Mais d’avoir
fait au lieu de ne pas faire
Ce n’est pas
là de la vanité
D’avoir, par
décence, frappé à la porte
Pour qu’un Blunt ouvre
D’avoir fait
naître de l’air une tradition vivante
Ou d’un vieil
œil malin la flamme insoumise
Ce n’est pas
de la vanité.
Ici-bas toute
l’erreur est de n’avoir rien accompli,
Toute l’erreur
est, dans le doute, d’avoir tremblé …
---
Pero haber hecho en lugar de no haber hecho,
eso no es vanidad.
Haber golpeado, con decencia,
Para que un Blunt
abriera la puerta.
Haber recogido del aire una tradición viviente
o de un magnífico ojo antiguo la llama invicta
Esto no es vanidad.
Aquí el error está en lo que no se ha hecho,
en la timidez que trepidó …
Ezra Pound, Cantos Pisans, LXXXI (texte français : Flammarion
2013 / texte espagnol, Sexto Piso 2018)

Orwell : rassurer dans l'horreur. Un dégoût indescriptible, qui rappelle Miguel Sánchez-Ostiz,
son titre magistral sculptant l’actualité quotidienne truquée, l'abandon
systématique d'une dignité politique élémentaire, l'impuissance du citoyen … Un
titre d’il y a quatorze ans (El
asco indecible) mais qui ne se démode jamais. Ce qui reste, au moins,
ce sera la fierté « d'avoir crié au lieu de ne pas parler », puisque
la fierté d'un Ezra Pound, qui avait bel et bien « lutté », lui,
exigerait des doses d’engagement, vécues de manière pleine et dévouée, des
efforts et des renoncements que nous sommes loin de pouvoir nous permettre. « Ici-bas
toute l’erreur est de n’avoir rien accompli » Avoir l'impression de
n'avoir rien accompli du tout, lorsqu’on regarde en arrière, doit provoquer des
drôles de sentiments, alors qu’un minimum de volonté nous permettrait
d’affirmer qu'il n’est jamais trop tard pour agir ou pour racheter le temps éventuellement
gaspillé. Réagir devant la terreur et le dégoût qui nous inspirent les maîtres
du monde et les démons qui les habitent. Qui poursuivent leur tache criminelle
de mort et de spoliation légalisée. Nous, déjà morts, incapables de discuter
avec passion, perdus dans des querelles banales, creuses et ineptes : tout
dialogue devient impossible parce que nos phrases reconduisent des idées reçues,
des mensonges tenus pour vrais, des assertions improbables. Les motifs de nos
conversations de café, dénuées de sens, trouvent leur expression la plus
achevée dans les infos des différentes chaînes télé. Et partout, l’haleine
fétide et menaçante du président étazunien, la sale gueule du premier ministre « israélien »,
se refusant à mettre fin aux combats et aux carnages interminables, aux
crimes de guerre impunis et répétés et aux tueries systématiques d’innocents …

Mais nos conversations ne s’engagent pas sur ces sujets d’actualité en dehors
de quelques phrases toutes faites de l’heure qui se croisent les unes les
autres dans une valse de lieux communs. La vie ne s’arrête pas. On ne le crie
pas assez, notre écœurement. De nos gouvernants, qui ne cessent pas totalement
les liens officiels et les échanges économiques avec ces pays de malheur. Tout
n’est que boniments et théâtre, gesticulations. Je suis parfaitement conscient
que la vigueur de tout ce qu’on pourrait écrire, l'intensité ou l'émotion mises
dans les critiques dans la dénonciation infatigable de ces criminels et de
leurs violences, n’est rien en comparaison de l’action directe, concrète et
physique, la bataille désespérée, menée par des générations de gens courageux pour défendre leurs terres, leurs vies, leurs
