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dimanche 22 mars 2026

« L’obéissance est ennuyeuse, la révolte impossible, et la lutte incertaine »

 

Etude pour Le Père Goriot (éd. Kieffer, 1922)

« L’obéissance est ennuyeuse, la révolte impossible, et la lutte incertaine » Célèbre citation extraite du roman Le Père Goriot (1835) d'Honoré de Balzac. Elle décrit le dilemme existentiel de Rastignac face aux trois grandes expressions de la société : l'Obéissance (ennuyeuse), la Révolte (impossible) et la Lutte (incertaine). 

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Vampirisme du capital. « Le capital est du travail mort qui, semblable à un vampire, ne s’anime qu’en suçant du travail vivant, et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en suce davantage. » Karl Marx, Le Capital

Cf. Pourquoi Karl Marx présentait-il les capitalistes comme des vampires ?


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La péninsule des maisons vidées (et pas « vides » !). La bibliographie sur la guerre civile espagnole (1936-1939), depuis bien longtemps extrêmement copieuse, déborde de partout, mêlant témoignages directs, analyses historiques de référence et fictions romanesques à foison. Qu’à cela ne tienne ! Certains petits personnages du microcosme médiatique et politico-culturel espagnol ne partagent pas cet avis. « On veut nous taire des choses ! » Du coup, remugles désagréables liés à la moisissure de la guerre civile, au renfermé de la transition ou à la décomposition de la classe politique. Dans cette atmosphère lourde, malsaine et dégoûtante fleurissent des souvenirs douteux et des pensées intrusives qui, martelés jour et nuit, s'imposent à l'esprit dans une spirale de sermons sans fin à propos d’histoire, de mémoire, d’histoire et mémoire, de mémoire historique … « pour pas qu’on oublie ! » Les Espagnols ne peuvent pas oublier ce qu’ils ignorent. Une très large majorité fait preuve d’une ignorance crasse sur tout ce qui se passe, s’est passé et se passera aussi bien en Espagne que dans le monde. Ils ne savent même pas où se situent l’Iran, l’Irak, les EAU… Et ils n’en ont rien à cirer. Même des députés, des journaleux et pas mal d’« experts » ne le savent pas. Quand on lit des articles ou on suit des vidéos à ce propos, les prestations sont désespérantes. J’ai décidé de ne plus aller voir ce qui se passe dans la presse apprivoisée, ces jours-ci et de profiter de quelques rayons de soleil, hélas à courte durée. La lecture est une activité désormais lettre morte, toujours confondue qu’elle est avec le fait de s’informer, d’apprendre, de se renseigner. Même si les gens lisent, achètent des livres et les parcourent du regard, prennent connaissance d’une histoire ou d’une thèse, avalent des mots et des phrases, ils ignorent ce qu’est la lecture, en tant que pratique indexée sur la littérature, la lecture comme déchiffrement du monde et de ses contradictions, de son épaisseur et de sa complexité. Un écrivain digne de ce nom ne pense pas en ligne droite et n’en reste pas à la surface polie du miroir. Dorénavant, on ne lit que pour confirmer ce qu’on pense, ce qu’on croit, pour se trouver des alliés ou des ennemis, les inventer s’il le faut, et participer à la gigantesque chasse à courre qu’est devenue notre société médiatique. Le renseignement et la dénonciation ont annexé la littérature, en ont fait un appendice fragile et un alibi. L’œuvre des auteurs formatés n’est qu’un acte d’accusation bâclé, minable et sans imagination, la proie rapportée au maître par l’animal de compagnie, comme preuve de son obéissance. Ils aboient au signal de celui qui les tient en laisse. Comment en irait-il autrement, puisque les écrans ne s’ouvrent plus que sur des salles d’audience où le procès et la sentence sont devenus la seule vérité, que derrière tout individu se profile un procureur, sûr de lui et éventuel dénonciateur implacable de quoi que ce soit suivant l'appel des appâts de piégeage idéologique utilisés pour attirer des imbéciles, leur demandant de rentrer dans le rang. La seule fréquentation indispensable devrait être celle de nos dissemblables. C’est exactement comme cela que tout deviendrait moins sinistre, loin du cadre préformaté dans lequel il nous a été donné de vivre, qui pose des questions dont les réponses sont déjà inscrites dans un marbre noir, dans le socle commun sur lequel chacun se tient, croyant dur comme fer que la vérité lui vient spontanément, que ses goûts lui sont propres, que ses opinions lui appartiennent, qu’il est libre de penser ce qu’il pense. 

