« Si un homme
n’est pas prêt à affronter un risque quelconque pour ses opinions, ou bien ses
opinions ne valent rien, ou bien c’est lui qui ne vaut rien. » Ezra Pound,
Time, 11 juin 1945
Il y a quelques mois de cela, je notais dans ce blog que le
gouvernement, ferme comme un seul homme face aux problèmes du pays (pour autant
qu’il existe toujours), s’était enfin décidé pour prendre le problème du
séparatisme suprématiste catalan à bras le corps. Défense de rire. Le
gouvernement par intérim mis en place après la motion de censure a continué
cette noble tâche en poursuivant sa campagne infatigable contre le franquisme
et ses symboles, que ses prédécesseurs filleuls de Flick
et de Flock au pouvoir
n’ont pas eu le temps de radier en quarante ans et en arrosant généreusement de
millions les autorités catalanes dans le besoin, les pauvres, comme tout le monde sait. Or, les scènes de
violence à Barcelone et la loi de jungle partout continuent de plus belle. C’était
il y a quelques mois et l’application, indispensable mais tardive et
comiquement partiale et sans fermeté, de l’article 155 pour défendre la
constitution paraissait donner légèrement au pays le temps de souffler un peu.
C’était sans compter sur la vitalité véritablement sur-vitaminée de la jeunesse
bobo-gaucho-racialo-catalane qui n’aura pas hésité à faire appel à ses
ambianceurs exotiques les plus frétillants pour mettre un peu de révolte dans
un pays par ailleurs très conservateur voire – il faut bien le dire – un peu rapiat.
On apprend en effet qu’après les journées de « lutte » de Barcelone
ces derniers jours et en octobre dernier, c’est maintenant au tour des
universitaires de proposer des nuitées pyrotechniques aux forces de l’ordre et aux
gens en général qui ont, comme les fois précédentes, été pris pour cible, dans
une joie et une bonne humeur que le reste du monde nous envie.
En fait, après plusieurs semaines d’accumulation d’un même schéma, la
presse finit par se réveiller et noter enfin qu’il y aurait comme un motif
récurrent : manifestement, les différentes branches de la mouvance
séparatiste se sont lancé des défis à qui fera la meilleure performance
incendiaire, à qui tendra la meilleure embuscade à la police et aux « espagnolistes »
en général face aux médias des quatre coins du monde.
Petit-à-petit, les journalistes commencent à entrevoir une réalité qui ne
dépassait pas jusqu’à présent l’étape du petit articulet malingre sur les
« indépendantistes » dans leurs colonnes, par ailleurs copieusement
remplies des gémissements pénibles de toute cette myriade d’associations
lucratives sans but réclamant du dialogue, encore du dialogue, toujours du
dialogue, comme Danton aux assiégés de Verdun demandait de l’audace… et de la
considération et l’arrêt des stigmatisations (mais pas des financements
publics, merci) fascistes.
Petit-à-petit, les journalistes font mine de découvrir le fait que
certaines couches de la population connaissent de façon quotidienne des
voitures qui brûlent, des harcèlements de toute sorte, des caillassages de
forces de l’ordre, une insécurité consternante, et des guet-apens mettant
directement en danger la vie de personnes (mais jamais des tertulianos qui jettent de l’huile au feu chaque jour mais qui
ont la présence d’esprit de ne jamais y mettre les pieds, les malins !).
Petit-à-petit, l’information filtre selon laquelle la presque totalité des représentants
de l’État en Catalogne est maintenant rigoureusement hors d’atteinte des lois
et des valeurs démocratiques que nous nous sommes données par la
Constitution comme disent les socio-démocrates larmoyants …
L’accumulation récente des journées de violence est tellement visible
qu’elle déclenche chez une intelligentsia qui en semblait immunisée une lente
prise de conscience qu’une bonne partie du peuple espagnol avait pourtant eue
il y a déjà 20 ou 30 ans…
On pourrait se réjouir qu’enfin la presse s’empare de ce problème qui
existe depuis maintenant des dizaines d’années et qui n’a, pour le moment, reçu
qu’une exposition particulièrement spartiate et orientée par ces mêmes médias,
au-delà des ornières du mantra du dialogue (de sourds). On pourrait.
