Jeudi 15 octobre. Aujourd’hui, c’est carrément le retour de l’été. Ce jeudi, le jour s’est levé sur plus de bleu que de gris. Direction Hendaye donc pour fêter, les pieds dans le sable, ce retour inopiné à la chaleur estivale.
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J’aimerais
bien avoir une réponse pour le dilemme : est-ce la pensée qui crée la
phrase ou bien la phrase génère-t-elle de la pensée ? Je
soumettrai la question à ma source préférée,
H(AGI)a Sophia, pour cogiter
là-dessus.
https://www.rollingstone.fr/intelligence-artificielle-technologie-et-mysticisme/
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Bientôt, il ne
sera plus possible de communiquer ce type de liens, surtout si c'est pour inviter les lecteurs éventuels à les
ouvrir…
https://twitter.com/i/status/2104422583412064657
https://twitter.com/i/status/2104001467556540518
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À chaque
fois qu’on a envie de se connecter à un réseau social pour être au courant
du niveau des eaux fécales, pardon, de la confuse précampagne électorale déjà engagée, la voix off de la sagesse devrait proposer d'aller plutôt écouter quelque chose d’agréable sur Spotify.
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Salle
d’attente à l’hôpital. Des êtres qui ne se connaissent pas peuvent
s’asseoir côte à côte et, durant des heures, partager une intimité intense dans
le stress, l’angoisse ou la douleur sans s’adresser un mot. La conversation est
remplacée par les regards croisés où peuvent se lire des extraits des soucis que
chacun éprouve en partageant cette matière commune de la maladie, la
douleur, l’accident. On se rejoint quelque part en eux. Ce sont nos lieux
communs au-delà des affects. On ne se dit rien et pourtant, il s’agit d’un vrai
dialogue, car il y a une communication dans laquelle on ne peut que se
rejoindre.
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Bestiaires. Après des lectures minutieuses, patientes, fruit
de la curiosité (inassouvie), des bestiaires
classiques : Bestiaires du moyen âge (Pastoureau), Bestiaire du
Christ (Charbonneau-Lassay), Le bestiaire du Pape (Paravicine
Bagliani), Le Physiologue (Bestiaire spirituel à l’usage des chrétiens d’après
la transmission arménienne), je tombe par hasard sur l’un des plus célèbres et des
plus denses micro-bestiaires qu’on puisse imaginer : « En envoyant les
Douze, Jésus leur dit : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des
loups ; soyez donc prudents comme des serpents et purs comme des colombes » (Matthieu,
10-16). En seulement une phrase, nous sommes en présence d’un portrait
saisissant de la condition humaine et spirituelle à travers quatre animaux : une
brebis incarnant la vulnérabilité, l’innocence et la confiance du
disciple face au monde ; un loup qui représente le danger
extérieur, la violence et l’hostilité de la société ou des forces contraires ;
un serpent, symbole millénaire de ruse, détourné positivement en
l’occurrence pour signifier la prudence, l’intelligence tactique et la lucidité
nécessaire pour éviter les pièges sans faire de mal ; un colombe pour évoquer
la pureté, la droiture d’intention et la paix intérieure, veillant à ce que la
prudence du serpent ne devienne jamais de la malveillance. On dirait un manuel d’équilibre
moral : l’intelligence du serpent doit guider la douceur de la colombe pour
permettre à la brebis de survivre au milieu des loups.
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Mémoires de nos pères. Les actuels réseaux propriétaires de « la
gauche© » administrent, représentent et veillent à la gestion « du bon
côté de l’Histoire© » (avec majuscule, SVP). Quel charabia ! Il faut
avoir fréquenté des manifs, des fêtes du parti (par antonomase, et je ne pense
pas à l’italien ni au français seulement !), des concentrations dans les
années 70 du siècle passé pour constater l’énorme précipice qui sépare tout cet
univers-là d’aujourd’hui. Le souvenir de l’immense fierté de voir flotter les
pavillons de la Chine Populaire – qui aurait pu imaginer, à l’époque, le
véritable sens du « bond en avant » qui conduirait ce pays, de la « longue
marche » à la tête du monde, par son développement, sa technologie, par
l’irruption à l’intérieur de ses frontières du vrai « progrès social » ?
