In memoriam
Fatima Ftouni & Mohamed Ftouni
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Retraité coriace. Je discutais avec deux amis, il y a quelques semaines, à propos de ma vie de pensionné par l’État. Cette année a marqué l’onzième anniversaire de mon départ à la retraite. Un anniversaire que je fête toujours avec discrétion. Il n’est pas toujours bien vu de dire que l’on a cessé de travailler à l’âge de soixante et un ans. On passe pour un privilégié. Ce « privilège » était bien légiféré et cadrait parfaitement avec ma situation administrative. Lauréat de trois concours de l’éducation nationale (secondaire, école de langues, supérieur) ayant débuté très jeune, j’aurais pu partir avant mais j’ai préféré prolonger ma situation pour répondre à certains engagements avec la vice-présidence aux relations internationales de mon université. C’est une des raisons qui faisait que j’hésitais avant mon départ définitif. L’autre étant le « privilège » d’avoir beaucoup de vacances, progressivement grignotées vers la fin. Justement, pour abolir toute sorte de « privilèges » la figure magique de P.S. est sortie du néant du marigot politique. Avant la chute de cette météorite progressiste, devenir maître de conférences ou, plus encore, professeur des universités relevait d’un parcours semé d’embûches, d’une série d'étapes, de démarches et d'épreuves à franchir pour arriver à bon port avant d’atteindre l’objectif précis. En un tour de passe-passe, qu'il s'agisse d'une formalité administrative, d'une reconversion professionnelle ou d'une procédure de concours dans des marchés publics, ce qui demandait généralement de la publicité, de la méthode et de la persévérance à travers une série d'étapes, est devenu sous ce grand homme d'État aux démêlés judiciaires retentissants carrément simplissime. La volonté de ce rabelaisien Maître Hydrocureur absolu supplée à tout. Son auguste épouse, Gargamelle, riche d’un niveau d’études d’à peu près bac moins dix, s’est vue récompensée d’une promotion miraculeuse à l’Universidad Complutense en guise de distinction valorisante pour sa condition de conjointe du Conducator : Professeure des Universités ! Qui dit mieux ? À celles et ceux qui la jalousaient de jouir de ce filon, titre prestigieux régi par des textes officiels précis pour le commun des mortels, je réponds sur ce que je répondais à celles et ceux qui jalousaient son mari Grandgousier d’être reçu docteur sans avoir fait de thèse (ce sont les mêmes haineux et envieux) : « Que n’as-tu fait comme eux ? » Il suffisait d’avoir des connaissances bien placées pour passer une commande de thèse, vite fait de bric et de broc fait et, avec le feu vert d’un jury complaisant, se voir investi d’un titre marquant l'aboutissement du plus haut grade universitaire. « Qui peut le plus, peut le moins », Big Boss est bien capable de ce genre d’exploits complexes et exigeants et, à plus forte raison, de réaliser des actions plus simples : trouver un poste de chef suprême du Bureau des arts du Spectacle pour son frérot, incapable, à l’heure qu’il est, d’expliquer distinctement où pourrait bien se trouver ce mystérieux bureau de malheur ou de manifester de vive voix ce qu’il était censé y branler chaque jour que Dieu fait. À quoi bon continuer ? Ma « dose périodique de râle » n'étant pas une mesure médicale ou scientifique qualifiée, devrait être interprétée comme un besoin de décompression. En réalité, rien ne vaut une bonne bouffée d'air iodé pour évacuer les tensions : direction la Playa de San Juan ou la Playa de la Almadraba pour une promenade revigorante face à la mer. Onze ans de retraite, ça se fête mais sans trop de tambours et encore moins de trompettes, vu le prix à payer : une calamité nommée vieillesse.
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Cherchez les sept différences. Moi je n’en vois
pas. Entre le
politicaillon le plus proche de vous et un homme d’honneur. L'expression
"un homme d'honneur" désigne une personne dont la droiture, la
loyauté et le respect de la parole donnée sont les piliers de son comportement.
C'est quelqu'un sur qui l'on peut indéfectiblement compter, qui ne trahit
jamais ses engagements et qui privilégie toujours l'intégrité morale plutôt que
son intérêt personnel.
Quelle est la différence entre un pigeon ?
Quel âge avait Rimbaud ?
Le russe Ichlakof a fait 8 mètres au saut en longueur, pouvez vous dire mieux ?
"SPAIN IS BACK IN FULL FORCE": Trump subjugates Pedro ... En l’absence de toute volonté d’élections qui risqueraient un changement de majorité électorale, le chef du gouvernement espagnol, fort de l’appui de la gauche idéologico-bobo la plus blette et des souverainistes périphériques prédateurs, complices complaisants, s’enferme dans son bunker en attendant la fin de l’orage. Il est redevenu ami de l’Orang-outan Orange qui occupe la Maison Blanche ! Il a fallu faire amende honorable et les affaires pour donner des sous directement à l’OTAN en vue de financer ses opérations militaires et ses infrastructures semblent florissantes. Et vous croyiez que rien n’allait plus avec l’entité sioniste ? Au contraire, tout roule, on s’entend à merveille, en parfaite synergie ! Et si les chavistes vénézuéliens ont plié l’échine, eux, qui se considéraient avec suffisance les lumières guidant le peuple, alors qu’en réalité ils n’étaient que la pompe à finances, la vache à lait, pardon, à pétrole, de l’internationale socialiste, que voulez-vous que fasse sa version ibérique !
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Voiture électrique ? J’ai accompagné trois fois N. pour la recharge de sa voiture électrique. Il
faut d’abord qu’il repère sur son application une borne de recharge accessible.
