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mercredi 27 janvier 2021

pélérinage vers soi-même dans le désert pandémique ...

 



De nobis fabula narratur
. Un lecteur, c’est bien de vous et de moi, qui lisons toujours, qu’il s’agit. Des individus ayant la lecture comme activité physiologique, intellectuelle et affective qui sentent son cerveau s’engourdir quand ils passent ne serait-ce qu’un jour privés d’elle. Le lecteur, qui semblait éternel à une époque encore récente, vrai protagoniste de la culture qui nous a été propre depuis des siècles et qui disparaît peu à peu jusqu’à l’effacement inéluctable aujourd’hui. 

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Rappel. « Ce qui compte, pour les gens de la Conscience Universelle, en politique, ce n’est point ce qu’on fait mais ce qu’on dit. Tant qu’on n’a pas compris cela, et qu’on ne s’en est pas pénétré, on demeure devant le déroulement de l’histoire contemporaine comme un analphabète balbutiant. Phénomène étrange, qui heurte le sens commun mais dont l’illogisme n’est qu’apparent. Les gens de la Conscience Universelle, vivant dans un monde essentiellement poétique et sans aucun point de friction avec la réalité, sont voués, tout naturellement, à admettre la primauté du verbe sur le fait brutal. Mieux, le verbe est pour eux la seule réalité et les faits ne sont guère que des contingences accessoires dont ils se font fort, justement, de modifier la nature au gré de leur pseudo déterminisme progressiste. A-t-on jamais vu qu’une construction de l’esprit fût mise en danger par une objection rationnelle ? Si les choses ne sont pas comme elles devraient être, ce sont les choses qui ont tort. » Pierre Antoine Cousteau,
Intra Muros 

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Actualité moisie. La fille du médiatique Bernard Kouchner, Camille, a brisé la loi du secret et du silence de son milieu gauche caviar, un monde de vérités alternatives qui se contemple lui-même, qui se regarde vivre, qui admire très complaisamment son impertinence supposée et sa prétendue liberté. Une grande famille qui en réalité n’en est pas une. C’est une communauté, affranchie des conventions, dans une vaste propriété où prolifèrent les nounous, les cuisinières, les gens de maison. Des féministes mais dont une jeune femme est chassée pour avoir déposé une main courante après avoir été agressée par un invité pendant son sommeil. Une communauté où la liberté sexuelle s’apprend à marche forcée : on envoie une femme mûre à l’aîné pour le déniaiser, on s’indigne de ce qu’à douze ou treize ans la cadette soit encore vierge. Camille Kouchner doit mimer devant sa familia un acte sexuel alors qu’elle est à peine pubère. On l’incite à masser et caresser les adultes. La photographie de ses fesses est affichée en grand sur les murs de Sanary. Pas de quoi s’alarmer. Pas d‘amalgame ! Ça arrive dans tous les milieux à presque chez tout le monde. Libération, France Inter, tout ce qui compte dans le camp du Bien rivalise à essayer d’éviter le rapprochement de ce que le livre expose avec ce que cache cette branche caviar d’une gauche indéboulonnable, une élite bourgeoise de gauche qui passe son temps à donner des leçons en se comportant de la manière la plus sordide (coucou, Dominique Strauss-Kahn !). Libération fait un paragraphe entier intitulé L’inceste est partout et y rappelle les propos de Camille Kouchner à L’Obs : « L’inceste est partout, il n’a pas de couleur politique. Il peut être à droite comme à gauche.”, cela n’a “rien à voir avec Mai 68 ». France Inter, c’est la même chose. Thomas Legrand, dans son édito, explique que certains profiteront de ces accusations portées sur les vieux acteurs de mai 68 et leurs injonctions à jouir sans entraves et à interdire d’interdire, pour avancer des pions conservateurs. Pour Legrand, le vrai problème, c’est plutôt le patriarcat dont mai 68 a justement permis de prendre conscience du danger qu’il représentait. Il ajoute que « la violence intrafamiliale (et l’inceste y tient une part importante), est — de très loin — la première cause de l’insécurité ». Même méthode dans Médiapart. Le 6 janvier 2020, Lenaïg Bredoux et Marine Turchi noient le poisson autour du système de l’inceste pour ne pas remettre en question le milieu intellectuel auquel elles appartiennent. D’autres médias sont un peu plus curieux en matière de rapprochements historiques et culturels. La gauche moderne a longtemps compris et justifié la pédophilie au nom de la révolution sexuelle. En 1977, dans Le Monde, a circulé une pétition « en soutien à des personnes inculpées pour avoir eu des relations sexuelles avec des adolescents de treize et quatorze ans ». Et les Verts allemands incluaient dans leur programme jusqu’au milieu des années 1980 la « dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et mineurs ». Élisabeth Guigou, ancienne garde des Sceaux, hiérarque socialiste et féministe bon teint était à la fois des intimes de Dominique Strauss-Kahn et de la famille Duhamel. Au moment de l’affaire DSK, elle relativisait. Dans un documentaire de 2020 de Netflix sur la même affaire elle confirmait son scepticisme : « Pourquoi DSK aurait-il besoin de violer, c’est un homme intelligent, séduisant, charmant ? ». Elle a été jusqu’à il y a quelques jours après la sortie du livre, présidente de la commission sur l’inceste et les violences sexuelles contre les enfants. Sandrine Rousseau, du parti Europe Écologie-Les Verts, a épinglé Élisabeth Guigou sur Twitter, le 5 janvier 2021 lui demandant de renoncer à ses fonctions, « Il serait important, juste et noble de démissionner de cette commission sur les violences sexuelles sur enfants. Bien sûr vous n’êtes coupable de rien mais vous êtes compromise avec trop ».
Daniel Cohn-Bendit, ancien compagnon de Marie-France Pisier, sœur d’Évelyne Pisier, la maman de l’auteure, avait fait des déclarations à l’antenne d’Apostrophes du 23 avril 1982 (« La sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique, faut être honnête. J’ai travaillé, auparavant, avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c’est fantastique, c’est un jeu érotico-maniaque… ».) Plus jeune, en 1975 alors qu’il avait 30 ans, il écrivait dans son livre Le Grand Bazar : « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m’avez choisi, moi, et pas les autres gosses ? Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. » Il s’est ensuite excusé en parlant « des lignes insoutenables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd’hui sur la pédophilie, sur l’abus sexuel ». Des abus sexuels dont il a été l’auteur à moins que de se faire tripoter les organes par des enfants de 4 ou 5 ans dont on a la garde ne soit considéré comme un geste éducatif ? En septembre 2018, Daniel Cohn-Bendit s’était vu proposer par Emmanuel Macron le ministère de l’écologie suite à la démission de Nicolas Hulot, il a refusé la proposition. On aura toujours du mal à expliquer le pourquoi de cette attirance vers cette part de l'anatomie, confluence de tous nos égouts organiques. Mais c'est ainsi ! La gauche machin, la gauche chose… Pauvre gôôôche ! Presque toutes les têtes d’affiche de Mai 68 auront su mener la barque de leur arrivisme : fric, honneurs, notoriété. Les naïfs, les sincères, les seconde classe seront les cocus de la farce. Ils iront consommer à Katmandou ou à Woodstock le deuil de leurs illusions. Quelques moines du maoïsme se frotteront au prolétariat en allant trimer dans une usine. Pas longtemps. On est prolo par nécessité ou on ne l’est pas. Le plus lassant, le plus pénible, c’est l’éternel prestige de leur patois de sacristie. Limité : quelques mots. Prolétariat. Répression. Solidarité. Aliénation. Forces productives. Classes dominantes. Unité d’action. Libération sexuelle. Camarade. Processus dialectique. Révolution. Le fascisme ne passera pas… Un cléricalisme sans Dieu mais pas sans diable. Le moment venu, Mitterrand saura coucher les plus ambitieux à ses pieds avec des portefeuilles ministériels, des circonscriptions, des planques au tour extérieur, des nominations flatteuses, des légions d’honneur déshonorées à force d’être distribuées à vau l’eau. Sic transit merda mundi ! 