 * Avis en ligne d’un « lecteur virtuel » : « J'l'ai pas lu, mais j'ai vu des vidéos et lu des articles de gens dont je sais que je peux me fier au niveau des bouquins et du coup, on dirait que c'est grave surcoté. » Qu’on se le dise ! Début à encadrer : « J'l'ai pas lu, MAIS ...  »

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© The Hamilton Spectator

Des préadolescents, ultra-violents et fous à lier, au pouvoir. Comment les plus hauts représentants de l’État étatsunien peuvent-ils parler comment ils parlent ? C’est du langage de petite frappe, aucune classe, aucun argument, juste des insultes, de la vulgarité la plus pâteuse, et une violence crasse. Si ce qui distingue fondamentalement l'humain est sa capacité à la pensée abstraite, au raisonnement, au langage complexe, à l'empathie et à l'imagination, on voit mal quels éléments, à part la bipédie, pourrait le reste de l’espèce partager avec ces primates. C’est inimaginable d’entendre s’exprimer de la sorte à des soi-disant hommes d’état. Le pire, c’est que tout le monde s’y est habitué : autour de nous, les gens ne voient pas de mal à ce que nos ministres et nos députés s’invectivent comme des racailles au parlement et que nos « dirigeants » y apparaissent vautrés sur leurs bancs sans aucun souci de présentation ignorant ostensiblement les règles élémentaires de savoir-vivre exigées par une société civilisée. Aucun problème non plus à ce que sur les réseaux sociaux ces types s’expriment, soit avec une syntaxe de mauvais collégien, soit avec une connaissance des dossiers qui frise le zéro absolu : l’indigence intellectuelle totale. Famille hominidés ? Espèce homo sapiens ? Tenez-moi au courant ! Et quel lupanar médiatique ! On sait que, bien souvent, l’esclave broyé par le tyran ne se révolte pas contre le tyran, mais broie seulement l’esclave qui se trouve plus bas de lui. Beaucoup trop de journalistes sont des esclaves qui préfèrent s’en prendre à ceux qui, ils le savent très bien, n’auront aucun moyen de se défendre sérieusement, très peu de défenseurs autorisés et aucune tribune où faire entendre leur voix, celle-là même que de vrais spécialistes, dignes de ce nom, auraient eu à cœur de laisser s’exprimer, quitte ensuite à confronter cette voix à leur interprétation, à leur manière de présenter les faits. Mais l’essentiel, ici, est de déformer un contexte, de colorer un portrait, d’en faire une caricature, d’affubler un personnage ou tout un pays de tous les stigmates de l’extrémisme ou de l’oindre délicatement du prestige de l’héroïsme et de « nos valeurs ». On connaît les recettes efficaces, dans le monde du journalisme. On les applique servilement. Que faire ? Laisser la boue recouvrir la boue, laisser les obsédés et les dénonciateurs jouer avec leur propres excréments. Il y aurait, il y a tellement à dire, sur cette question qu’on pourrait creuser la matière vingt ans sans l’épuiser. Mais ça n’intéresse pas les boulimiques du ragot, ceux qui se délectent de ne rien entendre, et qu’on acclame pour cette seule raison qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, et s’adressent seulement à ceux qui veulent continuer à ne pas savoir. Pour retrouver le contact avec l’autre, avec l’intelligence et la culture, pour sortir du sillon fermé de l’entre-soi, il faudrait ne pas se laisser impressionner par le ressassement pavlovien de la meute médiatique.

