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dimanche 1 février 2026

Survie de la littérature sapientiale sous forme de débris

(…) Elle est courte et triste notre vie ; il n'y a pas de remède quand l'homme touche à sa fin et personne, à notre connaissance, n'est revenu de l'Hadès.

Nous sommes nés à l'improviste et après, ce sera comme si nous n'avions pas existé.

Le souffle dans nos narines n'est qu'une fumée, la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur.

Qu'elle s'éteigne, le corps se résoudra en cendre et le souffle se dissipera comme l'air fluide.

Notre nom sera oublié avec le temps et personne ne se rappellera nos actions. Notre vie aura passé comme un nuage, sans plus de traces, elle se dissipera telle la brume chassée par les rayons du soleil et abattue par sa chaleur.

Notre temps de vie ressemble au trajet de l'ombre et notre fin ne peut être ajournée, car elle est scellée et nul ne revient sur ses pas.

Eh bien, allons ! Jouissons des biens présents et profitons de la création comme du temps de la jeunesse, avec ardeur.

Du meilleur vin et de parfum enivrons-nous, ne laissons pas échapper les premières fleurs du printemps. Sagesse 2, 1-7 

(version de Jean-Yves Leloup, Le Livre de Salomon. La sagesse de la contemplation, Presses du Châtelet)


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« Aussi étonnant que cela puisse paraître à certains, pour comprendre les séries TV, il faut passer par le Forum économique mondial de Davos, le fonctionnement des fonds d’investissements tels que BlackRock et la biographie de quelques milliardaires influents à Hollywood. C’est ainsi que nous allons comprendre comment le wokisme, le multiculturalisme et l’idéologie LGBT ont conquis les principales séries TV de HBO et Netflix. »

Allez voir là :https://www.youtube.com/watch?v=XwOga6p0F14&t=25s

et là : https://www.youtube.com/watch?v=EF3KFF72g38

les vidéos de l'association Egalité et réconciliation recensée ici par StreetPress :

https://cartofaf.streetpress.com/liste/egalite-reconciliation/

Pour un meilleur réglage de la netteté des positions "extrêmes" jeter un oeil au document de la Revue Positions ici : https://positions-revue.fr/dissoudre-lextreme-droite-un-piege-pour-la-gauche/

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« Le peuple (…) par sa faute a (…) 

perdu la confiance du gouvernement

Et ce n’est qu’en redoublant d’efforts

Qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas

Plus simple alors pour le gouvernement

De dissoudre le peuple

Et d’en élire un autre ? »


Bertolt Brecht, Anthologie bilingue de la poésie allemande, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1993.

 

Ces vers auraient pu résumer à la perfection la situation en Espagne, sauf que son gouvernement de bras cassés se voit dans l’impossibilité de dissoudre ou d’élire n’importe quelle chose, il préfère, alors, s’asseoir sur le cadavre du pays et s’en nourrir. Comme tout parasite, il ne peut pas vivre sans un hôte.

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« Il règne sur tout ce pays, au tréfonds de toute cette viande muselée, un sentiment de gentillesse sacrificielle, de soumission, aux pires boucheries, de fatalisme aux abattoirs, extraordinairement dégueulasse. Qui mijote, sème, propage, fricote, je vous le demande, magnifie, pontifie, virulise, sacremente cette saloperie suicidaire ? Ne cherchez pas ! Nos farceurs gueulards imposteurs Patriotes, notre racket nationaliste, nos chacals provocateurs, nos larrons maçons, internationalistes, salonneux, communistes, patriotes à tout vendre, tout mentir, tout provoquer, tout fourguer, transitaires en toutes viandes, maquereaux pour toutes catastrophes. Patriotes pour cimetières fructueux. Des vrais petits scorpions apocalyptiques qui ne reluisent qu’à nous faire crever, à nous fricoter toujours de nouveaux Déluges. »

Louis-Ferdinand Céline, L'école des cadavres

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« L'homme que possède une conviction devient assez vite un raseur s'il la développait sans trêve ni merci, et cette conviction elle-même en souf­frirait. Apollon ne bande pas toujours son arc. »  Léon Daudet, Vers le roi


