Amal Khalil. In Memoriam
***
« Toute parole sur Dieu est plus contre-vérité que vérité »
Angelus Silesius, Le pèlerin chérubinique, Livre V, Payot & Rivages, Paris 2004
Sçavoir la vérité. Le paysage médiatico-politique est saturé d’experts géopolitiques, d’analystes géostratégiques, d’universitaires, de blogueurs ou d’analystes indépendants, de planificateurs militaires et politiques pour « atteindre la vérité » et la rapporter, la transformer, l’affaiblir, orienter les débats les plus stupides, favoriser des opinions les plus extrêmes voire créer des paniques sans fondement. Tout en garantissant une liberté d'opinion qui n’a jamais existé puisque tout le système repose sur l’artificialité qui oppose le « récit », l'histoire construite et racontée, à la « réalité réelle », aux faits bruts et à leur matérialité vécue par les citoyens, créant une tension constante entre ce qui se passe et la façon dont on raconte ce qui se passe.
La consultation de Her Trippa
On regrette la profonde expertise de Her Trippa avec Panurge « pour savoir plus amplement la vérité » : par pyromantie, par aëromantie, par hydromantie, par lecanomantie, par catoptromancie, par aleuromantie, par astragalomantie, par tyromantie, par gyromantie, par sternomantie, par libanomantie, par gastromantie, par cephaleonomantie, par ceromantie, par capnomantie, par axinomantie, par onymantie, par tephramantie, par botanomantie, par sycomantie, par ichthyomantie, par chœromantie, par cleromantie, par anthropomantie, par stichomancie sibylline, par onomatomantie … et, touche géniale, le savant homme nous rappelle que « l'empereur Valens estant en perplexité de sçavoir le nom de son successeur, le coq vaticinateur et alectryomantic » le lui fit « sçavoir », Théodose. Ce mode de divination par le coq égorgé, ou consulté tout autrement, se nommait l’alectryomancie. Nul ne mettra en doute la supériorité des compétences et « sçavoirs » de Peter Hegseth quand il prodigue des conseils à son Panurge-Trump-Machemerde, par rapport aux combinaisons foisonnantes d’un Her Trippa. Qui était astrologue et devin, quand même.
***
Pour un Sionistan de gauche. Si les morts pouvaient revivre, surgir de leur tombe sous forme de fantômes, mais avec toute leur conscience de vivants, leur premier mouvement serait de répulsion. Ils s’éloigneraient d’abord de leur propre cadavre, plus ou moins décharné, mais incapable de communiquer encore avec les vivants. Tous les pays hispanophones sont morts, instables, toxiques et inaptes à être des partenaires fiables. Ces pays sont constitués de sociétés façonnées par la notion d'intérêt privé et, généralement, par un état de soumission, de dépendance ou de loyauté, volontaire ou forcée, envers les successives structures impériales qui les ont fait naître : l’empire britannique et Gringoland. Le patriotisme en tant que tel n'existe pas. De l’Argentine, sous la férule sioniste : influence, contrôle, domination, au Mexique, gangrené par le Mossad et la CIA, avec le crime organisé contrôlant des territoires entiers dans certaines régions, les simagrées d’un pouvoir autoproclamé progressiste bénéficiant du soutien public réitéré de la Open Society Foundation (c’est dire !) et presque la moitié du territoire volatilisé au profit des États-Unis, en passant par la Colombie – pas la Grande, celle d’aujourd’hui même – enracinée dans de profondes inégalités, une pauvreté accrue par la pandémie de COVID-19 et la violence persistante, tout le sous-continent semble hypnotisé à jamais par le cobra de l'américanisme. La Russie, la Chine, l'Inde et tous les pays du BRICS doivent savoir qu'au moindre changement, ils seront trahis. L’exemple concret vénézuélien pourrait, en l’occurrence, servir pour établir une règle générale. Le radicalisme révolutionnaire, purement verbal et exhibé jusqu’à l’histrionisme, cachait à peine une bassesse dans la soumission que l’enlèvement du bouffon Maduro par un clan dirigeant de gangsters étatsuniens a démasqué en quelques heures. À des années-lumière de la réponse du peuple iranien, aucun effort ne valait la peine pour la bande de Delcy, D. Cabello et V. Padrino, au-delà de cadres commerciaux garantissant la continuité du régime sous la tutelle des gangsters étatsuniens. Même Cuba est un pays languissant. La société cubaine est étouffée depuis des années par deux tyrannies : l’américaine et la domestique. Toute l’aide internationale envoyée par les différents pays est revendue presque aussitôt. Cela inclut le pétrole et la nourriture. Le pourcentage qui parvient à la population qui souffre est insignifiant. Cuba ne respecte pas ses obligations commerciales. Le blocus américain leur permet de se soustraire à tout engagement. La société cubaine ne souffre pas du communisme. Elle souffre du blocus yankee et de l’élite cubaine au pouvoir, dont tous les membres, sans exception, se consacrent au vol et au pillage. Tous les pays hispanophones, y compris l’Espagne, bien entendu, répondent au modèle, sans exception. Pour savoir ce qu’est le peuple espagnol, il suffit de savoir que P. Sanchez et sa bande de corrompus occupent le pouvoir sans programme, sans projet, sans ligne directrice doctrinale connue depuis juin 2018. Lorsque la seule « vocation nationale » (?) se concrétise avec la corruption répétée et indéracinable aucun projet vraiment national n’est possible. Ce ramassis de brigands a été bénis, lui aussi, de toute sorte de bénédictions dans les lieux célestes de l’Open Society Machin … L'Iran peut dormir sur ses deux oreilles en sachant qu'il a le soutien de ces gens-là ! La « gauche » sociétale socialo-sioniste serait-elle tout autre chose que la droite vendue à l’anglo-sionisme ? Il paraît qu'on tient à nous le faire croire : faut pas confondre hégémonie gentille et méchante hégémonie … Quand des Palestiniens sont brulés vifs à Gaza sous Netanvoyou, c’est, indiscutablement, une honte et un crime contre l’humanité. Exactement pareil à Shimon Peres, champion de la purification ethnique lors de la Nakba et l'un des principaux artisans de la politique de colonisation en Cisjordanie (Ilan Pappé), qui les massacrait à son tour au nom de la paix entre les peuples.
***

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire