Hommage personnel à Michel Audiard et à Ernest Raynaud, dit Tréno, pour envoyer
aux pelotes les lugubres connards (P. Iglésias, J. L. Abalos, I. Celaa et tutti quanti) honorés récemment par le Grand Préposé aux Colifichets de notre illustre gouvernement. Traîneurs de relents, chiures, sous-merdes … gredins
décorés de cette fanfreluche de la Grande Croix de l’Ordre de Charlie III par leur bouffon en chef. Pas de vœux pour eux tous, raclures de bidet ! (Consulter, SVP, cette entrée de 2017)
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Fin d’année, continuation du cycle :
une information dangereusement biaisée, complètement dépendante des subventions
de l’État, victime de la mainmise des grands patrons et représentant une vraie menace
pour la liberté d’expression… Des médias,
devenus de pures armes de propagande politique, religieuse et économique qui
permettent de constater le rôle pervers des subventions et des pots de vins
déguisés de mécénat. Des politiciens verbeux, inutiles, incompétents, autant de
marionnettes des grands patrons et des lobbyistes déguisés d’altruisme. Un
dramatique naufrage du système d’éducation transformé en outil d’endoctrinement
gouvernemental : niveau en chute libre, enseignants sous-payés, diplômes
en carton, harcèlement, violence dans les classes … Pratique disparition de la
liberté d’expression et surveillance de masse : censure, réseaux sociaux à
la botte. Néobanques et finance décentralisée : une évolution du système
bancaire qui risque de faire couler les banques traditionnelles … Regarder en
arrière donne le frisson. Quand j’étais petit, pour le vieux monde ancré dans
le catholicisme, l’homme était pour les soi-disant chrétiens le centre de
gravité de tout, le plus beau fruit de la création : tous les hommes étaient
libres et égaux en dignité, même si les restrictions dans la sphère politique
limitaient dans la pratique le développement individuel. Devenu senior,
comme on dit aujourd’hui, force est de constater que, pour le progressisme, l’homme-femme-machin-truc
genre-non-genre-transgenre n'est que de la viande à code-barre et qu'il y en a
des égaux plus égaux que d’autres, reflet d’une obsession purement verbale depuis
l’origine de l’invention trinitaire magique : égalitude, libertesse,
fraternitance.
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Je voudrais un jour assister à la messe de
minuit du 24. Et en latin encore ! La messe en latin existera-t-elle
encore dans nos contrées wokefellerisées ? Petit, j’ai assisté souvent
à la messe à l’ancienne. Le curé la disait en latin, dos au public. Les fidèles
étaient très nombreux et de tous âges. Ils n’avaient pas la vue sur ce que
faisaient les officiants, mais il leur restait les mots de la liturgie,
mystérieux et solennels. Et des chants. Des gens en retard continuaient d’entrer
en se signant, marquant d’une brève génuflexion. Dans mon village, quand
j’étais enfant, on allait à la messe tous les dimanches. Nous avions notre
place, au fond près d’une porte au fond de la nef, donnant directement sur la
rue. C’était l’espace pour les incrédules, qui malgré tout voulaient se faire voir,
mais qui foutaient discrètement le camp derrière la foule compacte pendant le sermon
qui expliquait l’évangile, pour se calmer et fumer une clope. Ils ne bougeaient
jamais au moment de la communion. Moi, j’étais à côté de mon père, rasé et
habillé de dimanche. Le curé, qui n’avait encore vu passer Vatican II, ne s’en
émouvait pas de ce comportement de ses ouailles paysannes et il disait sa messe
comme il l’avait toujours fait. J’aimais vraiment ces chants en latin auxquels
je ne comprenais pas grand-chose. Surtout le Kyrie Eleison à plusieurs
voix et le Credo : les mots « visibilium omnium et invisibilium »
m’impressionnaient et m’invitaient à serrer très fort le bras de mon père.
Debout, assis, à genoux, sur des prie-Dieu si raides qu’ils niquaient les rotules.
Communion, recueillement dans une odeur d’encens, odeur que j’aimais bien et
que je n’ai jamais oublié. Ite, missa est… Et on se retrouvait sur le
parvis de l’église avant l’apéritif. Les cloches sonnaient. On rentrait à pied chez
nous où nous attendaient d’autres odeurs délicieuses : celles du lapin qui
rôtissait doucement, accompagné de pommes de terre du jardin. Tout cela a
disparu. À jamais.
