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mercredi 31 mai 2023

Il faut aimer la pluie ...

R. conserve visible en haut du sternum, à quelques centimètres de la base du cou, une petite pointe de fil de suture synthétique, comme ces brins de laine qui sortent d’un pull et menacent de le détricoter entièrement. Tirer sur ce fil serait facile, mais le courage me manque pour aller un brin trop loin au risque de la déconstruire, ma petite R. bien aimée !

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Avant de fermer les volets, je me rends à la terrasse solarium, point d’observation idéal pour profiter de la chute de la nuit. Il fait bon et une pluie tiède, fine, tombe doucement. Je reste un long moment devant les broussailles et les arbres en face au feuillage épais. Seul. La nuit progresse insensiblement. J'observe la végétation silencieuse, trempée, avec des reflets vaguement orangeâtres dont je n’arrive pas à expliquer l’origine (pollution lumineuse de Rentería ?) et des transparences fluctuantes du haut de la rue Général Freire. Je me demande quels événements vont survenir dans nos vies et je ne vois pas ce qui pourrait m'arriver d'autre que de rester là à attendre ce qui adviendra. Il m'arrive de penser, sans que cela me fasse trop de peine, que j’ai vieilli - je vais bientôt en avoir soixante-dix ans, je m'en aperçois calmement – et ce n'est pas une pensée triste. Du tout. Les gouttes tombent toujours sur les tuiles qui se laissent caresser, reluisantes et dociles. Une forte humidité flotte au-dessus des arbres et je vois emprisonnée, entre elle et la surface du toit légèrement descendant, cette nostalgie secrète que je garde en moi depuis mon enfance, hors de moi, séduisante et inoffensive. Je ferme tout. Je souhaite bonne nuit à des étagères engorgées de livres mille fois visités. Je les laisse dériver dans la nuit avec la trame qui les porte et les mots que j'ai écrits dessus, flottant au hasard sur des souvenirs fatigués de sortir chaque nuit de ma tête comme des corbeaux anxieux de sortir de l’Arche en éclaireurs.



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J'ai connu dans le temps une caverne du même genre que celle de Platon, tôt dans ma vie : le groupe de théâtre Samuel Beckett où j'ai passé des heures enchantées, entouré d’amis merveilleux, de textes en vrac, de conférences, de répétitions de pièces, de veillées pour refaire le monde… Tous ces noms juvéniles éloignés, à peine conservés dans ma mémoire dont je faisais des modèles à suivre ou des échantillons grotesques à détester. La vraie vie. L'érotisme des rencontres avant celle des corps. On prenait des poses sublimes. Nos corps baignaient dans une effervescence urgente et nos esprits étaient en bataille, le cocktail parfait. Le mot qui me vient, quand j'y pense, c'est rafale. Ces heures étaient placées sous le signe de l’orage fantastique. La poésie collait dessus : il fallait lire, rêver, expérimenter, composer, créer des rencontres et des liens entre les choses, les formes, les textes et les gens. Le rêve déposait sur nos têtes son temps idéal et singulier, qui deviendrait plus tard accomplissement ou chimère, peu importe. L’avenir se situait à des milliers de kilomètres de chez nous. Et pourtant …

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Je dois aller me faire faire une prise de sang, dans quelques jours. Je me fous du résultat des analyses tant que ma petite infirmière personnelle sera à mes côtés. Je regrette d'ailleurs qu’elle ne soit plus à l’hôpital pour qu’elle remplisse six ou sept flacons de mon sang d’avant, de mon jeune sang.

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En raison du déclin de la population basque et de ses effets économiques vérifiables, le déficit en Espagne des pensions contributives en 2022 a été de plus de 4 000 millions d'euros, doublant le déficit de 2013. Ainsi, il s'avère qu'actuellement le Pays Basque est responsable du 11 % du déficit national, alors que sa population ne représente que 4,5 % de l’Espagne. Cela s'explique par le fait que la population basque est plus âgée (près de 25% des citoyens basques ont 65 ans ou plus) et que leurs pensions de retraite sont les plus élevées du système général de la sécurité sociale espagnole, avec une moyenne actuelle qui dépasse 1 900 euros/mois. En 2022, le coût annuel des retraites au Pays Basque a dépassé les 10 000 millions d'euros. De ce montant, 45% des pensions proviennent du reste de l'Espagne dans son ensemble. Et le pourcentage de ce déficit basque augmente progressivement d'année en année.

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Le téléspectateur ne comprend toujours pas que la télévision est un égout qui lui pollue le cerveau en déversant partout des excréments idéologiques. Dans son salon, dans ses chambres et, surtout, dans sa volonté. Le téléspectateur ne comprend toujours pas que les journalistes, qui devraient rester neutres en ne diffusant que l’information au sens factuel de ce qu’elle est, selon leur charte et leurs devoirs, ne sont que des propagandistes de la politique du moment ou d’une idéologie sous-jacente. Nous ne pouvons que leur recommander de lire Propaganda (1928) d’Edward Bernays ou son pendant explicatif, paru 60 ans plus tard, Fabrication du consentement, d’un autre Edward, Herman celui-là, avec son collègue linguiste Noam Chomsky.




mardi 16 mai 2023

« Pour la première fois, j’entends quelqu’un venir »


Nuits d’hôpital. Ce qu'ils peuvent m'énerver, avec leur « courage, il faut aller de l’avant » ! Dans un lit d’hôpital, on ne se demande pas s’il faut aller de l’avant. Le lit flotte dans les ténèbres de la nuit et la malade, sans sommeil, subit du violent tangage de son corps immobile et du roulis électronique des engins qui la maintiennent en vie. Mon cerveau fait des phrases courtes et intermittentes qui amènent avec elles autre chose que le sens, elles s'appuient sur des béquilles sans lesquelles elles seraient incompréhensibles parce que trop singulières : il leur faut créer une sorte de matière souple et gluante qui les rend assimilables en même temps qu'elle les éloigne de la catastrophe aux aguets. Comme pour les rêves qu'on tente de raconter au réveil, la réalité accélérée de chaque nuit raide se dérobe sous la pensée, au fur et à mesure que les mots s'ajoutent aux mots. Alors l'accompagnateur de la malade se console en constatant que ce qu’il pense, ce qu’il fabrique dans son cerveau est plus intéressant que la réalité. Il se pense lui-même pour avoir un instantané de lui-même en train de veiller, et son immobilité se confond avec la matière inénarrable du rêve. Alors, il se décrit ce qui se passe et ce qui pourrait se passer et ajoute à ses phrases purement mentales le mouvement de la vie reconstituée ou anticipée et c'est ce mouvement ajouté qui lui donne le sentiment de protéger les deux vies, la sienne et celle de la malade. Mais c'est précisément cette sensation qui pose problème… Au fil des heures, on tourne en rond ! De quelque côté que la volonté du veilleur se porte, celle-ci ne rencontre que des chemins barrés ou impraticables. Ne pas se perdre reste la seule voie envisageable. D'elle ne peuvent sortir que des barres de fer rouge qui s'allongent et se tordent sur le sol comme des serpents. Il faut constamment éviter que le moi se repose où qu’il pense avoir la paix, assuré qu'il est de faire ce qu’il faut et comme il faut. « Elle est là, pourvu que demain elle soit toujours là ! » Et l’accompagnateur passe son chemin, comme un chien qui aurait peur des médecins qui repasseront à l’aube. Et il se livre à un exercice qu’il aime tout particulièrement : écouter tous les sons qui le parviennent, en les découpant en tranches, du plus proche au plus lointain — c'est un contrepoint topographique. Il essaie de les entendre tous simultanément, conscient de chacun de leurs origines et alors la réalité prend un aspect mystérieux. C'est peut-être simplement son inattention ordinaire qui produit cet effet d'étrangeté. Il essaie de garder le regard ouvert, il passe et repasse par les mêmes lieux à travers le volet roulant, jusqu'à ce qu'un autre point attire son attention à l'intérieur du même espace exploré déjà mille fois. C'est un dévoilement en perpétuelle évolution pour faire barrage à la moindre tentation de sommeil. Il vit comme on vit, dans le vide. En pure perte. Sa pauvre vie s'allonge et se tord sur le sol comme des feuilles qu'on piétine sans même s'en rendre compte. Ses sentiments font en s'allongeant des ombres gigantesques qui recouvrent la silhouette de la malade aimée et des proches qui les font disparaître au regard. C'est le temps lui-même qui s'épaissit, qui rend ces sentiments invisibles, légers ou inconsistants, après l'accident, la surprise, la maladie. Car il y a toujours un inattendu qui vient rompre nos vies ordinaires, les faire bifurquer brutalement au moment où l'on s'y attend le moins. Alors l'autre n’apparaît plus comme autre, ce qu'il n'a pourtant jamais cessé d'être, quelqu’un d’inopportun venu saccager nos quiétudes insouciantes avec ses gros sabots crottés de souffrance, d’inquiétude et de malheur mais comme une partie essentielle de nous même qui accourt nous appeler à l’aide au moment même où la sagesse des moins proches en appelle au courage discret, à la sagesse distante, à la patience pour pas cher. Juste au moment choisi par cette personne aimée pour nous signifier qu’elle a besoin de nous, que nous nous sommes rencontrés un jour pour quelque chose, qu’un fil nous a liés dans un espace commun pour que nous nous y ébattions jusqu’à la fin des temps. Quand je ferme les volets de la partie arrière de mon bureau, ma poitrine déchire souvent sans même y prendre garde le fil invisible qu'une araignée a tissé consciencieusement d'un bord à l'autre de la terrasse. Personne n'a expliqué aux araignées qu'il est parfaitement déraisonnable de produire autant d'efforts car les espaces ont été faits pour être traversés. C'est pas pour une éternité que les araignées tissent leurs toiles, et pourtant, elles vont refaire sans cesse cet effort. Elles ne cesseront jamais de les tisser, elles ne cesseront pas de tisser des fils invisibles reliant des bords de la réalité. Cette réalité que nous traversons sans la voir. Autant nous les déchirons facilement, autant elles reviendront sans défaillance jusqu'à l’épuisement. Il faut être fou pour aimer en sachant que notre amour va être immanquablement déchiré par la poitrine inattentive du temps, ce passant anonyme. Mais l'accident était prévu dès l'origine…