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L’honneur. « La notion qui fonde toute coutume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidélité, humilité, bravoure, esprit chevaleresque, maîtrise de soi, résolution, en découle. (…) Perdre l’honneur, c’est être effacé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famille, de l’homme et de la femme, du peuple et de la patrie, l’honneur du paysan, du soldat, et même du bandit : l’honneur signifie que la vie, en une certaine personne, vaut quelque chose, possède un rang historique, sa distance, sa noblesse. » Oswald Spengler, Écrits historiques et philosophiques. Ces réflexions sont terriblement datées et ne conviennent plus à l’esprit du nouveau monde post tabulam rasam. Que de candeur, dans le monde d’avant, quand on pouvait encore écrire : « L’estime vaut mieux que la célébrité, la considération vaut mieux que la renommée, et l’honneur vaut mieux que la gloire. » Heureusement, nos maîtres et seigneurs d’aujourd’hui rassemblés en mafias savent depuis longtemps que rien n’est déshonorant si c’est profitable : les corps (Parlements, Universités, Académies, Assemblées…) ont beau se dégrader, ils se soutiennent par leur masse, et on ne peut rien contre eux, contre leurs abus, leurs mensonges, leur corruption. Le déshonneur, le ridicule glissent sur eux, comme les balles de fusil sur un sanglier, sur un crocodile. Scandales, ridicule, plagiats, pots de vins… J’aimais bien l’honnêteté, la parole donnée, l’engagement sincère conformément à ses idées… Je hais cette époque progressiste en tant de domaines. Aux hommes qui prennent d'assaut le Bataclan avec des kalachnikov, tuent 130 innocents et en laissent 400 estropiés à vie, le progressiste répond : « Vous n'aurez pas ma haine. » À la femme qui prend d'assaut le Capitole sans arme, sans violence, et se fait exécuter sans sommation, le progressiste-féministe répond : « Tu l'as bien mérité. » Ceux qui, à ce stade, n'ont pas encore compris que le progressisme obligatoire est le cheval de Troie de la barbarie ne comprendront rien à la suite des événements. 
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Que faire maintenant ?
Fonds européens, aides publiques, subventions… Il sera tout de même difficile (?) à l’Union de continuer à donner de l’argent aveuglément, sachant que cela ne fera qu’enrichir l’ignoble caste des politiciens professionnels au pouvoir et engendrera très peu d'investissement utile pour les entreprises, pour des pans entiers du monde entrepreneurial qui se sont effondrés. Il faudrait remettre le métier sur l’ouvrage mais les chances de réussite sont minces : pourquoi les mini-souverainistes, par exemple, accepteraient-ils de contribuer à une stratégie de récupération commune ? Et même s’ils le faisaient, ce serait nécessairement au profit des groupes insatiables qui ont mendié leur soutien pour gouverner (là, je pense à l’Espagne) depuis une quarantaine d’années, ce qui ne changerait pas grand-chose à l’affaire. En réalité, les communautés autonomes en vrac, inventées au départ pour décentraliser et moderniser l’ensemble, bloquent le pays, protègent les intérêts de chaque camp et empêchent tout renouvellement. Sans compter les l’endoctrinement multiple fait en fonction du seul critère communautariste-séparatiste encourageant sclérose, corruption et violence dans la société civile. Le redressement et le sauvetage post COVID de « l’État espagnol » passent par un changement complet de la vie politique et l’on ne voit vraiment pas qui pourrait les mener. Les castes défiscalisées alourdissent le fardeau des contribuables et lorsque les états ne sont plus que les courroies de transmission des ploutocrates, l’on réalise alors que la prophétie marxiste de l’accumulation du capital s’est enfin réalisée. 
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Comment oublier sans plus, comment jeter au vent ces poussées de colère à la lecture d’une presse fatigante, vide et stupide ? Effort mental et indignation s’avèrent totalement inutiles. Et pourtant… 
Blogueur antipathique (ancien professionnel de la politique). Il m’a toujours fait gerber ce vieux con avec sa gueule imberbe de con, ses yeux en trou de pine et sa calvitie moumouttisée sous une frange de poils stupidement gluants. Il me fait doublegerber, cette espèce de maître d’école qui écrit ses articles depuis des siècles comme s’il adressait à des débiles, distribue les bons points et les colles, arbitre les inélégances depuis son blog de con, dit le bien dit le mal et sépare les flots d’un index dressé comme un Dieu la Père sur le vitrail de la presse patriotique sabinienne. Il me fait tripledégueuler, le prophète sympa, dressé en vigie d’incendie sur nos foyers, sévère et cruel avec le peuple premier et trop complaisant avec la pire extrême merde prétendument extrême gauche. Il me fait chier au carré le très républicain quand ça l’arrange, cosmo-inégalitaire, pluri-libertaire mais très Dieu-et-les-lois-ancestrales, communautaro-fraternel avec ses idôles personnelles, minimum fonctionnel pour qu’un strapontin devienne un tabouret, une rébellion quelque chose de purement verbal, un évènement planétaire et ses lubies périmées de vieux ringard grimé de branchitude, une avalanche de likes de la part de la basse-cour nationaliste : trois petits tours – article, télé, blog – et puis s’en va. Il me casse les pieds au cube, l’icône con ancien député à la retraite inévitable collaborateur de la presse patriote, incapable de baragouiner deux mots en basque mais l’exigeant des autres sans concession. Il me fait ultravomir, gigadégobiller, tera-rendre : j’en rends tripes et boyaux (mieux vaudrait préciser le nombre par sa puissance de dix !) qu’il ne me reste plus rien pour aller à la selle... 

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Heredero de la rebeldía
de Reinaldo Arenas, su gran amigo, Abreu es para Cuba lo que su admirado Bernhard fue para Austria, Juan Goytisolo para España, lo que Fernando Vallejo es para Colombia y Castellanos Moya para El Salvador: una voz implacable, despiadada, pero imprescindible por su talante crítico. Dueño de una prosa impecable, exenta de lugares comunes y sofisticaciones gratuitas, con estas Emanaciones Abreu alcanza lo que considera el estado óptimo del escritor: su bestialización. “¿A quién se debe?”, se pregunta. “¿Qué le importa lo que nadie piense?”. El libro tiene como exergo una cita de Paul Léautaud: “¡Cuánto tiempo antes de atreverse a ser uno mismo!”. 

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Prestige de l’écrivain. « … il est très vraisemblable qu’il se trouve parmi [les écrivains] le même pourcentage de salauds que chez les hommes politiques, les hommes d’affaires, les beaux-pères, les juges et les prêtres ». Ferdinand Peroutka, Le nuage et la valse 


« Dans son enfance, Grein répétait que lorsqu'il serait grand, il serait scribe […]. Plus tard, il avait voulu être écrivain, savant, philosophe. Il rêvait de trouver un livre qui révélerait tous les secrets, en allant droit à l'essentiel. Chaque fois qu'il allait dans une bibliothèque, il cherchait ce livre-là. Dans ses rêves éveillés, il s'imaginait même en train de l'écrire lui-même. Mais Tandis que lui se contentait de rêver, d'autres écrivaient vraiment. Des milliers, des millions de livres étaient publiés, lus, puis jetés comme de vieux journaux. […] Comment réussir à dire quelque chose de nouveau au milieu d'une production pareille ? Et quelle valeur pouvaient bien avoir des mots qui ne se traduisaient pas en faits ? L'amour de Grein pour les livres s'accompagnait d'un dégoût grandissant. Avec le temps, il s'enorgueillit de ne pas être devenu un de ces auteurs dont les textes n'auraient fait que s'ajouter à cet énorme fatras littéraire. Mais l'habitude de jouer avec un stylo lui était restée. […] Il éprouvait même le besoin de tenir un journal, comme un écolier ou une vieille fille. Mais qu'avait-il donc à noter ? » Isaac Bashevis Singer, Ombres sur l'Hudson 

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Jean-Pierre Bacri. « Ce que provoque le vieillissement, on se sent exilé, on se sent rejeté (…) on ne peut plus être dans tout ce qui bouillonne. On nait dans la jeunesse, on passe son temps à être jeune et puis un jour on est exilé de ce pays, et l’exil c’est toujours dur. Tout à coup, on vous explique que vous n’êtes plus dans le coup. Votre miroir vous l’explique. Vous prenez conscience que vous vous modifiez, que le regard sur vous se modifie, que vous perdez ces jeux de séduction que vous amusait tellement avec les jeunes femmes. C’est terminé. Et puis vous vous regardez vieillir, vous voyez les plis, les choses qui tombent de votre menton. Vous êtes obligé de le constater. Ce que font la plupart des gens qui vous disent qu’ils ont une sorte de sérénité qui leur est tombée dessus à la vieillesse, mais on sait très bien que ce n’est pas ça, c’est un bouleversement terrible et on est obligé de le remarquer et d’en être affecté pendant un moment. » Jean-Pierre Bacri, décédé le 18 janvier 2021, interview France Culture (2018) 

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Rap, dégueulis. Je n’ai jamais pu supporter le rap, avec ses révoltes bidon. Ce sont de faux méchants et de vrais cons, démagos, rebelles pour show-biz… C’est de la variétoche sauce pseudo-voyou cuisinée en super radical. Il y même une Science Rap Academy, c'est dire ! Ils font les marioles avec leur vocabulaire violent, mais ils sont dans un créneau d’investissement qui rapporte. Ils sont forts pour organiser des combats de pitbulls dans des caves, mais ils se chient dessus à l’idée de ne pas se faire du fric sur Skyrock. La radio s’enrichit sans état d’âme en passant des disques radicaux et les groupes formatent leurs créations en fonction de leurs possibles passages. La culture rap, des brutes en short avec des chaînes en or et des voitures de luxe attrape-meufs, c’est la culture de la possession des signes extérieurs de richesse... Sur une musique inexistante, toujours le même discours imbécile et criard. Un univers de menaces, morsures, armes à feu, gangsters, bastons, baskets, machos, gangs, crans, clans... 