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 « On ne peut absolument plus faire d’humour avec les gens de droite : ce sont des gens complètement cohérents, ils vivent comme ils pensent, il n’y a pas de rupture. Alors que les gens de gauche vivent d’une façon et pensent d’une autre, donc ça fait des effets comiques. »


Claire Bretécher,entretien, Radio-Télévision Suisse, 9 février 1977

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C’est parce que nous sommes léthargiques, qu’ils sont puissants. Devant toute chose grave, et particulièrement d’ordre politique, il faut s’emplir immédiatement du sentiment de jouer la comédie, de fidélité au camp du bien régnant sur l’ensemble de l’échiquier. Plus on enfonce ses pieds dans le courant, moins l’eau en est pure. La conversation n´existe plus, le dialogue – poncif entre les poncifs – s’évapore, on se débat impuissant à mettre en parallèle ses raisons avec la Raison : tâche inutile ! Ce n’est plus une discussion qui nous attache mais un moment de torture qui finit par former comme les rayons d’une araignée venimeuse. On cherchait la lumière d’une étoile, on s’égare entre les pointes d’un astérisque. La logorrhée stupide d’une Ione Belarra dont les médias débordent, dès qu’elle ouvre la bouche quand on lui tend un micro, se montre telle qu’en elle-même devant vos yeux, perçant vos oreilles, déshabillée de tout sens commun, de toute cohérence. Quelle ignoble ribambelle d’imbéciles n’aura pas réveillé le sanchisme des tréfonds élémentaires du simplisme ! Il n’est pas mauvais d’écouter de temps en temps parler des imbéciles. Ils peuvent, par réaction, fournir des excitations à l’esprit. Sa triste commère, I. Montero, plus conne encore. Pourquoi l’une et l’autre se repaissent-elles de ce qu’il y a de plus déprimant, de plus décourageant, de plus offensant ? Ces deux bêtes-là vont aux déchets, à l’ordure, comme d’autres vont à la chasse. Si on leur ferme la porte, on sent qu’elles sont là, derrière, qui reniflent, qui attendent. La moindre inattention au zapping, et elles sont entrées. L’unique moyen de les chasser : le travail.


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R. me fait observer sur le chemin de retour de notre café de fin d’après-midi, l’air content, que chaque jour, c’est un peu plus loin que tombe la nuit. Absence total d’appels pour d’éventuels rassemblements de soutien aux victimes – quarante-six, tout de même ! – récentes, provoquées par l’état d’abandon du réseau ferroviaire où je serais allé si je n’étais toujours médusé par l’ampleur des « dégâts », mélange de choc et d'étonnement profond face à un drame qui aurait pu être évité pour peu que l’état de négligence extrême du ministère des transports, qui consiste à non entretenir ses réseaux routiers et ferroviaires, puisse être ébranlée par une tragédie de ces dimensions.

Les fonds sont déviés, la corruption galopante envahit tout, dégrade tout, pourrit tout. Là, aucune manifestation n’a été organisée par ceux qui ont l’habitude de défiler. On devine pourquoi. Peu importe que la tinette déborde que la situation passe de critique à désespérée, qu'une limite ait été dépassée ou que la situation devienne insupportable. La question se pose de la capacité de résistance intérieure de la population et de l’électorat « fidèle » : si la loi n’est pas respectée en général, l’endurance se manifeste dans les petites ou grandes luttes de la vie quotidienne, et la cruauté peut devenir facilement intolérable. Cependant, la cruauté n’est pas un concept juridique aussi populaire que « la haine », surtout si elle n’est pas « animale ». Les accusations de délit de haine visent des propos ou des actes incitant à la violence ou la discrimination raciale, religieuse, sexiste ou homophobe. Les infractions incluant injure et diffamation publique, sont punies de prison ou d'amende selon le cas. En tout cas, la coalition qui soutient le gouvernement n’a jamais réagi aux critiques. Et sur le réseau social X, le ministre des transports, ancien maire de Valladolid, a eu un comportement entre grotesque et ignoble, plus que discutable pour un personnage public. Tout paraît se réduire à une équation simple : le ministre et son « Puto Amo », The Fucking Boss – appellation propre du milieu consacrée la tête haute, en personne, par le propre ministre – sont libres d’ignorer les victimes d’Adamuz et les familles sont libres d’attaquer le gouvernement et en particulier ce ministre. Cela n’enlève pas que les vrais responsables de ce drame ferroviaire sont les deux ministres qui se sont succédé aux commandes, MM.  J. L. Abalos, ancien secrétaire d’organisation actuellement en prison, et O. Puente. Deux personnages tout à fait ignares en matière de transports devenus des agents de basses manœuvres incapables de la moindre maintenance pour la sécurité des personnes et du matériel. Plutôt que de se moquer de l’opposition et de l’injurier copieusement à tort ou à raison, pourquoi ne pas viser plutôt les graves manquements du gouvernement dans cette crise ?

Julio Rodríguez, 16 ans, l'ange d'Adamuz

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Agents du capitalisme de connivence. Un peu de pitié pour les inévitables jobards qui croient dur comme fer au refroidissement de la terre, à la foncière méchanceté de la Russie, des ayatollahs, des Palestiniens agissant sous le contrôle total du Hamas, aux vertus de l’agenda 2030, au wokisme progressiste et tout ça, aux mérites d’un président magouilleur « docteur ès mensonge », capable de mentir sans sourciller de manière experte, habile et systématique, tellement impopulaire, qu'il fait vider les villes et les lieux où il va, pour pas se faire huer ou pour pas se faire traiter à grands cris de fils de pute ... C’est impossible d’imaginer à quel point un nombre croissant de gens détestent ce personnage. Il traîne partout l’étiquette de « socialiste » pour préciser qu’il est membre d’un parti politique qui prétend toujours être socialiste alors qu’en réalité il ne conserve du socialisme que la phonétique de l’acronyme. Son « socialisme » n’est que pure façade opportuniste pour cacher la pire corruption des pires ineptes.

Si l’œuvre théorique de Marx a permis de comprendre ce que c’est que le capitalisme, en dévoilant sa puissance corrosive capable de démanteler des structures sociales dépassées mais susceptible de se laisser devancer par l'action structurée capable d’opérer des transformations grâce à l'analyse de chaque situation concrète, pour les débris de la socialdémocratie européenne, plus question de théorie inspiratrice de quelque pratique que ce soit, ces rognures actuelles de « socialisme » proviennent d’autre chose, d’autres lieux, elles ne sont qu’un artefact, création du parlementarisme truculent à l’œuvre dans les soi-disant démocraties occidentales sous tutelle américaine. Ce sont des monstruosités politiques qui tirent profit d’un système en échange de compromissions flagrantes. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la composante sociale des prétendus parlementaires socialistes pour se rendre compte de la supercherie : la plupart sinon toute cette faune se situe à des années lumières de la classe ouvrière qui est la raison d’être du socialisme de souche marxienne. Et l’avatar sanchiste ne diffère en rien de tout le reste, à échelle européenne, sinon il ne règnerait jamais en petit dictateur en Espagne.

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Le Hamas a annoncé qu'il dissoudra son administration actuelle à Gaza. Lors de la première Intifada on avait assisté à la condamnation quasi unanime qui avait suivi la diffusion d'images de soldats israéliens brisant les bras de Palestiniens avec des pierres et de l'embarras au moins apparent des partisans de l'État sioniste. Quelques décennies plus tard, l'agonie de tout un peuple, filmée sans discontinuer sous les angles possibles, n’intéresse plus grand monde. Ce sont pourtant les mêmes protagonistes. Quatre-vingt mille morts après. Et on est loin de pouvoir affirmer que la situation est différente en Cisjordanie, occupée depuis 1967... Depuis le 7octobre2023, le nombre total de Palestiniens raflés par les forces doccupation a dépassé 7340, incluant ceux arrêtés à domicile, aux postes de contrôle et retenus en otages, et 360 Palestiniens ont été tués. Les rafles se caractérisent par des invasions massives, des perquisitions domiciliaires, des interrogatoires, et la détention dans des bases militaire. En plus des arrestations, les forces d’occupation continuent de commettre des actes de torture, de menaces, de sabotage et de destruction de maisons, aggravant la situation humanitaire. Le 24 juin 2024, à l’aube, des soldats israéliens ont mené des perquisitions massives, saccagé des maisons, interrogé des jeunes Palestiniens, puis en ont raflé 29 à Silwad et 30 à KafrNima, à lest de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et les ont emmenés dans une base militaire voisine ...

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