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Anniversaire. Cinquante ans ensemble. Personne dans ces années-là n'aurait imaginé que les bistrots seraient un jour remplacés par les réseaux sociaux, qu'on se marierait entre hommes, qu'on parlerait sérieusement de « narratif de la réalité », que le lien-social était quelque chose qu'il fallait sans cesse réparer, que le sexe serait remplacé par le genre, qu'on aurait peur d'une grippe, que la plus haute ambition des jeunes gens serait d'être influenceurs, qu'il était urgent de « canceler » la culture et que la littérature serait bientôt une chose qui n'intéresserait plus personne. Comment ce monde-là a-t-il pu être englouti sous nos yeux en si peu d’années sans laisser de trace ? 

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lundi 17 avril 2023

Constats intemporels et véridiques.

Parcourez nos faubourgs et regardez les antennes plantées en forêt très dense sur les balcons et les terrasses des immeubles. L'individu est mort. Ou moribond. Il ne reste que la masse qui, chaque jour, reçoit sa vérité courant sur les ondes. De son réveil à l'heure du sommeil, elle est plongée dans un bain de propagande, sans posséder les connaissances, ni l'esprit critique qui lui permettraient de se défendre. Aussi n'est-il pas surprenant que pendant de très longues années l’immonde Bourbon chef de l'Etat ait été la plus grande vedette de la radio et de la télévision, rompue à toutes les ruses et à toutes les malices d'un art qui demande, en effet, plus d'astuce que de sincérité, plus de roublardise que de raison, plus de trouvailles de mots que de juste mesure. Toute une caste politique à ses pieds. Cadeaux médiatiques. Léchage de cul généralisé. Nul n'aime plus les cadeaux que les politiciens bons à rien, les corrompus et les terroristes assassins impunis au sein de la sphère politique, revendiquant un statut à part et dont le public ne se préoccupe plus une fois les infos avalées et le yaourt digéré.

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Credo politicard : ne jamais s'excuser, ne jamais rembourser, ne jamais démissionner, et accessoirement, toujours rejeter la responsabilité de ses propres crimes sur les exécutants crétins qu'on aura choisis. C'est une loi de l’État de ne jamais reconnaître ses torts et de ne jamais réparer ses erreurs. Présidents, ministres, législateurs se transmettent ainsi un héritage de forfaits et d'imprudences, souvent criminelles, auxquelles personne n'essaie de remédier, pour ne pas diminuer la croyance des citoyens dans l'infaillibilité des pouvoirs publics.

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La bonne traduction du ricain qu’on voit dans les films « To serve and protect », c'est « SE servir et SE protéger ».

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L’abjecte engeance des ministres Frankenstein. C'est une des denrées dont nous sommes le mieux pourvus. Nous en avons je ne sais pas combien au juste, car je n'occupe pas mon esprit de ces balivernes. Je sais seulement que, de temps à autre, on en nomme de nouveaux. A part trois ou quatre qui sont chers au public en raison de leur physique et des polémiques imbéciles (et criminelles, comme la loi d’excarcération systématique des violeurs et des pédophiles) qu’ils suscitent, leurs noms sont ignorés du peuple. Sont-ils gros, maigres, chauves, ventrus, bigles, costauds, malingres ? On l'ignore, comme on ignore à quoi ils servent, à part encaisser des salaires de rêve que rien ne justifie. Des gens bien renseignés qui donnent dans la politique m'assurent qu'un certain nombre n'a rien à foutre toute la sainte journée. Cette oisiveté eût été bienfaisante pour la chose publique, mais par malheur, pour faire comme les autres, ces excellences se donnent un directeur de cabinet, un sous-directeur, des attachés, des conseillers par centaines, presque tous sortis de lieux où l'on enseigne que le temps n'est plus où les fonctionnaires servaient l'Etat, mais tout au rebours, qu'ils doivent se servir de l'Etat pour asservir les citoyens qui, par définition, sont imbéciles et incapables de se conduire seuls. Et puis ils font des décrets pour apprendre aux autres ce qu'ils ne connaissent pas eux-mêmes et pour leur enjoindre de se plier à des obligations dont ils ne savent ni la raison, ni l'effet.

Tant que le désespoir, la colère et la soif de vengeance ne s'en prendront pas, unis, à la mafia étatique comme à ses laquais, le Pouvoir, assuré de l'impunité, pourra continuer à se moquer de nous… Toutefois, bien que le mal de l'un ne console pas l'autre du sien, je dois dire que tout le monde, à part les ministres et leurs créatures, se plaint amèrement de tout. Les ouvriers, lorsqu’il en reste, se plaignent inutilement de la hausse du prix de la vie et ils assurent que les majorations de salaires ne rétablissent pas leur situation. Les paysans se plaignent vainement d'être les parias de la société, de peiner pour un gain qui, transcrit en salaire et divisé par le nombre d'heures durant lesquelles ils ont travaillé, met la journée de labour, de semailles ou de moissons à un taux aussi misérable qu'humiliant. Les cadres, c'est-à-dire ceux qui encadrent les autres durant le travail, se plaignent stérilement d'être volés par le fisc et par la sécurité sociale, qui trouvent chaque année un nouveau prétexte et imaginent une nouvelle brimade pour les priver de ce qui en toute justice devrait leur être assuré en raison de leurs connaissances, de leurs responsabilités et même de leur simple utilité. Les policiers se plaignent amèrement, parce qu'on les expose aux insultes, aux coups, aux projectiles meurtriers, tout en leur interdisant d'accomplir leur mission. Les commerçants se plaignent douloureusement, parce qu'ils sont assassinés de taxes arbitraires, de contrôles absurdes, de règlements iniques. Les médecins se plaignent... Jusqu'à présent, ces mécontentements ne sont pas conjugués car les traîtres à leur électorat et les corrompus gardent les rênes en main. Les nationalistes de tout poil, en bons tricheurs sionistes indécents, ne veulent pas s'avouer qu'ils ne sont que de fragiles fétus de paille qu’un souffle de révolte suffirait à disperser. Ils ont les prétentions, les aigreurs, les susceptibilités des grands seigneurs pour étonner leur voisinage complexé et croient compenser par des acrimonies et par des vantardises l’inévitable déclin de leur puissance réelle.