– de l’imposante URSS, de visiter le stand de Cuba et celui de la RDA, avec la
puissance sonore des fanfares et la force des chants, l’enthousiasme qui
suscitait le Viêt Nam héroïque et victorieux. On était un tiers du monde sur
une étendue géographique qui faisait rêver. Près de se sentir invincible par le
seul fait de se fréquenter. Le peuple au vrai sens du terme, la fraternité des
camarades. Le tout en bonne tenue et le sérieux des discours des dirigeants.
Rien à voir avec le ramassis beuglant de déchets wokistes de nos
sociétés progressistes « occidentales », formatées sans retour en arrière, résultat d’une imprégnation profonde, totale et souvent irréversible des
cultures, des modes de vie, des structures économiques et des imaginaires du
monde par les modèles issus du cloaque angloaméricain. Ingérence intérieure, colonisation extérieure, infiltration, enlèvement, assassinat, ingénierie sociale, tout est bon pour prendre le pouvoir là où il est faible, ou affaibli, et le maintenir, une fois occupé. C’est le cas de la version espagnole du « progressisme » sanchiste, amoncèlement d’agents plus ou moins déguisés du mondialisme sorosiano-sioniste rapidement converti en facilitateur de la néolibéralisation forcenée de la société (c’était sa mission !) en poussant des cris d’orfraie contre les dangers d’un fascisme chimérique, car historiquement vaincu, et dépassé, inexistant au-delà du terme employé comme insulte entre des gens du même bord, pour mieux cacher les dégâts de la politique concrète qu’ils appliquent. Parfois, dans ce monde néolibéral-sioniste sans pitié, où règne la loi du plus fort, du plus malin, du plus vicieux, du plus voleur, du plus menteur, du plus cruel, un petit miracle redonne de l’espoir : des gens courageux dénoncent les crimes quotidiens commis sans relâche par les fous furieux de Tel-Aviv, de Washington, de Bruxelles. Dans nos contrées droit-humanistes, démocratiques, férues de justice et d’égalité, on aimerait entendre partout dénoncer le génocide gazaoui, ce qui n’est pas le cas. Ou très rarement. Dans Prismes (1955), Theodor Adorno affirmait qu’« écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Peut-on encore tout simplement être " humaniste ", après Gaza ?
Nouvelles du front. Je me demandais par quel tour de
passe-passe l’appareil sanchiste pourrait faire gagner son champion aux
prochaines élections de novembre. Le gouvernement auto-intitulé socialiste
ayant été discrédité par les gouvernements du Big Boss depuis la motion de
censure de 2018 et ses candidats potentiels étant plutôt ectoplasmiques, cela
me paraît acrobatique. Pour le PP et le parti VOX, il y a toujours la tarte à
la crème du retour au franquisme de la main de la droite et l’extrême droite, mais
les nervis du sanchisme fanatique qui tapent dur contre les média critiques,
les juges (finalement, indulgents avec eux : amnistie, pardon, oubli de
chacun de leurs méfaits ab initio de la transition vers la démocratie) et
contre toute forme de critique adressée à leur corruption ininterrompue,
rampante, progressive, trouvent de moins en moins de place sous le tapis volant
bassement électoral de la défense de la veuve et de l’orphelin. Le prétendu
soutien à la cause palestinienne (les cadavres de Gaza !), purement verbal,
n’est finalement que du pipeau : les affaires avec l’entité sioniste
continuent, les ambassades des deux côtés se portent bien. Merci. Cependant, je
crois qu’ils sont en train de se tirer une balle dans le pied en attisant sans
discernement le mouvement du syndicat de locataires (Sindicatos
de Inquilinas e Inquilinos) et des plateformes « citoyennes »
de campeurs étrangement financées. Après l’inaction gouvernementale,
absolue, dans le secteur depuis des années,
ce mouvement semblait subitement devenir un acteur politique incontournable de la crise du
logement dans le pays. Mais l’appareil de propagande du parti socialiste semble avoir complètement perdu les pédales pour complaire à son électorat. « Bas les masques ! On est pour les familles ou pour les fonds vautours ! » hurlait à
la tribune sa porte-parole. Le lendemain, rétropédalage fulminant. On découvrait que son mari figurait à la tête d’un holding familial dans l’immobilier, aux ramifications au Panama, qui procède à des
expulsions de locataires et qui a bêtement oublié de s’acquitter de ses
obligations fiscales (l'impôt sur les sociétés) les cinq dernières années. Pour ce qui est des campeurs sur La Puerta del Sol, le ministère de l’intérieur laisse
pourrir la situation espérant que la population se mettra sagement en rang pour prendre conscience de la responsabilité de l'opposition dans cette crise, comme il se doit, et qu'elle votera, le moment venu, contre les fachos coupables de tout. Si vous
voulez occuper les lieux emblématiques du centre-ville, manifester bruyamment, faire
du bruit médiatique, la presse affidée et les autorités vous offrent carte
blanche. Mais au moment où ils se sont mis au parlement à taper sur « les fonds
vautours » en vociférant, eux, qui se foutent des petits porteurs comme de leur première
chemise et qui comptent dans leurs propres rangs un nombre plus que respectable de
propriétaires et maxi-propriétaires dans le secteur, l’opinion semble prendre l'affaire à la rigolade. 