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Reculer pour mieux sauter et contorsions politiques. Lorsqu’un homme politique ou une célébrité quelconque a maille à partir avec la justice, il lui suffit bien souvent de disparaître quelque temps. L’opinion publique ayant la mémoire d’autant plus courte qu’elle est parasitée par multitude de sollicitations et des campagnes au quotidien et qu’elle, inconstante, change souvent d'engouement et abandonne un caprice, une fantaisie ou une mode passagère pour en adopter d’autres finit par se fatiguer rapidement. L’individu en question peut alors réapparaître après un délai plus ou moins long selon sa cote auprès du Système. C’est précisément pour cette raison que « la mémoire » — celle qui nous tient aujourd’hui lieu de roman national — doit être sans cesse ressassée, du matin au soir et du berceau au tombeau. À force d’être invoquée, elle cesse paradoxalement d’appartenir au domaine du passé pour relever de celui du présent. Les « combats » de la démocratie contre la tyrannie et pour les droits de l’Homme, comme ceux contre l’antisémitisme, le racisme et le fascisme, sont perpétuellement réactualisés. Ils deviennent ainsi des priorités morales capables de justifier tout et son contraire. On observe, au passage, que les luttes de la gauche pour l’amélioration des conditions de travail et, partant, des conditions de vie des classes populaires, si présentes encore il y a quelques décennies, sont aujourd’hui abandonnées, largement tombées dans l’oubli.

Elles ont été remplacées, dans le récit dominant, obligatoire, par les croyances d’un monde globalisé, bienveillant, qui aurait bien ouvert la porte à toute forme de liberté sans limitation et sans contours depuis que cette idée a été lancée et s'est imposée, bien qu’étant elle-même liberticide, curieusement liée à celle de « progrès », largement financée (Alliance pour le progrès), comme des croyances inhérentes au perfectionnement de la société. L’actuelle néo-gauche, même lorsqu’elle se dit extrême, anarchiste, sans concession, avec tout le tapage dont elle s’accompagne, en est venue toujours à se muer en police de la pensée et à diviser au lieu de jouer un rôle de vraie opposition à l’empire. Les souverainetés nationales se sont consacrées à adapter leur production nationale aux standards du marché global et à ses poncifs globalistes : inclusivité, migrations, genrisme, wokisme. Dans l’Europe en ruine de 1945, a commencé à se développer le projet d’un écosystème d’élites interconnectées : Plan Marshall et OCDE, OTAN, Bilderberg puis Commission trilatérale, Davos, etc. Des élites politiques, économiques, culturelles, formées dans les mêmes réseaux, parlant la même langue idéologique, et intégrées dans un système dominé par Washington où l'entité sioniste se trouve parfaitement à l'aise dans son élément naturel

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No a la guerra (II). À en croire la presse de droite, Sanchez n’aurait pas donné la « bonne réponse » concernant la guerre contre l’Iran.  Désolé d’être direct, mais on s’en fout ! Si notre pays est en train d’être mis en couple réglé, si la censure devient de plus en plus féroce, si nous sommes à deux doigts de rentrer en guerre pour les beaux yeux des « Israéliens » et des Étatsuniens, ce n’est pas étonnant que Sanchez saute sur l’occasion qu’on lui donne, sur un sujet qui a déjà bien réussi électoralement à son parti il y a une vingtaine d’années, pour dorer son blason, améliorer son image internationale et restaurer sa réputation se donnant une meilleure apparence aux yeux du public après une longue période, particulièrement difficile, semée de controverses et de polémiques, et une popularité en chute libre suite à des décisions perçues négativement par l'opinion publique. Pendant que les canards caquettent sur qui est un gentil et qui est un méchant, Sanchez, lui, bataille, dans son domaine, avec d’autres. On peut ou non être d’accord avec lui, mais il faut lui reconnaître de la vaillance et un relatif courage bien prudent. De là, à imaginer un président de l'Internationale socialiste hostile au sionisme, il y aurait une longue et sinueuse route à parcourir. Nous sommes en plein basculement mondial, une crise économique d’ampleur approche, les élites veulent plus que jamais nous faire les poches, mais ces trous-de-balle de la droite pérorent longuement, prétentieux, monotones, sur les ayatollahs, les femmes voilées, et les pauvres sionistes agressés par l’obscurantisme totalitaire du cocktail palestino-iranien. Encore heureux que papa Trump est là ! pleurnichait cette ordure de Mark Rutte. On se demande bien à quoi ils sont réfractaires : à la vérité, à la géographie, à l’histoire ? Un rapide regard en arrière nous conduirait à La fabrication du consentement », coécrit en 1988 par Noam Chomsky avec son camarade, Edward Herman, retraçant des éléments de compréhension d’un premier livre, écrit en 1928, par un autre Edward, Bernays celui-là : Propaganda. Livre de chevet de Goebbels, dont on nous rebat les oreilles qu’il en fut « l’inventeur ».