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De beaux yeux qui sourient et un beau regard souriant. Il faut du temps et de l'attention pour explorer leur surface réfléchissante. J'ai assez regardé ses yeux. J'ai regardé ses jambes (ah, ces jambes quand on se connaissait à peine !), j'ai caressé chaque soir ses pieds, j'ai regardé ses mains, j'ai regardé son sourire, j'ai regardé son corps de mille manières, avec attention et amour, et désir, et timidité, et j'ai vu ses yeux regarder, et me regarder. Je les ai assez regardés pour eux-mêmes. Les yeux sont la première chose qu'on voit, du visage et du corps d'un être aimé, ils sont toujours là, toujours présents, toujours actifs, car ils nous regardent et nous les regardons pour explorer un intérieur plus intime sachant qu'il est difficile de regarder quelque chose qui nous regarde et qui nous voit. Les yeux sont en avance sur le corps qui les porte, ils entrent en nous avant que les nôtres se portent à la rencontre de celui qui nous saisit. Qui voit le premier a l'avantage et éblouit l'autre. Nous ne voyons le plus souvent dans les yeux de l'aimé que l'amour que nous cherchons en vain en nous-mêmes. Je les ai vus me regarder et je les ai regardés pour mieux les voir. Je les ai vus me voir, ça oui, et j'ai vu ce qu'ils voyaient, car j'ai su déchirer le voile que les yeux mettent normalement à d’autres yeux, et quand je les ai vus me voir, j'ai compris ce qu’ils venaient chercher en moi. Ses yeux m'ont vu et mes yeux l’ont vue, en eux passe et repasse une lente musique vibrante et obstinée que les heures se chargent de varier. Il faut du temps pour qu’elle se révèle à nous et nous parle : tu donnes, tu reçois, tu reprends, tu évites, tu fuis, tu contournes, et le reste entrecroisé nous est donné comme un fulgurant hiéroglyphe. Je n'oublierai pas cette première fois où, depuis le couloir du bus qui nous ramenait à la maison, elle avait jeté comme un harpon sur moi son regard souriant, en attendant ma réponse à une rapide question « ce siège côté couloir est libre ou occupé ? ». Notre tout premier dialogue, la toute première entaille qui s'est faite en moi, qui s'est frayée un chemin jusqu'au plus profond de ma pensée. Elle y est restée des années. Toujours ouverte. J’espère qu’elle n’aura jamais envie de la colmater, que ses yeux resteront toujours attentifs au regard que je maintiens sur le plus infime recoin de son âme.

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J’aime le vent. Quand il souffle, et fort, comme ces deux derniers jours, une autre âme semble habiter le monde. Nous ne sentons plus seuls. Des pans entiers de nos rêves reviennent et passent en nous à toute vitesse. Nous nous sentons des voyageurs immobiles à côté des arbres qui s’agitent comme des vagues à marée haute. Le vent c’est l’Esprit soufflant partout décollant le moi du moi, remettant le temps à sa place, nettoyant les mauvais présages. Le ciel est gris, noir, bleu par moments très brefs, nos fleurs, les érables japonais, les magnolias, le kumquat magnifique, les pots fraichement réachevés, tournés et préparés trempent partout sous la pluie, et les mésanges boudent un peu les boules de graisse dont elles raffolaient il y a encore quelques jours. Nous sommes seuls et heureux, sauf que les enfants nous manquent.

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Je me souviens l’été à Royan il y a quelques années : la petite A. frappait aux portes du monde ! On ne la voyait pas, on ne l’entendait pas mais on la sentait déjà là. Puis elle était là ! Je n'ose même pas essayer de penser ce qu’éprouvaient M. et N. Faire apparaître un être qui n'était pas là l'instant d'avant. Créer un basculement dans le Temps, poser le pied d’une vie commune ailleurs. Ils faisaient apparaître une âme supplémentaire ! Et s’ils allaient en prendre l'habitude ? Elle est là, la petite fée. Une voix nouvelle : « Voici le monde, voici le temps, ouvre les yeux. Tu traverseras le temps comme personne. » On devait désormais se détourner de soi-même, l’apprendre à vivre. Notre petite A. Bien née, bien nommée. La vie aux prises avec le temps, la substance même de la vie. Les nouveaux venus s'annoncent en criant ! Seigneur, c'est moi, je suis ici, avec Vous, de ce côté-ci du monde ! Et immédiatement la parole suit, et les regards, le corps, les autres, les noms, le récit et la poésie du monde.

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Entrer dans une église, s’effondrer sur un banc, s’y accrocher comme à un radeau. Tête brûlante, corps accablé, mains emboîtées… Simplement épuisé, épuisé de questions, de peurs, d’incompréhensions, de non-sens, de vide… Fatigué de savoir, de faire semblant, semblant d’être sûr, d’être fort, d’être courageux, d’être… C’est quoi ce monde Seigneur, c’est quoi toutes ces bêtises, toutes ces saletés, toutes ces souffrances ? Souvenirs d’enfance, menaces de fragilité sénile… Et se mettre à prier... Mal, bien sûr, mal, évidemment, car prier pour soi, pour les siens, demander, réclamer… Et rien à offrir ! Comme si la Croix était un tour de magie du PMU, une loterie gagnant-gagnant. Il fait frais en ces murs immémoriaux, et soudain des notes s’élèvent, un chant se fait entendre, un appareil répète des cantiques de la messe grégorienne… Au même instant, une porte latérale s’entrouvre et une lueur subite éclaire le visage du Sauveur, souffrant et apaisé, qui va bientôt, encore un fois, ressusciter. Au loin, le bruit de l’actualité : des bombes et des cris des martyrisés et, sur les murs antiques défilent les corps suppliciés, les visages tuméfiés, les victimes cassées de toutes les guerres… Une lutte sublime s’engage entre la beauté de la musique baignant l’église et la douleur de la vie dehors. Et bientôt plus un bruit, une violente pluie de silence colle au sol les chimères et les fantasmes. Seuls les pas d’un enfant résonnent. Il se dirige vers une statue de Marie, un cierge à la main. Maladroitement, il tente de l’allumer, le fait tomber, le ramasse hâtivement, le fixe finalement avec difficulté sur son pic. La flamme chancelante illumine alors son visage barré d’un immense sourire. Un sourire plus grand que les doutes, les échecs et toutes les infamies du monde. Un sourire plus grand que tout. Un sourire d’innocence plein d’espérance.

