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mardi 21 avril 2026

« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur, l’inhumanité de fermeté, et la fourberie, d’esprit. »


Retour de l’hôpital depuis une semaine, avec des hauts et des bas. Les balcons regorgent de guirlandes et de banderoles de soutien à l’équipe de foot Real Sociedad de Saint-Sébastien qui se battait hier contre une équipe de Madrid. La vie est belle tant que l’on croit à quelque chose. À quoi que ce soit, ne fût-ce qu’à la vie. Autrement on sait que tout n’est que fumée. Ça, on le sait. Avant que la souffrance, si subtile, ne se pointe au rendez-vous de votre corps. Quand elle y prend domicile et qu’elle s’y plaît, on lui redonne encore assez de vie pour que notre chair s’y habitue. Et la plus petite ombre de vie suffit à la faire survivre. En vieillissant on apprend à la jauger, à traiter avec elle, sans l’amadouer, elle, fidèle comme une mascotte. Dans ma chambre, la nuit, je regarde autour de moi dans le noir les objets qui ont vécu de nos vies, je sais que quand nous disparaîtrons, ils partiront avec nous, privés du sens qui justifiait leur existence. Ils n’existent que pour nous, avec nous. Nous les avons nourris, comblés d’estime contre le bonheur qu’ils nous ont procuré. Après nous, ils seront plus inertes que d’habitude, loin de l’effort intelligent que motivait la place qu’ils occupent là où ils sont maintenant, quand je les regarde et que je les vois. Cela fait un bail que je me trouve hors d’état de lire, serrant pendant quelques heures les rideaux des ténèbres, de la nuit, qu’on devra tirer sur la comédie du quotidien jusqu’au bout, nus dans l’aurore, à distance de l’Hadès quelquefois entrevu. La nuit finit pour nous de façon irrégulière, par intermittence de deux-trois heures. La lumière revenue, courses en ville le matin, avec sac et chariot lentement. Pharmacie. Il fait beau comme pour exister une éternité sans souci. Je regarde le ciel, imaginant des paysages lointains. Pas de mouvement en vue ces jours-ci, images, donc, superflues.

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Vere tu es Deux absconditus (Is 45,15). Expression barrée par Pascal dans Pensées diverses VI – Fragment n° 1/ 5). Qui écrit sur la divinité écrit en partie pour lui-même. Je n’ai rien à apprendre à qui que ce soit sur Dieu, évidemment. En revanche, je ne perds pas l’occasion d’apprendre quelque chose sur Lui à partir d’autres hommes ou d’autres femmes riches d’une expérience exceptionnelle et d’une plume sans lignes courbes. Certains écrits métaphysiques, ou liés à la religion, sont gênants et d’une lecture irritante par excès de bêtise, inutiles par leur prétention à m’apprendre ce que nulle parole humaine ne peut efficacement expliquer ou prouver et que le cœur seul peut sentir d’une manière secrète et personnelle. Quelques lignes d’un post précédent, du 22 mars dernier (Adoration perpétuelle. Notre Dame de Grâce, Alicante), semaient la perplexité chez un ami lecteur qui n’imaginait pas ma tête occupée à réfléchir sur « la présence réelle » que j’écrivais en majuscule, « la Présence ». Je lui répondais que je n’ai pas du tout abdiqué de la raison. et que ce n’était aucunement pas un faux pas de ma part. J’avais noté il y a un certain temps, en lisant Proust, pour qui la « présence réelle » désigne moins une réalité physique immédiate que l'imagination amoureuse ou une expérience spirituelle intense – provoquée par la mémoire involontaire, comme c’est le cas avec la sacrée madeleine – une remarque philosophique « de raison », à propos précisément de la réalité de la « la présence » après les mots de la consécration (hoc est enim corpus meum) : « La raison, elle-même, admet comme suprême critérium de la vérité le témoignage de nos sens, qui perçoivent à la fois dans les choses la substance et les accidents, différenciés seulement par une distinction logique. Or, après la consécration des espèces eucharistiques, du moment que l'on perçoit les accidents du pain, c'est que la substance persiste et n'est pas changée : la présence réelle de Notre- Seigneur dans l'Eucharistie est donc une impossibilité. » (Louis Rougier, Une faillite : la Scholastique, J.-J. Pauvert éditeur, coll. Libertés, 39).

