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jeudi 30 avril 2026

Apocalypse au seuil ou le coq vaticinateur et alectryomantic

Amal Khalil. In Memoriam



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« Toute parole sur Dieu est plus contre-vérité que vérité »

Angelus Silesius, Le pèlerin chérubinique, Livre V, Payot & Rivages, Paris 2004


La rose est sans pourquoi, elle fleurit
parce qu'elle fleurit,
N'a pour elle-même aucun soin, - ne demande pas :
Suis-je regardée ?

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Trajectoire circulaire des questions à propos de la « présence réelle », physique cette fois-ci : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde », Mt 28-20

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Les déclarations d'acteurs varient entre des discours émotifs lors de remises de prix, des réflexions sur le métier, ou des déclarations formelles sur la politique, le climat ou la transparence. Les acteurs, c’est comme les poissons multicolores qu’on voit au fond d’un aquarium. Parfois, quand on les sort, ils sont tout gris. Sortis du film, dans lequel un scénariste, pas toujours brillant, parle à leur place, ce qu’ils disent est toujours plat, souvent con. Leur métier n’est pas de penser, mais de jouer, grosse différence.


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Donald Le Miraculé


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Frapper l’Iran, c’est dérégler un point névralgique du système mondial. Là-bas, tout est imbriqué : énergie, routes commerciales, dépendances industrielles. Le moindre choc ne reste jamais local : il se propage, immédiatement, comme une onde de contrainte sur une structure déjà tendue. Le monde ne « réagit » pas, il s’interrompt partiellement. À l’inverse, il existe des espaces comme l’Afrique que l’on peut bouleverser sans provoquer d’arrêt global. Non pas parce qu’ils sont secondaires en valeur humaine, mais parce qu’ils ne sont pas intégrés aux circuits vitaux du système. Ils peuvent être renversés, recomposés, absorbés, sans que la machine mondiale ne ralentisse vraiment. C’est là une forme de lucidité brutale : la stabilité du monde ne repose ni sur la justice, ni sur la morale, ni sur la souffrance des peuples. Elle repose sur des dépendances. Et ce qui compte n’est pas ce qui est important… mais ce qui est indispensable au fonctionnement.

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 Le coq vaticinateur et alectryomantic

Sçavoir la vérité. Le paysage médiatico-politique est saturé d’experts géopolitiques, d’analystes géostratégiques, d’universitaires, de blogueurs ou d’analystes indépendants, de planificateurs militaires et politiques pour « atteindre la vérité » et la rapporter, la transformer, l’affaiblir, orienter les débats les plus stupides, favoriser des opinions les plus extrêmes voire créer des paniques sans fondement. Tout en garantissant une liberté d'opinion qui n’a jamais existé puisque tout le système repose sur l’artificialité qui oppose le « récit », l'histoire construite et racontée, à la « réalité réelle », aux faits bruts et à leur matérialité vécue par les citoyens, créant une tension constante entre ce qui se passe et la façon dont on raconte ce qui se passe.




















La consultation de Her Trippa

On regrette la profonde expertise de Her Trippa avec Panurge « pour savoir plus amplement la vérité » : par pyromantie, par aëromantie, par hydromantie, par lecanomantie, par catoptromancie, par aleuromantie, par astragalomantie, par tyromantie, par gyromantie, par sternomantie, par libanomantie, par gastromantie, par cephaleonomantie, par ceromantie, par capnomantie, par axinomantie, par onymantie, par tephramantie, par botanomantie, par sycomantie, par ichthyomantie, par chœromantie, par cleromantie, par anthropomantie, par stichomancie sibylline, par onomatomantie …  et, touche géniale, le savant homme nous rappelle que « l'empereur Valens estant en perplexité de sçavoir le nom de son successeur, le coq vaticinateur et alectryomantic » le lui fit « sçavoir », Théodose. Ce mode de divination par le coq égorgé, ou consulté tout autrement, se nommait l’alectryomancie. Nul ne mettra en doute la supériorité des compétences et « sçavoirs » de Peter Hegseth quand il prodigue des conseils à son Panurge-Trump-Machemerde, par rapport aux combinaisons foisonnantes d’un Her Trippa. Qui était astrologue et devin, quand même.


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Journalisme animalier. F. J.-L., un vrai tapin de l’anglo-sionisme le plus virulent, qui se moque des gens ouvertement, en face. Et ils en redemandent, les bougres ! C’est là, tout le charme de cet individu : son « lectorat ». Pour qui se prendra-t-il à ses heures, ce sale journaleux braillard de sa race ? Il a toujours eu la Tribune, les Colonnes, le Crachoir, il passe à la télé, à la radio, ils nous explique le monde, la corruption, la politique, la culture. Il imagine sans doute que, sans lui, nous serions des ânes devant un aquarium. Dans l’ensemble je trouve sa pensé obsessionnelle contre le communisme pas terrible, elle ne va que du canular à la sornette, de la platitude au militantisme néolibéral, cela manque d’efficacité par l’excès, l’arrogance déplacée, le mensonge pur et simple. Un peu à l’image du portrait de l’auteur par lui-même : d’origine modeste, fils d’institutrice et de cordonnier, boursier du franquisme « généreux », antifranquiste de la première heure, soi-disant communiste quand il fallait pas et même maoïste à des heures irrégulières, hyper intellectuel pas comme les autres.
Personnage bagarreur à l’ancienne contre des monstres préfabriqués, grand insulteur, matamore et provocateur, incapable de prononcer deux mots sans traiter d’ignorante ou de conne toute personne lui étant antipathique ou envers laquelle il ressentirait une aversion, un dégoût, une incompatibilité profonde, avec la saine habitude de proférer des insultes, des injures et des propos diffamatoires cherchant la confrontation publique. Mais, hélas : petit de taille, petit d’idées. Préjugé courant, si on veut, qui associe, à tort, bien entendu, la taille physique d'une personne à son intelligence, sa créativité ou l'envergure de ses pensées. Dans ce cas, cependant, pas très loin de la réalité. De droite, bien entendu. On devrait lui élever une grande chapelle ardente pour le faire rôtir dedans avant qu’il clamse, tellement il est nourrissant.