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Dans δημοκρατια, on a démos et cratos, le peuple et
le pouvoir. Définition exotérique pour les braves gens : le pouvoir exercé par
le peuple. Définition pour ceux qui ont le sens de l'humour. En réalité, le
pouvoir exercé sur le peuple, et même contre. La forme pouvoir
du peuple permet aux facétieux de rappeler la différence qui existe entre
génitif objectif et génitif subjectif. La démocratie n'est pas incompatible
avec la comédie électorale donnant aux électeurs l'illusion de choisir ceux qui
les tyranniseront, parmi ceux déjà sélectionnés par ceux qui les tyrannisent.
Pour les sophismes, voir le camarade Jean-Jacques Rousseau, l'homme qui
commençait par écarter tous les faits avant d’en tirer des conclusions !
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La « mémoire démocratique »
contre le soulèvement de juillet 36 relève de l’histoire. À dormir debout. Si
vous allez au fond des choses, ce n’était pas gagné d’avance car le projet de
coup d'État du général Mola n’était pas unanime et rassembleur. Franco, plus
malin, avait son propre truc dans sa tête et n'était pas dans le coup et, par
conséquent, il n'y avait aucune garantie, au départ, de pouvoir compter sur les
troupes africaines du Maroc. Le traditionalisme, étant monarchique par
définition, ne coïncidait pas avec le coup républicain de Mola ; et la Phalange,
pastiche du fascisme, pensait mener la danse à sa façon. Le PSOE a réussi à
mettre tous ces crabes dans un même panier par l’assassinat de Calvo Sotelo le
13 juillet. Ils voulaient depuis leur coup à eux, en 34, pour jouer à se faire
peur, d'une guerre civile révolutionnaire comme celle de la Russie et,
finalement, ils l'ont eue. On allait voir ce qu’on allait voir ! Magouilleurs,
incompétents, corrompus, ils l'ont perdue. Dégagez, il n’y a rien à voir !
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Facebook n’en finit pas de proposer des
pages de « sagesse » où la platitude le dispute à la niaiserie, avec des «
pensées » et des « maximes » précieuses et inépuisables.
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La seule limite à mon optimisme, c’est que
quand la gauche pourrie, celle de l’opportunisme et de la trahison à l’électeur
de bonne foi, sera morte, j'aurai disparu aussi. Ce dont la « génération F.
González » ne s’est pas aperçue, c’est à quel point le machiavélisme tactique
est corrupteur, combien il détruit la confiance qui est le fondement de
l’engagement collectif. Et elle ne l’a toujours pas compris. Sánchez a fait par
calcul – idéologie, il n’en a aucune – les yeux doux à Podemos, comme si
les coups bas de ce clan d’hurluberlus contre les socialistes n’avaient jamais
existé, comme si les socialistes d'aujourd’hui pouvaient faire confiance à celui-là
même qui, depuis sa tribune du congrès parla de chaux vive et de corruption et
terrorisme d’état et qui a fait tout ce qu’il a pu pour les vassaliser. Hier,
quand il était en position de force, il exigeait des socialistes une fidélité qui
lui donnait tactiquement le contrôle du groupe parlementaire. Aujourd’hui, en
position de faiblesse, il ouvre sa gueule dans les médias pourris des gaucho-suprémacistes
pour cracher sur la droite extrême en vrac et en détail. Il courtise les ex-flingueurs
basques et s’occupe de vider les différentes poubelles, aujourd’hui remplies à
ras bord, de l’histoire. Tant que cette génération sera là, il n’y a aucune
chance de voir la gauche se redresser. Ces gens-là sont incapables de
construire quoi que ce soit, parce qu’ils ont oublié – ou n’ont jamais appris –
l’importance de la vertu en politique : tenir sa parole, ne jamais se compromettre
sur l’essentiel, conditions de la confiance, et la confiance, condition de
toute construction de long terme. La continuité, l'action dans la durée, ils en
sont incapables. Le PSOE ressuscité grâce à la charité (désintéressée) des Ricains
et des Allemands (désintéressés), n’a jamais été un « intellectuel collectif ».