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J’ai toujours détesté les manifs en vrac, la politique vociférante, quand j’étais encore dans la vie active, c’est plus simple à présent que je vis retraité dans une ville sans histoires, pour le moment, dans le passé, côté rédempteurs professionnels du monde, on était aussi bien servi. Internet se charge de m’instruire de ce à quoi j’échappe. Ça me révulse, cet étalage d’imbécillité moutonnière, satisfaite de se montrer, qui ne varie guère au fil des ans. Et l’insupportable verbiage médiatique qui l’accompagne, parlant de « tensions » pour ne pas dire violences ou agressions, de « dégradations » pour ne pas dire saccage, vandalisme et pillage. Quand on ne peut mentir franchement, tout faire pour amoindrir, édulcorer, minimiser. Le pays voisin s’enfonce dans une spirale délirante, comme si repousser l’âge de la retraite à 64 ans était un crime contre l’humanité, alors que cet âge est déjà de 64-65 à 67 ans dans tous les autres pays d’Europe. L’argument que « les gens » sont mécontents ne vaut rien, on a déjà constaté plus d’une fois que cela ne crée pas forcément une masse plus importante que celle des silencieux. L’argument des sondages serait plus sérieux, si les sondages étaient exacts, ce qui reste à vérifier, et une majorité serait contre cette loi. À Bordeaux, des sauvages ont mis le feu à la porte magnifique de la mairie. Aussitôt certains médias, avec leur sens habituel de l’objectivité, ont accusé « l’extrême-droite », contre toute vraisemblance. En effet les arrestations n’ont pas confirmé du tout ce profil fantasmé. Certains établissements scolaires du secondaire et du supérieur semblent maintenir leurs traditions de pots-de-chambre idéologiques. Une fois de plus, une clique de clowns bloque les bâtiments et les directions se gardent bien de les virer comme il faudrait, c’est à dire à grands coups de pieds au cul. Naturellement côté personnel, enseignant et autre, tous les tire-au-flanc se réjouissent de l’aubaine. Y compris ceux qui, étant ainsi payés à ne rien foutre, ne protestent pas moins contre les rudesses de l’ultra-néo-libéralisme…



mercredi 29 mars 2023

Chantez dans les buissons, le printemps nous attend !

 


Au fond de soi-même on sent monter progressivement chaque jour une répugnance indicible à devoir subir le joug des creuseurs méticuleux de l'abîme collectif.

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Il ne faut pas chercher très loin les raisons des opinions changeantes des hommes. Le conformisme et le suivisme que nous observons autour de nous suffisent à les expliquer dans la majorité des cas.

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Estomaqué après la lecture du livre de Christophe Nobili sur les tripes déréglées du volatile. Longtemps abonné au journal j’ai eu mal à digérer toutes ces informations et je crois que la réaction des lecteurs en général aura été la colère, mêlée au dégoût. Après l’affaire Fillon, quand même ! Les lecteurs du Canard Enchaîné vont sans doute se raréfier désormais. Le volatile perdra petit à petit des plumes. Je ne l’achète plus. Fini.

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Ma mère soutenait mordicus, l’expliquant à sa façon, que la plupart des actions faites par notre corps le sont à notre insu. Si l’homme devait décider de lui-même de chaque processus métabolique, chimique, électrique ou hormonal de son organisme, il passerait sa vie à ne penser qu’à ça, et cela l’empêcherait de vivre. Qu’on songe seulement aux battements de notre cœur … C’est la vie elle-même qui s’organise de manière spectaculairement efficace, sans que nous ayons à y penser. Dès que l’homme met les mains dans cette fabuleuse machine qu’est un corps, il dérègle le système en croyant l’améliorer, par impuissance et manque d’humilité.


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Communiquer de façon inclusive ? La langue sait bien plus et bien mieux que nous comment elle doit s’y prendre pour que sens et son enfantent d’une manière satisfaisante, ne s’agressent pas, ne s’annulent pas mutuellement, laissent le singulier venir à la conscience que nous partageons avec les autres. La difficulté est donc de ne pas trop la déranger, de l’accompagner, plutôt que de vouloir la commander, de ne pas faire écran à ce qu’elle dit à travers nous, de la laisser parler.

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Ma vie a été émaillée de confiances accordées, puis trahies. De projets en l’air. Certaines choses qui auraient pu compter, j’ai senti très vite qu’il fallait que je les abandonne, que je les laisse derrière moi avec le très vague rêve que leur reprise serait possible à un autre moment plus favorable, plus déterminant, plus signifiant. C’est toujours par des retours en arrière que la vie vaut d’être vécue, d’avoir été vécue. Je dis rêve car, justement, tout se passait en sorte de ne pas pouvoir rien reprendre en main après mon réveil. Je me conduisait de telle manière que les chemins imaginés s’interrompaient sans qu’on puisse en retrouver trace. Au réveil, la végétation (la vie après le rêve) avait tout recouvert. Le plein (la vie) recouvrait le vide (le rêve, la fumée). Ma mémoire insuffisante, insuffisamment préparée, indisciplinée, indomptée, ne me permettait plus de soulever le vif exubérant de la réalité qui se jetait sur des voies improbables que j’avais fantasmées pour les recouvrir de sa masse vigoureuse et inébranlable. Je perçois de temps à autre, loin dans mon intérieur, le murmure d’un ruisseau souterrain, mais je n’y ai plus accès, je ne peux plus m’y abreuver. Le temps est passé dessus rendant ces rêves-là défigurés et difficiles. Cette impossibilité me blesse extrêmement d’avoir laissé disparaître des morceaux de moi pour rien et leur absence vient me hanter comme un membre amputé ne nous laisse pas tranquilles. Des cicatrices sont encore là, et certaines douleurs (liées à des trahisons injustes, par exemple) deviennent encore plus douloureuses de ne plus avoir la possibilité de recouvrer un sens profond, un contexte explicable. Je me vois lourd et gauche, moi qui me voulais adroit et léger. Mes parents m’ont fait ainsi, et mon temps, et les morts avant moi, et les astres, et Dieu et mes désirs. J’ai cru un temps pouvoir être acteur, alors que je n’ai été que spectateur, mais ce n’est pas faute d’avoir souvent et mal joué la comédie. J’ai le souvenir de bien beaux moments, mais ces souvenirs sont de plus en plus évanescents, inconsistants et aléatoires. Les bons moments et les moins bons viennent encore habiter de temps en temps mon sommeil avant que le vrai grand sommeil emporte tout, et alors, sans doute, je les regretterai, car même la cruauté de certains d’entre eux aura été aimable si on la compare à l’oubli définitif.


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C’est seulement lorsque ce qu’on écrit n’intéresse plus personne que l’on peut écrire vraiment, c’est-à-dire dans la liberté et la solitude inconditionnelles. Si ce que j’écris n’intéresse personne, c’est sans doute parce que je n’y suis pas. Sauf, par moments. Il arrive ça et là que mes phrases ne soient pas complètement dénuées d’être et de nécessité, mais c’est rare, et quelqu’un forcé de me lire n’y percevrait qu’absence et vacuité. Il suffit de lire n’importe quelle page de Céline prise au hasard pour savoir ce que c’est qu’une phrase pleine d’être et de nécessité. Il n’écrit jamais en vain ! Il n’a que faire de l’« écriture » ! D’une écriture qui ne serait pas reliée à l’être, qui n’en serait pas emplie. Des lignes sans-être ne sont que des lignes mortes.  
















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J'ai gaspillé mes cartouches sur des cibles qui n’étaient pas les miennes. Combien de fois ai-je tiré sur la bonne cible ? Je ne sais plus. Je n’aurais pas pu changer une virgule à une destinée écrite avant moi, sans moi et sans mon consentement. Le fait d’être insignifiant, impuissant, s’avère le résultat frappant d’une leçon bien adaptée à son objet et qui reste pour la vie, sans feinte : aucune fumisterie, aucune embrouille, aucun détour, une économie parfaite. Nous recevons dans l’existence beaucoup de leçons, qu’elles viennent des autres ou de la vie elle-même, mais très peu d’entre elles ont un sens clair et indiscutable : celle de l’insignifiance, presque quadragénaire, m’avait marqué à jamais, car elle m’avait fait toucher du doigt cette vérité incontestable, point cardinal de toute une existence.