Mais il faudrait avant ça que la presse prenne enfin la mesure de l’ampleur
des dégâts dans l’esprit de certains, dont le témoignage laisse pantois :
Barcelone brûle parce que l’Espagne franquiste veut étrangler la Catalogne.
Comprenez bien. Cette grotesque pantalonnade n’a lieu qu’en réponse à une
méchante stigmatisation, cette vilaine habitude que l’Espagne colonialiste, la
société espagnole en général, la police ou plus généralement les sous-hommes immigrés espagnols mâles hétérosexuels de 40 ans
qui votent à droite font subir aux Catalans séparatistes qui, agacés d’être
assimilés à des citoyens comme les autres, choisiraient donc de multiplier les violences
pour donner tort à ces vilaines stigmatisations, je présume. C’est d’une
logique imparable, et gageons qu’elle aura l’oreille attentive de tous les
peignes-cul du PPSOE aux commandes, des abrutis décisionnaires bruxellois et
autres faiseurs d’opinion grassement payés par le contribuable pour pondre les
âneries habituelles destinées à calmer ces requins : en jouant encore une fois
le couplet des droits de certains peuples à s’autodéterminer, et moyennant
quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires dans l’une ou l’autre
« association de terrain », on tentera de camoufler la multiplication des exactions de plus en
plus graves que subit le pays.
Millions d’euros publics qui iront rejoindre les milliards injectés dans
des organisations difficilement présentables en société, hors de la prison des
peuples qu’est l’Espagne, comme chacun sait naturellement, dont les résultats
sont tous plus catastrophiques les uns que les autres. Non,
rassurez-vous : au-delà de la petite liste des violences récentes, il est
assez peu probable que cette presse se retrouve en proie à une fièvre
informationnelle et décide d’abandonner son sacerdoce d’éducation et de
conscientisation de ses lecteurs.
Il n’y a aucune chance que, subitement, cette presse tente de faire le
bilan objectif de 30 ans d’une politique catastrophique et de la corruption
qu’elle a entraîné, qu’elle s’essaie à une analyse complète et détaillée des
maux, qu’elle en décrive les dérives politiques, économiques, qu’elle explique
que les comportements observés sont le résultat de décennies d’entretien d’un
discours lamentable de lâcheté et de perversion pour des buts purement
électoralistes.
Il n’y a aucune chance que cette presse, touchée par la grâce ou l’envie de
simplement faire son boulot, énonce quelques vérités bien senties comme
l’impérieuse nécessité d’un retour à l’ordre, et par la force puisque c’est de
ça qu’il s’agit et qu’elle en vienne, par conséquent, à demander des comptes
aux autorités pour ces dérives consternantes. Demander des comptes ? Vous
n’y pensez pas !
Cette presse qui a déjà été fort timide pour admettre les exactions des violents
secoueurs de noyers lors
des années noires du terrorisme basque sera, on peut le garantir, encore plus
timorée lorsqu’il s’agira de suggérer que, peut-être, cette force de l’État si
bien dosée contre plus de la moitié d’une population catalane en souffrance
pourrait l’être un peu mieux (enfin !) contre des groupes de dégénérés qui
n’ont plus fait l’expérience de l’autorité de ce même État depuis plusieurs
générations et qui se réclament ouvertement contre ce peuple, contre cette
autorité et contre cette Constitution et cette Monarchie qu’ils n’en finissent
pas de vomir tout en se servant copieusement dans son portefeuille. Qu’elle lui
tend d’ailleurs avec cette commisération si spécifique des Bourbons pour des séparatistes
patentés. Cette presse ne se penchera pas plus sur le décalage maintenant
effrayant entre ce que cette Monarchie devrait être, et ce qu’elle offre
vraiment, à savoir une absence complète de réponse adaptée à ce genre
de débordements invraisemblables dans un pays qui fanfaronne d’être une démocratie
pour tous, sociale et avancée, comme aime l’assurer le prestidigitateur incapable
d’arrêter de jouer le rôle de président par intérim depuis quelques mois qui
font pour beaucoup tout une longue éternité.