foyers et leurs valeurs face à des attaques et des agressions, non-provoquées
et de plus en plus meurtrières et sophistiquées, de la part de forces très
supérieures. En ce instant, les faits auxquels nous assistons résonnent d’échos
prophétiques et non historiques. L’illusion d’appréhender le passé s’efface
vite pour laisser se dessiner un avenir terrible. L’imminence de la tyrannie
n’est pas un pressentiment. Il nous faudrait revenir à Orwell, à son archiconnu
roman 1984, pour pénétrer un monde dangereux qui n’est plus imaginaire
et un espace abominable qui n’est plus que fictif. Le sarcasme anagrammatique de
ce titre se reflète dans la date de sa composition, 1948. La vie dans l’Angleterre
d’après-guerre et l’atmosphère déprimante dans toute l’Europe de l’Est :
partout la grisaille, la pénurie, le délabrement. Si la science-fiction nous a
depuis longtemps habitués aux conditions de vie invraisemblables, la lecture
d’Orwell, qui imaginait l’avenir, nous laisse entendre qu’elles seront très
semblables à ce qu’elles sont mais en beaucoup pire. Les règles rationnelles
par lesquelles nous ordonnions la vie de tous les jours ont déjà sauté en mille
morceaux, de sorte que quand nous avons l’impression de lire un récit
dysphorique sombre, centré sur la surveillance de masse, qui dépeint une
société cauchemardesque, avec des individus est totalement soumis à un État
totalitaire surveillant les masses et manipulant la vérité, nous ne sommes pas
en train de rêver : nous nous réveillons à peine ! Et le cauchemar ne
fait que commencer. Winston Smith, du moins, ne s’éveille jamais de ce monde où
le pouvoir peut décréter que deux et deux font cinq. L'immeuble où se trouve
son appartement a dû être construit peu de temps après la fin de la guerre.

Le
monde, depuis des années, s'est laissé entraîner dans des guerres
intercontinentales incessantes. La poussière et la saleté dans le hall d'entrée
suggèrent que les rues et les trottoirs ne sont plus correctement balayés, et la
misère et la décrépitude physiques s'accentuent avec les allusions au chou
bouilli, aux vieux paillassons de chiffon devant la porte, aux coupures de
courant et à l'ulcère variqueux de Winston (Churchill ?). L'allusion à la
« Semaine de Haine » et l’affiche colorée avec pour légende BIG BROTHER
VOUS SURVEILLE, constituent les deux seuls détails insolites dans ce qui
pourrait autrement être la description banale d'une H.L.M. délabrée
d’aujourd’hui. Ce qu'ils impliquent du contexte social n'a rien de rassurant,
et nous commençons déjà à nous identifier à Winston Smith comme à une victime,
dans ce contexte. La Semaine de Haine et Big Brother sont
associés par contiguïté à la misère et à la décrépitude physiques du milieu. Les
traits de Big Brother font penser à Staline et nous renvoient aussi à une
célèbre affiche de recrutement, pendant la Première Guerre mondiale, qui montrait
un militaire à grosses moustaches avec pour légende : VOTRE PAYS A BESOIN DE
VOUS. Avec la télévision à double voie, qui permet de maintenir le spectateur
sous surveillance constante, Orwell s'autorise de la licence de la
science-fiction pour imaginer un appareil qui n'existait pas de son temps.
Bref. Orwell avait imaginé l'avenir en utilisant, en modifiant et en
recombinant des images de ce que ses lecteurs connaissaient déjà. Dans une
certaine mesure, c'est toujours le cas.