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Notes en vrac d’un projet (d’article long) qui n’a pas abouti. J’espérais nuancer mes propos par rapport à un travail (publié) enthousiaste/optimiste d’il y a plus de dix ans à propos du nationalisme basque… ce n’est plus la peine, comme tant de choses à l’heure qu’il est… la critique y était plutôt légère et nuancée, le bilan très positif, mais au fil des ans j’ai eu l’occasion d’élargir ma perspective 

- aujourd’hui les prêtres deviennent psychologues et les psychologues, prêtres (sur l’inversion de certains rôles sociaux) 

- vocation des nationalismes/sionismes péninsulaires : transformer les non-indigènes en autochtones et les réticents en étrangers dans leur propre pays / à différence des sionistes, les nationalistes ont une entité ethno-territoriale, un territoire sur lequel ils n’ont pas été transportés, ici pas de « Palestine for the Jews. Official Sympathy » (Balfour) 

- sionisme et bolchévisme ont en commun une promesse messianique de rédemption collective imminente et de transfiguration collective plus ou moins miraculeuse (Cf. Les chercheurs de dieux, de Claude Roy – à BX ? / prêté à qqn ?) 

- nationalités chimériques > à la recherche de l’avènement de « l’ère nouvelle », du règne du mythe peuple et culture, victimes rêvées d’une offensive étrangère concertée -> percer de force le mur de l’histoire (géographie) topographie nouvelle + noms & prénoms nouveaux > langue transformée + toute objection contre ces droits du mythe se règle d’elle-même, au-delà du droit, par la violence immédiate (et toujours pure car révolutionnaire) conduite par des éléments (individus) conscients 

- évolution diachronique de la transition espagnole / remplacement progressif de l’ancien appareil d´État pas nécessairement franquiste mais irrémédiablement suspect car formé par d’éléments socialement hostiles (les traits qui garantissaient hier leur loyauté suggèrent maintenant la trahison politique intrinsèque) par des éléments sûrs ou techniquement neutres / C[ommunauté] A[utonome] V[basque] : la plus moderne et la plus performante et prospère des CCAA [communautés autonomes] de l’État espagnol (démêler part d'ambiguïté / La Chine aussi, ambiguë, avec son communisme, qui est en réalité un communisme de marché, tout à fait inédit, capable de mettre en œuvre pour la première fois dans l’Histoire une modernisation technologique fulgurante et un socialisme fondé sur l’abondance et l’égalité / les nationalistes basques (seul parti sérieux du parlement espagnol) sont fortement surreprésentés dans le Congrès des députés de Madrid + la CAV bénéficie d’un régime fiscal ahurissant fruit du double pouvoir en place simultanément à Madrid (autorité formelle) et à Vitoria (pouvoir réel de l’oligarchie locale en tant que toujours indispensable au maintien en place de l’autorité formelle)… le bruit de la confrontation n’est qu’apparente ; paradoxe : prépondérance culturelle et insignifiance administrative, sur place, la discrimination positive implique une discrimination négative… une fois ethnicisé, le plus riche, le plus moderne, l’incomparablement bien traité - en tous les domaines ! – devient victime d’un malheur incomparable, la formule : richesse + savoir + pouvoir politique = [mènent curieusement à de plus en plus de] victimisation, combinant la réussite économique et le statut de minorité punie face à l'extérieur 

- alors que la majorité du monde occidental semblait avancer en sens inverse, le Pays Basque a connu un culte exagéré du messianisme, presque unanimement, accepté avec ce que cela comporte (idéalisme + l’esprit agressif exacerbé > capable de convertir la violence pure en haute manifestation altruiste et vertueuse malgré sa logorrhée soi-disant militaire : tour de passe-passe grâce auquel l’assassinat pure et simple, le racket, l’enlèvement mafieux deviennent lutte armée) de nationalisme intégral propre de l’entre-deux guerres (« la France aux Français ! », « l’Allemagne aux Allemands ! », « la Grande Serbie », « la Grande Euskalherria »…) / la découverte de l’ampleur et de la nature de la Shoa avaient obligé la mouvance nationaliste basque à adoucir son récit traditionnel farouchement xénophobe, devenu politiquement illégitime, comptant sur la complicité bienveillante des forces politiques démocrates qui, presque unanimement, ont accepté de placer ce courant idéologique, singulier et anachronique, dans une catégorie à part où les règles générales – comme dans le cas du ridicule et agressif suprématisme catalan – ne s’appliquent pas : on peut attaquer un Le Pen, un Salvini, un Orban, etc. On se gardera bien de faire pareil avec des racistes basques avérés (Arzallus) ou des xénophobes catalan, genre Torra et proches… / la rhétorique périphérique des nationalités chimériques fait toujours partie de notre routine et, malgré sa proximité du modèle anglo-américain ou israélien (groupements sociaux autours des ethnies), jouit d’un prestige proche de la complicité chez des formations politiques figurant sur l’échiquier à gauche ou à l’extrême gauche … 

- concept chimérique de la notion tribale de responsabilité collective à la base du concept de victimisation (ethnique, tribale) débouchant sur exigence de repentir et obligation de réparation 

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Nul n’est moins apte que moi aux servitudes du militantisme. Je le rappelle à un vieil ami trotskiste « malgré tout », qu’il dit, le con. Ils m’ont toujours fait rire les trostkos : Trotski était aussi tyrannique, aussi cynique que Staline, et peut-être plus pervers. Et le Lénine, itou : de belles canailles. Mais Trotski était brillant à la plume. Ses études sur la révolution et ses critiques sont passionnantes et, tout de même, sa bio de Staline reste un monument. Il a raison sur l’analyse des rapports de classes, tort largement sur le reste, révolution permanente, etc. La dextérité intellectuelle de leurs épigones laisse à désirer. Il se souvient, mon pote, qu’on avait chez moi, collés sur les murs du salon des posters représentant la gueule de Lénine, de Fidel, de Mao ou de ce psychopathe du Ché… C’est bien vrai ! On a passé des soirées dans le compagnonnage mural de ces ordures. Mais le lent apprentissage de la vie nous a enseigné que sous quelque défroque qu’il se déguise, le communisme ne peut plus incarner l’espoir – et, de même, toute utopie qui s’y réfère, fût-ce de loin… les Chinois s’en sont bien tirés dès qu’ils ont adopté les règles du « marché ». Pour la bonne raison que la technique progresse indépendamment du régime politique et que son rationalisme prométhéen, indifférent aux valeurs, asservit l’homme en lui promettant les lunes du consumérisme qu’on soit chinois ou néozélandais. Le simple sens commun transperce de part en part toutes les utopies sinistres, de Saint-Simon, de Cabet, de Fourier ou de Bakounine. 


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Coronavirus saga. Les bêtises sur « tout formater à zéro » ! Quelle nouvelle réalité ? Produire plus de camelote inutile pour en consommer plus et en produire plus encore, c’est le surplace du hamster dans sa cage, poussant les barreaux de son échelle à perte de temps On se rend compte qu’aucune hiérarchie sociale n’est vraiment légitime ...

 

mardi 29 décembre 2020

Si vous êtes unijambiste (confiné), évitez le funambulisme (vanité du gouvernant) !


Vilem Reichmann Douleur et compassion


Si vous êtes unijambiste (confiné), évitez le funambulisme (vanité du gouvernant) ! 

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La littérature porte malheur à ceux qui ne l’aiment pas. Lu quelque part… 

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Deux citations pour le prix d’une, d’un classique bien bourgeois : 

« Les sots vont loin quelquefois, surtout quand le fanatisme se joint à l’ineptie, et à l’ineptie l’esprit de vengeance » 
Voltaire, Dictionnaire philosophique

« … la barbarie, devenue plus insolente par notre silence, égorgera demain qui elle le voudra juridiquement … » 
Voltaire, lettre à d’Alembert, 18 juillet 1766 
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Il est dans l’ADN du conformiste de proximité, selon l’hideux mot à la mode, de garder le silence sur les sujets qui fâchent et de jeter hors de sa conversation les interlocuteurs qui fâchent davantage. Gouvernants au-dessous de tout, incompétents, crétins gonflés du néo-gauchisme juste bon pour l’autopromotion éhontée ? Pas de moyens pour la santé, pour le commerce, pour les gens ruinés, pour les jeunes ? Dehors, le facho, le conspiro-paranoïaque, l’empêcheur de tourner en rond ! 

