©, roucoulant comme un pinson, se vante de faire preuve du détachement matériel le plus pur et le plus altruiste qui soit, et le voilà qui apparaît soudain paré de bijoux, de colliers et de montres, charpenté comme une Castafiore… Faut-il s’étonner qu’un commando de la bande ait rendu la vie impossible à une juge chargée de l’instruction de l’affaire de cette espèce de merlan frit du frère musicien du Boss ? Que le parti même soit à deux doigts de connaitre la mise en examen par financement illégal ? Qui sait ce qui pourra se passer le 29 novembre ? On finira peut-être, en majorité, par aimer nos bourreaux. On voit bien des électeurs continuer à voter, imperturbables, pour les sinistres politicailleurs qui ont détruit, méthodiquement, au profit d’intérêts étrangers et de lobbyistes de tout poil, le pays, ses communautés autonomes, sa population et son mode de vie.
Ruinée par des crapules otanistes qui travaillent pour l’« étranger », l’Espagne est une démocratie partitocratique entre les mains d’une oligarchie vérolée, une tyrannie financière qui repose sur la propagande et la corruption. Le pouvoir se défait donc, par les politiques concrètes qu’il applique mais, par là même aussi, il se fait. Il se fait dans la mesure même où il semble s’effilocher, se lézarder, partir en poussière. Tout repose sur un simple « récit » qui remplace la réalité. Mon « récit » contre le vôtre. Au diable les faits « bruts » ! L’essentiel est le pouvoir caché qui contrôle le flux des récits. Et le mot fatidique apparaît : le complot ! Tout argument sera réduit aux cendres complotistes. Si le bien-fondé de l’argument apparaît un jour, tant pis, ce sera trop tard. On rejoint ici la théorie de la main invisible, chère au libéralisme historique, sauf que la main n’a rien ici d’invisible, elle est, au contraire, on ne peut plus visible. Mieux encore, elle ne fait rien pour se cacher. Le pouvoir encourage l’affrontement et le désordre. Il les subventionne même, et pourtant, il ne les subventionne pas pour lui-même, il n’est pas fou (ni de gauche© ou encore moins d’extrême gauche©), il les subventionne pour SON ordre propre à lui dont il est le fondement, au maintien duquel il concourt malgré son apparence radicale. L’ordre par le désordre, voilà la formule. Désordre politique, mais aussi moral, social, culturel. Autant que possible, le pouvoir s’emploie à brouiller les cartes, à priver les individus de leurs repères coutumiers. L’objectif est de les déstabiliser, de les rendre étrangers à leur propre environnement. La réalité les fuit, leurs sens sont anesthésiés. Ils ignorent d’où ils viennent et où ils vont, ils ne savent même pas, bien souvent, de quoi on parle quand on parle d'eux, précisément. Parfois, c’est l’émeute, les casseurs entrent en scène. Ou l’invasion du territoire, cachée cyniquement sous s’appellation de crise migratoire. Mais, là encore, qu’y faire ? L’obsession sécuritaire plane. Un même mouvement entraîne ainsi toute chose, seul le pouvoir échappe à l’universelle dissolution. L’individu se raccroche donc à lui, à ce « récit » riche en hyperboles progressistes bien construites, comme à une bouée miraculeuse pour contrôler tous les risques et endiguer toutes les peurs par le contrôle, la norme et la répression. C’est son seul recours, l’unique point fixe émergeant à chaque fois dans la tourmente, après chaque crise.



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