***

A quel moment le conflit arabo-sioniste débute-t-il ? Il est aussi
difficile de répondre à cette question que de savoir qui est apparu en premier,
l’œuf ou la poule. L'évolution semble avoir tranché pour la solution selon
laquelle le premier œuf de poule a été pondu par un ancêtre qui n'était pas
tout à fait une poule. À coup sûr, il est rare que l’instigateur d’un conflit
de ces dimensions le commence en annonçant à tout le monde qu’il en est seul
responsable. Cela arrive après un long contexte préliminaire préparé
méticuleusement pendant des années, composant des prétextes et des arguments
pour l’intrigue, établissant un développement, apportant des idées, des
projets, des décors, dans un réservoir où ils iront puiser au fur et à mesure
de la composition d’un « récit » en même temps changeant, selon des
événement et des détails spatio-temporels, et inaltérable, car fondé sur une
vérité absolue, immuable qui ne doit en aucun cas être modifiée. Chaque participant
a sa propre façon d’agir. De quelque manière que ce soit mais sans hésiter à
séparer le monde réel, dans lequel tout le monde vit, du monde que son propre
camp a imaginé. Néanmoins, le déséquilibre entre les versions adverses en
présence montre, d’une part, une partie hyperpuissante, surarmée, qui agit
toujours à travers la force brute, la terreur et la guerre impitoyable contre
une autre partie trompée à dessin par les puissances impériales souvent dans
des contextes politiques, des débats ou des rivalités étrangères représentant
des intérêts divergents du sien et sans être jamais réellement soumis à une
"opposition contrôlée" par une tierce partie. Les résolutions de
l’ONU à propos de ce « conflit » ont toujours été prises comme une
bonne blague, une plaisanterie, une boutade, par la partie qui se réserve le
droit d’accaparer pour elle tous les droits, dans une habile manœuvre de
dissimulation active, de manipulation et de propagande hypocrite qui tend à imposer,
sans accorder à personne le bénéfice du doute, une image de victime universellement
reconnue afin de masquer sans vergogne son statut observable de bourreau. Elle
a dépensé, cette « partie », des centaines de milliards en vain,
détruisant l'histoire d'institutions arabes établies de longue date après les
avoir soumises à ses lois. Voyez ce qui est arrivé aux différents pays autour
de ses aléatoires frontières depuis qu'elle a eu le droit de remplacer les
populations locales et considérez le calibre des intellectuels, des politiciens,
des journalistes, des « historiens », des chercheurs et commentateurs
travaillant dans son intérêt et en complicité avec ses insatiables visées
impérialistes. Examinez les qualifications et les compétences de ceux qui ne se
laissent pas berner ou tout simplement acheter, qui refusent de travaillent
pour eux, professeurs, juges ou chercheurs … Tous ces individus ont été, de
fait, réduits au silence ou à l'impuissance dès leur entrée en action contre l’ignoble
entité sioniste et sont désormais désarmés devant l’incroyable machine à broyer
de la chair humaine de Beyrouth à Téhéran. La moindre critique est assimilée au
délit d’antisémitisme ou perçue comme une attaque terroriste. Plus consternant
encore est le fait que les dirigeants des pays arabes attendent des dégénérés étatsuniens
qu'ils insufflent la vie au désert, qu'ils leur inventent une identité et une
histoire à leur convenance, et qu'ils exigent des prétendues « élites »
de gouverner selon leurs caprice, et non selon l’intérêt de leurs propres populations,
souvent soumises aux pires esclavages. De plus, la partie sioniste attend de la
communauté internationale qu'elle récite quotidiennement une ode à la gloire de
sa petite nation prospère, heureuse, florissante et développée, et de son armée,
« la plus morale au monde », pour ensuite, lucide, mesurée,
objective, cracher sur le monde arabo-musulman, hommes ou femmes, les pires
insanités, prétendant que la démocratie, la civilisation, le succès sont
synonymes de l’État d’« Israël ». Tenez-vous bien : la seule
démocratie dans la région ! Le bétail occidental, américain ou européen,
peu importe, qui tolère depuis des années tous les crimes perpétrés contre la
Palestine depuis des décennies, contre les Arabes, musulmans ou chrétiens, aussi
bien par les ordures locales que par les ordures au niveau supranational, aura
largement mérité tout ce qui est sur le point de lui arriver, tout ce qui lui est
arrivé et tout ce qui lui arrivera. En haut lieu, ils sont pleinement
conscients de leur abjection, et le peuple ne décide jamais. C'est la grande
arnaque de la démocratie.