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« Lorsque Staline a accordé une audience en octobre 1948 aux trois dirigeants du PC d'Espagne, Ibarruri, Carrillo et Antón, pour leur répéter avec insistance « terpenie, terpenie, terpenie » (patience, patience, patience), à ​​la fin de la séance liturgique, Fernando Claudín, le leader jeté aux oubliettes, a interrogé Santiago Carrillo, son ami à l’époque : « À quoi ressemble Staline ? Et le grand manipulateur a fièrement répondu : « Il a une stature inférieure à la mienne. » C'est ainsi que l'histoire devrait s'écrire et nous aiderions à célébrer les anniversaires pour ce qu'ils sont : une parodie nécessaire pour notre humilité et notre honte. »

https://www.vozpopuli.com/opinion/aniversario-oculto.html/comentarios#comments


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Aussi inconcevable que cela puisse paraître, les proches de P. Sanschaise, cette merde au soleil, le disent « obsédé par sa trace dans l’Histoire » (!). Dès le début de son accession au pouvoir, P. Sánchez entend laisser son propre récit, son propre roman, selon le bref Maxim Huerta, son ministre de la culture et des sports. Sa trace dans l'histoire, c'est quelque chose qui lui parle. Avant on affirmait que le ridicule tuait ! Pour alimenter son ego, ce chef de rayon lingerie-maillots de bain, de culture au-dessous de zéro (boulettes à foison devant micros et caméras), « auteur » d’une espèce de thèse de doctorat que d’autres ont plagié pour lui sur commande et d’un culot en béton armé, ambitionne (sans rire !) laisser un vrai bilan d’homme d’état. Il ne se voit pas un président des crises : Covid, loi catastrophe « seul un oui est un oui », inflation, chômage, multiplication de la dette et explosion de la pauvreté, loi atténuant la portée du détournements de fonds publics, suppression du délit de sédition pour contenter les séparatistes catalans, mais un président des résultats et qui aura su réformer son pays. L'important pour lui, c'est l'idée que la toile d’araignée sanchiste s’éternise au pouvoir en sa personne, en assumant le risque de tout faire exploser si la corruption qui ronge son parti de l’intérieur, longtemps minimisée ou tout simplement soumise au silence des médias largement complices des escroqueries qu’ils relayent, parvenait à détruire le moral de son électorat.

L'affaire Mediador ne devrait pas être la fin de l’exécrable sanchisme mais plutôt la fin du Parti socialiste dans sa totalité. Formation politique sinistre, criminelle et corrompue comme on en trouverait peu en Europe, sous prétexte de représenter une gauche juste et immaculée, ce parti s’est cru légitimé pour se situer, avec un mélange d’arrogance et d’audace, moralement et intellectuellement au-dessus de tout le monde. Ce titre auto-proclamé de phare indiscutable de la justice et du progrès se voit néanmoins considérablement terni, pour peu qu’on se donne la peine de réviser sa sombre histoire, pleine à ras bord d'événements déplorables. Sous des sigles qui se réclament, inexplicablement, de la classe ouvrière et de l’Espagne, un coup d'État pitoyablement préparé, se prétendant « révolution », a été déclenché contre la République (1934) ; la tentative de renversement du gouvernement légal devenue guerre civile, l’étroite collaboration avec l’URSS au prix de la réserve d’or et d’ingérences politiques d’une Union soviétique qui ne défendait en Espagne que ses propres intérêts ; son stupide et criminel « Lénine espagnol », Largo Caballero, avait collaboré sans scrupules particuliers à la dictature de Primo de Rivera pour prôner sans sourciller « la révolution » au moment où il aurait fallu plutôt de l’intelligence, juste ce qu’il lui manquait, comme il l’a largement démontré lors de son passage par le ministère de la guerre de septembre 36 à mai 37 ; le conflit entre les clans rivaux de J. Negrín et d’I. Prieto, âprement chamaillés sur la gestion des fonds et des trésors ramassés en catastrophe au moment de la défaite (affaire du yacht « Vita ») ; l’organisation du terrorisme d'État avec le Groupe Antiterroriste de Libération ; la corruption généralisée (FILESA, MALESA, Time Export, etc.). Nous croyions que la corruption en Andalousie était l'exception et c'était la norme, et maintenant certains (surtout l’âne sans domestiquer qui fait de manière continue preuve d’impolitesse et d’hostilité comme porte-parole du gouvernement) préfèrent voir les aventures du parrain Tito Berni comme un cas isolé,  alors qu'en réalité c'est le modus vivendi et operandi d'un parti habitué à utiliser des fonds publics pour des fins aussi nobles que la prostitution, la drogue et les fêtes entre copains : la politique la plus basse sous prétexte de faire le bonheur « des gens », le pillage sans scrupules sous les apparences de la vertu, un discours avec lequel cette organisation a tissé pendant des décennies un réseau puant de corruption sans fin, à travers lequel il achète des volontés, fait taire les consciences et intoxiqué les réalités. Avec le projet d’abolition de la prostitution, comme avec le reste, le sanchisme n'est pas hypocrite, il est cohérent. Conformément à leur façon de vivre, de penser et d'argumenter : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Les chaînes télé et la presse aux ordres, toujours fidèles, prêtent main forte dans l'ignominie, en faisant silence sur les pratiques honteuses des députés en goguette nocturne avec l'argent du contribuable. Leur truc n'a jamais été de dire la vérité au citoyen, mais de l'envelopper de doctrine et de tourner ces pratiques « en positif » : la droite, c’est pire encore. Il faut donc leur faire toujours confiance. Le fait que près des dizaines de ses députés au Congrès soient impliqués dans la prostitution indique à quel point l'impunité et l'immunité du socialisme est une garantie de perversion en tout genre. Pour cette raison, je crois que le locataire du palais de La Moncloa(que) devrait être chassé des lieux à coups de pieds au cul. Mais, il n’en sera rien, l'obsession de ce parti et des séparatistes en général pour le contrôle de l'éducation et des médias portera encore ses fruits. Ils savent parfaitement, grâce à l’achat des consciences et à l’ignorance généralisée transformée en fanatisme que, quoi qu'ils fassent, leurs péchés seront pardonnés. Le énième scandale d'un gouvernement sans boussole et d'un parti sans pudeur devrait faire réfléchir l'opinion publique. Il n’en sera rien. Tout porte à croire, hélas, que ces crapules s'en tireront à bon compte.

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Motion de censure au milieu du festin des porcs. Au vu des évènements du moment, après une motion de censure dans laquelle un vieux professeur (Ramón Tamames) a eu l’occasion d’appeler un chat un chat et un gangster de la politique un voyou mais sans aucune possibilité de suites institutionnelles, il est utile de faire un instantané de la situation politique et la personnalité du détraqué que nous avons au Palais de La Moncloa. Les porcs, la gueule enfarinée de fadaises, ont eu du mal à répondre à des questions bien concrètes. Passons rapidement en revue le bilan du « Docteur », le goret en chef, permettant d'évaluer sa compétence1. Sur le plan économique : 

- Déficit budgétaire abyssal alors que les prélèvements fiscaux n'ont jamais été aussi hauts et les services publics aussi mal rendus.

- Endettement record du pays.

- Fraude fiscale endémique (y compris chez les membres du gouvernement, Huerta, Duque… la lutte infatigable et exemplaire contre la fraude fiscale s’est vue historiquement illustrée par deux amnisties socialistes : en 1984, M. Boyer aux commandes, et Carlos Solchaga, qui voyait l’Espagne comme « le pays le plus facile pour s’enrichir », en 1991), fraude sociale de grande ampleur (avec, à titre de simple exemple, cité par M. Tamames dans son discours, un nombre de chômeurs exponentiel au moment même où des immigrés hispaniques ou marocains trouvent du travail assez rapidement ...).

- Déficit commercial record. Même le secteur alimentaire est aujourd'hui touché : on importe plus de produits agricoles qu'on en exporte !

- Record du taux de la population sous le seuil de pauvreté.

2. Sur le plan du fonctionnement du pays :

- Le secteur de la Santé est à la ramasse. L'Hôpital est à l'agonie, avec manque de personnel, manque de lits, manque de matériel. La Recherche est au point mort. De plus en plus de gens interrompent leur suivi médical pour raisons économiques. L’Espagne avait un secteur de la Santé des plus performants du monde il y a encore très peu d’années...