On sait que ce Bernays œuvra au cœur de la commission Committee on Public Information, chargée de faire basculer l’opinion du peuple américain, en 1917, pour entrer dans la guerre, modifiant radicalement l'attitude de la majorité par le biais de la propagande. Les sionistes avaient déjà retourné Lord Arthur Balfour, lui assurant qu’ils feraient venir les États-Unis au cœur du conflit grâce à leurs « antennes » bien placées, alors que la majorité des Américains, qui avait réélu en 1916 le président Woodrow Wilson sur un programme isolationniste et pacifiste, y était hostile. Ce dernier se prononçant encore, en janvier 1917, pour une paix sans victoire. Par une étrange coïncidence, l’actuel président en place a trahi, sous l’effet d’un certain lobby qui n’existe pas, un de ses principaux engagements : traîner son pays dans la guerre. Tout semble peu de chose pour un « peuple d'élite, sûr de lui et dominateur » (De Gaulle) qui occupe une terre acquise par le vol, la guerre et le mensonge et qui se livre désormais à un génocide pour s’emparer de toute la région. Le problème, c’est que le régime des mollahs n’a aucune visée territoriale, ne passe pas son temps à agresser ses voisins et n’a aucun suprématisme racial, encore aggravé par le fait que, alors que les colons sionistes occupent ces terres depuis à peine quatre-vingts ans, les Iraniens occupent leurs montagnes depuis le premier millénaire av. J.-C. Années sans doute obscures, subitement éclairées par les lanternes magiques de l’entité sioniste, censée fonder un état-sanctuaire pour les juifs persécutés en 1948, mais qui était en réalité un sanctuaire de juifs persécuteurs et génocidaires.

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Pesage des âmes. Silence occidental pour un crime de guerre selon la Charte Onusienne : 168 gamines réduites à néant avec leurs maîtresses et du personnel de l’école. Mais que vaut le poids de toutes ces âmes lorsqu’on en a exterminé des milliers d’enfants palestiniens ? On ose à peine imaginer si le même acte avait réalisé sur une école « israélienne » ! Les guerres « démocratiques » sont apparemment inattaquables, car elles sont par définition, justes. La deuxième guerre mondiale avait déjà été une guerre démocratique et les sauvages bombardements étaient destinés à éviter davantage de morts et la prolongation du conflit. Comme les deux bombes atomiques. Sinon le Japon aurait été capable de Dieu sait quoi. Il faut éviter de creuser plus profondément parce que, autrement, on risque de découvrir ce qui se cache sous les couches épaisses de la démocratie représentative et ses valeurs affichées.

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Israël a-t-il un droit divin sur l’ensemble du Moyen-Orient ?

Transcription de l’interview de Tucker Carlson avec Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël.