Si jamais elle tombe sur un leader capable c'est
qu'il aura été capable de se hisser par son intelligence et son courage, non
grâce au peuple. Au mieux, celui-ci donnera-t-il sa bénédiction quand il faudra
y mettre les formes. Les pessimistes les plus lucides auront ont eu toujours raison
sur toute la ligne : le Mossad, la CIA, le MI6 tirent les ficelles de la
marionnette, le clivage gauche droite est une illusion créée par les éternels
Rothschild/Epstein, « Israël » trucide aussi sans complexe les
chrétiens au Liban. Les USA sont un magma putride qui ne représente désormais
que tout ce qui est laid, sale, déliquescent, mensonger, fuyant, lâche,
confondant de bêtise et de traîtrise, abject, avilissant, ignoble. À l’exacte image
de l’hominien qu’il se sont donnés comme Président. La « civilisation
occidentale » décadente est constituée d’un triptyque, ou d’une hydre à
trois têtes : « Israël », les États-Unis et l’Union européenne. « Israël »
dicte ses volontés à
Gringoland
qui dicte ses volontés à l’Europe de Bruxelles. L’Occident n’existe pas. L’Occident
ce n’est qu’une chimère, une création artificielle : l’Amérique est une
création des Européens biblistes puritains chassés d’Europe ; l’Union
européenne est une création des Américains à la fin de la deuxième guerre
mondiale ; « Israël » est une création anglo-américaine,
surtout britannique à ses débuts, à la fin de cette même guerre. Cette entité sauvage
et criminelle, dont se sont emparé les bandits de la pire espèce, rassemble une
triste troupe de zombies et de morts-vivants qui fait encore illusion parce
qu’elle est recouverte de paillettes et d’artifices. Trois croyances, trois
rejets, trois rancœurs et un État voyou, les USA, qui agite le cocktail. Ces trois croyances se
réclament d'une origine commune en tant que religions abrahamiques convergeant dans la figure d'un ancêtre commun, Abraham, la figure fondatrice. L’une des trois, le judaïsme, a inspiré les deux
autres, christianisme et islam. La religion musulmane est
complètement écartée aujourd'hui de cette association ; elle est leur ennemie. Le
christianisme est plus une religion occidentale que
talmudique, influencé par les bribes de paganisme (Gibbon) qu'il a préféré intégrer à son corpus religieux, faute
d’avoir pu les éliminer radicalement.
***

L'espion libérateur. En 1917, la Grande-Bretagne était au bord de l'effondrement financier. Sa
dette nationale avait explosé, passant de 650 millions de livres à près de 8
milliards. Son découvert auprès de JP Morgan avait atteint 400 millions de
dollars. Woodrow Wilson utilisait l'argent américain comme une arme, menaçant d’en
couper les prêts qui permettraient aux Alliés de survivre à l'effort de guerre.
Alors la Grande-Bretagne fit ce que font les empires aux abois : elle conclut
des accords. Elle promet la Palestine aux Arabes en échange de la révolte
arabe. Elle s'entendit secrètement avec la France pour placer la Palestine sous
administration internationale. Puis, deux ans plus tard, elle promet ce même territoire
au mouvement sioniste – une promesse remise personnellement à Lord Walter
Rothschild, le banquier le plus puissant du monde – en échange d'une influence
financière, d'un outil de propagande et d'un point d'appui au Moyen-Orient
d'après-guerre. Trois promesses. Trois destinations incompatibles. Un seul lopin
de terre. Et aucun des habitants n'a été consulté une seule fois.

***
Le comportement inné des dirigeants politiques de droite, aux moments
décisifs, est invariable et se range toujours du côté de l'impérialisme
américain, de la suprématie israélienne et des intérêts des élites industrielles,
financières et technologiques. Autour d’une idée de liberté, de plus en plus floue,
difficile à concrétiser, subordonnée toujours au Marché, le seul dieu qui
subsiste dans le panthéon désertique de la droite réelle, la droite politique
n’a que peu de ressemblance avec sa demi-sœur cadette, la droite culturelle, un
leurre social, moral et civile, quelque chose d'illusoire, de trompeur et de
faux, qui affecte les piliers de la vie en communauté : une illusion
dangereuse, sapant le lien social, détournant les valeurs éthiques et
trahissant le contrat citoyen.