- Effacement dans le domaine de l'énergie nucléaire et désormais très en retard dans cette technologie.

- L'éducation est devenue une usine à crétins : le pays plonge dans les profondeurs du classement PISA mondial. De surcroît, le ministère et les conseils des communautés autonomes s'occupent aujourd'hui davantage de ce que les enfants ont dans la culotte que de ce qu'ils ont dans leur tête.

- La délinquance est à la hausse sur tous les plans : vols, cambriolages, agressions, meurtres, viols, squats. La part des affaires non résolues est vertigineuse, par manque de moyens et de personnel et tout simplement parce que ces affaires se multiplient.

- La Justice, vérolée par l'idéologie, joue allègrement avec la règle du deux poids deux mesures selon que le coupable est national ou immigré : sévère ou peut-être juste dans le premier cas, mais laxiste dans le second. Elle est désormais décrédibilisée aux yeux de l’opinion publique qui ne lui fait plus confiance. La grève des greffiers au niveau national depuis janvier n’as pas arrangé les choses…

- Le patrimoine historique et culturel part en lambeaux, à la fois pour des raisons idéologiques de désintérêt et des raisons économiques, les deux étant liées. Des monuments historiques ne sont pas entretenus, le patrimoine naturel (abandon du fauchage et des pâturages, etc.) est souvent à l’abandon et la biodiversité sans protection.

- Une immigration sans contrôle réel : ça bascule entre l’euphorie gouvernementale et des estimations plus en contact avec la réalité, après la pandémie.

- La liberté d'expression n'existe presque plus. La autocensure est partout, les médias mainstream, les privés comme ceux du service public, sont à la solde du gouvernement grâce à la manne des subventions.


Il est clair que ce bilan interne n'est pas de nature à enjoliver l'image de l’Espagne dans le monde. Pour ce qui est de notre politique étrangère, celle qui concerne directement les pays étrangers, partenaires politiques et/ou commerciaux, il y aura très peu à dire : soumission totale et asservissement sans limite au tyran du Maroc, capable d’humilier notre fringant chef du gouvernement jusqu’au ridicule et la caricature. D’ailleurs, l’Espagne ne se distingue pas de la politique à vocation hégémonique de l'OTAN, donc de celle des USA. Le suivisme de l’Espagne à l'égard de l'UE, qui fait elle-même preuve de suivisme total à l'égard de l'Amérique, résume ce qu'on pourrait appeler « la politique étrangère » de l’Espagne. Il est donc inutile de se demander pourquoi les eurodéputés socialistes votaient au Parlement européen avec Mme Le Pen, en janvier dernier, pour protéger le Maroc, déjà au cœur du scandale du Qatargate surgi en décembre 2022, des accusations portées contre lui pour atteinte aux droits humains et aux libertés. L’abandon des Saharaouis et une politique stupide avec l’Algérie ont chassé définitivement L’Espagne, déconsidérée aussi bien en Algérie qu’au Royaume du Maroc, du nord de l’Afrique. Et ce n'est pas le dernier « sommet » hispano-marocain, catastrophique, de Sanchez en février dernier qui changera quelque chose, si ce n'est en pire. Le bilan affligeant de ce président et de son gouvernement de coalition est donc sans appel. Il serait vain de trouver un seul domaine où l’Espagne a trouvé le moindre bénéfice à l'avoir à La Moncloa. Venons-en maintenant sur sa personnalité, non pas en tant que gestionnaire de pays, mais en tant qu'individu. Passons rapidement sur le fait que le locataire de La Moncloa a un parcours académique qu'on qualifiera, pour être gentil, de problématique, qui l'a conduit à se prévaloir du titre de docteur sans être réellement l’auteur de sa thèse à cent pour cent. Alors que se passe-t-il pour qu’un titre universitaire aussi prestigieux, chèrement acquis aux prix de l’intellect, et du sacrifice d’années entières d’une vie de recherche souvent difficiles, et durement passées, puisse aujourd’hui devenir un colifichet qu’un politicien sans scrupule peut s’offrir sur commande ou carrément plagier ? Ceux qui seront les plus lucides mais néanmoins utilisateurs de novlangue l'appelleront cela de la interdisciplinarité, mais en bon langage de toujours, P. Sánchez est juste un plagiaire. En compagnie du Roi, chef de l’État, il cherche toujours à l’humilier se torchant du protocole et des règles de bienséance. Rappelons-nous de la mise en scène qu'il s'est concoctée lors de l’inauguration du TGV d’Estrémadure, qui ne dépassait pas les 80 km/h ! Indices incontestables d'un narcissisme qui n'a fait que se confirmer et se multiplier par la suite. Cette propension à se mettre en avant est probablement la raison pour laquelle il serait vain de trouver dans son entourage une personnalité digne d'intérêt et prometteuse pour l'avenir. Ce narcissisme l'a poussé à mettre beaucoup de soin à ne s'entourer que de branquignols peu susceptibles de lui faire de l'ombre. Depuis la récupération de la démocratie, on n’aura jamais vu un tel défilé de nullités autour d’un président de gouvernement.
Évoquer des noms comme ceux de I. Montero, Salvador Illa, Belarra, María-Jesús Montero, Garzón, Iceta, Albares …  Pour ne citer que ceux-là, donne déjà une idée de la catastrophe. N’importe quel hurluberlu noyé dans sa médiocrité peut aspirer à la gloire s’il reçoit l’appel de la « sanchitude ». Si Sánchez a un seul talent, c'est bien celui de se dégoter des clampins qui brillent par leur incompétence, leur fadeur, leur sectarisme quand ce n'est pas, à titre accessoire, par leur totale absence d'honnêteté morale. Rappelons-nous aussi ce président qui, tel Néron jouissant de voir Rome en flammes, se met à rire quand il se fait conspuer ou qu’il reçoit une critique (là, il préfère crisper la mâchoire) alors que les gens (« le gouvernement des gens ! »), à juste titre, restent profondément émus devant ce charmeur de serpents. A propos, elle en est où, cette enquête judiciaire à propos du Tito Berni ? Où sont les journalistes d'investigation qui pourraient se demander comment on met le feu à des institutions et conchie la Constitution sans une critique, sans une réaction, sans une égratignure ? Rappelons-nous ce président qui ne pourrait pas « garder le sommeil » avec Podemos à proximité. Rappelons-nous ce président affirmant devant les caméras sa ferme volonté face aux suprémacistes catalans.  Rappelons-nous ce président refusant encore et toujours de pactiser avec les « héritiers de l’ETA » (« 
Vous voulez que je vous répète la même antienne cinq fois ? »). Rappelons-nous les gaffes diplomatiques dont s'est rendu coupable ce clown arrogant et méprisant, comme par exemple, faire semblant d’ignorer qu’on avait mis le drapeau à l’envers, exprès, quand il léchait les babouches du roi du Maroc en prétendant que c’était une erreur involontaire. Ou comme il attaque en public, également en conférence de presse, les partis de l’opposition. C’est quand même l'hôpital qui se fout de la charité quand on songe à ce que son invective préférée (à lui !) est celle d’« indécent » ! Comment avoir la moindre confiance dans un individu capable de dire tout et son contraire sans sourciller, sans jamais reconnaître d'erreurs de jugement ou d'action ? Rappelons-nous cette propension à émailler ses discours de mots creux, dénués de sens, qui témoignent juste de l'immense vacuité du personnage et de son inculture crasse. Bref, Sánchez ajoute à son incompétence universelle, une personnalité malade, pétrie d'arrogance, de narcissisme, d'absence de tout scrupule, de mépris pour ses concitoyens envers lesquels il ment en permanence, ne défendant jamais l'intérêt national mais le sien, toujours lié à l'intérêt de l'oligarchie mondialiste, tout en se prévalant d'une défense « des gens » dont on se demande sur quoi elle pourrait bien reposer, si ce n'est un ego surdimensionné mais sans fondation. Alors, la question se pose aux électeurs qui voter en décembre prochain : Mesdames, Messieurs les électeurs, Sánchez à La Moncloa, stop ou encore ?