Tucker Carlson a interrogé l'ambassadeur sur son interprétation d'un verset de la Genèse selon lequel Israël aurait des droits sur les terres situées « entre le Nil et l'Euphrate », s'étendant donc de l'Egypte à l'Irak et à la Syrie. « Je pense que c'est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », a déclaré M. Huckabee. « Ce serait bien s'ils prenaient tout », a-t-il ajouté.

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Intervalles d’insomnie. Impossible de dormir ces nuits dernières, à cause de la prochaine intervention à R. au mois d’avril. J’essayais de m’en débarrasser en me passant mentalement des souvenirs personnels. Comme ils défilaient sans interruption, c’était un ruminement mental sans fin. Très fatigant. Il est très dangereux de laisser entrer dans l’esprit ses souvenirs sans tri préalable : contrairement au numérique où l'on supprime les photos ratées, la mémoire brute conserve la trace informe des moments, y compris les mauvais, sans récupérer pour autant l'intégralité de chaque histoire, y compris les petits détails qui pourraient sembler insignifiants sur le moment, mais qui deviennent précieux plus tard, quand c’est trop tard. Cela viendrait à démontrer l’impossibilité de récupérer la totalité de ce qui a été vécu. La présence de certains rêves est plus riche que celle d’un texte ou d’une idée, mais faute d’être transcrits sur le vif, ils partent en fumée au réveil. Les défaillances de la mémoire gagnent du terrain, on n’y peut rien. Et j’ai toujours détesté toute forme de médicalisation du sommeil, les somnifères, tout cela…

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Adoration perpétuelle (Notre Dame de Grâce, Alicante). Petite chapelle au goût baroque de l’étrange autant qu'à celui de la mystique de l’absence où c’est finalement la Présence, qui s’impose, la présence réelle, celle, débarrassée des oripeaux rationnels, qui ne doit rien à la contingence. Quelque chose qui est profondément en nous et qui, en nous, n’est pas tout à fait au monde. Ceux qui aiment marcher à quatre pattes ont toujours eu de l’aversion ou du mépris pour ceux qui se mettent à genoux. Ils en ont peur, car ceux-là les renvoient brutalement à leur médiocrité et à leurs pauvres arrangements avec la réalité. Les pingres méprisent les généreux, les crétins raillent les génies, on le constate quotidiennement.

