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lundi 6 avril 2026

Herr, erbarme dich unser ... (Kyrie eleison)

Erbarme dich, mein Gott

Courses, paresseuses, chez Mercadona, centre commercial à deux pas de la frontière. Sous quelques gouttelettes de pluie, on rejoint la grande surface la plus fréquentée de France et de Navarre ce mercredi, premier jour d’avril : gare au poisson ! On accède à la queue leu leu aux caisses où s’agglutinent dans le hall géant les saumons qui remontent le courant pour récupérer leurs voitures, toujours pressés de regagner leur chez soi. Aujourd’hui souffle davantage le vent que les rêves. Un vent intermittent, des averses, du grésil rapide et violent, inattendu, des températures en chute libre. On annule aussitôt notre escapade quotidienne à Hendaye ou vers Fontarabie. La nuit bien avancée, dans le sommeil, on sent toujours son corps, ses défaillances, ses douleurs ignorées ; et le retour de rêves, quelquefois précis, mais le plus souvent absurdes. Cette fois-ci, je voyais flotter la vision imprécise de deux silhouettes, immobilisées sur une route, dans une forêt. Moi avec R. et personne d’autre. Je voudrais bien qu’on nous tienne compagnie la nuit prochaine du 9, surtout à la sortie de R. du bloc après la fatigue préalable de toute la journée, la préparation à la maison, l'arrivée à jeun, douche antiseptique, vérifications diverses, etc. On nous a déjà communiqué que, normalement, il n’y aura pas de transfert en salle de réveil avant le retour en chambre. J’y attendrais, donc, mais j’appréhende un peu de retrouver la normalité après l'hospitalisation, étant donné que mes forces ne sont plus les mêmes qu’autrefois. Je me suis, donc, mis à penser : « Qu'adviendra-t-il ? Comment allons-nous nous arranger ? »
Cette vision toute simple, récurrente ces derniers temps mais nullement anxieuse, s'efface lentement, le sommeil prend le dessus. Rien de ténébreux à l’horizon, puisque ces dernières années tout s’est bien passé. Des souvenirs à soigner, tout simplement, comme des plantes du jardin. Au moment où je me mets à tenter de classer ces images, je me suis à moitié rendormi, bercé par les réminiscences de cet alignement. Nostalgie du sommeil sans rien autour, comme une trace de bave d'escargot, brillante et argentée, ai-je pensé, fragile présence des dernières illusions, une méprise et rien de plus. Flottement des évocations et ensuite le néant, le néant qui laisse s’échapper entre les mains toutes les joies éparses de l’univers perdu. Le matin, je retrouve un vieux livre, acheté chez G. Arragon, que je feuilletais en 2022 chaque martin avant de me rendre à l’hôpital pour accompagner R., avec ce poème dont les sons en « oir » me semblaient féériques, à couper la respiration :


Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

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La politique internationale, c’est le fumier. L’engrais pour l’Histoire future, mais le fumier qui pue. Il y en a plein dans les médias chaque matin. Avec les crimes le plus crapuleux commis par les auto-désignés champions des droits humains et de la démocratie. Une personne qui aurait vraiment le respect de soi-même se devrait de ne plus allumer la télé ni de se trouver sur les sites des médias sociaux, milieux pourris et salissants, une explosion incessante de purin qui ne laisse rien debout. Populaires, car capables de faire avaler les opinions les plus superficielles et de parti pris sur des faits importants à l’échelle planétaire qui, d’universels et nous concernant tous, deviennent banalement quotidiens et potiniers. Mais on a atteint un degré d’infection dans la vie sociale et politique que le mensonge ne passe plus, les citoyens les plus placides commencent à se poser des questions. Tout ce que le citoyen lambda croit savoir de l’histoire des XXe et XXIe siècles est une pure invention. Du moins, une grande partie voire la majeure partie. Tout ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale est un mensonge éhonté. Il n'y a pas de quoi donner confiance dans l’avenir de ce qu’on appelle le genre humain. L'alibi du droit, international ou local, sert à justifier toutes les saloperies qu'on veut infliger aux gens réels. Ce que je connais de l'Histoire est recouvert par des ignominies de toute sorte, mais ce sont surtout les ignominies qui se déroulent dans l'indifférence générale aujourd’hui qui me révoltent. Alors, où tout cela nous mène-t-il ? Comment le sinistre projet, absurde et arbitraire, appelé « État d’Israël », avec son cortège de mensonges, de forfaits, pourra-t-il survivre, après avoir été exposé au regard de tous les êtres humains ? Qui voudrait encore ressentir pour l’entité sioniste une affinité, justifier une entente cordiale, partager des sentiments de joie ou de peine, à moins d’y être contraint ou soudoyé ? Son obsession d’en finir avec le peuple arabe privé de sa mémoire, spolié, dépossédé, exploité par la force, la colonisation et la corruption, son comportement criminel avec l’Iran, ses projets d'avenir avec la Turquie et le Pakistan conduiront inévitablement cette bizarre communauté de colons extraterrestres à sa perte, tôt ou tard. La présence juive en Palestine est immémoriale mais le cancer sioniste et sa prolongation, sa métastase anglo-américaine, finiront par achever ce que cet « État d’Israël » a commencé en 1948 : l’annihilation définitive du peuple palestinien. Fous déments comme ils le sont, cela devrait résoudre pour eux le problème une fois pour toutes. Quant au reste du monde, tout dépendra de qui contrôle le récit.