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Proust considère la bonté comme l’intelligence véritable. La seule, par la grâce de la vertu d’empathie, capable de délier l’imagination et de la permettre de tout étreindre. Capable de transformer le cosmos en spectacle de bonté où peut avoir lieu le dialogue du pécheur Claudel avec le réprouvé Rimbaud… Chacun d’eux, en dépit de leur nature humaine, donc imparfaite, sait s’élever au-dessus de leur condition au-delà de ce que la société de leur époque aimait déjà auréoler de vertu, exactement aux antipodes de la bonté. La bonté aujourd’hui ? Qui la reconnaîtrait comme un fruit de l’Esprit qu’on n’obtient qu’au combat permanent contre soi-même ? Qui serait en ce moment prêt à combattre quoi que ce soit ? Du combat avec l’ange, Jacob est revenu victorieux mais boiteux… 
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Je semblais avoir été fait pour devenir un garçon de ferme et gagner ma vie dans la bouse. Mes parents me l’ont évité. Ils m’ont facilité la prise d’un ascenseur social durement accessible, inabordable pour eux, tout juste travailleurs dans un milieu, comme partout, peuplé de squales. Je suis né après la mort d’un enfant de quatre ans, qui m’avait précédé, et de deux autres plus petits dont mon père et ma mère ont gardé une mémoire douloureuse et discrète. Avec moi, ils ont tout fait pour m’épargner la marque du sceau de l’enfant de remplacement ou de la condition de victime de la pauvreté ou de je ne sais quelle pleurnicherie encore. Discours dont raffolent les bourgeois plutôt nés une cuillère dans la bouche ! Tous les enfants devraient pouvoir dire à leurs parents ce qu’Anna de Noailles écrivait à sa mère : « Je suis née tout entière du bois de ton piano ». Le lien parents-enfant ne se résume aux mots de la bave freudienne. Amour et tragédie peuvent exister ensemble au cours d’une vie. Avant de mettre bas parce que l’horloge biologique ou je ne sais quelle fadaise lue dans un journal vous tourmente, avant que d’enfanter, d’adopter, d’acheter un jouet-bébé, homoncules de tous les genres ou transgenres ou mixtes, on devrait se demander si on pourra à perpétuité aimer pour de vrai le fruit de ces lubies à la mode et, en ce cas seulement, se reproduire, adopter, se faire cloner (en moins cons), etc. En cas contraire, sauvez la planète, la couche d’ozone et le bonheur animal et regardez-vous vieillir, seuls, en couple ou en groupe. Agissez à votre guise mais arrêtez de la remplir d’enfants malheureux qui devraient attendre tout de vous et que non seulement vous décevrez mais que vous conduirez au malheur, par vos soins précieusement préparé. 

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Paraphrasant Cioran, au bout d’un certain temps, un certain nombre de ceux qui m’ont trouvé à un moment donné quelque mérite ont fini par se détourner de moi. J’ai perdu de la sorte une certaine quantité de mes amis, si tant est que j'en aie jamais eu un seul. Si le sage roumain semblait « avoir inspiré la déception », je préfère quant à moi, me leurrer de l’espérance d’avoir inspiré la proximité chez quelques bons
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Premier brouillon – écarté, par inutile – pour un message de vœux cette terrible année 2020, juste au moment où un gouvernement de pignoufs à la tête de l’État espagnol (monarchie pourrie qu’ils ont soigneusement édifiée pour croquer à pleines dents des millions d’argent public) refuse à la langue espagnole son caractère de langue véhiculaire… 

Hermanos, los que estáis en lejanía
tras las aguas inmensas, los cercanos
de mi España natal, todos hermanos
los que habláis esta lengua que es la mía.

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Textes finalement adoptés, avec une légère modification dans Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre  remplacé par Et le peuple qui tremble au virus délétère, idéal pour l’occasion… 


La moisson de nos champs lassera les faucilles,
Et les fruits passeront la promesse des fleurs. 
François de Malherbe, Stances

Les veilles cesseront au sommet de nos tours,
Le fer mieux employé cultivera la terre,
Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre,
Si ce n'est pour danser, n'aura plus de tambours.
François de Malherbe
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« Le mal et la bassesse sont la seule transcendance qui puisse, à la rigueur, éveiller un monde assez oublieux des hiérarchies pour se faire raison de son ignominie et la résorber dans la nature ». Pierre Boutang, Les Abeilles de Delphes (relecture confinée, avec l’extraordinaire La source sacrée, du même auteur) 

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Squatteurs d’État et squatteurs de quartier … 

Le squat est à la mode en ce moment. Normal. Cela fait aussi plus de 70 ans qu’un État larmoyant et impudent se permet de squatter, de spolier, de voler, d’emprisonner et d’assassiner des autochtones de la terre de Palestine. Sur une musique de fond à base de délires racialistes et de l’apartheid le plus éhonté, on a assisté à l’installation de colonies de provocateurs défiant l’entendement et à l’utilisation d’une force disproportionnée – incluant des bombes au phosphore contre des femmes et des enfants en dépit des lois internationales les interdisant – sans la moindre réaction efficace de cette plaisanterie appelée communauté internationale. En toute impunité. Et grâce encore et toujours au même chantage ignoble qui leur permet de se goinfrer de milliers de milliards de dollars au titre de réparations pour des victimes souvent problématiques (cf. l’honnête intellectuel Norman Finkelstein et son travail classique sur l’industrie de l’holocauste). Et vous voulez sévir contre les squatters de cité ou de locaux inoccupés ? 

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Plus les mois passent, plus la nouvelle (?) gauche me gonfle. Déconnectée de ce qu’on appelait le peuple, donc, de son univers de base, yankeesée jusqu’au tréfonds elle ne représente plus l’avenir et d’ailleurs elle n’a rien à proposer à part une caricature de l’immonde clan mafieux au pouvoir au Venezuela. 
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A presque 70 piges, j’ai vu d'assez près la vie politique pour savoir qu'il existe un degré de puissance où le politicien le plus infâme se trouve protégé contre lui-même par ses propres infâmies grâce à l’ignoble ignorance de ses électeurs. Et, à plus forte raison, protégé contre les autres par les infamies des autres. Dans le marécage politique, Il n'est qu'une chose irréparable : être honnête. 

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« Les mêmes qui pleurent le maïs modifié marient l’homme avec l’homme, la femme avec la femme, veulent donner à l’enfant des parents du même sexe, accepter que le fœtus soit créé ici, porté là-bas, nourri ailleurs, qu’il naisse en pipette ou qu’il soit introduit dans l’utérus d’une vieille folle qui veut encore sentir son ventre, tout cela n’a pas d’importance. Mais que personne ne touche aux légumes ! » Pasquin, L’Homme Nouveau 

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« ... au tournant du troisième millénaire, la permanence du corps accordée sans condition à chacun des quatre-vingts milliards qui nous ont précédés n’est déjà plus absolument garantie à ceux qui vont venir. Non pas que la sélection naturelle soit en passe de fomenter quelque nouvelle forme d’humanité. Mais plutôt qu’un autre mode de sélection est en train de se mettre en place : une sélection artificielle, erratique mais voulue, commandée mais aveugle, promue par ceux qui étaient, au même titre que les autres espèces, les objets passifs de cette sélection, les hommes eux-mêmes. Tu lis ces dépêches qui relatent comment l’homme apprend, chaque jour un peu mieux, à intégrer dans le germen, le patrimoine génétique de telle espèce, des traits importés de n’importe quelle autre. Tu suis les progrès de ce thaumaturge. Il devient capable de provoquer des mutations artificielles qui retirent au monde du vivant son naturel, sa nécessité, son évidence et son inéluctabilité. Elles rendent ce monde chaque jour un peu plus surnaturel et beaucoup plus baroque qu’il était déjà. Tu sais tout de ces maïs qui résistent désormais aux herbicides en intégrant une hormone humaine, de ces porcs qui produisent des organes vitaux humanisés, cultivés pour nous être bientôt greffés, de ces étranges souris qui exhibent une grande oreille humaine sur leur dos, de ces veaux-usines qui produisent de l’insuline ou d’autres substances organiques utilisées ensuite dans l’industrie médicale, alimentaire, chimique… Tu visites le monde comme une salle d’exposition qui s’accroît chaque jour de produits vivants inventés par des créateurs géniaux, par des esthètes suspects, par des commerçants sans scrupule, par des médecins fous, par des mages douteux prêts à remédier à l’imperfection humaine… C’est Florence au réel, une étrange Renaissance éclatée aux quatre coins du monde où le vivant renaît selon d’autres lois. Une nouvelle genèse. Nous sommes entrés dans un fabuleux bricolage des formes et des conditions du vivant, tellement incontrôlé que nul ne saurait, ne fût-ce qu’à moyen terme, anticiper les effets locaux et encore moins globaux. Mais puisque l’homme altère tout, pourquoi n’altérerait-il pas l’homme ? » 

Dany-Robert Dufour, Lettres sur la nature humaine à l’usage des survivants 

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J’ai remis l’autre jour la chanson Hasta siempre par l’inusable Carlos Puebla (Youtube). Le temps ne passe pas. Chaque fois que j’entends cette chanson, dont la musiquette n’est pas désagréable je suis frappé de son caractère foncièrement religieux. Elle est toujours très populaire vouant à l’idole castriste, icônifiée à travers le vaste monde jusqu’à la nausée, un culte doucereux surtout dans son refrain qui n’arrête d’envoyer un message de satiété au cerveau : « Ici demeure la claire / La chaleureuse transparence / De ta précieuse présence / commandant Machin… »). Il m’en reste toujours une nostalgie mêlée de gêne au souvenir que moi aussi, dans ma jeunesse, mouton ignare parmi les moutons ignares, j’ai fredonné ces âneries-là... 


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La croyance selon laquelle l’altérité homme/femme se réduit à une construction sociale n’est qu’une une formule dogmatique basée sur des stéréotypes idéologiques sans fondement scientifique aucun. 