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Envie de vomir sur l’infatigable pleurnicherie haineuse de la mouvance podémito-woko-gauchiste qui s'étale partout dans la vie quotidienne, à l'intérieur de chaque discours, avec ses roots populaciers. Les pauvres ne sont jamais responsables de leur pauvreté, c'est toujours la faute aux autres, aux pas-pauvres, surtout aux vilains bourgeois capitalistes de droite, qui sont très méchants. Même dans des cas comme ceux des familles Iglésias, Montero, Echenique, Garzon, Díaz, Belarra, etc. cette évidence ne saute pas aux yeux. Lesdites familles, brochette de bobos bien lotis, sont certes loin d’être défavorisées, de faire partie des « damnés de la terré » ou des « forçats de la faim ». Le père du mâle dominant avait été militant du FRAP et n'a pas l’apparence d’avoir été précisément un bourreau de travail. Ce n'est pas parce qu'il a milité à la Saint-Glinglin chez des fous furieux qu'il a été réellement un exemple civique, un accoucheur de la démocratie parlementaire. Ajoutons au tableau que la plupart de ces familles ne manquent toujours pas de ressources ni d'argent. Profondément traumatisés par la guerre civile, qu’ils veulent gagner quatre-vingt-dix ans après, ils ne se sont jamais tout à fait remis de la mort (fait biologique inévitable, pas « fait social » du tout) du vieux général dans son lit en 1975. Bon. La vilaine société franquiste les a humiliés à jamais. Ce genre de mentalité m'est tout à fait contraire et m'insupporte. Moi, je suis réellement issu de la plèbe et je n'ai d'ailleurs pas été fichu de m'en sortir grâce à la politique, à la démagogie pleurnicharde ni à quelque forme de réparation que ce fût, je ne crache pas dans gueule aux gens qui ne pensent pas comme moi et, surtout, je ne demande à personne, encore moins aux plus tricheurs des enfoirés, de refaire le monde à ma place.

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Seul correctif à l’actualité depuis des décennies : ce sont les USA qui sont solidement influencés par l’état d'Israël par l’intermédiaire de ses nombreux relais très haut placés dans l’appareil d’Etat, dans ses gouvernements, ses médias, etc. Et cela explique presque tout. Ou bien je me trompe complètement et le vrai pouvoir ploutocratique a toujours été aux US. Le système bancaire, le soft power et tout le toutim y étant implantés depuis bien avant l’arrivée de l’électricité ou l’automobile. Cependant la situation pourrait changer car nous vivons une période historique cruciale dans l’Histoire dont les livres évoqueront l’impact au même titre que la Révolution Industrielle. Dans le monde dans lequel nous vivons, un patron de l’AIPAC a beaucoup plus de pouvoir que le Premier Ministre de l’entité sioniste occidentale au Moyen-Orient. Mais beaucoup moins que ceux qui ont réussi à imposer le dollar comme monnaie d’échange internationale. Ceux-ci appartiendront bientôt au passé. Peut-être pas de notre vivant, mais les capacités insoupçonnées de certains accéléreront marche…

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A propos du prolétariat, Marx n’a jamais dit que le capitalisme ne serait aboli que sous l’action du prolétariat et jamais théorisé là-dessus. Le prolétariat est simplement une partie intégrante du capital : s’il se réveille tant mieux, et s’il se perd ce n’est pas très grave. Bien entendu, dans le Manifeste il se laisse emporter, le barbu, mais il ne l’a jamais théorisé et c’est une erreur souvent reprise par les divers courants contre-révolutionnaires et socialistes, fervents croyants en un capitalisme éternel, qu’il suffit d’améliorer. Le prolétariat vu comme sujet révolutionnaire est une crotte de cheval gelée. En revanche Marx théorise que la limite au capitalisme est le capital lui-même sous le poids de ses impasses et limites et c’est le capitalisme lui-même qui révolutionne le corps social. Si on analyse de plus près, les revendications « légitimes » du prolétariat, ce fut toujours pour obtenir une part de gâteau, jamais pour abolir l’imposture. Ce type de revendication à l’ancienne existe encore en Chine où le prolétariat est encore industriel. En occident le prolétariat, ne se reconnaît plus comme classe, mais il se vit, au contraire, comme un petit capitaliste individuel modèle réduit, tellement est puissante la réification sur ce prolétariat, une composante du capital. Pour le reste, ce qu’il y a de sympa chez Karl, c’est que sa pensée est une pensée ouverte et non pas close sur elle-même, qui amène toujours la réflexion.

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Une nouvelle définition du terme woke le ferait apparaître comme une idéologie fondée sur une pureté morale intransigeante centrée sur les questions d’égalité, de justice et de défense des minorités, dont la sensibilité exacerbée sous l’effet de la propagande médiatique prégnante et culpabilisante du système, se trouve détachée de toute conscience critique réfléchie et va directement des émotions individuelles à la pensée. Ce qui pose problème réellement, ce n’est pas cette prétendue pureté morale woke, mais la dévaluation culturelle, par le système lui-même, autant de la parole que de l’écrit réfléchis, et l’imposition politique, par l’oligarchie supranationale du mondialisme noir déguisé en ange de lumière progressiste, de la plus abjecte idéologie néolibérale. Les aspects apparemment critiques de cette bruyante imposture armée de réprobations et d’anathèmes, ne sert concrètement que les fantasmes des activistes gauchistes de l’éthérée société ouverte (aux dollars) de Soros. Ce qui, à l’évidence, fait d’eux les idiots utiles inconscients du chaos pourtant bien réel organisé par le système néolibéral, toujours effectif depuis près d’un demi-siècle. Au demeurant, c’est ce rejet de la culture humaniste dans sa dimension critique au service de l’intérêt collectif qu’une ultra-gauche de pacotille, issue de la politique culturelle étatsunienne, cherche à prescrire dans l’opinion publique. Les seules œuvres du wokisme de masse, valorisées urbi et orbe, n’ont qu’une portée marchande, ne sont que des produits d’une industrie vidée de sens et stupide qui règne à l’échelle occidentale et que reflètent infatigablement tous les médias officiels.


« On ne peut toutefois saisir pleinement les enjeux de cette américanisation mentale continue de la gauche, sans prendre d’abord appui sur l’analyse par Orwell du délire idéologique stalinien. A ses yeux, en effet, ce dernier trouvait son origine première dans l’essor massif, depuis la fin du XIXe siècle, de ces nouvelles classes moyennes urbaines (et donc de l’intelligentsia qui leur est liée) chargées d’encadrer les progrès du capitalisme sur le plan technique, managérial et culturel. Soit, en gros, ce qu’André Gorz appelait les « agents dominés de la domination » et Bourdieu « la fraction dominée de la classe dominante ». Or, cette nouvelle intelligentsia dominée/dominante allait très vite comprendre que les partis ouvriers offraient un tremplin idéal à son « désir secret de tenir le fouet » (Orwell) et de devenir calife à la place du calife […] Or, peut-on dire, de ce point de vue, que les choses aient radicalement changé depuis l’époque où Orwell développait cette analyse ? Oui et non. Oui, bien sûr, puisque la gauche mitterrandienne a fini par faire sienne la thèse que soutenait Foucault dès 1977 selon laquelle « tout ce que la tradition socialiste a produit dans l’histoire est à condamner ». Non, en revanche, si l’on s’en tient à la description donnée par Orwell, dans 1984, de la caste dirigeante d’Oceania (« elle était surtout composée de bureaucrates, de techniciens, de leaders syndicaux, d’experts en publicité, de sociologues, d’enseignants et de politiciens de métier »). Elle anticipe en effet de façon troublante la composition sociologique actuelle du noyau dirigeant de presque tous les partis de gauche. A ceci près que, dans l’intervalle, ces partis ont aussi perdu – métropolisation oblige – l’essentiel de leur base militante populaire. Et avec elle, ce minimum de bon sens qu’imposait encore aux intellectuels middle-class de l’époque stalinienne, le fait de conserver un lien avec le monde des travailleurs. Or, si le ressort ultime du délire idéologique n’est pas tant le projet socialiste en lui-même que sa confiscation par une intelligentsia dominée/dominante dont le « progressisme » spontané masque, en réalité, la volonté de puissance et le désir de régenter en totalité la vie des autres, on s’étonnera donc moins qu’une gauche réconciliée avec le libéralisme et plus « gentrifiée » que jamais soit devenue de nos jours aussi perméable au wokisme. »  Jean Claude Michéa, « L’écologie politique est-elle en pleine déconstruction ? », in La Décroissance nº 197, mars 2023