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Kojève et Fukuyama déliraient sur « la fin de l’Histoire ». Elle est toujours présente, quand l’inimaginable Trump déclare aux journalistes : « Nous quittons l'Iran dans trois semaines et ce qui se passera désormais dans le détroit d'Ormuz ne sera plus notre problème. » Il a ajouté qu’à partir de maintenant, la Chine fera ce qu’elle voudra dans la région du golfe Persique. L’Iran a donc officiellement triomphé, ce que toute personne relativement bien renseignée savait depuis le deuxième jour des hostilités. Mais il n’est pas le seul gagnant. La Chine aura également gagné, et pas seulement parce qu’elle pourra faire ce qu’elle veut, selon Trump lui-même. Mais pour les raisons suivantes aussi : en un mois, les États-Unis se sont aliéné pratiquement tous leurs alliés et se sont retrouvés seuls dans un mariage avec leur pire ennemi : Israël. Les « Israéliens » sont furieux de ce qu’ils interprètent comme un abandon et vont sûrement punir les Étatsuniens d’une manière ou d’une autre. Ils ont déjà perdu toutes leurs bases militaires au Moyen-Orient et, cerise sur le gâteau, ils ont été chassés à coups de pied d’Irak par la même occasion. Trump profère à tour de bras des menaces qu’il ne pourra pas mettre à exécution. Il n’est plus cru par personne maintenant qu’il est démontré que Mao avait raison : l’impérialisme yankee est un tigre de papier. Les États-Unis ont dépensé des milliards dans cette guerre et ne savent pas comment ils paieront l’addition, car ils sont ruinés et hyper-endettés. Le détroit d’Ormuz, ouvert à la libre navigation jusqu’au 28 février dernier, semble désormais sous le contrôle de l’Iran. Seuls le pétrole, le gaz naturel et les engrais que l’Iran souhaite laisser passer sont autorisés à y circuler.
Les Iraniens auront l’arme atomique s’ils le souhaitent et n’auront plus de comptes à rendre à personne. Après la énième fois où ils se sont fait poignarder dans le dos en pleine négociation par les anglo-sionistes, ils ne sont même pas tenus d’autoriser des inspections. La réaction iranienne a mis en évidence la décadence et l’obsolescence de l’appareil militaire de la prétendue première puissance mondiale et réduit en miettes la réputation de l’armée la plus inhumaine au monde : l’abominable tsahal. Imbattable contre des populations civiles désarmées mais très vulnérable face à de vrais combattants. Le pétrodollar s’est effondré et le commerce du pétrole se fera de plus en plus en yuans. Tout cela, et bien plus encore, Trump le Guignol gesticulant l’a accompli en un peu plus d’un mois. Et tout cela pour les beaux yeux des « Israéliens ». Qui, pour finir, ne semblent pas prêts à l’en remercier, étant donné que, comme on le voit, ils se retrouvent le bec dans l’eau, son territoire dévasté, sa réputation d’invulnérabilité détruite et son avenir de « grande puissance » compromis. J’ai lu sur Telegram Web une formule qui m’a fait beaucoup rire, « Trump semble le Gorbatchev des États-Unis ». Le monde occidental devra subir un douloureux exorcisme anti-impérialiste. Nous sommes toujours accros à leur culture décadente et immorale, efficacement inoculée à travers le cinéma, la mode, la musique, l’écologie, l’agroalimentaire ultra-transformé, le matérialisme ostentatoire, l'ultra-sexualisme projeté sur la femme et le mauvais goût. Toute cette néo religion matérialiste et non-humaine va au diable. Mais elle sait comment se débattre par la ruse, par la force, par le mensonge et par l’hypocrisie contre les sentiments de répulsion qu’elle provoque. La brutalité, la cruauté et l’indécence, pratiquées sans repos et sans vergogne contre ses semblables, semblent toujours les qualités exigées à toute personne qui prétend au droit de commander. Les Huns et les Scythes, malgré leur réputation mythique de férocité et de sauvagerie étaient des gens naïfs à côté des politiciens de l’occident moderne, démocrate et progressiste.