Néanmoins, encore une fois, nous nous trouvons devant une justesse d'observation vécue par beaucoup de croyants comme décision hâtive, une lecture insuffisante de la situation. Si, forts de notre raison, nous nous accrochons au motif récurrent du « réel », il n’y a pas de distance capable de séparer le fantasme individuel et chaque objet visible et tangible devant nous. Le problème surgit quand le réel matériel résulte décevant pour qui aime explorer loin au-delà ou revisiter le passé, régions dans lesquelles l'être aimé – sans majuscules, pour Proust, avec, pour certains croyants chrétiens – ou les rêves offrent une présence plus vraie et plus profonde, plus proche d'une « transsubstantiation » artistique ou intime que la réalité immédiate. À ce moment précis, ce « Dieu caché » peut se rendre sensible au cœur, avec une évidence tout immédiate. Voilà pourquoi Pascal avait barré l’expression d’Isaïe.

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Platon dans la célèbre allégorie de la caverne (La République, début du Livre VII) met en scène Socrate et l'un de ses disciples : « Imagine, dit le père de la maïeutique, des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, dont l'entrée, ouverte à la lumière, s'étend sur toute la longueur de la façade : ils sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou pris dans des chaines, en sorte qu'ils ne peuvent se déplacer ni voir ailleurs que devant eux, en effet, les liens les empêchent de tourner la tête. La lumière d'un feu allumé au loin sur une hauteur brille derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Le long de cette route, représente-toi un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent entre eux et le public et au-dessus desquelles ils vont voir leurs prestiges. Je vois cela, dit le disciple. Figure-toi maintenant, reprend Socrate, le long de ce petit mur, des hommes porteurs d'ustensiles de toutes sortes, qui dépassent la hauteur du mur, et des figures d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, de toutes les formes. Et naturellement, parmi ces porteurs qui défilent, les uns parlent, les autres ne soufflent mot. Voilà, dit le disciple, un étrange tableau et d'étranges prisonniers ! Ils nous ressemblent, dit Socrate. Et d'abord, dans cette situation, penses-tu qu'ils aient vu d'eux-mêmes ou par les yeux de leurs voisins autre chose que les ombres projetées par le feu sur le fond de la caverne ? Dès lors, s'ils pouvaient converser entre eux, ne crois-tu pas qu'ils s'imagineraient nommer les objets réels eux-mêmes en nommant les ombres qu'ils verraient ? ... ». Ainsi Platon fait-il comprendre que ce que nous croyons être des corps palpables et des objets solides ne sont que fugitives apparences, vouées à la disparition et à la destruction. Mais les principes géométriques, abstraits, qui les engendrent, les organisent et constituent leur structure, s'ils ne sont pas visibles aux yeux de chair n'en sont pas moins immuables et indestructibles. L'homme meurt, mais l'idée de l'homme demeure ; elle est le plan-type d'où les humains sont tirés comme autant de copies. Le royaume des Idées est celui de l'Intelligence universelle, source de toutes choses. En peignant le monde d'ici-bas, l’allégorie platonicienne évoque vraiment, dans la pleine acception étymologique du terme, un « parler autrement » ou « dire autre chose », un autre monde, un au-delà.