Parce que ces gens-là, sortis du néant, ont fonctionné par « coups » tactiques
qui durent ce que durent les roses, et se fanent ensuite pour être remplacées
par le « coup » suivant. L’intégration dans L’OTAN, la désindustrialisation,
l’ambiguïté avec les gangsters nationalistes (un coup, j’organise le GAL, un
coup après, je gouverne grâce au soutien des marques blanches de l’ETA) …
Pareil avec le pitre émérite couronné : des années intouchable par la grâce
de toute la caste progressiste complice, enrichie sous son aile, et subitement tombé
en disgrâce parce que l’extrême gauche (ce sera quoi, exactement, ce
truc ?) demande sa tête. Cacochyme peut-être, mais qu’est-ce qu’il aura
rigolé ! Et des syndicats soumis comme des toutous au pouvoir qui leur
donne des os à ronger et corrompus jusqu’à la caricature. Tout cela illustre
parfaitement le délitement de « la gauche ». Depuis des années, « la gauche » a
eu suffisamment de temps pour travailler à un projet, pour développer une vision
cohérente de l’Espagne. Elle n’a rien fait, sauf s’adapter aux délires
séparatistes. Elle était trop occupée à magouiller les candidatures aux
municipales, aux parlements autonomes, aux générales, aux européennes. Et avant
chaque l’élection, le seul débat qui vaille dans « la gauche » est celui de
placer quelqu’un – peu importe qui, peu importe son programme, peu importent
son projet ni sa personne – là où il faut. Quelqu’un de moins en moins «
raisonnable » – c’est-à-dire, venant de la galaxie oligarchique – cela va sans
dire. On propose des « primaires » entre candidats sans projet, sans programme,
qui n’ont à montrer aux électeurs que leur gueule et un certain nombre de
propositions démagogiques destinées à caresser tel ou tel segment de
l’électorat dans le sens du poil. « La gauche », celle des classes moyennes plus
ou moins progressistes, des jeunes, des fonctionnaires et des enseignants – majoritairement
gauchistes – nourris au lait du « felipismo » et devenus de vieux
donneurs de leçons, celle qui a ouvert la porte à tous les communautarismes, à
toutes les capitulations, à toutes les démissions au nom de la tactique, est
mourante. Quand elle disparaîtra, après de prochaines élections ce ne sera
certainement pas quelque chose à regretter. Bientôt les pitoyables Sánchez, les
immondes Ruffians, les pathétiques Belarras, les ordures Bildu, quitteront la
scène pour aller réfléchir, bien rémunérés par l’État génocidaire, à
toutes les bonnes choses qu’ils auraient faites… s’ils avaient su quoi faire. Une
bonne raison d’être optimiste en cette fin d’année 2021 !
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Parmi les (re)lectures de ces derniers 24 mois,
tout me lasse et me fatigue de plus en plus, au point que pour 2022 j’envisage
sérieusement la démission de ma situation de retraité commentateur répétitif
pour moi-même. A part quelques favoris reparcourus (Céline, Bloy) : le dernier
volume du journal de Muray,
Ultima Necat IV ; les quatre
livres – impressionnants ! – que
voici :
Feu rouge, de Maxime Kantor ;
Le siècle juif et
La maison éternelle, de Yuri Slezkine et l’amer et irremplaçable
Évangile
du bourreau des frères Vaïner. Du Léautaud, relu à l’occasion. Un Alain
Badiou lesté de verbiage superflu mais intéressant : son essai sur
Saint-Paul. Pour avaler les durs fins d’aprèm de décembre : du Claude
Simon. Quelques trucs de Flaubert, de Balzac, intemporels, avant d’aller au
cinéma pour
Illusions perdues et impossibilité de visionner
Eugénie
Grandet à cause de déplacement imprévu ; du plus lourd : la
correspondance – extraordinaire Éditions Krisis ! – Jünger et Schmitt ; les textes érudits,
très beaux, de Louis Charbonneau-Lassay, de son cycle sur le Christ (bestiaire,
vulnéraire, floraire et lapidaire) et son remarquable site,
ici ; le cahier de l’Herne consacré à Heidegger ;
quelques blogs permettant de découvrir facilement les œuvres d’auteurs latins
et grecs obscurs, oubliés ou jadis réservés aux spécialistes (voir l’entrée Catastérismes du 23 juin 2020) ; des pavés à finir (Porcs 2,
de Nabe ; le dernier Houellebecq, Anéantir) et d’autres titres dont
l’énumération serait sans grand intérêt, sauf la très belle édition d’un texte
de Chardonne (Le ciel de Nieflheim) introuvable et trop cher (plus de
deux mil euros !) mais proposé récemment au public à un prix raisonnable
par Éditions 8. Je laisse de côté, exprès, des livres occasionnels, des essais
mille fois revus, des bouquins techniques, des films et des feuilletons (re)vus,
très nombreux, à cause du méchant virus sino-américain, chinois ou américain
tout court, va savoir ! dont la fin n’est pas à prévoir mais dont la
victoire grandiose contre lui a déjà été célébrée à plus d’une reprise par
l’andouille totale à qui le cirque électoral a permis de présider le
gouvernement de mon vieux pays.
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