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Même dans les expériences communistes les plus acharnées, aucun régime n’a jamais poussé l’égalitarisme au point d’abolir le clivage entre ceux qui bossent et ceux qui contrôlent ceux qui bossent. Aucune société n’y parviendra jamais. Il y a là une sorte de malédiction, dont il faut s’accommoder. Cela dit, l’inégalité n’est pas nécessairement tyrannie, les rapports de hiérarchie ne sont pas forcément injustes ou source de discorde. 

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Émérite, drôle de titre académique pour des retraités entourés d’une cour d’obligés reconnaissants ! / Emérito ¡vaya titulito académico para jubilados con corte de agradecidos ! (Gregorio Morán) 

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mardi 1 décembre 2020

una campana muda, sin campanario / en medio de la niebla / del calendario



NOVEMBRE A TIRÉ SA RÉVÉRENCE…

Mon émotion du moment, juste avant son départ : je me sens comme…
una campana muda, sin campanario / en medio de la niebla / del calendario = une cloche en silence et sans clocher / dans le brouillard épais du calendrier


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Deuil pratiquement universel à la mort du footballeur Diego Maradona. J’ai du mal à partager que l’habileté d’un homme à jouer au ballon présente un intérêt réel (à part les milliards générés part la publicité et les paris en ligne) pour une société quelle qu’elle soit. Le personnage, sur le plan personnel assez misérable (machiste violent et bouffon histrionique, zombie drogué menteur sans se départir de son style maquereau à bagouzes guévariste) n’a rien fait après sa mort, pour relever sa cote. Son pays, l’un des plus riches du monde, tombé au plus bas entre les mains des politiciens au-delà de l’indécence, lui a rendu un hommage transformé fatalement en chaos. Spectacle à la hauteur de l’un et des autres…

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Si le bourgeois de l’ascendance a forcé l’admiration de l’Histoire pour son sens critique (Voltaire, Rousseau…), le bourgeois de la décadence peut se définir par son conformisme. Comme nous l’a amplement démontré Flaubert, il fait là où on lui dit de faire. Ainsi, en réponse à l’insupportable délinquance nord-africaine subie par le beauf depuis qu’il fut chassé des centres-villes, le bourgeois, pourtant responsable de son sort, le traitait invariablement de « facho » comme on le lui avait appris. « On » désignant plus précisément l’intellectuel français souvent issu d’une communauté très en pointe dans le secteur des idées depuis son émancipation des ghettos au dix-neuvième siècle, et plus encore sur le terrain du discours après la défaite nazie. Or, chose étrange, depuis que le beur de banlieue n’aboie plus « sale français » mais « sale feuj » pour cause de solidarité « imaginaire » (comme dirait Alain Finkielkraut) avec les petits palestiniens de l’Intifada, ces mêmes intellectuels français (dont énumérer les patronymes friserait la faute de goût), eux qui nous avaient interdit de nous plaindre, eux qui exigeaient même que nous battions notre coulpe de vilains colons exploiteurs, nous intiment l’ordre, dans autant de médias à la botte, de châtier les vilains beurs, ni jeunes, ni différents, ni pauvres, ni victimes  désormais ; seulement machos et antisémites. Message on ne peut plus clair : dans la République française, être anti-français ce n’est rien, mais être anti-israélien c’est impardonnable… surtout pour des intellectuels français qui ne manquent pas une occasion d’afficher leur soutien à ce champion contemporain du fascisme colonialiste et dont le chef vient d’être démocratiquement réélu haut la main, j’ai nommé l’État d’Israël du coolissime général Sharon ! Depuis les années 70 jusqu’au 21 avril 2002 (pour faire simple), le discours dominant, officiel, nous interdisait de nous plaindre des délinquants nord-africains sous prétexte qu’ils étaient jeunes (argument 68), qu’ils étaient différents (argument communautaro-différentialiste), qu’ils étaient pauvres (argument marxiste) et surtout que leur ressentiment légitime leur venait de l’odieuse colonisation française. Marc-Édouard Nabe, Les porcs 1

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Anagramme pour amateurs : Pascal Obispo = Pablo Picasso…

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Foutage de gueule démocratique. Indécent exhibitionnisme de bonne conscience dans notre parlement autonome. Un gros con social-démocrate (vieux ragoût et soupe rance) reproche à un sale con soi-disant d’extrême droite (soupe rance et vieux ragoût) son déficit de conviction pour servir la cuisine électorale dont les vertus ne sont plus à démontrer. La recette en est extrêmement simple :  périodiquement, des milliers de sales cons veulent convaincre d’autres sales cons d’aller voter pour un grand con plutôt que pour un gros con. Foutage de gueule et spectacle garanti ! Finalement, pourquoi ça marche ? Parce que cela flatte les égos des électeurs qui ont ainsi l’impression qu’ils contrôlent quelque chose, et encourage le narcissisme généralisé. Encore une conquête des années de la transition... Reste à se demander pourquoi le citoyen, pourtant éduqué dans une école rationnelle (de moins en moins mais quand même), gobe ce genre de discours. Là encore, il faut se dire que toute croyance a une fonction. On ne croit que si l’on a envie de croire. Le discours platement démocrate est accepté parce qu’il flatte l’égo du public. Et le démagogue se sent pousser des ailes en dénonçant les turpitudes supposées des puissants, des grands, des riches (et le riche est toujours l’autre, comme l’illustre le panel de pauvres dans le gouvernement actuel), pour flatter les faibles, les pauvres, les petits. Si on admettait que les politiques ne sont généralement que des porte-voix corrompus doublés de médiocres manipulateurs ambitieux, on serait donc forcés de conclure qu’ils ne valent pas mieux que nous. Voilà : les élites n’existent pas ! On aurait saisi les clés du fonctionnement du système ! Très satisfaisant pour l’égo à défaut d’être vrai. Car cet antiélitisme rudimentaire couvre un nouvel élitisme. Simplement, il s’agit d’une nouvelle élite : ce n’est plus le spécialiste, l’ingénieur ou le scientifique qui disent la vérité, c’est le journaliste. Loin d’être un contre-pouvoir, le journaliste est devenu le pouvoir. Un pouvoir fondamentalement négatif : il peut faire arrêter un projet, faire renvoyer un ministre, traîner dans la boue n’importe qui mais ne construit absolument rien, tout simplement parce que la construction nécessite la mise en commun et donc la confiance en qui sait construire. Or, c’est précisément cette confiance que les médias détruisent en bénéfice des tireurs des ficelles, ce qui leur permet de vivre dans toutes les régions du globe mondialisé.

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Fin de semaine d’horreurs répétées. Images insoutenables. Exemples à répétition de charmantes villes légèrement soulagées d’un confinement dramatique pour tant de gens à bout de souffle. Le tabassage de Michel Zecler provoque partout de véritables émeutes. Paris, Bordeaux, Marseille sous la colère débordante, sagement canalisée, de masses en folie… Incendies volontaires, policiers et pompiers attaqués, tirs de mortiers, affrontements avec les forces de l’ordre, jusqu’à des bombes artisanales à l’acide destinées à des guet-apens. Il n’y a pas à tortiller : même en plein confinement, la France sait s’amuser !

 
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Le métier d’écrivain est générateur d’une vanité qui s’augmente au fur et à mesure qu’il est mal exercé. Ce défaut qui coûta au corbeau de la fable un fromage continue chez les humains une carrière sans obstacle majeur. Les contacts humains n’étant jamais sûrs, il vaut mieux toujours se centrer sur la lecture, sur les textes que sur les anecdotes plus ou moins croustillantes de la personne qui les produit. Il ne faut jamais se morfondre sur cet horizon bouché. MEP n'a pas de bornes sur certains points et il est en revanche extrêmement borné sur d'autres qui touchent à sa représentation de certains problèmes... Il me fait penser, MEP, à tant de faux rebelles favorables à la fellation forcée et universelle aux tenants d’un pouvoir pourvu qu’il se dise progressiste. Certains de ses articles portent la marque indélébile de l'ami du gouvernement madrilène actuel, toujours excité par la prétention d’imposer ses lubies au nom d'un hypothétique bien commun « des gens » dont seul il décide, contre toute sorte de complotistes, conspirationnistes, nazis, fascistes, droitistes, populistes... En fonction de ses préférences, subjectives et lourdement pérorantes dans leur fausse recherche d’équilibre, MEP arbore des masques différents : voyageur infatigable (toujours de retour !) faussement détaché de tout, censeur, donneur de leçons – surtout en politique – sans en avoir l’air… Connement arrogant se la jouant modeste. Ses coups de gueule provoquent des likes admiratifs en cascade. Les trolls semblent partout insatiables ! Quand on les fait tomber, ses masques pitoyables, ils révèlent toujours la même absence de visage. RIP : qu’il radote en paix ! Les moutons à forme humaine ne jugent qu’en fonction de l’avis du berger. D’autant plus que la littérature des temps des égouts en crue d’aujourd’hui transforme en chefs-d’œuvre d’inimaginables merdes à peine lisibles… En tout cas, ne confiez jamais votre amitié à un homme de lettres : Dieu sait dans quel état il vous la rendra ! Les amertumes, les emportements et les règlements de comptes propres à tout métier restent dans le microcosme des lettres ou dans celui de la culture les principaux fournisseurs de matière première. Heureusement, la route est courte qui mène de la louange à l’hostilité et beaucoup de génies auto-désignés, riches en faconde et suffisance, risquent toujours de se retrouver à leur véritable place d’idiot du village. En littérature, hélas, l’homme du jour est rarement celui du lendemain.  