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Pour un Sionistan de gauche. Si les morts pouvaient revivre, surgir de leur tombe sous forme de fantômes, mais avec toute leur conscience de vivants, leur premier mouvement serait de répulsion. Ils s’éloigneraient d’abord de leur propre cadavre, plus ou moins décharné, mais incapable de communiquer encore avec les vivants. Tous les pays hispanophones sont morts, instables, toxiques et inaptes à être des partenaires fiables. Ces pays sont constitués de sociétés façonnées par la notion d'intérêt privé et, généralement, par un état de soumission, de dépendance ou de loyauté, volontaire ou forcée, envers les successives structures impériales qui les ont fait naître : l’empire britannique et Gringoland. Le patriotisme en tant que tel n'existe pas. De l’Argentine, sous la férule sioniste : influence, contrôle, domination, au Mexique, gangrené par le Mossad et la CIA, avec le crime organisé contrôlant des territoires entiers dans certaines régions, les simagrées d’un pouvoir autoproclamé progressiste bénéficiant du soutien public réitéré de la Open Society Foundation (c’est dire !) et presque la moitié du territoire volatilisé au profit des États-Unis, en passant par la Colombie – pas la Grande, celle d’aujourd’hui même – enracinée dans de profondes inégalités, une pauvreté accrue par la pandémie de COVID-19 et la violence persistante, tout le sous-continent semble hypnotisé à jamais par le cobra de l'américanisme. La Russie, la Chine, l'Inde et tous les pays du BRICS doivent savoir qu'au moindre changement, ils seront trahis. L’exemple concret vénézuélien pourrait, en l’occurrence, servir pour établir une règle générale. Le radicalisme révolutionnaire, purement verbal et exhibé jusqu’à l’histrionisme, cachait à peine une bassesse dans la soumission que l’enlèvement du bouffon Maduro par un clan dirigeant de gangsters étatsuniens a démasqué en quelques heures. À des années-lumière de la réponse du peuple iranien, aucun effort ne valait la peine pour la bande de Delcy, D. Cabello et V. Padrino, au-delà de cadres commerciaux garantissant la continuité du régime sous la tutelle des gangsters étatsuniens.
Même Cuba est un pays languissant. La société cubaine est étouffée depuis des années par deux tyrannies : l’américaine et la domestique. Toute l’aide internationale envoyée par les différents pays est revendue presque aussitôt. Cela inclut le pétrole et la nourriture. Le pourcentage qui parvient à la population qui souffre est insignifiant. Cuba ne respecte pas ses obligations commerciales. Le blocus américain leur permet de se soustraire à tout engagement. La société cubaine ne souffre pas du communisme. Elle souffre du blocus yankee et de l’élite cubaine au pouvoir, dont tous les membres, sans exception, se consacrent au vol et au pillage. Tous les pays hispanophones, y compris l’Espagne, bien entendu, répondent au modèle, sans exception. Pour savoir ce qu’est le peuple espagnol, il suffit de savoir que P. Sanchez et sa bande de corrompus occupent le pouvoir sans programme, sans projet, sans ligne directrice doctrinale connue depuis juin 2018. Lorsque la seule « vocation nationale » (?) se concrétise avec la corruption répétée et indéracinable aucun projet vraiment national n’est possible. Ce ramassis de brigands a été bénis, lui aussi, de toute sorte de bénédictions dans les lieux célestes de l’Open Society Machin … L'Iran peut dormir sur ses deux oreilles en sachant qu'il a le soutien de ces gens-là ! La « gauche » sociétale socialo-sioniste serait-elle tout autre chose que la droite vendue à l’anglo-sionisme ? Il paraît qu'on tient à nous le faire croire : faut pas confondre hégémonie gentille et méchante hégémonie … Quand des Palestiniens sont brulés vifs à Gaza sous Netanvoyou, c’est, indiscutablement, une honte et un crime contre l’humanité. Exactement pareil à Shimon Peres, champion de la purification ethnique lors de la Nakba et l'un des principaux artisans de la politique de colonisation en Cisjordanie (Ilan Pappé), qui les massacrait à son tour au nom de la paix entre les peuples.


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L'omniprésent billet vert ne tient que grâce à l'hégémonie américaine. Cette hégémonie vient de s’effondrer, et tout s'écroulera avec elle. Qu'est-ce qui soutient le dollar ? Rien. Juste l'illusion d'une Amérique grande, géniale et puissante, ce qu’elle n’est pas. Elle est, en revanche, une championne toutes catégories de la drogue, de la pornographie, de la violence, du matérialisme et de la dégénérescence. Le sinistre D. Trump en est la parfaite incarnation.

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