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Toutes les bassesses, toutes les stupidités de notre politique actuelle viennent de ce dont « la transition » nous a fait héritiers. D’un antifranquisme hirsute, faisandé, purement politique et culturel, d’un désert idéologique, d'une situation de vide intellectuel caractérisée par l’absence totale de perspectives nouvelles, d'alternatives stimulantes ou d'espaces de réflexion critique face au silence castrateur imposé par les mille et une formes de censure, aux entraves politiques et aux compromis idéologiques propres d’une caste politique qui vit d’arrangements ou de concessions inexplicables entre différentes «  sensibilités politiques » sans parvenir à une vraie collaboration ou à une majorité stable capable de gouverner. Caste caractérisée, dans le camp « socialiste », par un renoncement systématique aux convictions initiales promises aux électeurs. Ils sont arrivés au pouvoir sur des marges de suffrage très limitées, mais drapés d’un discours au semblant convaincant qui promettait une lutte sans merci contre la corruption de la droite et promettait affronter et colmater les déchirures dont souffrait la société civile, particulièrement en Catalogne. Quelque temps après, le pays tout entier assistait stupéfait au spectacle de l’avidité, du cynisme et de la prédation, sans masques, de ces mêmes politiciens, de cette caste politique dérangée par la moindre critique qui mettrait en évidence son opportunisme politique, l’abandon des valeurs idéologiques qu’elle affirmait défendre et son confort égoïste, cynique, insultant. Le découragement généralisé, à peine atténué par les prises de position de P. Sanchez contre l’immondice anglo-sioniste sur le plan international, a favorisé sans doute les mauvais résultats électoraux des trois régions autonomes qui ont récemment voté. Quant au futur proche, il en ressort un découragement inévitable devant l’opportunisme de nos « élites politiques », toujours prêtes à tout pour conserver leur statut, au mépris des principes éthiques, des aspirations à l’amélioration et au vrai changement social. C’est pourquoi les critiques qu’on écoute, qu’on lit, qu’on exprime quand on le peut visent principalement les partis politiques, et en particulier le parti socialiste, dont la direction, gouvernée d’une main de fer par son secrétaire général et chef du gouvernement, n’a qu’un seul objectif : s’assurer efficacement la survie au pouvoir et son monopole, conservant la direction des affaires publiques sans concurrence. Pour la « légende dorée » du sanchisme, le président n’a aucune responsabilité dans son déclin, faisant abstraction de sa compétence invétérée dans la magouille et de son aventurisme manifeste, dont huit ans au pouvoir fournissent de nombreuses preuves irréfutables. Tout le monde autour de lui semble mauvais ou stupide, et lui seul bon et intelligent ; lui a raison et les autres tort. La responsabilité de son impopularité incombe aux électeurs, qui lui ont tourné le dos. Également responsables de la faillite de son cercle intime, les médias de la ploutocratie qui complotent contre lui. On ignore, pour le moment, s’il existe éventuellement des vecteurs de dissidence, d’éveil intellectuel et de projet politique alternatif dans la morosité sanchiste.


Entre « 
Meilleurs copains » l'amitié dure longtemps ?

Ceux qui pouvaient ou auraient dû se présenter en tant que tels n’en sont pas pour autant plus intègres : on ne voit rien au-delà de la vieille droite cannibale, ignare et soumise au sionisme jusqu’à la caricature, et qui a longtemps profité de la fête du pouvoir, pour souhaiter revenir au temps où elle était crue sur parole. Les électeurs peuvent se tromper et s’enfoncer dans l’erreur puisque les bienfaits du bonheur qu’on leur promet à chaque fois, c’est toujours pour demain ! À une époque ignoble comme la nôtre, des infirmités physiques insupportables semblent moins tragiques que la misère morale, la lâcheté ou la complicité avec les bourreaux, soient-ils « israéliens », américains ou européens. La réaction des citoyens, des électeurs ou des regardeurs de loin, est complètement contrôlée. Elle ne se situe pas du tout au même niveau que celle, incontrôlée, des gens qui subissent, et bien fou serait celui qui en tiendrait compte pour les désapprouver ou les critiquer. Ce sont des fanatiques obscurantistes qui se singularisent dans un monde uniformisé, standardisé, soumis à l’empire epsteinien et cela ne se discute plus. Qu’est-ce que la singularité dans un univers occidental moutonnier ? Ne surtout pas rejoindre les autres qui gueulent et gesticulent quand ils font semblant de croire à quelque chose et ne font que beugler. Où les modalités de « dialogue » à l’occidentale auxquelles se livre le peuple souverain (?) réduisent la parole à sa dimension grotesque : le mensonge doit être pris par la vérité et l’adhésion à des lieux communs insignifiants, multipliés par les écrans, doit justifier les pires abus ; les avis de « spécialistes » en n’importe quoi, mais gonflés de séduction, se croisent les uns les autres dans une valse de fioritures ou de lieux communs, selon les besoins rhétoriques de chaque moment, se voulant par décret « objectifs » puisque « prestigieux », « solides » puisque soutenus par des milliers voire des millions de followers, en dépit de toute contextualisation, de toute contestation, d’une forme quelconque d’argument bien construit. On va bien tous vers quelque chose, oui, mais pas nécessairement vers le quelque chose qu’on a inculqué, depuis des générations, à ceux que Nietzsche appelle « le troupeau ». Aller aveuglement vers le troupeau est toujours une impasse.

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Opération Epyc Furie d'un berger iranien contre l'armée aérienne de la coalition Epstein 

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