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Une partie de la gauche a manifesté depuis longtemps une étrange tolérance envers l’islam qu’elle n’avait jamais admise pour les autres cultes, en particulier le culte catholique.



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Livres à lire Dieu sait quand : 1) Cristián Rodrigo Iturralde, 1492 : fin de la barbarie, comienzo de la civilización en América, Unión Editorial, Buenos Aires 2019. 2) José Luis Rodríguez García, Postutopia, Prensas de la Universidad de Zaragoza. 3) José Luis Pardo, Estudios del malestar. Políticas de la autenticidad en las sociedades contemporáneas, Barcelona, Anagrama

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Celle-là, je l’avais déjà mise sur mon mur il y a quelques jours, histoire d’encourager une bonne amie stressée sous la botte d’une sous-merde, patronne tyrannique : « Ne permettez à personne le soin de vous insulter, de vous humilier ou de diminuer votre estime de soi. » W. Shakespeare

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Staline victorieux voulait que sa victoire militaire fût implacable, sans concession pour les vaincus. Ses alliés lui emboîtèrent le pas. Or, l'une des choses que ces vainqueurs de 1945 (désormais « la communauté internationale ») pensèrent faire, c’était de renverser le régime de l'Innomable récemment exhumé. Dans son cas, le vainqueur devait accepter d’être puni pour sa victoire puisque plus ou moins allié des vaincus italo-germano-nippons…


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Chancre moins budgétivore que le journal ou le film, le livre est reçu par le public d’une manière mouvante. Elle varie, reste influençable, et les éditeurs savent bien en quel cas X peut aider Y à juger un livre excellent ou inversement. Comme au théâtre, une claque est donc nécessaire pour déclencher l'enthousiasme, d'où le rôle de mains vigoureuses, celles des grands critiques consacrés (!), pour un lancement que l'on exige exemplaire. Laisser à un profane, tout simplement lecteur avisé, le soin de se prononcer sur un ouvrage serait folie et imprudence : le talent, voire le génie, restent une chasse gardée, ils ne sont plus aujourd'hui que la force de l'affirmation de ceux qui sont dans le secret de la chose. Les grands éditeurs le savent bien, eux qui dépensent des millions de publicité dans la littérature, car les spécialistes restent toujours réservés, timorés, et il s'agit de les entraîner. Fragilisés dans leurs convictions, ils attendent de prendre connaissance de l'avis d'autrui pour émettre le leur ; cette sorte de plume en retrait est prompte cependant à se porter au secours de chaque victoire, d'où l'intérêt d'un pilonnage intensif pour faire tomber les hésitations. Dans cet univers « culturel » personne ne rechigne sur cette allégeance à la publicité et surtout au pouvoir, surtout quand il apporte un plein panier de poires pour la soif (de savoir ?) sous forme de fric dans la caisse.  

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Changement d’équipe dirigeante à la tête de l’UPV/EHU. Combien d’illustres robes universitaires ont fini dans les placards entre la naphtaline et l’indifférence des mites ?

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La France est le pays des « meilleurs ». « La meilleure santé du monde, la meilleure armée du monde, le meilleur quelque chose du monde »... Comme elle est celui des décorations, parce que la vanité et la gloriole sont ses péchés mignons. Souvenez-vous de l’Histoire relativement récente : après avoir pris une raclée superbe en 1940, il se produisit une telle inflation de croix de guerre décernées en veux-tu en voilà que le gouvernement dut en retirer un certain nombre par décence : on commençait à ricaner dans les chancelleries où l'heure n'était pourtant pas à la joie. Sous de Gaulle (Monsieur « Je vous ai compris ! Vive l’Algérie française ! »), la Légion d'honneur fut prise d'assaut et atteignit de tels effectifs qu'il créa l'ordre du Mérite dont l'objectif était de faire baisser la crue, tel un réservoir de secours. Après, la Mitterrandie et les gangsters consécutifs ont déjà atteint les limites de la décence et du comique. Le pouvoir est un ascenseur que les assoiffés de gloire de tout pelage (de Louis-Maire Turreau à Rambo ou du tailleur de Sarkozy à J. Debouzze) ne refusent pas de prendre. Y aurait-il un fondement à l’idée que l’honneur des uns, modelable à souhait, fait l’envie du reste ?

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Pas envie de regarder la série Patria. Une société close, fermée et fétide par manque d’air, ridicule et provinciale à force de se vouloir supérieure au commun et en même temps universelle (elle a, elle aussi, sa Diaspora, jumelée partout au Trésor public !), encensée par des planeurs estampillés intellectuels hors du commun. On se demande quelle place y tenait ce que le commun des mortels considère les démocrates, au milieu de tant de mafieux dominant l'arbre d'un establishment dont les branches généalogiques faisaientt déjà partie pendant la longue période du régime de l’Innommable, mort dans son lit. Et l’église locale, un jour courageuse, caracolant péniblement depuis des années à la recherche d’un impossible ravaudage après l’aggiornamento vaticanesque qui la conduirait inéluctablement aux poubelles de l’histoire, entichée de ses ex-ennemis égorgeurs et incendiaires.

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Casas y tumbas me tombe dessus. Et ensuite, des mains. Plus que marre de cette machine à ramasser des prix dont le chef-d’œuvre intégralement en langue basque gît encore au fond d’un encrier ou sur les touches d'un clavier. Doit-il son succès au fait que les Espagnols ne parlent pas le basque ou que, ceux qui le parlent l’ont encore plus mal lu qu’à l’ordinaire ? Certains poèmes, peut-être ?


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mardi 17 novembre 2020

Le bûcheron avec sa hache...



« Lorsque, la hache à la main, le bûcheron atteint la forêt, les arbres se disent : le manche est des nôtres… » René Hausman

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Une position fréquente des « années de plomb » consistait à dire que les terroristes basques n’étaient pas vraiment des basques. « ¡No son vascos, son asesinos! » scandait la foule compacte et bien intentionnée. Ni ces foules manifestantes ni les spécialistes médiatiques voulaient accepter la rupture radicale avec les conceptions traditionnelles de la « basquité » historique. Une nouvelle optique suggérait que l’identité basque n’était pas une question d’héritage mais de choix et qu’on pouvait s’en défaire ou la perdre aussi facilement qu’on l’adoptait. Les Basques n'étaient plus un peuple élu mais des individus qui choisissaient d’être basques. Pour certains, il suffirait de parler la langue, pour d’autres ce serait simplement une forme spécifique d’affiliation politique. Mais l'objectif était toujours de détruire toute trace du passé [du passé faisons table rase] : de la toponymie à l’onomastique, dans un présent bien présent et au nom d’un passé rêvé, pour construire un futur dont les contours simplistes (indépendance et socialisme comme sésame de la libération) - mais ô combien meurtriers - n’existaient que dans la tête des concepteurs de ce futur. On pourrait encore y trouver un détail de proximité avec le sionisme constructeur de chimères par antonomase. Capable, lui aussi, des rapprochements les plus inattendus. Qui considère un jour les textes de la Bible (historiquement parlant assez problématiques !) comme autant de titres de propriété devant notaire et, sur la même lancée, le lendemain, qui fait courageusement coïncider ces mêmes textes bibliques avec le moindre vestige archéologique. Et avec ce tour de passe passe bluffant, il déplace des populations, s'appropprie leur terres et se dépeint lui-même comme la victime entre les victimes mettant ses détracteurs en difficulté. Revenant à nos années de plomb, le problème sera toujours que, si les exécuteurs n'étaient pas basques, ils étaient bel et bien réellement des assassins, basques ou pas. Mais identifiés par l'une des plus arrogantes et indigentes formules léninistes (chaque nation aurait deux cultures : la prolétaire, bonne et positive, et la bourgeoise, foncièrement mauvaise) à la fraction authentique (?) du peuple basque au nom de l’avenir radieux, ils touchaient automatiquement des dividendes à la bourse des valeurs électorales sur un fond d’obscurité chauviniste et de fanatisme ethnique - dont ils voulaient ocassionnellement se défaire pour se réclamer de gauche à chaque fois -  tout à fait extravagants. La foi en la révolution avait déjà remplacé la foi des ancêtres. Cette arithmétique implacable, bien qu’élémentaire, réduit à néant les détours intellectuels de la dialectique et les coupages des cheveux en quatre propres aux critiques (tous réactionnaires, par définition) qui oseraient se situer en face d’eux. La Raison qui, comme tout le monde sait, tonne en son cratère, finit par abandonner les subtilités propres à l’ensemble des facultés de penser et de la dialectique pour se contenter d’assurer la transformation de la spontanéité (prolétarienne) en conscience (révolutionnaire). Bagage suffisant. Que la fête commence. Combien d’étudiants, d’universitaires, de travailleurs et de professionnels de toute branche, appelés en principe à assurer le remplacement social après de dures années de travail, auront-ils franchi ce pas automatique, auront-ils été détournés d’une trajectoire normale par les nouveaux mythes sacrés, auront-ils été formatés en termes du catéchisme de cette vague générosité, communautaire, abstraite, agissant au nom d’une insatiable soif de justice (révolutionnaire), se transformant en combattants disciplinés (avec la conscience d’appartenir au cercle restreint des élus en possession d’un savoir authentique acquis par le biais d’une illumination subite) d’une nouvelle forme de guerre sainte face à l’inertie des masses ? Comme pour une inimaginable quantité de générations précédentes, le prix à payer pour arriver à une humanité parfaite présentera une lourde facture aussi terrible que mystérieusement efficace et pleine superficiellement de noblesse en carton-pâte. Elle englobe la nécessité historique, révélée à peu de gens (les militants conscients, l'élite, l'avant-garde), et la responsabilité personnelle, capable d’éveiller et d'orienter « ce qui est nécessaire » chez les masses débonnaires, conformistes, fût-ce au prix d’actions normalement considérées comme criminelles ou immorales (tuer, voler, racketter, torturer, emprisonner...) par ce passé qu’on vomit, nourri de fables mensongères qu'on écarte d'une pichenette. 