La première fois, il m’avait dit « je t’offre un petit café au bar du coin
le temps de la recharge ». C’est assez impressionnant la recharge d’une
voiture électrique ! Il faut deux cartes, celle de l’abonné, la carte
bancaire pour payer, mais aussi l’application du téléphone portable pour
vérifier que tout fonctionne bien. Et je le regardais faire, taper des choses
sur un clavier, passer une carte, puis une autre, pour enfin brancher une lourde prise
électrique qu’il avait dans son coffre, capable d’assommer un bœuf. Rien que
cela a pris pas loin de 10 minutes, quand enfin, il me dit triomphant « on
peut y aller ». Cela n’exclut pas la possibilité, après le petit café ou
la cannette, que la charge n’ait pas fonctionné, la borne étant hors d’usage ou
fonctionnant de travers. On essaie toujours de me vendre une Puma électrique.
Primes de ceci, déductions de cela, reprise du vieux véhicule. Mais je reste
réticent, je pense que la voiture électrique « propre » est une
légende. De plus, c’est bourré d’électronique invasive qui surveille vos
moindres faits et gestes. Insupportable pour moi.
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Mélancolies. Je reste profondément marqué par les préceptes inviolables qui ont jalonné mon enfance. Poser le pain à l'envers sur la table portait malheur selon la croyance populaire. Chaque jour me révèle à quel point je suis encore habité par les impératifs intouchables de mes parents. Aujourd'hui encore, je ne puis croiser un morceau de pain posé à l’envers, dans le panier d’un restaurant ou partout ailleurs, sans éprouver le besoin spontané de le retourner la croûte vers le haut. J’ai gardé de l’enfance ce rapport sacré au pain, héritage d’un temps difficile et révolu où mes parents et ses proches ne mangeaient pas tous les jours à leur faim.
Faire preuve : comment nos sociétés distinguent le vrai du faux ? Il réside en nous une passion pour la vérité qui nous consume mis le sensationnel se propage beaucoup plus vite qu'une recherche factuelle rigoureuse. Les approches post-vérité s'apparentent à des constructions autonomes où l'intuition, l'émotion ou des croyances non vérifiables, fuyant la réfutation, l'esprit critique et la reproductibilité propres à la démarche scientifique remplacent fougueusement l'autorité des "maîtres" ou des "sachants". Le mot « maître » vient du latin magister : magis (plus) et stare (se tenir debout). La reconnaissance de la prééminence du maître était universelle : le nom « Confucius », vénéré en Chine, signifie « roi des maîtres ». Les Grecs réservaient le nom de « maître » aux philosophes les plus sages : didaskalon, celui qui enseigne la sagesse. Dans la République romaine, il était réservé au magistrat qui venait en dignité après le dictateur. Les Juifs appelaient également « maître » les hommes les plus éminents. Et Jésus-Christ lui-même, reconnu comme Fils de Dieu, était appelé « Maître ». Au Moyen Âge, avec l’apparition des universités, « maître » équivalait à docteur, le grade suprême dans l’enseignement. C'est aux XIXe et XXe siècles, à partir du mouvement pédagogique inspiré par Rousseau, qu'apparaît un mépris manifeste envers l'autorité du maître. Dans toutes les cultures, la transmission de la sagesse s’est toujours faite par le biais de l’institution du disciple : la personne en relation directe avec le maître. Le maître incarnerait la meilleure image de la fenêtre qui, elle-même, ne donne pas de lumière mais la laisse simplement passer. La métaphore d’Augustin d’Hippone : « Ce n’est pas le maître qui éclaire de sa lumière l’âme de l’élève. De la même manière que quelqu’un éclaire une maison en ouvrant ses fenêtres, ainsi le maître, en laissant passer la lumière de la vérité, fait en sorte que ce soit la vérité elle-même qui éclaire l’âme de l’élève » (Discours sur les Psaumes, 118, 18, 14). Celui qui enseigne doit aussi écouter un « maître intérieur », nous dit-il : « Pourquoi aimes-tu tant parler et si peu écouter ? Tu es toujours hors de toi-même, et tu refuses de revenir à toi. Celui qui enseigne véritablement est à l’intérieur ; en revanche, lorsque tu essaies d’enseigner, tu sors de toi-même et tu vas à l’extérieur. Écoute d’abord celui qui parle en toi, puis, de l’intérieur, parle ensuite à ceux qui sont à l’extérieur » (Discours sur les Psaumes, 139, 15). L’acte éducatif (< éduquer < educare, lui-même fréquentatif du verbe educere, composé du préfixe ex- « hors de » et du verbe ducere, « tirer », « conduire ») reposerait sur des propositions d’interprétation d’un réel contextuel dans la réalité totale. Il se justifierait par la nécessité de chaque personne de combler trois besoins fondamentaux : celui de vivre, celui de comprendre, et celui d’aimer et d’être aimé. Pour la « pensée molle » (Finkielkraut), il est vain de se demander si ce que l’on pense est vrai ou faux : chaque opinion et son contraire ont la même valeur. Toutes les opinions doivent être respectées. Mais la passion pour la vérité qui habite le commun des mortels restera toujours la plus forte. Cette passion s’éteint lorsqu’on introduit dans son cœur le soupçon que ce qu’il désire n’existe pas : que la vérité n’a pas de sens parce qu’elle est vide de contenu. Cela se produit aussi lorsqu’on affirme qu’il n’existe pas de véritable distinction entre justice et injustice, car il n’y a que l’utilité et l’intérêt ; lorsqu’on affirme qu’il n’y a pas de vérité, mais seulement des opinions ; lorsqu’on affirme que tout lien social est utopique et que la relation entre les personnes ne peut se configurer que comme une coexistence d’égoïsmes opposés. Avoir la passion de la vérité à l'ère des fakes (infox, deepfakes) est devenu un acte de résistance intellectuelle.
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