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Actualité accélérée. À chaque fois, on croit que l’affaire du jour ou de la semaine va enterrer toutes les autres, qu’elle résume l’époque, l’explique, la synthétise, en exprime la quintessence, mais une autre est déjà là qui renvoie la première à ses ridicules et à sa nature de signe, de stigmate éphémère, de bulle de savon sentant déjà le rance. Les médias critiques se noient dans les mots et les formules, qu’ils secouent comme des crécelles, qu’ils injectent comme des sérums antipoison censés délivrer le pays du fléau sanchiste. On n’en finirait pas d’en dresser la liste, qui s’allonge de jour en jour et qui dévitalise chaque jour davantage le vocabulaire. Il n’est pas question de nier que ces mots portent en eux une part de vérité, mais on les utilise comme s’ils avaient le pouvoir d’expliquer, de révéler et de guérir, par leur seule présence, alors que la vérité partielle, spectaculaire, qu’ils contiennent étouffe les autres vérités, plus subtiles et plus riches, et en tout cas distinctes de la voie unique qui a les faveurs de la clameur. Et plus on les utilise, ces mots et ces formules, moins ils sont efficaces, plus ils obscurcissent à force de répétition, obstruent les voies qu’o pourrait emprunter pour dégager ces gens du pouvoir. Ce sont des mots qui tranchent, qui écartent, qui simplifient, qui délimitent, et qui agrègent à eux de petits affects et cette sorte de morale médiatique et instantanée où finissent par converger toutes les critiques. Au fond, comme en surface, ils sont tous pareils. La plupart des gens sont incapables d’imaginer que ce qu’ils connaissent comme modèles occidentaux de progrès et de démocratie, ce monde que les élites se partagent comme la pâtée aux cochons dans La ferme des animaux, symbole magistral de corruption et de spoliation, n’existe que dans leur imagination, et que ce qui existe pour de bon, c’est un monde auquel ils n’ont pas accès. L’excès d’imagination conduit à la bêtise.
Les parasites du système, ils n’occupent les places qu’ils occupent que parce qu’ils écrivent ce qu’ils écrivent, que parce qu’ils refusent de voir ce qu’ils voient, que parce qu’ils font allégeance aux mots d’ordre obligés du pouvoir en place. Tout cela est facile à comprendre, mais ce qui est incompréhensible, c’est que ces raisons ne s’épuisent pas au fur et à mesure, car la charge morale doit être tout de même très lourde. On peut mentir ponctuellement, tout le monde le fait, mais mentir à répétition ou se mentir à soi-même est beaucoup plus difficile car cela devrait bouleverser des milliers de petites choses avec lesquelles il faut vivre avec les autres jour après jour. Il faut aménager sa vie de manière à ce qu’elle permette cette cohabitation de tous les instants. Dès qu’on se contente d’un tapage contre P. Sanchez désirant amener à la lumière tout ce qui lui peut nuire et le réduire à un pantin ridicule et méprisable, à un médiocre magouilleur populiste d’extrême-gauche (rien que ça !), on est sûr et certain qu’on a affaire à des imbéciles. Les spécialistes de plateau télé n’aiment que ça. Ils vont seulement à la pêche aux phrases dont ils ont besoin pour instruire le procès de celui qu’ils doivent dépecer. Il suffirait pour s’en convaincre de faire la liste des invités à la télévision dans ce qui se nomme chez nous une « tertulia ». S’il arrive que des gens sérieux y soient conviés, c’est le plus souvent pour parler d’autre chose que de basse politique politicienne, pour qu’ils nous livrent des témoignages à charge ou à décharge, en fonction du payant, ou parlent en spécialistes du vide, pour qu’ils viennent pointer à la télé comme on va pointer au commissariat ou au tribunal. Ils pointent beaucoup, ils ne tirent presque jamais. On les voit régulièrement venir aiguiser leur bâton de marche-dans-le-monde au coin d’une caméra, augmenter leur visibilité et leur sphère d’influence, mais surtout répéter le catéchisme du moment et prononcer les mots magiques qui seuls permettent de survivre socialement.

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Rafael Alberti, Poesía, Aguilar. Son stalinisme haineux ne me gênait pas trop quand j’étais plus jeune. Je le trouve imbuvable maintenant que je suis plus malin. En d’autres temps il avait applaudi les guillotineurs, les fusilleurs, les goulagueurs et les tchékistes, les assassins et tortionnaires que la haine de classe rend sûrs de leur bon droit. Sans doute a-t-il fait partie de ces bourges de gauche gênés d’être nantis et en rajoutant dans le gauchisme afin de se donner bonne mine. A part ça il fut un bon poète inspiré dans ses meilleurs moments, avec souvent des visions de type surréaliste, même s’il a aussi écrit des âneries balourdes. Des livres de lui que j’ai possédés, mes trois préférés étaient ceux de l’édition que M. a pris lors d’un passage à la maison. Je l’ai beaucoup relu dans mon jeune âge, il a été mon poète favori, moins tout de même que Miguel Hernández.

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Des querelles d’amoureux. Une station radio, propriété d’un individu étiqueté par l’un de ses anciens collaborateurs, et ami très proche, comme « pute médiatique » (furcia mediática ® César Vidal Manzanares),  diffuse au fil de la semaine une section intitulée La république des crétins (« La república de los tonnntos ») où on brocarde généreusement, sans retenue, « la gauche » en général et certains personnages en particulier, versant souvent dans l’expression outrageante, le mépris malveillant et l'insulte ou l’invective pure et simple. Inexplicablement, ces gens-là ne trouvent dans le camp d’en face une émission où on leur rendrait directement la monnaie de leur pièce et qu’on pourrait intituler La monarchie des enculés, par exemple.

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