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Pauvre Amérique qui hésite un vieillard à crinière blondasse quasi dément, personnage qui a le mieux incarné l'Amérique après Reagan, persuadé d’être le vainqueur et un vieux canasson quasi sénile. J’espère bien la défaite du premier mais mon opinion et mon désir ne présentent pas le moindre intérêt. C'est surtout pour me faire plaisir dans l’inutile ! Pour le déplaisir, j’en ai ma tasse presque tous les jours devant les photos de Pierre et de Paul, ces deux pitres répugnants en phase civilisationnelle terminale qui nous conduisent depuis des mois immanquablement dans le mur. Le système médiatique dans son ensemble a refusé de voir lors de la motion de censure (une éternité déjà) le vide pourtant flagrant qui habitait Môsieu Sánchez, le candidat Frankenstein. C’est aussi que ses amis propriétaires de médias avaient tout intérêt à édulcorer sa biographie, les conditions dans lesquelles certaines étapes avaient été enjolivées et la vente normalisée de certains aspects vraiment puants de son CV, tel sa thèse plagiée sur commande. 


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Je jubile. Quel plaisir de voir, dès qu'on ne parle encore d'État espagnol mais tout simplement d'Espagne, que le visage de certains interlocuteurs (espagnols !) se contorsionne de manière clownesque pour finir par ressembler à la figure emblématique et inquiétante du personnage du Cri de Munch. Quelle joie d'entendre des bégaiements incontrôlés, souvent incohérents puisque réduits à l'éternel système irrationnel d'appréciation sans fond mais toujours à partir de la haine inavouée de soi-même. Pauvre Espagne ! Réduite à un épouvantail à moitié mort par les zombies (autodésignés progressistes) de retour des années trente et de la plus infâme classe politique qu’il nous ait été donné de supporter. Des zombies crépusculaires à la gueule comique mais plus dangereux que l’actuelle pandémie qui nous crève en silence depuis des mois ! Bientôt 45 balais d’État des autonomies dans notre Zombieland en formation incessante. Et l´Europe court toujours !... 


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Hommage involontaire et inattendu à Régis Messac (ah, son Smith Conundrum !)
Lu un article sur le mur d’un ex-collègue de la fac à propos de la condescendance du microcosme académique à l’égard de Tolkien. Il y a déjà une éternité, mais rien n’a presque changé ! Que ne seraient-ils prêts à dire aujourd’hui ceuzecelles bien de chez nous ! Bardés de mérites ronflants et de notoriété locale, pur folklore de magouilles, tout le kitsch de leurs livres-articles-prix vulgos pour arrivistes débutants ne valant même pas pour se torcher le derrière. Et malgré tout, profondément malheureux, frustrés aussi, de finir en ectoplasmes de la recherche comme on en connaît des milliers dans l’affreux cloaque littéraire. Imbus, frustrés, tyranniques et puis encore gaffeurs truqueurs salopeurs… Toujours soumis à quelqu’un de plus haut placé, ils ont besoin des revues merdiques de leurs potes pour leurs articulets de branquignols ou d’un site sans aucune relecture de pairs, pour donner l’illusion d’un talent porté disparu, en proposant, toute honte bue, des études bancales, trafiquées, ineptes… Émonctoires du savoir académique… Et comme je déteste l’écriture inclusive, je suis forcé à suivre toute la chaîne de la rédaction de mes colères au masculin, conscient néanmoins que c’est la « gent féminine » qui domine largement la colline du marigot philologique sur laquelle j’ai vu grimper pas mal d’individualités atteintes de crétinisme. J’aurais dû rester tranquille dans mon coin comme Messac, au lieu de vouloir fricoter avec cette aristocratie des imbéciles. Ça aurait pu m’éviter d’être aux prises avec des gens nazes, riches d’un QI à un chiffe, ayant l’habitude de parler de haut au commun des mortels. Je vois toujours dans ma tête ces espèces de cons qui résument, ramassent, condensent tout ce que je déteste et ai détesté depuis toujours : les cucuteries, les niaiseries d’abrutis, le ridicule profil de bourgeois cupides et stupides… symptômes d’une époque sinistre et destructrice. Non mais regardez bien autour de vous, regardez-moi ces gueules de con ! Et surtout de conne !
Parenthèse à propos de l'écriture inclusive. Ses fans prétendent qu'elle est née de la volonté de promouvoir l'égalité/femme par le langage. Or, le français et sa grammaire comme son orthographe ont une forme fixe. L'écriture inclusive, ce n'est pas du français et ce n'est pas aux féministes ni aux ramasseurs de champignons de décider quelle langue doit être pratiquée par les francophones et encore moins de se poser en censeurs ou de faire la morale à qui que ce soit. Ils n'ont aucune légitimité pour le faire et ils ne représentent jamais qu'eux-mêmes. La seule puissance des fanas de l'écriture inclusive est celle de la pression médiatique, c'est celle de l'argent du contribuable dépensé pour leur faire plaisir. Enfin si l'écriture pouvait agir sur l'égalité homme/femme, ça se saurait. Le basque est une langue qui ne connait pas le masculin ou le féminin et sa sociéte est loin de connaître l'égalité homme/femme. Il faut tout de même reconnaître que le principal pays du monde où une langue sans genre est couramment pratiquée, le persan, est l'Iran. Grâce à la neutralité du langage, la vie des femmes y est merveilleuse et toute femme rêve de s'y installer, comme tout le monde sait. 

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Après six mois d’épidémie, de négation de l’épidémie, d’incompétence pour traiter l’épidémie, de confinement tardif, de déconfinement non-accompagné, de relâchement y’a de la joie, de confusion entre déconfinement et fin de la pandémie, de reprise de l’épidémie, et enfin de reconfinement et de couvre-feu nocturne, on est toujours à la case départ. En train de revivre, comme dans le film, Un jour sans fin


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Ceux qui disent/écrivent ce qui se passe sont les maîtres de ce qui se passe, les seuls autorisés à expliquer ce qui s’est passé y compris les commémorations détaillées de ce qui s’est passé et les autorisés à annoncer ce qui se passera : le récit des événements par ceux-là même qui les construisent contrôle la conduite du monde au présent et au passé ainsi que sa projection dans le futur. 

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Séries Histoire BBC (Netflix, Movistar…) : là où on mettra ses pieds, on est assuré de rencontrer un excrément anglais à chaque pas… J’ai du mal à ne pas associer nationalisme et catastrophes mondiales. Une bonne partie des tragédies que nous vivons actuellement a été déclenchée par les rêves de grande Serbie, de récupération de l’Alsace et de la Lorraine, des rivalités impérialistes. Le meilleur de la jeunesse européenne décimée, les empires détruits, remplacés par des nations mal découpées, dans lesquelles les nationalismes se sont exacerbés et ont contribué à mettre encore le feu aux poudres. Alors qu’auparavant, les minorités européennes posaient des problèmes à une autre échelle. Le bon usage de l’Histoire ! Il serait bien dommage qu’un perpétuel mauvais usage de l’Histoire transforme l’Espagne en chaudron de haines recuites, en effervescence de communautés irréconciliables. La dernière guerre civile tient dans la mémoire des générations actuelles, des années quatre-vingt-dix à aujourd’hui, une part anormale, presque bouffonne, comme s'il fallait la revivre pour que perdent les méchants. Ça tourne à l’obsession, provoquée et maladive, dangereuse pour aujourd’hui et pour notre avenir. 

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Blagues (sinistres) à propos du gouvernement Frankenstein actuel en Espagne. Largement méritées. Gouvernement de bric et de broc. Car P. Sánchez n’est pas arrivé au pouvoir tout seul. Homme de la jeune génération social-démocrate espagnole – jeune requin apparatchik chassé de son vieux parti par la fenêtre et revenu par la porte des magouilles et de l’auréole tissée toute à son honneur par de puissants  médias affidés –, il a surtout cherché l’alliance hégémonique du côté de Unidas Podemos pour l’appui nécessaire à contrer le poids de ce qu’on est convenu appeler la droite, forcée à quitter le pouvoir en vitesse après une truculente motion de censure. Suprémacistes catalans, nationalistes basques de toute obédience et tout un tas de partis et de formations minuscules le hissèrent sur le pavois avant d’entreprendre une démolition de la monarchie qui finira par tous les dévorer s'ils ne se dévorent pas entre eux avant. 