***
Toujours le fatigant débat (fessebouc) autour de
la culture classique. Sans en définir les profils. Théorie et pratique. Force
et intellect. Fatigant. Ne pas oublier qu'en Europe, c'est l'Iliade et
l'Odyssée qui donnent le fondement de la culture (modèles éducatifs pour
la Grèce archaïque, puis classique, puis, pour toute l'Europe, mutatis
mutandis). Or, dans l'Iliade, le héros dans toute sa splendeur, c'est
Achille qui est dit être celui qui est vaillant au combat et celui qui énonce
bien sa pensée. Je n'ai pas le texte sous les yeux, mais le second qualificatif
se réfère à la capacité intellectuelle et délibérative (énoncer ses pensées,
c'est ici les former puis les exprimer).

Achille en cela est le héros complet
qui réunit les qualités d'Ajax et d'Ulysse. Voilà pourquoi ce sont ces deux
héros qui accompagnent Phoenix, l'éducateur d'Achille, quand il faut le
convaincre de faire taire sa colère : l'éducateur se présente entouré des deux
valeurs héroïques de la force et de l'intelligence (voir Jaeger, Paideia,
ch. II il me semble). Ensuite, concernant l'Odyssée, même pas besoin de
souligner que la capacité principale d'Ulysse est la réflexion, elle-même qui
l'empêche de s'engouffrer bêtement dans des luttes perdues d'avance (attaquer
de front les prétendants). Bref, opposer domaine intellectuel et domaine de la
force physique, c'est déjà fragmenter les possibles. L'idéal est
précisément l'idéal de complétude. Le kalos kagatothos n'est ni
l'avorton hypercéphale, ni la brute méprisant la méditation. Car c'est par la
puissance du corps que l'homme s'impose au monde, mais c'est par la puissance
de son intellect qu'il devient citoyen des Cieux.
***
On sait bien que les niaiseux que l’on trouve à ce qu’on appelle «
l’extrême-gauche » confondant internationalisme et transnationalisme, se comportent
en gardes rouges scrupuleux du Capital. Mais ils sont tellement déconsidérés par
le peuple qu’ils méprisent qu’ils en deviennent inoffensifs face à la social-démocratie
pourrissante qui occupe toute la place. En revanche dans les couches moyennes périphériques
ralliées à l’oligarchie on n’a pas d’état d’âme et on n’est pas dupe du pathos
humanitaire pour justifier les privilèges des nantis, le racisme, la
xénophobie. Scandale dans la presse espingouine par le manque de ramasseurs de
fraises !

C’est qu’il en faut des ramasseurs de fruits et légumes, des
plongeurs dans les restos branchés, des femmes de ménage en boubou, des
nounous, des caissières, des balayeurs, des ramasseurs de poubelles, des
manieurs de marteaux-piqueurs sur les chantiers etc. Et quoi de mieux que des
précaires déracinés prêts à tout, payés au noir, sans statut. Au lieu de
s’occuper pour de vrai de cela, les sous-merdes A. Lastra, C. Calvo et
compagnie, au pouvoir pour ne rien branler (sauf du vent), n’hésitent pas à
enfumer en proférant des appels à l’antifascisme. Leur seule urgence, c’était
de déménager la momie de Franco. A la bonne heure ! Quel courage ! Il
fallait y penser, après le décès pépère au pieu dudit et de longues années au
pouvoir des Flickflocks se contentant de roupiller aux douces mélodies de la
caisse enregistreuse.