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Idées (bien) reçues. Oscar Wilde concernant les USA : « Il faut bien dire que les Américains ont le culte des héros et qu’ils les choisissent toujours parmi les classes criminelles » ; « Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation »

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Tartarin Trump et le Vampire de Tel-Aviv. L’intervention en Iran partait d’un sentiment auto-justificatif : « libérer » le peuple iranien de la « barbarie islamiste », aider les opposants à renverser le régime, empêcher les mollahs d’avoir la bombe nucléaire. Le pignouf Trump, d’une souplesse neuronale toute relative, qui s’était quand même défilé piteusement d’aller combattre au Vietnam en se faisant exempter, c’est un lâche à grande gueule, un maquignon au verbe ordurier, un gangster plus sanglant qu’Al Capone, un menteur pathologique, un esprit confus, versatile et gâteux avec une dimension mégalomaniaque manifeste. C’est éprouvant de l’écouter déblatérer dans le plus grand désordre ses conneries, ses plans foireux à destination de l’univers et de de ses abrutis d’électeurs, qu’il a trompés comme pas possible : après un premier mandat sans guerre interrompu par un Biden complètement sénile, il avait promis d’arrêter toutes les guerres imaginables et pensait pouvoir obtenir un ridicule Prix Nobel déjà considérablement déprécié. Mais il a piteusement fini par magouiller dans les « dossiers Epstein » et par tenir des propos mélange de prédicateur bibliste yankee et de gangster d’Etat. En réalité, l’Histoire des USA atteste d’un comportement criminel inadmissible, prédateur et criminel et son fameux american way of life est un poison mortel pour toutes les civilisations. Un poison insidieux qui dissout les cohésions nationales, sape les modes de vie et ronge de l’intérieur les forces de n’importe quelle nation. Même l’URSS s’est effondrée rongée par la corruption et l’ouverture à la sous-culture yankee. Le vers était dans le fruit et la guerre culturelle, ils s’y connaissent, les Anglo-Américains. Les premiers à savoir que le poisson pourrit par la tête. Pourtant, ils semblaient posséder d’autres atouts pour espérer devenir un exemple pour l’univers entier. À commencer par une certaine démocratie, garantie d’équilibre et de cohérence intérieurs vue la différence d’origines résultant des immigrations diverses dont leur conglomérat étatique procède et, surtout, d’une population soudée autour du bien-être matériel, même si, en termes de justice sociale, c’est sans doute pire qu’en Europe.

Progrès matériel imparable, richesse, démocratie made in USA. Que pourrait-on demander de plus ? Mais il va falloir qu’ils admettent que pour les années à venir, ils vont être dépassés par une Chine travailleuse et disciplinée, déjà supérieure militairement. Ils savent, malgré l’enthousiasme du complexe militaro-industriel avec la guerre contre l’Iran et en Ukraine qu’ils se feront rattraper par l’Inde et talonner par le Brésil sur leur continent, que l’Indonésie pèse de plus en plus sur leur Océan Pacifique etc. En plus de toutes ces considérations, Trump-le-pignouf se fout de commettre des crimes de guerre puisqu’il est sous les ordres de l’entité sioniste, son « Israël », et qu’au fond, ça ne soulèvera que des condamnations verbales dans le monde « civilisé ». Malgré tout, les US prédateurs et semeurs de guerre et de destruction partout dans le monde sont en train de s’effondrer et Trump-le-pignouf réalise qu’il ne pourra pas l’en empêcher. La claque chinoise qu’il s’est prise sur ses droits de douane lui a sans doute laissé des traces. Il passe donc à attaquer la Chine par les bandes pétrolifères. À commencer par le Venezuela, en constatant que personne ne lui dit grand-chose, pas de réaction internationale. Rien. Reste donc l’Iran, avec en prime, l’entité sioniste qui le tient en laisse et le pousse à mordre sans risque. Une entité sioniste en panique démographique et qui voit la Turquie et l’Iran progresser niveau cerveau mais avec des difficultés de politique intérieure, manifestations populaires, attisées comme en Syrie par le trio infernal Mossad, CIA, MI6 …
Sauf que l’Iran, c’est un autre morceau qu’un régime vénézuélien pourri. Et les gros défis géostratégiques que nous avons du mal à aborder. Parce que, franchement, l’idée de déclencher une guerre incontrôlable pour détourner l’attention sur des histoires de partouzes avec de jeunes mannequins, ça ne pèse rien face à une réalité politique qui nous échappe complètement. Trump-le-pignouf aurait dû simplement assurer le niveau de vie américain et le leadership de son « pays » et on lui pardonnera difficilement le genre de choses qu’il a décidé d’entreprendre pour servir « Israël ». Il a déjà été élu deux fois alors que tout le monde sait que c’était un individu louche qui a abusé de son pouvoir et de son argent pour faire ce qui le passait par la tête sans se soucier de rien de plus. A l’âge qu’il a, qu’a-t-il à perdre ? S’il cherchait à marquer l’Histoire en assurant la puissance américaine, il doit déjà savoir que c’est bien trop difficile. Et il n’aura jamais ce prix Nobel de la paix qu’il chérissait après son premier mandat. Quant à l’abominable entité sioniste, si seulement le monde osait la neutraliser, la région s’en porterait mieux, et le monde avec.