Que des fous furieux du zoo politique à échelle internationale avec certains adeptes des sectes évangéliques en collusions avec le sionisme désignent aujourd’hui l’islam comme une menace pour la civilisation ne peut que faire rire. Parce qu’il ne s’agit pas de pointer du doigt les sectes salafistes et wahhabites proto-terroristes implantées en Europe et financées par le Mossad, la CIA ou le MI6. Non, ils pointent du doigt l’islam dans son ensemble ... Là, le but est uniquement de faire de l’idéologie, l’idéologie qu’on veut imposer aux masses. On s’égosille pour agonir l’Iran, dont on ignore tout, on se tait pour l’Arabie Saoudite. Les bouddhas de Bâmiyân, victimes des Talibans, c’était un acte de terrorisme culturel qui a touché le monde entier. L'église orthodoxe Saint-Porphyre (Gaza), endommagée par une frappe aérienne israélienne en octobre 2023, avec des victimes parmi les personnes réfugiées à l'intérieur, le couvent et l’école des sœurs dans le village de Yaroun (Liban-Sud) détruits par la courageuse armée « israélienne », l'église byzantine Saint-Georges, à Taybeh, dernier village chrétien de Palestine, incendiée en juillet 2025 par des colons démocrates et civilisés n’ont touché pratiquement personne. Quant au nombre de journalistes tués par « Israël », la liste s'allonge, mais il n’y a pas de souci à se faire : probablement, c’était de dangereux provocateurs …
Je ne sais pas où nos « dirigeants » européens vont chercher que
la Russie veut envahir l’Europe. La Russie n’en a jamais exprimé le souhait.
Elle a déjà fort à faire en Ukraine. La
Russie, c’est 140 millions d’habitants, l’Europe 500. Derrière l’Europe il y a
les USA avec l’OTAN et la fourberie britannique. La Russie a tout ce qu’il lui
faut chez elle : énergie, ressources, etc. Et de (bons) voisins qui représentent
l’avenir plutôt qu’un quelconque paradis woke : La Chine, L’Inde, les
puissances du Pacifique. Elle voudrait exactement quoi, La Russie, d’un
continent de vieux, envahi de partout, gangréné par les pires stupidités idéologiques
et toutes les tares imaginables importées allégrement de l’empire anglo-américain ?
L’intérêt pour la Russie serait de reconstruire un rideau de fer à l’ouest et le
laisser cuire à feu lent comme la bonne fricassée.
***
Praise of Cultural Imperialism ou identité dans la
culture dominante. «
It is in the general interest of the United States to encourage the development
of a world in which the fault lines separating nations are bridged by shared
interests. And it is in the economic and political interests of the United
States to ensure that if the world is moving toward a common language, it be
English ; that if the world is moving toward common telecommunications, safety,
and quality standards, they be American ; that if the world is becoming linked
by television, radio, and music, the programming be American ; and that if
common values are being developed, they be values with which Americans are
comfortable. »
"Praise of Cultural Imperialism?", in Foreign Policy,
Number 107, Summer 1997
---
« Il y va de l'intérêt général des États-Unis à encourager le développement
d'un monde où les lignes de séparation entre les Nations soient reliées par des
intérêts communs. Et il y va de l'intérêt économique et politique des
États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit
l'anglais ; que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de
télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ;
que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la
musique, les programmes soient américains ; et que, si s'élaborent des valeurs
communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se sentent à
l'aise. »
***
Identité nationale ? Et, flottant dans l’air, la citation de De Gaule, mille fois reprise dans
les médias et la littérature pour introduire une certaine idée d’identité
nationale : « C'est
très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous
sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine
et de religion chrétienne ». (Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, t. 1, Éditions de Fallois/Fayard, 1994, p. 52). Or,
dès qu’on parle d'identité nationale, on ne sait pas trop à quoi cela fait
référence. Notion floue, semblant se rapporter à la nationalité – mais il n'y a
plus d'États-nations –, à la nébuleuse « conscience nationale ». On a
détruit les nations au profit des multinationales, on a détruit les langues au
profit du wokisme globish ; on veut maintenant détruire les consciences
individuelles par l'abêtissement des réseaux sociaux et la propagande
politiquement correcte. L'identité nationale fait partie de ces concepts vides
de sens, sans âme, sans esprit, sans réelle culture. Comme l’adjectif identitaire.
La mouvance identitaire, mouvement politique en faveur de l'identité/nationalité
française. Cet adjectif, identitaire, peut avoir un sens différent qui serait celui
de « relatif à sa propre identité » sentiment de soi. Dans la même
logique de déplacement du sens des mots, le verbe identifier, qui
signifie normalement déclarer identique, reconnaître quelqu'un ou quelque chose
au vu de certains traits ou signes, ou établir l'identité de ... signifie aussi
reconnaître, découvrir, trouver, voire comprendre : identifier un problème,
identifier les priorités d'action etc. Il s'agit, dans ce cas-là, d'un triste
anglicisme.

***
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