***
Le discours de campagne de Pedro S. témoigne l’impasse dans laquelle nous
sommes collectivement tant ce discours révèle un décalage historique que le
président et surtout les élites qu’il incarne ne semblent pas mesurer. Ces
paroles sont vides de sens du point de vue politique car la démocratie de
l’État des autonomies où il les prononce n’est plus la même qu’à ses origines :
l’Espagne n’est plus une ni indivisible et le président par intérim ne
représente plus un corps national tel que Renan l’avait défini. Cet État des
autonomies postmoderne et multiculturel, n’est plus qu’un régime politique, une
carcasse institutionnelle encore fonctionnelle, mais la nation est décharnée (merci
Cour du roi émérite Pétaud-Picsous !). Le pouvoir publique postmoderne est
une sorte de Léviathan expert-comptable, un gestionnaire. Il n’a plus de
pouvoirs politiques majeurs les ayant, depuis un demi-siècle, un à un délégué à
une puissance supranationale, qui à l’Etat maastrichtien, qui à l’OTAN, qui aux
marchés financiers dont nous sommes les otages du fait de notre niveau
d’endettement, qui aux entreprises transnationales dévouées à la civilisation
des machines globale. A quoi sert l’Etat des autonomies sinon à maintenir, le
temps d’une campagne électorale, une illusion d’union nationale à coups de
grands discours ? Et Pedro S. joue à fond pour la partition Machin-nation-de-nations pour chaque communauté autonome intéressée. Nos autorités locales
autonomes sont dans une forme de dissonance qui accentue les tensions du corps
social. Elles tiennent aujourd’hui un discours souverainiste sui generis à un
pays fracturé qui souffre de ne plus se reconnaître comme nation. Elles jouent
à fond le jeu de la partition communautaire tout dénonçant un fascisme
centralisateur inexistant, par pur cynisme politique. Conscient que l’une de
ces « communautés », reconnue légalement comme telle il y a une quarantaine
d’années, manifeste dans ses marges extrémistes des velléités de sécession et
menace l’ensemble d’un édifice social déjà fragilisé, L’État a fait le choix
assumé depuis les présidences de A. Suárez et de F. González, qui partageaient avec le
président par intérim actuel les mêmes tropismes, de saucissonner la nation en
parts de marché communautaire. La tyrannie des minorités de toutes engeances a
efficacement instauré sur place un régime inamovible et autoritaire, à commencer
par la révision du vocabulaire public autorisé et par une écriture falsifiée du
réel. Le nom même de la nation, remplacé par le syntagme « état
espagnol », a été proscrit depuis longtemps grâce à la mise en place par
la doxa nationaliste d’un mécanisme inconscient de reformatage de nos
représentations sociales et culturelles. Pour ceux qui s’y opposeraient on sort
du placard le fantôme de l’extrême droite, le danger fasciste, qui sert à cet
égard de parfait outil de falsification du réel. Le régime d’intimidation dans
lequel ils vivent depuis des années dans les territoires des communautés
autonomes historiques les gens – non concernés, opposants, hostiles,
sceptiques ou simplement déçus – serait exagéré et ceux qui s’en plaignent ne
sont au fond que des fascistes nostalgiques du franquisme. Le harcèlement
allant jusqu’aux amendes pour considérer une infraction le simple fait d’exhiber
des enseignes en espagnol ou la mort civile et l’humiliation pour toute personne
suspectée de désaffection au régime si elle veut que ses enfants soient scolarisés
en espagnol (en Espagne !), n’existerait que sous la forme de regrettables
incidents anecdotiques. Vous voulez échapper à la soumission et vous en
plaignez ? Ah, vous l’avez bien cherché ! À l’instar de ce qu’on entendait
après les attentats de nos années noires bien à nous : « ¡Algo habrá
hecho! » (il a dû bien faire quelque chose !). Les médias et les
politiciens ne s’occupaient pas d’identifier le profil commun des tueurs, des
racketteurs, de la masse vociférant intimidatrice. A croire que ce presque
millier de victimes ont été ciblées et assassinées par des « violents »,
des « dévoyés ». Des soldats extraterrestres mus par des forces
obscures. Rappelons de qui il s’agissait : des criminels nationalistes justifiant
leurs actes criminels en invoquant l’indépendance et le socialisme. Dévoyés ou
non, ce n’est pas l’affaire de la victime qui y a laissé la vie, ni de ceux qui
doivent vivre avec cette absence et l’impuissance de voir impunément la tombe
des leurs profanée.