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POUR SEMER LA CONFUSION CHEZ L'ENNEMI, COMMENCE PAR SEMER LA CONFUSION DANS TA TÊTE

SI TU N'AS AUCUNE IDÉE DE CE QUE TU BRANLES, LES ENNEMIS ENCORE MOINS

 


« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. » La Bruyère, Les caractères. Boris Johnson déclarait à propos de la déclaration Balfour de 1917, adressée à Lionel Walter Rothschild : « C’est un exemple classique de la vente d’un même chameau à deux acheteurs différents. Aux Palestiniens et au peuple juif. » Elle stipule : « Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, étant entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits de la population palestinienne existante ». Tout le monde se souvient avec émotion de la première moitié de la phrase. Mais la seconde moitié, elle, n’a jamais été mise en œuvre. Le monde ne peut trouver de paix tant que sévira un groupe d’individus se réclamant d’un dieu qui lui accorderait des droits supérieurs sur le reste de l’humanité, lui autorisant la spoliation d’un pays entier et le massacre de sa population et tout ça au nom de versets suprématistes, racistes et haineux écrits de main d’homme, il y a des milliers d’années. Un récit qu’il faudrait croire sans rechigner ni critiquer sous peine de se voir sanctionné par des lois iniques, ostracisé par un système corrompu, stigmatisé par des médias falsificateurs à la solde des bourreaux. « Israël » est un projet criminel d’extension impérialiste favorisé par l’entretien du mythe de la persécution éternelle des juifs, principal alibi de la nécessité d’un foyer juif et du mensonge de « la terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

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Khawaja Muhammad Asif, Ministre pakistanais de la Défense : « Israël est maléfique et constitue une malédiction pour l’humanité. Alors même que des pourparlers de paix sont en cours à Islamabad, un génocide est commis au Liban. Des citoyens innocents sont tués par Israël : d’abord à Gaza, puis en Iran, et maintenant au Liban. L’effusion de sang se poursuit sans relâche. J’espère et prie que ceux qui ont créé cet État cancéreux sur la terre palestinienne, afin de se débarrasser des Juifs européens, brûlent en enfer. » 

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Audiences radio. Toujours très difficile de se ranger totalement à une radio, quelle qu’elle soit. À y bien regarder, elles papotent toutes sur les mêmes sujets de surface. Toutes évoquent l’état profond mais aucun de leurs « journalistes » n’enquête vraiment en profondeur visant à révéler des informations cachées, analyser des faits complexes ou déterminer des origines précises d’une réalité qui nous submerge. L’on me rétorquera que le journalisme est censé analyser les faits d’actualité, ce qui est exact, mais vu que les faits d’actualité sont précuisinés pour tous sous le même régime nutritionnel avant d’être servis, ça fait surtout beaucoup saliver… pour rien ou presque rien. Ces radios n’apprennent presque rien sur la vraie architecture du système politique local voire mondial. S’informer soi-même au plus proche de la réalité des systèmes d’arrière fond est un vrai parcours de combattant. Le net à démultiplié les offres et l’on se retrouve comme dans un hangar de grande distribution où presque la totalité des produits est frelatée. Ce ne serait pas une catastrophe si le doute se répandait sainement dans la plupart des esprits. Et ce serait plus sain. Le doute pourrait provoquer qu’on se pose des questions et qu’on cherche progressivement des réponses.

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