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Si l’appartenance à une nation pouvait constituer un motif de fierté, elle devrait dès lors être aussi une source de responsabilité. Être fier du bon signifie aussi assumer la responsabilité pour les méfaits au-delà de cette volonté permanente de prétendre que le mal vient toujours des autres et est toujours dirigé contre nous. Le cirque effronté qu’on s’est fabrique autour des noms illustres, vieille manie de chanter les louanges des individus éminents qui se sont illustrés dans les différents domaines de la vie culturelle, du sport, de la science, ne devrait pas supprimer habilement des pistes pour que s'y produisent également d’autres étoiles moins reluisantes : les crapules, les assassins et les plus sanguinaires des bourreaux… qu’on se hâte d’occulter ou de renier quand le bilan doit être établi. Si tout le monde a quelque chose à se reprocher (fadaise sartrienne), il faudrait connaître qui serait capable de nous fournir un critère universel pour mesurer la culpabilité respective de chacun : pour que tout le monde reconnaisse honnêtement les crimes de sa communauté, il faut que tout le monde se défasse de son hypocrisie ne manifestant toujours que l’urgence de faire battre leur coulpe aux autres. L’identité nationale ne repose pas tant sur des actions singulières, frappantes ou remarquables que sur des récits fictifs capables de stimuler la fierté et d’effacer la honte des destinataires. Quelle serait donc la dose de pénitence légitime et sur quelle proportion de la population l’appliquer ? Comment évaluer la sincérité des remords ? Sous quelle autorité incontestable et universelle ? 


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La gauche n’a pas seulement le droit à la censure ! Elle a même le droit au mensonge, au harcèlement, à l’incendie, à l’explosif, à la destruction, aux coups, à la torture, aux mutilations, à l’assassinat, à l’attentat ou au génocide. Et elle ne s’est pas privée d’en profiter. Il y a une légitimité intellectualisée de la violence antifa, dans l’esprit du jeune antifa comme dans celui du juge progressiste ou du policier politisé dans le camp du bien. Parce que c’est le sens de l’Histoire. Voyez comment le même acte va être considéré, tantôt, comme un acte de terrorisme qui porte atteinte à la démocratie et à la liberté et tantôt comme un acte de résistance qui lutte contre la dictature et le fascisme. Et si vous réagissez (« réactionnaire ! ») à cet état de choses, c’est que vous êtes empli de haine. Liberté d’expression ? C’est devenu une peau morte, avec derrière les plus salingues des censeurs, des délateurs pathologiques qui ont trouvé avec ce concept de « haine » de quoi interdire tout ce qui les dérange. Qui, comme par hasard, coïncide avec ce qui dérange le pouvoir, particulièrement le pouvoir invisible, celui des lobbies. Il y a donc deux camps, le camp du Bien, progressiste, de gauche, qui a le droit de s’exprimer, et le camp du Mal, qui a le droit de fermer sa gueule. Contentez-vous de pleurer en silence et ça marche. George Sorel avait écrit un livre essentiel (Réflexions sur la violence) pour expliquer que l’esprit traditionnel est mort de perdre le courage d’employer la violence. Une longue trajectoire, de la vocation pour le martyre qui saisissait les premiers chrétiens au fanatisme des réformateurs au XIe siècle et au radicalisme des réformés. Au XIXe siècle il voyait cette énergie poindre chez les masses prolétariennes. 



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Tout politique digne de ce nom pratique la censure comme celui qui le finance et le soutient. Il y a deux cas où je comprends que l’on puisse croire à la liberté d’expression. Soit vous êtes en position de domination sur les médias et c’est vous qui fixez les limites de la liberté. Soit c’est que vous n’avez rien à dire. Dans le premier cas c’est du machiavélisme, dans le second c’est de la naïveté de l’électeur mouton moyen. Que dire de l’état de la liberté d’expression aujourd’hui en Espagne ? C’est très simple. Lorsque vous êtes pour le reniement des valeurs traditionnelles ou pour la haine de tout ce qui peut rappeler la nation (pas les fictions historiquement inexistantes), la langue commune, comprise de tous et parlée par tous, la religion, le beau, le bien et le vrai, que vous soyez artiste, cinéaste, politique ou citoyen lambda gavé par les médias, vous bénéficiez automatiquement de la carte de la liberté sans limite. Si ce n’est pas le cas et qu’en outre vous ne manifestez pas un soutien particulier pour les séparatismes, les refugees de tout poil, la mémoire de ci ou de ça… faites attention ! Vous êtes « de droite ». Emballage de détail ou bien en vrac. Il n’y a plus de liberté d’expression qui tienne. Aucun passe-droit ne vous sera toléré. Invoquer le chant des Muses vous sera retenu à charge, parce que vous dissimulez. On vous accusera de faire semblant pour pouvoir échapper aux poursuites. On niera que vos critères soient vraiment de la pensée. Et en ce domaine toute politique est prohibée. Vous pouvez critiquer les régimes et dictatures que vous voulez mais vous aurez du mal à parler des mafias narco-gauchistes au pouvoir dans le vaste monde. 


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L’alternative pour la promenade longeant la Bidassoa avec des lunettes en automne par temps de Covid, comme je le fais ces derniers jours avec ma femme, est de les ôter, pas de baisser son masque façon bavoir comme le fait une multitude d’écervelés tenaces. Sans cela, impossible d’y voir quoi que ce soit, embuées qu’elles sont. Cette avancée sans visibilité est à l’image de celle de nos gouvernants. Le vaccin (les vaccins ???) promis pour fin deux mille vingt, puis pour le premier semestre deux mille vingt et un, semble désormais à portée de main, grâce à un labo qui fait de la magie. Aucun commentateur emballé ne semble envisager l’hypothèse qu’il ne soit que partiellement efficace, à cinquante pour cent par exemple, et qu’il faille continuer à protéger la moitié de la population. L’économie ne va pas supporter ça. Au marché, seuls sont installés les marchands de nourriture, des fruits et légumes, ce qui laisse de la place aux clients. On s’y sert soi-même. On remplit son sac puis on rentre dans les mêmes conditions. L’après-midi, je passe des heures à organiser mes notes de lecture puis je classe mes photos de vadrouille ou de souvenirs. Une copie d’icelles est dans la mémoire de Google photos où je pourrais les retrouver en cas de besoin. Que ce logiciel me serve au moins à ça. Car côté réseaux sociaux, c’est de plus en plus décevant. Outre qu’on y est désormais envahi par les liens sponsorisés, beaucoup de celles et ceux qui figurent dans ma liste d’amis y publient peu voire plus du tout. D'autres lisent mais ne plublient rien. Enfin, bref... Biden paraît enfin élu Président des Etats-Unis, ça fait surtout plaisir pour la défaite de l’autre enflure, con arrogant pas prêt du tout à déguerpir de sa maison blanche de merde. 

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Il y a des moments où le système de pompage d’argent installé par l’État est particulièrement injuste et spoliateur, et il est ressenti comme tel d’autant plus fort que le produit de l’impôt est utilisé à des choses qui ne servent pas à ceux que l’on tond, ou même qui les desservent. Aider l’immigration qui échappe à tout contrôle, par exemple. Les îles Canaries semblent au bout du gouffre. Un rythme effréné d'arrivants par jour. Il n'y a pas que les dépenses militaires qui échappent au contrôle. Une majorité de contribuables renâclerait à financer les lubies des professionnels de la générosité aux dépens des autres pour peu qu'on se donnait la peine de leur expliquer. De même, il semble normal que les commerçants et artisans de proximité trouvent particulièrement pénible d’entretenir grassement un État qui les mène à la mort. 

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12 novembre. Loin, les enfants ! Le moral est au beau fixe. Les blocs de graisse et la mangeoire pour les oiseaux sont arrivés aujourd’hui. 

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Celiniana
« Céline, c’est un révélateur chimique. Il met à jour les secrets de famille honteux de la société, tout le refoulé d’une époque déchirée par des contradictions et des hantises qui reflètent celles d’un siècle de fer et de sang. Ce blasphémateur absolu qui répétait après Renan que « le pire est toujours certain », il était juste qu’il incarnât, aux yeux des éternels pharisiens, le bouc émissaire idéal. […] Si Céline croupit toujours dans les dernières bolges de l’Enfer, c’est moins par ses errements politiques et ses fantasmes racistes que son langage métissé, libertaire, subvertissait en sous-main, que pour avoir été la bouche d’ombre sacrilège qui osa dire, à contretemps, la férocité naturelle de l’homme, le mensonge fondamental de la société, la novice illusion du bonheur, la stupide chimère de l’espoir et le vide du ciel où rien ne luit. » Bruno de Cessole, in Céline, l’infréquentable, sous la direction de Joseph Vebret, Jean Picollec, 2011. 


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