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J’ai beau chercher, me récuser, remuer ma mémoire en quête de contre-exemples : je n’ai jamais connu plus sectaire, plus intolérant, plus obtusément fermé au dialogue qu’un apparent gauchiste, analphabète et sectaire dans le plus profond. Les exemples pullulent ; la raison en est simple, quand on y réfléchit : le sectarisme ne cherche pas la vérité, mais le ralliement. Ses « opinions » ne relèvent pas d’une réflexion, mais d’une soumission au dogme rustre et primaire qu’on a semé dans le désert stérile qui lui tient lieu de cerveau. D’une récitation bien scolaire, bien puérile et parfaitement servile d’un catéchisme qui lui garantira sa « respectabilité » d’impeccable mouton (on a les critères de respectabilité qu’on peut). De cette démarche rigoureusement anti-intellectuelle, il résulte que le sectarisme ne comprend rien à ce qu’il croit penser. Et qu’il ne peut défendre avec un raisonnement des « idées » qui, précisément, ne procèdent d’aucun raisonnement. D’où les esquives pâteuses de ce piteux dès qu’on veut discuter ; d’où sa sempiternelle et affligeante « tactique » de ricanements, d’indignations et d’invectives dès que se dessine la perspective d’un impossible échange argumenté : complotiste, extrême droite, fasciste. Voilà l’arsenal argumentatif du taré sectaire dans toute son extension. Les points cardinaux de sa boussole intellectuelle brinquebalante. Voilà à quoi se résume l’activité de son cerveau. Allumer des contre-feux d’insultes et de quolibets rudimentaires pour éviter d’être entraîné sur le terrain des idées : le sectaire est voué à cette vie intellectuelle palpitante. Mais comment peut-il en être autrement ? Ne pensant jamais mais pérorant énormément sur tout ce qui bouge, le sectaire ignorant doit impérativement se tenir à l’écart de toute situation où se révélerait son néant cognitif — c’est-à-dire toute situation où il devrai expliciter sa prétendue « pensée ». Le terrain des idées est pour le fanatique sectaire un immense champ de mines. Il le sait. Il sait qu’à l’instant même où il y poserait l’orteil, il se vaporiserait. C’est cela qui explique son extrême agressivité envers toute personne l’invitant à une discussion rationnelle. Péril quasi-mortel. Menace existentielle… Les tirs de barrage frénétiques que déchaîne le fanatique sectaire, surtout dans sa variante nationaliste, dès qu’il détecte un encéphalogramme éveillé traduisent son obsession teintée d’angoisse de surtout, surtout, ne jamais se laisser entraîner sur le terrain des arguments. Quand vous entendez quelqu’un vous traiter de « fasciste », vous devez donc entendre : « Je n’ai aucun argument à vous opposer ; et vous allez me le payer cher. » Quand un bas du front à front de taureau vous beugle « espagnoliste ! », cela signifie : « Je n’ai jamais réfléchi à ce que je crois penser ; par conséquent je ne saurais vous porter la contradiction à l’aide d’un raisonnement articulé. » Quand il vous postillonne un furieux son très original « colonialiste ! », vous devez le traduire par : « Non, je ne débattrai pas ! Non, vous ne verrez pas ma vacuité mentale ! » Le problème étant que l’on ne voit que ça : quand on n’a plus que ces idioties mongoliennes à asséner à son contradicteur, c’est qu’on a renoncé à toute intelligence… Le suprémaciste a renoncé à toute intelligence. À tout sens critique. À tout courage, d’où sa préférence à agir en meute anonyme. Au plastiquage. Au coup de revolver dans le dos. Pour se trouver toujours en stricte adéquation avec ce qu’il croit son droit et sa liberté, il jette par-dessus bord la liberté, la dignité, voire la vie, de ceux qui l’entourent. Tout ce par quoi l’Homme vit debout. La bête sectaire vit à genoux et, le plus souvent, à plat-ventre de sa hiérarchie dans le commandement. Sa « vie » n’est qu’une servitude. Son cerveau et son âme ne connaîtront jamais plus grande volupté qu’ingurgiter docilement, l’un après l’autre, et quel que soit leur contenu, les dogmes de sa secte pourrie. Des dogmes édictés par une infime minorité mafieuse que le caca médiatique et ses prêtres ineptes, producteurs à jet continu d’évangiles éphémères, de catéchismes jetables, ont décidé d’imposer.  Il se bourre alors l’encéphale de dogmes drolatiques souvent criminels. Or on n’argumente pas contre des dogmes. On n’oppose pas de démonstration à des évangiles. On ne conteste pas une foi avec des raisonnements. Face à ce qui relève du sacré, l’attitude dialectique n’est pas seulement inutile : elle est hors-sujet. Elle est surtout dangereuse : se sachant incapable du moindre développement argumenté, le fanatique en conçoit un sentiment d’étrangeté, donc d’insécurité, qui le rend très méchant, nuisible. Cela arrive souvent : alors, nous assistons à ce spectacle délicieusement paradoxal du furibond qui se veut modéré, du mol invertébré qui d’un coup se redresse énergiquement pour devenir homme d’État, pas pour longtemps, rassurez-vous… ce n’est pas sa nature. Pour quelques instants, la limace devient cobra. L’âne bâté devient lion. Le vague bipède rufian devient une boule de haine. Cet « esprit » flou, dilué, redilué dans mille fadaises, se rassemble soudain pour agonir d’injures l’ignoble mécréant. « Fasciste ! Nazi ! » C’est un moment fascinant quand ces esclaves tournent piliers des droits et des libertés. Quand ces rampants serviles deviennent respectables. Quand ces ternes moulins à baratin spongieux prennent des accents héroïques au nom de la planète entière. Et révèlent ainsi leur nature fanatique : adhérant docilement, sans le moindre examen, à tout ce qui émane d’une autorité leur secte, ils fustigent rageusement tout ce qui s’y oppose. Avec d’autant plus de rage qu’il n’y comprennent rien. D’autant plus de violence qu’il ne savent pas pourquoi on les contredit, eux, qui ont raison par définition et en toute circonstance. D’où leurs ricanements irrespectueux au parlement quand l’opposition prend la parole à la tribune. Ou leur ton de videurs de boîte de nuit devant le peu de journalistes qui osent encore poser des questions peu commodes pour ces raclures au pouvoir. Ne plus être dupes des fanatiques. Démasquer leur barbare esprit obscurantiste derrière le baratin soi-disant l’intellectuel qui leur est habituel. Voilà des tâches pour les gens qui tiennent toujours à exercer leur droit de vote. Il suffirait d’ouvrir grand nos yeux sur la réalité : le fanatisme dogmatique n’est qu’un obscurantisme. Mais dangereux : ces gens-là au pouvoir ont largement démontré être capables de tout. On voit mal ce qui les empêcherait de manigancer l’organisation et le fonctionnement de ce qui est toujours régi par le code électoral.