On agite le spectre du fascisme, on convoque les heures sombres de notre
histoire pour évoquer la menace à la démocratie venant d’une récente formation
politique créée de toutes pièces, comme ce fut le cas en France sous Mitterrand,
pour diviser les votes de droite. Et une représentante du parti socialdémocrate
effrayée et se voulant, sans rire, effrayante prétend enfoncer le clou en hurlant
que les fachos, on doit les refoutre dans leurs cavernes… Quels assassinats,
quels plastiquages, quels rackets, quels enlèvements ont été ciblés par des fascistes
en Espagne à l’heure qu’il est ? La réponse est simple : aucun. Cela ne
signifie pas que l’extrême-droite n’existe plus, mais ce qui est certain c’est
que ce n’est pas elle en ce moment qui terrorise, fait déménager voire menace
de mort des concitoyens les considérant pire que des chiens.
Les avanies de l’histoire ont toujours frappé en premier lieu les couches les
plus modestes ; ceux qui n’avaient ni les moyens de fuir, ni ceux de se
protéger de la fureur des maîtres du moment. Une part importante des immigrés
des « communautés historiques » d’Espagne a vécu des années 1950 à la fin des
années 1990 dans les banlieues ou les quartiers populaires des grandes
métropoles, ils étaient des travailleurs de la classe ouvrière et surtout de la
petite classe moyenne, celle des commerçants et artisans, souvent fraichement
débarqués de leurs régions d’origine. En 2019, ces classes populaires de
banlieue n’existent que sous une forme résiduelle, souvent dans un entre-soi folklorique
et familial puisque ce type de collectif sert de garantie sécuritaire aux
individus. On accepte de vivre enfermés dans des foyers tolérés/surveillés évoquant
la province d’origine en prétendant que tout va bien puisqu’on vous laisse
tranquilles tant que vous restez entre vous. C’est en effet le rêve des
suprémacistes : chacun chez soi, nous restons maîtres du territoire ; nos
femmes, nos enfants ne se mélangent pas. Effet d’aubaine aussi pour les écoles
privées notamment hors contrat qui ont-elles connu un essor phénoménal sur les trois
décennies écoulées, l’éducation de service public ayant renoncé à protéger les
élèves des classes populaires ou immigrés d’aujourd’hui qui n’ont nulle part où
fuir. Aujourd’hui en 2019, tout le monde sait qu’il faudrait une application de
la Constitution a minima sur l’ensemble du territoire ex-national pour que le
Droit y reprenne pied. Et tout le monde le sait mais le courage politique n’est
pas là pour un tel rétablissement de l’ordre. On se donne des grands airs de
défenseurs de la démocratie avec l’épouvantail de la mémoire historique tandis
qu’on laisse la pire des gangrènes se développer sous nos yeux.
Après les « prusés » d’indépendance imposés, que deviendront ceux
« d’en bas », ceux soumis aux « capitalismes périphériques », nos concitoyens
condamnés économiquement à demeurer dans ces communautés autonomes en sécession ?
Ceux « d’en haut » ne vivent pas ces « prusés » identitaires comme
une calamité. Quand les gens des milieux modestes notamment, ont déjà dû quitter
ou envisagent de quitter dans l’immédiat leur terre natale hors temps de guerre,
c’est le signe que le pays va mal. A l’image de certains mammifères qui fuient
leur zone d’habitat avant une catastrophe naturelle, certains savent, par
l’habitude de l’histoire, développer la capacité à sentir venir le tsunami qui
va les emporter, avant de saisir la société tout entière. Que ces alertes ne soient
pas entendues par souci de la bien-pensance, parce que les fuyards dissidents
sont accusés de « faire le jeu de » et gaiement remplacés par des vagues
migratoires récentes au nom du multiculturalisme intégrateur et du droit à la
différence et que tout cela se fasse avec le soutien inconditionnel d’une autoproclamée
gauche progressiste ne peut que nous écœurer.
Il y en aurait-il des républicains dans ce pays de malheur capables de
tenir tête à ces replis nationalistes et identitaires ? Pas de geulards attardés
mentaux agitant de petits drapeaux dans un coin de rue par provocation folklorique.
De vrais républicains pour une République des citoyens libres et égaux. En cas
affirmatif, j’en appellerai aux mânes du Professeur A. García-Trevijano, ils ne
pourraient pas rester indifférents à ce qui se jouera dans les urnes le 10
novembre.