On a
l’impression d’assister au déroulement du même vaudeville : on est
farouchement féministe mais on ferme pieusement les yeux devant les nombreuses
maisons closes qui fonctionnent à plein régime pour arrondir les fins de mois de
beau-papa ; leur prédicateur officiel, miroir moral de la gauche©, roucoulant
comme un pinson, se vante de faire preuve du détachement matériel le plus pur
et le plus altruiste qui soit, et le voilà qui apparaît soudain paré de bijoux,
de colliers et de montres, charpenté comme une Castafiore… Faut-il
s’étonner qu’un commando de la bande ait rendu la vie impossible à une juge
chargée de l’instruction de l’affaire de cette espèce de merlan frit du frère
musicien du Boss ? Que le parti même soit à deux doigts de connaitre la
mise en examen par financement illégal ? Qui sait ce qui pourra se passer
le 29 novembre ? On finira peut-être, en majorité, par aimer nos bourreaux.
On voit bien des électeurs continuer à voter, imperturbables, pour les sinistres
politicailleurs qui ont détruit, méthodiquement, au profit d’intérêts étrangers
et de lobbyistes de tout poil, le pays, ses communautés autonomes, sa
population et son mode de vie.Ruinée par des crapules otanistes qui travaillent pour l’« étranger », l’Espagne est une démocratie partitocratique entre les mains d’une oligarchie
vérolée, une tyrannie financière qui repose sur la propagande et la corruption.
Le pouvoir se défait donc, par les politiques concrètes qu’il applique mais, par là même
aussi, il se fait. Il se fait dans la mesure même où il semble s’effilocher, se
lézarder, partir en poussière. Tout repose sur un simple « récit »
qui remplace la réalité. Mon « récit » contre le vôtre. Au diable les
faits « bruts » ! L’essentiel est le pouvoir caché qui
contrôle le flux des récits. Et le mot fatidique apparaît : le complot ! Tout argument sera réduit aux cendres complotistes. Si le bien-fondé de l’argument
apparaît un jour, tant pis, ce sera trop tard. On rejoint ici la théorie de la main
invisible, chère au libéralisme historique, sauf que la main n’a rien ici d’invisible,
elle est, au contraire, on ne peut plus visible. Mieux encore, elle ne fait rien
pour se cacher. Le pouvoir encourage l’affrontement et le désordre. Il les subventionne même, et pourtant, il ne les subventionne pas pour lui-même, il n’est pas fou
(ni de gauche© ou encore moins d’extrême gauche©), il les subventionne pour SON ordre
propre à lui dont il est le fondement, au maintien duquel il concourt malgré son
apparence radicale. L’ordre par le désordre, voilà la formule. Désordre
politique, mais aussi moral, social, culturel. Autant que possible, le pouvoir
s’emploie à brouiller les cartes, à priver les individus de leurs repères
coutumiers. L’objectif est de les déstabiliser, de les rendre étrangers à leur
propre environnement. La réalité les fuit, leurs sens sont anesthésiés. Ils
ignorent d’où ils viennent et où ils vont, ils ne savent même pas, bien souvent, de
quoi on parle quand on parle d'eux, précisément. Parfois, c’est l’émeute, les casseurs entrent en scène. Ou l’invasion
du territoire, cachée cyniquement sous s’appellation de crise migratoire.
Mais, là encore, qu’y faire ? L’obsession sécuritaire plane. Un même mouvement entraîne ainsi toute chose,
seul le pouvoir échappe à l’universelle dissolution. L’individu se raccroche
donc à lui, à ce « récit » riche en hyperboles progressistes bien construites, comme à une bouée
miraculeuse pour contrôler tous les risques et endiguer toutes les peurs par le
contrôle, la norme et la répression. C’est son seul recours, l’unique point
fixe émergeant à chaque fois dans la tourmente, après chaque crise.